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Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)L'espace et le temps: actes du XXII congrès de l'Association des sociétés de
philosophie de langue française: (Dijon, 29-31 août 1988): Coll. Problèmes et
controverses Dijon Soc. bourguignonne de philosophie & Paris Vrin 1990 495 p.
(dépouillé dans la présent vol.).
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nécessairement pauvre. De mondes accidentels en nombre infini, il ne
peut rien être dit d'essentiel, parce qu'ils n’ont pas d'essentialité. Sans
doute fallait-il que l'atomisme découvre, tôt dans l'histoire de la pensée,
ge la matière — figure unique de l’Etre — est donné irréductiblement
ans sa simplicité, mais est dans le même temps vectrice de trop de
complexité et d'inessentialité pour que l'intelligence puisse en parler
longtemps.
3432.
PET TA y ANS
L'ESPACE VIDE ET LE TEMPS ILLIMITÉ
DANS
LE PYTHAGORISME ANCIEN
Alain PETIT (Clermont-Ferrand)
La double infinité de l’espace et du temps a été, contrairement à une légende finitiste tenace due à la prépondérance de la tradition issue de
Parménide et perpétuée par Platon, admise dans la Grèce Ancienne. Elle a
été notoirement soutenue par les Atomistes, dont D. J. Furley fait les parangons de la « Théorie grecque de l'univers infini » (1). Quant a Aristote,
s’il a combattu avec la dernière énergie l'infinité de l'espace, il a du moins
défendu l'infinité du temps. Or le double infinitisme des Atomistes est solidaire de la doctrine de la pluralité des mondes (2), et l'infinité temporelle
du Stagirite va de pair avec l'éternité d'un monde unique. Mais comment
concevoir que le temps et l'espace soient infinis si l'on tient pour l'unicité
du monde et la cosmogenèse 2
Telle est la difficulté recelée par un fragment d’Aristote, issu d’un ouvrage perdu sur les Pythagoriciens (3) : « Le monde est unique, et tire de
l'illimité, pour les introduire en lui-même, le temps, le souffle et le vide,
lequel délimite toujours les lieux des choses singuliéres » (4).
Ce fragment est à vrai dire le seul à évoquer une origine extra-cosmique du temps, dans toute la doxographie pythagoricienne. Il en est d’autant plus précieux ; cependant sa briéveté et sa singularité contraignent
l'interprète à la conjecture. Il est patent que son propos est de nature
cosmogonique; il est possible d'en restituer les tenants et aboutissants grâce
à la Métaphysique d'Aristote (5). Selon le Stagirite, les Pythagoriciens attribuaient la constitution du monde à l'interaction de deux principes, l’apeiron et le peras : l'apeiron ou illimité est attiré et limité par le peras ou limite qui se déploie ainsi en se multipliant. Notre fragment ferait état des
différentes modalités ou manifestations de cet illimité, tant extra-cosmique qu'intra-cosmique. Mais il précise, en outre, du moins à propos de
l’une d’elles — le vide —, le rôle propre de l'illimité : dans le cas du vide,
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il consiste à séparer les choses singulières selon leurs lieux. Ce qui suscite
la perplexité (et ce, au moins depuis Aristote lui-même), c'est l'existence
d'un temps extra-cosmique qui serait, à l'instar du vide, introduit dans le
monde in statu nascendi, et sa fonction intra-cosmique.
Dans le De Caelo, Aristote manifeste son refus de souscrire à une telle
hypothèse : « En même temps, il est clair qu'il y a ni lieu, ni vide, ni temps
hors du ciel » (1,9, 278 b 11-12). On dira que pour le Stagirite, la difficulté
est la même pour le lieu, le vide et le temps ; en réalité elle est surtout critique en ce qui regarde le temps. Le temps extra-cosmique, en effet, est
dissocié du mouvement et de la causalité. Partant, sa nature est tout à fait
problématique, ainsi que la raison qui a pu conduire les Pythagoriciens à
affirmer son existence. On ne dispose à ce sujet d'aucun argument effectif : mais ne peut-on se risquer à conjecturer ce que cette raison a pu être
par analogie avec le fameux argument d’Archytas sur l'espace, rapporté
par Eudème (6) ? Il consiste, en substance, dans l’assertion de l'impossibilité d’épuiser l'espace par la position d'une limite : l'espace, pour la pensee, est « toujours autre » (D. K. 47 A 24, 1. 4-5), en ce sens qu'il excède
toute limite présumée. Cet argument a de fortes analogies avec celui que
rapporte Aristote dans la Physique : l'infini procède de l'impossibilité d'un
dernier terme pour la pensée Physique, Il, 4, 22-25). Si l'on tentait de l'appliquer au temps, il signifierait que l'idée de premier et de dernier terme
temporel est une contradictio in adjecto. Entendu sériellement le temps est
infini, comme l’admet Aristote lui-même (7) ; pour les Pythagoriciens, on
ne saurait faire coincider la cosmogenése avec un premier terme du
temps. Comme l'espace, le temps enveloppe le monde, tandis que pour le
Stagirite le monde éternel enveloppe le temps infini (De Caelo, IL, 1, 283 b,
29). C'est que, aux yeux des Pythagoriciens, l’espace et le temps possèdent
une infinité « extensive » comme le dit R. Brague (8), tandis que, selon lui,
l'infinité temporelle aristotélicienne est « intensive ». L'espace et le temps
pythagoriciens sont dépourvus de toute unité interne : l’apeiron dont ils
sont issus doit s’analyser selon la double acception de l'illumination — au
sens d’Archytas — et de l’indétermination, au sens du Philèbe. On pourrait
assurer, en un sens, qu’en dehors de l'univers, il n’y a pas de lieu ni de
temps dans toute la force du terme (9).
Mais la symétrie de l'espace et du temps pythagoriciens ne s'arrête
pas là : une fois admise la légitimité de leur existence extra-cosmique, il
convient de s'enquérir de leur communauté de fonction intra-cosmique.
Là encore, seul l’espace vide voit son rôle spécifié : il « sépare les lieux des
choses singulières ». Le vide pythagoricien semble la mise en œuvre du
principe — qui sera énoncé par Mélissos et observé par les Atomistes (10)
— suivant lequel « deux corps ne sauraient occuper un même lieu ». On
remarquera à cet égard que l'espace se distingue du lieu déterminé (« chóra ») par son indifférenciation même: ce n'est pas lui qui constitue le principe d’individuation des lieux ; bien plutôt, son absence de distinction interne se prête à la séparation d'êtres singuliers qui sont déterminés,
comme le dit Philolaos (11), par « la nécessité et l'harmonie ». En tant qu'il
est manifestation de I’« apeiron », l’espace vide représente en face du lieu
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déterminé, la multiplicité indéfinie des intervalles (12). Notre fragment est
muet sur le ròle du temps, mais il ne paraît pas impossible de le conjecturer : de même que l’espace vide se distingue des lieux déterminés des
choses singulières pour les séparer, de méme le temps illimité constituerait l'ensemble des intervalles entre les moments déterminés propres aux
événements singuliers. Sa multiplicité est tout aussi indéfinie que celle de
l'espace vide ; il est loisible de le concevoir dans les termes d’une différence temporelle pure ou mieux, d’une relation de succession considérée,
ex hypothesi, indépendamment de la loi cosmique qui rend la succession
nécessaire (13). Une telle distinction s’etablirait, en quelque sorte a contrario, par référence à la thèse pythagoricienne de l'identité de deux événements en vertu du retour éternel (14). De fait, deux événements qui diffèrent selon le temps illimité peuvent être identiques selon la cause, ou
plutôt selon l’enchaînement de causes qui les produit l’un et l’autre. Telle
est la raison qui faisait dire A Eudème (D. K. 58 B 34) qu'il s'agissait du
« même temps » ; en réalité, on serait plus fidèle au pythagorisme en discernant l'identité des événements, qui est effective, et l'identité des temps,
qui est, comme l’a bien observé R. Sorabji (15), inférée par Eudème sur le
mode de la reductio ad absurdum de la doctrine pythagoricienne. On pourrait aller plus loin, en affirmant que notre fragment sur le temps illimité,
comparé au fragment sur le retour éternel (D. K. 58 B 34), administre la
preuve que la différence entre les temps est irréductible, et que seuls les
événements sont indiscernables dans leur retour même. Mais c'est aussi
l'indice de ce que le temps ne suffit pas à l'individuation des événements
(16), et n'interdit nullement leur éventuelle identité. Pour les Pythagoriciens, le « post hoc ergo propter hoc » confinerait au sophisme ; en effet, la
succession pure n'est, à leurs yeux, en aucun cas déterminante.
Cependant, il subsiste une équivoque, dans la mesure où le temps extra-cosmique n'est pas, on l'a vu, le temps au sens plein du terme. En tant
qu'illimités, l’espace et le temps sont des conditions de la cosmogenése,
comme Théophraste l'a remarqué, à juste titre (17). Leur introduction
dans le monde ne laisse pas, néanmoins, d'entraîner leur modification.
Pour être clair, convenons qu’on peut les considérer à l’état pur, soit à l'état mixte.
À l'état pur, ce sont deux manifestations corrélatives de l'« apeiron »,
correspondant respectivement au principe de pluralité indéfinie dans
l'extension (l’espace vide) et de pluralité indéfinie dans la succession (le
temps illimité) ; à l’état mixte, ils se voient assujettis à l'action de la limite,
qui leur impose l'ordre, le nombre et la mesure. Quant à l’espace, cela signifie qu'il ne saurait y avoir plus d'intervalles que ne le permet l'expansion symétrique de l'unité originelle, qui en se déployant, constitue le
monde (D. K. 44 B 7, Philolaos, et D. K. 58 B 26). La sphéricité est alors la
forme qui revêt la limitation spatiale ; si le vide pénètre dans le monde, il
ne met pas en cause la perfection cosmique, mais concourt à son instauration. Telle est peut-être l'une des raisons pour lesquelles, d'après Aristote,
les Pythagoriciens pensaient que « le Beau, le Bien par excellence » n’étaient pas « dans le principe » (D. K. 58 B 11: Métaphysique 7, 1072 b, 30-
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32), mais dans le terme, sa multiplicité indéfinie admet, du fait de la costote (22). L'infinitisme des Pythagoriciens est paradoxal en ce que, loin de
ruiner le privilège du fini dans le domaine cosmologique — à l'exemple
des Atomistes — il tire parti de l’espace vide et du temps illimité pour
rendre raison de ce privilège. Il ne le peut que grâce à un strict discernement de la détermination et de la séparation, du lieu et de l'intervalle, de
la succession et de l’ordre. C'est pourquoi l'introduction dans le monde
de l’espace vide et du temps illimité ne lui interdit pas la perfection. Mais,
au prix des foudres du Stagirite (23), les Pythagoriciens tiennent pour une
perfection finale, qui marque la finitude dans un temps infini, et s'exmogenése, une « arché » et un « telos », ainsi qu’un ordre rigoureusement
nécessaire. Le temps acquiert ainsi le statut de grandeur nombrée (18) ;
mais le fragment eudémien sur l'éternel retour (D. K. 58 B 34) nous révèle
en outre que le monde fini des Pythagoriciens obéit à une loi de périodicité. C'est dire que l’ordre qui s'impose au temps est celui d'une succession
nécessaire et limitée. Stricto sensu, le temps à l’état pur est infini, mais, en
lui, les états du monde, ainsi que les événements qu'ils comprennent, se
répétent de maniére rigoureusement identique. La répétition serait, partant, la marque propre de l’assujettissement du temps à la limite, une ma-
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prime dans le retour éternel.
niére de forme temporelle harmonique, le « rythmos » cosmique, équivalant pour le temps a l’égalité de la forme sphérique qui limite l’espace (D.
NOTES
K. 44 B 17).
(1) Cf. D. J. Furley, « The Greek Theory of Infinite Universe » in Journal of the history of
Que l’espace et le temps soient modifiés par leur introduction dans le
monde n'implique pas, cependant, que, dans leur état intra-cosmique, ils
dépouillent leur caractère infini. Car l'espace vide se caractérise, dans le
monde, par sa divisibilité « eis apeiron » (D. k. 58 B 28) ; quant au temps,
il manifeste son infinité par sa nature indéfinie de la répétition des événements, dans ce que l’on nomme le retour éternel. Il est vrai d’affirmer que
l'infini temporel ne peut être parcouru, que seule la répétition du fini est
concevable. Les difficultés afférentes à la doctrine pythagoricienne de l'espace et du temps peuvent se condenser dans la problématique constante
de l'illimitation de l’espace et du temps au sein du monde, et dans le
concours paradoxal qu'elle apporte à la constitution d'un « cosmos» fini.
L'obscurité se dissipe quelque peu si l’on a égard aux implications du
dualisme pythagoricien (19) : « apeiron » en effet, tout en se prétant à l'action de la limite, conserve sa fonction propre, qui est d'apporter dans tout
composé harmonique la multiplicité pure. Aussi bien l’espace et le temps
sont-ils, extra mundum autant qu'in mundo, dans une première acception,
des grandeurs indifférenciées. C'est à ce seul titre que, selon notre fragment, ils pénètrent le monde : ce dernier, pourrait-on dire, se les approprie sans cesse, et par là, tout à la fois se constitue et se renouvelle. Mais,
Ideas, Vol. 42, n* 42, n° 4, 1981.
(2) D. K. 67 Al et 21 (Leucippe), 68 A 1. 40. 43. 51 (Démocrite).
(3) D. K. 58 B 30 b = Aristoteles Fragmenta (coll. V. Rose), fragment 201 (extrait du Peri
Tôv Pythagoreión, selon Rose) = Stobée, Ecl. Phys. D, L 18, 1c (cf. H. Diels, Doxographi Graeci,
. 316-317)
FP (4) La traduction adoptée suit celle de F.M. Cornford (ap. Plato and Parmenides, London,
Routledge (Keagen, 1939, p.21) et de W. K. C. Guthrie (A History of Greek Philosophy, t.1, Cambridge, 1962, pp. 227 et 336).
(5) Cf. Aristote, Métaphysique, N, 3, 1901 a 12, sqq. (D. K. 58 B 26).
(6) D. K. 47 a 24 = Eudéme, frag. 65 Wehrli = Simplicius, In phys., p. 467, 26 Diels.
(7) Cf. Aristote, Physique, lil. 4. 203 b 16-17 ; 111, 6, 206 a 10-11, 206 a 25, 206 b 3; IIL 7,
207 b 24-25; IV, 13,222 635.
=—e—
(8) Cf. R. Brague, Aristote et la question du monde, Paris, P. U. F., coll. Epiméthée, 1988,
P
. 397,
(9) On verra sur ce point l'analyse de W. K. C. Gunthrie, op.cit., pp. 336-340.
(10) Le principe a été formulé par Aristote, Physique, IV, 6, 213 b 5-12. Aristote cite luimême Mélissos (213 b 12-13). D'autre part, Leucippe et Démocrite sont évoqués un peu plus
haut, parmi les partisans du vide. Ce principe peut donc avec vraisemblance leur être aussi
attribué. En ce qui regarde Mélissos, on se reportera en outre au fragment 7 (D.K. 30 B 7, 7).
(11) Cf. Philolaos, D. K. 44 A 1 (D.L., VIII, 85).
(12) Cf. Aristote, Physique, IV, 1, 208 b 26-27 ; IV, 6, 213
a 31 - 213b 2; IV, 7, 211 a 19-20.
(13) Philolaos, D.K.
44 A 1; Aétius, I, 21, 1 (Doxagraphi Graeci p. 318).
(14) D.K. 58 B 34 = Eudéme, frag. 88 Wehrli = Simplicius, In phys., p. 732, 26-733, 1
dès lors, la distinction des lieux, et le temps nombré et périodique, ont
Diels.
cours ; cependant, il est au pouvoir de l'analyse de ressaisir l'objet du dé-
(15) Cf. R. Sorabji, Time, Creation Es The Continum, London, Duckworth, 1983, p. 183.
(16) Sur cette question, on se reportera à l'ouvrage de D. Davidson, Actions and Events,
Oxford, Clarendon Press, 1980, Essay 8, pp. 163-180.
(17) Cf. Théophraste, Métaphysique, 33, p. IX a 27-XI b 10 Usener (Ross Fobes) = D.K. 58
B 14. (particulièrement, 1. 31-32, p. 454 D.K.).
nombrement, dans ses deux aspects, spatial et temporel, ou si l’on veut, la
pure grandeur en deçà de l'ordre. Dans leur seconde acception, l'espace et
le temps pythagoricien sont ainsi des composés, justiciables de la même
loi d'harmonie que le monde. Pour les Pythagoriciens, le Bien est dans le
terme (D. k. 58 B 11), dans l'achèvement du mixte ; mais l'on serait fondé
à parler à leur propos, comme on peut le faire au sujet de Platon (20),
d'une restriction affectant le règne du Bien. Le monde dépend de l'« apeiron », et même si, à l'exemple de W. K. C. Gunthrie, on présume que les
Pythagoriciens l'ont tenu pour susceptible d'exister ad aeternum (21), on
n'en doit pas moins remarquer que cette « éternité » est vouée à revêtir la
forme de la sempiternité du retour des états et des événements cosmiques.
En vertu de la même raison, le monde pythagoricien, pour être fini, n'est
pas pour autant autosuffisant, comme l'est le monde de Platon et d'Aris-
18) Cf. G.S. Kirk, J.E. Raven, M. Schofield, The Presocratic Philosophers, Cambridge, 2"d
ed., 1983, p. 342.
(19) Le texte fondamental à propos de ce dualisme est celui d'Aristote, Mélaphysique, A
5985 b 8.
(20) Cf. V. Goldschmitdt, Platanisme et Pensée Contemporaine, Paris, Aubier, 1970, (La Religion de Platon), pp. 51 et 58.
(21) Cf. W.K.C. Gunthrie, op. cit., p. 281 (on verra aussi F.M. Comford, op. cit., p. 18).
(22) Pour Platon, on se reportera au Timée, 33 a-d ; pour Aristote, on verra le De vaelo,
(23) Cf. Aristote, Métaphysique, 7, 1072 b 30-34 (D.K. 58 B 11).