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7
—
MN
LA
OO
E. Historisch-literarische Abtheilung.
-
PSELLUS
————r1rtr_
SUR
DIOPHANTE.
Par
PauL ‘TANNERY.
Le fragment grec, publié ci après pour la première fois, se trouve:
1. A la
bibliothèque
de l'Escorial,
dans le manuserit Y--JI/—12,
f° 73 suiv., sous le titre: “Ano rg 4iopavrov derduntinns;
2. A
Florence, dans
le
Laurentianus LVIII, 29,
f 196
suiv.,
où il est au contraire intitulé: ITooiaufavopeva rag xar agidpytinny alypuntiaxize pedodov tod Wälder.
Ces deux manuscrits, dont je désignerai respectivement les leçons au
moyen
des
lettres E et
F,
sont indépendants l'un
de
l'autre.
Ils
paa raissent provenir d'un archétype relativement fautif et difficile à lire en
i4 certains passages; ils semblent à peu près du même âge (vers le XIV‘ siècle)
di et aucun d'eux ne mérite une préférence marquée sur l'autre.
Pa
_
Je dois la copie du texte de Florence à Vobligeance du savant philo-
= logue H. Vitelli; j'ai pris moi-même celle du manuscrit de l'Escorial.
‘.
Ce fragment forme le début d'un extrait d'une lettre adressée à l'un
a,
ses
correspondants
par
le
polygraphe
byzantin
Michel
Psellus
=: (1020— 1105?), auquel on attribue* d'ordinaire un traité De quatuor
È mathematicis scientiis, plusieurs fois édité au XVI" siècle,
Dans la
+. suite de l'extrait, se trouve une copie littérale (avec les fautes grossières
——
1.
* Cette attribution, mise en donte par le premier éditeur.
Arsénius de Monembasie (Venise, 1532), ne peut guéres se soutenir, ce traité étant expressément
daté, dans la partie astronomique, de Yan du monde 6516, soit 1008 après J.-C-
** Heronis Alexandrini
Geometricorum et Stereometricorum
Reliquiac. Ed. Hultsch, Berlin, Weidmann, 1864, pages 188 et suiv.
TTist.-lit. Abthig. d. Zeitschr. f. Math. u. Phys, XXXVII, 2.
Pagina 2
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Zeitschrift für Mathematik und Physik
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Pagina 3
Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)Paun ‘TANNERY.
Le fragment gree, publié ci après pour Ja première fois, se trouve:
1.
A
la
bibliothèque
de
l’Escorial,
dans
le manuscrit Y—111—12,
f° 73 suiv., sous le titre: 7470 rg Atopavrov cowuntunys;
2, A
Florence, dans
le
Laurentianus LVIII, 29,
où il est au contraire intitulé:
f° 196 suiv.,
ITgoAaußavoueve rie ner’ dorduntum aiyuarianys uedodov tod PéAdov.
Ces deux manuscrits, dont je désignerai respectivement les leçons au
moyen
des
lettres E et 7,
sont indépendants
raissent provenir d'un archétype relativement
l'un
de
l'autre.
fautif et difficile
à
Ils
palire
en
certains passages; ils semblent à peu près du même âge (vers le XIV* siècle)
et aucun d'eux ne mérite une préférence marquée sur l’autre.
Je dois
la copie du texte de Florence à Vobligeance du savant philologue H. Vitelli; j'ai pris moi-même celle du manuscrit de l'Escorial.
Ce fragment forme le début d’un extrait d'une lettre adressée à l’un
de
ses
correspondants
par
le
polygraphe
byzantin
(1020-— 11052), auquel on attribue* d'ordinaire un
Michel
Psellus
trait? De quatuor
mathematicis scientiis, plusieurs fois édité au XVI" siècle.
Dans la
suite de l'extrait, se trouve une copie littérale (avec les fautes grossières
des manuscrits du XVI° siècle, Parisini (1642
et 2361) de divers problèmes de stéréométrie du recueil Heronis mensurae.**
Psellus termine
sa lettre en refusant au contraire de renseigner son correspondant sur les
* Cette attribution, mise en doute par le premier éditeur,
Arsénius de Monembasie (Venise, 1532), ne peut guères se soutenir, ce traité étant expressément
daté, dans la partie astronomique, de l'an du monde 6516, soit 1008 après J.-C** Heronis
Reliquiae.
Alexandrini
Geometricorum
et
Stereometricorum
Ed. Hultsch, Berlin, Weidmann, 1864, pages 188 et sitiv.
Hist-lit. Abthlg. à. Zeitschr. f, Math, u, Phys. XXXVIT, 2.
Pagina 4
Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)absurdes procédés
divinatoires de la lettre de
Petosiris à Necepso et du
ILliv®idiov de Pythagore.*
Dans le texte que je publie, on reconnaitra
facilement les passages
littéralement copiés ou fidélement transcrits, quant au sens, des Arithmétiques de Diophante (Livre I, def. 1, 2, 3).
ressortir,
en
et
l'importance
dont
J'ai fait d'autre part
espagant les caractères, certaines additions faites par Psellus
pour
l’histoire
des mathématiques
est considérable;
je considère comme très-probable que Psellus a emprunté Ges additions à des
scholies marginales de l’exemplaire de Diophante qu'il avait fous les yeux.
L'auteur
de
ces
Varithmétique
scholies
(ou
avait,
plutôt
la
de
son côté,
logistique)
dû utiliser
d'Anatolius
sur
écrit
d'Alexandrie,
sur
lequel
vivait dans la seconde moitié du III siècle de notre ère. **
L'existence d'un manuscrit de Diophante portant de pareilles scholies
est
d’ailleurs prouvée
par
le fait
qu'une
annotation marginale, dérivant
d'une nomenclature due à Anatolius, a, par suite d’une confusion, passé dans
le texte de Diophante et entrainé une corruption que permet de corriger
sûrement l'extrait de Psellus (voir les notes f et ] du texte).
Tiegpvowrarnv magéyerar yoelav ti xard toe dorduods
oikovonie
nab i) zer Aiyumrious tav covduar’) uédodoc, dl fe olxovousitar ta
naro tv avarutixnv) mooßAyuara. del dé Ge mporov saravoricar ra rv
mag avtoîs dortuov dvouata xal tiva divapiv Exaorov xéxtytar* ¿ore
yao map adroig, We dì mul‘) mag quiv, povds #09 de Fnaorov tov
Gvrov ty Ayerar
0: dorduos SÌ mag adroig Wratrevov Ayeror 6 undèv ubv®
¡Sour xryoduevos, tyav dì dv Eavr@ mandos wovdd@r dogiotovi* zaktizaı
di adtoig? 6 dovPudg oùroc nal mAeved.
Avvanıg dé dorıv drav couds ég'écurdv EURER tovto dè
nodsivar nol terodyovos dorduos* el oùv Vredtueda tov dorduòv povedav
B,
à Ovvapig Fora uovddov é.
Kv Bog dé got Grav covdudg ¿ml tify diva RENT olov
Urodwueda tov dorduov uovadov B DI dvvauıg aúrod ta Ô adv ¿md Tv
mhevoov td B mohhanhagiacdy, yevnosrar 6 y derduos”,de di) xuBos tori.
Avvanodvvanıg dé ¿or Grav a duvarus ep Ewvrijy molamhactacoÿ"
olov 1 dp éuvrpv) xed piveren 1.
Auvayönußog dé gow")¿rav mE duvauis ¿mi xvBov moMardaciac9y*
Goneg 0 Ô él tov q sai plverce AB ual xedetrar dAoyog) mebros
* Voir ma
Notice
sur
des
fragments
d’onomatomancie arithmétique (Not. et Extr. des mss. XXXI,, 1885),
#* Je considère commeun même personnage le maître de lamblique et l’évêque de
Laodicée; voir mon ouvrage: La Géom. grecque ete. (Paris, Gauthier- Villars 1887).
a) or” alyuntiovs trav dortuay Y alyunrıonn Ed) dvdlvow Pc) nai FF
sot. E
d) ef Euclide, VII def. 1. F écrit Sucre et omet dv+ E omet av dvrov
e) uèv om. F
f) Mot du texte de Diophante, auquel est substitué dans les manuscrits de cet auteur celui d’édoyog (von Note 1)
g) «iros Hh) dgıdwög om. #
1) &p’(avant Eavznv) om. F j)d om Fk) gory om, E
1) Fa en marge le glos-
Pagina 5
Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)(oure yde terecyovós gor oùre xvBog) nat dorduds méunroc mQayde dwhovg”) dorduog' deúregos Övvanıg' telrog uvBos:
tog”
térapros duvanoduvaurs
nat neumrog oúros 6 dvvandzufos.
Kußorvpog dE gory Grav uvBog tp’ Eavrdv mohhamhaciactelo dorduòv
moon.
"Akoyog dè SevteQos dorduos ¿otiv brav Övvanız mi Khoyov
modtov tolhawhecrachy tie yoo Övvansng odong povddwov È, de
elontar, tov dè xedtov dAoyov wovddov AB, ro da adcav lore: uovddor
oxy, Smee xuleiros dAoyog Öevrepog' xaheitar 0 0°) adtdg wal dorduòs
EB Sowos.
Tetoanin
de
Övvanig 2orıv
Stav dvvautg ¿ni uvBdxvBov
tohhanhacracdy.
KvBoo
dè 2Eskıarog Ecriv drav
Övvanıs ext &Aoyov dev-
Teoov wohhamwhaciacdn.
Tôv
dè
torovtov aordpnarv” «al td Öumvuua popra omolwg tovtor
viyOúcero*rou piv devduods agıduootov"rijg di dvvduews duvauoorov’ron
dè zußov zußocıov'zng dè duvapodvviuemg Svvauodvveuooroy’ rod dè Övvauozußov SuvapoxvBoorov* tod dì xvBoxdBov xvBoxvBoordr.
Tlegt dì zijg alyuntıanig pedodov zavıng Atópavros piv dithaBev duorBéorsgor, 6 dè Aoyıwrarog ’Avarokog Ta cuvexrixorara péon tg nor
dusivoy Emiserjung dnohcéduevos, Éréows diogavtov) cuvontizattata”) mg00epovnce
nat el vie rag Zvreüden uedodovg sideln, to mooBadhopeve Evioıg dv
zoig ¿uuéroois éxyoduuacuw agıdunrınd moofhjuora captorara dıahvasıe
to
piv pde tovrav diedverar dud Todde tov Dempjuarog Ts alyumriaxis
dvaltcemg, a dì ÖL Erégov' del yde tov moofePAnutvov agıduov dıskeiv 7
¿dv hurolro Adyo i) dv bureraora q dv Erégo rouvre zul amd the torasine
Siarpésews
evovvontoy
10 moofeBAmuévov yevycerar.
Kal
tadta piv ini
togodrov 601”.
Je
crois
comprendre.
inutile
Je
de
donner
me bornerai
une
donc
essentiels.
traduction
de ce
texte très-facile à
à quelques remarques
sur les points
3
1. Les expressions 2} zur Alyuatiovg wéodog, 4 aiyuntiany avadvors,
appliquées à ce que nous appelons
la méthode
algébrique de Diophante,
Soulivent un probléme d’autant plus grave qu’on ne peut guéres les croire
forgées par Psellns.
er
Sème dveizos,
m) Pa rod rar et ensuite dedzegor, rolrov, téragror, wéumtoy (nat
étant omis), H a de même rolroy et réragrov
dè totovror BF rey dè narà tov I]
n) dnids EF
0) dom, E p) cov
q) Erigo 4iopdvro EI, comme si Anatolius
avait dédié son ouvrage à un second Diophante,
sens que je crois peu admissible;
mas on pourrait peut être conserver Jıopavro, en faisant régir
ce mot
qui
marquerait
ligne précédente
une
addition
(à
Diophante)
1)
par eds,
cuvextexarara E (comme à la
$) cot om. E.
Pagina 6
Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)Dans la scholie mathématique sur le Charmide
crois
empruntée
à Anatolius*,
on
de Platon, que je
lit sur la logistique:
uéon
dè œvrÿe
el “Eddquizal not Alyurmtiaxal nadovuevar uéÿodor dv mohhamhaciacuoic sal
wsgrouoig %.t.¢.
Mais il semblerait qu’il s'agit là de tout autre chose, c'està-dire de différents procédés de calcul pour les opérations élémentaires.
Faut-il, d'après
égyptienne
le fragment de Psellus, entendre que la méthode
pour les multiplications
et divisions de la scholie
du Charmide consiste essentiellement dans la distinction et la nomenclature
des diverses puissances successives de l’inconnue et de leurs inverses, et dans
les
relations
tients?
qui subsistent
Mais
entre elles pour leurs produits et leurs quoon peut opposer
à cette
hypothèse
le
grave
témoignage
d’un auteur certainement antérieur à Anatolius et très probablement à Diophante.
Les
Philosophumena**
attribuent
en
effet
à
Pythagore
la
série des sept degrés de l'unité au cubocube (sixième puissance), c'est à
dire la seule série que reconnaisse Diophante,
Je suis done porté à croire que le commentateur de Diophante qui aura
compilé Anatolius,
a
fait quelque
confusion sur le
sens dans
lequel
ce
dernier a pu employer l'expression de méthode égyptienne.
2. Quoiqu'il en soit à cet égard, le fragment de Psellus nous prouve
clairement que la série des sept degrés de Pythagore et de Diophante avait
été prolongée jusqu'à dix
par
Anatolius
et
que
celui-ci
avait soit proposé soit an moins mentionné une nomenclature différant essentiellement,
sur certains points, de la seule que nous connaissions d’après Diophante.
Cette nomenclature, incomplètement rapportée par Psellus, est la suivante:
Anatolius.
Diophante,
O Moves.
words.
1 moûros agıduog — derduos (dnlog) — mhevod. — derduós.
2 deutegos dorduos — terpayovos- dv vane.
3 roitog
dorduog
—xvBos.
Övvanıg,
xuBos.
4 réragrog dorduos. — duvanodu vans.
Övvauodvvanıg
5 néuntog dorduog — &loyog noëroc.
duvanonußag
6 Exrog dorduog.
#vBorvßog.
—
?
7 ¿Bdonos derOwos.— Ekoyog devtegos
8 (6pdoos dorduos)
— reroandij Övvanız.
9 (Evvarog don9uos) — xvfos Eéelinroc.
Cette nouvelle nomenclature est d’ailleurs elle-même double; sous une
forme,
elle
exprime aussi nettement que possible la notion des puissances
successives, classées d’après leur degré.
Il eût suffi de traduire cette notion
par un symbole approprié pour obtenir la notation exponentielle.
* Voir ma Géometrie Grecque, p. 4, 8.
** Doxographi Greeci éd. Diels, p. 557, 4.
Pagina 7
Bekijk in PDF(opent in een nieuw venster)Sous
la seconde forme, la nomenclature d’Anatolius a une singulière
relation avec celle des algébristes italiens de la renaissance qui dénommaient
les
puissances
non,
Le
comme
d'après la
rapprochement
puissances
composition en
facteurs
de
leurs exposants
(et
Diophante, d'après la composition additive de ces exposants).
à
s'impose
particulièrement
exposant premier;
devreoog=relato secondo,
ces deux nomenclatures, il
&loyog
pour
la
dénomination
xowros =relato
des
primo; @40yog
Il y aurait évidement à rechercher si entre
n’y
a
pas
en
un
intermédiaire arabe, encore
inconnu,
3. Il
semble ressortir inéluctablement, tant du témoignage du scholiaste copié par Psellus,
venons
lius
de
parler,
que de la différence des nomenclatures dont nous
que Diophante a composé son ouvrage avant qu'Anatoait rédigé le sien.
Le fait a son importance,
Diophante m'est déterminée par des
puisque
l'époque de
preuves suffisantes qu'entre Hypsiclés
(II° sièele avant notre ère) et Théon d'Alexandrie (IV° siècle de notre ère).
J’estime d'ailleurs que si Diophante avait vécu assez longtemps avant
Anatolius pour
que
exemple dès le
temps de Théon d'Alexandrie et d'Hypatia,
sa
réputation
ait
été
assise comme
elle l'était par
les fragments
sur la logistique que nous possédons de l'évêque de Laodicée et où il est
fait mention de problèmes
métiques,
du genre
contiendraient une
de
ceux
que
allusion plus nette
traitent les Arithà
cet ouvrage.
considèrerais donc Diophante comme à peu près contemporain
Je
d’Anatolius,
mais tandis qu'avant de decouvrir le fragment de Psellus, je l'aurais plutôt
regardé comme postérieur, je dois aujourd'hui affirmer son antériorité.
4, La fin du fragment, dans laquelle Psellus explique, comme il la
conçoit,
l'usage que l'en
peut faire
de la méthode de Diophante,
semble
devoir ètre laissée à son compte et non attribuée au scholiaste, comme ce
qui
précède,
Savons
que
Il
ne s'élève pas de
fait au
delà du problème 1,2, Nous
Léonard de Pise a trouvé à Constantinople au moins un arithméticien
qui
minée.
L’ignorance
gardait
encore
dont
la
tradition
fait preuve
des problèmes d'analyse indéter-
Psellus n'était
done
pas
générale
Parmi ses contemporains, quoique le mauvais état du texte de Diophante
et le
fait que
les
manuscrits
actuels dérivent tous d'un même exemplaire
du VIII° on IX° siècle trés-fautif, prouvent assez que cet auteur était absolument négligé chez les Byzantins.
Eu résimé, le fragment que j'ai publié ci dessus me parait soulever
des broblèmes historiques nouveaux sur lesquels j'ai indiqué mon opinion,
mais que je ne prétends nuellement avoir résolus définitivement. Je serais
heureux
que leur discussion apportät quelque nouvelle lumière, dont je
pourrais Profiter
pour
l'édition
de
Diophante
que
je
l'espère, l'apparition ne sera désormais plus retardée.
prépare et dont,