En Grece archaique: Geometrie, Politique et Societe

Auteur
Detienne, M.
Verschenen in
Annales
Jaar
1965
Onderwerp
SOCIETY
Taal
Français
Categorie
C4 Meetkunde
Archiefnummer
5763

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Géometrie, Politique et Société

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EHESS En Grèce archaïque: Géométrie, Politique et Société Author(s): Marcel Detienne Reviewed work(s): Source: Annales. Histoire, Sciences Sociales, 20e Année, No. 3 (May - Jun., 1965), pp. 425-441 Published by: EHESS Stable URL: http://www.jstor.org/stable/27576396 . Accessed: 10/04/2012 11:23 Your use of the JSTOR archive indicates your acceptance of the Terms & Conditions of Use, available at . http://www.jstor.org/page/info/about/policies/terms.jsp JSTOR is a not-for-profit service that helps scholars, researchers, and students discover, use, and build upon a wide range of content in a trusted digital archive. We use information technology and tools to increase productivity and facilitate new forms of scholarship. For more information about JSTOR, please contact support@jstor.org. EHESS is collaborating with JSTOR to digitize, preserve and extend access to Annales. Histoire, Sciences Sociales. http://www.jstor.org

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?TUDES EN GR?CE ARCHA?QUE , G?om?trie, et Soci?t? Politique son essai sur Les origines de la Pens?e grecque, J.-P. Vernant* Dans a oppos? l'une ? l'autre deux images du monde : celle d'H?siode au au vie :une image mythique, vne si?cle, celle d'Anaximandre une image un monde est celle d'un univers La premi?re ? niveaux, rationnelle. de puissances structur? par une hi?rarchie sacr?es. Chaque r?gion de : est de charg?e religieuses l'espace qualit?s sp?cifiques l'espace qu'oc des hommes est ; le monde cupent les dieux n'est pas celui des hommes s?par? du s?jour propre aux dieux infernaux. A cette image mythique du vie si?cle : l'espace d'Anaximandre s'oppose la nouvelle repr?sentation c'est une ?tendue de type math?ma n'est plus religieusement qualifi?, ? ?. Circulaire, et de position de des d?finie distance par tique, rapports en toutes ses parties par rapport ? ce point privil?gi? centr?, homog?ne le centre, d'Anaximandre constitu? l'espace physique appara?t qu'est par de des relations caract?re et sym?triques g?om?trique, Ce nouveau cadre seulement son ordonnance r?versibles. pas n'impose spatial, ? la comme Anaximandre aussi la ; il marque cosmologie philosophe sur Dans beau leur livre Clisth?ne P. VAth?nien9 pens?e politique. L?v?que avec beaucoup et P. Vidal-Naquet viennent de montrer de force qu'une la r?forme politique m?me conception de l'espace structure de l'Alcm?o uvres de la premi?re g?ographie, nide, qu'elle s'impose dans les qu'elle A la informe sans doute aussi la vision de la sculpture contemporaine. uvres qui d?finissent la premi?re les raison grecque, limite, toutes ?. celle de 1' ? esprit g?om?trique inspiration, paraissent ob?ir ? une m?me si ?tendue soit-elle, semble prendre son point de d?part Mais la r?volution, d'un dans un secteur privil?gi? : c'est, en effet, selon J.-P. Vernant2, dans et P. Vidal-Naquet ont accept? de lire le manuscrit 1. J.-P. Vernant de ce travail sur plus d'un point. en soient observations et je leur dois de pr?cieuses tous Qu'ils remerci?s. tr?s amicalement deux un peu de celle diff?re P. L?v?que 2. La th?se de J.-P. Vernant que d?fendent la note et P. Vidal-Naquet, Clisth?ne 3 de la 1964, p. 78. Dans VAth?nien, Paris, 425 Annales (20e ann?e, mai-juin

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et juridiques, les institutions sociale de la dans la pratique politiques ainsi le cadre conceptuel cit? du vne et du VIe si?cles, que s'?labore de l'av?nement d'ailleurs que les techniques mentales qui permettent la Raison En grecque. sation ? de ?gaux. D'une ce qui concerne la sp?cialement plus ? g?om?tri elle est ins?parable de et cosmologique, la pens?e physique la d'un Cit? nouvel par espace social, centr? sur YAgora, l'organisation se d?finir comme des et dans le cadre duquel tous les citoyens peuvent ? assertion 1 ? d'Anaximandre qui marque, dans la concep une solidarit? de centre entre les notions l'univers physique, (6xb {i^Sev?? (uiaov), de similitude (?jjloiotyj?), et de non-domination a pu rapprocher de la mani?re la plus xpaTOouivYjv [y^'v]), J.-P. Vernant de le d'Anaxi la Maiandrios, contemporain frappante profession politique : ? Poly crate n'avait pas mon approbation, mandre quand il r?gnait en sur ses ?taient hommes des semblables (ojjlo?ov) et nul autre qui despote a accompli ne l'a, s'il agit de m?me. Or donc, Polycrate sa destin?e, et moi je d?pose le pouvoir au milieu (iy?> Se e? uiaov ttjv ?px^v Tt?d?)et je tion de proclame pour trois termes nation concepts notion sont univoque, vous trois d'Anaximandre, purement ?a. VIsonomie li?s : la similitude termes mais politique, qui trois celle Dans cette 3, la centralit? sont termes d?claration c?l?bre, et l'absence de domi homologues parfaitement ici dans culminent qui d'Isonomie*. C'est ce concept aux une qui ces deux ont auteurs les concepts admettent seulement m?me que page, politiques ? un aux philosophes de r?f?rence, fourni d'un ordre ? la fois grecs syst?me l'image ?. cr?? et ? cr?er sont group?es et analys?es 1. Les diverses H. Kahn, par Charles doxographies New York, Anaximander and the Origins 1960, p. 53 sqq. et 76 sqq. of Greek Cosmology, est d?velopp?e dans 114 et suivantes les pages La th?se de J.-P. Vernant de son livre, ? G?om?trie et est reprise 1962. Elle dans Les origines de la pens?e Paris, grecques, dans la premi?re n? 109, 1963, astronomie ?, La Pens?e, grecque sph?rique cosmologie 82-92. pp. 142. 2. H?rod., III, avec la notion de o|xe?o?, et ses rapports 3. Sur la question Vao?, on verra R. Hir Dik? und Verwandtes, et les remarques de ZEL, Themis, 1907, p. 234 sqq. Leipzig, sur le d?veloppement en Gr?ce, de la pens?e juridique Recherches et morale L. Gernet, la R.-E. a ?crit un excel 1917, p. 457 sqq. Dans Paris, (1913), c. 2252 sqq., Schulthess ? : ? Homoioi. lent article une et le concept 4. Le mot s?rie de probl?mes. En posent d'taovoptoc premier : de l'?tymologie de vo'fxo?, et vouloir dire ?galit? lieu, la question l<xovop.ia peut d?river la loi, ce qui ne signifie le devant S'il d?rive de vljxetv, comme pas ?galit? politique. ? commentateurs la plupart des des ?, il peut pensent signifier r?partition l'?gale ou des droits : r?par par E. Laroche (c'est le sens retenu politiques parts mat?rielles il faut noter avec ?d. Will, tition S'il s'agit d'?galit? Korinthiaka, politique, ?gale). ? ?tat de la suivons l'excellent Paris, 1955, p. 618 (dont nous question ?) que ? l'?l? ?. Il y a place pour toutes iso- n'implique ment les absolue pas forc?ment l'?galit? assez st?rile, nuances de l'?galit?. Mais ? ce type d'enqu?te, sur l'?tymologie atomiste, on peut la recherche substituer qui r?ve d'atteindre diachronique, VUr-Bedeutung, dite selon la d?finition d'une de Vendryes Il statique, ?tymologie (B.S.L., 1953). et synchronique. cette fois d'?tymologie La m?thode est la sui synth?tique s'agit : chercher vante ? d?finir la place de chaque mot dans l'esprit, en circonscrire la signi et l'examen et l'emploi. C'est par le relev? de tous fication les contextes o? ce mot une faire s'en id?e ce se pose A le esp?rer moment, approximative. figure qu'on peut

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EN GR?CE ARCHA?QUE humain du VIe si?cle son expression ? l'image du monde la plus ? ceux o? ? celle monde la d'un vie qui participent ad?quate, publique ?. x le font ? titre d'?gaux le plus important est sans doute celui de Parmi les trois termes, au Centralit?. vocabulaire de ?; j/iaov appartient L'expression politique ? un sentiment la fin du vie si?cle. Quand Cadmos de C?s, ? ob?issant la tyrannie ? une tyrannie de justice ? (?tc? Sixaioaovyj?), abandonna ? il bien ?tablie qu'il avait re?ue de son p?re ?, d?posa le pouvoir au ? (?? uicrov.. KonaQuq tyjv 2. C'est la m?me milieu par ?p^v) expression d?finit un aspect de la double r?forme de D?monax ? Cyr?ne : qu'H?rodote ? un ?tat de Monarchie. d'une forme d'Isonomie la substitution Apr?s des biens sacr?s l'administration avoir mis de c?t?, pour le roi Battos, ? ? et des c?r?monies du culte, D?monax d?posa au milieu (?? j/io-ov l?yjxe) les rois 3. La m?me tout le reste de ce que poss?daient expression joue donne aussi sur un autre plan, dans un m?me contexte politique. 'E? p?cov fait :mettre de la d?lib?ration en d?lib?ra politique partie du vocabulaire ? tion la conduite ? tenir se rend en grec par l'expression d?poser l'affaire au milieu ? (?? V?pX?i comme [/i<70V itpOTiOevai le pouvoir, ouxaxaTtO?vaiOUTiO?vaiTOTCpYJYjjia)4. l'affaire ? d?battre, la question Comme qui concerne les les diff?rents dans de la nature contextes. les ?tudes de probl?me Apr?s d'taovojjaa et d'autres, et P. Vidal-Naquet P. L?v?que ont d?gag? V. Ehrenberg, certains : 1) elle se d?finit de l'foovopia de la fin du VIe si?cle son aspects n?gativement par certains ? la tyrannie comme une ; 2) dans emplois, opposition appara?t r'ioovojxta :V. Ehrenberg, est tr?s lourde La bibliographie valeur Die Rechtsidee aristocratique. 1921 ; ? Isonomia im fr?hen ?,R.-E., Griechentum, VII, 1940, c. 293 sqq. ; Leipzig, Suppl. of Democracy 1946, ch. IV : ? Origins World, Oxford, of the Ancient ?, His Aspects ?, Wiener 1950, p. 515 sqq. ; ? Das Harmodioslied toria, Studien, 1956, p. 57 sqq. ; ? Isonomia Journ. G. Vlastos, ?, Amer. 1953, pp. 337-366 ; J. A. O. Larsen, Philol., ? Cleisthenes of Democracy and the Development ?,M?langes Sabine, Ithaca, 1948, Histoire de la pens?e ; T. A. Sinclair, pp. 6-16 (que je n'ai pu consulter) politique 39 E. Histoire de la racine nemen 1943, p. sqq. ; Laroche, (tr. fr.), Paris, grecque 1949, p. 186 sqq. ;?d. Will, Korinthiaka, Paris, 1955, p. 618 sqq. ; grec ancien, Paris, ? des atomistes L'isonomie t. XXX, Ch. Mugler, ?, Rev. Philol., 1956, p. 231 sqq. ; Les origines de la pens?e J.-P. Vernant, 1962, pp. 52-53 ;P. L?v?que grecque, Paris, et P. Vidal-Naquet, Clisth?ne VAth?nien, Paris, 1964, pp. 24-32. 1. Selon et tr?s prudente, formule de P. L?v?que et P. Vidal l'excellente, Naquet, op. cit., p. 31. 164. Cf. Lenschau, Kadmos 2. H?rod., c. 1472 VII, (n? 5), R.-E. (1919), sqq. carri?re de Cadmos. d'aventurier l'?trange qui retrace est celle de F. Chamoux, essentielle 3. H?rod., sous IV, 161. L'analyse la Cyr?ne 139 des Battiades, Monarchie l'on 1953, Paris, p. que les sqq., compl?tera par ? Aux du r?gime foncier d'?d. Will, H?siode et remarques grec, Hom?re, origines t. LIX, et. anc, ?, Rev. 1957, p. 11 sqq., et de L. H. Jeffery, myc?nien l'arri?re-plan ? The Pact at Cyrene Settlers of the First 142 sans ?, Historia, oublier 1961, p. sqq. ; et P. Vidal-Naquet, P. L?v?que op. cit., p. 67 sqq. 207 8 80. En 4. H?rod., to ; I, ; III, VII, VII, 8, l'expression l? t?Ot)^ npr?^a conseil de soi seul. L'expression ? i8io6ouXeeiv, est parfois aussi prendre jjL?aovs'oppose sans 129 valeur semble avoir dans ; VIII, VI, (H?rod., politique 74). Mlaov employ?e :H?rod., de Kotv?v ce contexte voisines des valeurs 58 parle de Koiv?v VIII, izpfiypo.. on parle de xotvw Xo'yu) Si l'on se met d'accord, ; II, 30). To xocvov, c'est ^pTjaajxcvoi (1,166 14 ; VIII, 135 ; IX, la cit?, 117 ; III, l'?tat 156 ; V, (I, 67 ; V, 85 ; VI, 109), mais

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int?r?ts du groupe se d?pose ?au milieu ?.Dans lem?me vocabulaire d?lib? encore sorte souvenir de le d'une ratif, certaines expressions proc? gardent ? son avis ? dans une de ces institutionnel. dure de caract?re Exprimer ? assembl?es peut se dire ? porter son avis au milieu politiques (<p?peiv *ou encore ?dire au milieu? ? iq ui<7ov) YVcoiAYjv (XIyeiv iq uicrov)8. Si le milieu? est collec dans les premi?res expressions semble signifier que l'entretien il semble plus pr?cis?ment tif et public, dans les derni?res faire allusion : le [ascjov semble ?tre le point ? une position de l'orateur g?ographique ? ? son d'o? A l'on ?met avis. central l'expression (k?^ew parler au milieu ? ? se du milieu retirer iq (/? ov), r?pond l'expression sym?trique (ex. fxsaou koct^svo?) 8. Le contexte indique tr?s clairement qu'une fois en dehors un citoyen priv?. Comme l'atteste la for du [??fjov, l'orateur redevient ? au c'est la de milieu mule d'une inscription collec ?, T?nos, juridique tivit? (|/i<j(?>ft?vTe?) ; en dehors, c'est le particulier (^wpl? IxaaTO?) 4. ces expressions un espace politique d?finissent dont nous Toutes la mesurons dans la vieille formule que pens?e grecque par l'importance le h?raut prononce au d?but d'une assembl?e quand il invite les citoyens ? donner un avis ? la cit? : ?Qui veut porter au milieu un avis sage pour sa cit??? (t?? O?Xeix?Xst xp^t?v ti fio?Xzvp iq uisov <pep?ive^cov)5.Mais cette ? commun ? et le image d'un point central, qui est ? la fois le point point tous les autres, est-elle une image spatiale o? chacun s'affirme l'?gal de d'un espace circulaire et centr? propre ? la seule cit? ? La repr?sentation 6 une Des textes pr?cis permettent de la Polis ? cr?ation de est-elle encore un contexte dans social celui la n'est de pas qui r?pondre que, ne sur sont et de diff?rents cit?, pas politiques, plans pens?e qui l'expres sion iq jjtiaov a jou? un r?le important. Quels sont ces plans de pens?e ? solidaires ? Quelles De quel groupe social sont-ils sont, ? ces niveaux, les valeurs d'?? p.?aov ? 144 ; IX, 85) ou simplement l'int?r?t le tr?sor public aussi (VI, 58 ;VII, g?n?ral I et II, Griechische Staatskunde9, (III, 82 ; III, 84). Sur xotvo'v, cf. Busolt-Swoboda, 1920-1926, II, s.v. xoivdv). passim (Index, 1. H?rod., IV, 97. des assembl?es 2. H?rod., III, 83. On ne manquera pas d'en rapprocher l'usage militaires (cf. infra, p. 434). 21 ;VIII, 3. H?rod., 73; III, 83. Sortir du [x? ov, c'est se condam IV, 118 ;VIII, ner ? t?io6ouXeetv (VII, 8). : registre d'actes de ventes du 4. I. G., XII immobili?res, (5), 872, 27, 31, 38 est employ?e ? propos de 7rpaxT?)pe?. Cf. R. Dareste, iiie-ne si?cle a. C. L'expression Recueil des inscriptions Th. Reinach, B. Haussoullier, I, Paris, grecques, juridiques 1891, p. 64 sqq. de Th?bes, d?clare 438-439. Au h?raut Th?s?e 5. Eur., fi?rement, apr?s Suppl., ? : ?Quant :Qui veut... ? la libert?, elle est dans ces paroles un ?loge c?l?bre de l'?galit? sous une nous dans forme connais La formule 885, VOreste, que plus br?ve, repara?t 170 ;Aristoph., 45 ; Assembl. Pro sons aussi par D?mosth., corona, Acharn, femmes, 3. Sur ce droit cf. par exemple Busolt Contre Ct?siphon, 130 ;Eschine, d'ia^yopta, n. 4. Griechische I, 1920, p. 453, Staatskunde9, Munich, Swoboda, des analyses dans une direction la suite, nous d?veloppons 6. Dans que J.-P. Ver ? G?om?trie dans et astronomie la premi?re ?, nant, sph?rique grecque cosmologie le premier. n? 109, 1963, p. 88, avait La Pens?e, indiqu?e c'est

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EN GR?CE ARCHA?QUE D?s l'?pop?e, l'expression dans toute une Iq j/iaov fait son apparition s?rie de contextes : contexte de jeux, de du butin, d'assembl?es, partage de justice. Ce sont toujours des contextes Avec les jeux institutionnels. fun?raires, par exemple, nous sommes sur un plan fortement structur? 1i o? gestes et paroles ont des significations d?finies 2 : plan social, o? s'attestent de tr?s anciennes de tr?s anciens ?tats de pens?es, coutumes, mais aussi terrain de pr?droit, ?moment de vie collective ?, privil?gi? o? surgissent des proc?dures qui seront plus tard celles d'un droit cons titu? 3. Les jeux ne s'improvisent ? des r?gles. Quand pas, ils ob?issent le b?cher de Patrocle ? retient l? son monde s'est consum?, Achille pour si?ger en vaste assembl?e (e&p?v aY^va). Des nefs, il apporte des prix t?tes fi?res de b ufs, (gx??p' aeOXa) : bassins, tr?pieds, chevaux, mules, ? la belle et ceinture fer ?4. L'assembl?e des guerriers d?fi captives gris nit l'espace mat?riel des jeux : c'est dans ses limites que se d?roulent les Mais un dessin? l'assembl?e n'est principales ?preuves. par pas l'espace les prix espace informe, c'est un espace centr? : quand Achille apporte il met en concours, il les ? d?pose au que, par g?n?rosit? princi?re, ? (iq jjicraov milieu c'est un usage bien l'Oise)5. Ce n'est pas un hasard, attest?. Apr?s les fun?railles eurent ?rig? les Ach?ens d'Achille, quand ? le en personne, plus grand, le plus noble des tertres ?, Th?tis, organisa des jeux fun?raires : les prix ? incomparables qu'elle avait obtenus des dieux pour les concours des chefs ach?ens ?, elle les ? d?posa au milieu de ? l'assembl?e ?v Ce n'est pas le seul exemple: (?rjxe (/?era) aY?5vi)6. quand l'auteur du Bouclier h?siodique d?crit la course de chars, il pr?cise que, 1. Sur les jeux fun?raires, on verra L. Malten, ? und Totenkult ?, Leichenspiel Mitt. deut. arch?ol. Rom. Bd. Instit., Abt., 1923-1924, sqq. et sv. ; p. 300 38/39, ? c. 1859-1861. ?, R.-E. Leichenagon (1925), 2. L'aspect a ?t? fortement ? Jeux et des Jeux juridique par L. Gernet, soulign? Droit sur le XXIIIe chant de VIliade) et ?tran (Remarques ?, Rev. hist, droit fran?ais et Soci?t? ger, 1948, p. 177 sqq., repris dans Droit dans la Gr?ce ancienne, 1955, Paris, pp. 9-18. son ?tude 3. Dans pr?c?demment cit?e, L. Gernet p. 17) a pu (Droit et Soci?t?, : ?Le droit qui commence ?crire une dans la sc?ne n'appara?t d'appara?tre pas comme et professionnelle : il ?mane de la vie des jeux ; il y a conti lui-m?me technique sp?ciale entre nuit? la coutume et la coutume ?. agonistique judiciaire 4. II., XXIII, 256 sqq. Sur la valeur ? Les du fer, cf. en dernier lieu, L. Deroy, noms du fer en grec et en latin ?, t. XXXI, 1962, pp. 98-110. UAntiquit? classique, 5. 11., XXIII, : 704 telles que d'autres formules, pvaTx'?? [licaov e6t)xe. On trouve 799 et 886). Sur les valeurs cf. e?jx'?? ?ytova <pspwv... (IL, XXIII, d'?^aSv dans l'?pop?e, R. Martin, sur VAgora Recherches d'histoire et d'architecture grecque. Etudes urbaines, Paris, 1951, pp. 19, 22, 48, 161, 169, 244. C'est dans de l'assembl?e, l'?yt?v, au milieu la plupart : II., XXIII, des ?preuves que se d?roulent 507, 685, 710, 814. Remarquons enfin que c'est toujours le verbe xcOevai qui est le vocabulaire dans ici, comme employ? dont H?rodote est le t?moin. Cf. [II., XXIII, politique 263, 631, 653, 656, 700, 740, 86 et 91. 748, 750, 751, 799 ; Od., XXIV, 6. Od., XXIV,

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? ? l'int?rieur de l'assembl?e (?v-co? aY&vo?), se voyait destin? au vainqueur ? x. Cyrus un grand tr?pied en or, uvre illustre du tr?s sage H?phaistos il la sont de d?cr?te-t-il les biens Perses des guerre, que emploie l'enjeu suivante l'expression (ev met (jtiaa) Y?p aux prises : ? Ces biens xau-za t? rt$Y? kzIzoli avec un sont aya??)2. une joute ami, au milieu d?pos?s une qui joute ?voque homme est un le prix jeune comme des prix Si Th?ognis dont ? le la fleur du bel ?ge, le prix (aGXov) se trouve ?au milieu ? (sv uiaacp)3. ? D?mosth?ne, enfin, parle au sens figur? de ? prix d?pos?s au milieu dans x?t[A?va (?'GXa dans Si, ?v (/?ao)) 4. le cadre de l'?pop?e, impose l'expression l'image assem d'une bl?e de guerriers assis en cercle, quelle est la valeur de ce point central ? cet usage institutionnel ? Pour Quelle est l'image mentale que v?hicule d?finir la valeur du milieu dans ce contexte de jeu, il faut faire le d?tour dans le m?me par une institution qui tient une place fondamentale groupe social des hommes sp?cialis?s dans le m?tier des armes : le partage du butin. Dans la plupart des passages de l'?pop?e, chaque combattant s'acharne ? un butin ? individuel les conqu?rir nelle sur des s?de en propre, biens que armes ?.Mais vont qui chacun de ses chacun ennemis, ? c?t? de la mainmise grossir emporte la part avec des soi s'efforce imm?diate de richesses que chacun sa tombe 5, il y dans faire et person pos a des ? au : les biens pris ? l'ennemi sont d?pos?s d'un autre usage ?. Quand Th?ognis de M?gare ?voque l'infortune des grands pro les malheurs de la cit?, le naufrage de l'Ordre, il d?plore de ne pri?taires, : ? de vive force, ils (les vilains) pillent les voir que d?sastre et pillage tout ordre a disparu... richesses, Qui sait si le butin fait encore l'objet d'un partage ?gal ? ? 8. Le partage du butin, c'est Saj^b? iq xo uiaov car traces milieu 1. H?s., 312. Cf. //., XXIII, 273. Bouclier, 2. X?n., Anabase, III, I, 21. 3. Th?ognis, 994. 4. D?mosth., I, 4-5, ?d. Dindorf8. Philipp., 5. Le butin des biens fait, en effet, que les Grecs appellent partie xxr^axa et qui ? Totenteil aux im griechischen und Seelger?t s'opposent izazp?-r. Cf. E. F. Brueck, Recht zur Papyrusforschung und antiken ?, M?nchener Rechtsgeschichte, Beitr?ge t. IX, Munich, tr?s justement 1926, p. 39 sqq. L'auteur remarque qu'il n'y a pas, ? cette du droit de propri?t?. de conception abstraite, ?poque, proprement juridique, ? n'est La ? propri?t? mais abstraction commode individuelle pour dangereuse qu'une : xTyjjxa, x-cTJai?, etc. Sur le butin la diversit? subsumer de diff?rents de possession modes dans la soci?t? hom?rique, ou Paris du la cf. M. Delcourt, l?gende conqu?rant, dipe et les analyses de E. Buchholz, Die homerische 1944, pp. 239-244 Realien, Li?ge, ? son sur de la guerre des Le Dans article II, 1, Leipzig, 1881, p. 328 sqq. partage profits dans les trait?s Aymard A. d'alliance ?, Rev. 1957, pp. 233-249, historique, antiques ne prend me le pas les faits archa?ques. P. Vidal-Naquet pas en consid?ration signale une entre la part de l'Etat sage de Thucyd., 83,3 o? l'on retrouve VII, opposition La notion d'accord individuelles. y joue (xoivo'v) et les parts pass? entre les bellig?rants ? Le partage un r?le important. les trait?s du butin Cf. aussi A. Dain, d'apr?s juri et militaires des ?tudes byzantines, international du VIe ?, Actes Paris, diques congr?s : ? Le partage se fait par voie d'autorit?. 1948, t. I, Paris, 1950, pp. 347-354, qui note Les lots sont r?partis soit entre les unit?s militaires soit entre les individus constitu?es ?, ? les soldats ?. mais des parts de choix les plus distingu?s obtenir peuvent 6. Th?ognis, 678 sqq. : Botados 8'o?xlT'l'aw; Ytv?Tat ^ {J-?atv.

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EN GR?CE le butin capture-t-il, ? au milieu ? ce tr?s pr?cis?ment ?. Ulysse qui est d?pos? au milieu dans une exp?dition le devin H?l?nos Il le m?ne ? nocturne, ? (iq ptiaov) 1, pour deux raisons ; d'abord parce que c'est le en le plus point ARCHA?QUE vue de ensuite l'assembl?e, parce la c'est que r?ser place v?e ? une ? belle prise ? qui fait partie du butin de guerre des Ach?ens. Comme les prix des jeux fun?raires, le butin des guerriers est d?pos? iq uidov. nous Or le nom que en mises choses connaissons les Grecs commun? ?tablir une ?quivalence qui se trouve par r?servaient (?uv^wc entre confirm?e la querelle d'Achille et ? ces biens destin?s au partage y.?tji,?va)2. et ce qui le milieu ce tout par Par ce d?tour, nous est commun, nous que d'Agamemnon savons par : ? les pouvons ?quivalence du ailleurs le butin est remis jiidov 3. Apr?s chaque victoire, apr?s chaque pillage, entre les mains du Chef, entre les mains de celui qui repr?sente la collec tivit? 4. A travers le chef de guerre, c'est le groupe lui-m?me qui exerce un droit de regard sur les richesses, droit de regard qu'il conserve jus qu'au du moment partage. Les ne modalit?s nous en sont pas directement connues ; par le discours v?h?ment nous apprenons seulement d'Achille, ?. Cependant la sc?ne que ? le Roi distribue peu, mais garde beaucoup car le partage des jeux peut ? son tour pallier ce d?faut d'information, du butin et l'attribution des prix des jeux semblent ob?ir ? un m?me m?canisme institutionnel6. ?met en jeu ? un objet de prix, il le d?pose Chaque fois qu'Achille iq jji?crov; c'est l? que le vainqueur vient le prendre, ? proprement parler le ? ramasser ?. Un des gestes les plus caract?ristiques de l'?pisode des jeux, c'est, fique de en effet, cette tion ? une autre plusieurs ? mettre de ceux, reprises dans ? Nestor, sur la mainmise acquisition les prix clairement n'appara?t forme d'appropriation : c'est l'acte la main ? de (?v x?Part trop ?g? pour et, Ti?avai)7. participer le que la m?me que recevoir 6. Mais caract?re dans opposi sc?ne mentionne de corr?lativement, Au sp?ci son concurrent ? la course, ? donner malchan bref ? ceux qui :Helenos est une ? 0r?pav xaXr?v ?. 1. Soph., 609 Philoct., en ?change une autre part d'honneur, 2. A Agamemnon, de celle qui lui demande :Nous Achille ? Apollon, n'avons r?pond plus de tr?sor commun qu'il doit remettre a ?t? partag? ce que nous avons tir? du sac des villes en r?serve.... tout (6e8aaxat) sont Cuvrjta. le Saajxo? les biens clairement Ce texte prouve qu'avant (IL, I, 124-125). 3. Cf. infra, p. 434. 4. IL, IX, 328 sqq. Cf. L. Gernet, op. cit., p. 15. 5. Cf. L. Gernet, op. cit., p. 16. est souvent 6. L'appr?hension par le verbe d?sign?e (?stp?<j6at, ?vae?petv) ?etpgtv ? ? sa valeur concr?te 614, 778, 823, 856, 882), ou encore par des (//., XXIII, qui a ou le : ?XeTv comme C'est oiitxea^ai verbes geste (273, 511, 666) d'Ajax (613). Xa[x6avetv, ? ? Il prend fait L. Gernet, le b uf agreste op. cit., p. 11, note que Dar?s (779-781). en l'honneur d'Anchise dans les Jeux le m?me exactement (En?ide, V, 380 sqq.), geste, la signifi de droit romain, ?tudes p. 353 sqq., a marqu? geste dont F. De Visscher, cation. 7. Cf. IL, XXIII, 624, 537, 565. L. Gernet, op. cit., p. 11, a insist? sur l'opposition : celui du don, celui de la mainmise. des deux gestes

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? remet dans la main ? sur les prix, Achille n'ont aucun droit de mainmise un objet, tr?pied ou cuirasse, qu'il tire de ses r?serves. Sans doute s'agit-il ? Achille ;mais, dans dans l'un et l'autre cas de biens qui appartiennent le premier cas, parce qu'ils ont ?t? d?pos?s au centre, les biens propres ses xt^o?t?, deviennent, comme les objets du butin, des ?choses d'Achille, ? communes leur caract?re d'objet marqu? par un (?uv^toc) ; ils perdent droit de propri?t?. Ce sont des res nullius \ La mainmise du vainqueur s'exercer peut sur eux sans retard. Au contraire, quand Achille remet la coupe qu'il a lui-m?me ramass?e ? au milieu dans les mains de Nestor ?, tout semblable ? celui qu'il fait ? Eum?los il lui fait un don personnel, il fait venir de sa baraque une cuirasse et quand, pour sa r?compense, ?2. Au don personnel la lui ? remet dans la main qui cr?e un lien entre 3 au contre-don et oblige le b?n?ficiaire deux hommes s'oppose tr?s net sans contrepartie. tement l'exercice imm?diat d'un droit de propri?t? ne peut donc s'exercer que par l'interm?diaire du piaov La mainmise ? qui dont les vertus annihilent les relations de ? propri?t? personnelle ? au centre ?, les entre Achille et sa part de xx^axa. existent D?pos?s sorte remis en circulation biens propres d'Achille sont en quelque ; ils des ? objets communs deviennent ?, ils sont disponibles pour une nou velle appropriation C'est tr?s vraisemblablement la m?me personnelle. : la commande du butin proc?dure r?partition qui chaque objet, saisi par un guerrier lors du pillage, est ?mis en commun ?, c'est-?-dire qu'il comme est d?pos? ?au centre ?. C'est l? que l'homme d?sign? par le sort4 ? ? est d?sign? par les dieux ? le vainqueur vient le ? ramasser (?e?petv, 1. Cf. L. Gernet, L'Ann?e op. cit., p. 13. E. Cassin, 1952, p. 13, pense sociol., que ? sont en r?alit? d?vou?s au h?ros mort... les prix c'est de l'au-del? par Achille qu'ils ou la chance ?. Mais seront tir?s par la valeur, l'adresse des concurrents... rien ne ? croire que le centre ait ici une valeur donne Sur les valeurs et religieuse. religieuses avec leur rapport les autres valeurs du centre, cf. les remarques de J.-P. Vernant, ? G?om?trie et astronomie la premi?re dans ?, La Pen grecque sph?rique cosmologie s?e, n? 109, 1963, p. 91 sqq. 2. Cf. IL, XXIII, 565. ? La notion S. Sur le don, cf. L. Gernet, en Gr?ce de la valeur ?, Jour mythique en Gr?ce nal de PsychoL, et pr?droit ancienne 1948, p. 430 sqq. ; ?Droit ?, L'Ann?e 3e s?rie, 1948-1949, sur le don. Essai Paris, 1951, p. 26 sqq. ;M. Mauss, sociologique, et raison de l'?change dans les soci?t?s archa?ques, Forme et Anthro repris dans Sociologie ?Recherches sur les ?changes rituels 1950, p. 145 sqq. ;R. Maunier, Paris, pologie, en Afrique du Nord t. II, 1924-1925, Nouv. ?, L'Ann?e S?rie, Paris, sociologique, 1927, p. 11 sqq. 4. Sans doute les parts d'honneur ?taient-elles pour tel ou tel personnage pr?lev?es le reste qui ?tait C'est au tirage au sort. Bien soumis important. que cette proc?dure ne soit pas directement on peut ?tait d'usage. croire qu'elle en effet, attest?e, C'est, le m?me verbe ? la fois de la part du butin qui d?signe (?vas?peiv) l'appr?hension au sort ? (aipe?v, dans IL, III, 316, (614, 778, 823, 856, 882) et le ? tirage ?vatpfcfv dans 759 D, Cf. P. Amandry, La mantique ? Delphes. Platon, Lois, etc.). apollinienne sur le fonctionnement Essai de l'oracle, Paris, Le tirage au sort est 1950, pp. 25-26. de la volont? des dieux, s.v. ?L?sung cf. V. Ehrenberg, ?, R.-E. l'expression

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EN GR?CE ARCHA?QUE le ? droit ?va?ip?tv), sous les yeux de tous. Le geste de saisie d?termine ? * dont de propri?t? immuable Achille. parle en disponibilit?, De cette mise le chant XIX offre un remarquable fait amende honorable, il confesse exemple. Quand Agamemnon quand de lui rendre ses d'Erreur qu'il a ?t? victime (vAtyj), il offre ? Achille biens, sa ? part de choix ?.Mais les biens ne sont pas remis de la main ? : une telle proc?dure la main ferait n?cessairement d'Achille l'oblig? avec la On recourt ? une formalit? propose d'Agamemnon. qu'Ulysse : ? Qu'Agamemnon, de son peuple, d'un arbitre protecteur comp?tence ? en les assembl?e apporte pr?sents pleine (oic?Tco iq piorsYjv?yopav)2. Pro une c?dure qu'Ulysse exigence de publicit?, justifie par qui est en effet ce et dans fondamentale milieu dans ce contexte juridique guerrier : ? tous les Ach?ens de la sorte pourront voir de leurs yeux et tu en auras, toi, l'?me ?panouie ? 3.Mais il y a une autre raison tout aussi imp?rieuse, et la suite de l'?pisode la sugg?re clairement. A l'invitation d'Agamem et les jeunes xoupoi, du camp ach?en s'en vont dans la baraque non, Ulysse : ? Alors, ils aussit?t fait. De la baraque, dit, aussit?t d'Agamemnon bassins les les emportent sept tr?pieds promis, vingt resplendissants, ils emm?nent aussi sans tarder sept femmes habiles les douze chevaux, aux travaux la jolie Bris?is. Ulysse et, pour huiti?me, p?se impeccables, un total de dix talents d'or, puis il se met en t?te des jeunes Ach?ens, et ceux-ci, sur ses pas, apportent les pr?sents qu'ils d?posent en pleine assem bl?e ? (xai Ta jjtiv ?v {jtiaffY) i^opf? Gecrav)4.Apr?s le grand serment d'Agamem avec Achille, la r?conciliation sanctionne solennellement non, qui apr?s ? au le cadavre le sacrifice du verrat, dont Talthybios jette gouffre se dissout. C'est alors seulement immense de la mer blanche ?, l'assembl?e ? ?6 : autour des pr?sents les que Myrmidons s'empressent magnanimes l? o? Ulysse et ses sui ils viennent les ramasser au centre de rassembl?e, ? ? commune les ont d?pos?s. Sur ces objets, devenus vants, propri?t? droit exercent de mainmise leur mise ils le m?me iq par fjiiaov, qu'un sur le prix mis en jeu. La proc?dure par Ulysse vainqueur pr?conis?e d'un partage. Ainsi permet donc de recr?er les conditions s'accomplit les lui-m?me semble ?voquer au chant I, devant l'op?ration qu'Achille : ? Sied-t-il que les gens de nouveau rapportent exigences d'Agamemnon n'a leur bien ? la masse ? ? (rcaXiXXoYa Tau-c'eiuaYeipeiv) 6. Agamemnon un a en fait ? circulation les biens Achille il remis ; pas pr?sent qu'il avait accapar?s. 1. 2. 3. 4. Cf. IL, IX, 335. 173 sqq. IL, XIX, 174. IL, XIX, 242 sqq. C'est ? peu pr?s la m?me formule IL, XIX, les prix des Jeux. d?pose quand Achille 5. IL, XIX, 277 sqq. 6. IL, I, 121. C'est dans s'affirme tr?s que l'Odyss?e qu'au nettement chant XXIII, 704, l'opposition

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Pour mettre tradition, i? commun?. ?en mettre c'est (ji^ov, c'est que si tous je sais, ?crit quelque part H?rodote, au milieu (iq ptio-ov) leurs malheurs personnels apportaient les ce que hommes en %a%<x) pour avoir bien olx^ia apr?s ce qu'il ou une toute ? Tout aurait les de l'?change les malheurs de leurs d'autrui, s'agisse en commun pour expression ?? {jle ov remettre ceux avec ? x. Qu'il apport? la m?me c'est faire examin? qui chacun, voisins, avec remporterait nouveau un ? a 8, partage travers A toujours. joie en indivis de laisser des biens proc?der revient (x? les prix institutionnelles qui sont ? l' uvre aussi bien dans la remise des du butin, les valeurs du centre se d?gagent que dans le partage tr?s nettement formes est : le centre public Avec les m?mes mais plans, est ? la fois ? ce est qui valeurs, dans toujours l'expression le m?me contexte e? [as<jov appara?t social. Dans de la parole ob?it ? des r?gles d?finies de VIliade une forme institutionnelle Prendre la engage milieu, d'une y qu'il parole deux le prendre part, l'assembl?e ? La ? s'adresser piiaov ?. Quand Id?e, trouve les Danaens, comportements en main, sceptre est rigoureuse r?gle sur d'autres qui le h?raut des servants se Troyens, r?unis d'Ares, message en en s'avan?ant La assembl?e5. T?l?maque la parole form?s prend ? des ? au milieu r?gle est valable ? l'assembl?e, part. se aux en la m?me Veut-on vers dirige creuses nefs assembl?e le et aupr?s la parole qu'une fois Ilion, il s'acquitte de et Troyens pour au : s'avancer : on rend assembl?es qui conf?rent tr?s marqu?e. gestuels d'autre de la poupe du navire d'Agamemnon, il ne prend arr?t? ? au milieu d'eux ? 4. Quand il retourne vers son ? ce les militaires, l'usage aux d?lib?rations ? ? et commun ?. tout des Dardan?ens, orateur formule : revient quand : ? il et du priv? cit?s par 264-265, passages (II, 32 ; II, 44 ; III, 82 ; IV, 314 ;XX, public G. Starr, The Origins New York, Chester 1961, p. 336). of Greek Civilization, 1. Herod., sans allusion au (xcaov dans 152. On trouve les la m?me VII, histoire, Dissoi 18 (Diels, 2 sqq.). Cf. Herondas, II, II, 90. F.V.S.1, II, p. 409, Logoi, une de ses de grains Au cours d'un proc?s ? un armateur qui l'oppose qui a violent? ? filles un suppl?ment d?clare si son adversaire demande ?, Battaros que, d'enqu?te la question, est d'origine la victime de l'introduction servile pour (cf. puisque et de L. Laloy, J. Arbuthnot Nairn dans la Coll. Univ. France, 1928, pp. 47 Paris, ? sa place, ? condition ?v tqS {xlato. soit d?pos? 48), il s'offre que le prix du dommage 26. Cf. aussi VII, ,X?n., ?con., : ? la mort recom 2. Plut., De amore fraterno, d'un p?re, Plutarque p. 483 C-E aux fils de laisser en commun mande et la jouissance ?? xou des biens l'usage (XPW L. Levy, xTTjatv ?v |x?ato xsfalat xoivrjv xat ?vi|j.7]Tov ?7c?vT?>v). Sur ce texte, on verra Harry ? Property Distribution Greece Amer. Philol. Proc. ?, Trans. by lot in Present-Day t. LXXXVII, 1956, pp. 42-50. Assoc, 3. Lucien, 602. Mais Cf. Arist., Cronosolon, 19, t. Ill, p. 312 Jacobitz. AssembL, a pu se perdre assez t?t, par exemple le sens de l'expression 1284 o? dans Eur., Ion, avec ?v [jiaui. xoiv?v fait double emploi 4. IL, VII, 383-384. 417. On retrouve 5. IL, VII, la m?me dans d'autres mili assembl?es proc?dure taires d'un ; cf. Xen., ?? pisdov en 5, 46. En VII, II, 2, 3, il s'agit m?me Cyrop?die, avec le xuxXo? xataxeipivtov rapport atpaxttoTtov.

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EN GR?CE se tint debout sonnage de YAgora? ? le manque le cas au C'est c?es au milieu chant Achille, par la r?gle, XIX, quand, Agamemnon ARCHA?QUE un per (jty? 8? (ji?jy)?yopy) K Quand po?te aux r?pond le comme signale de paroles ? de sa place, une exception. r?conciliation sans se pronon au milieu lever de l'assembl?e ? 2.Une fois que l'orateur a gagn? le milieu de l'assembl?e, le h?raut lui remet dans les mains le sceptre qui lui conf?re l'autorit? dont il a besoin pour parler 3. Entre le sceptre et le point central, les affinit?s ? ?manation du ; en effet, pou plus qu'une beaucoup le semble cet la dans souverainet? ?, usage, royal sceptre symboliser, au du groupe. centre les assembl?es mili dans Or, impersonnelle parler au nom ce c'est du sinon du moins de int?resse taires, groupe, parler qui sont essentielles voir le comme groupe tel : affaires ? ... Jamais qua nous notre divin n'avons au Ulysse communes, eu assembl?e creux de ni ses conseil, du Nous vaisseaux... mili affaires sp?cialement donne ordre ? ses crieurs de convoquer le vieil Egypt ios, le doyen d'?ge, s'en taires. Quand T?l?maque les Ach?ens d'Ithaque, ? l'Agora : inqui?te s'embar que jour voici convoqu?s ; par qui ? en quelle urgence ?De l'arm?e qui revient un de nos jeunes gens ou l'un de nos doyens a-t-il ? nous donner quelque s?re nouvelle dont il ait la primeur ? Est-ce un autre int?r?t du peuple (8^[mov) dont il veut discourir et d?battre ? ? 4.Et quand T?l?maque prend la parole pour lui la donner sc?ne r?plique, et d?battre courir montre insolite, en main, que incongru est donc ses mots premiers soit de l'arm?e, parler m?me. de ses Le point rigoureusement sont pour soit d'un affaires personnelles se tient o? central homologue les prix des jeux et les objets du butin est d?j? le Koiv?v ou le Euv?v 5. Dans ne de s'excuser int?r?t du groupe. au centre ? pas dis la Toute est l'assembl?e l'orateur, o? sont sceptre d?pos?s : ceux-ci sont des ?uv^?a, celui-l? les Argonautiques, quand Jason 1. Od., II, 87 sqq. 2. IL, XIX, 76-77. 3. Cf. Od., II, 37 sqq. et les remarques sur la valeur faites par L. Ger du sceptre et pr?droit, Droit net, p. 96. 4. Od., II, 28 sqq. Sur la d?claration et le probl?me de la convocation d'Egyptios sur lAgora de rassembl?e, cf. R. Martin, Recherches p. 31 sqq. qui y recon grecque, na?t un exemple et son de ce qu'A. Severyns le po?te uvre*, Bruxelles, (Hom?re, ? anachronisme ?. 1946, pp. 23-26) composite appelle un au vne et au VIe si?cles. 5. Suv?v est une notion r?le important qui joue politique se lit dans Tyrt?e, Un de ses plus anciens l'id?e IX, 15 sqq. qui d?veloppe emplois et le d?mos. la polis Chez Herod., d'un 53, le bien commun, ?uv?v ?a?Xov pour VII, de xoiv?v pour d?signer 37 A 3). c'est le ?uv?v ?fa?dv. C'est un synonyme l'?tat (cf. S.I.G., :D?mocr., en feront grand usage Les philosophes F.V.S.7, II, p. 195, 15; ap. Diels, F.V.S.1, I, p. 151, 2 sqq ; 169, 4 ; 174, 1 ; 203, 13 ; 205, 10 ;Heraclite, ap. Diels, ? Zur une ?tude des arch?ischen intitul?e Dans 176, 4, etc.. Sociologie suggestive, a soutenu t. 65, 1958, pp. 48-58, B. Snell l'id?e Griechentums ?, Gymnasium, que telle qu'elle ? un statut d'une d'une individuel, appa communaut?, ?uvcov?r?, oppos?e de Paros dans Archiloque ra?t, par exemple, (fr. 98, 7, Lasserre-Bonnard), marquait comme un tournant ? Hom?re. Je crois que des passages celui que d?cisif par rapport ? tout le moins des de B. limiter la port?e conclusions Snell, peuvent j'?tudie ? biens Des de continuit?. des ? c?t? d'une ? distinguer, conduire rupture, lignes

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veut rappeler concerne tout ? ses compagnons le monde, il que s'exprime est une l'exp?dition en ces : ? termes affaire qui est L'entreprise ? sont communs (?uvol f/.u6oi) \ (?uvyj XP?W*>)e* *es conseils mais Rhodes chez de certes, que L'expression Apollonius n'appara?t dans elle est postul?e par tout le contexte d?lib?ratives des assembl?es commune l'?pop?e. du Centre joue donc, dans le m?me groupe social, ? toute L'image une s?rie de niveaux : organisation des jeux, partage du butin, assembl?es Certains indices permettent d?lib?ratives. de croire qu'elle a pu jouer aussi sur un plan purement judiciaire. Dans le conflit qui oppose M?n?las au cours des jeux, le premier invite les Ach?ens ? prononcer ? Antiloque, leurs sentences ? 2. On l'autre e? a jjiiffov, le ? non et plus de celle qui synonyme rendre service pour souvent l'on a le plus au ? sans milieu, reconnu souvent lui fait suite dans ?, ? sans i? le m?me ? chercher : ? traduit ? chercher dans soutenir impartialement soutenir (??o-ov l'un une ou expression vers, ^3''e% ipc?yfi 3, ni l'un ? ou encore ni l'autre ?, ? ouverte ?.Mais il n'est pas exclu que certaines proc?dures ment judiciaires aient v?hicul? une repr?sentation de l'espace centr?. Deux faits, au moins, : o? les ? Bouclier le donner croire d'une la sc?ne du pourraient part, hommes sont rassembl?s pour une affaire du sang, tandis que les Anciens, ? sont assis sur des les Vieillards pierres polies dans un cercle sacr? ? (tepo) ?vl y,6xXt?) 4.D'autre part, le local ath?nien o? les jur?s se r?unis sans doute l'H?li?e, portait parmi d'autres saient ? l'?poque classique, noms celui de Mso-ov5. Ces donn?es toutefois ne font que poser le probl?me, elles sont trop t?nues et d'interpr?tation pour autoriser trop contestable une r?ponse affirmative. ? du communs au ?uvov des Homoioi de Tyrt?e, il n'y a de l'?pop?e groupe militaire de cassure. un type de terre Sous une forme ?rci?uvo?, le m?me compos?e, adjectif qualifie 421 de propri?t? collective sqq.). Cf. les qui est incontestablement objet (II., XII, ? Aux et H?siode foncier du r?gime d'?d. Will, remarques grec. Hom?re, origines t. LIX, ?, Rev. Et. anc, 1957, p. 6 sqq. l'arri?re-plan myc?nien 1. Apoll. III, 173, ?d. H. Fr?nkel. Rh., Argon., 2. II., XXIII, 574. Ce passage est interpr?t? de fa?on tr?s curieuse par V. Ehren Die Rechstidee im fr?hen berg, 1921, p. 79. Griechentum, Leipzig, dans la Coll. Univ. 3. Ainsi de France. Sur le sens des vers 579 que fait P. Mazon ? 1093-5 de J. H. Kells, and Some Electra, sqq., on lira les remarques Euripides, Uses of Sixa?siv ?, Class. Quart., X, 1960, p. 133 sqq. ? Au milieu ? se trouvent sur quoi l'on verra 4. II., XVIII, 507. Suo xaXavxa, les ? Sur le travail de Ch. Picard, H. Gr?goire, d'Hom?re ?,M?langes remarques po?tique :R. Mar d'encre Bruxelles, 1949,1, p. 493 sqq. Le ? cercle sacr? ? a fait couler beaucoup sur VAgora au tin, Recherches 1951, p. 42 sqq., pense que les allusions grecque, Paris, chez Eur., cercle de l'Agora, sou 161, sont de simples Oreste, 919 et Soph., dipe-Roi, le m?me litt?raires venirs auteur, op. cit., p. 178 et n. 2 et 3, cite lui-m?me, (p. 40). Mais une o? il est, circulaire d'une semble-t-il, inscription d'Erythr?es question Agora ? la justice r?serv?e IV, 880, 60 B). (S.G.D.I., s. v. ?Meson sont rassembl?es 5. Les donn?es ?, R.-E. par V. Ehrenberg, (1931), c. 1103-1104. s. v. ?Dikast?ria?, R.-E. Cf. aussi Thalheim, (1903), c 572. A ces donn?es,

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EN GR?GE ARCHA?QUE la diversit? des emplois de l'expression s? [/irov, un fait est remar : ces tous ? un m?me renvoient institutionnels usages groupe quable dans la fonction guer social, le groupe form? par les hommes sp?cialis?s le caract?re de statut privil?gi? qui semble ri?re. Ce fait tend ? confirmer ce groupe depuis l'?poque myc?nienne marquer jusqu'? la r?forme hopli o? dispara?t le guerrier comme type particulier d'homme, tique, moment sont ?tendus ? tous les citoyens de la Polis. Par son et o? ses privil?ges Dans mode se de situe, comme recrutement, en un effet, peu sa par en marge psychologie, la soci?t?. de le groupe des part, il ne D'une guerriers recouvre sont ; les guerriers pas plus le groupe familial que le groupe territorial ils sont group?s en confr?ries, ils sont li?s par r?partis en classe d'?ges, non par les liens du sang ou de la parent?. des rapports contractuels, D'autre part, le groupe des se guerriers par particularise des comporte en t?moignent ments et par des techniques d'?ducation. Comme les soci?t?s doriennes, les guerriers subissent des ?preuves de caract?re ini leur qualification et consacrent professionnelle tiatique qui assurent aussi leur promotion sociale. Un des privil?ges de l'homme de guerre, c'est son droit de parole. Les sont assembl?es aux r?serv?es ? guerriers, ceux qui portent les armes, ? ceux qui forment le laos. Cette solidarit? et le droit de parole, attest?e par l'?pop?e, entre la fonction militaire trouve aussi bien dans les usages des cit?s grecques confirmation est o? l'assembl?e de l'arm?e le substitut du permanent archa?ques * que, peuple mac?donienne2. par dans les exemple, sont Ces usages usages conservateurs particuli?rement de l'assembl?e pr?cieux, car ils un aspect essentiel de la parole dans les milieux singuli?rement guerriers. Quand Polybe veut parler du privil?ge de parole des guerriers il parle de leur idYj-fopia 3. Il emploie donc un mot de voca mac?doniens, bulaire politique offre les plus grandes qui, dans la bouche d'H?rodote, ?clairent affinit?s avec l'iaoxpaTCoc ou ia-ovopua 4. Mais c'est aussi le m?me mot que Philod?me5 quand il veut sp?cifier -les privi emploie spontan?ment comme de l'?pop?e, dans les r?unions communes, l?ges des compagnons * on pourrait le vers de Solon, fr. 9 Diehl dans ce (s? (x?gov), mais ajouter l'expression ? sera connue sera de tous, qu'elle dire que la ? V?rit? vouloir semble passage plut?t publique. ? d'Isocrate ? Sur un passage de 1' ?Archidamos 1. Cf. Cl. Moss?, et. anc, ?, Rev. et cit? grecque et ? Arm?e de Thucydide, ?, 77, 4-5) VII, 1953, pp. 29-35 (A propos les textes cit?s ? la p. 295, n. 1). Rev. et. anc., 1963, pp. 290-297 (en particulier, ? Sur l'assembl?e ?tude d'A. Aymard, 2. Cf. la belle Mac?donienne et. anc., ?, Rev. entre t. LU, des rapports lieu, sur un aspect 1950, p. 127 sqq. En dernier significatif ?mac?doniens, on verra et ses ? compagnons les remarques d'E. J. Biker Alexandre ?A propos del Passato, de Char?s de Mytil?ne d'un passage fase. XCI, ?, La Parola man, 1963, pp. 241-255. d'A. Aymard, 3. Cf. Polybe, V, 27, 1 ; 4 ; 5 et les analyses op. cit., p. 129. 4. Cf. Herod., V, 66 ; 70 ; 74 ; et sur V, 42 ; 78 ; 92. Sur 'IarrfopYjc cf. H?rod., und Verwandtes, Themis, Dik?, p. 248 sqq.loTQYopta, cf. R. Hirzel, fr. 19, 14. 5. Philod?me, Le Bon Roi d'apr?s Hom?re,

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dans collectifs. banquets Terme sans anachronique, mais doute, qui un aspect fondamental du rapport social qui lie le parfaitement l'institution guerrier au guerrier : V?galit?, cette ?galit? qui marque typi x des ? banquets les quement militaire ?gaux ? (Sa(? iUr?) o? se r?unissent traduit hommes du 2. Dans (ojjLoioi) comme laos, chacun dispose le groupe des elle marque aussi les assembl?es o? guerri?res d'un droit de parole ?gal ? celui des autres. D?s l'?pop?e, tend ? se d?finir comme celui des semblables guerriers le groupe que l'image se fait de lui-m?me, une certaine de l'espace s'impose. Dans le jeu des diverses institu repr?sentation tions : assembl?es d?lib?ratives, partage du butin, jeux fun?raires, nous un saisissons id?alement, proque et m?me mod?le chacun est spatial par rapport : un espace circulaire aux autres dans une et centr? relation o?, r?ci r?versible. spatial s'impose avec une force singuli?re dans une fable ? travers l'image mythique du loup, une solida ?sop?enne qui marque, rit? ?troite entre des pratiques de partage du butin et des formes d'orga nisation politique. Dans une riche s?rie de mythes, de l?gendes et d'anec le loup 3 symbolise dotes certains aspects du comportement des guer riers professionnels, dont il explicite certaines contradictions fondamen tales. En particulier, si les loups vivent en bande, s'ils offrent dans le monde d'une soci?t? organis?e, ce sont aussi les seuls animal le mod?le animaux de s'entred?vorer. Contradiction qui aient la r?putation qui semble accuser que le guerrier professionnel est ? la fois dans la soci?t? et en marge du corps social. Or il advint, raconte Esope4, qu'un loup devenu chef des autres loups ?tablit des lois pour tous. Ce nomoth?te d?cida que tout ce que chacun aurait pris ? la chasse, il le mettrait ?? Ce mod?le jA?aov, au milieu, on ne sorte, la ? ce moment belle id?e de et en verrait qu'un donnerait plus ?ne loup !Mais les s'avan?a une De part ?gale, jjiept?a'?Tr?v, ? chacun. se manger les uns les autres. C'est loups et secouant : ? C'est la t?te, une d?clara comment se fait-il que toi-m?me tu aies serr? 1. Les repas du laos sont des ? repas ? parts ne pr? ?, o? nulle ?gales pr?s?ance le principe contre Cf. IL, VII, 320 ; I, 468 ; Od., XIX, 425 ;VIII, 98 ; d'?galit?. Sur la com //., IX, 225, et les remarques d'ATH?N?E, p. 12 c, ?d. A. M. Desrousseaux. mensalit? cf. H. Jeanmaire, Couroi et Cour?tes, hom?rique, Lille, 1939, p. 85 sqq., en commun ces repas des syssities doriennes. qui rapproche a rassembl? 2. Schulthess ?Homoioi de faits dans son article beaucoup ?, R.-E. c. 2252 il ne rel?ve se dit Vhomoios sqq., mais (1913), pas, par exemple, qu'Achille 53 sqq.). On pourrait ainsi trois niveaux d'?o d'Agamemnon (IL, XVI, distinguer : Io les guerriers moioi de l'?pop?e les hippeis ; 2? les hippobotes, professionnels oligar du VIe si?cle la d?claration ; 3? les citoyens de Maiandrios). chiques (d'apr?s 3. Cf. H. Couroi et Cour?tes, Jeanmaire, Lille, 1939, passim ; J. Przyluski, ?Les Confr?ries de loups-garous les soci?t?s dans ?, Rev. Hist. indo-europ?ennes Re?., sa conf?rence ? l'?cole des Hautes 1940, p. 136 sqq. Dans Jean (1964-1965) ?tudes, a eu l'occasion Pierre Vernant de reprendre le dossier du grec loup. 4. C'est t. II, Paris, la fable 229 d'?soPE, dont une 1926, p. 371, ?d. E. Chambry, seconde se lit, t. II, p. 372, 1. 1-10, ?d. E. version Chambry (= Babrius, Mythiambes n<> O. ?d. 154, p. 142, [Fabulae], Crusius). vaut

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EN GR?CE ARCHA?QUE ton repaire le butin d'hier ? Allons ! Apporte-le iq p.?aov et fais le ?. ses abolit Le confondu lois. La contradiction que nous loup partage du loup nomoth?te ?clate dans le personnage d?noncions la cit? fonde qui dans ? semblables des ?, mais, en m?me la nie temps, par tout son comporte Sur le plan de la pr?histoire de la pens?e politique, c'est l'essentiel, de la cit? des loups est li?e ? l'institution que, d'une part, la fondation de pratiques r?glement?es de partage de butin et d'autre part, que l'ordre et le partage du butin sont ins?parables d'un mod?le politique spatial, ment. et circulaire centr?. L'id?al ?crivait J.-P. Vernant des 1, a pu prolonger ?'Isonomie, communautaires de la qui remontent aspirations jusqu'aux origines la mesure cit?. On peut en dire davantage. Dans o? l'id?al ?*Isonomie se r?v?le solidaire, de son apparition, d?s le moment des concepts il est virtuellement et de centralit?2, de similitude dans les pr?sent les comportements et dans institutions du groupe caract?ristiques Il est en germe dans un plan de pens?e que tout nous des guerriers. autorise ? qualifier de pr?-politique. C'est en effet dans les d?lib?rations de la classe guerri?re que nous trouvons l'opposition, capitale dans le des assembl?es entre les int?r?ts collectifs vocabulaire et les politiques, int?r?ts entre personnels, "k?yziv iq j/icrov et t?io?ouXseiv, pour reprendre 8. C'est dans l'?pop?e aussi que se dessine les termes d'H?rodote l'?qui valence de piiffov et de ?uvov. La pratique institutionnelle des jeux et du certains aspects de la pratique et partage du butin ?claire directement de la pens?e politique du vne si?cle. C'est du vne si?cle que date le po?me l'existence d'un ? grand sanctuaire ?, qualifi? d'Alc?e, o? nous apprenons de ?uvov 4 ; sanctuaire f?d?ral, ? commun ? tous les Lesbiens ?, que Louis avec le sanctuaire que nous font conna?tre Robert6 identifie pr?cis?ment deux inscriptions du IIe si?cle a. C, et qui porte le nom de Micrcrov, nom de lieu antique de l'actuelle M?sa, et fouill?e par d?couverte par Boutan : nom de lieu qui traduit parfaitement R. Koldewey la position g?ogra ? il est situ?, comme l'?crit Louis Robert, phique du temple, puisque, vers le centre de l'Ile, tout pr?s du fond du grand golfe de Kallonie qui p?n?tre ? qui donne de l'expression l'int?rieur ? penser iq de que f/i<rov, Lesbos, comme pour le nom de lieu n'est laquelle s'applique couper l'?le en lui-m?me qu'une parfaitement ? ?, ce deux... forme ces tir?e r?unions 1. Cf. J.-P. de la pens?e Les Paris, Vernant, 1962, pp. 52-53. grecque, origines 142. 2. H?rod., III, 8 et III, 83. 3. Herod., VII, et D. Page, 4. Cf. E. Lobel Poetarum Lesbiorum 1955, fr. 129, Oxford, fragmenta, 176-177. pp. ? 5. L. Robert, de Lesbos Recherches et. ?, Rev. V, Inscriptions ?pigraphiques, t. LXII, entre n?cessaire l'ex anc, 1960, p. 300 sqq. Il semble qu'il y ait une relation ? k? ? qui jouit d'une telle situation politique pression piaov et le nom d'un sanctuaire et qui de telles fonctions. Ch. Picard, Rev. Arch., Contra, remplit g?ographique 1962, t. II, pp. 43-69.

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se retrouvaient au cours desquelles tous les Lesbiens et ? ces d?lib?rations au centre de l'?le pour traiter de leurs affaires communes. D?s le vne si?cle, la solution politique des Lesbiens pr?figure celle que Tha?es devait pro poser aux Ioniens, un si?cle plus tard, quand, ? l'assembl?e g?n?rale du ? il conseilla de cr?er un bouleuterion unique qui serait ? Panionion, se T?os T?os, au trouvant centre l'Ionie de ; les autres villes conti n'en la m?me situation que si nueraient pas moins d'?tre habit?es et auraient elles ?taient des d?mes ? \ Centre g?om?trique du monde ionien, T?os ? de la cit?, son centre le ainsi le ? foyer commun deviendrait politique, lieu des ? affaires communes ?, le T?os ?uvov. alors occuperait la m?me dans l'Ath?nes clisth?nienne, que la ? ville ? dans l'Ath?nes position ? du VIe si?cle 2. De ? isonomique ces ? de pens?e poli formes l'?pop?e il y a seulement passage d'un tique, il n'y a pas solution de continuit?, un ? plan pr?-politique plan sp?cifiquement politique. ? dont la C'e?t dans la classe guerri?re, l?gende ?pique perp?tue plus ou moins le et souvenir la ?3 tradition se forment que certaines des con la de la pens?e politique des Grecs. D?s l'?pop?e, ceptions essentielles de l'espace circulaire et centr? est solidaire de deux notions repr?sentation : la notion de publicit?, Le et celle de communaut?. compl?mentaires jji?ffov est le point commun ? tous les hommes rang?s en cercle. Tous les biens d?pos?s en ce point central sont des ijovr?ta: ils s'opposent aux xt^^to? individuelle ; les paroles qu'on y qui sont l'objet d'une appropriation prononce sont du m?me type ; elles concernent les int?r?ts communs. Point commun, le fx?aovest par l? m?me le lieu public par excellence sa position il est de publicit?. Si la parole synonyme g?ographique, ?? uiuov concerne les int?r?ts du groupe, elle s'adresse aussi :par dite n?cessaire ment ? tous les membres de l'assembl?e. Le partage du butin, lui aussi, : va saisir sa part sous les yeux de tous. Selon la chacun exige publicit? ? tous les Ach?ens peuvent la formule d'Ulysse, le voir de leurs yeux ?. Dans le groupe des guerriers, d'ailleurs, la publicit? joue sur tous les plans, elle colore toute la sc?ne des jeux : le r?sultat des ?preuves est solennel et lement proclam?4 l'assembl?e devant qui prend acte de la sentence lui conf?re une v?ritable 5. efficacit? Les elles-m?mes juridique ?preuves se d?roulent sous le regard de tous : la plupart des joutes ont lieu iq uio-ov, et quand vient lemoment de la course des chars, Achille d?p?che le vieux en Ph?nix pr?s de la borne du champ de course, afin de faire respecter 1. H?rod., Les de la pens?e I, 170. Cf. J.-P. Vernant, Paris, grecque, origines et P. Vidal-Naquet, Clisth?ne 1962, p. 124, et P. L?v?que Paris, l'Ath?nien, 1964, p. 66 sqq. 2. Cf. P. L?v?que et P. Vidal-Naquet, 66. op. cit., p. 3. L. Gernet, et Soci?t? Droit la Gr?ce ancienne, dans p. 14. 4. L. Gernet, 16. op. cit., p. 5. Quand Achille le second d'accorder ? Eum?los propose (IL, XXIII, prix ? approuve ? ?approuvent ? 589 sqq.) ; le public de m?me (?7taiveTv).BTous les pr?tendants le discours d'Antinoos (Od., IV, 673).

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EN GR?CE ARCHA?QUE dehors du cercle la publicit? de l'?preuve \ Sur tous les plans, dans les dans du ? l'assembl?e, le le centre est toujours ? la butin, jeux, partage fois ce qui est soumis au regard de tous et ce qui appartient ? tous en commun. en et mise Publicit? commun sont les aspects compl?mentaires de la centralit?. ces faits, attest?s par l'?pop?e, faut-il reconna?tre Derri?re des ou des traits propres ? la civilisation du vnie si?cle myc?niens dans le monde myc?nien formes institutionnelles de la vie militaire sont mal trop pouvons serait plus connues cependant vraisemblable pour exclure. pr?f?rer Dans l'?tat la premi?re actuel reconna?tre dans de de solution, que nos connaissances, l'image spatiale traits ? Les nous ne nous il qu'ex prime la formule iq |/.?<jov,une part de ces ??l?ments r?cents ? de la mati?re de l'?quipement et de la tactique hopli ?pique, tels que la description exacte ? et a. la leur date soient couche de civilisation Quelles que tique ces la ils faits conclusion le groupe que imposent laquelle appartiennent, des guerriers a jou? un r?le fondamental de l'univers dans la construction les ils confirment Sur un point essentiel, spirituel de la cit? grecque. : que la premi?re cit? grecque a ?t?, selon de H. Jeanmaire conclusions d'Aristote, ? 3. C'est l'expression cavaliers de ? une dans la de guerriers et m?me r?publique classe ? guerri?re qu'appara?t ? l'origine des travers cette conception institutionnelles d'un espace centr? d?finies, pratiques sur va une s?rie de plans, ? s'affirmer toute et sym?trique peu peu qui en passant par la g?ographie, de la polit?que ? la philosophie, l'histoire et m?me la sculpture. Marcel D?tienne, 359-361. 1. Cf. IL, XXIII, des guerriers sur l'?cu, le combat o? ? l'?cu s'appuie d?crit 2. Quand Hom?re le ? (//., XVI, sur le guerrier le guerrier nous avons 210 sqq.), sur le casque, casque la phalange de H. Michell, de reconna?tre hoplitique (cf. les remarques l'impression ces passages, sur les tr. fr., Paris, tant et les Spartiates, 1953, p. 195). Tous Sparte en dernier sont recens?s des hoplites, lieu armures, que sur la tactique l'?quipement tr. fr., Paris, ? Hom?re, La Gr?ce de Myc?nes 1962, p. 217 sqq. par T. B. L. Webster, The Songs Sur l'hoplite, et par G. S. Kirk, 1962, pp. 186-188. Cambridge, of Homer, and das Staatswesen, Die Hoplitentaktik cf. M. P. Nilsson, 1928, Klio, pp. 240-249; ? The hoplite reference to the poems with of Archi H. L. Lorimer, special phalanx at t. Brit. School and Tyrtaeus lochus ?, Annual Athens, XLII, 1947, pp. 76-138 ; of ?Une The greek Tyrants, tombe A. Andrews, ;P. Courbin, 1956, pp. 31-42 Londres, t. verra On Bull. Corres. 322-384. aussi les Hell., 81, 1957, pp. d'Argos?, g?om?trique zur Odyssee, de R. Merkelbach, 1951, p. 224 sqq. Munich, Untersuchungen remarques ? en ? et de costum?s ? propos T?l?maque, hoplites. d'Ulysse texte Jeanmaire 3. Cf. Aristote, Polit., IV, 10, 10, p. 1297 B., par lequel H. ses admirables recherches. et Cour?tes, Lille, 1939) conclut (Couroi 441 Annai.es (20? ann?e, mai-juin