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ve AN
LES
MANUSCRITS DE DIOPHANTE
A L'ESCORIAL
Par Paut TANNERY
—
Dans un récent voyage en Espagne (septembre 1891), il m'a été
possible d’examiner a l'Escorial les manuscrits de Diophante qui y sont
conservés. Je suis dés lors en mesure de compléter les quelques indications que j'avais données sur ces manuscrits d'après Ch. Graux (£ssai sur les origines du fonds grec de l'Escurial, Paris, 1880) et de
les classer avec plus de précision que je ne l’avais fait dans mon
Rapport sur une mission en Italie du 24 janvier au 25 février 1886
(Archives des Missions, XTIL,)".
I
Je rappelle tout d’abord que les divers manuscrits de Diophante à
l’Escorial, contenant le commentaire de Maxime Planude sur les deux
premiers livres, ainsi que le fragment annexe de la Wnpogopta nat”
"Ivdoós du mème auteur, appartiennent tous à la seconde des deux
classes que j'ai distinguées, et doivent par conséquent dériver du Marcianus 308.
Or, d'après Ch. Graux, il y aurait au moins un des textes de l’Escorial qui aurait été directement copié sur le Marcianus. Il nous dit
en effet (p. 249):
« D'autre part, nous n’avions appris la provenance Mendozienne du
1. Comparer, sur le classement des manuscrits de Diophante, mon article
antérieur relatif à ceux de Paris, dans les Annales de la Facullé des lettres de
Bordeaux (t. V, fusc. 3, p. 88 et suiv.), 1884.
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GE
—
Diophante T-I-11, que parce qu'il a conservé sur le premier feuillet
le nom de son ancien possesseur. On a, pour ainsi dire, l'acte de naissance de ce manuscrit sous les yeux, quand on retrouve dans le même
registre du prèt les lignes suivantes :
e 1545, a di ultimo feurer.
Le manuscrit de l’Escorial présente en effet trois particularités caractéristiques :
1° Les Arithmétiques de Diophante sont divisés en sept livres, le
quatrième de la vulgate étant coupé en deux, dont le second commence
au problème IV, 20.
-
« Al magnifico orator Caesareo sono imprestati gli tre infrascrittà
a libri.....
a 1° Cleomedes et Diophantes signato n° 204! », et en regard dans
la seconde colonne ;
« 1546, a di 24 marzo.
2° Le problème V, 31 fait défaut.
3° La fin du problème V, 32 et le commencement du problème V,
33 sont liés monstrueusement : tx Zorzi OfAzrtaëpéyusus au lieu de tx
homz S%#A2, puis à la ligne ‘Oxtaipazycus *.
Or ces trois particularités caractérisent également le Vaticanus 200
« El contrascritto libro fo restituito et posto nella libreria al loco
€ suo. »
La démonstration paraît confirmée par une souscription qui donne
en effet l'année 1545 comme étant celle de la copie. Cette souscription,
qui a échappé à Miller (Catalogue des manuscrits grecs de la Bibliotheque de l'Escurial) el que Ch. Graux n'a pas relevée, est la suivante
(f° 200) :
(troisième branche de la seconde classe), ainsi que sa copie, le Parisinus 2485.
Ce Vaticanus n’a cependant pas été copié sur le manuscrit de 'Escorial, caril reproduit fidèlement la disposition spéciale du Marcianus,
que Valeriano Albini au contraire n'a nullement conservée *.
La mention du prèt de 1545 doit dès lors être interprétée comme
suit : Mendoza aura fait exécuter tout d'abord la copie de l'Ambrosianus
À 91 sup., qui présente les mêmes caractéristiques que le Vaticanus
Téhos tot tod Atopavtov NV tv aprendo
‘O obakepräves popodubieis à AAblvou nadospevos navownds xal te nal
¿Bzhpos Éypadev cis Puy Ever ,aque *.
200, sauf la première. Sur cette première copie, le même écrivain en
aura fait une seconde, dont le rubriquage n’a été effectué qu'après coup,
ce qui à entrainé la division fautive du livre IV. Cette seconde copie
A la vérité, l'indication du lieu de la copie( Rome au lieu de Venise)
inspire quelque soupçon. Mais on sait de Valeriano Albini de Forlì *
qu’il appartenait à un monastère de Venise (Sant’-Antonio-in-Castello,
d’où il a daté divers manuscrits de 1536 à 1543) : on peut donc supposer que s'étant chargé de copier pour Mendoza le Diophante de saint
Marc, et ayant été appelé à Rome par quelque affaire l’obligeant 4 un
|
séjour prolongé, il y aura exécuté le travail commandé".
Cependant, si Pon examine la copie, on reconnait que la question
est le Vaticanus 200; Mendoza, qui se la destinait sans doute primitivement, aura été conduit à la céder au pape, et s’en sera alors fait
faire, à Rome, une dernière reproduction, cette fois par Valeriano Albini, qui la termina en cette même année 1545.
Cette conclusion a un intérêt particulier en ce qu'elle permet de
dater également de 1545 l’Ambrosianus A yı sup. et le Vaticanus
200, manuscrits qui, écrits sur parchemin d'une jolie main archaïque,
paraissent, à première vue, sensiblement plus anciens.
doit se poser tout autrement.
1. Cette cote 204 ne figure plus sur le Marcianus 308. Elle est mentionnée
sur le Diophante de l’Arsenal 8406, copié par Christophe Awer. J'avais admis
à tort, dans mon Rapport de 1886, que celte indicalion avait une autre signifiil
Il existe 4 I’ Escorial un second manuscrit*, coté R-III-18, qui précation. Mais comme, au xvi" siècle, on possédait à Paris un catalogue sommaire
de la Marciana avec les numéros, elle ne prouve nullement que le manuscrit
en question ait été copié directement sur celui de Venise.
|
a. Le mot gopoAtbıebg est précédé des lettres xa. Valeriano Albini avait probablement commencé par écrire le mot xadodpevos. Le mot xavovindo est écrit
.
en interligne au-dessus de celui de povayòs qui est annulé.
3. Voir Henri Omont : Fac-similés de manuscrils grecs des xv* el xvi° siècles, Paris, 1887; Bibliotheque de l'École des Chartes, 1885, P- 45 et sul.
4. Il a copié pour Mendoza un autre manuscrit mathématique de l'Escorial,
X-1-4, daté de 1542. Voir Miller, p, 292.
1. D'autre part, le livre des Nombres polygones est compté comme huitième
livre des Arilhmétiques.
2. ll a été rétabli en marge par une main postérieure.
3. La corrertion convenable a dé faile par une main postérieure,
4. Le texte de Diophante court sur deux colonnes: celui de Planude occupe
toute la largeur de la page. Dans le manuserit de l'Escorial, il est difficile de
distinguer entre le commentaire et Je texte.
.
5. J'ai omis d'en parler dans mon Rapport de 1886.
MISS. SCIENT. — XVII.
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sente les mémes particularités caractéristiques que celui dont nous
venons de parler, qui, par conséquent, appartient également à la troi-
387
—
une étroite parenté, les deux autres, R-II-3, provenant de Covarrubias [Ch. Graux] et ©-I-15, dédié‘ par Jacques Diassorinus à
Philippe II, doivent être également classés à côté l'un de l'autre. Ils
sième branche dela seconde classe. Il porte la souscription d’ Awyyehos
8 Adonapis 6 ‘Puvdazavis et provient, d’après Ch. Graux, du comteprésentent en effet une particularité, qu'on ne retrouve dans aucun
autre manuscrit de Diophante; c'est une division en huit livres obduc Olivares; il n'est donc entré à l’Escorial qu'au xvi siècle.
Ce manuscrit doit être considéré comme directement copié sur le
Vaticanus 200 beaucoup plutôt que sur son pareil de l’Escorial. En
tenue cette fois en coupant en deux le livre I (avant la définition X
de la vulgate), et en comptant d'ailleurs comme huitième livre celui
des Nombres Polygones, dont toutefois le titre spécial est indiqué, ce
effet :
1° Il reproduit la disposition spéciale du texte, empruntée au Marqui n'a pas lieu dans les manuscrits dérivés du Vaticanus 200. D'autre
cianus.
part, le livre I a pour titre : Atopavtou "AMetavdpiws ap. Ounznas BréAlov
2° Le titre est Arcpávros "AdzEadodwg dores 79 mpürov; le
Vaticanus 200, au lieu de rd =púro, porte la lettre numérale 2; la
Tpwtov per ¿Enyáseos Maëiuou vo Miavosdy, tandis que dans tous
|
copie de Valeriano de Forli a rpw15;.
En tous cas, le manuscrit R-III-18 est nécessairement postérieur
à la date du Vaticanus 200, c'est-à-dire à 1545. C'est donc à tort
que Miller l'a fait remonter au xvı® siècle et qu’à propos du copiste,
il a écrit en note (p. 50):
« André-Jean Lascaris, appelé ici Ange etsurnommé Rhyndacenus,
est peut-être le célèbre Grec réfugié, qui, sous Louis XIT, enseigna
les principes de sa langue maternelle à Budé et à Danés. » |
L’Andreas-Joannes Lascaris de Gesner paraît, 4 la vérité, être
bien l'illustre érudit plus ordinairement désigné au xvi" siècle par le
prénom de Jean! (Janus). Mais Angelo Lascaris Rhyndacenus, s'il a
porté le mème surnom, n'est pas pour cela le mème personnage;
c'est plutôt son fils.
les autres manuscrits connus, le commentaire est anonyme, au moins
| d'après la première main.
|
(Fabricius, éd. Harles, XI, p. 662): « Angelus Lascaris, Rhyndacenus, cui parentis sui, Iani Lascaris, epigrammata græca et latina
(Basil. 1537, in-8) dicavit Iacobus Tusanus”. »
Notre manuscrit doit, par suite, avoir été copié vers le milieu du
xvi" siècle; il dérive incontestablement du Vaticanus 200; pour
déterminer si la filiation est immédiate, il faudrait le comparer avec
le Parisinus 2485, auquel il est tout à fait assimilable.
eaDSLArEe)aNRSNuVETRPsIEMTtSAe
SS
À
De ces deux manuscrits, celui de Covarrubias est, d’après le caractère
de l'écriture, sensiblement plus récent que l'autre, et ne doit pas être
antérieur au dernier quart du xvrs siècle. Miller l’a même estimé du
xvii’, ce qui, depuis la remarque de Ch. Graux sur sa provenance,
est insoutenable, puisque Covarrubias est mort en 1602.
Ce manuscrit offre d’ailleurs une «singularité qui n'a pas encore
été signalée. Le texte de Diophante ou plutôt le fragment annexe de
Planude est immédiatement suivi de l’/ntroduction arithmétique de
Nicomaque, accompagnée du commentaire de Philopon, sans qu’aucun titre ni aucune indication ne révèle le passage d'un ouvrage à
l'autre, Le travail du rubriquage n'a pas au reste été exécuté dans
toute cette continuation, et le copiste, dont l'écriture est très lâche,
semble avoir considéré son interligne ordinaire comme suffisant pour
En
l'inscription ultérieure du titre. C'est ainsi que l'existence de cette
copie de Nicomaque n’a pas été reconnue par Miller, quoiqu’elle groso-SRSL
sisse notablement le volume qui atteint 594 feuillets in-fol. *.
I N
TERENI
La liaison des deux parties du manuscrit est telle que, s'il avait été
employé pour en tirer une copie, l'écrivain le plus intelligent n'aurait
très probablement pas reconnu immédiatement la confusion. On est
donc conduit à admettre que le manuscrit de Covarrubias a été copié
sur Celui de Philippe II, plutôt qu'à supposer la relation inverse.
Je remarque à ce sujet que si Miller (page 346) a identifié le premier de ces manuscrits au lieu du second avec le n° 201 de la rivas
lil
1. Et non coplé, comme l'ont supposé Miller et Ch. Graux d'après la dédicace
Si les deux manuscrits dont nous venons de parler ont, en somme,
en vers signée de Diassorinus. L'Ceriture est sensiblement plus fine el beaucoup
plus soignée que la sienne. On a d'autres exemples de manuscrits ainsi dédiés,
mais non écrits par lui (U. Omont, Fac-similes).
i. À distinguer d'ailleurs d'un autre Jean Lascaris, fils de sa sœur.
2. Voir au reste Legrand, Bibliogr. hellén., I, 196 et 264
a. Le manuscrit Q-1-15 n'a que 171 feuillets; L'-L-11 arrive à 200 seulement.
Page 4
View in PDF(opens in a new window)de Nicolas de la Torre, ce ne peut ètre que par une inadvertance de
sa part, eu égard à l'âge qu'il a attribué à la copie. Comme d'ailleurs
cette r!va& est certainement antérieure à la mort de Covarrubias,
toutes les identifications analogues, qu'il a admises pour les manuscrits provenant de ce dernier, doivent élre également rejetées".
dans les manuscrits de la seconde branche, a de même fait diviser le
livre IV. 1 n’y a pas à s’y arréter davantage.
L'attribution à Planude d'un commentaire anonyme dans les
autres manuscrits (le Gudianus ne mettant sous ce nom que le fragment annexe) paraît, au premier abord, une circonstance plus singu-
SeoTnrE
lière et pourrait faire croire à l’existence d'un ancien manuscrit
ey
IV
Il resterait à déterminer la filiation du manuscrit de Philippe II.
Cette fois la question est assez obscure.
Remarquons qu'en tous cas, d’après les dates données par M. Henri .
Omont {Fac-similés), Diassorinus resta au service du roi de France
389
—
antro
a SE
aujourd'hui perdu, dont dériverait celui de Philippe Il. Mais si le
Marcianus, qui est du xv" siècle, a dû avoir un prototype dont on
retrouve des débris dans l’Ambrosianus Et 157 sup. (du xıv® siècle),
si l'addition au texte de Diophante du fragment annexe de Planude a
évidement son origine dans une lacune de ce prototype, il n’est guére
à supposer que celui-ci ait pu subsister intégralement jusqu'au milieu
du xvi" siècle, pour n'être copié qu'une seconde fois vers ce moment,
et se perdre ensuite, à part quelques feuillets, précisément à l'époque
de 1554 à 1555, tandis que pour cette dernière année on constate sa
où les manuscrits grecs ont été recherchés avec le plus d'ardeur.
espagnole. La dédicace du Diophante Q-1-15 n’est donc pas antérieure
à 1555 et elle ne peut être de beaucoup postérieure, Diassorinus
étant mort vers 1562. Mais au contraire le manuscrit peut très bien
Ja Bibliothèque de Saint-Marc, de mettre le commentaire de Planude
présenceà Bruxelles, c'est-à-dire dans un pays sous la domination
avoir élé écrit auparavant.
Si Diassorinus Ya apporté de Paris, il peut provenir du Parisinus
237g (seconde branche) que Pierre Strozzi devait déjà avoir fait venir
en France. La jolie miniature qui le décore, tout à fait dans le gout
de celles qui ont élé exécutées dans l’atelier d’Ange Vergèce, serait
un argument pour celte origine. Autrement le Diophante de Philippe I
devrait représenter une copie directe du Marcianus 308 el être considéré comme le chef d'une quatrième branche; on doiten effet exclure
l’hypothèse d’une relation soit avec la première branche (Gudianus |
de Wolfenbüttel, où le nom du commentateur est écrit au génitif
Il était d'ailleurs relativement aisé, pour quiconque avait accès à
sous le nom de son auteur; l’attribution exacte, dans le Gudianus, du
fragment annexe, doit s'expliquer ainsi et témoigne en tous cas de
recherches de ce genre. Le copiste du manuscrit de Philippe II a pu
encore avoir eu connaissance du Vaticanus 116, où le commentaire
existe sans le texte de Diophante, mais sous le nom de Maxime Planude.
Les scribes de profession de cette époque avaient bien souvent à
résoudre des questions de ce genre; un texte anonyme ayant naturellement moins de valeur, il était de leur intérét de recueillir toutes
les informations qui pouvaient leur servir pour restituer avec vraisemblance, sinon avec vérité, les noms inconnus. Il est remar-
IDavosöcu et non ILhavoièr), soit avec la troisième, dont la lacune
quable, 4 cet égard, que la plupart des fausses attributions qui datent
de cette époque onl été faites dans un but évident de lucre par des
gens qui savaient parfaitement à quoi s’en tenir (par exemple, Darma-
Si ce dernier présente une coupure du premier livre des Arithmétiques en deux, cette coupure peut étre une fantaisie particuliére du
copiste, ou avoir été amenée par une cause semblable á celle qui,
-biblos mathématique de Pachymére, dont l'attribution exacte a été
caractéristique n’existe pas dans le manuscrit de l’Escorial Q-1-15.
rius); on pourrait au contraire citer des ouvrages, comme le 7etrafaite sur un manuscrit acéphale, grâce évidemment à des renseignements dont nous ne pouvons reconnaitre l’origine.
1. N faut done écarter les identités : n° 37 = Y-1-3; n° 55 = Rllla3, 14;
il faut probablement corriger X-Iln° 87 = R-I-9; n° 164 = R-I-20. Au n° 151,
Ainsi le titre que porte le manuscrit de Philippe II a parfaitement
pu ètre composé par le copiste et non pas reproduit d’après un origi-
Il est regrettable à cet égard que Miller n'ait pas en général reproduit complénal; mais pour décider complètement sur la question de filiation de
ce manuscrit, il serait évidemment nécessaire de le collationner avec
19 au lieu de R-I-10, et au n° 410, W-I-g, 10 au lieu de R-I-1, 2.
tement les indications de In ait et se soit, pour nombre de numéros, contenté
de marquer les identificalions qu'il croyait assurées. Une publication complète
du catalogue de Nicolas de la Torre serait donc grandement à désirer.
le Marcianus, travail dont on ne peut d'ailleurs espérer aucune amélioration sérieuse pour le texte de Diophante.
Page 5
View in PDF(opens in a new window)sixième, la phrase suivante : ¿32 pndèv tobtev tüv ¡Bumpdrwv xtnatpevos, Eyww dè ¿y éaut® TAMdOS povaduv hoyos Apıdös (ce mot repréV
En dehors des quatre manuscrits complets dont j'ai parlé, le Catalogue de Miller indique, sous la cote Y°-III-12, f 73r°à 75 v°, un Zrtrait de l'Arithmétique de Diophante; on trouve en effet dans ce
manuscrit, qui est un recueil factice, un fragment de trois pages sous
le titre : and tig Atogévreu apdpntnfig; mais ce fragment est tiré,
non pas de Dinphante, mais bien des lettres de Psellus, comme ceux
qui le précèdent et qui sont de la même écriture.
Au f° 71 r° commence, ainsi que l’a noté Miller, l’un de ces fragments, [lept tod peyæhou ¿maurod ToS cogwrdtov WERAov. Mais il n’a
pas relevé le titre du suivant: [leet api0pdiv, qui commence au bas
senté par son abréviation) xakelraı xat Esti abzod omuetov rd (ici répétition du même signe).
Le mot ¿hoyos est inadmissible dans cette phrase; cependant la
tradition manuscrite est attestée par le commentaire inédit de Georges
Pachymère, qui au xm° siècle ne lisait pas autrement et essayait vainement de donner un sens acceptable.
La correction en &oyov, proposée par Bachet, n'est pas satisfaisante, quand il faudrait, ainsi qu'il le remarque, une expression faisant antithèse à dpropévov*.
Or nous lisons dans la lettre de Psellus, qui a commencé au contraire par définir tout d'abord l’unité :
figurent f° 250 v° et f° 253 r° du manuscrit ®-1II-ı, dans un recueil
"AprOpde 82 rap’ adtote [rots Alyurziore] iBralzepor Alyerar è umdtv
Idtwpa xensápevos, Eywv dì ev Eur dos povkdwv adorotov - xadetrat
de pièces de Psellus.
dE abtots x. T. €.
du f° 71 v’ et représente d’ailleurs l’ensemble des deux opuscules qui
qu'il existe également dans le Laurentianus LVIII, 29, f° 196 suiv.,
D'autre part, en copiant fidèlement les définitions des puissances,
il y ajoute quelques explications et nous apprend que les anciens appelaient aussi &Acyos pitos la cinquième puissance, et «hoyos
sous le titre : Ilpshauóavip.era 2% ner” apôunrixny alyurttaxiig pedeútepos la septième”.
06301 tod W'EAhcu, et je dois une copie du texte complet à l'extrême
Dès lors nous pouvons deviner comment le texte de Diophante a été
altéré. L’archétype (peut-être le manuscrit que Psellus avait entre les
Le fragment concernant Diophante est incomplet, mais, d’après son
début, il m'a été possible de constater sur le Catalogue de Bandini
obligeance de M. H. Vitelli.
C'est une leitre dont le début parait n'avoir pas été copié; la première moitié seulement concerne l’arithmétique; la seconde est remplie * par des extraits tirés de l'opuscule publié sous le titre Heronis
mensuræ, pages 188 et suiv., de l'édition Heronis Alerandrini geomains) devait porter les mots dóptoto» apıdjög (ce dernier en toutes
lettres) et dans la marge «hoyos ç', se rapportant au duvapuóxubos
défini deux lignes plus haut. A la suile d’une confusion de renvois,
metricorum et stereometricorum reliquiæ de Friedrich Hultsch (Berle très inintelligent copiste du prototype d’où sont dérivés nos manuscrits actuels aura pris ces mots de la marge pour une leçon à sublin, 1864). Ces extraits ne sont guère remarquables que parce qu’on
stituer à celle du texte.
y trouve les mêmes fautes grossières que sur les manuscrits du
xvi" siècle, qui nous ont conservé cet opuscule.
En revanche, les quelques lignes que Psellus, dans la première partie de sa lettre, a tirées de même du début de l’Arithmétique de Diophante, permeitent d'y apporter une correction inespérée. On lit, en
eflet, dans tous les manuscrits (page 3, lignes 5-7 de l’édition de Samuel Fermat), après l’énumération des diverses puissances jusqu’à la
1, À la fin (une demi-page qui manque à l'Escorial), Psellus refuse de renseigner son correspondant sur Ja divination d'après la Lettre de Petosiris à Necepsos et le muvbidtov de Pythagore. Voir ma Nolice sur des fragments d'onomafomancie arithmétique, dans let. XXXI, 2 des Notices et Extrails des manuscrits
de la Biblivthèque nationale (1885).
J'ai dit que l’archétype était peut-être le manuscrit Île Diophante
qui servait à Psellus; c'est que l’arithméticien, généralement négligé
par les Byzantins qui se bornaient à Nicomaque, n’a pas di être souven! copié, que d’autre part, avec la méthode de travail dont Psellus
donne un exemple topique en copiant ensuite un mauvais manuscrit
d’une collection de problèmes de stéréométrie, je me le représente
difficilement, à propos de Diophante, allant puiser dans un autre au1. Ila mal lu opioutov, qui n'est pas grec.
a. Comparer pour les mêmes puissances les expressions primo relalo, secondo
relalo des algébristes italiens du xvie siècle. La tradition intermédiaire n'est pas
aisée à reconnaître; il faudrait la chercher chez les Arabes.
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393
—
teur les renseignements complémentaires qu'il nous fournit; il les a
beaucoup plutôt trouvés sur les marges de l’exemplaire qu'il avait
Théon d'Alexandrie (seconde moitié du 1v° siècle ap. J.-C.), ce témoignage ne doit pas être négligé.
entre les mains.
Nous avons enfin de grandes probabilités pour croire qu’un manuscrit de Diophante, dont Psellus a vu soit l'original, soit une copie,
avait reçu des annotations anciennes, pour lesquelles avait été utilisé
Quant à la source primitive d’où ils proviennent, quant à l'origine
de cette nomenclature allant jusqu’à la neuvième puissance (dix degrés en comprenant l’unité, c’est-à-dire trois de plus que Diophante),
Psellus nous renseigne heureusement avec une précision suffisante,
en quelques lignes qui sont tout à fait dans le style des scolies anun ouvrage d'Anatolius sur l'arithmétique (ou plutôt la logistique).
Malheureusement, il n’y a guère d'espérance de retrouver ces annotalions qui, d'aprés les indications données par Psellus, présenteraient
ciennes ayant un caractère historique
:
un grand intérêt historique. Le Matritensis 48 qui est le prototype de
Hepi 3: tg aiyurnruns tadzys pedidos, Arépavtog piv &czAabev aupıbforzpov è dE hoyuWraros "Avarólios tk cuvermnwizia won Tis nat
Exstvoy anodckapevos, &ripwg Aropadyzw (sic) suvorzinwrara rpscequvnes.
la première classe des manuscrits de Diophante, et que j’ai colla-
Ainsi cette nomenclature‘, inconnue à Diophante, serait due à
Anatolius d'Alexandrie, auteur du in” siècle , qui jouissait d'une
grande réputation comme savant et dont il nous reste divers fragments
sur les mathématiques.
Il me paraît invraisemblable que Psellus ait eu entre les mains
l'ouvrage d'Anatolius qu'il mentionne; au reste, il ne dit rien de
semblable. Dans ces conditions il n’y a pas à attacher une grande importance hislorique à ce fait qu'il appelle méthode égyptienne ce que
nous appelons la méthode algébrique de Diophante. Sans aucun
doute, il a trouvé cette expression dans un texte; mais si ce texte
était celui d'un scoliaste, il n’y a pas à le prendre
en si grande considération que s’il venait d'Anatolius lui-même.
En tous cas, nous avons un témoignage important d'après lequel
Diophante serait antérieur à Anatolius ou au plus tard son contemporain, ce que j’inclinerais plutôt à croire. En l’absence de tout autre
document positif sur l’époque à laquelle il faut placer Diophante,
entre Hypsigjès (au commencement du n° siècle avant notre ère) et
1. Psellus ne la donne pas complètement, mais on peut la restituer comme
suit :
1. Mavas.
2, Hpütos apıdads &rdodc Y ricupa.
3. Aeúzepos apt0u6s. — Terpaywvoc Y dvvapis.
4. T'pitos &prdphc. — Kiéog.
5, Téropros apri. — [Avvapoduvapes
7].
6. Tleprtos appuie. — "Adoyos roro.
?].
n. "Exroc apnée. — [KuB6xu6oc
8. “EGGopos aprduós. — “Adoyos destepog.
g. ("Oydoog &pıbpös). — Terparin duvaurs.
10. ("Evvaros ap:bpoc). — Kúbos ebedtxrdc.
tionné en vue de l'édition que je prépare, contient à la vérité sur les
{rois premiers livres de très nombreuses scolies de différentes mains
et de différentes époques, mais elles n’ont aucune importance réelle
à côlé du commentaire de Planude. Une seule (sur II, 7) m'a paru
curieuse comme trait de mœurs :
“H pu cov Arögavıe ein pera 105 Darav Evene tic duoxoMas tiv
te ZAdwy cov Vewpypatwy, xal 3% xal 103 mapdvtog Oswpiparos.
VN
DON GREY
WANS OG
AROMAS
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