Les premiers pythegoriciens de la "catharsis" musicale

Author
Figari, J.
Published in
Revue de Philosophie Ancienne
Year
2000
Subject
CATHARSIS
Language
Français
Category
C2 Music
Archive number
5614

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ël. - Les premiers pythagoriciens er la « catharsis » musicale, RPhA 2000 18 (22 320 Lerenr de l'éthique musicale par le ego nore et corporel est une théorie remontant au premier pythagorisme et née à à +080e nc religieuse, médicale et artistique, [| ne s agissail pas, pour les pyt pgoriciens. de n'effectuer qu'une étude théorique de la musique, mais d accomp H cs son set mouvements prescrits par la musique et la danse, jusqu à ce que cela héor ra habitude. C'est au pythagorisme ancien qu'Aristote emprunte sa TE derad XAGapois. LES PREMIERS PYTHAGORICIENS ET LA CATHARSIS MUSICALE GA FAGRARA . Dore ce La théorie Pythagoricienne de la DIUSUE ESC davant: 8e Con nu comme une acoustique et une harmonique? (fondée sur les mat hém a tiques) que comme une Psycholo gie liée à une écoute effective. Pourtant, l'écoute de la musique n'es t pas, pour les premiers Pyth: goriciens, unc écoute privée d'or cille. On PCUt même dire que la Psychologie de l'écoute s'inscri t chez eux dans la continuité de 1: physiologie de l'audition. Elle diff ère ainsi de l'étude proprement ar mouique de Ja musique, qui est plus Mathématique que psychologiqu e Les harmonies sonores, ayant une cfficacité sur l'harmonie psy chique et corporelle, ont été conç ues par les nremiers Pythagoricie ns Comime des rernèdes servant à rétablir certaines harmonies dans le Corps ou dans l’âme, de façon à préserver ou à rétablir leur sant é er leur vertu. C'est ici qu'intervien t le concept de Cotharsis. Plusieurs témoignages créditent les Premiers Pythagoriciens d'a voir affirmé le rôle cathartique de la musique, aussi bien pour le corps que pour l’âme. Cette théorie ne semble pas originale, puis gu'u n théorie de la catharsis est égal ement présente chez d'autres Présocra tiques : Aristote en l'ait fa théorie à propos des tragédies de l'époque d’Eschyl e et d’Evripide, et il cite souv modèle d'imitation poétique. ent Homère en parallèle, com ! Cet article est le fruit d’une thès e de doctorat. dont la soutenan ce vue à l’Université de Paris IV - Sorbonne. déc, 2000. 2Cf BI. Van der Waerden (1997). Toutes les références REVUE DE PHILOSOPHE me [ALES (1943) ; W. Rurker € 1962 -1979) : 1. Zlimul sont données à la fin de cet artic ANCIENNE, XVI, 2, 204

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Joël Ft art proMais it semble possible de relracer quand même une théorie mu La par ation purific La is. carhars la prement pythagoricienne de es COnHCXx que bien nts différe es dommnin sique hniervient ici dans trois la religion, la médecine ec Part : « Purification, moyens de purifier tant en médecine qu'en divin tion, infusions soufrées pour les prépartions nédicinales @tponn cette a de ja divination, lout aussi bien que les bains dus les pratiques de mn me sorte, aspersions Justrales, tout cela doit posséder une vert unique de procurer à l'homme la pureté, ét selon le corps, el sclon Tâme Ein- H semble donc que l’on ne puisse pris séparer Fusage imédicst ets tistique de la catharsis de sa signification religieuse et morale, Cepor dant, comme Nietzsche nous le rappelle, à Apollon, dieu de fe msn et de la belle apparence, les Présocratiques gjoutaient Dionvsos, ten pédocle aurait écrit un ouvrage intitulé Les purificarions; VA purificade la démesure et de l'ivresse, Aussi ne peul-on pas réduire baun t. La purification religiense (64, La Silicon religieuse de Fa catharsis est attestée ès idéal lion consisierait pour l'âme à s'élever à nouveau Vers Le monde de Ia qu'elle connaissait, avant de chuter dans un corps SOUS Faction 127}, de «120, de parvenir à Ja meilleure réincarnation possible (B ent (B s'initier aux mystères (B 143), de vivre saintement ct droitem 149) ot de s'abstenir de manger certains animaux. Des purifications tesis musicale à la seule introduction d'un foges chez fi personne nrr tionnelle, La catharsis joue at contraire sur tous Îes fableanx, aussi bien rationnels qu'irratiounels. C'est ainsi que Damon aurait congle é que même le mode doricu (capable de replacer un comportenten désordonné par uit autre mesuré} n'agit pas sur Et partie rationnelfe 4 l'âme, mais sur sa partie irrationnelle (afosu, les Pythagoriciens. Héractite en On a donc toutes les raisons de rattacher Paction purtficatrne de te fond, aux rites critique la grossièreté, bien qu'il ne s'oppose pus, au des premicrs phie philoso Sleusiens, dionvsi aques où orphiques*. La musique à celle de la croyance religieuse, qui West pas nécesstirenn rationnelle. Les premiers Pythagoriciens étaient sans doute infinies sur ce point, par leurs liens avec l'orphisgme, Conmpne Le remarpns F non suulebr Boyancé?, « si la catharvis orphique est conçue, comme devant l'élément dope de élément titauique, auquel if se tronvi or ligicuses semblables apparaissent chez ux : « pour Pythagoricicns s'inscrirait également dans cecadre religie Pythagore, li purification ef le salut de l'âme dépendaient la purement. comme dans les cultes des mystères, de l'initiation el de & rituelle, mais de La philosophie »!. {a Lans ve contexte, Fun des premiers (émoigrages sur catharsis Dis le musicale pythagoricientie pourrait bien être celui de Pluonÿ, r de pouvoi le n Apollo à effet en e attribu e Cratvle (108 à sq, Socrat dila e, musiqu fn de es connex s puilier Pâmeet lecorps par les moyen gination, la médecine et l'art de Farcher Que musical 7: CF Guthrie, p. 188 ct 475-476. lGuthrie, p, 205. HéroÀ CL aussi l'emploi du tevine curhursis chez Hippocrate, Vhucydide, animaux, des génération dote. Aristote l'emploie «au sens médical dans De la 1,738 u 27. nous confonduet par lequel il est connue souillé, il n'est pas surpre: nant que la joie des a fêtes, joie dionysiaque, soit us moyen particulier fin. Aristide Quintilien €.) donne comme va HICNL APPrOpriÉ ractéristique des cultes dionysiaques qu'il sy opère une punificaton par le moyen de kr musique et des danses ». Suivant À. Quintilien, cette tradilion semble en effot romont avant Plon, aux « sages de l’ancien temps S 2 c'est done notamment 6 CE Galicn, Des dagnies d'Hippacrate et de Plan, VS ASX, él, Mit (Dicis-Kranz : Damon, lre. À 2: Delattre p. 455). TP, Boyancé, Le culte des Muses chez les philosiphes grecs, roccard. , 1937, p. 88-80. CT. aussi p. 25, référence aux Pyihauoriciens, | a rise Quintilien, LE, 24, 124, 30 , in Racker, Creek pnesteut writings, p.

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aux Pythagoriciens que s'appliquent les remarques qui suivent : «il y a uu degré de raison derrière les rites bacchiques et les autres cle cette cote 2 ils servent à purifier, avec leurs chants et leurs danses el leurs jeux. l'excitation frénétique à laquelle sont devenus sujettes cles gens p iles, par leur mode de vie, ou simplement par IC hasard »?. Dans le l'hédon enfin, Socrate rappelle au pythagoricien Simmias la uécessité des purifications instituées par les « grands hommes » du passé, afin d'atteindre la tempérance, la justice et le courage da philosophie apparaissant alors comme le moyen d'une initiation aux mystères). L rapporte leurs paroles ainsi : « celui qui aura été purifié et initié (.) aura sa résidence auprès des Dieux » : ectte initiation, qui exige une ascèse. n'est pas donnée à tout le monde : « nombreux sont les porLeurs de thyrse, et rares, les Bacchants L» 2. la purification médicale et artistique. est dans ce contexte religieux que s’inserit l'usage médical de la cuthorsis musicale. La médecine a en effet ses dieux, dont le moindre p'esi pas Apollon, patron des Muses, des médecins et des musiciens!0, Elle a aussi ses héros mythologiques, comme le centaure Chiron, qui hérite d'Apollon ta connaissance de la médecine, et Fa transmet à Àsclèpios, Achille, Hérakiès, Jason, etc. Comme le note E. Moutsopoulas. « Chiron, musicien et guérisseur à la fois. maître d’'Esculape et d'Achille à qui il a enseigné la lyre et le traitement des blessures, personnifie Falliance de la musique et de l’art de guérir »!!. La liaison des disciplines est confirmée par Jamblique!2, qui affirue que « les sciences que les Pythagoriciens honoraient le plus étaient la musique, la médecine et la divination », et que les Pythagoriciens préléraient restaurer l'harmonie du corps plutôt que de pratiquer 4 opérations chirurgicales ou des cautérisations, La purification st den davantage une harmonisation qu'une ablation, Le mal n'est pxXe sairement l'intrusion d'un élément étranger dans le corps, mais pur la rupture d'un équilibre physiologique, C'est en partie ce qui expl querait le rôle si important de la nuisique, qui opère directement a l'harmonie globale du corps et de l'âme. Les lythagoriciens aurnent préféré une médecine préventive, assurant l'liygiène par P'harmemi. plutôt qu'une médecine curative, risgrant de porter atteinte à Uhanne nie en voulant supprimer une dysharmenie par le seul moyen de tion, Ce n’est pas en enlevant l'élément d'un mauvais composé qu l'on rétablit automatiquement une bonne composition. Les Néo-plaloniciens attestent l'usage médical de la carharsis ou sicale, non seulement chez les Présocratiques, nus chez lythager lui-même. Le scolic à l” /liade, X, 391 nous montre le caractère répan du de cette conception : « les Anciens, jusqu'aux pythagoriciens, bo noraient la musique du nom de carharsis ST Jamblique précise que « Pythagore pratiquait couramment une telle carharsis : C'est le non qu'il donnait au traitement par fa musique » 14, Selon un inédit srec 1e censé par Cramcr, « au dire d'Aristoxène, la médecine servait aux pre thagoriciens à la catharsis du corps, et la musique à celle de l'âme » Que l'âme soit corporelle ou non. ce n’est pas nécessairement + qui importe à la médecine, qui cherche à préserver l'harmogic de Pis dividu psycho-physique par une bonne hygiène. La purification corp relle et 1 purification psychique sont étroüeiment Hiées, dans un méme processus d'harmonisation de l'individu. La musique n'est pas, au de part, une médecine, mais. par analogie avec 1 médecine, clic remptit une fonction harmonisatrice et donc purificatrice. qui finit par être nv Scolie à l'Iliade, X, 391 (Dicts-Kranz: Ecole pythagoricienne, fr. D | “dom, thidem, UE 25, 129 (p. 531). 10 Cf. Craryle, 405 à sq, 5 Moutsopoulos (1959), p. 164. E funblique, Vie pythagorique, 163-166 (Diels-Kranz : Ecole Fyhagorinenne,4 frg. D 1; Delatire p. 592-593). Delattre p. 594). Jamblique, Vie pvthagorique, 110 (Dicls-Kranz: Ecole pythagoricienne, fre. D 1; Delartre p. 592), 15 nédirs grecs, éd. Cramer, 1, 172 (Dicle-Kran : Ecole Pythanoricrene fre. D 15 Detuire p. 593).

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dicale. Toute discipline peut en l'ait devenir médicale dans la mesure oit lle répond à ce critère de restauration Mannonisaicele C'est pourquoi Li danse aussi pourrail avoir une l'onction médicale dans lt mestiot elle exige d'harmoniser le corpsct l äme'?. Plusicurs témoignages précisent le fonctionnement de celle cotfursis musicale, que les Pythagoriciens semblent avoir pratiqué eux-nrimis sur des palionis. Porphyre prélend ainsi que les chants de Pythaorc « remeottaiont sur pied les malades », et qu'il avait « même pour purs UTS » . Même si ce témmotleg maladies corporelles, de nage néo-platonicien cherche à valoriser outre mesure la personne de Pythagore, ny a sans doute pas de raison de douter de l'utilité médicale. à la lois physique et psychiatrique, de la catharsis musicale. L: médecine pythagoricienne semble avoir réellement Fait un usage mesuré cl adapté de la musique, dans un processus gJobal de soins impliquant plusieurs sortes de remèdes en fonction de Et situation (kairos). une lois que le patient savait quel dieu causait san mal, 0 porvast D paiser par des sacrilices appropriés ». I'existt dans plusieurs villes de Lirècc une fête biennale derpen s à canaliser certaines hystéries collective EU CHOC CR Fornin dans Fi montigne, pour accomptir des rites noctuines mémudtiques js Chez les Présocratiques, Pusage de la musique en médecine ne répond pas du tout à des considérations irrationnelles, mais à une déniarche méthodique. Méëme l'aspect religieux de la catharsis musicale est inclus dans une logique de diagnostic. Comme le remarque E. R. Dodds!”, il existait des danses orgiaques qui, accompagnées de musiques orpiaques, lonmaicnt les « cures » censées guérir les maladies mentales. Au cours des cures dionysiaques et des cures corybantiques, les malades enlraicnt en trause. Mais « l'épreuve véritable était la réaction du patient à tel on tel rituel : si les rites d'un dieu X le stimulaient et produisaient une:sharsis, cela montrait que son trouble proverait de X : s’il ne révisait pas, la cause devait sc trouver ailleurs », Ainsi, « le diignostic 354 se inisait d'après la réaction du patient à li musique. El le diagnostic élit le problème essentiel, comme dans tous les cas de possession : 6 CT réf. note ci-dessus. Cf, Athénée, Les Deipnosophistes, XV, 028 € (Dicis-Kranz : Damon, fu. BG: Liclatue p.458), K Porpliyvre, Vie de Pythagore, 32 sq. ISILR, Dodds, Les Grecs et Firrationnel, Paris, Aubicr, 196$, p. 85. 23e Joël FIGARI 8 des danses conduites au son des Hûtes et des fnbales. où parvenu jusqu’à l'extase et presque l'évanenti cent. dans Le Hub amine « provoquer la lolie et la guérir »27 à la lois. On comprend micux, dans ces couditians, éternel débat atom de la catharsis aristotélicienne : ce n'est pas seulement en frétent ur se ne [a pitié et la phobie qu'elle purilie les spectateurs de fa agde" nitis CCS justement eut provoquant Ces allections dans tete esprit l'image des héros tragiques}. Aristote Le dit très clairement 2 quant à ceux qui au moyen du spectacle ne provequent pas de frayeur nr: produisent seulement du monstrueux, ils 4'ont sien à voir avee Er ire gédie ; car il ne laut pas chercher n'importe quel plaisir dans letras die, mais celui u lui est propre » (l'oétique, LASA Bb 8): ce phsisir pro pre est celui de l'imituion, qui défiuit la tragédie (1449 Hi 24 fx qui,en s'atlachantà la pitié et à la phobie, permet d'éprouver Le pla particulier de « contempler les images les plus exactes de choses don lt vuc nous est pénible dans fa réalité » CH:HE h O1. La purification est donc liée ar mème 2 annuel peuvent participe non sculenwnt les acteurs de tragédie, mais aussi leurs auditeurs cr imilent leurs passions, les participauts des cures ritucties et, de Eicons # Dodus, up, cit., p. 260. 2 Connne le soutient encore Michel Magnico dans sa traduction de fa Pen tique (Livre de Poche, 1990, p. 49), à la sohe de l'édition de Dpont L Lallot (Seuil, 1980, p, 190), #2 J, Moreau, Aristote et son école (1962, p.2551 pose correctement le pes bième, et parleà juste titre d’une esthétisalion propre à fa poésie (représe Lion des possibles), La catharsis nous « décharge » de nos émotions en nous les: ah l'aisant ressentir. [en ressort une joie purement positive, dom Aristote daus La politique (VU). 2 La mimesis n'est pas seulement une iitarton représentation objeeri US ASS Un ane (appropriation subjective par les monvemerts).

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plus large, toute personne qui imite une certaine disposition corporelle où morale par l'action de l'harmonie musicale sur son corps. Outre ses manifestations religieuses et artistiques, la purification par la musique était étroitement combinée avec l'action proprement médicale, at cours d’un processus de recherche diagnostique et de remédiation®t. C'est ici que se révèle un usage Psychiatrique de la musique, qui vient en complément des moyens médicaux habituels, de faOn 4 meitx rétablir où préserver l'harmonie psycho-physique. L semblé possible de reconstituer la visite d'un médecin pythagoricien chez 00 patient dysharmonieux en plusieurs étapes. Tout d'abord, il essaic des airs guérisseurs, dont l’efficacité sur le cops est conme?. Les Présocratiques (naïvement ou scientifiquement ?) croyaient à l'efficacité de la musique contre les maladies corporelles les plus graves : Démocrite aurait ainsi prétendu, selon Aulu-Gelle, que des trs d’auos savamment modulés pouvaient guérir « de très nombreux cas de maladies humaines », et notarmment les « morsures de vipères »*. Homère parle même d’arrêter par la musique le sang qui s'écoule d'une blessure (Odyssée, XIX, 457). Ensuite, il se peut que la musique ne réussisse pas, comm la droaus magique d'Hélène, à « donner l'oubli de tous les maux » (Odyssée, IV.221). À ce moment-là entre en jeu sa fonction psychiatrique, qui permet de « calmer douleur et colère » (ibid, 222) et de restaurer l’harimenic de l'âme. Une fois calmée Fa douleur du patient. il ne reste plus qu'à admiuisirer les remèdes médicaux nécessaires au corps et, en dernier reCLOUS, à pratiquer les opérations chirurgicales nécessaires. La musique serait donc, dans un premier temps, un remède à part entière, puis, dans la poursuite du diagnostic et du soin, l'auxiliaire précienx de la pratique médicale. lsemble en effet que, chez les Présocratiques, le discours médical LA CATHARSIS MUSIC'ALE Soft lié à la musique, conçue comme adjuvant thérapeutique. Cet qui explique l'usage rhétorique de la MUSIQ UE, COMIIC moyen convaincre le patient et de lui Faire accepter les remèd es et les soie 3. Musique, rhétorique et médecine CI. de Vogel (1966) a clairement montré le rôle de Pythagore si le développement de la rhétorique’? et de la médecine?#. [PT partent vu ses analyses, nous voudrions montrer que la musiq ue permet d'érahi : un lien entre ces deux chapitres, I semble possible, en effet, de comprendre le rôle médical de 14 musique chez les Pythagoricicns, en liaison avec Empédocle et Gorgias. [a rhétorique chi 1. Pythagore médecin er l’itée d'harmonie , Comme le montre €: de Vogel, il est fort probable que Pythagore lui-m ême ait pratique li médecine? (iatriké). Il aurait préféré, comme Platon, une médecrt. noir agressive, visant la restauration de l'har menie corporelle, ce pr l'aurait conduit à rejeter autant que possible la chirur gie, lt cauteries tion, l'euthanasic® et l'avortement (pratiques couran tes dimis a mél cine présocralique), ainsi qu'à privilégier l'hygi ène préventive rt In briété, notamment dans l'éducation apportée aux enfants. Justement parce que le concept d'harmonie est lié à celi d'hygièn. il nous semble possible de rapprocher du premi er Pythagorisme les 16 moignäages Convergents réunis par de Vogel®!. Alexa ndre Polÿhistor de finit en effet la santé? comme harmonie Gcrrmonia) el comme Rysién 7 CI. de Vogel (1966), p. 218-231. 28 1d., ibid, p. 232-244. 2 1. ibid., p. 233, avec les références donné 2amblique, Wie Pythagorique, 10 (Dicis-Kranz : Ecole pythagoricienne, D 1: Delatre p. 593), CE Porphyre, supra. # Démocrite, frg. B 307. li es dans la note 2. On ronrn quera aussi que le respect du silence, préceplie de la secte pythagoricienne, ce. une règle déontologique des médecins. | “0 CF. la condamnation du suicide chez Philolaos. “T bidem, p. 243-244, 2 Diogène Laërce, VIIL, 33-35.

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c'est dire corume pernrancocc de la orme corporelle (Hygieian tèn hé cidens dicimonèn), n'y a pas de ratson de refuser à ce témoignage son caraciore pytragoricien, sous prétexte qu'il est tardif? Ou peul très bicn le rapprocher aussi de la définition de la santé corporche donnée par Socrate dans le C'orgias (504 €} : dans le corps, ta homme santé et la vigrieur sont « l'état qui ésulle de l'ordre {axis) et de Pacrangoment fcosios) » (dans Pâme, il s'agit dé la lot, de fa justice et de la tempérance), Stobée nous rapporte une définition approchante chez Alemeon 14 c'est l'équilibre Gsononie) des puissances (dyaamieon], “opome lhunide el le sec, le froid et lé chaud, Fanertume ct la douceu ce. qui produit et conserve la bonnesanté », qui est le « mélange lrarmouicux des qualités » (tèr hvgeian 1èn sumetron tôn poiôn krâsin)", Qu retrouve ici la définition de la santé par Fharmonie des oppos Dans le Gorsias, Socraic semble supposer cette définition pour la santé curporcile, ct il rapproche en tout cas Lt médecine de la gymnastique et de la rhétorique : le bon orateur est celui qui s dura introduire la mé sans l'âme, comme le médecin l'imtroduit dans 1 corps. Chez les prewicrs Pythagoriciens, | s deux sont étroitermem liées. l'ythagore, Empédocle, Goreius : tradition de l'usage médicul de le rhétorique. Parallèlementà li médecine, les premicrs Pythagoriciens : sont iNé és de Irès près à la rhétorique, Conime le montre De Vogel, « nous ne pouvons dire avec certinule à quelle date précise la rhétorique a commencé à être étudiée comme techné parmi les Pythagoricions. Peut-être était-ce au 5°siècle avant Gorgias, peut-être même dans Et prentière moitié du 5°siècle, si bien qu'l'mpédocle vourrait Être veuu decelte école »' 3 L'omunc & fait De ne sans justification (p. 24). 1 soutient également aus prenves (p, 165) que la santé est recouvrée grâce à uoc contemplation de haine ie des astres. Celle conception, dont on ne voit pas li nécessité, semDie pot préebante nous allons en revanche aborder une explication naturelle de nie at 4 dun processus médical, où elle reçoit ne définition avant tout corporelle, “'Alcméon, les, B4 “pre Vogcl, op, cit, p. 230-231, LA CATHARSIS MUSEC'AI Gorgias est l'élève d'Empédocle, qui ext connu à le lots coran l'inventeur de la rhétorique Gheror aristoss et comme médecin vs UXZAN 6, ct qui est lui-même l'élève des Pythagoriciens. C'est pou De Vogel conclut à juste titre : < Puisque” Emipédocle était uncltienr | lement regardé comme élève de Pythagore. et qui était comte 4 Magna Graccia que Pythagore lui-même apparaissait conne tre cn à icur devant le peuple, on pourrait dire qu'Empédoele avait appris rhétoriquef de Pythagore, et que c'est Pythagore, en lait qui marne ne début de l'histoire de la rhétorique »*?, Dans ecs conditions, l'usage médical de lt rhétorique que apparut notamment chez Gorgias pourrait bien Gtre issu de Pythagore, Pythrrr: re scinble d’ailleurs s'inscrire dans une tradition rhétorique qui reinone à Homère et Hésiode. Jamblique reconnait en effet aux premiers Prtho goriciens l’utilisation médicalet la lecture Cott incantation s ‘p ue d'Ilésiode et d'Homère, « pour restaurer harmonie des ânes portrait légendaire de Pythagore par Porphyre" pourrait douc bien cire très proche de fa réalité, quand 1 présente Péihagore comme un me cin-chanteur, attendant ses amis males (et port-Ëtre ses chents scuil de sa porte, dans un lieu calme, et Foisant un usage médical de musique, de la récitation chantée d'Uormère el d'Hésiode fatro d'« adoucir l’âme »), et de l’« incantation magique » tnuseie pattes capable de guérir les maladies p ySiques el psychiques, de Faire cie la peine, de calmer la colère, de chasser Les désirs desordonnes. 4. La musique comme adjuvant fhérapeutique [semble possible, dans ces conditions, de rattacher au premiers thagorisme les témoignages qui nous momrent Gorgias lire on ms # Diogène Laërce, VIII, 47-58. Y De Vogel, op. il. p. 231. % Jamblique, We pvihagorique, 163-166 {Dicls Kranz : cicnne, frg. D 1; Dedeep. 592-593). % Porphyre (v. P. de Péibau:

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Joël 1 médical de la rhétorique, si l’on veut bien admettre que la rhétorique ne pont pas être séparée de la musique et de la poésie (Homère et Héone}. Le chaut e:t, pour les Présocratiques, très proche de la parole, et la parole est un instrument de persuasion indispensable pour les médecins, quand ils rencontrent des patients rétifs. Une anecdote de Gorgas, que rapporte Platon , révèle que la parole est absolument nécessaire, dlans certains cas, à l'administration des soins : Gorgias raconte en effet: « H nr'est souvent arrivé d'aller, avec mon frère ou avec d’autres médecins, chez des malades qui ne voulaient pas boire le remède vu sc prêter au Inécdecin pour une incision où une cautérisalion : alors que le médecin ne pouvait les convaincre, j'y parvenais en utilisant sculicment la rhétorique » (Gorgias. 456 b). La rhétorique, chez les Présocratiques, utilisait tout autant les ligures du disconrs que celles de la musique et du théâtre, I est donc possible que lx musique fût pour eux un moyen de conjurer la peur du paticut, de façon à lui faire accepter des soins douloureux. Dans son Elo“e d'Hélène, Gorgias analyse l’efficacité psychiatrique du discours poétique en des termes qui préfigurent étonnamment la catharsis musicale aristotélicienne : « LÆ discours est un Lyran très puissant : cet élément matériel d’uue cxtrême potitesse et lolalement invisible porte à leur plénitude les oeuvres divines : car la parole peut faire cesser la neur. dissiper le chagrin, exciter la joie, accroître la pitié. Comment ? C’est à l'opinion des auditeurs qu’il me faut le montrer. Je considère que toute poésie n'est autre qu'un discours marqué par la mesure, telle est ma définition, Par chle, ic auditeurs sont envahis du frisson de la crainte, ou pénétrés de ct pitié qui arrache les larmes ou de ce regrer qui éveille la douleur, lorsque sont évoqués les heurs et les malheurs que connaissent les autres dans Icurs entreprises ; le discours provoque dans l’ämne une affeclion qui lut est propre. Mais ce n'est pas tout ! Je dois maintenant passr à d’autres arguments, Les ipcantutions enthousiastes nous procurent du plaisir par l'effet des paroles, et chassent le chagrin. C'est que la lorce de l’incantation, dans l'âme, se mêle à Popinion, li charme, la persuade et, par sa ma&ie, change ses dispositions (..). LA CATHARSIS MUSICALE l [existe une analogie entre ft puissance du disconrs à l'évid d l'ordonnance de l'âme et l’ondonance des drogues à l'é ture des corps. De même que certaines drogues évacucnt certain x 24 meurs, € d'autres drogues, d’autres humeurs, que Les nnes Font la maladie, les autres la vie, de même il ya des discours qui althrreut d'auires qui enhardissent leurs auditeurs, et d'autres qui. avec l' maligne de Persuasion, metier l'âme dans ta dépendance 4le: gue et de leur magie »1? L'efficacité psychiatrique du discours poétique serait ainsi liée 1 son Caractère mesuré el musical, qui permettrait de réveiller cer affections dans l'âme du patient (supposée matérielle connne be cours} ct, en les réveillant, de les purger. Aristote hériterait ainsi un longuc tradition présocratique en décrivant l'effet cathartique de ta tar gédie (La poétique). en évoquant la musigue comme une « médi de la peine due aux dures hesognes » (Politique, 1339 b 16). en pré à Sant sa capacité à modifier les dispositions éthiques grâce à une ini: tion produite dans l'âme (1340 a 20 sq.) el en distinguant les mé éthiques, actives et enthowsiasmantes (UX41 h 44), Les trois | vpes ir mélodies peuvent avoir un usage médical, de même que le dise rythmé chez Gorgias. Les « incantations enthousiastes » de Gorgi joignent les « mélodies enthousiastes » d’Aristote : les entendre prn à d'être « habité par le dieu » (suivant l'étymologier, c'est a-dire dev cevoir un remède et de trouver vu retrouver une harmonie pour À corps ct pour l’âme. On pourrait donc lire comme un témoignage présocratique. pythagoricien, la conclusion d’Aristole sur le rôle puriticateur Musique, dans sa liaison avec la poésie cl le théâtre : « La passion qui assaille impétueusement certaines mes ge ren. contre dans loutes, mais avec une différence de moins et le pl la pitié, la crainte et aussi Penthousiasine, Eu effet, coitains son sédés par ce mouvement, mais nous voyons que € # Diels-Kranz : Gorgias, fre. 1 LL 8&S 8-14 trad. Detattre.

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cours aux mélodies qui jettent l'âme hors d'elle-même. ils sont ramcenes, du fait des imlodies sacrées, à leur état normal. commine s'ils avaient pris un remède et subi une purification, C’est donc Ia même chose que doivent subir ceux qui sont pleins de pitié aussi bien que veux qui sont remplis de crainte, et d’une manière générale tous ceux qui subissent une passion ct ious | autres da Et mesure où chacun à “a part dfans de telles passions, et pour lous il advient une certaine puilicationt, c'est-à-dire un soulagement accompagné de plaisir » Lat comparaison de la musique avec ur remède médical n'est pas purement extérieure, mais elle signilie précisément que la musique à un pouvoir cathartique réel dans le domaine psychiatrique. Aristote Dourent don: bien conseiller le spectacle musical, religieux où profupe. conne médecine préventive. Curgtas ct Aristote nous révèler: ient ainsi chez les premnicrs Pythasorciers tte liaison profonde entre la rhétorique, la musique et I mé. decine. Lam étre utilisée suivant une codification précise (comme les médicaments}, cn Fonction du type de mélodie ou de rytlune. et en Fonetion du onblé psychique du patient. « Dans le cas de certaines maladies de Une, [les lythagoriciens| recouraicnt aux incamations. Ils prélaient aiieurs à la musique de grands pouvoirs sur la sunté (hvgei. à condition qu'on en usÂt selon les modes (tropoi) convenables"2. ls pe nésliseaicnt pas non plus la iccture de passages choisis tant d'Homère que Tésiode, pour restaurer l'harmonie des âmes »%. Lille 4 de plus Publié non négligenble d'un adjuvant thérapeutique pour les soins médientx lourds et difficiles, où elle joue Ie rôle d'un instrument de porstasion et d’un médicament calmant, antalgique, antiphobique, ancsthésique. Aristote, Les politiques, VIH, 7, 1341 4 5-15, rad, Pellegrin. LA CATHARSIS MUSICAL: 1° C'est sans doute dans ce cadre médical Qu'il laut compre ndre l'es licacité éthique de la musique, capable selon les premie r: Pythiasoni ciens d’influencer et de modifier les Comportements humains. 5. L'efficacité éthique de La mu que L'action thérapeutique de ta musique sur l'âme et. par là. at be COTPS, NOUS permet de comprendre également son effet psychologique sur l'individu en général, et pas seulement sur le malade, La rousique agit sur Les dispositions psychologiques. modifie ce que Findividh res sent et le pousse à certains comportements et à certain s actes. L’harmonie musicale peut induire un étfos partic uber chez l'in vidu à partir du moment où, par sa propre forme (eidos), elle imite olle-même parfaitement cet éhox (d'oû | Importance du tent artis tique). et parvient à s’insinuer dans le Corps par {es pores appropriés. A ce moment l seulement elle est enteudue. et. en occupant de plus cn plus Pintérieur du corps - tout à l'écoute - : Elle se répand en lui jusqu à en aire partie intégrante, au sens où le HIOUVE MENT SONOrC cxférieur Lie nit par mcttre en branle les parties essentielles de l'organisme, et a ie difier par [à la tension harmonicuse du corps par l'âme. [l'est important de remarquer ici que ce n'est pas nécessairement Par une compréhension intellectuelle que l'harmonie influence Pin: Vidu. mais aussi et surtout par son action physiologiqu e, qui provoqu: des mouvements corporels particuliers. Le témoignage de Galien sur Damontt le confirme : lorsque Faute (C passe du trope phrygien au dorien, c'est Ja folie, le transport, le mou vement heurté des jeunes gens qui cesse, mais cela ne siuni qu'ils se soient mis à raisonner : « visiblemen t ile n’apprenneot rica auprès de l’aulèmatique quant aux opinions de leur faculté rationnelle. mais puisque la partie affective de leur âme est irratio nnelle., ils son: réveillés ct ealmés au moyen de mouvement: irrationnels » *Théophrase aurait repris cette conception dans un traité De la musique cniros livres. el. l'édition de ses ocuvres pur E Wimmer, Paris, 1266, p. 425. tambtique. WP 164: DK : Ecole Pyth., DT. “CT. Gialien, Des dogmes d'Hippocrate et de Plat, (Dicls-Kranz : Damon, fre. A2; Delautre NASA.

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Autrement dit, le trope phrygien est l’imitation de l'irrationnel et, un l'autète en joue, elle insinue chez ses auditeurs un sentiment it dans le cas d’une mélodie active. le corps est poussé à F'actionr: dur. dcas d'une mélodie éthique, la disposition du caractère est e/rér ée.. I est donc globalement possible de parler dune cfficrcit « éthique » de la musique chez. les Prthagericiens, La notion d'évée esl en eflet 15se7 large : to éthos signilie originellement ctunre. ns se. labitude, ce qui peut désigner dans l'art des sons à fa lois Une pr sée, Un son, une valeur, un style (iméloulie, harmonie, rythme, irope, nes me...), un geste, un intervalle. en réa té, tonte ligure suscepiin l d'arriver à la conscience, à fa perception ou à Faclion, par nature te: dans un processus physiologique unique. L’ érhos est en quelque sat saliounel qui chasse les autres sentiments ; C'est alors une srimèsis népaire qui s'opère ;‘ mais quand clic joue ensuite du dorien, elle leur Eat re sentir de façon inconsciente leur caractère irrationnel, qui esl alors purgé de leurs mouvements : c’est ainsi une catharsis posilive qui s'opère. Le trope doricn ne se contente pas d’imiter un comportement micauré, que des ivrognes ne pourraient même pas entendre, il imite au contraire un comportement démesuré, mais cherche à faire éprouver de la pitié où de la phobie pour ce caractère. L'efficacité du dorien vient de ce qu'il imite un comportement démesuré, et qu'il fait imiter Ex phoie et la pitié par les auditeurs. Le témoignage de Boëce sur Pythagore”, qui tempère l'âme fuHouse d'un adolescent, va exactement dans le même sens. Le plus important rest pas d'attribuer ces anecdotes à Pythagore, à Damon ou à quelque autre sectateur pytlragoricien, mais de reconnaître leur parfaile convergence avec l'idée pythagoricienne de catharsis, encore présente chez Aristote. Outre les témoignages de Galien et de Boèce, nous trouvons égalewent chez Athénée#® une confirmation du fait que la musique et fa dan«0 influencent le caractère de l'âme en lui inprinant un certain monvement. L'idée d’un effet irrationnel de la musique sur les mouvements et le comportement apparaît également dans l'utilisation de la crécelle L'Archytas pour calmer les enfants!?. Les notions de catharsis, de mimèsis el de kinèsis sont donc étroitemont fiées darts le domine musical. Ein effet, le musicien est obligé de créer un aouvement sonore particulier pour imiter un caractère, puis il provoque une imitation de ce caractère par l'auditeur en stimulant chez loi des mouvements de mime (résultant de la propagation sonore). Dans le cas d’une mélodie enthoustasmante, l'âme est transportée par un dieu ; une disposition où habitude, qui devient inhérente à âme on an cor grâce à un mouvement d'intégration passant par l'écoutc. C'est pourquoi la notion d'éthos finit par désigner un compare ment humain, et le caractère de ce Comportement Elle est donc étroite ment liée à l'idée d'action ou de mouvement, C'e qui veut dire que dir. les Pythagoriciens, l'éthique musicale est À rapprocher de l'acoustiquu et de la physiologie de l'audition. La raodification de la disposition harmonieuse du COrps et de sr: action est toujours un processus dynamique, qui réagence çc qui est cé Jà agencé, ct crée par cette modification un mouvement. De sorts qu il ne faut pas réduire l'efficacité éthique de la musique à la seule intita tion d’une harmonie musicale par l'âme. Comine si Pâme pouvant, nes giquement, reproduire une représentation lidèle le l'harmonie sone sans avoir été touchée, d’abord, par son mouvement ! Cette explicatio n: < théorique » de l’imitation éthique ne tient pas debout par rapport à l'explication physiologique. Il Faut renoncer aux innombrabies corn. menait qui expliquent la modification éthique de l'âme par une ini lation quasi-piclurale d'un éthos, lui-même représenté picturale ment par une harmonie, elle-même réduite à son Cxpression mathématique. C'est ce que confirme justement Aristide Quinülien au sujet de Ha monté * LE NC sont pas seulement les harmonies qui fagonnent le car ère, mais aussi les mélodies, paroles, chants. intervalles. lropes... brel. * Damon, Fr. À 2. 6 Damon, lrg. BG. Archylas, fre.it À 2 ct A 10. # Damon, frg. B 7.

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lens les sons poss bles, ct tous les éléments concevables pour une composition musicale, Le plus important est d’administrerÀ chacun lélémont musical qui lui convient, de Façon à exagérer en lui un éthos : le curaclére adaplé (kairos, petteia) de ce processus dynamique cst la condihon de son succès. comme le montre la remarque prêtée par A.OQuinilien à Damon : « selon l'éthos de chaque âme. il y à une harsuite de Platon, est un héritage pythagoricien, Ainsi, (e LLHNETS DIR ENTES d'utiliser les harmonies éthiques pour l'éducation, mais les harmeni 2 actives el enthousiasmantes pour les situations où l'on écoute les ar res jou er, il se réfère aux philosophes" gui se servent de ces 1vpee € mélodies et en sont lc “experts#” : on peut fégitimement SPC! qu'Aristote cnvoic ic , Comme Socrate à l'expertise axiolosique wionie qui lui cst utile »1°, Cela vaut évidemment pour les tropes® et pour les rythmes”! dont Damonétait également spécialiste. 1 est done vraisemblable que l’explication de l'éthique musicale par le mouvement sonoret corporel soit une théorie remontant au prenuer pythagorisme, et qu'elle soit étroitement liée avec la catharsis reliicuse, médicaletartistique. Dans ces conditions. il reste à déterniiner par quels moyens la musique peut opérer cette purification et ec façonnement de l'éthos. 4. Le Façonnement de l’éthos par la musique Aristolc pourrait bien avoir été influencé par Damon lorsqu'il dit que “c’est dans les mélodies elles-mêmes que sont les imitations des dispositions éthiques (uuñnata tv 6@v) "2. Comme le montre G. Romeyer Dherbey®?, cela signifie que les arts liés à la vue et au toucher, Comme la peinture ou la scuipture, ne peuvent fournir au maximu que des signes ressemblants (ornea) des dispositions éthiques dandis que la musique, liéeà loue, est la seuleà contenir des équivalents d’éthos (Gpotwpe), qui provoquent un mime de ces dispositions dans l'âme de auditeur’ La liaison entre l'éthique et la musique, effectuée par Aristote à la 1 Damon, fre. B 7. Damon, frg. B 10. SÙ Damon, fre. B 9. Aristote, Poliique, VIH, 5, 1340 a 40. 3 G. Romeyer herbey, 1994, p. 75-78. “TG. Romeyer Dherbey, loc, cêt. p. 76. Damon’8 Par conséquent, loutes les harmonies auraient le pouvoir de susciter un éthos dans l'âme des auditeurs, mais seulesÀ certaines lagonnmert un éthios utile à l'éducation. En particulier . l'harmonie dorienne est rec. nue par “tous” comme utileà former le courage des]Jeunes gens. et laut également admettre “toute autre harmonie& qu'approuveraient pont nous ceux qui ont part à l'étude philosophique et à Péducation musi-e le” (1342 à 31-32). La musique détient donc bien un pouvoir éducatil parce qu'elle permet de former léhos, non seulement des enfant, «4 des jeunes gens, mais aussi de tout homme qui aurait besoin d'Mre in. focmié par un nouveau comportement. Aristote semble ainsi traduire une conception pythagoricienne: quand il commente le rôle de la crécelle d'Archytas de ta laçon sui vante: parce qu'ils ne savent pas rester en repos, “cette crécelle of appropriée aux petits enfants qui ne parlent pas Encore, nn est une crécelle pour les jeunes gens plusâgés” (1340 b 24.4 contre, l'usage de laulos aurait été proscrit par les “anciens” ne le ducation des “jeunes gens” et des “hommes libres ?, parce qu'il empr che de recourir au langage” (1341 à 18-27) : pour l'enfant qui sait pa parler, c'est plutôt en chantant et en jouant de la cithare, nous dit Da mon, qu'il pourra nous montrer des signes extéricurs irrétutables 1 onLUvE EL) de sa disposition éthique. Id, ibid, p. 74-78. 56 Aristote, Politique, VUL, 7, 141 D 332 145a 4, ST Aristote se réfère explicitement {1342 à 44) aux conceptions deSocrte dans la République, % G. Romeyer Dherbey, ibid, p. 76. %Archytas, fre. À 2 et À 10.

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Joël FiciARt Le pouvoir lormateur de la musique doit donc étre utilisé à bon cscient, en particulier en fonction de la valeur de chaque harmonie el de chaque: instrument, ainsi que de l'âge de la personne à former. L'éthique musicale pythagoricienne, dont Platon et Aristote ont hérité, est é de classification essemtiellement une axiologic, un discours ra Ce pouvoir éducatif réel, Ce des éléments musicaux en fonction de leur n'est pas un hasard, dans ces conditions, que Nicias loue la capacité de Damon à discuter avec les jeunes gens “sur le caractère valable (ru caractère ou de comportement chez l'auditeur Damenr ke: dit éburc 2 fErov} de tout ce que tu voudras”% : l'éducation doit enseigner non seulement la vertu en général, mais aussi le rapport des différents éléMONS MUSICAUX AUX VErTUS NÉCESSAITES, 7, Développement et manifestation de l’éthos Les pouvoirs formalcurs particuliers aux sons musicaux son£. de la sorte, reliés à une exigence plus générale de l'éducation : celle de pousser Phommie à manilester par ses actes et par Sa parole la présence dune vertu où d’une disposition éthique en lui. La musique est ici un art privilégié, cu ce qu'elle donne un signe extérieur certain de Ha vertu : à partir du moment où le son s'extériorise daus le chant où dans l'instrument, l'éthos qu'il exprime, au sens premier du terme, se manifeste de manière certaine. La liaison entre l'éthes ct sa manifestation sonore est tin critère de réussite de l'éducation. Car les “sons de la mélodie continue”, nous dit Dameont!, poussent l'éthos “hors des profondeurs internes” : s'il était inexistant, il est créé et façonné (mAñrrouot. fo) de toute pièce par {1 niustque ; s'il était caché, la musique le “fait sortir” et l’exagère (8Ett- Fovotv). ment®? : de tous les arts, c'est F1 musique qui “eréc la disposition EL plus harmonique et la plus rythmique” Grive Étv rousse Mopovesenrc nv), el par cetie “création” se “manileste (CYRCUT TEE Tv AGL OupuwTÉ veoOur) la vertu (pet) sous ses trois aspects cardinaux : ke comtage. bon sens el la justice®?, De ce point de vue, l’art le plus proche de la mnsique est. scton Da mon, fa danse, Certes, elle ne manilesté pas Véthos par te monsvonin de la voix (harmonie). mais par le mouvement du corps (rythme Mar. nulgré cette différence, elle est comme le chant ime manilesiation € st dente de la disposition interne de l'individu : celui qui n'est pas est mé” intérieurement de façon harmonieuse à de ce lait une mauvars “disposition” éthique, et les mouvements exlérienrs qu'il aceomplie: seront nécessairement arythimiques et dysharmonieux. Tel est le car par excmple, des jeunes gens enivrés que Damon aurait calimés en Bu sant jouer du dorien à l’aulos : alors qu'ils étaient en train F'accomple “certaines folics” dans un “mouvement heurté”, les voilà calmés et ra menés à la raison®. C'est pourquoi Damon rapproche la danse du chan: ces manifestations cxternes de l’éthos sont produites par la même enr qui est le mouvement interne de l'âme : si celui-ci est “franc cher” la l'orme de la danse ou du chant lui sera identique. Mais est hnpost ble qu’un beau chant ou une belle danse corresponde à une âme loide Le danseur et le chanteur se révèlent tout entiers dans leur mouvenrvu {corporel ou vocal), qui est le mime exact de leur état d'âme. Colt mise à nu des profondeurs internes est Pun des moyens indispeusalte de l'éducation, ct le seul critère de sou aboutissement. Mais ce que Damon met ici en valeur, if n'est sans doute pas te «e ni pythagoricien à lavoir dit. Une anecdote semblable à celle de Damon: La musique (harmonie, rythme, mélodie) a donc, littéralement, un pouvoir poétique qui lui pormet de créer des formes particulières de 62 Damon, fre. 1 4, 64 Damon, frg. B 4. 62 Damon. fre. À L 65 Damon, dre. B 7. 6 Damon, fre. À 8. 8 Damon, frg. B 6.

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calmant es ivrognes est attribuée par Boèce à Pythagore . Lorsque Cinias “se caline” lui-même avec sa fyre, donc certainement en chantant, C'est pour Combaltre une mauvaise disposition éthique acompagoée donc “agitalion intérieure sr be plus, l'argument du rythme (de la danse où du chant) nous rappelle la Tison du pythagorisme avec un atomisme sans doute très anicon. El ce n'est sans doute pas un hasard si Dénmocrite formule à ce suet des propositions de 1ype pythaporicien, qu'il semble hériter d'une période encore antérieure à celle de Socrate : “Si nous permetions aux enfants de ne pas s'extérioriser en se donnat du mal, ils n'apprendront ni ta lecture et l'écriture, ni la musique, ni la compétition sportive, ni ce qui par-dessus tout renferme la vertu, à savoir le nsspect. Car c'est bien de tout cela que naît le respect” (fre. B 179). “Naure el éducation sont choses très Voisines. Car il est vrai que l'éducation transforme l'honune, et cette transformation confère à Phone sa nature” (fre. 13 33), Démocrile présente ces assertions comme des évidences dont îl n'est pas l’inventeur, el qui seraient susceptibles d’un large consensus ‘c'est bien de tout cela..." ; “est vrai que..”}, ILen ressort que la musique nécessite de la part de l'enfant un effort d'extériorisation de ses dispositions éthiques, et qu'à cette école d’écoule et de vertu vocale et gymnique, il apprend en même temps à se comporter harmonieuse uen ct à respecter les autres. Connne le montre P. Sauvanel®, kr translormation opérée par Péducation joue, chez Démocrite. sur la notion de rythme. Former l'honimie tes rien d autre que de “façonner”. conne dirait Damon, un nouvol éhos : c'est-à-dire, en suivant le vocabulaire atomiste, de créer un nouveau rytlune dans fa disposilion éthique de l'auditeur. Le change- 66 Danton, fre, À &. 57 (inias. Pre. 4. Nous suivons li traduction de D Delattre {p. 801 ct 891). SP Sauvanet (1909), p. 46-50, LA CATHARSIS MUSICALE ment de forme de l'individu se manifeste dans sa progression r mique. Comme le dit P. Sauvanct, “ Ühonnume ainsi transtonné ii si “rythmé”. est pleinement homme" 8. Le rôle formateur de la pratiqne inusicate Le rôle de li musique dins la formation de l'homme n'est don pa secondaire et superflu, mais fondamental el essentiel, à partis du va ment où, sans elle, l’homme ne saurai acquérir les disposition : éthiques qui l'ont son humanité et qui lai permettent de vivre eu soc LÉ. En tant que formatrice de dispositions et de mouvements harer: nicux, kt musique est le moyen éducatif par excellence, et le paradis de toute formation continue. Mais par le mot de “musique” il faut bien entendre, comme nu: venons de Le vair, la pratique du chant, des instruments et de la den Sans cette pratique, l'éducation se priverait le ses moyens essentiel. c1 irremplaçables de formation éthique, car elle ne pourrait pas influence: Les mouvements du corps et de la voix conjointement à cenx de L'üru Une vertu purement intérieure n’est rien, La seule vraie vert est cell qui se manifeste dans nos actes de l'açon certaine : c'est ce que me en évidence la musique et F1 danse. On ne saurait donc admettre que les premiers Pythagoricier sent reposer l'éducation musicale uniquement rue l'harmenique: où v mathématiques : il s'agit À d’une interprétation Sléréotypée qui ne siste pas à la lecture des textes anciens. Elle se l'onde le plus sou sur un préjugé en faveur de la dialectique socratique, consée être sp ricure à la métaphysique pythagoricienne du nombre conçu comm cause naturelle, C'est ainsi qu'E, Moutsopoulos réduit Fenseignemen musical des Pythagoriciens à une “initiation” orphique. revenan : “wansmeltre”, purement et simplement, le secret de la Tétraktvs et ol la fonction cathartique de lt musique’!. MP, Sauvanct, fbid., p. 48. EE, Moutsopoulos (1939), p. 171-174.

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Fin réalité, la dialectique est certes une partie importante de lharmonique et de la rythmique. Mais, bien qu'elle soit très importante cour Ja focmation théorique de Fhomme, ile s'avère insuffisante pour at formation sensible, et très insuffisante pour sa formation éthique. Uolle-ct passe nécessairement, pour les premiers Pythagoriciens, par une pratique effective du chant ct des instruments, en vue d'acquérir par le mouvement vacal ct corporel les habitudes qui fondent une exisiencc morale. C’est particulièrement le cas pour les enfants, qui man‘juent cncore de “rythme” éthique. ‘ L'expression latine “éducation musicale’ nc correspond pas bien à cette pédagogie pythagoricienne, car elle évoque l’idée d'un cursus, au icrme duquel l’homme deviendrait ducte et adulte, en passant non seul'âme que la musique exerce une réelle fonction lormatrics, avant x me que les jeunes gens ne veuillent et ne prissent accéder au stade re lement par la connaissance de la musique, mais aussi par d'autres comissances non inusicales. C'est en fait l’idée du quadrivium, que Bocce formula à partir d'un résumé de l'/ntroduction arithmétique de Nicounaqgue., Il s'agit d’un ensemble de disciplines fondées sur La valeur ontologique du nombre : géométrie, arithmétique, musique, astropomie. Roëce valorise ces disciplines théoriques et méprise par ailleurs le jugement de Poreille et lactualisation pratique de la musique. Cet idéal néoplatonicien de formation théorique ne correspoml gas à li formation esthétique et pratique exigée par le pythagorisme. Pour les premiers Pythagoriciens, il vaudrait mieux parler d'une “anagogie”, où d’une “formation permanente par la musique”, plutôt sue d'une “pédagogie musicale”. Car la musique n’est pas seulement sc discipline parmi d'autres, utile à la conduite des enfants vers l'âge tionnel de la science musicale”. Cela reste vrai après l'enfance pour certaines personnes, si ler: souvicnt de à phrase d'Aristote : “Péducalion est une erécelle pour le jeunes gens plus âgés”. Le législateur prend alors Le relais du pédain gue dans l’arraisonnement des hommes encore déponrvus de rvthine intérieur, C’est ici qu'intervient la nécessité d'une axiologie nutsis En effet, la puissance de formation éthique que détient Br musion est en même lemps un danger polentiel, car une utilisation trraisonue de cette puissance pourrait très bien faire échoucr la formation 4 homme, en lui inculquant de mauvaises habitudes, Si la musique put former le bon éthos, elle peut aussi le délormer et le rentre mia Elle ne peut donc constituer un moyen de l'ormation acceptable que: Auiremont dit, il est nécessaire de construire une axfologie perte tant de définir la valeur éthique de chaque élément musical : non ce lement la composition de Pharmonie. du rythme et de la mélodie, nr: aussi l’utilisation des instruments ou de la voix, et les conditions prit: culières de leur utilisation. Partant de ce programme, le problème essentiel que renconte Liv flexion philesophique des premiers Pythagoriciens est de pouvoir di: criminer les éléments musicaux favorables à la formation éthique. ci ceux qui lui sont défavorables : existe-1-il des critères axiologique: sonnables, pour ce qui rest qu'un mouvement sonore presque mdur | mûr, mais elle est le moyen essentiel de la formation individuelle, tant Sthique que Ihéorique, et cela à n'importe quel âge. La musique est donc un art qu'il laut pratiquer, si l'on veut en tirer un usage éthique dans la formation de l’homme civilisé. Cet art se londe certes, en partie, sur une science. qu’il est utile de maftriscr pour devenir un très bon musicien, Mais en lant que moyen de formation éthique, la nuisique n'est qu’un art, et non une science. Damon est bien conscient qu'elle agit sur les jeunes gens en façconnant chez eux des dispositions éthiques qu'ils ne possédaient pas. et qu'ils ignoraient néccssatéemeont, à cause de leur âge. C'est sur la “partie irrationnelle” de ct son pouvoir est soumis à une règle morale, 9. La valeur de l'éthos dépend de ce qu'il mime Quelle que soit la partie de la musique à laquelle ou fait attention, 1 imporie d’abord de remarquer que l'éhios qui dott lui &re lié sera mou seulement une disposition éthique (ÉEig), mais aussi le monvement 72 Diunon, fre,

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# résulte : das est en effet essentiellement un comportement, tout te et Platon ne font d'ailleurs qu'hériter de &e concept particulier, an quel ils impriment leur marque propre. La simésis a en effet deux st gnifications complémentaires, dont les philosophes ont fan différent. usages : soil une énitation (pointure, sculpthhie), SOÏC Nr a'énie Cons sique. danse). Pour les Pythagoriciens prévalait exclusivement li notion de ain dans l'explication de l'éthique musicale. Ce n'est pas en dépeignant ti éthes que le chrnteur ou le danseur l'acquièrent, mais en aecemlissent son mouvement, jusqu’à ce que cela devienne pour eux une habite (ÉEig). La mimésis est un kinésis. el non pas simplement, comme Îc pre 4 une Ki morale évoque nécessairement les moeurs. L'A06: façonné par la musique est done précisément, pour les preiuiers Pythagoricièns, une action dont on peut juger la valeur. Nous duos vu on eflet que là musique et la danse rendent absolument maniLe, par la forme de Icur mouvement, la présence d’un éthos particuher chez le nuisicien ou le danseur, Dans cette action se situe donc. à piopriment parler, un mime de F'éthos. xpliquons-nous. Par mime”, nous entendons bien ce que les Grecs, d’Eschyle à Aristote, appellent uiunoig. La traduction habituelle de ce tot par “ représentation" où 1H“imitation” nous paraît en effet ucenher l'idée de mouvement. qui lui est pourtant essentielle, C’est pourquoi 1 semble préférable de traduire püunoig par mimel3. On évitere st de nombreuses erreurs et tergiversalions dans la lecture des lextes anciens, C1 ce qui était, pour beaucoup de commentateurs, un problème cpineux, deviendra une théorie éthique parfaitement claire. G. Romeyer Dherbey montre clairement” que chez Aristote, la miesis propre à la musique n’est pas un signe extérieur (onariov), mais un équivalent (dnoioua) de l'éthos. Plusieurs conmentaieurs” remarsent de même que chez Pluton, la mimésis de la musique et de fa danne chetchait pas, comme la peinture et la sculpture, à copier le réel, tnais à lc ovensposer, à le rendre présent dans l'âme de l’auditeur’?, U Faute même dépouiller la mimésis de son aspect imitatif et picHual, pour mieux comprendre son sens chez les Pythagoriciens. AristoL'inconvénient principal de cetie traduction est que le mot grec corFsporeant est exactement HEUoG et non pas pipnog, Mais cet inconvénient est unie (GS deux mots proviennent bien de la même racine), et il s'évanouit complétement face aux avartages qui en sont le revers, 6. Bomcvyer Dherbey, op. cit, p. 73 ct 79. FF CE notamment HE Koller (1954), p. 22 passim : P. Moraux (1955), p. 3Moutsopoutos (19595, p, 248 : LL John (1962), p. 69-70 : D, Babul 11985), p. 72-92, Le not freprésemtation” est donc une traduction acceptable de mimésis, a édition de le prendre en sons xens fitiéral, c'est-à-dire : l'acte de rendre presente dans l'esprit une chose qui lui était extérieure : c’est en quelque sorte 2: tendent certains commentateurs, une théorie lou une phattasie. Aristide Quintilien semble s'inscrire directement dans la perspectve d’Aristote et de Damon en disant à la fois que limitation nous s41 naturelle dès l’enfance?”, et que l'effet éthique de la mrimésis musicale résulte, non pas d'une forme statique, mais d'un mouvement et d'un: la “réalité objective” de l’idée, dont parlera Descartes (à condition touwtelots di supprimer dans cclte expression toute connotation d'ünitution pictiralet. 77 Contre H. Koter (1954), P. Moraux refuse, sans arguments (1933, p.94 d'attribuer au pythagorisme la Hiaison éthoshmimésis, el prétend que € lénution artistique » liée à la tragédie antique serait un « plaisir d'ordre tmtell luel », n'ayant rien à voir avec la catharsis. Le même, J, Leur (1988) assinite la catharsis à un « plaisir cognitif » (p. 307). Ces assertions paraissent inaccep tables, aussi bien pour Aristote que pour tes Pythagoriciens et les dramatur: antiques (Cf, Moutsopoules, 1975). FR D, Babut (1985) avance avec raison que la smémésis de la danse et de Ha musique n'a rien à voir, chez Platon et Aristole, avec les imitations de x peint ation esthétique, où poicsis (GE As re, mtus qu'elle est étroitement liéc à la toile, Poétique, 1447 a-b}, et par là à la phantasia : nrais, sous prétexte ju" Arister te rapproche la poñesis de la philosophie, it réduit a notion de primésis iteelle de philosophie : conne Hésioce et Hormère, les musiciens auraient pone Seuf of: jectif d’imiter la voix des Muses.. comme si colle ct était une idée phitonicienns du mouvernent et de l'éfhes, et presque rien de la musique : on se demande cours ment il serait possible, dans ces conditions, de traiter correctement de krarimeits. #9 Aristote, Poétique, 1148 b 6 : “imiter cst en effet, dès leur enfance, une tendance naturelle aux hommes”.

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il Ton : les moyens par lesquels [la musique] réalise sa mimésis sont 1HËME CspCcCque ceux par lesquels les actions clles-mêmes sont ac- Références corinlies dans la réatté"%,Le drame et l'action sont d’ailleurs À. Barker, Greek musical writines. M Harmonie and acoustic Hrrx, Cambridge University Press, 1U89. synoets pour Aristote (Poétique, 1448 a). La valeur de l'éhos façonné par la musique dépend donc, non seulient de ce qu'il imite, mais de la façon dont il Fünite, L'éthos musi: fivest pas seulement un objet de contemplation destiné à un auditeur [ELRS ' ne, mais aussi Gt Surtout une action destinée au musicien et au dauseur Tout bonne peut et doit s'inscrire dans cette action pour anehiorèr son comportement, Tout homme doit être un acteur musical, -à-dire on même temps un mime. | Dans ces conditions, l'objet de l'axiologic musicale sera de détermiF. NON pas Une corrélation extérieure el conventionnelle, mais une ° iialuralié entre tel éléineni musical et tel os, M.L. Nardelli (1978) steve à juste Litre chez Philodème une ovyyévex pythagoricienne entre sléments de Ja musiqueet l'âme humaine : il faut ajouter aussitôt qu'il + agit pas d'une correspondance extérieure entre deux générations, + d'une seule et même génération ; la musique n'existe que si une perion auditive existe dans l'âme en même temps {comme nous le monlacoustique pythagoricienne). C’est donc en analysant la nature des aient puisicaux que l’on pourra déterminer leur valeuréthique. La musique opère donc bien une cathursis, selon les premiers Fytha21Ciens, grâce au mouvement sonore des harmonies, qui ébranle tout le coups de l'auditeur, et lémeut en son intériorité, C'est alors que l'audiet entre lui-même en action, et même une harmonie nouvelle, qui vient aplacer l'ancienne. Par ce mime, Et musique détient une efficacité réur Péfhos hunrain, qu'elle purifie de secs mouvements dysharmo1 x, La cafharsis se réalise ainsi moins par une copie de l'harmonie nuricale que par un mouvement interne harmonieux. où se montre la pu“ete de l'équilibre. Cette leçon, Aristote l’hérite des Pythagoriciens. Joël FiGari Aristide Quintilien, Meibom p. 86-57 {Barker p. 460-461). Voir aussi rene Fr N°7. D. Babut, “Sur la notion d'imitation dans les doctrines esthé ügues de la Grèce classique”, Revue des EtudesCGrecqnes, XCVHE, 1985, p. 72-92 W. Burkert, Weisheit und Wissenschafr. Studien zu l'vthagoras. Philoloos und Platon, Erlanger boitr. zur Sprach- und Kunstw., X. Cort. Nürrr berg, 1962 (texlc augmenté et trad,eu angl, Lore and science in an cient Pythagoreanisnr, Harvard Univ. Pr. C ambridge, Mass., 1972), J. P. Dumont, D, Delaure et alii, Les Présocrariques, La Pléiade. Gall mard, Paris, 1988. J. C. De Vogel, Pythagoras and his early Pythagoreanism, Anse. Vas Gorcum, 1966. H, Diels et W. Kranz, Die Fragmente der Vorsokratiker,3 vol. Bi in. 1901-1937 (rééd. Weidmann, Zürich. 1996). H. John, Das Musikerzieherische Wirken Fythagoras und Pomons. Das Altertum, VIII (67-72), Berlin, 1962. W.K.C. Guihrie, À History of Greck Philosophy, L The carlirr Pres craties and the Pythagoreans, Cambridge Univ. Pr., 1962. H. Kolier, Die Mimesis in der Antike, À. Vrancke, Bern, 14. J. Lear, “Katharsis”, Phronesis, N°33 (297-320), 1988 P. Moraux, "La mimesis dans les théories anciennes”. Les Ltudes «las siques, 1, 23, N° 1, janv. 1955. E. Moutsopoulos, La musique dans l'œuvre de Platon, PUF. Varie. 1959. E. Moutsopoulos, La philosophie de la musique dans la dramantreir antique, Herinès, Athènes, 1975 M. L. Nardelli, La catarsi poetica nel PHerce, 1581. Cronace Breolanesi, VU (96-103), Macchiaroli, Napoli, 1078. G. Romeyer Dherhey, « La noble rauure de Ki musique », dans Eeivcertion et philosophie, collectif, Paris, PUF, 1993. p. 75-78 {article re édité dans l'ouvrage du mére :auteur, La parole archaïque, PULE., 1999, pp. 333-347),

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