Mostrar texto completo29 páginas
Página 1
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)DAMMAM LP.
CHAPITRE IH
. LES SPHERES HOMOCENTRIQUES
CLE PROBLÈME ASTRONOMIOUE AU TEMPS DE PLATON
(Test un devoir d'étudier VAstronomie des réalités, l'Astrononrie
géométriques seule, elle peut dissiper les orvenis nées de T'Astro-
‚nomie d’observation, erreurs sicrilèges, puisqu'elles fiussent le
culte dû aux dieux; mo, elle prépure nos tines à la conte“mplation du Bien suprême en proposantà leurs méditations des vérités
“éternelles. Mais celte Astronomie géométrique, quelles règles
doivent présider isa construction ?
TE
Ces règles, Platon ne les formule en ancun de ses Dialogues :
mais il estaisé de les deviner en observant cominent
le Philosophe
procède pour ohtenir les propositions qu'il donne comme vérités
astronomiques étemellos.
È di
UE
L'Astronomie d'observation manifeste à nos yeux la trajectoire
de chaque astre sous la figure d'une spirale compliquée sà cette |
spirale, il faut subs titucr une composition demonvementssimples
ut, seals, seront considérés
comme réels, Ces mouvements simples ay
sont des rotations uniformes nutour d'axes convenablement choise, ae
sies. Ces rotations uniformes, les unes divigées de POrientà l'Occi- =
dent autour de l'axe du Monde, les autres del Occidental Orient.
autour d we axe normal au pl: in de l' deliptique, sont les objets que
Platon propose sans cesse á la meditation de ses disciples, en da
République, au Timde, dans lesLois, dans: l'Épinomide,
La règle, d'ailleurs, que Platón suivait sans la formuler en ses
LE SYSTEMS
Du MONDE
Página 2
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)CHAPITRE II
LES SPHÈRES HOMOCENTRIQUES
LE PROBLÈME ASTRONOMIQUE AU TEMPS DE PLATON
C'est un devoir d'étudier l’Astronomie des réalités, l’Astronomie
géométrique ; seule, elle peut dissiper les erreurs nées de l’Astronomie
d'observation, erreurs sacrilèges, puisqu'elles faussent le
culte dû aux dieux ; seule, elle prépare nos ames à la contemplation du Bien suprême en proposant à leurs méditations des vérités
éternelles.
Mais
cette Astronomie géométrique,
quelles
règles
doivent présider à sa construction ?
Ces règles, Platon ne les formule en aucun de ses Dialogues ;
mais il est aisé de les deviner en observant comment le Philosophe
procède pour obtenir les propositions qu'il donne comme vérités
astronomiques éternelles.
L’Astronomie d'observation manifeste à nos yeux la trajectoire
de chaque astre sous la figure d'une spirale compliquée ; à cette
spirale, il faut substituer une composition de mouvements simples
qui, seuls, seront considérés comme réels. Ces mouvements simples
sont des rotations uniformes autour d’axes convenablement choisies. Ces rotations uniformes, les unes dirigées de l'Orient à l'Occident autour de l'axe du Monde, les autres de l'Occident à l'Orient
autour d'un axe normal au plan de l’&eliptique, sont les objets que
Platon propose sans cesse à la méditation de ses disciples, en /a
République, au Timée, dans les Lois, dans l'Épinomide.
La règle, d'ailleurs, que Platon suivait sans la formuler en ses
Página 3
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)LES SPHERES
WOMOCENTRIQUES
Dialogues, il semble bien qu'il la deelarät avec précision dans son
enseignement oral.
De cet enseignement oral, l'écho est venu jusqu'à nous par un
chemin long et détourné; mais, par un bonheur singulier, nous
pouvons
marquer chacune des réflexions
qu'a subi s la grande
voix de Platon, sans qu'aucune de ces réflexions l'ait sensiblement
altérée.
Eudoxe, l'astronome de génie dont nous aurons à parler tout à
l'heure, avait
tracait
recueilli
les préceptes qu'en ses discours,
Platon
à Vastronome : ces préceptes, il les avait consignés dans
ses écrits.
De ces écrits d'Eudoxe, la règle platonicienne avait été extraite
par un
disciple
immédiat d'Aristote,
Eudéme;
celui-ci
l'avait
inserite au second livre de son "Aszzoroyrzz, 707% qui cut, durant
l'Antiquité, une grande et légitime autorité.
Cette
règle,
Sosigéne*.
philosophe
et astronome qui fut
le
maitre d'Alexandre d’Aphrodisias, et qu'il ne faut pas confondre
avee celui qui dirigea la réforme Julienne du calendrier, Sosigène,
disons-nous, l'avait copiée dans l'Histoire astronomique d'Eudème.
Simplicius, enfin, Pa empruntée à Sosigene et nous l’a transmise
en Pinsérantdans ses précieux commentaires an De Cielo d’Aristote.
Voici en quels termes se trouve consigné à deux reprises ?, an
Commentaire de
Simplicius,
admet en principe
le
précepte
platonicien: «
Platon
que les corps célestes se meuvent d'un mouvement circulaire, uniforme et constamment régulier [c'est-à-dire
constamment de mème sens]: il pose alors aux mathématiciens ce
problème :
» Quels sont les mouvements circulaires et parfaitement réguliers qu'il convient de
prendre
pour
hypothèses,
puisse sauver Jes apparences présentées
Tivwy dnotshévcwy ov Gualay vai
afin que Pon
par les astres errants ?
MIL) AD.
TETILVEWIY WIT EY
Ouvrir Dar, cd res Lsobs thavwusvous DANVOUEVE 5 »
Arretons-nous un
instant à ce
texte fondamental
et,
éclairés
par ce que nous savons des doctrines de Platon touchant la théorie
astronomique,
essayons de fixer les pensées qu'il suggérait aux
auditeurs du philosophe.
L'Astronomie d'observation nous montre que certains astres
1. Sur
ce Sosigene, voir: Tu.-H. Mantix, Questions conne.res sur deux Sosigene, Fun astronome
et l'autre périputéticien,
et
sur deux
péripatéticiens
Alexandre, l'un d'Égée, et l'autre d'Aphrodisias (Annales de la Faculté des
Lettres de Bordeau.r, Première année, 1879, t. I, p.
2. Simpuic la Aristotelis libros de Calo commentarii; in lib. U cap. XII:
éd. Karsten, p. 219. col. a. et p. 221 col. a ; éd, Heiberg, p. 488 el p. 493.
Página 4
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)décrivent dans le
ciel
COSMOLOGIE
des
.
HELLÉNIQUE
trajectoires
infiniment
compliquées
grâce auxquelles les ignorants ont donné à ces êtres divins Vépithöte sacrilège d’astres errants.
Mais ces mouvements variables et complexes ne sont que des
apparences (9201.22): au-dessous de ces apparences sont des réalités permanentes qui en sont les fondements (Sr6hecers).
Ces réalités
par la
permanentes, nous ne pouvons les
méthode
géométrique ; c'est
atteindre que
done au mathématicien que
doit être posé le problème de découvrir les monvements vrais; et
pour les
reconnaitre,
ces mouvements vrais, le mathématieien
dispose de deux caracteres :
En premier lieu, chacun de ces mouvements doit être un mouvement
circulaire,
toujours
de
même sens et
de vitesse
invariable.
En second lieu,
les mouvements
réels
d’nn
astre,
composés
ensemble, doivent reproduire le mouvement apparent donné par
Astronomie
d'observation ;
ils
doivent
sauver les
apparences
(cole 7% oarvémevs).
Ce problème que Platon propose,
sous une forme si précise,
aux recherches des mathématiciens, il n’en est assurément pas
l'inventeur; du jour où Pythagore a résolu la spirale compliquée
que le Soleil décrit chaque année et l'a décomposée en deux mouvements circulaires et uniformes, l’un diurne et dirigé d'Orient
en Oceident autour de l'axe du Monde, l'autre annuel et marchant d'Occident en Orient suivant Pécliptique, dès ce jour, disonsnous, les astronomes ont dû se proposer de sauver de la même
manière la marche de tous les astres errants, et peut-être Pythagore S'y était-il déjà essayé.
En tous cas, si nous en croyons Géminus, au sein de l'École
pythagoricienne,
à une époque qu'il ne précise pas, mais qui
pouvait bien être celle-là même où vivait Platon, le problème de
l’Astronomie
théorique
se
posait exactement
dans les
mêmes
termes qu'au sein de l'École platonicienne. Voici, en effet, ce que
Géminus écrit dans son Intenduetion aur Phénomènes d'Aratus \:
« Dans toute I’ Astronomie, on prend comme principe que le Soleil,
la Lune et les cing planètes se meuvent de mouvement cireulaire
et uniforme en sens contraire de la révolution diurne du Monde.
Les Pythagoriciens qui, les premiers, ont entrepris ces sortes de
recherches supposent eireulaires et réguliers les mouvements du
Soleil, de la Lune et des cinq planètes. Hs n'admettent pas que
1. Gesuni /sagoge in Pluenomena Arati, cap.A (Peravu Uranalogia, éd. 1630,
Página 5
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)LES SPHEHES
ces corps divins puissent être
HOMOCENFRIQUES
le
siège de
105
désordres,
tel celui
par lequel tantôt ils courraient plas vite, tantôt ils marcheraient
plus lentement, tantôt ils S'arrète “aient comme font les cing planè t
en
ce
qu'on
admettrait qu'un
nomme leurs
stations.
Personne,
en
effet,
homme sensé et d’allure bien ordonnée pùt
cheminer d'une façon aussi irrégulière; or, les nécessités de la vie
sont, chez les hommes, des raisons qui les obligentà aller vite ou
lentement ; mais aucune cause analogue ne se pourrait assigner
en la nature incorruptible des astres. Aussi les Pythagoriciens proposent-ils cette question : Comment peut-on sauver les apparences
par le moyen de mouvements cir :ulaires et uniformes ? »
Réduire le mouvement de tout astr
à être que
la résultante
d'un certain nombre de monvements cireulaires et uniformes, c'est
le principe qui, jusqu'à Kepler, dominera toute PAstronomie
; ce
principe était également admis, nous le voyons, par les Pythagoriciens
et par Platon; vraisemblablement,
c'est aux Pythagoriciens, et peut-être mème au chef de l'École, qu'il en faut faire honneur; mais, dans l'enseignement de Platon, ce principe se précisait
sans doute par deux restrictions et par une addition.
Ces mouvements circulaires dont la composition devait, pour
chaque astre, sauver les apparences, Platon voulait qu'ils enssent
tous mème
centre
et que ce centre commun des cireulations
astrales fût le centre de la Terre.
Peut-être devons-nous croire,
sur le témoignage de Plutarque, qu'il se repentit à la fin de sa vie
d'avoir admis ce principe et d'avoir attribué le centre du Monde
à la Terre; mais il est assuré qu’aucun de ses dialogues ne porte
la trace de ce repentir, et qu'en tous, la Terre est le centre des
diverses
révolutions
recueilli
les préceptes que Platon
célestes.
Ceux
qui,
tragait
comme
Endoxe,
ont
aux astronomes et se
sont efforcés de les mettre en pratique, ont cherché à sauver les
apparences offertes par le cours des planètes au moyen de mouvements qui, tout d'abord, fussent circulaires et uniformes, mais qui,
en outre, eussent tous pour centre le centre de la Terre.
Non seulement, en tous ses Dialogues, Platon mettait la Terre
au centre des circulations célestes, mais encore, nous l'avons vu,
il supposait la Terre immobile; au nombre des rotations réelles
qui devaient se composer entre elles pour reproduire le cours des
plauètes, il n'y avait done pas à compter la rotation terrestre.
Platon ne s'est pas contenté, semble-t-il, de restreindre par ces
deux conditions
la
liberté
la
se aux
mathématiciens dans le
choix des hypothé es destinéesà sauver les apparences ; il a, peutêtre, par nne autre condition, complété Pénoneé de ce problème.
Página 6
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)LA COSMOLOGIE HELLÉNIQUE
Théon de Smyrne nous
donne
le
renseignement suivant!
:
« Platon dit qu'on ferait un travail inutile si Von voulait exposer
ces phénomènes sans des images qui parlent aux yeux ». Ce dire
de Théon trouve une bien saisissante confirmation dans la construction du fuseau de la Nécessité que nous deerit Er, fils d’Armenius.
Vraisemblablement, done, Platon ne voulait pas que les divers
mouvements eireulaires qui se composent pour sauver le cours
apparent des astres se fissent seulement suivant des cereles idéaux,
inexistants hors de la raison du géomètre ; il voulait que ces mouvements
pussent
être représentés
par
des rofations de
solides
eonerets, susceptibles d'être tournés et emboîtés les uns dans les
autres comme
les gaines du
fuseau
Aviva, :
et,
lorsque au
Tonée ou dans quelque autre dialogue, il traite des mouvements
des astres, c'est toujours le mot de cercle qui se rencontre en son
langage, mais ce qu'il dit de ce cercle nous laisse bien souvent
deviner que son imagination le réalise
en
un globe
sphérique
solide.
La lecture de
mathématiciens
Platon conduisait done
à
formuler
tout naturellement
le problème
astronomique
de
les
la
manière que voici : Emboiter les uns dans les autres plusieurs
globes sphériques concentriques ; animer chacun d’eux d'une rotation uniforme autour d'un axe convenablement choisi; supposer
que le mouvement de l'orbe intérieur se compose avee les mouvements de ceux qui l'entourent ; combiner enfin ces mouvements
de telle sorte que la marche résultante d'un astre fixé à Vorbe le
plus voisin du centre
représente le mouvement apparent de la
planète observée. C'est sous cette forme que le problème astronomique donnera naissance aux divers systèmes de sphères homocentriques.
Ces
sphères homocentriques.
Platon
les
regardait-il comme
réellement existantes au sein de la substance céleste? N'y voyait-il,
au contraire, comme Théon de Smyrne semble l'insinuer, que des
représentations propres à seconder la raison du secours de l’imagination? Entre ces deux alternatives, il serait malaisé de choisir
en s'autorisant de textes précis; mais il serait bien étrange que
Platon n’ent pas mis ces globes solides au nombre des réalités permanentes que la Géométrie nous révèle.
1. Troms Suyexa
éd. J. Dupuis, p.
Opus astronomieum, cap. XVI; éd, Th.-I. Martin, p. 203
Página 7
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)SPHERES
107
Il
OW
EN ÉTAIT LA
SOLUTION
DANS
LES
DE
+
PRON
DIALOGUES
DE
i
ASTRONOMIQUE
PLATON
Que Platon regardat les sphères célestes comme des réalités on
comme des fictions, ilimportait peu au mathématicien: le problème
astronomique que le
philosophe lui proposait gardait, dans les
deux cas, la même forme ; par des agencements de globes sphériques, tous homocentriques à la Terre, tous animés
de rotations
uniformes, il s'agissait de saurer les mourements apparents des
astres crrants.
Ce
problème, jusqu'à
quel point la solution en avait-elle
été
poussée dans les Dialogues de Platon ? Elle y était, nous allons
nous en convainere sans peine, fort peu avancée.
A chacun des astres errants, Platon attribuait seulement deux
circulations uniformes ; l'une, la mème pour tous, dirigée d'Orient
en Occident, s'accomplissait en un jour autour
de l'axe de rotation
du ciel
des étoiles fixes;
l'autre, partienliere à chaque astre et
plus lente que la précédente, se faisait d'Occident en Orient autour
de l'axe de Pécliptiqne.
A quel point ce dispositif trop simple est incapable de représenter les mouvements observés, cela se voit si aisément qu'on
ne pouvait
Pignorer
l'avait reconnn,
au
temps de Platon;
Platon,
sans
doute,
et c'est ponrquoi il proposait aux astronomes de
rechercher des hypothèses plus complètes qui fussent en état de
sauver les apparences.
Considérons tout d'abord le Soleil.
H est bien vrai que la marche apparente du Soleil résulte de la
composition de la révolution diurne avec une cireulation annuelle,
d'Occident en Orient, accomplie suivant le grand cerele écliptique; mais il s'en faut de beanconp que cette marche se fass
avec une vitesse invariable.
Les deux équinoxes et les deux solstices correspondent à quatre
points qui divisent exactement Vécliptique en quadrants; chacun
de ces quadrants est
parcouru par le Soleil pendant la durée
une saison; si done la marche du Soleil était uniforme, les quatre
saisons auraient exactement la même durée. Or,
c’est ce qui n'est
point ; dès que Von a su déterminer, même d'une manière assez
Página 8
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)LA COSMOLOGIE HEL
IQUE
grossière, le moment où le Soleil atteignait chacun des solstices,
chacun des équinoxes, on à dû reconnaitre que les saisons étaient
notablement inégales entre elles.
Cette égalité des saisons était, alors que Platon écrivait, de
notoriété commune auprès des Grees. Selon l'Histoire astronomique d'Eudème, citée par Théon de Smyrne!, Thalès reconnut
le premier que « la marche périodique du Soleil par les solstices
ne se faisait pas toujours dans le mème temps », c'est-à-dire, à
n’en pas douter, que le Soleil n'employait pas, pour aller du solstice
d'hiver au solstice d'été, le même temps que pour revenir du
solstice d'été au solstice d'hiver.
Au temps mème de la naissanee de Platon, en l'an 432, la durée
des saisons avait été déterminée par Méton et par Euctémon. Les
évaluations d’'Euctémon nous sont connues par un précieux et
célèbre papyrus, connu sous le nom de Papyrus l'Eudore ou de
Didascalie de Leptine, et conservé au musée du Louvre; ce papyrus contient de nombreuses données relatives au ealendrier, les
unes dues à Eudoxe, les autres à Méton et à Euetémon, d'autres
encore à Calippe, disciple d'Eudoxe et ami d’Aristote, et à d'autres
astronomes postérieurs ?
Selon le Papyrus d'Eudore, voici quelles durées avaient, en
Van 432, les diverses saisons * :
Printemps.
.
.
.
|
.
.
.
.
90 jours,
Automne .
.
.
.
90 jours,
liver
.
.
.
92 jours.
Tagoxis Suynxæi
.
.
.
93 jours,
Liber
de Astronomia,
cap. Xt; éd. Th.-H,Martin, pp. 324-
325; éd. J. Dupuis, pp. 320-321.
2
Sur le papyrus d'Enlosre, voir :
Buaunet DE Preste, Notices el e; RAS de la Bibliothèque
du Roi, vol. XVIH,
2° partie.
A. Beckn. Ueher die vierjährige Sonnenkreise der Alten, pp.
Letnonne, Journal des savants, année 183
197-226.
Pauw TANXERY, Heck erulen sur l'histoire de U Astronomie ancienne, Chap. 1,
5 «t Appendie
: Traduction de la Didasralie céleste de Leptine (Art
dA UDOXE) (1 Monnier de la Société des Sciences physiques et naturelles de Bordean, he série,
(3.1893; pp
23-25
el pp. 283-294).
Brunet de Presle a donné à cet écrit le nom d'Art 'Euvoxe, traduction d’un
agramme des premiers mots, Letronne, qui Pa déchiff
premier, Pintit Didascalie céleste de Levtine
;
Paul Tannery a repris ¢
lit
Nos extraits du papyrus l'Eudo.re sont empruntés à G. SCHIAPARELLI, Le
sfeve omocentriche di Eudosso, di Calippe e di Avistotele [Memorie del
ht. Instituto Lombardo di Scienze e Lettere. Classe di Scienze matematiche e
naturali. Vol. XML (série IM, vol. IV); 1877, pp. 117-179] età Pouvr:
cité de P, Tannery,
3. G. Semaranerta, foe. cit, p. 162. Pavı. Tassenv, loc. eff, p. 294.
dessus
Página 9
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)SPHERES
HOMUCENTHIGUES
109
Vers le mème temps, Démocrite, selon le mème papyrus *, attribuait aux saisons les durées suivantes :
Printemps...
.
91 jours,
té...
.
.
91 jours,
Automne
.
.
liver...
Ces évaluations
modernes
.
.
.
.
91 jours,
.
92 jours.
n'étaient pas entièrement exactes; nos tables
montrent
qu'en
l'année
432, les durées
exactes des
diverses saisons, évaluées en jours et fractions de jours, étaient
les suivantes * :
Printemps...
Eté
.
.
94,23,
2.
.
.
.
.
.
92,01,
Automne
.
.
:
.
.
88,52,
Hiver
.
.
.
.
.
90,50.
.
Mais, bien qu’entachees d'erreurs assez graves, les évaluations
de Méton et d'Euctémon n’en mettaient pas moins en évidence
cette vérité : La marche du Soleil sur Pécliptique ne procède nullement avec une vitesse uniforme.
Pour chacune des cinq planètes, le défaut d’uniformité dans le
mouvement
propre,
Panomalie apparente,
se
marque
par
des
effets plus enrieux encore que ceux dont l'observation du Soleil à
livré la connaissance aux astronomes.
Le cours apparent de la planète résulte, lui aussi, de la composition du mouvement diurne avec un mouvement que les astronomes nomment mouvement propre. Selon le système de Platon,
ce
mouvement
propre
devrait se réduire
à une circulation
de
l'Occident vers l'Orient, accomplie avec une vitesse uniforme. Or
il s'en faut de beaucoup qu'il offre un telle simplicité.
Non seulement la vitesse de
la marche d'Occident en Orient,
que l'on appelle marche directe, ne se fait pas toujours avec la
même vitesse, mais à certains moments, le mouvement propre de
la planète
se de
se diriger de l'Occident
vers l'Orient pour
prendre la direction contraire, d'Orient en Occident ; la planète
rebrousse chemin, se rapprochant maintenant de certaines étoiles
fixes dont, par sa marche directe, elle s'était écartée. Cette marche
rétrograde se poursuit le long d'un certain ave de cerele, puis la
planète reprend la marche directe.
1. Pau Tannery, loc. cil., p. 294.
2. G. SCHIAPARELLI, loc. cit, p.
Página 10
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)LA COSMOLOGIE MELLÉMOQLE
Lorsque le sens du mouvement propre d'une planète vient ainsi
à se renverser, la vitesse de circulation change de signe en pa
ant
paria valeur nulle. Pendantun certain laps de temps, cette vitesse
demeure insensible et la planète semble garder, par rapport aux
étoiles fixes, une position invariable; les astronomes
de l'Antiquité
disaient alors qu'elle est séationnaire.
Platon avait-il connaissance des stations et des mouvements
vétrogrades des planètes? Il semble que Pon puisse conelure qu'il
possédait cette connaissance, et même d’une manière assez détaillee, d'un passage emprunté à la description du fuseau de la Nécessité, pourvu, toutefois, qu'on lise ce passage tel que Théon de
Smytne le rapporte *. IL y est dit, en etiet, que Mars « rétrograde
plus que toutes les autres planètes (2ravaxuxhoduevoy pdhvera Toy
dI 0) » ; et ce renseignement est parfaitement exact. U est vrai
que les mots 0572 cov Droy manquent dans tous les manuserits et dans toutes les éditions de Platon *, ec qui laisse planer un
doute sur la valeur de cette preuve.
En tous cas, lors mème qu'il went point connu les marches
rétrogrades et les stations des planètes, Platon savait que Vénus
et Mereure progressent tantot plus vite et tantôt moins vite que le
Soleil, et il nous a laissé la description des phénomènes qui résultent de là.
Selon l'Astronomie de Platon, toutes les planètes devraient ou
bien parcourir l'écliptique ou bien demeurer à une distance invaviable de ee grand cercle de la sphère céleste. En réalité, elles
ne sen écartent jamais beaucoup ; elles demeurent toujours comprises dans une zone dont ce grand cerele forme l'équateur et
qu'occupeut douze constellations; ces constellations, les anciens
les uommaient les animaux (pa), d'où le nom de ceinture sodiacale
donnée à cette zone. Mais, en la largeur du zodiaque, les planètes
s'éloignent ou s'approchent alternativement de Pécliptique.
Platon connaissait-il les variations qu'éprouvent les longitudes
des diverses pianètes? Th.-Henri Martin a admis qu'il possédait
celte counaissance et quelle se traduisait, au mythe d’Er, par les
diverses épaisseurs attribuées aux gaines successives du fuseau de
la Nécessité. Cette interprétation du mythe d’Er, nous l'avons dit,
ne nous parait pas fondée: mais il n'en résulte nullement que
Platon ignorät les variations que subissent les latitudes des plai. Tneosıs Suraxaa Liber de
Astronomia, cap, AVI; éd. Th.-11, Martin,
pp. 200201: éd. J. Dupuis, pp. 236-237.
>. Voir la discussion de ce membre de phrase par Th.-Heuri Martin dans :
Liber de Astronomia, note R, pp. 365-366.
Tugoxis Suyaxæ
3. Voir p.
Página 11
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)LES SPHERES HOMOCENTRIQUES
nétes; ces
variations,
en
effet, sont
{ti
assez
andes;
la
Lune
sécarte de l'éeliptique jusqu'à 5°9 environ; la longitude de Mars
atteint parfois 7° et celle de
Vénus 9%; il est bien probable que
les observateurs contemporains de Platon n'avaient pas été sans
remarquer de tels écai
L'Astronomie trop simple que Platon avait empruntée aux Pythagoriciens était fort
loin
de représenter
le
cours apparent
astres errants, et Platon ne pouvait Liguorer.
Il n'est done
des
pas
Glonnant qu'il ait fait appel aux mathématiciens et qu'il leur ait
demandé de construire, à l'aide d'hypothèses
leme ass ~~ compliqué
semblables, un syspour sauver plus complètement les apparenecs.
Mi
LES SPHÈRES HOMOCENTRIQUES D'EUDOXE
par Platon fut Eudoxe de Cnide », nous dit Simplieius!, 1
un propos de Sosigène qui, lui-méme,
étant
parlait d'après l'Histoire
astronomique d'Eudème. Nul, en effet, n'était mieux préparé à le
traiter ?.
Eudoxe était né à Cnide vers Van 408; il mourut en 355, sans
doute à Athènes.
Géométrie, les leçons d’Archytas de Tarente, le célèbre pytha;
ricien ; d'autre part, Diogène de Laërte rapporte, sur la foi de
Sotion, qu'il fut, à Athènes, au nombre des auditeurs de Platon.
L'enseignement de ses maitres l'avait done prédisposé à chercher,
en des combinaisons de mouvements cireulaires et uniformes, la
raison du cours apparent des astres.
Au cours d'un voyage en Egypte, il pi
a seize mois dans la société
des pretres d'Héliopolis et de Memphis; de ce commerce avec les
prêtres égyptiens, il rapporta peut-être des observations sur le
cours des planètes, observations plus précises et plus détaillées
1. SimeLicni Commenturii in Aristotelis libros de Calo ; in
lib. II cap. XI;
éd. Karsten, p. 219, col. a; éd. Heiberg, p. 488.
2. Diogène de Laërte a donné une narration de la vie d’Eudox
nery a traduit cette
Paut
narration en
Paccompagnant de notes
lort
Paul Tanimportantes.
Tannery, Recherches sur l'Histoire de Astronomie ancienne. Appendice IL
Jémoires de la Société des Sciences physiques et naturelles de Bordeaux,
* série, t. I, pp. 295-300; 1898)].
Página 12
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)LA COSMULOGIE HELLÉNIQUE
que celles dont les Grecs avaient eu jusque-là connaissance. Ces
renseignements précieux semblent avoir puissamment aidé à la
composition de sa théorie des planètes.
Eudoxe aequit bientôt une grande réputation de mathématicien.
Proclus dit * qu'il fit progresser toutes les parties de la Géométrie. L'enseignement qu il donna à Cyzique, puis à Athènes, réunit
un grand nombre de disciples dont plusieurs sont demeurés justement célèbres. Parmi ces disciples d'Eudoxe, nous trouvons, en
effet, Ménechme qui, le premier, étudiera d'une manière systématique les sections coniques et moutrera comment elles permettent de résoudre le problème de la duplication du cube; vous
trouvons également Polémarque de Cyzique, que préoecupera le
problème astronomique et qui formera, à son tour, Calippe. le
continuateur d’Eudoxe.
Tel est le géomètre qui entreprit de
wuver les apparences astroniques à l’aide des hypothèses que prescrivaient Platon et les
Pythagoriciens.
Eudoxe avait exposé son système dans un ouv
e intitulé : Meg)
74/09, Sur les vitesses; cetouvrage parail avoir été perdu de bonne
heure. Eudéme en avait donné un exposé dans son "Aszpoloyrzn,
iszogia, et cet exposé avail été reproduit par Sosigene le Péri
ticien, probablement dans son traité Hee) 201 dve)trrova®y ? ; l'Hisloire astronomique d'Eudème, le traité le Sosigene sont ¿cal
aujourd'hui, des ócrits perdus; mais heureusement Simplicius,
qui possédait encore le dernier de ces ouvrages, lui a emprunté la
description des systèmes astronomiques d'Eudoxe et de Calippe,
et, grace à lui, cette description nous à été conservée *.
Les renseignements fournis par le long extrait de Simplicius
peuvent être, en quelques points, complétés par les courtes, mais
précises indications qu'au XI livre de sa Mé/aphysique, Aristote
nous donne * sur le système d’Eudoxe, sur celui de Calippe et sur
les modifications qu'il a apportées à ce dernier.
. Procur Diavoënt /u pe imum
Euelidis elementorum tibrun commentarit,
ed "Er iedlein, Lipsia, 1873: p. 67.
2. Cité par Proclus, en son //ypotypose (Hypothèses el époques des Planetes
de li. ProLémér el Hypolyposes de proc us Diapocuus, traduites pour la premiere
fois du grec en français par M.
Vabbé
Halma;
I
, 1820. //ypolypos
Puocius Diapoenus, philosophe platonicien, on Représentation des hypoth
astronomiques, p.
111. — Pract Dre Hypotyposis astronomicarum po.
(enna Kdidit Carolus Manitius; Lipsia, MCMIX; p. 130).
. Simeuicn /n Aristotelis
de Carlo libros commentarit; in lib. U, cap. ML;
ae Karsten, p. 219, col. a, à p. 226, col. b; éd. Heiberg, p. 488à p. 506.
A. Awsrote, Métaphysique, livre XI, ch. VIN (Amsroreus Opera; éd. Bekker, vol. II, pp. 1073-1074).
Página 13
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)LES SPHÈRES HOMOLENTRIGUES
On possède, sous le nom «Alexandre d'Aphrodisias, un cominentaire à la Métaphysique d'Avistote !. La partie de ce commentain
qui concerne les cing premiers livres de la Métaphysique est
certainement authentique; mais beaucoup d'érudits regardent le
veste comme apocryphe
semble,
la plupart du
cette partie apocryphe, en tous cas,
temps, formée par des extraits ou des
résumés d'ouvrages réellement écrits par Alexandre.
Le commentaire au XI livre renferme * un exposé assez étendu
des systèmes d’Eudoxe, de Calippe et d’Aristote; malheureusement,
cet Î
2xposé ne fait guère que reproduire sous une forme plus prolixe les renseignements contenus en la Mélaphys que d'Avistote.
Cet exposé renvoie souvent à un exposé analogue qui se trouvait
dans un commentaire au De Cielo d’Aristote (èv 77 Mee 092209);
Alexandre avait, en effet, commenté le De Calo ; Simplicius cite et
critique fréquemment ee commentaire, qui ne nous est pas parvenu.
Ajoutons qu'en cet exposé attribué à Alexandre,
le nom de
Sosigene se trouvait invoqué *.
Thémistius avait, lui aussi, composé une Paraphrase de la Métaphysique WAristote. Le texte gree en est perdu. Une traduction en
avait été faite en syriaque, puis en arabe, enfin en
hébreu. En
1558, le juif Moïse Finzio qui possédait le texte hébreu de cette paraphrase en traduisit en latin une partie qu'il intitula : Me livre 5, et
qui correspond aux livres XI, XII et MIU de la Métaphysique d’Aristote dans les éditions modernes". En cette Paraphrase, Thémistius
reproduisait à peu près textuellement ce qu'avait dit Aristote.
Le long extrait de Sosigène donné par Simplicius et le chapitre
de la Métaphysique d'Aristote sont done, en définitive, les seules
sources où il nous soit, aujourd'hui, possible de puiser utilement
pour connaitre le système d'Eudoxe ; mais les renseignements que
ces deux sources nous fournissent ont été si scrupuleusement examinés par G. Schiaparelli
, par Th.-Henri Martin *,
par
Paul
1. ALexanpat APHRODISIENSIS ln Avistolelis Metaphys ca commentaria, Edidit
Michael Hayduck. Berolini, 1891.
2. Voir la préf:
i
M. Hayduek à Pédition précédente.
3. À
stolelis Metaphysica conmentaria ; in
lib. XI
cap. VHI; éd. Hayduek, pp. 701-706.
4. A
NDRE D'APHRODISIAS, loc. cél., 6d. cit., p. 706.
5. Tuewistu Periparerict zuciissins Paraplrasis indaodectaum libran Aristotelis de prima Philosoplua, Mose Finzio interprete. Venetiis, apud Hieronymam Scotum. MDLVIH.
6. Tuemista Op. laud., pp. 17-18.
7. G. SCHIAPARELLE, Le sfere omocentriche di Eudosso, di Calippo e di Aristotele, memoria
letta
nell’
adunanza del 26 novembre 1874 | Memorie del ft.
Instituto Lombardo di Scienze e Lettere ; classe di Scienze niatematiche e naturali ; vol. XIU (série UL, vol. IV); 18775 pp. 117-179].
8. Tn.-Hexrt Martin, Mémoire sur les hypothèses astronomiques chez les Grecs
DUNEM
Página 14
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)LA COSMOLOGIE NELLENIQUE
Tannery!, que notre connaissance de la theorie des sphères homocentriques ne présente plus qu'un petit nombre de lacunes ou de
parties douteuses.
Nous nous contenterons d’esquisser ici les grandes lignes du
système d’Eudoxe, telles que les ont retracées les travaux que nous
venons de citer; c'est
à ces travaux, et particulièrement à celui
de G. Schiaparelli. que le lecteur devra se
reporter
s'il
veut
acquérir une connaissance plus détaillée de l'Astronomie du géomètre gree; c'est en ces travaux,
également, qu'il trouvera les
discussions par lesquelles les propositions que nous nous contentons d'affirmer ont acquis la certitude ou, fout au moins, la probabilité.
Les étoiles fixes
ont toutes serties en un corps solide que nous
nommerons, brevitalis causa, un orbe ou une sphère, mais qui, en
réalité, est
une
couche sphérique comprise entre deux surfaces
sphériques concentriques à la Terre; cet orbe tourne, d'Orient en
Occident, avec une vitesse uniforme, autour d'un axe qui est l'axe
du Monde ; les pôles de cette rotation sont les poles du Monde. La
durée de révolution de cette sphère est ce que nous nommons le
jour sidóral;
les astronomes grees entendent
presque constamment par jour (fuso) la durée du jour solaire; ils disent alors
que la sphère des étoiles fixes, Vinerrante (arhavis),
effectue sa
rotation @ peu près en un jour.
Le mécanisme destiné à sauver les mouvements apparents des
sept astres errants (#27772) connus des anciens est plus compliqué.
Chacun des astres errants a son mécanisme indépendant, qui se
suffit à lui-même, qui ne subit aucunement l'influence du mouvement de la sphère inerrante ni du mouvement des mécanismes
relatifs aux autres astres errants. Comme le voulait VEpinomide,
les huit puissances du Ciel sont sœurs
; aucune d’entre elles ne
conmande à aucune des autres.
Le mécanisme destiné à représenter le mouvement d'un astre
errant se compose de plusieurs orbes solides qui ont tous pour
centre le centre de Ja Terre et qui sont contigus les uns aux autres.
L'astre est logé dans l'épaisseur de la dernière de ces sphères,
et les Romains; hypothèses astronomiques d'Eudore, de Calippe et d’Aristote
(Mémoires de l'Académie des Inscriptions el Belles-Letires, 1. XXX, première
partie, 1881).
1. PauL Tanneny, Vole sur le système astronomique d'Eudore (Mémoires de
lu Société des
Sciences physiques el naturelles de Bordeau.r, 2e série, 1.1,
p 441; 1876). — Geant note sur le système astronomique d'Eudore (Ibid.,
2 série, 1. V, p. 1295 1883).
Página 15
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)SPHERES
UOMOGENTRIQUES
115
de celle qui est à l'intérieur de toutes les autres; son centre est
sur l'équateur de cette sphère. Sauf un mouvement
de rotation sur
lui-même,
que
Platon attribuait à chaque astre errant, et dont
nous ne savons ce que pensait Eudoxe, Vastre ne saurait avoir un
autre cours qu'un point de
l'équateur de
la sphère solide en
laquelle il se trouve enchässe.
Les autres sphères ne portent aucun astre; Théophraste leur
donnera le
nom de sphères sans astres (ävazseo sexton)
qu'Eudoxe parait les avoir
désig
landis
iées par le nom de sphères fournant en sens contraire (vekzzvise sœaigat) dont Aristote, nous le
verrons plus loin, a fait un usage mieux justifié, Inaccessibles aux
perceptions de la vue, elles ne se révèlent qu'au
raisonnement
géométrique, comme il convient aux Aypothèses de Astronomie
réelle.
La première sphère, c’est-à-dire celle qui est extérienre à toutes
les autres, tourne avec
une vitesse uniforme et dans un certain
sens autour d'un certain axe qui passe par le centre du Monde.
La seconde sphère participe exactement à ce mouvement nniforme de la première sphère; mais, en elle,
il se compose avec
un second mouvement de rotation uniforme dont l'axe, le sens, la
vitesse sont propres à cette seconde sphère.
La troisième sphère recoit le mouvement déjà composé dont la
seconde sphère était animée; elle le combine à son tour avec un
mouvement de rotation uniforme qui lui est propre.
Les choses se poursuivent de cette manière jusqu'à la dernière
sphère, jusqu'à celle qui porte l'astre ; le mouvement de lastre se
compose done d'autant de cireulations uniformes concentriques à
la Terre qu'il y a d’orbes en son mécanisme spécial.
Le principe du mécanisme sera le même pour tous les astres
errants5 mais
de Yun à Pautre
le
géomètre pourra
varier le
nombre des orbes et les particularités qui définissent la rotation de
chacun d'eux, jusqu'à ce quilsoit parvenu à sauver d'une manière
satisfaisante Les divers mouvements apparents.
Les mécanismes qu'Endoxe combine et adapte aux divers astres
errants offrent, tous, deux caractères communs :
1° En tous, la première sphère tourne uniformément, d'Orient
en Occident, autour de Paxe du Monde, et sa rotation dure exactement le même temps que la rotation de la sphère inerrante ;
par la, chacun des astres errants prend part à la rotation diurne
qui aflectera tous les corps du Ciel; cette rotation, cependant,
1. Simenicu /n Aristotelis libros de Caelo commentarii; in lib. IT cap. XII;
éd. Karsten, p. 220, col.
a, el p. 221, col, b; éd. Heiberg, p. Ayı et p. 493.
Página 16
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)LA COSMOLOGIE HELLÉNIQUE
conme le veut LEpinomide, n'est pas, pour les astres errants, un
entrainement produit par la sphère des étoiles fixes.
2° En tous, la seconde sphère tourne uniformément d'Occident
en Orient autour d'un axe normal à Féeliptique. Mais la durée de
cette révolution n'est pas la méme pour les divers astres errants :
pour la Lune et le Soleil, elle a des durées particulières dont nous
parlerons tout à l'heure; pour chacune des cinq planètes, cette
durée est égale au temps que Vastre emploie, en moyenne, à
parcourir tout le cerele écliptique, temps qui est nommé durée
de la révolution zodiacale de la planète.
Pour les cing planètes, Eudoxe en eonnaissait la valeur d'une
manière assez exacte, comme le montre le tableau suivant, que
nous empruntons à G. Schiaparelli! :
Il
Révolutions zodiacales
|
Noms des planètes
Selon
Volke
6
5
6
6
0
Selon
Eudoxe
les
modernes
Ans
Ans
Jours
5
co
oD
1
1
»
Mercure...
oo
o
9.0
1
1
»
Mar.
5
o
Oo
+
2
1
322
Spie
o.
5
5
>
0
o
6
11
12
315
Saturne
.
o.
2.
.
30.
24
166
a
4
—
Si le mécanisme de chaque asire errant se réduisait aux deux
nous venons de parler, le mouvement de ehaeun
d’eux se composerait d'une circulation diurne uniforme d'Orient en
Oecident autour de l'axe du Monde et d'une eirculation uniforme
d'Occident en Orient suivant l’éeliptique ; on retrouverait l’Astronomie trop simplifiée que Platon expose constamment dans ses
dialogues. Les sphères nouvelles qu'Eudoxe va introduire auront
pour objet de sauver au moins quelques-uns des mouvements
apparents que le système de Platon ne sauvait pas.
sphères dont
1. G. SCIMAPARELLA, loc. cf/., p. 152.
Página 17
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)LES SPHERES HOMOCENTRIQUES
LES SPHERES
WEUDOXE (suze).
UOMOCE
Voyons d'abord comment
THEOWE DE LA LUNE
Eudoxe sanvait le > apparences présentées par Lastre le plus rapproché de la Terre, par la Lune.
Si la Lune se mouvait autour de la Terre dans le plan même de
l'écliptique, chaque fois que, par rapport à la Terre, la Lune est
opposée au Soleil, elle se trouverait dans le cône d'ombre de la
Terre et serait éclipsée; chaque fois qu'elle est conjointe au Soleil,
elle se trouverait exactement entre la Terre et le Soleil et éclipserait cet astve; toute pleine-lune serait accompagnée dune éclipse
de Lune, toute nouvelle-lune d'une éclipse de Soleil. Pour tirer
cette conclusion des prémisses, il n’est pas besoin d'une Géométrie
bien savante, et pour constater qu'elle ne s'accorde pas avec les
faits, l'observation la plus grossière suffit.
La Lune ne peut done pas se mouvoir constamment dans le plan
de Pécliptique; et, en effet, les observations montrent que la Lune
est tantôt au nord,
tantôt au sud de l'écliptique ; la latitude de
cet astre est tantôt boréale et tantôt australe ; au temps d'Endoxe,
on savait que la valeur absolue de cette latitude peut atteindre
environ 5° (exactement 5° 8° 48").
Si l'on veut que la Lune décrive un cercle dont la Terre soit le
centre, on devra admettre que le plan de ce cercle est oblique au
plan de Pécliptique et forme avec celui-ci un angle d'environ 5°
Projetés sur une même sphère
céleste, le cerele de la Lune
et
l'écliplique se coupent en deux points auxquels les Grecs donnaient Je nom de nœuds (zdvsecu01): au nœud ascendant (24961
6320), la Lune passe du sud au nord de Vécliptique ; au neud descendant 22165450), elle passe du nord au sud.
Il est maintenant facile de déterminer en quelles conditions la
Lune ou le Soleil peuvent être éclipsés. I y aura éclipse de Lune
lorsque, sur la sphère céleste, les projections de la Lune et du
Soleil se trouveront l'une en un nœud et l'autre aunœæud opposé ;
il y aura éclipse de Soleil lorsque ces deux projections se trouveront conjointes au même nœud.
Dans
le langage des
astrologues, la
ligne
d'intersection des
deux cereles de la Lune et du Soleil fut nommée dragon, car elle
représente le dragon fabuleux qui dévore la Lune au moment des
éclipse
ile
nœud
ascendant
fut la /éte du dragon
et le
nœud
Página 18
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)LA COSMOLOGIE HELLÉNIQUE
descendant la queue du dragon; inusitées chez les astronomes
grecs,
ces dénominations ont
été
constamment
employées,
au
Moyen-Age, par les astronomes de L'Islam et de la Chrétienté.
Pour représenter ce
que
nous venons de
dire, il suffirait
de
modifier très légèrement VAstronomie de Platon ; au lieu de faire
tourner la sphère de la Lune d'Occident en Orient autour d'un axe
normal à Pécliptique, il suffirait de la faire tourner
oblique, qui
autour d'un axe
fit avec la normale dont il vient d'être
parlé
un
angle d'environ 5°.
Mais voici qu'une complication se présente.
Selon cette
disposition, le plan
de Téeliptique et le plan du
cercle lunaire, fixes tous deux, se couperaient suivant une droite
invariable qui percerait la sphère céleste en des points également
invariables ; les éelipses se produiraient toujours aux deux mêmes
lieux de l'écliptique. Or, c'est ce qui n'a pas lieu; observation
prolongée
des éclipses soit de Soleil, soit de
Lune, montre que
ces éclipses se produisent successivement en des lieux divers de
Vécliptique ; les nœuds se déplacent d'Orient en Occident sur ce
grand cerele, de manière à le parcourir en 223 lunaisons à peu
près.
Déjà connu des Chaldéens, grands observateurs d’6elipses, ee
phénomène n'était pas ignoré d’Eudoxe; c'est afin de le sauver
qu’il dota le système lunaire d'une troisième sphère.
Ce système se compose done de trois orbes emboités Tun dans
l'autre.
L'orbe extérieur
tourne
uniformément
d'Orient en
Oecident
autour d'un axe normal à l'équateur; sa révolution est parfaite en
un jour sidéral.
L'orbe intérieur, qui porte la Lune, tourne uniformément d'Oecident en Orient, autour d'un axe qui forme avec la normale à
l'écliptique, un angle de 5° environ; sa révolution s'achève dans
cette dur
est le mois draconitigue, évalué aujourd’hui à 27 jours
5 heures 5 minutes 36 secondes.
L'orbe intermédiaire tourne d'Orient
en
Oecident, comme le
premier orbe, mais autour d'un axe normal à Pécliptique; sa révolution uniforme, accomplie en 223 lunaisons à peu près, produit
la marche rétrograde des nœuds !.
ed.
1. Simplicius (/n Artstotelis libros
de Gaelo commentar
in lib,
Leap. XII;
Karsten, p.
, col. a;
éd. Heihe
pp. 494-495) attribue à la
seconde
sphère une rotation d'Oscident en Orient et, à la troisième, une rotation lente
d'Orient en Orcident ; il dit que cette dernière rotation
rend
compte du mouvement rétrograde des nœuds, West clair que, par une inteeversion, il a altri-
Página 19
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)LES SPHERES HOMOCENTRIQUES
LES
SPHERES
HOMOCENTRIQUES
D'EUDONE
(suite).
)-
THÉORIE
DE
SOLEIL
Le méeanisme imaginé par Eudoxe pour sanver les mouvements
apparents de la Lune est assurément Pune des
heureusement
parties les plus
agencées de son Astronomie; il a rencontré une
bien moindre réussite en la théorie du Soleil. Visiblement, il a
¿té guidé par la pensée que cette doctrine-ci devait être imitée de
celle-là. Or, le sens de analogie et de la généralisation qui est,
dans la construction de la théorie physique, l'instrument habituel
du progrès, intervint, ici, d'une manière maleneontreuse; rien,
en effet, ne diffère plus de la théorie de la Lune que la théorie
du Soleil.
Pour calquer, donc, la théorie du Soleil sur la théorie de la
Lune, Eudoxe a supposé! que le Soleil, en son cours par rapport
aux étoiles fixes, ne suivait pas exactement l'écliptique ; il a admis
que l'éeliptique était un grand cercle purement idéal de la sphère
céleste; que le Soleil décrivait un autre grand cerele ineliné sur
le premier d'un tout petit angle ; enfin cue l'intersection de ces
deux cercles, semblable à la ligne des nœuds de la Lune, tournait
très lentement, dans le plan invariable de l'écliptique idéale, mais
d'Occident en Orient et non point d'Orient en Occident.
Des lors, le système du Soleil a été, comme le système de la
Lune,
constitué
par trois orbes
contigus et concentriques à la
Terre.
Dans ce système, l'orbe extérieur tourne uniformément d'Orient
en Occident, en un jour sidéral, autour de l'axe du Monde.
bué à la troisième sphère la durée de révolution et le rôle de la seconde, et
inversement.
L'erreur west sans doute pas du fait de Simplieius, mais du fait de Sosigène, dont Simplicius suit ici trop fidèlement l'exposé, Elle a, d’ailleurs, été
soigneusement
gardée par Alexandre d’Aphrodisias (ALEXANDRE APURODISIENSIS
Op. laud., in
XI cap. VII; éd. Hayduek, p. 7
Elle a été tout d'abord reconnue par Ideler [Ueber Eudorus (Mémoires de
l'Académie de Berlin; cla
historique et philologique, 1830: y. 77)] qui en
a pas la correction suivie dans nolre texte, Cette correction a été également
admise par & Schiaparelli (loc. eit., p. 127) et par Paul Tannery (Premiere
note, p. 442; seconde note, pp. 138-142). Th.-Henri Martin a proposé (loc.
eit.,
pp. 21
SG ) une interprétation
qui préte à Eudoxe de telles erreurs astronomiques
pp.
qu'elle semble absolument
inadmissible (P. Taxxeny, Seronde note,
138-142).
1. Simenictus, loc. cit. ; éd. Karsten, p. 221, col. b; éd. Heiberg, pp. 493-494.
Simplicius et Alexandre commettent, en la description des orbes du Soleil, la
même inferversion qu'en la description des orbes de Ja Lune.
Página 20
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)LA COSMOLOGIE HELLENIQUE
L'orbe moyen tourne uniformément, d'Occident en Orient, avec
une lenteur extrème, autour d'un axe normal à l’écliptique.
Enfin, l'orbe intérieur, qui porte le Soleil, tourne d'Occident en
Orient autour d'un axe très légèrement oblique à l'éeliptique, et
sa révolution uniforme s'achève en un an.
Cette théorie, selon laquelle le Soleil, en sa marche annuelle,
suivrait un cercle oblique à Pécliptique, et lentement variable,
garda longtemps des partisans parmi les astronomes de VAntiquité.
Comment Eudoxe avait-il été conduit à la proposer? Le
désir, bien manifeste d'ailleurs, Vimiter la théorie de la Lune ne
saurait expliquer comment il a fait tourner d'Occident en Orient la
sphère intermédiaire du Soleil, tandis que la sphère intermédiaire
de la Lune tourne d'Orient en Occident. Paul Tannery suppose !
que Vastronome de Cnide a été guidé par une connaissance, encore
bien vague, du phénomène de la précession des équinoxes, et les
considérations dont il accompagne cette hypothèse lui confèrent
un haut degré de vraisemblance.
VI
LES SPHÈ
C'est
ES HOMOCENTRIQUES D EUDOXE (suite). THÉORIE DES PLANÈTES
en la théorie des cing
planètes
qu'Endoxe a Je
mieux
montré son ingéniosité de géomètr
Chacune des cing planètes est mue par un système de quatre
orbes contigus ; Porbe intérieur, le quatrième, compose son mouvement propre avce celui des trois autres, et porte l'astre.
Pour chaque planète, le premier orbe, nous l'avons dit, tourne
uniformément d'Orient en Occident autour des pôles du Monde ct
accomplit sa révolution en un jour. Le second tourne d'Occident
en Orient autour des pôles de Vécliptique et accomplit sa révolution en un temps, variable d'une planète à
duvée
de révolution
sodiacale
de
l'autre, qui est la
la planète ;
mous
avons
vu
qu'Eudoxe connaissait avec une assez grande exactitude les durées
de révolution zodiacale des diverses planètes.
Si Ja seconde
“
sphère portait Vastre, celui-ci se mouvrait comme
le voulait VAstronomie trop simplifiée de Platon; il ne présenterail ni station ni rétrogradation ni variation de latitude.
1. Paun Tanseny, Seconde note, pp. 142-146.
2. Simmacus. Joc.
ei,
ed.
Karsten,
p.
222,
coll.
et b; éd. Heiberg,
Página 21
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)LES SPHERES HOMOCENTRIQUES
Aussi est-ce pas lastre qu'Eudoxe place sur Féquateur de cette
seconde sphère, mais Simplement un certain point fictif qui sera la
position moyenne de la planète.
Ve vayon qui joint le centre du
Monde à la planète ira marquer en ce second orbe une position
vraie de
Vastre.
Différente de
la
position moyenne, la position
vraie ne demeurera pas dans une situation invariable par rapport
à celle-ci : autour
de la position vraie, elle dessinera
sphère,
une certaine courbe fermée dont
la
sula seconde
position moyenne
oceupera le centre. La marche
de la position vraie de la planète sur
cette courbe, composée avec la circulation de la position moyenne
le long de Fécliptique, donnera un mouvement alfeeté de stations,
de marches rétre
ment dev
à
les, de
variations de latitude, et ce mouvereprésenter Je cours de la planète par rapport aux
étoiles fixes.
La conrbe que, sur la seconde sphère, la position vraie de la
planète déerit autour de la position moyenne est, en entier, parplicius nous dit que les mathématiciens nomment ce temps 21556200
yeeros; ce temps est devenu, dans le système de Ptolémée, celui
que la planète emploie à parcourir l'épieyele et, chez les modernes, la durée de révolution synodique.
Simplicius
nous dit quelles étaient les valeurs attribuées par
Eudoxe aux durées des révolutions synodiques des diverses planétes ; il est intére
ant de comparer ces valeurs
à celles que donnent les observations modernes !.
Révolutions
synodiques
Noms des planètes
Selon Eudoxe | y es modernes
Delon
Vene
“3766
6
ogo
6
o
570 jours
584 jours
Mercure
.
o
.
.
.
.
.
.
110»
116»
Mars
o
6
GBB
0
o
Oo
260»
780»
Jupiter
on
390»
399»
Safurne
LL
390»
378
9
o
»
Pour la plupart des planètes, les évaluations d’Eudoxe sont assez
voisines de la vérité.
1. D'après G. Semaprare
Seule,
la
durée
a for. cite, p.
1 52.
révolution synodique
Página 22
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)LA COSMOLOGIE NELLENIQUE
admise pour Mars s'écarte
elle en est exactement
extrèmement de la durée véritable
;
le tiers; il est
permis
d'attribuer
cette
détermination fautive non pas à ane erreur d'Eudoxe, mais à la
maladresse de quelque copiste: les interprètes modernes, Vailleurs, n'ont pu rectifier le texte de Simplicius au point Ven tirer
pour Mars une théorie acceptable.
La position vraie de Ja planète sur le second orbe doit done, en
un temps égal à
la durée de révolution synodique, décrire une
certaine courbe dont la position moyenne occupera le centre. Par
quel agencement de sphères Endoxe
va-t-il obtenir cet effet ? Cet
agencement le voici :
Dans le plan de l'éeliptique, Eudoxe trace le diamètre perpendieulaire au rayon qui va trouver la position moyenne de la planéte ; ce diamötre va servir d'axe de rotation à la troisième sphère,
qui
accomplira sa
révolution en un temps égal
à la durée
de
révolution synodique.
Laxe de rotation de la quatrième sphère fera, avec l'axe de la
troisième sphère, un certain angle aigu, particulier à chaque planète ; autour de cet axe, la quatrième sphère accomplira sa rotation en un temps qui sera égal, lui aussi, à la durée de révolution
synodique de la planète, mais cette rotation sera de sens contraire
à celle de la troisième sphère.
Ces deux rotations uniformes, de
mème durée,
mais de sens
contraire, se composeront entre elles pour faire décrire à la position vraie de la planète la courbe dont nous avons parlé.
(i. Schiaparelli
a
fait! l'étude géométrique
de
cette
courbe
en s'astreignant à n'employer aucun procédé qui ne pút être connu
d’Eudoxe. Il a montré qu'elle avait la figure du chiffre 8 (fig. 1) ;
les deux boucles, parfaitement égales entre elles, se rejoignent en
un point double M qui est la position moyenne de la planète ; ces
deux boucles, sont couchées dans le sens de Pécliptique EE! qui
est, pour la courbe, un axe de symétrie.
Lorsque la position vraie de la planète déerit cette courbe, elle
rencontre quatre fois l'éeliptique, aux points P, P' et M, ec dernier
(i. Somapanenti, 0e, cito, pp. 141-146.
Página 23
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)LES SPHERES
étant franchi deux fois; il y a done,
123
pendant la durée de révolution synodique de la planète, quatre instants où lastre a une JaliInde nulle; le
reste du temps. sa
latitude est
tantôt boréale et
tantöt australe.
Simplicius nous dit qu'Eudoxe donnait à cette courbe Je nom
d’hippopede (
09
7
51). Nénophon
a
fourni a
G.
Schiaparelli
l'explication de cette dénomination ! . En son Traité de l'équitation,
Xénophon dit? que Pon appelle #82 une ligne courbe qui habitue
le cheval à fourner en étant tiré par la bride tantôt d'un côté de
la bouche et tantot de l'autre; telle est bien la ligne étadiée par
Eudoxe.
Aristote nous apprend * que, dans le système d’Endoxe, Vénns
et Mercure, qui avaient déjà même durée de révolution zodiacale
(un an), avaient aussi même lieu moyen et, partant, même axe de
rotation pour leurs troisièmes sphères, Ce renseignement complète
ce que nous savons de plus certain touchant la théorie des planètes
de Vastronome de Unide.
l'aide de ces
doemnents que
G. Schiaparelli a tenté de reconstruire presque
C'est à
en entier cette
théorie.
VII
LA RÉFORME DE CALIPPE
Construite en vue
de
sauver
les mouvements apparents
des
astres, la theorie astronomique d’Eudoxe était bien loin d'avoir
atteint ce batassezexactement pour que les contemporains du géomètre de Cuide s'en pussent déclarer satisfaits ; que de disparates
se pouvaient reconnaitre, en effet, entre les covollaires des combinaisons cinématiques du théoricien et les résultats déjà obtenus
par les observateurs !
Le système d’Eudoxe, par exemple, donnait
bien
une mème
position moyenne aux deux planètes Vénus ef Mereure ; mais cette
position moyenne,
qui décrivait
uniformément
lécliptique,
ne
pouvait coïneider avec le Soleil, puisque Eudoxe avait eu la malencontreuse idée de faire cireuler cet astre hors de Fécliptique.
D'ailleurs, tandis qu'il représentait des variations de latitude
1. Gi. SCAPARELLE, foe, ci/., p. 150,
ornon, De re equestri cap. VII,
Aristore,
Métaphysique, livre NI, ch. VIN (Anistorenis Opera, ed. Bekker,
vol. Tl, p. 1075, col. b).
Página 24
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)LA COSMOLOGIE HELLENIQUE
que le Soleil n'éprouve pa , le
tème élaboré par
Eudoxe ne
Ces désaccords, et bien d'autres qu'ilserait trop long d'énumérer,
devaient attirer
Vatlention des astronomes qui vinrent aussitôt
après Eudoxe ; ils attirèrent, en particulier, celle de Calippe de
Cyzique.
Polémarque de Cyzique était un des familiers d'Eudoxe '; il
s'occupait d’Astronomie, et Simplicius nous apprend * qu'il avait
reconnu les changements de diamètre apparent du Soleil et de la
Lune. Le même Simplicius nous dit? que Calippe de Cyzique fut
condiseiple de Polémarque,
is nous apprendre, d'ailleurs, si
c'est à l'école d’Eudoxe qu'ils avaient étudié ensemble.
« Calippe, poursuit Simplicius *, vint à Athènes, où il entretint
un habituel commerce avec Aristote; c'est avec Aristote qu'il
entreprit de redresser et de compléter la théorie astronomique
imaginée par Eudoxe. » Il fut conduit ainsi, comme nous Vallons
voir, à joindre un certain
nombre d’orbes sphériques à ceux
qu'Eudoxe avait admis. « Mais il n'existe * aucun écrit de Calippe
où celui-ci explique pour quelle raison ees sphères ont été ajoutées, et cette raison, Aristote ne Vexpose pas davantage. Toutefois,
Eudème nous conte brièvement quels sont les phénomènes en vue
s nouvelles
: il
desquels il crut nécessaire d'introduire ces sphé
rapporte en effet que Calippe disait : Si les durées qui s'écoulent
entre les solstices et les équinoxes sont aussi différentes les unes
des autres que le pensent Euctémon et Méton, les trois sphères
qui sont attribuées à chacun des deux astres (le Soleil et la Lune)
ne suffisent pas, en ce qui les concerne, à sauver les apparences
(cule ch cavéueva), et cela en raison de Panomalie qui se manifoste d'une manisre évidente dans leurs mouvements apparents. »
Calippe avait reconnu clairement que le système d'Eudoxe ne
pouvait rendre compte de l'inégalité des saisons ; avant de chercher à sauver cette anomalie, il voulut d'abord, selon les préceptes
d'une saine méthode, en demander à l'observation une évaluation
précise ; il reprit done les déterminations qu'avaient faites
Euctémon et Meton, et le Papyrus d'Eudore nous a fort heureusement conservé les durées qu'il fut ainsi conduit à donner aux
1. Simpuicius, loc, cit, dd. K
2. Simericis, loc, ci/., dd.
3. Simpuacirs, loc, cil., Cl. Karsten, p
(hid,
A. Simpricius,
1, col, az éd. Heiberg, p. 403.
éd, Heiberg, p. 509.
éd, Heiberg. p. 493.
5. Simenicios, Joc. eit., ed. Karsten, p. 223. col, a: éd. Heiberg, p. 497.
Página 25
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)SPHERES
125
quatre saisons: voici ces durées; nous avons inscrit en regard ' les
valeurs que les formules actuelles fournissent lorsqu'on les applique à
Van 330, au voisinage
duquel
furent
faites
les observations de Calippe.
Du
s des saisons
Nows des saisons
Selon
See CARTE || Gas aulas
Printemps
oA jours
94.17 jours
A
y
>»
92,08
»
A
Sy
>»
88,57
»
EAS
yo»
5
.
.
o
.
5
.
o
.
5
6
4
4
6
90,44»
Bien plus exactes que celles de Méton et d'Euctémon, les déterminations de
Calippe méritent d'être louées pour leur justesse.
«
cas,
En
aucun
Calippe watteint
fait
la
remarquer G.
Schiaparelli,
l'erreur
de
moitié d'une journée; les durées assi nées,
en son parapegme, aux diverses
isous, sont les plus exactes qui
se puissent donner, si on les vent exprimer par
des nombres
entiers de jours. »
Pour sauver Panomalie zodiacale
du Soleil,
pour sauver bon
nombre d'autres phénomènes présentés par les astres
errants,
Calippe
fut amené à compliquer notablement le système d'Eudoxe
;
au Soleil comme à la Lune, il attribua deux sphères de plus que
son
prédécesseur, ee
qui porta à cing
le
nombre des
orbes
de
chacun de ces deux astres; Mercure, Vénus et Mars eurent également cing orbes; Jupiter et Saturne gardérent chacun les quatre
orbes qu'Eudoxe leur avait assignés. Le nombre des orbes planétaires fut ainsi porté à 33 ; il était seulement de 26 dans le système
d'Eudoxe.
Tels sont les seuls renscignements que nous possédions au
sujet du système de Calippe. Ils nous ont été conservés par Arislote ?. Simplicius,
après avoir cilé Aristote, ajoute”,
comme nous
l'avons vu plus haut, qu'il n'existe, à sa connaissance, aucun écrit
où soit expliqué le rôle de ces diverses sphères. La divination de
1. D'après
G. Scnraparetti, loc. cil., p. 162.
ARISTOTE, Métaphysique, livre XI, chapitre VII (Anıstoreuis Opera, éd.
er, vol. II, p. 1073, col. b, et p. 1074, col. a).
SimeLicius, loc. cit., éd. Karsten, p. 223, col. a: éd. Heiberg, p. 497-
Página 26
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)ce vole, tentée par G. Schiaparelli ', est donc purement conjecturale.
VII
LES SPHERES COMPENSATRICES D'ARISTOTE
Aux sphères nouvelles que Calippe avait déjà introduites dans
TAstronomie d’Eudoxe, Aristote proposa * d'en adjoindre wi grand
nombre d'autres; mais les raisons qui le guidaient en cette intention étaient toutes différentes de celles qui avaient conduit Calippe,
Calippe, pur
astronome, s'était contenté d'imaginer des combinaisons de rotations uniformes qui fussent propres à sauver les
mouvements apparents des planètes. Aristote, philosophe, voulait
que ces combinaisons fussent telles que les principes de sa Physique en permissent la réalisation dans la nature.
Selon Eudoxe et Calippe, le système de chacun des astres errants
se compose de plusieurs orbes contigus; chacun des orbes est
animé d'une rotation propre el participe, en outre, des rotations
de tous les orbes qui sont situés au-dessus
de lui.
Eudoxe
et
Calippe ont combiné chacun de ces systèmes en vue de rendre
compte du mouvement apparent de Vastre auquel il est attribué ;
mais ils Pont traité comme un mécanisme entièrement indépendant; ils ne se sont pas demandé comment les divers mécanismes imaginés par eux pourraient prendre place dans l'Univers
de telle manière qu'ils formassent un tout, et que, cependant, Pindépendance du mouvement de chacun d'eux fit sauvegardée.
Cesi ce problème qui a sollicité l'attention d'Aristote.
Les groupes d'orbes r elatifs aux divers astres doivent fous avoir
la Terre pour centre ; ils
seront done disposés autour de la Terre,
de manière à se contenir les uns les autres. Aristote les
range,
d'ailleurs, dans le mème ordre que Platon ; en s'élevaut à partir
de la Terre, on rencontrerait d'abord les orbes de la Lune, puis
ceux du Soleil, puis ceux de Mercure, de Vénus, de Mars, de Jupiter et de Saturne, enfin le ciel des étoiles fixes.
Ces groupes d’orbes sont-ils isolés les uns des autres par des
intervalles vides? Aristote wadmet aucunement la possibilité du
vide. Sont-ils donc contigus? Mais alors, de mème qu'en chaque
système partiel, un orbe participe des rotations de tous les orbes
Ng fi . SCMIAPANELLL, loc. cl, pp. 158-164.
2. Arisrore, Métaphysique, livre NI, ch. Vill (Anıstoreuis Opera, éd, Bekker,
vol. Il, p. 1074, col. a).
Página 27
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)LES SPHÈRES UOMOCENTRIQUES
situés au-dessus de lui, de mème, dans l'Univers, chaque système
suivra les rotations de tous les systèmes qui l'enveloppent, et Vindépendance supposée par Eudoxe et par Calippe ne sera pas sauvegardé
; on ne pourra plus dire, avec VEpinomide, que les
huit puissances du ciel sont sœurs et qu'aucune d'elles ne mène
les autres.
Un seul moyen subsiste, sinon de rétablir cette indépendance,
du moins, d'obtenir un effet
équivalent,
et c'est celui que
va
employer Aristote. Il consiste à interposer, entre deux systèmes
successifs, un certain nombre d'orbes animés de rotations telles
qu'elles compensent exactement, pour le système intérieur, l'effet
des rotations du système extérieur. Ces sphères annexes, Aristote
les nomme sphères tournant à rebours (avehızzoisar ceaigur); Simplicius nous apprend ! que Theophraste, en ses Physiques, les
nommait sphères ramenantes (àvarapeecobcar).
Si l'on veut compenser exactement, pour le système inférieur,
toutes les rotations du système supérieur, il suflira
de placer entre
ces deux systèmes des orbes en nombre égal aux orbes du système
supérieur, puis de faire correspondre chacun des orbes annexes à
chacun des orbes du système supérieur de telle manière que les deux
sphères correspondantes tourment autour du même axe, avec la
méme vitesse angulaire, mais en sens contraire l'une de l'autre.
Aristote a fort bien vu qu'il n'était pas nécessaire d'employer
autant de sphères que cette méthode Vexigerait; au lieu de mainteniv, en effet, entre les divers systèmes, une indépendance absolue, de telle
autr
sorte
que
s n’existaient pas, il
chacun d'eux se
meuve comme
si les
n'y a aucun inconvénient à supposer
qu'ils se transmettent les uns aux autres la rotation diurne, puisqu'ils doivent tous prendre part à celte rotation.
Par exemple, il ne sera pas nécessaire de mettre de sphère compensatrice entre le ciel des étoiles fixes et le système de Saturne
ni d'aitribuer à Saturne
diurne;
un premier orbe mú
du
la sphère des éloiles fixes pourra jouer ce
mouvement
role; et il
semble bien qu'Aristote ait voulu qu'il en soit ainsi, car cela s’accorde avec le dénombrement que nous lui verrons faire.
Le système de Satirne communiquerait au système de Jupiter
un nombre de rotations égal au nombre des sphères que Calippe
lui attribue, c'est-à-dire à quatre; si l'on veut compenser les rotations de toutes ces sphères, sauf la révolution diurne issue de la
première, on devra placer entre Je ciel de Saturne et le ciel de
1. SimpLicius, loc. eit., éd. Karsten, p. 225, col. b; éd. Heiberg, p. 504.
Página 28
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)LA COSMOLUGIE UELLÉMQUE
Jupiter des sphères ramenantes dont le nombre soit inférieur d’une
unité à eclui des orbes de Saturne ; et c'est ce qu'Aristote dit d'une
manière très précise.
Mais, cela fait, les quatre orbes qui meuvent Saturne et les trois
sphères ramenantes communiqueront au système de Jupiter un
mouvement réduit au mouvement diurne ; il faudra done supprimer le premier des orbes attribués par Calippe
à Jupiter: en sorte
que l'introduction des trois sphères compensatrices entre le ciel de
Saturne et le ciel de Jupiter de ra augmenter seulement de deux
unités le nombre des orbes imaginés par Calippe. Cela, Aristote
ne Va pas vu. Sosigène qui, en son traité Hes) tov Avekırrousov,
avait fait, du mécanisme des sphères compensatrices, une étude
très détaillée,
le
reproche
au
Philosophe. « Pour retrouver le
nombre qu'indique Aristote, il faut, dit-il,
compter deux fois la
mème sphère. » Simplicius nous a conservé Panalyse ' et la critique ? de Sosigène.
Grace à cette inadvertance, Aristote a mis trois sphères compensatrices entre le ciel de Saturne et le ciel de Jupiter, trois autres
entre le ciel de Jupiter et celui de Mars, quatre en chacun des
intervalles laissés par les cieux suivants; il a été amené de la
sorte à compter, dans l'Univers, cinquante-cing orbes distincts
;
selon la remarque de Sosigène, il n’en ent du compter que quarante-neuf.
«
C'est seulement de Ja sorte, déclare
le
Philosophe,
que le
mouvement des astres errants parvient à être complètement réalisé. — Oùro que£ wows SE)
DL TRY
TOY TAA TOY COLA) UAT
moretoban. »
Ainsi fut done achevée, au gré d'Aristote, cette Astronomie des
sphères homocentriques, appelée à être la première des théories
physiques.
Pour la première fois, en effet, dans la constitution de
cette théorie, on vit le géomètre partir d'un certain nombre de
principes simples qui lui étaient donnés d'ailleurs et, conformément à ces principes, construire un système mathématique hypothétique, retoucher, compliquer ce système jusqu'à ce qu'il sauvät
avec une exactitude suffisante
les apparences décrites par les
observateurs.
Lorsque l’observation eût fait connaitre des phénomènes que tout
systéme de sphères homocentriques était, à tout jamais, impuissant
à sauver,
les
astronomes géomètres
accepterent d’autres
1. SımeLicius, loc. ci/., éd. Ka sten, p.
223, col.
à p. 225, col. b; éd. Heiberg, p.498 à p. 504.
.
,
2. Simezicius, Loc. cit, éd. Karsten, p. 225, col. a ; éd. Heiberg, p. 502.
Página 29
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)LES SPHÈRES
principes et, à l'aide de ces nouveaux principes, combinérent de
nouvelles hypothèses ; mais la méthode qu'ils suivirent pour construire de nouveaux systènies astronomiques ne différa pas de celle
qui avait servi à édifier Je système des sphères homocentriques.
Cette méthode, on ne tarda guère à la transporter de l'Astronomie aux autres parties de la Physique ; Vauteur des Questions
mécaniques attribuées à Aristote tenta de l'appliquer à l'équilibre
des corps solides pesants et, à cette science de l'équilibre des solides pesants, Archimède donna une forme rationnelle d'une rare
perfection; cette forme admirable, il Pétendit, en suivant toujours
la meme méthode, à l'équilibre des liquides et à celui des corps
flottants.
Euelide
montra de son eôté comment la seule hypothèse de
l'égalité entre l'angle d’ineidence et l'angle de réfraction suffisait à
sauver Jes phénomènes que présentent les miroirs plans, concaves
ou
CONVENOS.
Ainsi, deux siècles avant notre ère, PAstronomie, la Science de
l'équilibre des poids, une partie de l'Optique avaient pris la forme
de théories mathématiques précises, désireuses de satisfaire aux
ex
sences du controle
expérimental ; beaucoup de parties de la
Physique wont, à leur tour, revêtu cette forme qu'après de longs
siècles de tätonnements ; mais, pour le faire, elles n'ont eu qu'à
suivre la méthode par laquelle les premières étaient parvenues à
Vétat de théories rationnelles.
L'attribution du titre de créateur de la méthode des sciences
physiques a donné lieu à bien des querelles ; les uns ont voulu le
donner à Galilée, les autres à Descartes, d'autres encore
i François
Bacon,
qui
méthode.
est
mort
En vérité,
sans
la
avoir jamais
méthode
des
rien
sciences
compris
à
cette
physiques à été
définie par Platon et par les Pythagoriciens de son temps avec
une
netteté,
une précision
a été appliquée
tenté,
en
pour la
qui
n'ont
première
pas
fois
combinant des rotations de
été surpassées;
sphères homocentriques,
de sauver les mouvements apparents des astres.
DUHEM
elle
par Eudoxe lorsqu'il a