L'Apollon solaire

Autor
Boyance, P.
Publicado en
Melanges d'archeologie, d'epigraphie et d'histoire
Año
1966
Tema
APOLLO
Idioma
Français
Categoría
C12 Religión
Número de archivo
5034

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Sean Bay AWCE \ac € Cur Afetes L’Apollon solaire On sait qu'au xixe siècle il était généralement admis qu'Hélios et Apollon étaient des divinités au fond identiques. Comme l'écrivait Rapp, l’auteur de l’article Hélios du Jtoschers Lexikon. « le souvenir de l'identité originelle de nature entre Apollon et Hélios se poursuit à travers toute la littérature grecque} ». Il ne manquait cependant pas déjà alors de sceptiques et. Welcker se plaignait que, dans un désir de contradiction (im Eifer des Widerspruches), on eût déclaré que c'est chez Euripide que pour la première fois Apollon apparaissait comme dieu solaire?. Lui-même, polémiquant contre J. H. Voss, acceptait de constater que, chez Homère, Hélios ct Apollon, Séléné et Artémis ne se confondaient pas, mais il eroyait pouvoir établir qu’Apollon et Artémis s'étaient dégagés d'Hélios et Séléné’. Les savants du x1xé siècle, dont Welcker n'était que l'un (on pourrait citer également un Ottfried Müller, un Gerhard, un Usener‘), revenaient ainsi à la théorie des mythographes anciens. C’est que, comme eux, ils faisaient une très large part à l'idée que les dieux sont originellement les forces de la nature. - Actuellement ces vues, en ce qui concerne Apollon, sont abandonnées, bien que A. H. Krappe, en 1946, ait encore fait au moins de l’Apollon Lycien un dieu solaire d’origine anatolienne5. On trouve dans Farnell sur l'identification ApollonHelios une étude détaillée dont les conclusions sont généralement admises et il revient à l'affirmation qui soulevait les critiques 1. T. 1, 2, Leipzig, 1886-1899, col. 1996, L 7. 9 E.G. Weicker, Die griechische Göllerlehre, L. 1, Götlingen, 1857, p. 54. 3. Ibid., pp. 546 sqq. 2; MH. UsexeEn 4. O. MürLen, Dorier, I, pp. 288 sgg. ; GEHRARD, Lichiqgoltheiten, p. dans le Rhein, Mus., 1R68, p. 373. 5. Apollon dans Studi e materiali di slor. d. rel, 1943-1916, pp. 115-132,

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de Welcker : Euripide est le premier à nous la proposer! Viennent ensuite, peu après, un fragment de Skythinos de Teos? et un fragment de Timothee?. Le problème qui occupe nos mythographes est du reste désormais beaucoup moins celui plus systématique. C'est au maitre incomparable auquel je dédiai ces études de ma jeunesse, qu'il m'est agréable d’offrir ces considérations qui les prolongent. de la nature originelle du dieu que celui de son pays d'origine. 150 101 I] faut noter d'abord qu'Euripide n'est pas, comme le avis®, mais dit encore Farnell et plus récemment M. A. S. Pease’, le premier a nous offrir l'identification d’Helios et d’Apollon. Il suffirait du reste de lire avec soin le fragment de son Phaelhon, où il nous la donne, pour en avoir déjà plus que le pressentiment?. Un personnage (serait-ce Phaéthon après sa chute ? serait-ce, M. Nilsson, après Wilamowilz, frappé surtout par le rôle du comme chez Ovide, Ja Terre ? pour Wilamowitz, c'est Kluméné, dieu dans l’Iliade, comme protecteur des Troyens, songe plutôt amante d’Hélios et mére de Phaéthon) s’écrie : « Hélios au bel éclat, comme tu m’as perdu {w'ärweoxs) moi ct celui-ci; chez les mortels il t’appelle à bon droit Apollon, celui qui sait les noms silencieux des divinités! » L’étymologie d’Apollon Est-il purement gree ? Vient-il du nord ? Le mythe de ces Hyperboréens, auquel il est intimement lié, en paraît l'indice à Farnell#. Cook veut qu'il ait depuis le Danube suivi le chemin de l’ambre®. MM. Rose, Guthrie sont de cel à des origines asiatiques’. Notre dessein ici n'est pas de reprendre ces importantes questions. Nous ne songeons pas à contester la différence originelle d’Helios et d’Apollon et nous n'avons pas de théorie à proposer sur le lieu de provenance de celui-ci. I] est seulement d’essayer de préciser la date et les conditions dans lesquelles s’est faite l'identification des deux divinités et d'en tirer certaines leçons de portée plus générale. On ne met guère en doute aujourd'hui le plus souvent qu'elle soit de nature savante, philosophique même, mais on ne songe pas toujours à reconnaître avec précision quels sont ces philosophes qui sont surtout à rendre responsables et quelles raisons les ont conduits. Or si elle — -Anddrwy < arorAdcba. — est le biais par lequel s'opère l'identification. Or l’on constate qu'elle est le fait non pas du vulgaire, mais de « celui qui sait les noms silencieux des divinités ». Que faut-il entendre par cette expression assez singulière, « les noms silencieux » ? Je pense que cela signifie « des noms qui se taisent pour le profane », mais qui parlent aux savants. Ceux-ci sont capables d’appliquer à Hélios ce nom révélateur de sa nature. Évidemment la victime d’Helios, Phaéthon ou Kluméné, est très en faveur chez les stoïciens, ceux-ci ne sont en la déforme ou parodie sous l'effel de son désespoir l'attitude de ces gens, veut retourner contre le dieu cruel le nom véritable matière {comme en bien d’autres) que des héritiers el des qui est le sien pour les initiés ; mais tout ceci suppose l'existence continuateurs, comme ils le sont, du reste, pour l’ensemble de leur théologie astrale et c’est ce qu'il faut montrer avec quelque détail. Je reviendrai ainsi sur des textes et des idées déjà indiqués autrefois dans mes Etudes sur le Songe de Scipion, mais en les complétant et en les présentant, sous un jour plus historique et BENNE 1. L.R. Farserı, The Cults of the Greek States, t. IV, 190. pp. 136 sqg. . SKYTHINOS DE TÉOS, ap. Puur, De Pyth. Orac., c. 16. . TIMOTHEE, Fr. 13 BERGK. . Op. land., p. 102 sqg. A. S. Cook, Zeus, t. II, Cambridge, 1925, pp. 453-459. ’ 6. N. J. Rose, cité par W.K. CG. Guthrie, The Greeks and lheir Gods, Londres, Last pp. 74 sqg. et 204. 7. En dernier lieu, Geschichte der griechischen Religion, dans le Handbuch der „Wlertumswissensrhaft. t. 1, 2e éd, Munich. 1955, p. 559 ıp. 563, n. 2, discute la these de l'origine septentrionale. Cf. H. GALLET DE SANTERRE, Delos primilive el archaïque, Paris, 1958. je 135, n. 2. de Ges derniers et de leur méthode d'interprétation. | Euripide est donc le témoin d'une exégèse qui lui est antérieure. Mais avant lui la tragédie nous en offre un autre, qu'on s'étonne de voir ignorer par trop de mythographes et qui n’est pourtant pas moins qu’Eschyle, en plusieurs passages. Le plus intéressant est une pièce perdue, sa tragédie des Bassarides, qui, selon Haupt, était la seconde pièce d'une tétralogie sur le mythe de Lycurgue, l'ennemi de Dionysos, tétralogie qui comprenait en outre les Edoniens, les Jeunes gens (Neaviaxot), et un drame satirique intitulé Lycurgue. Dans les Bassarides, on voyait au soleil levant Orphée monter sur le Pangée, v adorer 1. Edition du De natura decrum de Cictrox, t. IL, Cambridge tl SA, 1958, 2. Frag. 775 : & ulhıgeyyie "Hr! bz u'dndheor: zat mad’, ATOME Oey Beozoïs hd: Kadet. Gams Tk otyovr? Svduxe olde Sauve,

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Helios comme le plus grand des dieux {uéyiorov zv Oev) et lui donner aussi le nom d’Apollont. On voil tout de suite l'intérêt de cette notice rapprochée du fragment d’Euripide. Elle nous Le ze que Paul Mazon traduit « qui est aussi » pourrait signifier 152 confirme le caractère savant de l'identification. On ne croira pas volontiers avec Toepffer autrefois qu’Eschyle ait connu cette légende au cours de son séjour en Thrace?. Orphée apparaît comme sachant appliquer à Helios les otyüv+’ òvógara dont parle Euripide. Et ceci nous oriente dans une certaine direction qui n'est pas celle de légendes locales et populaires. Krüger, Wilamowitz ont appuyé sur ce témoignage leur vue d'un orphisme qui aurait d’abord été plus apollinien que dionysiaque, Orphée étant en fait peut-être, dans les Bassarides, la victime des Ménades thraces pour sa résistance à Dionysos’. Laissons de côté cette discrimination entre orphisme et dionysisme, selon nous plus spécieuse que solide — mais ceci n’est pas notre probleme présent —, pour ne retenir que l'identification Apollon-Hélios. Mise par Eschyle dans la bouche d'Orphée, elle se retrouve de fait dans plus d’un fragment de la littérature orphique et d'abord dans les Hymnes VIII et XX XIVE Il est Apollon, dieu jadis exilé du ciel! ». Ici peut-être peut-on discuter. simplement « et aussi » et ne faire que coordonner le Soleil et Apollon, comme nous les trouverons associés dans les Lois de Platon?. Quant au troisième des grands tragiques. Sophocle, il ne semble pas avoir fait allusion dans ce que nous avons de lui à l'identification d’Apollon et d'Hélios. Mais il sait dans les fragments 1017 sqq. de Nauck que les sages (oi odor) appellent le soleil « géniteur des dieux et père de toutes les choses? », lui assignent donc un rôle prépondérant dans leur théologie ct leur cosmologie*. Qui sont ces sages ? Dieterich conjecturait que ce pouvait être Héraclite; Krüger et Reinhardt pensent aux orphiques5, Nous allons voir qu'une autre direction de recherche a pour elle de bien autres probabilités, Remarquons déjà que dans un autre passage, dans l'Électre, v. 62, on voit réapparaitre à nouveau « les sages ». Ceux-ci se livrent au subterfuge de se faire passer pour morts afin d'être ensuite honorés, quand ils reparaissent”. On a pensé à Zalmoxis et à ce qu'en conte légitime de penser qu’Eschyle n'a pas inventé de toutes pièces Herodote®. Mais le scoliaste parle de Pythagore’, dont pour sa figure de l'aède fabuleux et a dû s'inspirer de cette littérature Hérodote Zalmoxis est du reste l'élève, et Hermippe avait en effet attribué au sage de Samos le même trait! orphique, qui ne s’est pas créée un jour ex nihilo en un clin d'œil, quand Platon en constatera l’abondance multiforme’. Moins importants sont deux autres textes d’Eschyle, mais dont on doit s’étonner plus encore qu'ils aient été souvent ignorés des historiens des religions, puisque eux sont dans ce que j'appellerai l’Eschyle conservé. Il s’agit d’abord des Sep! contre Thèbes. où le chœur parlant de l’Achéron l’appelle « la rive ignorée d’Apollon, la rive sans soleil®-». Dans les Supplianies, le chœur salue « les rayons sauveurs du soleil » ; Danaos complète alors, selon la traduction de Paul Mazon : « Qui est aussi le pur 1. V. 213 qq. : N xakhoügev «dyas ‘HAlov surmplous > dyvév T° 'Arékho, puydd’ dn’ obpaved Ozóv. 2. Cf. infra, p. 15 sqg. 3. Ap. Acnıtı.. Comment, in Aral., p. 35, Maas : “ID olutipots dud, <év> ol gopol Aéyouar yewytyy Gedy natépx <TE> MkvTwV. 4, Abraxas, Leipzig, 1891, p. 55. 5. KRÜGER, op. laud., p. 33; K. Retsuarpt, Kosmos und Sympathie, Munich, 1926, p. 357, n. 1 (il s'agirait de Phanés). 6. Selon PARMÉNIDE (Doe. L., IX, 22 = Vors., 1, p. 138, 12) les hommes sont d'abord nés du soleil. W. BurKERT, Weisheit und Wissenschaft. Sludien zu Pythagoras, Philolaas und Platon, Nürnberg, 196%, p. 263, y voit une trace d'influence pytha- 1. M. Haupt, De Aeschyli Lycurgia, 1896. Le texte du fragment est PseupoERATOSTHENE, Cataslérismes, 24 (Test. 113 des Orphicorum fragmenla de Kran). 2. Attische Genealogie, Berlin, 1889. Cf. toutefois M. P. Nirsson, op. laud., J, p. 650. 3. A. Krücer, Quaesliones orphicae, diss. de Halle, 1934, pp. 30 sgq.; U. von WILAMOWITZ-MOELLENDORFF, Der Glaube der Hellenen, Berlin, 1932, 11, pp. 192 sqq. 4. Voir aussi les frag. 62, 172 et 297 KERN. 5. Rep.. II, p. 364 e. 6. V. 859 : tay do716 ‘rw, Tv Zvadtov. Trad. P. Mazon. Ce texte et Ir suivant sont cités par Félix BUFFIERE. Les mythes d'Ilomère el la pensée grecque, Pari. 1956, pp. 189-190. goricienne. 7. Electre, v. 62-64 : ¥5y yèe cldov molds nal tobs copods ddyo pairs Ovpoxovtag el’, rav Béucuc Elmar ate, Errerlunvrau mhéov. 8. Htroporte, IV, 95. Cf. Le eulie des Muses cher les philusnphes grecs, Paris, 1936, p. 134. 9. Schol. Soph. El. 62 = Sumas, s. v. ¥%8y. CH W. Burkert, op. laud., p. 140 et p. 136, n. 257. Burkert se prononce pour Vallusion à Pythagore, 10. Ap. Dios. L., VIII, 41.

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Pour conclure sur ces textes de la tragêdie attique, on voit qu'elle connaît l’equivalence d'Apollon et d’Helios, de plus que cette équivalence est manifestement. donnée comme le fruit de spéculations savantes. Eschyle prononce le nom d’Orphée. Pour le Phaéthon d’Euripide, Wilamowitz parlait d’orphisme. Mais l’orphisme à cette date est, quoi qu'on en ait. dit, souvent difficile à distinguer du pythagorisme, vers lequel vont nous orienter d'autres témoignages. De fait, si nous examinons les hymnes orphiques VII et XXXIV, nous les trouvons emplis de considérations musicales', dont l’origine est dans la théorie pythagoricienne de l’harmonie des sphères. Ces hymnes sont bien tardifs, on le sait, mais sur ce point, comme sur d’autres, ils reflétent des spéculations plus anciennes. Nous rencontrons d’abord sur notre chemin celui qu’on nomme parfois comme le fondateur de l'exégèse allégorique de la mythologie, Théagéne de Rhegium, que Tatien donne comme contemporain de Cambyse?. Selon lui, Homère nommait le feu Apollon, Hélios et Héphaistos, de même que l’eau Poséidon et Scamandre, la lune Artemis, l'air Héraÿ. On remarquera que chez Théagène la base de ces identifications est fournie par le texte homérique et par les mythes qui nous montrent les interventions des dieux : la mention du Scamandre est à cet égard significative. Comme l’a bien vu autrefois Decharme*, Théagéne commentait la bataille des dieux au chant XX et justifiait ainsi un des épisodes les plus discutés de l’Jliade. D'autre part il s’agit d’appeler Homère au secours de la philosophie ; car c'est la théorie des éléments qu’on prétend retrouver en lui. Ceci a parfois fait révoquer en doute l'ancienneté et l’authenticite du fragment, puisque Empédocle est l'auteur de cette théorie. M. Wehrli a souligné l’analogie de la scholie de Porphyre a laquelle nous le devons et du De uila el poesi Homeri faussement attribué à Plutarque, où il est parlé aussi de l'accord et de opposition des éléments en termes voisins dans un esprit qui 1. Cf. mes Eludes sur le Songe de Scipion, Bordeaux-Paris. 1936, p. 91 (désormais Études). 2. Discours aur Grecs, 31 (= Dies, Vors., Test. I). Cf. B. LaAQUEUR, art. Thetgenes 9, in P.W, V, A, 2, 1934, col. 1347. 3. Frag. 2 Diets (= Schol. Hom. B à Y = Porpnyre, I, 240, 14 SCHRAD;. 4. P. DECHARME, La critique des traditions religieuses chez les Grecs, Paris, 1904, pp. 273-275; Jean Péprx, Mythe et allégorie. Les origines grecques et les conleslalians Juder-chreliennes, Paris, 1958, p. 92. 155 L’APOLLON SOLAIRE P. BOYANCE subi serait, là, stoicien!. Assurément l'expression peut avoir éne quelque déformation. Mais il n’est pas surprenant que Théag ait pu connaître la théoric des éléments, alors qu'elle se formait. et non Aussi bien est-il question chez lui de feu et de lune, euse rigour la pas seulement d'eau ou d'air : on ne retrouve pas ène l'héag quadripartition d’Empedocle. Par sa patrie d'origine, orismeé, apparaît comme ayant pu subir l'influence du pythag d interpréter ainsi qu'on l'a plus d'une fois pensé? et la méthode uée, Homère par la philosophie est celle que la secte a pratiq ne*, Elle comme le montrait récemment fort bien M. Détien ère suppose un milieu où l’on voulait garder la sagesse d'Hom e. savant pensée la de Lout en faisant place aux innovations Hélios et n Est-il besoin d'ajouter qu'en ce qui concerne Apollo invite cela est confiriné par tout l'ensemble cohérent qui nous et tion l'équa de ne l'origi me à chercher du côté du pythagoris tion que à confirmer par unc analyse plus discriminatoire l'intui des Rostagni appuyait déjà sur des textes accumulés, souvent examen plus instructifs, mais qui devraient gagner encore à un | . plus précis‘ ? ée A cet égard une place de choix doit, à mon avis, être accord il convient à un auteur sur lequel j'ai déjà insisté, mais sur lequel de Chios?. de (Enopi ien de revenir, l’astronome et mathématic l'obliquité par uait D'après Apollodore, cité par Macrobe, il expliq Cela de l'écliptique l’epithete de Loxias donnée a Apollon®. — en, ~ Hamers im Allerlum, LE. Weunu, Zur Geschichte der allegorischen Dentung pp. 98-99, on de J. PEPIN, Op. laud., diss, Bale. Leipzig, 1928, pp. 89-91. Cf. la discussi icienne, Paris, 1915, p. 115; pythagor re lillératu la sur Elades . 2. A. DecatTr | p. ot laud.. op. , WEHRLI F. 1347; R. Laguecr, loc. laud., col. el philosophie dans le pytha3. M. Dériexxe, Homère, Hésiode el Pythagore, Poésie | 1962, pp. 65 sgg. yorisme ancien (coll. Latomus, LVII), Bruxelles, 1924, p. 226, renvoyant a PLUT.. Turin. , Pitagora di Verbn Il i, Rostaëx A. “4. ap. Sros., Eel. Phys, 3, 21 W: De Iside, 354 f. ; PoRPuYRE, De absiin., 11.36 ; Puur, 4: 6: 12; Anon., Vit, Plat, 11, mens., De Lypus, ; a 143 Nico. in Phol. Bibl, p. = A, 23 Dies. En fait ces textes 11, p. 389, 48 WESTERMANN, et. MÉNANDRE, 1, 22 tantôt aux deux. Rostagni croit identifient Apollon tantôt à l'Un, tantôt au Soleil, | pythagorieien, Aoyos un dans figuré auraient cations identifi ces que » dans le Cratyle, dans la Revu phron d'Euthy système « Le sqq.; 9 pp. 5. Études, Kurt 1 article Oinopides, de des ét, gr., LIV, 1941, p. 155. Voir sur Œnopide surtout vivait dans le 3° quart du e Œnopid sgg. 2258 col. 2, von Fritz dans le P.W, XVH, le rapproche d'Hip- Kurt von Fritz ve siècle. D'après Diodore il est allé en Égypte. i el omis dans le livre récent sur pasos de Métaponte et d'Hippon de em. En J. Pépin, mais cité par F. Buffiere, p. 159. ‘allégori alur, ul ail Oinocognumin hoktas : 7 29, {Vors., Rl 1,17. A Saturn, Ban En) dvatokac, Id esl quod pides. Ot. éxnogebeTx rdv hoëbv winhov amb obliquum circulum ub ocrasu ad orienlem pergil.

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suppose naturellement l'identification de celui-ci avec Hélios. Mais Œnopide est avant tout un savant, qui eut Hippocrate P. BOYANCE que qui intervenir le mythet et que c'est. 14 l'élément caractéristi nt qui rteme justifie de les identifier, car il s'agil de ce compo découvertes cherche l'unité de la tradition religieuse et des comme élève. Il est donné comme ayant découvert précisément d’Achilles a donné à penser qu'il était de ces pythagoriciens, ou plutôt qu’il était ce pythagoricien (car nous connaissons la valeur réelle de ces pluriels) qui professait que la Voie lactée était l’ancien chemin du Soleil que celui-ci aurait abandonné quand il se détourna du festin de Thyeste?. M. Burkert a contesté récemment que le rapprochement eût la valeur contraignante que lui attribuent, après Diels, M. Kurt von Fritz et moimême. La rencontre des « pythagoriciens » d’Aristote et de lŒnopide de l’/sagogè n’entrainerait pas nécessairement leur identité puisque aussi bien la même doctrine nous est encore donnée comme celle du démocritéen Métrodore de Chios‘. Est-ce correctement raisonner? Puisque les pythagoriciens anonymes d’Aristote — qui avaient nécessairement un nom — ne peuvent être ce Métrodore, qui est démocritéen, tout en professant la même doctrine ou une doctrine analogue (la Voie lactée produite par une déviation (r&podos) du Soleil), il reste qu'ils soient Œnopide, seul attesté comme professant aussi la même idée. I convient d'ajouter aussi et surtout que, à la différence de Metrodore, et les pythagoriciens d’Aristote et Œnopide font Lo scientifiques, ici astronomiques. l’obliquite de l’écliptiquet. Il invoquait ainsi le mythe à l'appui déjà cité Mais Aristote, dans le passage de la Méléorologie in de ses découvertes ou, pour mieux dire, voulait présenter celui-ci comme son précurseur. Mais ce n'est pas tout : le rapprochement d'un texte de la Méléorologie d’Aristote et d’un passage de l’Isagoge à Aratos 157 L'APOLLON SOLAIRE gede TRON 156 5 onne une et relatif à « ceux qu'on appelle pythagoriciens », menti fait, elle. autre explication mythique de la Voie lactée qui mis avec a re Buffie é L'abb intervenir le mythe de Phaëthon*. j'irai Mais pide?. raison ceci en rapport avec le Phaéthon d’Euri a ent pu, plus loin que lui et je dirai que celui-ci non seulem a du étre mais, d’après les textes allégués par lui el par mol, ons que Ajout ns®. au courant des spéculations des pythagoricie Timée le Platon nous offre des confirmations précieuses. Dans i de la d'abord. Platon appelle le mythe de Phaéthon à l'appu dans les corps thèse que parfois une rapdhalrs se produit intervalles de célestes qui circulent autour de la terre. A des temps largement espacés, Lout ce qui est sur la terre périt par napanrnsic ? Platon en la surabondance du feu5. Qu'est cette parle aussi dans cette « fantaisie astronomique » qu'est le mythe du Politique’. Mais il vient justement cette fois de mentionner interversion du le mythe de Thyeste, destiné a expliquer une dans une note coucher ct du lever du Soleil. Albert Rivaud, de son édition du Timée, estime qu’ « on voit par les Platon textes de r une que l'on avait, dès le ve siècle, essayé de donne astronoexplication rationnelle de la légende d'après les faits ~ 1. Aristote ne parle que du mythe de Phaéthon invoquê par le premier groupe de Thyeste invoqué par nopice À pythagoriciens, mais ce qui est dit du mythe de à celui d’Achilles, il est visible texte son e compar on Si e, exactement le même caractèr 1, EUDÈME, frag. 94 Sp. (Vors., 29, 7). Cf. T. L. HEATH, Aristarchus of Samos, the ancien! Copernicus, Oxford, 1913, pp. 130 sgg.; E. Frank, Plato und die sogenannten Pyihagoreer, Halle, 1923, pp. 70, 359; Abel REY, La jeunesse de la science grecque, © Paris, 1933, pp. 409, 441, 446. 2. ARISTOTE, Meteor., 1,8, p. 345, a 13 (Vors.. 29, 10) : Tv pèv obv xxAovuéveov [u0ayopelov pact rives 686v elvar rabrnv (la voie lactée) of pév Tv ixmecévruv tivdg Kotpwv ward THY heyouévnv ext Dafbovros phopdv of 8E tov HAov Toörov tov xixaov qépecbal more paouv olov ody Staxexxdobar rdv ténov voörov Á vt Totobtov Ao merovOdvat ndog dnd Tic pbopis xurod. Maas. AciILLES, Isag. ad Arat., 24, p. 55, 18 (Vers, 29, 10) : Eregov Bé oxow dv gor at Oivoriôrz 6 Xine Gt. mpdtepov Oi tobzov (id est tod ydkaxtos) Epstero 6 Atos, Bik DE TX Ovdorera dsinva drestoken nal thy évavelav vor menoinrat megrpopdv. Fy vov reprypioe & Cobtaxc. 3. W. Burkert, op. laud., p. 301, contestant mes Eludes, p. 96, ainsi que K. von Fritz, art. Oinopides in P.W., XVII, col, 2259, et que Drecs, Vors., 29, 10. 4. Ant., 3, 1, 3 ‘Vars, 70 A 13), qu'il a abrégé. 2. Loc. laud. 3. Op. laud., p. 188. ss nn dont Platon peut se souvenir aussi 4. Quels peuvent être ces pythagoriciens, de songer au groupe d Archy as, raison cette pour naturel serail dans le Timée 2 11 qui exalte le rôle de celui-ci : Soleil, le sur t fragmen dont nous avons, de fait, un s Ever nal PIX Ble ant Babaruö Soleil le ap. JAMBLIQUE, Proireplique, 4, pp. 16-17, a val vof, bbe even a : Lyéviwy © bevat ze yas à ar mivea od vewvir ag UE per Alovzorog, tat py Gemu zal Heisse wal ve l tokgeva Be yew20ev7x és comme apocryphes. En ynsidér con ement général sont osplxs) ments (dun Tegì République dil du Soleil dans la tout cas on ne trouverait dans ce que PLATON avec ces vues originales. ou dans le T'imée rien qui soit vraiment identique 5. Time. p. 22 ed. L, Eludes sur la fabulation _ u plaisnicienne, Paris, 1947 (Le 6. P.-M. ScHUH 269 e ; mention du mythe de Thyeste : mythe du Politique), p. 89. Poliligue, p.

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159 Helios!. En réalité cela ne parait pas exact sous cette forme I] semble avoir ignoré le texte de la Météorologie qui aurait précise. Il n'en est pas moins vrai qu'il les rapproche et qu'il confirmé en effet son hypothèse, mais l’aurait obligé à en chercher les éléments du côté des pythagoriciens dûment allégués connait et, dans les Lois, partage une doctrine qui met Apollon par Aristote. Ce n'est probablement pas le seul emprunt de ce genre que Platon fait aux pythagoriciens et singulièrement à Œnopide. J'ai déjà mis en évidence que, pour un autre mythe, homérique celui-là et fameux, destiné à une singulière fortune auprès des exégétes philosophes, celui de la chaîne d'or, à laquelle au chant VIII de I’Iliade Zeus suspendit Hera, Platon donne des exégèses symboliques dont l’une identifie la chaîne au Soleil?; qu'en un autre passage encore il fait allusion à un système du monde qui donne au Soleil une place dominante. J'ai proposé de voir là autant de références à (Enopide®. Ce qui paraît sûr est que la découverte de l’écliptique, en permettant d'expliquer les saisons, a souligné le rôle essentiel joué par le Soleil dans la vie terrestreÿ. Le « merveilleux arrangement des saisons » est donné dans les Lois de Platon comme un des grands arguments en faveur de l'existence des dieux$. Aristote, dans un texte très curieux de la Métaphysique, fait « du soleil et de l'écliptique » une des sources de la vie de l’homme’. Nous venons de parler de Platon. On trouve chez les néoplatoniciens, chez Macrobe, c'est-à-dire, selon toute vraisemblance, Porphyre, auteur d’un traité célèbre sur le Soleil. chez Proclus l’indication que Platon aurait identifié Apollon et ‘eg miques! », Est-ce un effet de son parti pris antipythagoricien ? i d en rapport avec le cosmos en général et Ie Soleil en particulier. Mais je crois que, pour le comprendre, il convient de dire auparavant un mot de Philolaos, autre pythagoricien, mais dont la cosmologie ne devait pas se confondre avec celle d'Œnopide. Philon d'Alexandrie et Lydus, avec des variantes dues à l'inexactitude du premier?, nous ont conservé la notice que les pythagoriciens avaient consacré le nombre sept au « chef de l'univers ». Philon apporte à l'appui de cette affirmation un fragment de Philolaos : « I] y a un dieu qui est le chef et guide du tout, qui toujours est un, qui est stable, immobile, semblable à lui-même, différent des autres? ». Ce dieu n'est pas nommé 1. Macroge, Sat. 1, 17, 7: Procuus, Theol. Plat, VE, 12 Proclus rapproche Platon en cela d’Orphée). 2, Cf. mon article Études philuniennes, dans la Revue des éludes grreques. LXXVI, 1963, pp. 91 sqg. 3. dome Yde, onoiv, Fyepdv zat dovwv dravrwv, Debs, ef: det civ, pévmos, dxivnroc, abrös Exut@t épotoc, Erepos av ray (PHIOoN. De opif. mundi 100, COHN-WENDLAND, I, 34); (Lynus, De Mensibus, 11, 11, p. 34, Wernscu;. L’authenticité de ce fragment a été très controversée. Parmi les commentateurs récents. on retiendra que Mme TimPANARO-CARDINE dans son édition des fragments des pythagoriciens dans la Biblioteca di Studi Superiori, t. 11, Florence, 1962, p. 238, le place parmi les frammenti dubbi; il est considéré comme authentique par RoscHer, Die Hebdomadenlehren der griechischen Philosophen und Arzte, dans les Abhandl. d. sachs. Gesellseh. d. Wissensch.. 24, 1906, VI. pp. 38 sqq. ; et par K. REiNnarprt, Parmenides and die Geschichte d.g.P.. Bonn, 1916, p. 248. 11 est condamné par WILAMOWITZ dans son Plalon, 2¢ éd., TI, p. 89, et par E. Frank, op. laud., pp. 324 sqg. Selon Mme T.-C,, il y aurait là une manipulation d'éléments prthagoricien: avec des adjonctions et des déformations néopythagoriciennes :?;. M. BURKERT, op. laud., p. 232, 1. Éd. de la Collection des Universités de France, p. 133, n. 1, Il ne rapproche pas non plus l'allusion au mythe de Thyeste dans le Politique. n. 57, trouve que les mots adté¢ ExuT&t Öporog. Étecoc vv &XAwv font penser 2. Iliade, VIII, v. 18 sgq. Ce mythe est à l'origine de la conception capitale, dans PLATON. Il me semble que notre explication de l’Erspos zv &Awy doit permettre de répondre à cette objection. L'opposition de l'un soit à la multitude (7X 702A), soit à l’autre (tx &AAx) a pu être formulée dans le pythagorisme antérieur à Platon, la cosmologie et la théologie néoplatoniciennes, de la oeupd. Omis dans le livre de Buffiére, il a fait l'objet d'une excellente étude de Pierre LÉVÈQUE, Aurea catena Homeri, une étude sur l'allégorie grecque, Paris, 1959. Cf. Theelete, p. 153 bec (... Thy xpvoïjv oelpav de obötv do À tov HAov “Oreos Agvet). 3. Cratyle, p. 413 8. 4. La « doctrine d'Euthyphron » dans le Craiyle, pp. 155-156. 5. La religion astrale de Platon à Cicéron, dans la Revue des études grecques, LXV. 1952, pp. 347 sqq. | 6. Lois, X, p. 886 a; cf. VI, p. 782 ab. 7. Mel, XI, 5, 1071 a 13 : dvOpdrov alrıov th te ototyeix… ds Chr zal zb Yrov eldog, zat Erı mi dro EE olov & marhe, xt naga Taüra 4 Hog vat à 2055 xúxkog (non cité dans mon article de 1952 mentionné p. 10, n. 5). Cf. De gen. corr, 11, 10, 336 a 31 : Aud zal oby h rpm popk altix dott yevéoewc val dog, EIN ñ „ard toy AoEov xbxov.. Dalvera: SE zot ward Thy aloOyow duoroyodusvx Tnic rap’ uv Adyors * OpGpev yap St tmeoctdvtog uèv TOD HAlow yévesic dor, ériovrnc 8 pOtorc... j de manière suspecte aux concepts utilisés dans le jeu dialectique du Parménide de si l'on admet que cette école a vu dans la monade quelque chose de supérieur à la série des nombres, parce qu'elle en-est l'élément constitutif (ef. PLuTARQUE, De Iside, 381 f; Prorin, V, 5, 6 : les pythagoriciens appellent Un Apollon &rooioet av TOAAGV). Quelle valeur convient-il de donner à Oec? Selon Mme Timpanaro- Cardini, le mot a valeur non de sujet mais de prédicat. Le sujet serait l'hebdomade, à laquelle seraient attribués les pouvoirs et les attributs de la décade (?) et du nombre en général. On se demandera d’abord comment &dou%s qui est du féminin pourrait bien avoir des attributs au masculin. Surtout Mme Timpanaro-Cardini n’a pas pris garde aux rapports exacts de l'Un et de I'hebdomnde dans ces textes de Philon et de Lydus. Apollon s’identifie lui-même à l'Un, non à l'hebdomade qui lui est seulement consacrée, parce que l’hebdomade est image (elxav) de l'Un. Celui-ci est le 6 mpeoOstegos Xpyev uxt Hyepdv (c'est-à-dire reeo6vregoc que l'hehdomade!}, mots qui appellent la citation de Philolaos, appuyant cette definition de "Un (uagruge! 8! pov to Adyw vat Drrdrx0¢ ev TobTouc..),

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As az Via P. BOYANCE par Philon et pourrait sembler ne l'avoir pas été par Philolaos. Pourtant Lydus citera le même fragment de Philolaos d'après une source qui paraît indépendante de Philon et, nous l'avons montré récemment, plus correcte! Les pythagoriciens consacrent au «chef de l'univers » non pas le nombre sept, mais l'hebdomade, ce chef de univers étant lui-même l'un. Or cet un, selon Lydus, un vers d’Orphée le nomme « l’hebdomade qu’a chérie le prince Apollon qui agit au loin ». Lydus rappelle qu'il a cité plus haut l'élymologie ano té&v roM&v, et c'est dans un passage où il a identifié Apollon, le Soleil et l'Un?. C’est alors qu'il fait intervenir le fragment de Philolaos. Une confirmation précieuse de l'ancienneté des éléments de la notice de Lydus nous est fournie par Plutarque, où nous voyons que l’hebdomade est consacrée au Musagète? Il ne peut guère être douteux que le « prince et chef » de Philolaos n’est autre qu’ Apollon, et Philolaos Je dit presque en fait, si nous interprétons bien les derniers mots: « autre que les autres ». C’est une allusion étymologique au nom du dieu très proche de celle que Lydus nous présentait, : and r&v moaAdv. Si Philon ne l’a pas rappelé, c’est que l’auteur juif a une tendance naturelle dans ses emprunts aux Grecs à éviter les noms de leurs dieux. On sait que le système de Philolaos met au centre de l’univers non pas le Soleil, mais un feu central, dont certains textes nous disent qu'il l’identifiait 4 Hestia. Ce feu central est l'Un, mais il a d’autres noms encore, également attestés : « Maison de Zeus », « Mère des dieux® ». C’est ainsi que pour Théagène le feu était à la fois Apollon, Helios et Héphaistos®. L’identification bien connue à Hestia n’est donc pas une objection à son identification avec Apollon. Par contre la cosmologie même du soleil — gravitant de Philolaos avec ses sphéres — dont celle pouvoir admettre den autour de ce feu central ne parait pas avions decouverte chez tification Apollon = Helios que nous ; inopide. von rôle un s à Apollon 7 Philolaos n'en donnerait pas moin nt & rapprocher de ce ane Ni mique que nous avons maintena dieu’. I] n'est pas nut ° de Craiyle de Platon nous dit de ce de montrer que are on rappeler auparavant que j'ai essayé tante aisistes donne logies souvent jugecs purement fant dialogue se référent en réalité à une conception Py nae nis « dieu », Gedc, est une allusion au mouvement des corp Or il est remarquable, ainsi que je l'ai signalé, que, lequel la Terre aussl men à la cosmologie de Philolaos pour lui-même est dans le Cra ve autour du feu central. Mais Apollon spécialement et à jus ° le sujet d’un passage qui attira tout Apollon y apparait comm titre attention des néoplatoniciens*. l'astronomie. Platon in oque présidant a la fois à la musique et à dans la musique et | astrola doctrine de « ceux qui sont habiles nous le dit dans la Reps nomie® ». Or on sait — et lui-même es deux disciplines sont par i. blique — que ces personnes pour quic e considérées comme parente: culièrement précieuses, et du rest grecs, Paris, hes s grecs, Mus s che z les philusophe pp. 404 sgg. Voir Le cuile des Muse » A n tri Con le. Craly le ipr, Essai sur > Euth 1936, or. 179 260 ie Gozpscum doc Bovanck, La =« doctri ;ANCÉ | e la 1. Etudes philoniennes, p. 92, Philon se trompe en attribuant à « d'autres philod'Aristote, attribue à juste Litre à Philolaos, la notice sur la Nike sans mère ct Vierge, c'est-à-dire Athéna. 2. De mensibus, II, 4, p. 21 Wuenscu. Sur cette étymologie, A. RosraGnNi, loc. laud., et A. DELATTE, Etudes sur la lillerature pylhagoricienne, Paris, 1915, p. 144. 3. PLUTARQUE, Quaesl. conu., p. 738 d. 4. J'ai montré que dans un texte des Quaestinnes in Genesim il est fait une claire allusion à l’Apollon Musagète en ces termes : « ipse deus uerbum (id est : »óyos) harmonine dur princepsque... » (Qunest. in Gen. IV, 110). Dur princepsque, à travers l’arménien, correspondent manifestement à &eywv xxl Tyeuov (Les Muses el l'harmonie des sphères, Mélanges Felir Gral. t. 1, Paris, 1946. nn. 7-8). 5. A, 16 Diets, Cf. TIMPAXARO-CARDINI, p. 148 = AET. Il, 7, 7. 6. Cf. supra, p. 154, n. 3. après ° terre elle aussi figure pan oes passage méme de Platon, la ne peut étre une ina ve an ‘ corps célestes qui se meuvent*. Ce gé de songer très précis ment de l’auteur et on est dès lors obli pen pensé je Platon, Par P. is. 1940, pp. 125 sq; g. p. 75,n. . Benken?, . 147 807. CEN Vasey en . Fee sophes » qu’aux pythagoriciens ce que Lydus, confirmé notamment par l'autorité Ni place à la divinité es corps de univers, donnant une grande res? Celle du nom meme e célestes et à leurs révolutions circulai s ee es! in 12, d'accord avec moi au moins EUT le pythagorisme de ce passage. 2. Op. cit, pp. 145 sqq. , 11,9, 293 a 20- 6 OTK , De caelo parie arte ARISTOTE dic , ,dont d'Italie ici nsd'Italie Les pythagoricie Ibid. Les 4. a À s, très bien montré croi je l'a, e comm laos, Philo de 24, professent en fail le système anime | BurKERT, op. laud., pp. 316 99. Arie \W_ a ir le sur Nole ma dans notamment ent ELIr, à 5 Comme je l'ai aca sugeeré COURC | P. ile voir : Soleil, le sur y hvre > ité de Porph Sur le traité 122. Sur XX, 1951, p. 422. i ssi thèse, 194%, PPT N Paris, , odore Cassi à be Macro de ent ‘hes lelires grecques en Occid nieiennes erven A Pécho quon en trove onato ves Particulièrement intéressant est iciennes op wil conserve trace des Sp culations 12: et avec le ienné goric pytha tys tétrac la rapport avec Apollon, delphique mis en . u . : , Soleil. povourhv mal AOTEOUVOULAV. 6. Cralgle. p. 404 : ot Moutyot Teel

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l’une de l’autre, ne sont autres que les pythagoriciens?. Ce texte profond, liés tous deux à l'idée pythagoricienne de l'harmonie des sphéres?. 162 du Cratyle est généralement considéré, toul comme le mythe de la République?, comme faisant écho a la célébre doctrine — pythagoricienne au témoignage d’Aristote — de lharmonie des sphéres®. Il y a dans un fragment de Philolaos sur ]’Un au milieu de la sphére une expression curieuse qui s’explique précisément par la musique“. C’est quand il dit du foyer central, de Un, qu'il est « le premier accordé » (zò mp@tov &puoodev). Cela s'explique, comme je l’ai dit autrefois®, par la position médiane dévolue à ce principe. C'est une pratique des musiciens grecs attestée par Dion Chrysostomef, mais déjà connue d’Aristote’, de commencer par accorder la corde située au milieu de la lyre, la mése, avant de régler sur elle les autres cordes?, La mèse joue ainsi un rôle de lien, de oivèeouoc ; W. Jaeger a signalé autrefois® les origines pythagoriciennes de cette idée du oúvdeogoz dans le Problème XIX de la collection aristotélicienne. En conformité avec ces vues de Jaeger, le feu central apparaît aussi chez Philolaos comme ovvoyny... púoews!?. I] reste évidemment difficile de comprendre comment l'Un, qui devrait être simple par definition, peut être dit le résultat d'un accord. La même difliculté se rencontre dans l’explication donnée récemment, et qui veut reconnaître là l’harmonie héraclitéenne des contrairest. Cette explication de surcroît ne rend pas compte du mot essentiel pörov, celui qui est lié à la fonction éminente de la mese, Ol im G2 ay ee mot dont je pense avoir donné la raison d'être et le sens . Rep., VII, 530 d, . X, 617 b. . De caelo, II, 9, 290 b 12. . Frag. Vors., B, 7 = STOBÉE, Ecl., I, 21, 8. . Études, p. 99. L'explication donnée par Mme Timpanaro-Cardini (qui ignore la nôtre), p. 215, par l’union du pair et de l’impair et le rapprochement avec le rg@rov ëv de la Métaphysique, XII, 6, n’explique pas la notion même qu’implique l'äsooÿév, et le nea@rov Ev est évidemment autre chose que le mpdtov &puooûév. Celui-la est PUn, premier des nombres, et le rp&tov &puooëév est le « premier accordé ». 6. Or., LXVII, 234 Dino. 7. Textes cités, Études, p. 98, n. 2. 8. La mése est donc qualifiée — tout comme l'Un de Philolaos —- d'&pywv et d’hysuov. Textes dans mes Etudes, p. 98, n, 2. | 9. Nemesios von Emesa, Berlin, 1914, p. 109. Cf. E. Preirrer, Sludien zum anliken Slernglauben, Leipzig, 1916, p. 119, se référant à Archytas et à Philolaos pour la notion de gécov dans la musique et l'astronomie. 10. Frag. Vors. A, 16 = AET.. Plac., II, 7, 7. 11. BURKERT, op. laud., p. 239, n. 99. 163 Si l'on accepte ces remarques, Platon aurait connu deux exégèses pythagoriciennes d'Apollon (dieu suprême de la secte, mis directement en liaison avec le fondateur?) : l'une, celle d’CEnopide, l’identifiant au Soleil, identification souvent reprise par la suite, l'autre vouée à moins de fortune, celle de Philolaos : Platon qui, dans le Cralyle, connaissait le rôle cosmique d’Apollon. devait dans sa cité des Lois donner une place de premier plan au couple juxtaposé d’Apollon et d'Hélios. Les euthynoi qui sont les magistrats les plus élevés de Ja cité sont prêtres d’Apollon et d’Helios®. L'un d’entre eux est élu grand prêtre et il est éponyme, « afin, dit Platon, de servir de mesure pour la supputation du temps, tant que subsistera notre Etat » (trad. L. Robin‘). C'est dans le sanctuaire d’ Apollon et d’Helios que chaque année « après l'époque où le Soleil passe des constellations de l'été à celles de l'hiver les eitoyens se réuniront pour élire les euthynois ». C'est là aussi que sera élu l’epimelöte chargé de l’éducation de la jeunesse®. M. Reverdin, en traduisant de façon un peu trop lâche dans le texte cité « de façon à permettre de dater les années’ », laisse échapper les mots caractéristiques pérpov dpfuoÿ zot yeovou qui nous rappellent la doctrine platonicienne du temps telle qu'elle est exposée dans le Timée, en relation avec la théorie du cosmos, La qualité du grand prêtre d’Hélios et d’Apollon ne peut pas étre. étrangère à son rôle dans le calendrier ainsi défini dans son essence mathématique. Il convient de rappeler que la religion 1. Sur uéoos et éootne, voir aussi J. SouiLué, La notion platonicienne d'iniermédiaire dans la philosophie des dialogues, Paris, 1919 (p. 26 sur Philolaos). 2. A. DELATTE, Études sur la litiérature pythagoricienne, p. 279; A. RoSTAGNI, Il verbo di Pitagora, Turin, 1924, pp. 226 sqq. : J. Carcorıno, La basilique pylhagoricienne de la Porte-Majeure, Paris, 1927, passim (voir l'index s. v. Apollon). Cf, aussi P. Decuarme, La critique des traditions religieuses chez les Grecs. Paris, 1904, p. 360; M. Dercourt, L'oracle de Delphes, Paris, 1955, pp. 235 sqq. 3. Lois, XII. pp. 945 e sqg. Cf. O. REvERDIN, La religion de la cilé platanicienne (Ecole française d'Athènes, Trav. el mém., fasc. V1), Paris, 1945, pp. 100-102, 4. P. 947 b. 5. P. 945 e. 6. P. 766 b. 7. Loc. laud. . 8. Timee, p. 38 b. La théorie platonicienne du temps remonte peut-être aux pythagoriciens (ARISTOTE, Phys., 4, 10, 218 a 33 sqq.). Cf. aussi ÉRATOSTHÈN (ap. Sronée, 2. 40, qui définit le temps Thv 705 halo ropelav,

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des Lois connail douze grands dieux placés à la tête des moisi, que le territoire de la cité est divisé en conséquence en douze secteurs qui rayonnent autour du centre et que Platon lui-même signale que cela se fait «en correspondance avec les douze mois 165 chez Philochore, quand il déclare que le premier jour du mois appartient à Apollon et Helios! ? L'érudit athénien s'inspirait sans doute plus des spéculations nouvelles des philosophes que des traditions religieuses authentiques de la cité et il n'est sans et la revolution de l'univers? », c'est-à-dire, ainsi que le dit doute pas sans intérêt, pour situer sa figure, de signaler que le Léon Robin’, la révolution du Soleil sur le cercle zodiacal dans les douze mois de l’année. même Philochore avait composé un catalogue des héroïnes, Si on admet de replacer avec nous le Cralyle et les Lois dans la perspective des textes antérieurement analysés, il est soit des femmes pythagoriciennes?. Cette identification d’Apollon et d’Hélios, que Platon n'a pas entièrement réalisée, encore qu'il y tende dans le sanctuaire impossible d'échapper à la conclusion de l'influence profonde des Lois, a été faite à l'Académie par son neveu et successeur du pythagorisme sur la religion de Platon. Platon souligne avec force, par la bouche de l'Athénien, l'importance religieuse d’avoir des idées justes sur les dieux célestes : « Voilà maintenant, Mégille el Clinias, les raisons pour lesquelles j'affirme à cette heure l'obligation, pour les citoyens Speusippe : le même Speusippe qui d'une part avail composé un livre sur les nombres pythagoriciens?, d'autre part souligné dans un éloge les origines apolloniennes de son onele, en prenant modèle sur ce que lui enseignaient les fidèles du Maître de comme pour la jeunesse de notre État, en ce qui concerne les dieux, d’avoir une connaissance de tout cela en bloc, qui soil Crotonet. Nous ignorons malheureusement dans quel contexte se trouvait ce qu'il disait à ce sujel et. qui s'appuvail sur une étymologie du nom d’Apollon analogue à celles que nous cilions. poussée jusqu’au point de les préserver des blasphèmes sur ce Le Soleil s'appelle Apollon « parce que sa force ‚son étre ?) est sujet, jusqu’au point au contraire de leur faire prononcer des constituée de beaucoup de feux? ». Ainsi Macrobe traduit des paroles de bon augure, chaque fois qu'ils offrent un sacrifice, aussi bien que lorsqu'ils formulent des prières inspirées par la piété4 ». Pour avoir de la religion des Lois une idée tout à fait mots grecs qui semblent dire plutôt que son feu {ou le feu ?) est constitué de nombreuses substances, dr 702&v ovat. juste, il est essentiel de souligner des passages comme celui-là, qui mettent l’accent sur l'importance primordiale de la théologie astrale®, Je serais tenté de voir un écho des Lois dans ce que Philochore, devin et purificateur qui vivait vers 300 av. J.-C., disait dans son traité Sur les jours®. En effet nous avons vu la liaison manifeste établie par Platon entre le culte d’Hélios et d’Apollon ct le calendrier de sa cité. N’est-ce pas elle que nous retrouvons 1. P. 828 be. Comme dans le Cralyle, les divisions du temps sont aussi divinisées Nous avons rappelé, en commençant, que les stoïciens ont professé l'identité d’Apollon et d’Helios et nombreux sont les Lémoignages, nombreux sont les philosophes qu'on pourrait invoquer. Mais il est remarquable que le nom du fondateur. Zénon, ne figure pas parmi eux. C'est avec Cléanthe que nous avons la première mention et ce ne doit pas être un hasard. Cléanthe se préoccupait d'appuyer systématiquement sa théologie sur l’exégése allégorique des poètes, d’Homere, d'Hésiode, des Orphiques®. Il reprenait ainsi la méthode qui paraît avoir été celle de Théagène et qui a certainement été celle d'Œnopide de Chios. ip. 889 b>. Sur tout ceci, cf, La religion platonicienne, dans Ja Rev. él. anc., NLIN. WU pp. 181-182. P. 771 b. . Traduction de la Pléiade. Node . Lois, VIE, 821 d. Trad. L. Rosın. » Voir J. Moreav, L’üme du monde de Plalon aux sluiciens, thèse, Paris, 1934). pp. 96-84. 6. Sur Philuchore, voir l'art. de Richard Laoueur dans P.W, XIX, col. 2424 sgq. I est mort peu après 260. Les fragments du [last yucgeyv ont été édités par R. REITZENSTEIN dans les Gill, gel. Nachr.. 1906, pp. 40 sqq. Le fragment ici visé est le frag. IRL, 1. Puéropos 8: Ev tH mept huepv Milos zal "AnddAwvos Heye. zovty iseil. Thy Evry). CI. M. P. NiLsson, Opusenla selecta, t. 1, 56, n. 30. 2. F. Gr. Hisl. 328, IT Jacony. W. Burkert, op, land, p. 94, n. 40, envisage que ce pourrait être la source du catalogue de JamBrioue, W.P, 267. W. BURKERT, p. 18H, n. 6, rapporterait aussi au pythagorisme un autre traité, lest cou642a%. On signale encore, de Philachore, un llegi xaOxguév (ef. Lagveur, lor. land). 3. 4. D. G. Frag. 4 LANG = NICOMAOUE pe GÉRASA, Theol. arilhm., x2, 10 sqq. Le culle des Muses chez les philosophes grees, Paris. 1136. pp. 254 879. MACRORE, Salurnales, 1, 17, 8. PRILONÈME, De pielale, 13 (frag, 107% von ARNIM).

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Or, nous allons le voir, pour Cléanthe, le Soleil a une place centrale dans sa théologie. Il lui identifie Apollon. Il lui identifie trouve déjà dans un fragment d’Empedocle?; elle a donc aussi Dionysos}. Car naturellement c’est encore moins un hasard si les doxographies qui soulignent telle doctrine commune avec celles d’(Enopide? attestent aussi le rôle primordial qu’il donnait au Soleil dans son système du monde’. Cela a été parfois masqué par des travaux comme ceux de Karl Reinhardt, qui, pour accentuer le rôle qu’ils accordaient en la matière à Posidonius, ont presque escamoté les textes relativement nombreux et explicites — en tout cas plus nombreux et explicites que ceux qu’on peut alléguer pour Posidoniust. Pour Cléanthe le Soleil est le siège de l'hégémonikon du cosmos, Il est la raison du mondef. La conflagration générale, l’ekpyrose, consiste en ce que le Soleil ramène tout à lui’. I] me paraît quasi certain qu’il faisait du Soleil le cœur du monde? et qu'il interprétait le développement du monde comme celui d’un grand vivant qui se développe à partir du cœur, car un texte philonien, dont certains elements font un écho littéral à la page du De natura deorum, où Cicéron expose la doctrine de Cléanthe sur le feu vivifiant dans le cosmos, nous dit que, selon les « physiciens », l'animal se développe à partir du cœur qui se constitue le premier®. 1. Macrose, ibid, I, 18, 14. La même identification se trouvail dans les Theolsgoumena, attribués a Aristote (ibid., I, 18, 1). 2. Vors., 29, 6 = Aer, I, 7, 17, L’étymologie donnée par CrÉANTuE d'Apollon (Sloic. uel. Fragm., 1, 540 = Macrose. Sal, I, 17, 8) se rapporte au zodiaque. 3. Cic., Acad. prior. 11, 127 : Cleanthes, Zenonis auditor, solem dominari et rerum poliri putat. Cicéron oppose 4 Zénon et à « presque tous les autres stoiciens ». Voir sur tout ceci mes Etudes, pp. 78 sqq., el aussi Les preuves sloïciennes de l'existence des dieux, dans l'Hermes, 90, 1962, pp. 55 sqq. 4. En dernier dans l'article Poseidonios du P.W., XXII, 1, 1953, col. 692-697. 5. Arius Dipyme, Epit., 29, 7 (Dor. gr., 465. 5); Stoie. uel. fragm. 1, 499; Act., Plac. 11, 4, 16 (Dox. gr. 332, 23). | 167 Mais cette théorie embryologique qui est celle d'Aristote! se peut-étre elle aussi des origines pythagoriciennes et on peut déceler des traces de ces origines notamment dans les métaphores d’Aristote? et de Philon. | Car ce n’est pas davantage un hasard si, dans ce système du monde que nous permettent de retracer les fragments conservés (et non les combinaisons de la Quellenforschung), nous retrouvons cet Apollon, dieu musicien du cosmos?, que (Leg. alleg., I. 59, p. 70, MONDÉSERT), Philon mentionne une exègèse de l'arbre de vie biblique, qui y voit le cœur cause de la vie el occupant une position centrale, où il exerce la fonction « hégémonique ». 1. ARISTOTE, De part. animal, 111, 4, pp. 666 a 20 sqg. ; De gen. unimal., IL, 6, pp. 741 b 15 sqg. E. S. Forster, éditeur de ce traité dans la Loeb Classical Library, renvoie pour cette doctrine du cor primum uiuens. ullimum moriens à EBSTEIR et al., Mitt. z, Gesch. d. Medizin u. Nalurw., 1920, 19, 10%, 216, 305. 2. Vors., A. 84 (CENSORINUS, 6, 1! : quem in hoc Aristoleles seculus esl, anle omnia cur iudicavil increscere, quod hominis uilam maxime conlineat. 3. J'ai indiqué dans mes Etudes (luc. cil.) le texte de Théon de Smyrne qui attribuait à certains pythagoriciens la doctrine du Soleil cour du monde (1E, 153. Ces mêmes pythagoriciens sont dits professer l'ordre « chaldéen » des planètes, Cela est à mettre en rapport avec le rôle du Soleil comme mèse dans l'harmonie céleste. fl y a la un tout parfaitement cohérent. W. Burkert, op. laud., p. 298. oppose à l'idée de voir 14 une bonne tradition le fait qu’Fudeme, l'élève d'Aristote, garde le silence sur cet ordre et ne connaît comme prthagoricien qu'un seul ordre, celui que suivent Platon et Aristote (cf. p. 287). La force de cet argument er silentis apparait difficilement contraignante, si l’on remarque qu'Eudème, de l'aveu de Burkert, s’interesse à l'ordre qui lui semble le vrai, celui de Platon et d’Aristote, que d'autre part Aristote fait allusion (cf. Études, p. 63, citant Mélaphysique par erreur désignée Meléoral., &, p. 1074 5 17) à des variations dans la façon de disposer les planètes. “Nconvient d'autre part d'attirer l'attention sur de curieux parallélismes d'images entre ce que dit Philolaos du centre du monde et ce que Aristote et les physiciens cités par Philon disent du cœur. On notera d’abord que pour Philolaos, selon le frag. B, 17, le monde, qui est un, se constitue « sous le commandement du milieu et 4 partir du milieu » (dey7 to uéoov xal 4rd +09 méoov). Il fait d'autre part dans l'homme, d'après le frag..B, 13, du cœur le siège de la Guy. c'est-à-dire du principe de la vie el de l'animation. On sait qu’il compare le centre du monde à l'éotix. Or ARISTOTE, dans le texte du De part. animal., 111.7. p. 670 a 25-26, compare le cœur de l’animal à l'éorix ! Il est remarquable qu'il le compare aussi à une depónokus, ce qui me paraît indubitablement une allusion polémique à Piaton qui plaçait dans la tête, « comme dans une acropole », le principe des sens, en un texte du Timée, qui connut, comme je 6. Ibid. a Stoic. uel. fragm., 1, n° 510 (= Puur, De commun. not.. 31, p. 1075 d). Le Soleil l'ai indiqué dans mes Eudes philoniennes, p. 110, une vraie fortune (p. 76 b). D'autre 9. Leges allegoriae, II, 3, 6, p. 107, MONDÉSERT : … Soxet tod kou GOILATOS rponikrzeodzı h xapdia. Suit une comparaison avec la base d'un édifice ou la quille part, la comparaison singulière du «rur avec la quille d'un vaisseau dans Philon (ef. n. 6) est faite par Philolaos (test. 17) pour son centre enflammé du monde ! Tout ceci suggère que Philolaos voyait dans son Un, centre enflammé du monde, aussi le cœur de celui-ci (et confirme la valeur de ces fragments). ; 4. CLEMENT D’ALEX., Sirom., V, 8. 49, p. 358 STAHLIN (Stoic. uel. fragm., I, 502). La lyre d'Apollon représente le xéouos, que le dieu frappe avec le Soleil comme qui raméne tout a lui est sans doute aussi inversement cet ignis aetherii fons (que REINHARDT, op. laud., col. 694, 1. 27, veut attribuer à Posidonius). 8. Voir Eludes, pp. 78 sqq. Je n'y avais pas encore reconnu l'influence probable d’Aristote. Cf. infra, n. 8. d'un bateau. Puis on rapprochera CLEANTHE ap. Cıc.. De nal. dear II. 24 : animaduersumgue saepe esi cum cor animantis alienius euulsum iia mobiliter palpilaret, ut imilarelur igneam celerilalem, de PniLox poursuivant loc. laud. : naps vat werd zekeurdj Er éuryday paar abrhv ds zal pata yiwouévry val boréonv oberpoudvry. Cette doctrine est rapportée wark obs &plotous tay larp@v wal puorxav. Ailleurs avec son plectre et par ce moyen els Thv évapydviov ropelav &yeı. Ce plectre du Soleil se retrouve chez ARISTIDE QUINTILIEN, De musica, 111, 25, p. 94, laun, altribué à 6 Tüv coparépwv Adyoc. L'image firurait aussi dans Skythinos, ef. Études, p. 92, n. 2. Cléanthe, en fait, citait-il tout bonnement les vers de celui-ci, ainsi qu'il alléguait volontiers les poètes ?

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le Craiyle nous présentait, en écho aux « gens habiles dans la Cléanthe ? Adoptait-il ce qu'on appelait l'ordre chaldéen des planètes!? Cet ordre est beaucoup plus ancien qu'on ne l'a cru parfois : professé certainement par Archimède? (tre siècle musique et l'astronomie », id est les pythagoriciens. Naturellement enfin — et je dirai presque surtout — ce n'est pas un hasard si nous trouvons chez Cléanthe liées à sa théologie d’Apollon des considérations sur l'harmonie des sphères qui ne nous sont attestées ni chez Zénon ni, semble-t-il, chez Chrysippe!. Ici la marque pythagoricienne est particulièrement nette, C’est grâce à Apollon que chaque partie du monde vibre harmonieusement et que le monde est lui-même en accord musical avec toutes ses parties? ; rien de ce qui existe n'échappe à la musique. Mais ces rapports musicaux se retrouveraient aussi dans la succession des instants et le rythme du temps. C'est aussi grâce à lui qu'il y a entre les voix des humains et lair cet accord qui, je suppose, explique le chant. Ailleurs il est dit de fagon un peu différente que le Soleil est le plectre avec lequel Apollon ramène le monde à l’harmonie®. Il s'agit là vraisemblablement d’une exégèse allégorique de cet attribut mythique. la lyre d’Apollon, exégèse que nous découvrirons ensuite dans un fragment de l”’Ovoc Aúpaz, petit écrit de Varron (un Logistoricus*). Grâce au Soleil, selon Cléanthe, le dieu amène le cosmos à sa marche harmonieuse. De ce rôle prépondérant du Soleil dans l'harmonie cosmique, nous trouverons plus tard l'écho chez Philon le Juif. Le Soleil « accorde l'instrument (öpyavov) véritablement musical et divin », c'est-à-dire l’heptacorde cosmique®. Censorin attribue cette dernière formule qu'il connaît aussi (par Varron ?), zò povotxdv xal Betov ac &An0@c öpyavov, à un pythagoricien, Dorylaos, dont nous ne savons rien d'autre part’. Très neltement cette fonction d’accord apparaît liée à la place qu'il a alors dans la 169 av. J.-C), il est même attribué par maints auteurs à des pythagoriciens? et le parti qui en est tiré pour la fonction d'accord attribuée au Soleil-Mèse suppose encore vivantes les spéculations sur l’harmonie des sphères. Cléanthe nous apparait ainsi, au sein du stoïcisme, comme l’auteur qui a donné le plus de place à l'identification ApollonHéliost. Il y aurait à suivre, aprés lui, la fortune de cette idée. Mais il y faudrait un travail spécial et d'autre part rien -d'essen- Liel, je crois, ne s’ajouterait aux thèmes que nous avons passés en revue. Indiquons seulement que le mythographe Apollodore d'Athènes au 11° siècle avant notre ère est celui qui avail recueilli la plus importante documentation à ce sujet : c'est re qu’alteste expressément cet Héraclite auquel nous devons les Allégories homériques®. Il est probable qu'on lui doit plus d'une de ces notices que j'ai utilisées dans Je présent mémoire et qui se trouvent maintenant pour une bonne part rassemblées dans les Saturnales de Macrobef. Il serait intéressant aussi de suivre l’histoire du nom de Phebus, épithète d'Apollon. qui a, notamment dans la poésie latine, favorisé lidentification de ce dieu avec le Soleil : par exemple Tibulle désigne par lui I’Hélios-Phaéthon qui. dans l'Odyssée, nous IN en 1. Chrysippe, après lui, est encore fidèle a l'ordre de Platon (Sfoic. uel. fray., 11, n° 527), Posidonius à l’ordre chaldéen (Etudes, p. 63, approuvé par BURKERT. op. laud., p. 297, n. 121). Hermippe critiquera ceux qui, faisant du Soleil le cœur du monde, ne le placent pas au milieu de la suite des sphères. Mais Aristote avait distingué, succession des planètes au milieu d'elles, entre la Lune, Vénus et Mercure d’une part, Mars, Jupiter et Saturne de l’autre. dans le De caelo, centre vital et centre spatial. Pour tout ceci, voir Études, p. 102, Nous retrouvons le rôle de la mèse, tel que nous l’avons rappelé dans la pratique des musiciens grecs®. En était-il ainsi chez qui reste pourtant — comme mes Eludes — encore souvent ignorée. 1. Études, pp. 90-91. suivant R. P. Jones, Posidonios and solar eschalelogy, dans la Classical Philology, NXVII, 1932, p. 131, étude décisive à laquelle Reinhardt n'a jamais pu répondre et 2. Eludes, p. 61, n. 6. 3. Ibid.,n. 7. Pour Chalcidius, voir maintenant l'édition Waszink, p. 119, qui ne cite à vrai dire que Théon et ignore mes Éludes sur ce paint. 4. Pour les stoiciens en général, Cıc., De nai. deor., 11, 68. Cf. en outre Chrysippe 2. Cornutus, c. 32 (frag. 503 Von Arnim). (Macroge, Sat, I, 17, 7): Diogène de Babylone (Purovenr, De pielate, 15 sqg. = St. uel. frag., 33); Connurus, p. 66, 18 sgg. LANG. 3. Cf. supra, p. 167, n. 4. 4. Ap. Nonivs, 100, 25 (= “Ovos Adpas 51 Buecu.), cité Etudes, p. 100, n. 2. *Aroïkodogo). Ch. K. Remuarnt, De Graecorum Theologia, diss. Berlin, 1911, 5. Cf. supra, p. 167, n. 4, 6. Puiton, Vil. Moys., II. 9 (Etudes, ibid.). Cf. Quis rer. diu. her, 223. 7. De die natali. 13, 5 (Études. ibid.). 8. Cf. supra, p. 162. 5. Alleg. homer., 7, 1, p. 7 Burrière (Axplburat 8% repli todtav droBeiïts zat pp. 103 sqq. Macrose, Sal, 1, 17, 19, se réfère au NIVe livre du Megì Oev. 6. Salurn., 1, 17 (chapitre entièrement consacré à Péquatiun Soleil-Apollon). A Home naturellement, Varron connaît celle-ci : ling. lat. V, 68: Antiquilés dirines. frag, AGann\.

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ns plongés dans est dit ne pas se manifester aux Cimmérie les Lénébrest. s'est établie Ce que j'ai voulu rappeler, c'est la façon dont on et à religi la à cette identification, comment elle paraît liée ode allégorique, l'astronomie pythagoriciennes. Fruit de la méth ne proprement elle a réussi à avoir pourtant une certaine fortu t, vivan religieuse, dans la mesure où elle exprimait un sentiment ers, cette harmonie celui de harmonie présente au sein de l'univ musique’. qu'exprimail la conjonction de l'astronomie el de la occaples multi de e encor Chez les néoplatoniciens, elle aura Île dans ra sions de s'affirmer et, grâce à elle, Apollon garde paganisme finissant un prestige tout particulier. Rama 66 Pierre BoYANCE. Boyaxcé P., L’ Apollon solaire [dans le pythagorisme] ; ef. Religion grecque. ) 149-170. Bovanxck P., L’ Apollon solaire : Mélanges Carcopino (ef. Mélanges s : elle | L'identification d’Helios et d’Apollon est antérieure aux tragique la et a connu par paraît liée à lu religion et à l'astronomie prthagoriciennes e ici. esquissé est qui e religieus et hique philosop suite une fortune J. Carcopino : Mélanges d'archéologie. d’epigraphie et d'histoire offerts à . Paris Hachette 1966 xv & 993 p. ill. | REL XLIV 1966 603-605 Stuveras 1, TırvLıe, IV, 1, 66. De même dans VIRGILF, En. XI, 913 (ef. 111, 637 : TV, 6), voir en lui avec il n'est pas du tout sûr que Phebus soit un autre que Sol et qu'il faille C. Baıtey (Religion in Virgil, Oxford, 1935, p. 169) Apollon. et dus à 9. Les volumineux articles Pythagoras et Pylhagoreer, parus en 1963 M, Kurt von Frırz dans la Real Encyclopädie, XXIV, 1, col. 171-267, d'utile sur le problème abordé ici. L'aspect proprement religieux du n'offrent rien pythagorisme. pas vraiment abordé. soit en lui-même, soit dans son influence sur Platon. n'est du reste Aucune de mes Rien sur Apollon ; rien sur le célébre akousma relatif à la téfraciys. 52, 1939, Sur lu études sur ce thème ne paraît connue (ni mon article de la R.E.G., éne). rie pythagoricienne, notamment pour l'esprit et la valeur du témoignage d'Aristox nt les deuxième Ce qui est dit col. 244 de mon Gulle des Muses ignore en fait entièreme article et troisième parties du livre et donne de la première «à compléter par mon sommaire. non cilé Platon et les calharles orphiques, dans la R.E.tr.. 54, 1941) une idée