Ambroise de Milan devot de la Monade

Autor
Courcelle, P.
Publicado en
Revue des Etudes Grecques
Año
1974
Tema
AMBROSIUS
Idioma
Français
Categoría
C12 Religión
Número de archivo
5058

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In: Revue des Etudes Greques, LXXXVII — 1974 os el aa Drge Courcelle 75 2 A Councente P., Ambroise de Milan dévot de la Monade [et les doctrines py thagoriciennes] ;3 cf. Ambrosius, p one — Ambroise de Milan dévot de la Monale: REG LXXXVI 1974 144-154. | Ambroise, Epist. ad Justum, I, 21-22, €SEL t. LXXXII p. 13, dit que la monade n'est pas un nombre, mais unelemientum numeri, et illustre cette doctrine par le verset de l'Apocalypse ze Je suis l'alpha et l'omega ». A la ressemblance de Dieu, ajoute-t-il, l’homme doit être un et toujours le même. Ce précepte moral remonte sans doute, ä #rvers Sénèque, à Zénon de Cittium parlant de l'homologie. Quant aux væs d'origine pythagoricienne sur la monade théologique, Ambroise paraît æ les connaître A travers Philon d’Alexandrie et Macrobe. . by Erde GY Greques fioee

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In: Revue des Études Grecques, tome 87, fascicule 414-418, Janvier-décembre 1974. pp. 144-154. Résumé Ambroise, Epist. ad Iustum, I, 21-22, CSEL, t. LXXXII, p. 13, dit que la monade n'est pas un nombre, mais « elementum numeri » et illustre cette doctrine par le verset de l'Apocalypse : « Je suis l'alpha et l'oméga ». A la ressemblance de Dieu, ajoute-t-il, l'homme doit être un et toujours le même. Ce précepte moral remonte sans doute, à travers Sénèque, à Zenon de Cittium parlant de l'homologie. Quant aux vues d'origine pythagoricienne sur la Monade théologique, Ambroise paraît ici les connaître à travers Philon d'Alexandrie et Macrobe. Citer ce document / Cite this document : Courcelle Pierre. Ambroise de Milan Dévot de la Monade. In: Revue des Études Grecques, tome 87, fascicule 414-418, Janvierdécembre 1974. pp. 144-154. doi : 10.3406/reg.1974.1245 http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/reg_0035-2039_1974_num_87_414_1245

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AMBROISE DÉVOT DE MILAN LA MONADE Saint Ambroise cite à plusieurs reprises tel « uetus dictum » ou telle « uetus sententia » qui ne figurent dans aucun recueil de proverbes (1) ; car il s'agit de pensées de caractère philosophique. Je traite de l'un d'eux dans mon article : L'âme au tombeau ; l'on y doit reconnaître, je crois, un παλαιός λόγος orphico-pythagoricien, analogue à ceux que Platon allègue fréquemment dans le Phédon (2). Dans sa Lettre à V Église de Verceil, écrite en 396 (3), Ambroise cite un autre « uetus dictum » : « Assuesce unus esse » (4). C'est à tort que l'Index du tome XVI de la Patrologie Latine place cette parole sous la rubrique : solus, de pair avec des développements (1) A. Otto, Die Sprichwôrter und sprichwôrtlichen Redensarten der Borner, réimpr. Hildesheim, 1962 ; Nachtràge zu A. Otto..., Darmstadt, 1968. (2) Cf. P. Courcelle, Uâme au tombeau, dans Mélanges Henri-Charles Puech, Paris, 1974, p. 331-336, à propos d'AMBROiSE, In Ps. XXXVIII, 37, 1, C.S.E.L., t. LXIV, p. 212, 19 : « Haec erat uetus sententia, ut qui se ligasset in terris uinctus migraret a corpore ». (3) Cf. J.-R. Palanque, S. Ambroise et VEmpire romain, thèse, Paris, 1933, p. 555. (4) Ambroise, Epist. ad Vercellensem Ecclesiam, LXIII, 60, P.L., t. XVI, 1204 D : « Vêtus dictum est: Assuesce unus esse, ut uita tua quandam picturam exprimat, eamdem seruans imaginem quam acceperit. Quomodo potest unus esse, qui nunc iracundia inflammatur, nunc indignatione graui exaestuat, nunc uultu excandescit, nunc pallore immutatur, per momenta uarius et discolor ? Sed esto, sit naturae irasci aut plerumque causae : Hominis est tamen temperare iracundiam, non leonino raptari furore, ut non norit mansuescere, clamores non serere nec acerbare familiare iurgium. Scriptum est enim : ' Vir iracundus effodit peccatum ' (Prov., XV, 18). Non est unus duplici corde, non est unus

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sur les avantages de la vie solitaire (5). Il ne s'agit de rien de tel, comme montre nettement le contexte. Le premier mouvement serait peut-être de rapporter aussi cette pensée à un passage du Phédon où Socrate préconise que l'âme s'habitue à se recueillir sur elle-même en se rassemblant, seule à l'écart du corps (6). Mais unus ne correspond pas exactement au μονήν de Platon. Au surplus, cette sentence se réduit-elle à trois mots, ou englobe-t-elle tout le contexte ambrosien où il est dit que l'homme doit préserver sans altération l'image de lui-même, telle qu'il l'a reçue, et ne pas passer du feu de la colère au blêmissement de quelque autre passion (7) ? On tendrait à imaginer, si l'on en juge par ce seul passage d'Ambroise, que cette sentence provient de quelque traité stoïcien sur la colère (8). qui se cohibere nescit in iracundia, de quo Dauid ait : ' Irascimini et nolite peccare ' {Ps. IV, 5). Non iram imperat, sed indulget naturae : quam homo praeuenire non potest, mitigare potest. Ergo etsi irascimur, affectus noster motum recipiat secundum naiuram, non peccatum praeter naturam. Quis enim ferat, si ipse se gubernare nequeat, qui alios gubernandos receperit ? » In Ps., I, 47, C.S.E.L., t. LXIV, p. 39, 17 : « Certum est peccare deuiare est ab eo quod est secundum naturam. » (5) P.L., t. XVI, col. 1493. (6) Platon, Phédon, 67 c, éd. L. Robin, p. 17 : Κάθαρσις δέ είναι άρα ού τοϋτο ξυμβαίνει, δπερ πάλαι εν τφ λόγφ λέγεται, το χωρίζειν δτι μάλιστα άπο του σώματος την ψυχήν, και έθίσαι αυτήν καθ' αυτήν παν ταχόθεν έκ τοϋ σώματος συναγείρεσθαί τε και άθροίζεσθαι και οίκεΐν κατά το δυνατόν, και εν τφ νυν παρόντι και έν τφ ε'πειτα, μόνη ν καθ' αυτήν, έκλυομένην ώσπερ έκ δεσμών έκ του σώματος ; Cf. L. Robin, éd. cit., p. 17, n. 2 ; L. Delatte, Études sur la littérature pythagoricienne, Paris, 1915, p. 3 et 209-211, et mon article : ' Habitare secum ' selon Perse et selon Grégoire le Grand, dans Revue des études anciennes, t. LXIX, 1967, p. 268, n. 2. On notera le οίκεΐν... μόνην καθ' αυτήν. (7) II est difïîcile de décider si la sentence citée par Ambroise se termine au mot esse ou au mot acceperit, ou se prolonge jusqu'au mot discolor ou même au mot iurgium. (8) Cf. Sénèque, De ira, II, 6, 4, éd. A. Bourgery, p. 33 (à propos du Sage) : « Modus enim esse non potest, si pro facto cuiusque irascendum est ; nam aut iniquus erit si aequaliter irascetur delictis inaequalibus, aut iracundissimus si totiens excanduerit quotiens iram scelera meruerint » ; De const, sap., XIV, 3, éd. R. Waltz, p. 54 : « At sapiens colapho percussus quid faciet ? — Quod Cato, cum illi os percussum esset : non excanduit, non uindicauit iniuriam, ne remisit quidem, sed factam negauit » ; Pétrone, Sat., C, 4, éd. A. Ernout, p. 106 : « Indignalione mulier lacerata ulterius excanduit » ; Macrobe, Saturn., I, 19, 6, éd. I. Willis, p. 108, 28 : « Feruorem autem quo animus excandescit excitaturque alias ad iram, alias ad uirtutes, non numquam ad temporalis furoris excessum, per quas res etiam bella nascuntur, Martem cognominauerunt ».

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Mais dans la Lettre à Justus, de date peu sûre (9), Ambroise nous présente le même précepte — sous la forme voisine : « unus esto » — dans un contexte beaucoup plus ample et qui en accroît la portée. A propos du passage de Γ Exode où Dieu prescrit à Moïse que les Hébreux offrent chacun, lors d'un recensement, la moitié d'un didrachme pour le rachat de leur âme (10), Ambroise déclare d'abord que cette drachme unique figure l'Ancien Testament destiné à être complété, en manière de didrachme, par la Nouvelle Alliance ; à ce propos, il met en parallèle ce verset avec celui de l'évangile selon saint Matthieu où il est question du denier frappé à l'effigie de César ; mieux vaut, dit Ambroise, la drachme qui est versée à Dieu ; elle porte l'effigie divine, celle de la monade qui est, comme disent les spécialistes, non pas un nombre, mais elementum numeri, à la fois source et fin des nombres : qu'à la ressemblance de Dieu l'homme soit donc un et toujours le même (unus esio) ; qu'il ne se montre pas un jour sobre, ivre le lendemain ; un jour pacifique, processif le lendemain ; un jour maître de soi, mais le lendemain sans retenue ; que loin de changer de mœurs il préserve sans cesse son habitus (11). Sous l'exégèse scripturaire se découvrent ainsi non seulement un précepte moral, mais une théorie mathématique de la divinité. Le uelus dictum en question, rapporté une fois sous la forme : (9) Avant l'an 381, selon P.L., t. XVI, col. 904, n. f. Mais J.-R. Palanque, S. Ambroise et V Empire romain, Paris, 1933, p. 474, doute que le Justus, desti nataire des Lettres VII-VIII, soit l'évêque Justus de Lyon. (10) Exod., XXX, 12-16. (11) Ambroise, Episl. ad Iustum, I, 21-22, C.S.E.L., t. LXXXII, p. 13, 213 : « Bona ergo drachma, quae Deo soluitur. Non est drachma denarius, sed diuersum est. Denique in denario imago Caesaris est (Matth., XXII, 21), in drachma imago Dei, quia <monas> unius est Dei ad imitationem ipsius : Ab uno incipit et in inflnitum diffunditur et iterum de infinito numéro in unum, quasi in finem, omnia reuertuntur, quia Deus et principium et finis omnium est. Vnde nee numerum monada, sed elementum numeri, quibus ea cura est, appellauerunt. Et hoc propterea diximus, quia scriptum est : ' Ego sum A et Ω, primus et nouissimus ' (Apoc, XXII, 13), et : ' Audi, Istrahel, dominus Deus tuus, Dominus unus est ' (Deut., VI, 4). Et tu ergo ad similitudinem Dei unus esto atque idem, non hodie sobrius, eras ebrius ; hodie pacificus, crastina die litigiosus ; hodie frugi, crastina die incontinens. Mutalur enim unusquisque morura uarietate et fit alter, in quo non agnoscitur quod fuit et incipit esse quod non fuit, sui degener. Graue est enim mutari in peius ; sed sicut est imago in drachma, inmutabilis, eumdem habitum seruans cotidie ». Sui degener peut rappeler Apulée, De Platone et eius dogmate, II, 14, 239, éd. J. Beaujeu, p. 91, où il est question d'une sorte d'amour « degeneris animi ».

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« assuesce unus esse », l'autre fois sous la forme : « unus esto », me paraît être la parole de Zenon de Cittium : « Vis d'une manière conséquente » (12), en accord à la fois avec la Nature et avec ta propre nature, en harmonisant tes actions entre elles et en les conformant à ton λόγος rationnel (13). C'est surtout Sénèque, dans la littérature latine, qui a insisté sur ce précepte moral, en montrant que le Sage seul préserve l'unité dans sa conduite ; il emploie à volonté, en ce sens, le mot unus et le mot idem (14) ou encore diverses formules équivalentes (15). (12) Zenon de Cittium, ap. Stobée, Ed., II, 7, 6 = Stoicorum Veierum Fragmenta, éd. von Arnim, t. I, Leipzig, 1964, fragm. 179 : Το δέ τέλος όκαθ'μενεναΖήνων λόγον και οΰτως σύμφωνον άπέδωκε ζην,«το ώς των ομολογουμένως μαχομένως ζώντων ζην». κακοδαιμονούντων. Τοΰτο δ' έστι (13) Cf. Diogène Laerce, Vitae, VII, 87, éd. G. Cobet, p. 178, 18 : Ζήνων ... τέλος είπε το ομολογουμένως τη φύσει ζην. VII, 89, ρ. 178, 43 (à propos de la pensée de Cléanthe) : Έν αύτη (τη άρετη) είναι τήν εύδαιμονίαν, άΥ οΰση ψυχή πεποιημένη προς τήν όμολογίαν πάντος του βίου. Cicéron, De finibus, VI, 21, éd. J. Martha, p. 18 : « Quod cum positum sit in eo quod όμολογίαν Stoici, nos appellemus conuenientiam... » ; M. Pohlenz, Die Stoa, t. I, Gôttingen, 1948, p. 447 ; A. Jagu, Zenon de Citlium, son rôle dans rétabli ssement de la morale stoïcienne, thèse, Paris, 1946, p. 18, nie que la formule signifie seulement : « vivre de façon conséquente ». (14) Sénèque, Epist., CXX, 21-22, éd. F. Préchac, p. 72-73 : « Homines isti multi taies sunt qualem hune describit Horatius, nunquam eundem, ne similem quidem sibi... Magnam rem puta, unum hominem agere. Praeter sapientem autem nemo unum agit. Ceteri multiformes sumus. Modo tibi frugi uidebimur et graues, modo prodigi et uani ; mutamus subinde personam » ; XX, 2, p. 81 : « Facere docet philosophie, non dicere, et hoc exigit, ut ad legem suam quisque uiuat, ne orationi uita dissentiat aut ipsa inter se uita, ut unus sit omnium actionum color. Maximum hoc est et ofïlcium sapientiae et indicium, ut uerbis opera concordent ut ipse ubique par sibi idemque sit » ; CXIV, 26-27, p. 36 : « Nemo nostrum unum esse se cogitât... Sani erimus et modica concupiscemus, si unum quisque se numeret » ; XX, 5, p. 82 : « Quid est sapientia ? Semper idem uelle atque idem nolle » ; LII, 1, p. 41 : « Quicquam semel uelle » ; CXX, 10, p. 68-69 : « Alium uidimus aduersus am cos benignum, aduersus inimicos temperatum, et publica et priuata sancte ac 'religiose administrantem, non déesse ei in îs quae toleranda erant, patientiam, in îs quae agenda, prudentiam. Vidimus ubi tribuendum esset, plena manu dantem, ubi laborandum pertinacem et obnixum et lassitudinem corporis animo subleuantem. Praeterea idem erat semper et in omni actu par sibi, iam non consilio bonus sed more eo perductus ut non tantum recte facere posset, sed nisi recte facere non posset. Intelleximus in illo perfectam esse uirtutem ». (On notera que le color de Sénèque correspond au discolor d'Ambroise (ci-dessus, n. 4) et que le frugi ...mutatur de Sénèque reparaît chez Ambroise, ci-dessus, n. 11.) (15) Ibid., XXXI, 8, p. 139 : « Hue et illud accédât, ut perfecta uirtus sit, aequalitas et tenor uitae per omnia consonans sibi » ; XXXV, 4, p. 150 : « Profice et ante omnia hoc cura, ut constes tibi » ; LXXIV, 30, p. 46 : « Virtus

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Gicéron avait décrit l'homologie zénonienne (16). Tandis que Lactance la raille (17), Ambroise n'hésite pas à la faire sienne dans le De excessu fratris (18). Bien plus, dans sa Lettre à Justus, il ne se contente pas de répéter, de façon très reconnaissable, le précepte relatif à l'homologie dans la conduite : « unus esto » ; il fonde l'homologie pratique de l'homme sur sa ressemblance de nature avec la monade divine. De longue date, les doxographes avaient fait remonter à Pythagore lui-même cette théorie que la monade, loin d'être un nombre comme les autres, était la divinité (19). Cette idée est adoptée, enim conuenientia constat ; omnia opera eius cum ipsa concordant et congruunt » ; LXXXIX, 15, p. 24 : « Tune ergo uita concors sibi est, ubi actio non destituit impetum ». Cf. I. Hadot, Seneca und die griechisch-rômische Tradition der Seelenleitung, Berlin, 1969, p. 137. Marc-Aurèle, Pensées, XI, 21, 1, éd. A. I. Trannoy, p. 131 : "Ωι μή εις και ό αυτός έστιν άεί του βίου σκοπός, ούτος εις και ό αύτος δι' όλον τοΰ βίου είναι ου δύναται. Apulée, De Platone et eius dogmate, II, 5, 227, éd. Beaujeu, p. 83 : « Sed uirtutem Plato habitum esse dicit mentis optime et nobiliter fïguratum, quae concordem sibi, quietem, constantem etiam eum facit, cui fuerit fideliter intimata, non uerbis modo, sed factis etiam secum et cum ceteris congruentem » (cf. Platon, Phaed., 93 e). Épictète, Diss., III, 15, 13, éd. J. Souilhé, p. 53 : Ένα σε δει άνθρωπον είναι. Guillaume de Saint-Thierry, Episl. ad fratres de Monte Dei, 117, éd. M. M. Davy, p. 153, 6 : « Qui hactenus fuit solitarius uel solus, efïicitur unus, et solitudo corporis uertitur in unitatem mentis. » (16) Cf. ci-dessus, n. 13, et Cicéron, De finibus, V, 9,24, éd. J. Martha, p. 122 : « Finis bonoroum exsistit secundum naturam uiuere sic afîectum, ut optime afïîci possit ad naturamque accommodatissime » ; V, 9, 26, p. 122 : « Quare cum dicimus omnibus animalibus extremum esse secundum naturam uiuere, non ita accipiendum est, quasi dicamus unum esse omnium extremum ». (17) Lactance, Inst., III, 7, 8, C.S.E.L., t. XIX, p. 191, 11 : « Herilli summum bonum est scientia, Zenonis, cum natura congruenter uiuere » ; III, 8, 20, p. 195, 9 : « Audiamus etiam Zenonem : nam is interdum ueritatem somniat : ' Summum, inquit, est bonum cum natura consentanee uiuere '. Beluarum igitur nobis more uiuendum est... ! » Epitome, XXVIII, 5, p. 702, 11 : « Zeno summum bonum putauit cum natura congruenter uiuere ». (18) Ambroise, De excessu fratris, I, 45, 1, C.S.E.L., t. LXXIII, p. 234 : « Est ergo prudentis agnoscere se ipsum et, quemadmodum a sapientibus definitum est, secundum naturam uiuere ». (19) Aétius, Placita, I, 7, 18, éd. H. Diels, Doxographi Graeci, réimpr. Berlin, 1958, p. 302 a 6 : Πυθαγόρας των άρχων τήν μονάδα θεον και τάγαθόν, ήτις εστίν ή του ένας φύσις, αύτος ό νους. Cf. l'index, s.u. μονάς (chez Épiphane, Hermias). Diogène Laerce, Vita Pythag., VIII, 24-25, éd. Cobet, p. 210, 13 (se référant à Alexandre Polyhistor) : Φησι δ* ό 'Αλέξανδρος εν ταϊς των φιλοσόφων διαδοχαϊς καΐ ταύτα εύρηκέναι εν Πυθαγορικοΐς ύπομνήμασιν. 'Αρχήν μέν απάντων μονάδα * εκ δε της μονάδος αόριστον δυάδα ώς αν ΰλην τη μονάδι αίτίω οντι ύποστηναι · εκ δέ της αορίστου δυάδος τους αριθμούς... Hippolyte de Rome, Elenchos, I, 2, 2, G.C.S., t. XXVI, p. 5, 7 (à propos de Pythagore) : Μονάδα μέν είναι άπεφήνατο τον θεόν.

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au Ier siècle après Jésus-Christ, par l'arithmologue Théon de Smyrne (20) comme par le stoïcien Sénèque (21). La doctrine judéo-chrétienne alexandrine l'agrée volontiers, mais Philon, puis Clément vont jusqu'à soutenir que Dieu ineffable transcende même la monade arithmétique (22). Origène n'hésite pas, dans ses exégèses allégoriques, à spéculer sur la monade, fondement du monothéisme comme la triade est le principe de la Trinité chrétienne (23). Eusèbe de Césarée déclare, à son tour, que l'idée d'un être ineffable, antérieur même à la monade, remonte au monothéisme hébraïque (24). IV, 43, 4, p. 65, 15 : τον θεόν είναι μονάδα άδιαίρετον. V, 15, 4, ρ. 110, 30 : τό μεν κέντρον οιονεί θεόν καΐ μονάδα και κύριον της πάσης γενέσεως ύποτυποϋσι. Voir l'index abondant, s.u. : μονάς (20) Théon de Smyrne, Expositio rerum malhematicarum ad legendum Platonem utilium, éd. Hiller, p. 99, 24 : Ή μεν γάρ μονάς αρχή πάντων και κυριωτάτη πασών... και εξ ής πάντα, αυτή δέ έξ ούδενός, αδιαίρετος και δυνάμει πάντα, αμετάβλητος, μηδεπώποτε της αύτης έξισταμένη φύσεως κατά τον πολλαπλασιασμόν ' καθ' ην παν τό νοητόν και άγέννητον και ή των ιδεών φύσις και ό θεός και ό νους και τό καλόν και τό αγαθόν καΐ εκάστη των νοητών ούσίων, οίον αυτό καλόν, αυτό δίκαιον, αυτό ϊσον. Cf p. 24, 23 : οΰτε δέ ή μονάς αριθμός, άλλα αρχή αριθμών. Nicomaque de Gerasa, Introd. arithm., I, 8, 2, éd. R. Hoche, p. 14, 18 : Αρχή άρα πάντων φυσική ή μονάς. (21) Sénèque, Episl. LXV, 4, p. 108 : « Haec exemplaria rerum omnium deus intra se habet numerosque uniuersorum ». (22) Philon d'Alexandrie, Leg. alleg., II, 3, éd. C. Mondésert, Paris, 1962, p. 106, 2 : Τέτακται οδν ό θεός κατά τό §ν και την μονάδα, μάλλον δέ ή μονάς κατά τον ενα θεόν · πάς γαρ αριθμός νεώτερος κόσμου, ώς και ό χρόνος, ό δέ θεός πρεσβύτερος κόσμου και δημιουργός. De praemiis et poenis, 40, éd. A. Beckaert, Paris, 1961, p. 60 : Εκείνο μεν γαρ, δ και άγαθοϋ κρεϊττον και μονάδος πρεσβύτερον και ενός είλικρινέστερον, άμήχανον ύφ' ετέρου θεωρεΐσθαί τίνος, διότι μόνω θέμις αύτω ύφ' έαυτοΰ καταλαμβάνεσθαι. De uita contemplatiua, 2, éd. Daumas-Miquel, Paris, 1963, p. 80, 5 (à propos des Thérapeutes) : Έπαιδεύθησαν θεραπεύειν τό δν, δ καΐ άγαθοϋ κρεϊττόν έστι και ενός είλικρινέστερον καΐ μονάδος άρχεγονώτερον. Clément d'Alexandrie, Paedag., I, 8, 71, 1, S.C., t. LXX, 1960, p. 236 (après avoir cité Ioh., XVII, 21-23) : "Εν δέ ό θεός και έπέκεινα του ενός και υπέρ αυτήν μονάδα. Cf. l'index d'O. Staehlin, G.C.S., t. XXXIX, p. 571, et Th. Camelot, Foi et gnose. Introduction à l'étude de la connaissance mystique chez Clément d'Alexandrie, Paris, 1945, p. 108, n. 2 ; W. Vôlker, Der wahre Gnosliker nach Clemens von Alexandreia, Berlin, 1952, p. 91. (23) Origène-Rufin, In Num., XXI, 2, G.C.S., t. XXX, p. 201, 19 : « Omnia enim ad monadem rediguntur, quae tamen trinitatis sacramentum in numéro ter centum cubitorum désignât»; In Epist. ad Rom., III, 8, P. G., t. XIV, 948 A (à propos des dimensions du propitiatoire) : « Sed quod latitudo eius unum et dimidium memoratur cubitum habere, propterea quidem de monade ac singulari sua statione describitur, non tamen ex toto in dualem numerum, qui interdum etiam pro immundis ponitur, creuisse ». (24) Eusèbe de Césarée, Demonstr. euang., IV, 1, 145 6, G.C.S., t. XXIII,

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Ce n'est, je crois, à aucun de ces textes qu'il faut référer la notice d'Ambroise sur la monade, non plus qu'à Numénius (25), Plotin (26) et Porphyre, qui préfèrent le mot εϊς pour la monade théologique (27), ou à Calcidius qui traduit régulièrement εις ou μονάς par singularitas (28). Il faut surtout rapprocher la notice ambrosienne sur la monade divine des vues exposées par Philon, puis amplement développées par Macrobe dans son Commentaire sur le ' Songe de Scipion ', et qu'il dit tenir de sapientes : p. 151, 7 (à propos des Hébreux) : Παρ' ων δή μαθεΐν έ'νεστιν, ώς άρα μία μεν εΐη των όλων αρχή. Μάλλον δε το και αρχής άνώτερον, και πρώτου προγενέστερον, και μονάδος άρχεγονώτερον, και πάσης κρεϊττον προσηγορίας, άρρητον, άνέκφραστον, άπερινόητον, αγαθόν... Ce passage me semble avoir pour source directe le développement de Philon, De uita contemplaliua, cité ci-dessus, n. 22. (25) Numénius d'Apamée, fragm. 20, éd. E. A. Leemans, dans Mémoires de l'Académie royale de Belgique, classe des Lettres, t. XXXVII, 1937, p. 137, 28 = Eusèbe de Césarée, Praep. euang., XI, 18, 3, G.C.S., t. XLIII, 2, p. 40, 19 : Ό θεός ό μέν πρώτος έν έαυτώ ών έστιν άπλους, δια το έαυτώ συγγιγνόμενος διόλου μή ποτέ εϊναι διαιρετός · ό θεός μέντοι ό δεύτερος καΐ τρίτος εστίν εις" συμφερόμενος δέ τη ΰλη δυάδι οϋση έ ν ο ΐ μέν αυτήν, σχίζεται δέ ύπ' αύτης. (26) Plotin, Επη. III, 3, 1, 9, éd. Henry-Schwyzer, p. 299 : Έκ γάρ ενός τίνος όρμηθέντα πάντα εις ëv συνέρχεται φύσεως ανάγκη. V, 5, 4, 24, ρ. 344 : Δυάδος γενομένης ε"στι μονάς ή προ της δυάδος, και ούχ ή έν τη δυάδι μονάς έκατέρα ούδ' ετέρα εκείνη. VI, 2, 11, 25, ρ. 72 : Και άμφοτέρωθεν δέ το ëv · και γαρ το άφ' ου και το εις ο ' και γαρ άρχεται άπό του Ιν και σπεύδει εις τό εν... Και έν τοις άριθμοΐς κοινον τό êv δή ΐσως τοϋτο και ου γένος · ουδέ γαρ ταύτόν το êv το έπ' αύτοΰ του §ν τω επί μονάδος και δυάδος και τών άλλων αριθμών. (27) Porphyre, Sententiae, XLIII, éd. Mommert, p. 41, 6 : Πρό δέ τών πολλών ανάγκη είναι το εν. (28) Calcidius, In Tim. XXXIII, éd. J.-H. Waszink, p. 83, 9 : « Apex ergo numerorum singularitas sine ullis partibus » ; XXXIX, p. 88, 12 (à propos du triangle) : « Nullam dico esse aptiorem figuram quam ut haec in qua singul aritas cacumini superimposita summitatem atque arcem obtinere consideratur, ut ... ipsaque singularitas mens siue intellegentia uel ipse deus opifex intellegatur esse ? Gum enim sit origo numerorum omnibusque ex se substantiam subministret... semper immutabilis et singularitas semper, quem ad modum diuina omnia quae nulla temporis progressione mutantur suntque semper impetibili felicitate » ; LIII, p. 102, 2 : « Ipsorum porro numerorum initia et principia sunt singularitas et duitas » ; CCXGV, p. 297, 7 : « Numénius ex Pythagorae magisterio Stoicorum hoc de initiis dogma refellens Pythagorae dogmate, cui concinere dicit dogma Platonicum, ait Pythagoram deum quidem singularitatis nomine nominasse, siluam uero duitatis ».

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Macrobe, Somn. Scip., I, 6, 5-18, éd. I. Willis, p. 19, 14 et suiv. : « Hinc est quod pronuntiare non dubitauere sapientes animam esse numerum se mouentem... Ex uno et sex compago prima (septenariinumeri) componilur. Unum autem quod μονάς, id est unitas, dicitur et mas idem et femina est, par idem atque impar, ipse non numerus, sed fons et origo numerorum. Haec monas initium finisque omnium, neque ipsa principii aut finis sciens, ad summum refertur deum eiusque intellectual e sequentium numéro rerum et potestatum séquestrât, nee in inferiore post deum gradu frustra earn desideraueris. Haec illa est mens ex summo enata deo, quae uices temporum nesciens in uno semper quod adest consistit aeuo, cumque utpote una non sit ipsa numerabilis, innumeras tamen species et de se créât et intra se continet. Inde quoque aciem paululum cogitationis inclinans hanc monada reperies ad animam referri. ... Dyas, quia post monada prima est, primus est numer us ». II, 2, 8, p. 100, 25 : « Monas numerus esse non dicitur, sed origo nume rorum ». 151 Philon, Hères, 190, éd. M. Harl, p. 258 : Λήγει τε γαρ άναλυόμενος ό κατά σύνθεσιν άπειράκις άπειρος αριθμός εις μονάδα, άρχεται τε αυ πάλιν άπο μονάδος εις άπερίγραφον συντιθέμενος πλήθος. Διόπερ ούδ'άριθμόν, άλλα στοιχεϊον και αρχήν άριθμοϋ ταύτην έφασαν, οΐς ζητεϊν επιμελές. Ambroise, Epist. ad Iuslum, I, 21, C.S.E.L., t. LXXXII, p. 13, 215 : « In drachma imago Dei, quia < mo nas > unius est Dei ad imita tionem ipsius : Ab uno incipit et in infinitum difïunditur, et iterum de infinito numéro in unum, quasi in finem omnia reuertuntur, quia Deus et principium et finis omnium est. Vnde nec numerum monada, sed elementum numeri, quibus ea cura est, appellauerunt. Et hoc propterea diximus, quia scriptum est : ' Ego sum A et. Ω, primus et nouissimus ' (Apoc, XXII, 13), et : 'Audi, Istrahel, dominus Deus tuus Dominus unus est ' {Deut., VI, 4). Et tu ergo ad similitudinem Dei unus esto atque idem, non hodie sobrius, eras ebrius... » Ce parallèle confirme, me semble-t-il, l'opinion que j'avais émise d'après d'autres parallèles, selon laquelle Ambroise aurait lu Macrobe (29). Même si la monade fait aussi, vers le même temps, l'objet de développements de Galcidius, de Favonius Eulogius (30) (29) Ce parallèle est indiqué déjà dans T.L.L., s.u. : monas, col. 1401, 51. Sur d'autres parallèles, cf. P. Courcelle, Nouveaux aspects du platonisme chez s. Ambroise, dans Revue des études latines, t. XXXIV, 1956, p. 232-239 = Recherches sur les ' Confessions ' de s. Augustin, 2e éd., Paris, 1968, p. 345-354. Vue contestée par M. Fuhrmann, Macrobius und Ambrosius, dans Philologus, t. CVII, 1963, p. 301-308, et A. Cameron, The Dale and Identity of Macrobius, dans The Journal of Roman Studies, t. LVI, 1966, p. 25-38. Sur les divers personnages du nom de Macrobe et leurs dates présumées, cf. A. H. M. Jones, The Prosopography of the Later Roman Empire, t. I, Cambridge, 1971, s.u. : Macrobius, p. 529 et 573. Sur Philon comme source, cf. l'apparat critique de l'éd. O. Faller de la Lettre ambrosienne, p. 13, suivi par G. Madec, S. Ambroise et la philosophie, Paris, 1974, p. 108, n. 57. (30) Favonius Eulogius, Dispuiatio de somnio Scipionis, IV, 2-4, éd. R.-E. Van Weddingen, Bruxelles, 1957, p. 15-20 : « Nam monadem non numerum,

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et de Martianus Capella (31), il faut dire, je crois, qu'Ambroise tient de Pythagore et de Zenon ses vues sur la monade et sur l'homologie, par l'intermédiaire de Philon, Macrobe et Sénèque. Ne soyons pas dupes du mépris qu'il affiche ailleurs à l'endroit de Pythagore ou de Zenon (32). Par ce moyen il revendique, en réalité, une antériorité chronologique de la Bible par rapport aux auteurs profanes, sans pour autant rejeter automatiquement toutes leurs théories, à la condition qu'elles puissent concorder avec les données de la Révélation biblique. Il agrée ainsi à la fois la Monade des théologiens pythagorisants et l'homologie zénonienne. En ce qui touche la monade, on devra remarquer tout particu lièrement quelle est la largeur d'esprit d'Ambroise. Car non seul ement des philosophes païens, comme Macrobe, mais même des antichrétiens développèrent une théologie de la monade. Cette Monade hypostasiée était l'une des caractéristiques de la théologie chaldaïque mise à la mode, depuis la fin du ne siècle, par le poème oraculaire de Julien le Ghaldéen ou de son fils. Selon plusieurs vers conservés — sans suite entre eux, malheureusement —■ la Monade serait identique soit au Père, hypostase suprême de la première sed semen et substantiam numerorum esse, manifestum est... Ergo initium monas, numerus dyas et trias ... Unus < solus > igitur Deus, etsi sint eius innumerae diuisaeque uirtutes sexu per fabulas nominibusque discretae » ; V, 1, p. 17, 1 : « Monas singularitas insecabilis » ; XIII, 1, p. 27, 16 : « Monas, quae est caput numerorum ». (31) Martianus Capella, De nuptiis, VI, 707, éd. A. Dick-J. Préaux, Leipzig, 1969, p. 352, 11 : « Nam monas eiusdem insecabilis procreatio nume rorum » ; VII, 730, p. 367, 3 : « Prae cunctis igitur affata sacra monas esto, quam ante cuncta uibrantem sociati postmodum numeri principia docuerunt ; ... nec dissimulabo ex eo quod monas retractantibus unum, solum ipsam esse ab eaque cetera procreari omniumque numerorum solam seminarium esse solamque mensuram et incrementorum causam statumque detrimentorum » ; VII, 740, p. 375, 6 : « Sane hic octonarius cybus omnium cyborum primus est, ut monas omnium numerorum » ; VII, 743, p. 376, 9 : « Numerus est congregatio monadum uel a monade ueniens multitudo atque in monadem desinens » ; VII, 745, p. 377, 3 : « Monas quidem numerus non est, dyas par est » ; IX, 922, p. 490, 14 : « Sed cum ilia monas intellectualisque lucis prima formatio animas fontibus émanantes in terrarum habitacula rigaret, moderatrix earum iussa sum demeare » ; IX, 971, p. 518, 9 : « Est in geometricis punctum, in arithmeticis monas ». (32) Ambroise, De Abraham, II, 7, 37, C.S.E.L., t. XXXII, 1, p. 593, 4 ; « Quanto prior Solomon quam Zenon Stoicorum magister atque auctor sectae ipsius ! Quanto prior quam ipse pater philosophiae Plato uel eius inuentor nominis Pythagoras ! ».

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triade, soit à Γ'Άπαξ έπέκεινα (33). Par la suite, l'auteur d'un commentaire sur le Parménide juge — selon une ligne adoptée déjà par Philon, Clément d'Alexandrie et Eusèbe de Gésarée — que l'Indicible «n'est pas seulement au-delà de la notion de multi tude, mais au-delà même de la notion de l'Un ; car c'est par lui que sont l'Un et la Monade » (34). Jamblique assure que le second Dieu est une monade issue de l'Un (35). Salluste le philosophe, ami de l'empereur Julien, déclare que la cause première se doit d'être une, car la monade a le pas sur toute pluralité (36). Ce n'est pas sans étonnement que l'on voit Ambroise, malgré ses nombreuses déclamations contre les philosophes, agréer une telle vue, que Proclus mettra plus tard en forme de théorème (37) en ajoutant que (33) Oracles chaldaïques, fragm. 11, éd. des Places, Paris, 1971, p. 69 : Τάγαθόν αυτό νοούσα δπου πατρική μονάς έστι. Fragm. 12, ρ. 69 : ... ταναή μονάς έστιν και δύο γεννφ. Fragm. 26, ρ. 72 : Μουνάδα γάρ σε τριοΰχον Ίδών έσεβάσσατο κόσμος. Fragm. 27, ρ. 73 : Πάντι γαρ έν κόσμω λάμπει τριάς, ής μονάς άρχει. Psellus, Expos, orac. Chald., éd. des Places, p. 168 : « (Σοφίαν) ώς μονάδα αόριστον ό θείος προσβάλλεται νους » Cf. Η. Lewy, Chaldaean Oracles and Theurgy, Le Caire, 1956, p. 106, n. 164 ; W. Theiler, Forschungen zum Neuplatonismus, Berlin, 1966, p. 260 ; P. Hadot, Porphyre et Victorinus, t. I, Paris, 1968, p. 96 et n. 2 ; p. 261 et n. 1. ί"Άπαξ έπέκεινα apparaît encore chez le Latin Martianus Capella, De nuptiis Mercurii et Philologiae, II, 205, éd. Dick-Préaux, Stuttgart, 1969, p. 77, 7 : « Quandam etiam fontanam uirginem deprecatur, secundum Platonis quoque mysteria άπαξ και δις έπέκεινα potestates » ; sur ce passage, cf. P. Courcelle, Les Lettres grecques en Occident, de Macrobe à Cassiodore, 2e éd., Paris, 1948, p. 202. La triade chaldaïque fut confrontée notamment par s. Augustin et Synésius de Cyrène avec la Trinité chrétienne. (34) Anonymus Taurinensis, fol. 91 v°, 1. 12, éd. P. Hadot, op. cit., t. II, p. 68 : ... ώστε ού πλήθους μόνου υπεράνω, άλλα και του ενός έπινοίας * δι* αυτόν γαρ και το êv και μονάς. Selon P. Hadot, cet anonyme est en réalité Porphyre. (35) Jamblique, De mysteriis Aegypiiorum, VIII, 2, éd. E. des Places, Paris, 1966, p. 196 : 'Από δε του ενός τούτου ό αυτάρκης θεός εαυτόν έξέλαμψε, διό και αύτοπάτωρ και αύτάρχης · αρχή γαρ ούτος καΐ θεός θεών, μονάς έκ τοΰ ενός, προούσιος και αρχή της ουσίας. (36) Saloustios, De dus et mundo, V, 2, éd. G. Rochefort, Paris, 1960, p. 9 : Τήν πρώτην αίτίαν μίαν τε είναι προσήκει, παντός γαρ πλήθους ηγείται μονάς, δυνάμει τε και άγαθότητι πάντα νικφ. (37) Ambroise, loc. cit. : « Ab uno incipit et in infînitum diffunditur, et iterum de infinito in unum, quasi in finem, omnia reuertuntur » ; Proclus,

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la Monade est identique à Zeus (38). Sans approfondir en détail les théories de chaque Néo-platonicien, Ambroise a goûté cette philosophie du Dieu-Monade et l'a confrontée avec le verset de V Apocalypse sur Γα et Γω (39). Pierre Gourcelle. Elem. theol., 21, éd. E. R. Dodds, 2e éd., Oxford, 1963, p. 24, 1 : Πασά τάξις άπό μονάδος αρχομένη πρόεισιν εις πλήθος τη μονάδι σύστοιχον, καΐ πάσης τάξεως το πλήθος εις μίαν ανάγεται μονάδα. (38) Proclus, In Platonis rem publicam, éd. W. Kroll, t. II, p. 21, 10 : Ή μέν μονάς Δίιός έστι, μονοειδώς παν περιέχουσα το παν. Ρ. 170, 8 : Μονάς μέν οδν ή Δίιος. Cf. l'Index, s.u. : monas theologica ; Proclus, Tria opuscula, éd. H. Bôse, index, s.u. : monas. (39) On notera que l'évêque Justus (de Lyon ?), destinataire de cette Lettre, doit être un homme sachant au moins un peu de grec exégétique ; car Ambroise lui écrit, Epist. VII, 14, P.L., t. XVI, 909 A : « Quod non solum ad Dominum, sed etiam ad eius refertur infîrmitatem, qui se subiecerit mundo, quod diligat mundum, uel mentem suam, id est νουν, huius auctorem uoluntatis ; VIII, 2, P.L., t. XVI, 912 Β : « In arte requiruntur praecipue ut sit αίτιον, ΰλη, απο τέλεσμα. VIII, 12, P.L., t. XVI, 915 A : « Pulchre autem quod dicunt όρους seruauit ». Sur le rapport entre Monade et monachisme, cf. A. Guillaumont, Monachisme el éthique judéo-chrétienne, dans Recherches de science religieuse, t. LX, 1972, p. 199-218.