Mostrar texto completo24 páginas
Página 1
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)Numb
DE L'IDÉE DE NOMBRE SAS
3
\Ra
CONSIDEREE COMME FONDEMENT DES SCIENCES MATHÉMATIQUES!
Ad "Aptôpos Yewuerpei.
1. Les spéculations mathématiques sont de deux sortes : les unes,
réductibles à la seule notion de nombre‘entier, constituent dans leur
ensemble la science du Nombre ou Analyse mathématique; les autres,
quel qu'en soit l'objet, constituent dans leur ensemble les Mathématiques appliquées: la Géométrie, la Mécanique, la Physique mathématique sont les branches les plus importantes des Mathématiques
appliquées *.
En considérant sous leur véritable jour les extensions successives
que reçoit l'idée de nombre dans l'Analyse mathématique, on conçoit
assez facilement que l'Analyse tout entière puisse, comme nous
mentale. Faute d'une exposition détaillée, que nous ne pouvons
venons de le dire, se ramener à une seule et même notion fondaévidemment développer ici, nous nous bornerons à indiquer sommairement les traits essentiels de cette généralisation progressive.
Nous examinerons ensuite ce que l’on doit penser des Mathéma2 3. Nous nommerons expression fractionnaire ou fraction la simple
tiques appliquées.
2. Contrairement à l'usage, je considère la Géométrie comme une
science
4. Ce mémoire, termine des le mois de décembre 1892, a Clé adressé à la
Revue de Métaphysique et de Morale dans les premiers jours du mois de janvier 1893.
appliquée; j’expose d'ailleurs plus loin les raisons de celle manière de voir.
3, Les considérations résumées dans les n° 2, 3, 4, 5, concernant l'extension
progressive de l'idée de nombre, ont été développées par M. Méray dans
diverses publications, dont voici les titres :
1800) fractions et les quantités négatives (Nouvelles Annales de Mathématiques,
L
Le sens qu'il convient d'attacher à l'expression «nombre incommensurable »
Sur
et sur de eritérium de Pexistence d'une limite pour une quantité variable de nature
donnée (Annales scientifiques de l'École Normale supérieure, 1887):
Nouveau Précis d'Analyse infinitésimale, chap. 1.
La partie la plus importante de cette même queslion a été également trailée
C. RIQUIER. — DE L'IDÉE DE NOMBRE.
347
association, dans un ordre déterminé, de deux entiers dont le prezéro, dénominateur. La fraction qui a pour numérateur 7 et pour
mier s'appelle numeraleur, et le second, essentiellement différent de
dénominateur d sera désignée par le symbole | n, d |.
Deux expressions fractionnaires, | n',d’ |, | n°, a’ ‚seront dites
de même valeur, si les produits entiers n' d”, nd’ sont égaux entre
eux. On démontre sans peine : 4° que deux fractions équivalentes à
une même troisième sont équivalentes entre elles; 2° que la formule
générale des expressions fractionnaires équivalentes à une expression donnée | n, d | est | vt, 0 {, où v. 3, désignent les quotients de
autre, et l’on convient de dire que leur valeur commune est nulle.
n, d'par leur plus grand commun diviseur, et f un entier arbitraire
(différent de zéro).
Les diverses expressions fractionnaires qui on! pour numérateur
l'entier zéro sont toutes équivalentes entre elles sans l'être à aucune
|
| Has ds I,
Considérons deux expressions fractionnaires dont les valeurs
soient inégales, adjoignons par la pensée à chacune d'elles toutes les
expressions qui lui équivalent, et désignons par G,. G, les deux
groupes ainsi obtenus. Si dans ces groupes respectifs on choisil à
volonté deux expressions,
| N, d,
ent different
ilestfacile de se convaincre que l'entier », d,, forcém
dira que la valeur commune des expressions du premie
r groupe est
de Y'entier »3 d,, lui est ou constamment supérieur, ou constamment
s G,, Gs:
inférieur, indépendamment du choix opéré dans les groupe
cas, on
suivant qu'on se trouvera placé dans l'un ou dans l’autre
est supérieure à une seconde, et celle-ci supérieure
à une troisième,
du
supérieure où inférieure à la valeur commune des expressions
valeur
second. On établit d'ailleurs fort aisément que si une première
la première est supérieure à Ja troisième.
e la plus
Notre definition de l'équivalence nous fournit de la manièr
ire À
simple les diverses solutions du problème suivant : constru
la notion de nombre irrationnel à
par M. Kronecker, de Berlin, qui ramène
adopté par M. Méray me semble
celle de nombre rationnel: le point de vue
orer encore, en modifiant
toutefois préférable, el je me suis efforcé de l'améli
arithmétiques,
qui m'a paru avantageux la définition des fractions
dans un sens
es, la notion de valeur infinitésicelle de equivalence des variantes qualifié
male, etc.
ı
U ies 11 ees mn
Página 2
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)CONSIDÉRÉE COMME FONDEMENT DES SCIENCES MATHÉMATIQUES:
"Act 6 “Aptpes yewperpet.
1. Les spéculations mathématiques sont de deux sortes : les unes,
réductibles à la seule notion de nombre entier, constituent dans leur
ensemble la science du Nombre ou Analyse mathématique; les autres,
quel qu'en soit l’objet, constituent dans leur ensemble les Mathematiques appliquées: la Géométrie, la Mécanique, la Physique mathématique sont les branches les plus importantes des Mathématiques
appliquées *.
En considérant sous leur véritable jour les extensions successives
que reçoit l’idée de nombre dans l'Analyse mathématique, on conçoit
assez facilement que l'Analyse tout entière puisse, comme nous
venons de le dire, se ramener à une seule et même notion fondax
mentale. Faute d'une exposition détaillée, que nous ne pouvons
évidemment développer ici, nous nous bornerons è indiquer sommairement les traits essentiels de cette généralisation progressive.
Nous examinerons ensuite ce que l’on doit penser des Mathématiques appliquées.
2 3, Nous nommerons expression fractionnaire ou fraction la simple
4. Ce mémoire, terminé dès le mois de décembre 1892, a été adressé à la
Revue de Métaphysique et de Morale dans les premiers jours du mois de janvier 1893.
2, Contrairement à l'usage, je considère la Géométrie comme une science
appliquée; Pexpose d’ailleurs plus loin les raisons de cette manière de voir.
3. Les considérations résumées dans les n° 2, 8, 4, 5, concernant Pextension
progressive de l'idée de nombre, ont été développées par M. Méray dans
diverses publications, dont voici les titres :
Les fractions et les quantités négatives (Nouvelles Annales de Mathématiques,
»,
à l'expression « nombre incommensurable
See le sens qu'il convient d’attacherlimite
pour une quantilé variable de nature
4890) ;
et sur le critérium de l'existence d'une
donnée (Annales scientifiques de l'École Normale supérieure, 1881);
Nouveau Précis d'Analyse infinitésimale, chap. 1.
La partie la plus importante de cette méme question a été également traitée
Página 3
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)association, dans un ordre determine, de deux entiers dont le premier s'appelle numerateur, et le second, essentiellement different de
zéro, dénominateur. La fraction qui a pour numérateur n et pour
dénominateur d sera désignée par le symbole | n, a i.
Deux expressions fractionnaires, | n’, d' I, | n", dl” |, seront dites
de même valeur, si les produits entiers n’ d", n’d’ sont égaux entre
eux. On démontre sans peine : 4° que deux fractions équivalentes à
une même troisième sont équivalentes entre elles; 2 que la formule
générale des expressions fractionnaires équivalentes à une expression donnée { n, d | est | vi, dE |, ott y, è, désignent les quotients de
n, d par leur plus grand commun diviseur, et ¢ un entier arbitraire
(différent de zéro).
Les diverses expressions fractionnaires qui ont pour numérateur
l’entier zéro sont toutes équivalentes entre elles sans l’être à aucune
autre, et l’on convient de dire que leur valeur commune est nulle.
Considérons deux
expressions fractionnaires dont les valeurs
soient inégales, adjoignons par la pensée à chacune d'elles toutes les
expressions qui lui équivalent, et désignons
par G,, G, les deux
groupes ainsi obtenus. Si dans ces groupes respectifs on choisit à
volonté deux expressions,
| n,, d, I, | Ny, da h
il est facile de se convaincre que l’entier n, da, forcément different
de l’entier me d,, lui est ou constamment supérieur, ou constamment
inférieur, indépendamment du choix opéré dans les groupes G,, G, :
suivant qu'on se trouvera placé dans l’un ou dans l’autre cas, on
dira que la valeur commune des expressions du premier groupe est
supérieure ou inférieure à la valeur commune des expressions du
second. On établit d’ailleurs fort aisément que si une première valeur
est supérieure à une seconde, et celle-ci supérieure à une troisième,
la première est supérieure à la troisième.
Notre définition de l’équivalence nous fournit de la manière la plus
simple les diverses solutions du problème suivant : construire A
%
par M. Kronecker, de Berlin, qui ramène la notion de nombre irralionnel à
celle de nombre rationnel; le point de vue adopté par M. Méray me semble
toutefois préférable, et je me suis efforcé de l'améliorer encore, en modifiant
dans un sens qui m'a paru avantageux la définition des fractions arithmetiques,
celle de l’équivalence des variantes qualifiées, la notion de valeur infinitésimale, etc.
Página 4
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)expressions fractionnaires de méme dénominateur, dont les valeurs
soient données. Cela posé, si l’on désigne par
les h expressions fractionnaires dont l’ensemble constitue une solution quelconque du problème dont il s’agit, l'expression fractionnaire
déduite des précédentes par l'addition des numérateurs, varie, il est
vrai, avec la solution considérée, mais garde une valeur constante,
qui est, par définition même, la somme des valeurs proposées.
Si, des valeurs fractionnaires quelconques étant données, on en
considère des expressions respectives quelconques
| a, b I, | c,d desc... | I, m I,
l'ex pression fractionnaire
} (ac.... 2), (bd..... m) |,
déduite des précédentes par la multiplication des termes semblables,
varie encore avec les expressions choisies pour les valeurs proposées,
mais garde une valeur constante, qui est, par définition méme, le
produit des valeurs proposées.
Quant à la soustraction et à la division des valeurs fractionnaires,
nous les définirons, suivant l'habitude, comme les opérations
inverses de l'addition et de la multiplication. Retrancher d'une
valeur donnée une autre valeur donnée, c'est trouver une troisième
valeur qui, ajoutée à la seconde, régénère la première. Diviser une
valeur donnée par une autre valeur donnée, c'est trouver une troisième valeur qui, multipliée par la seconde, régénère la première.
En résumé, le point de vue purement arithmétique auquel nous
venons de nous placer conduit exactement aux mêmes règles que le
point de vue physico-arithmétique auquel on se place presque toujours.
Finalement, et bien qu’en fait la notion de fraction ait sa source
incontestable dans la recherche d'un procédé commode pour mesurer
les grandeurs concrètes, on peut lui assigner, comme origine logique,
la recherche d'une commodité analytique. Effectivement, si dans le
monde des valeurs entières, addition et la multiplication sont des
opérations toujours possibles, il n’en est pas de même, à beaucoup
près, de la soustraction et de la division : il n’existe, par exemple,
aucun entier qui, ajouté à 4, reproduise 3; il n'existe non plus aucun
Página 5
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)entier qui, multiplié par 5, reproduise 7. Or il résulle des règles
posées ci-dessus que, dans le monde des valeurs fractionnaires, cette
impossibilité éventuelle n'existe plus
quand il s'agit de la division *. D'autre part, il résulte de ces mêmes régles que si l’on a à
effectuer sur des valeurs données, dans le monde des entiers, une
suite
quelconque
d'opérations
(toutes
possibles),
l’entier
qui en
résulte finalement peut être obtenu à l'aide d'un artifice consistant :
4° à se transporter du monde des valeurs entières dans celui des
valeurs fractionnaires, et à substituer respectivement aux entiers
donnés les valeurs des fraclions ayant pour numérateurs ces entiers
mêmes et pour dénominateur l'unité ; 2° à effectuer, au lien des calculs indiqués sur les entiers primitifs, les calculs parallèles sur les
valeurs fractionnaires ainsi obtenues; 3° à prendre le numérateur
du résultat, préalablement réduit à sa plus simple expression.
Supposons maintenant qu'on ait à résoudre une question quelconque ressortissant au monde des entiers, et admeltons, pour fixer
les idées, que l'énoncé de cette question se traduise analytiquement
par un groupe d'équations reliant certains entiers connus à d'autres
entiers inconnus : on peut, d’après ce qui précède, assimiler tacitement ces diverses valeurs entières à autant de valeurs fractionnaires,
puis chercher les solutions du nouveau système ainsi obtenu (ou
plutôt celles d'entre elles dont les dénominateurs deviennent égaux
à l'unité après réduction). Toute question ressortissant au monde des
valeurs entières peut donc se ramener à une question ressortissant au
monde des valeurs fractionnaires; la plupart du temps elle se trouve
ainsi généralisée, et l’on s’assure en tous cas l’avantage de ne jamais
être arrêté dans les transformations analytiques par des divisions impossibles.
3. Voici comment il convient de définir les quantités positives et
négatives.
A toute valeur fractionnaire non nulle on fait correspondre deux
valeurs, que l'on qualifie l’une de positive, l'autre de negative; à la
valeur nulle on fait correspondre une seule valeur, que l’on qualifie
de neutre : les diverses valeurs qualifiées ainsi obtenues sont, par convention, toutes distinctes entre elles. Deux valeurs qualifiées, l'une
positive, l’autre négative, correspondant à une même valeur absolue,
sont dites opposées; la valeur neutre est considérée comme étant son
1. Excepté toutefois si le diviseur est nul.
Página 6
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)opposée à elle-même. L'addition et la multiplication des valeurs qualifiées se définissent par des règles conventionnelles, dans le détail
desquelles il est inutile que nous entrions; la soustraction et la division sont les opérations respectivement inverses des précédentes.
Enfin, la valeur qualifiée a, distincte de 5, lui est dite supérieure ou
inférieure, suivant que la différence a — b est positive ou negative:
on démontre sans peine que si une premiere valeur qualifiée est
supérieure à une seconde, et celle-ci supérieure à une troisième, la
première est supérieure à la troisième.
On peut assigner aux quantités qualifiées une origine analogue à
celle des fractions. Effectivement, si, dans le monde des valeurs fractionnaires, il se présente souvent des soustractions impossibles, cetie
impossibilité éventuelle se trouve entiérement supprimée dans le
monde des valeurs qualifiées, en vertu des regles conventionnelles qui
président à leur calcul. D'autre part, il résulte de ces mêmes règles
que si l’ona à effectuer sur des valeurs données, daus le monde des
fractions, une suite quelconque d’opérations (toutes possibles), le
résultat cherché peut s’obtenir à l'aide d'un artifice consistant : I» à
se transporter du monde des valeurs fractionnaires dans celui des
valeurs qualifiées, et à substituer aux valeurs absolues données les
valeurs positives ou neutres qui leur correspondent respectivement;
9° à effectuer, au lieu des calculs indiqués sur les valeurs absolues
primitives, les calculs parallèles sur les valeurs qualifiées qui leur
ont été substituées; 3° à prendre la valeur absolue du résultat.
Toute question ressortissant au monde des valeurs absolues peut donc
se ramener à une question ressorlissant au monde des valeurs qualifiées:
la plupart du temps, elle se trouve ainsi généralisée, et l'on s'assure
en tous cas l'avantage de ne jamais être arrêté dans les transformations analytiques par des soustractions impossibles.
4, Nous nommerons variante qualifiée une valeur qualifiée variable
dépendant de certains indices, c'est-à-dire de certains entiers indéterminés auxquels on peut attribuer tous les systèmes possibles de
valeurs > 0}.
Une variante qualifiée «a, »,., dépendant des indices m, n,... est
dite infiniment petite, si à toute valeur positive « on peut faire corrique
4. Par exemple, le mTM* terme d'une progression arithmétique ou géomét
rs
dont le premier terme et la raison sont donnés, la somme des m premie
dont
termes de cette progression, leur produit, etc., sont autant de variantes
plude
fois
chacune dépend de l'indice m. Souvent une variante dépend à
sieurs indices.
Página 7
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)C. RIQUIER. —
respondre des
entiers
DE
L'IDÉE DE NOMBRE.
déterminés E, Ve... tels,
que
351
les
relations
simultanées
MZ PNT poo
entrainent comme conséquence nécessaire la relation
val. abs. Gm, n... < val. abs. e.
En d'autres termes, une variante qualifiée est dite
infiniment petite,
si, à partir de valeurs suffisamment grandes de
tous ses indices,
sa valeur absolue reste constamment inférieure
à celle d’une quantité positive donnée.
|
Une variante qualifiée Om, n... dépendant des indic
es mM, Ri... est
dite convergente, si la variante qualifiée
nn
tot
a m syne TA m sous
dépendant des indices m', n',..., m”,
n',..., est infiniment petite.
Telles sont, en particulier : 4° une variante
infiniment petite; 2° une
variante immobile, c'est-à-dire qui gard
e toujours la méme valeur
qualifiée, indépendamment des valeurs
entières que l’on attribue
aux indices.
Une variante qualifiée est dite divergente lorsq
u'elle n'est pas convergente.
Deux variantes qualifiées
Om... Baur) b LATE Prova)
pouvant
avoir
un
certain
nombre
d'indices
communs, p,..., sont
dites de méme valeur infinitésimale, si la vari
ante
b
Y
tà
Russes Pag TT A Mis P gered
dépendant des indices m.,..., Marcos p',......,
p",..., est infiniment petite.
On tire de ces définitions d'importantes
cons
équences, que nous
allons énumérer.
Deux variantes qualifiées équivalentes
à une même troisième sont
équivalentes entre elles.
Deux variantes qualifiées équivalentes
entre elles sont nécessairement convergentes.
Toute variante convergente
se transfor
la simple addition d'un infiniment petit,
me en une équivalente par
et définit dès lors quelque
valeur infinitésimale (on évitera de conf
ondre la valeur infinitésimale
. d’une variante avec ses valeurs actu
elles, obtenues en attribuant aux
indices des valeurs particulières quelconq
Une variante divergente n’a pas de
valeur infinitésimale, car elle
Página 8
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)ne peut satisfaire, vis-a-vis d'aucune autre variante ni seulement
d’elle-méme, à notre définition de l’équivalence.
Toutes les variantes infiniment petites sont équivalentes entre
elles, sans l'être à aucune autre variante convergente.
Si l'on ne considère une variante convergente non infiniment
petite qu’à partir de valeurs suffisamment grandes de tons ses
indices, ses valeurs actuelles possèdent la double propriété : 1° de
conserver des valeurs absolues constamment supérieures à celle
d'une quantité positive convenablement choisie; 2° de conserver
une qualification constante, qui est la mème pour la variante dont il
s'agit et pour toutes ses équivalentes.
Si l'on désigne par
(4)
A, B,..... L
des valeurs infinitésimales données, et par
(2)
a, b,..., i
des expressions quelconques de ces valeurs, chacune des expressions
a, 6,..., l est une variante convergente dépendant de certains indices, et toute combinaison déterminée Q d’additions, soustractions
et multiplications à exécuter sur a, b,..., l fournit une nouvelle
variante ayant pour indices tous ceux des indices de a, b,..., E qui
sont distincts entre eux. Cela posé, la variante ainsi engendrée est
sa valeur infinitésimale est indépendante des diverses
convergente, et
manières dont peuvent être choisies les expressions (2) des valeurs
données (1); cette valeur infinitésimale constante est, par définition, le résultat de l’opération Q exécutée sur les valeurs données.
Si l’on désigne par A, B deux valeurs infinitésimales données,
dont la seconde ne soit pas la valeur commune aux diverses variantes infiniment petites, si Pon désigne en outre par a, b, deux
expressions quelconques de ces valeurs, le quotient de a par b est
une variante convergente dont la valeur infinitésimale ne dépend
pas du choix que l’on peut faire parmi les expressions diverses des
valeurs données A, B; cette valeur infinitésimale constante est, par
définition, le quotient de A par B.
La valeur infinitésimale qui appartient exclusivement aux diverses
variantes infiniment petites sera dite téléo-neutre. Toute autre
valeur infinitésimale sera dite téléc-positive ou téléo-négative, suivant
que les valeurs actuelles de l’une quelconque de ses expressions
finissent par rester constamment positives ou constamment néga-
Página 9
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)C. RIQUIER. — DE
tives. De deux valeurs infinitésimales distinctes
, la premiere sera,
dite supérieure ou inférieure à la seconde, suivant que la diffé
rence
obtenue en retranchant la seconde de la
première est téléo-positive
ou
téléo-négative : on démontre d'ailleu
rs sans peine que si une
première valeur infinitésimale est
supérieure à une seconde, et
celle-ci supérieure à une troisième, la
première est supérieure à la
troisième. On nommera opposée d'une vale
ur donnée celle qui, par
son addition aÿec la
première, fournit une
somme téléo-neutre,
Enfin, une valeur infinitésimale sera dite comm
ensurable ou incommensurable, suivant qu'elle admettra ou
non quelque variante immobile
au nombre de ses expressions : á tout
e valeur qualifiés correspond
ainsi une valeur infinitésimale commensur
able, et réciproquement.
L'extraction de la racine g”° d'une quantité
sidérée comme l’origine logique des quantités
positive peut être coninfinitésimales. Si, étant
donnée une valeur positive (invariable), on
se
propose d'en trouver
une autre qui, par son élévation
à la puissance 4, puisse régénére
r
la première, le problème, ainsi posé, n’a
dmet de solution qu'exceptionnellement, et pour un choix tout
spécial de la valeur positive
sur laquelle on doit opérer. Mais, dans le
monde des valeurs infinitesimales, le problème change entierem
ent d’aspect, et l’extraction
de
la racine ge d’une valeur positive,
au lieu d’étre impossible dans
immense majorité des cas, devient au
contraire toujours possible.
On peut effectivement démontrer qu'étant
donnée une valeur infinitésimale non téléo-négative, il exis
te une valeur de même nature,
et une seule, régénérant la pro
posée par son élévation à la puis
sance q.
|
D'un autre côté, si l’on a à effectue
r sur des valeurs qualifiées
données une suite quelconque d'opérat
ions (toutes possibles), le
résultat peut s’obtenir à l'aide d'un
artifice consistant: 4° à se transporter du monde des valeurs qual
ifiées dans le monde des valeurs
infinitesimales, et à substituer aux
valeurs qualifiées données les
valeurs infinitésimales commensurabl
es qui leur correspondent respectivement; 2% à effectuer, au lieu
des calculs indiqués sur ces
valeurs qualifiées, les calculs para
llèles sur les valeurs infinitésimales qui leur ont été substitwées
; 3° à repasser du résultat, forcément commensurable, à la valeur
qualifiée correspondante.
Toute question ressortissant au monde
des valeurs qualifiées peut
donc se ramener à une question ress
ortissant au monde des valeurs
infinitesimales; la plupart du temps,
elle se trouve ainsi généralisée,
Página 10
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)et l'on s'assure en tous cas l'avantage de ne jamais être arrêté dannes
les transformations analytiques par l'impossibilité d'extraire la raci
d'une quantilé posilive.
5. Une valeur imaginaire est la simple association, dans un ordre
déterminé, de deux valeurs infinitésimales que l'on nomme respecdans le
| tivement son premier et son second élément. Sans entruler des
imadétail des règles conventionnelles qui président au calc
ginaires, nous nous bornerons à en signaler cette conséquence, que
si Pon à effectuer sur des nombres infinitésimaux donnés une suite
quelconque d'opérations (toutes possibles), le nombre infinitésimal
qui en résulte finalement peut être obtenu à Taide d’un artifice consistant : 4° à se transporter du monde des valeurs infinitésimales dans
le monde des valeurs imaginaires, et à substituer aux nombres donnés
des valeurs imaginaires ayant pour premiers éléments les nombres
dont il s’agit avec des seconds éléments téléo-neutres; 2° à effectuer,
au lieu des calculs indiqués sur les nombres primitifs, les calculs
parallèles sur les imaginaires ainsi obtenues: 3° à prendre le premier élément de l'imaginaire résultante.
Toute question ressortissant au monde des valeurs infinitésimales
peut done se ramener à une question ressortissant au monde des valeurs
imaginaires; la plupart du temps, elle se trouve ainsi généralisée, et
Pon s'assure en tous cas l'avantage de ne jamais être arrété dans les
transformations analytiques par l'impossibilité de décomposer un
polynome entier è une variable en facteurs du premier degré.
6. 11 conviendrait peut-être de nommer Analyse infinitésimale
l'ensemble des théories ressortissant au monde des valeurs infinitésimales ou de leurs accouplements en imaginaires; cette partie de
l'Analyse comprendrait alors essentiellement, outre le calcul différentiel et intégral, un certain nombre de théories élémentaires,
telles que le calcul des radicaux arithmétiques ou la résolution de
l'équation du second degré. Conformément aux observations finales
des n* 2, 3, 4, 5, rien n’empéche de recourir à des moyens tirés de
Analyse infinitésimale pour traiter une question analytique dont
l'objet mème ne ressortirait pas au monde infinitésimal.
Après avoir montré, suivant notre dessein, comment les théories
analytiques sont basées sur la seule notion du nombre entier, il
nous reste à rechercher la véritable nature des Sciences mathématiques appliquées; quelques exemples, pris parmi les plus simples,
suffiront à nous éclairer sur ce point.
Página 11
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)C. RIQUIER. — DE
7. Une proposition bien connue de
géométrie élémentaire nous
apprend que si les trois
nombres
côtés d'un triangle
au moyen d'une
unité commune,
rectangle sont évalués en
le
carré du nombre qui
égal a la somine des carrés des nomb
res qui
mesure Uhypoténuse est
mesurent les deux côtés de l'an
gle droit. La proposition, ainsi
formulée, semble ne pouvoir viser que des
nombres actuels : le plus
habile physicien, disposant des meil
leurs instruments, et mesurant
avec toute la
précision possible
les trois
côtés
de notre
n’en trouvera effectivement jamais
d'autres pour
triangle,
en exprimer les
longueurs. Pourtant, si tel est hie
n le sens de l'énoncé, la proposition tombe en défaut dans
mainte circonstance : en sup
posant,
par exemple, les deux cót
és de l'angle
droit respectivement éga
ux
à l'unité de longueur et au dou
ble de cette unité, le nombre
actuel
qui
mesure
l’hypoténuse devrait avoir
pour carré 4 +4 ou 3, ce
qui est impossible. Il y a là
une contradiction apparente qu'i
l
importe de faire cesser; mais nou
s devons, pour y parvenir, examiner préalablement deux
questions.
8. Traduction en segmen
ts
qualifiées et infinitésimales.
rectilignes des valeurs
fractionnaires,
Le première idée qui vie
nt à l'esprit, pour tradui
re à
segment rectiligne une expres
sion fractionnaire In,
d |, c'est d'imaginer une demi-droite de lon
gueur indéfinie, sur laquelle
portés bout
à
div partie de
l'aide d'un
on suppose
bout, à partir de l'origine
, n segments égaux
l'unité de
à la
longueur. En exécutant phy
siquement
l'opération dont il s’agit sur
un certain nombre d'express
ions fractionnaires, on constate que
des expressions équivalentes
donnent
toujours le même segment
rectilign
e; mais il est bien des cas
où la
possibilité méme de cette exé
cution n’est plus concevabl
e, car, pour
une valeur de d suffisamm
ent grande, la div partie
de l'unité de
longueur semble se réduire
à un point, c'est-à-dire à une
portion
d'étendue presque imperceptibl
e.
D’autres procédés sont plu
s fréquemment praticables
: ainsi, en
désignant par f une fracti
on donnée, et par fu la plu
s grande fraction de dénominateur m
qui ne lui soit pas supéri
eur
F— fm est inférieure a {4,
à l'aide du segment rectil
suffisamment éloignée, de
e, la différence
m }, et Pon peut convenir
de représenter f
igne qui Correspond à un
e valeur actuelle,
la variante fractionnaire fin
| Dans les limites où ces proc
éd
physiquement exécutables,
e
és et autres du même genre
l'expérience nous permet
sont
de constater :
Página 12
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)ments
4° quà une même valeur fractionnaire correspondent dess seg
fractioneur
rectilignes d'apparence identique; 2° qu'à deux val
pondent deux
naires dont la première surpasse la seconde, corres
, & moins
segmenis rectilignes dont le premier surpasse Je secceondana
ique
toutefois qu’une petitesse excessive dans la différen siqlyt
ue des
des valeurs ne rende imperceptible la différence phy
ne comsegments; 3° que lorsqu'une valeur fractionnaire résulte d'u
le segment
binaison additive et soustractive de plusieurs autres,por
t
rectiligne correspondant au résultat peut s'obtenir en tant bou
dent aux
à bout, chacun dans Je sens voulu, ceux qui corresponjou
ces
diverses fractions combinées, etc. Nous supposerons tou rs
|
diverses concordances réalisées.
Pour traduire physiquement une valeur qualifiée, on imaginera
une droite, indéfinie dans ses deux sens, sur laquelle on
supposera
resporté, à partir d’une origine fixe, le segment rectiligne qui cor
s le
pond à sa valeur absolue, soit dans tel sens déterminé,itsoitde dan
résens opposé, suivant que la valeur qualifiée qu'il s’ag e rep
espèce
senter est positive ou négative. A toute valeur de cett iss
ance
correspond ainsi un segment affecté de sens, et à toutedépcro
lacement
ou décroissance algébrique de la valeur considérée, un
tif, à moins
de l'extrémité du segment dans le sens positif ou négaana
e ne
toutefois qu'une petitesse excessive de la variation lytit.iquLor
srende imperceptible le déplacement physique dont il s'ag
et sousqu'une valeur qualifiée résulte d'une combinaison addititve s’obtenir
tractive de plusieurs autres, sa traduction physique peu
gueurs
en portant bout à bout, chacune dans le sens voulu, les lon
tés comqui correspondent aux valeurs absolues des diverses quanti
ves retranbinées : pour les quantités positives ajoutées, ou négati
sens
chées, les longueurs dont il s’agit doivent être portées dansvesle ajoupositif; pour les quantités positives retranchées, ou négati
tées, elles doivent l'être dans le sens négatif.
Enfin, les valeurs infinitésimales elles-mêmes sont susceptibles
aperd'une traduction physique de même nature. Effectivement, ongrandes
amment
coit sans peine: 4° qu'à partir de valeurs suffis
te qualides indices, la traduction des valeurs actuelles d’une var2°ianque
, sous
fiée infiniment petite semble se réduire à un point;
ante
cette méme réserve, la traduction des valeurs actuelles d’une vari
convergente conserve une apparence invariable; 3° que, pour deuonx
variantes équivalentes, les apparences invariables auxquelles
Página 13
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)aboutit de part et d’autre sont identiques. Si donc, une valeur
infinitésimale étant donnée, on convient de ne considérer chacune
de ses expressions qu'à partir de valeurs suffisamment grandes des
indices dont elle dépend, les segments rectilignes correspondant
aux valeurs actuelles restantes des expressions dont il s'agit
n’offrent à l'œil aucune différence perceptible, et ce segment rectiligne unique peut des lors être considéré comme la traduction physique de la valeur donnée. Les mêmes observations doivent être
faites à ce sujet que dans le cas des valeurs qualifiées.
9. Mesure des aires planes à contours rectilignes.
La mesure des aires, planes ou courbes, se ramène indirectement
à celle des segments rectilignes; on leur substitne à cet effet des
rectangles ayant pour base commune l'unité de longueur, et que Pon
puisse regarder comme leur étant respectivement équivalents; il ne
reste plus alors qu'à mesurer les hauteurs de ces rectangles. Quant
à formuler dans un énoncé les conditions de cette équivalence toute
physique, cela nous semble tout à fait impossible, et nous nous en
abstiendrons; nous admettrons seulement, à titre de postulats:
19 que si nous sommes conduit,
pour telles ou telles raisons, à
considérer deux aires comme équivalentes à une même troisième,
nous pourrons, sans qu'il faille recourir à des raisons nouvelles, les
considérer comme équivalentes entre elles; 2° que si nous sommes
conduit, pour telles ou telles raisons, à considérer une aire S
comme supérieure à une deuxième 8’, et celle-ci comme supérieure
ou équivalente à une troisième 8”, nous pourrons, sans qu’il faille
recourir à des raisons nouvelles, considérer S comme supérieure
a8”, ete.
Le premier cas qui se présente dans la mesure des aires est celui
des aires planes à contours rectilignes, que nous avons actuellement
à examiner.
Tout polygone est, comme on sait, décomposable en triangles;
tout triangle est décomposable en deux fragments qui, juxtaposés
d’une autre manière, le transforment en un parallélogramme de
même base et de hauteur moitié moindre; enfin tout parallélogramme non rectangle est décomposable en deux fragments qui,
juxtaposés d'une autre manière, le transforment en un rectangle
. de même base et de même hauteur. Toute aire polygonale équivaut
donc à une somme (physique) de rectangles, et nous nous trouvons
ainsi ramené à un cas unique. Nous établirons à ce sujet la propo-
Página 14
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)sition suivante : Le rectangle construit sur les segments rectilignes
qui correspondent aux deur valeurs téléo-positives A, B, équivaut au
rectangle construit sur l'unité de longueur et le segment rectiligne
qui correspond au produit A.B (on suppose essentiellement perceptibles les trois segments dont il s’agit).
A cet effet, nous désignerons par a, la plus grande valeur commensurable de dénominateur m qui ne soit pas supérieure 8 A;
par è la plus grande valeur commensurable de dénominateur m
qui ne soit pas supérieure à B; par «„, fn les numérateurs respectifs
de dn, bm; enfin par 0, gm. le quotient et ‘le reste de la division du
produit 2.8, par m. Nous dirons en outre, pour faciliter le langage, qu’un rectangle est construit sur deux nombres, s'il a pour
dimensions les segments rectilignes qui correspondent physiquement
à ces deux nombres.
Cela posé, le rectangle construit sur a, et du, c'est-à-dire sur
À Lay M i et | Emo m Is
peut se décomposer en a... fim carrés égaux construits sur la mie partie de l'unité de longueur, et la relation
Um Em =m. Im + Ems
(3)
où Pon a
(4)
Em <M,
montre qu’une juxtaposition convenable des carrés dont il s’agit le
transforme en une somme de deux autres rectangles respectivement
construits sur le couple
1, | On, ml
(3)
et sur le couple
(6)
| om, mt,
A, m |.
Donnons maintenant & m des valeurs sans cesse croissantes. Les
variantes @,,, 6, ayant pour valeurs infinilésimales A, B (il serait
facile de le prouver), le rectangle construit sur an et dm finit par
devenir physiquement identique au rectangle construit sur A et B.
Les relations (3), (4) donnent d’ailleurs
| Lng Be i . | Emo m $ = | Om; M | + | Em; m? I,
bom mt < { 4, mj,
d’où résulte que la variante i Ou, Fe | a pour valeur infinitésimale
A.B; et dès lors, le rectangle construit sur le couple (3) finit par
devenir physiquement identique au rectangle construit sur 4 et A.B.
Página 15
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)Enfin, le rectangle construit sur le couple (6) a pour base un segment moindre que l’unité de longueur, et pour hauteur la mi partie
de cette unité; il finit donc par devenir physiquement nul. On en
déduit immédiatement la proposition à démontrer.
Si, au lieu d'un seul rectangle, on en considérait un nombre quelconque, trois par exemple, respectivement construits sur les couples de
valeurs téléo-positives A et B, Cet
D, E et F, leur ensemble équivaudrait
à un rectangle unique construit sur les valeurs 1 et A.B-+-C.D-LE.F.
10. Désignons maintenant par A, B, C trois valeurs téléo-positives
vérifiant la relation
A? + B =,
et par
sa,
cs; oc les segments
rectilignes,
supposés
perceptibles,
qui correspondent physiquement à ces trois nombres.
du
numéro
précédent que
le
Il
résulte
carré construit sur cc équivaut à
l'ensemble des carrés construits sur Sa, og: Car ces deux surfaces
équivalent à un même rectangle ayant pour base l'unité de longueur, et pour hauteur le segment rectiligne qui correspond
à la
valeur infinitésimale A? + B® ou C?. Considérant d'autre part le triangle rectangle qui a pour côtés de l’angle droit sa, op, el construisant un Carré sur chacun de ces côtés et l’hypoténuse, on démontre
de la manière la plus simple que le dernier carré équivaut à l’ensemble des deux premiers, et par suite au carré construit sur oc. On
ne fera d'ailleurs aucune difficulté d'admettre que deux carrés équivalents doivent avoir le même côté. On observera enfin que tous nos
raisonnements sont indépendants du choix de l'unité de longueur,
sous la réserve expresse que les segments ca, og oc, restent perceptibles, et l'énoncé de la célèbre proposition pourra dès lors se formuler comme il suit :
Si trois valeurs infinitésimales A, B, C, vérifient la relation A? + B®
= C?, les segments reclilignes, supposés perceptibles, qui en sont les
traductions physiques, nous paraissent, quelle que soit d'ailleurs l'unité,
respectivement superposables aux
deux
côtés
de langle droit et à
Uhypoténuse de quelque triangle rectangle.
11. Il imports, en vue de ce qui va suivre, de fixer avec la dernière précision le sens analytique du mot limite, comme aussi d’en
traduire physiquement la définition.
Nous nommerons à cet effet variante infinitésimale une expression
de tous points semblable à une variante qualifiée, si ce n'est qu’à
Página 16
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)chaque systeme de valeurs particuliéres des indices correspond
une valeur infinitésimale au lieu d'une valeur qualifiée.
Considérons une variante infinitésimale Un . dépendant des
indices m,n,... et désignons par en, »,,, une variante qualifiée aux
mêmes indices, arbitrairement choisie sous les seules conditions
d’être infiniment petite et de ne jamais atteindre la valeur neuire. A
un système quelconque de valeurs particulières de m, n,... correspond pour v», ».. une valeur infinitésimale susceptible de diverses
expressions : on choisira, suivant telle ou telle loi, quelqu'une des
expressions dont il s’agit, et à la variante qualifiée convergente a,
ainsi choisie, on fera correspondre, suivant telle ou telle loi, une
valeur qualifiée dont la différence à a finisse par devenir moindre
en valeur absolue que <p, a, à partir de valeurs suffisamment
grandes de tous les indices de a : cette valeur qualifiée, qui change
avec les valeurs attribuées à m,n,..., engendre une variante qualifiée
Bm, n, dépendant des mêmes indices que la variante infinitésimale proposée. Or le choix variable des éléments arbitraires que
comporte l'opération précédente fournit diverses variantes qualifiées analogues à Jn, n.. lesquelles sont forcément, comme on le démontre, ou toutes équivalentes, ou toutes divergentes. Cela étant, on
dira que la variante infinitésimale proposée est convergente dans le
‘premier cas, divergente dans le second; dans le cas de la convergence, on dira en outre qu’elle a pour limite (ou qu'elle fend vers) la
valeur infinitésimale commune aux variantes qualifiées telles que
bm, Ret
Passons à l'interprétation physique. En attribuant à m, n,... des
valeurs particulières déterminées, on obtient respectivement pour
Vn, ms Om, rnd Em n. trois valeurs particulières dont la premiére
est infinitésimale (4), et les deux autres qualifiées (3), mais à chacune desquelles correspond, comme nous l'avons va (8), un certain
segment rectiligne porté (dans un sens ou dans l’autre) sur une droite
indéfinie à partir d’une origine fixe; d'ailleurs, et par la manière
même dont la seconde a été déterminée, la distance entre les extrémités finales des deux premiers segments rectilignes nous apparait
comme physiquement inférieure au troisième. Or les variantes qualifiées Um, a... Em, n. étant, l'une convergente et l’autre infiniment
petite, on voit qu'à partir de valeurs suffisamment grandes de m,
n,... le troisième segment devient imperceptible, tandis que le
second conserve une apparence invariable : donc, à partir des mêmes
Página 17
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)valeurs, le premier conserve une apparence invariable et identique
au second. En d’autres termes, les segments rectilignes qui traduisent
les diverses valeurs particulières d'une variante convergente infinitésimale aux indices m, 2,... coincident, pour m, n,... suffisamment grands, avec le segment rectiligne qui traduit la valeur de sa
limite.
12. Nous placant désormais dans le monde des valeurs infinitésimales, nous nommerons intervalle de x, à X l’ensemble des valeurs
qui ne sont ni inférieures à la plus petite, ni supérieures à la plus
grande des deux valeurs données xo, X; nous nommerons en outre
amplitude de cet intervalle la différence (téléo-positive) entre les
deux valeurs extrêmes. Si à toute valeur x faisant partie de Vintervalle on fait correspondre, suivant quelque loi déterminée, une
‘ valeur / (x), cette loi définit une fonction de la variable x dans l’intervalle considéré. La fonction f (x) sera dite continue dans l'intervalle
de x, à X, si, la variante infinitésimale v étant arbitrairement choisie
sous les seules conditions d’être constamment située dans l’intervalle
et de tendre vers quelque valeur a de cet intervalle, la variante
f (o) a pour limite / (a).
On peut démontrer en toute rigueur la proposition suivante, que
nous allons d’abord énoncer, et dont nous donnerons ensuile une
interprétation physique : Si la fonction f (x) est continue dans l'intervalle de x, à X (où l'on suppose x, < X), on peut, une valeur téléopositive « étant donnée, assigner une valeur téléo-positiveB telle, que
les relations simultanées
Le SX,
to Sz" SX,
opp. 6 <a'-2' < Bh,
entrainent la double relation
opp. a <f(z")—f@')<«.
En désignant par x une valeur quelconque appartenant à l’intervalle de x, à X, et par y la valeur correspondante de notre fonction,
il est facile de représenter graphiquement le couple des valeurs x, y:
à cet effet, on tracera dans un plan deux axes rectangulaires Ox, Oy,
dont chacun soit indéfini dans deux sens opposés; sur ces deux axes
on portera respectivement à partir du point O, et chaque fois dans’
4. Nous désignons par les notations opp. 8, opp. «, etc., les valeurs infinitésimales respectivement opposées à £, a, etc.
TOME 1, — 1893.
Página 18
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)le sens voulu, les deux segments rectilignes OA, OB qui traduisent
physiquement les valeurs infinitésimales x, y; on mènera enfin par
le point A une parallele à Oy, par le point B une parallèle à Or, et
le point M où se coupent ces deux droites traduira à la fois, par sa
seule position relativement aux axes, et la valeur x attribuée à la
variable et la valeur correspondante y de la fonction.
Cela posé, désignons par « un nombre téléo-positif assez petit
pour que le segment rectiligne correspondant ait une étendue imperceptible; puis par 9 un nombre téléo-positif inférieur à e, et tel que
les relations simultanées
a <e<X,
% £a SX,
opp.8<Taæ—2x < 4,
entrainent la double relation
opp.e < f(z") — f(x") <8;
intercalons alors, de x, à X, certaines valeurs choisies à volonté
sous la seule condition que, dans la suite résultante
(7)
:
Loy Fay Los corer oy By X,
formée de termes sans cesse croissanis, la différence d’un terme au
suivant soit toujours moindre que 6; désignons enfin
par a, 2,41, deux valeurs consécutives quelconques de la suite (7);
par yu Figs les valeurs correspondantes de la fonction ;
par Oa, Oa:41, Obs, Odin, les traductions physiques de a, at?!
sur Ox, et de Yu, Yuga sur Oy;
|
par ys, vi les quatrièmes sommets des deux rectangles respectivement déterminés par le groupe des trois points O, a, & et par
celui des trois points O, dizi, bips.
Il résulte de la manière même dont les nombres e, 0 ont été choisis,
que les points a, au, de Ox nous paraissent coïncider l’un avec
l’autre, et que le même phénomène a lieu pour les points di, bu de
Oy; on peut donc l’affirmer également des points ya, its, et dès lors
la suite des points
Bor Bar Mes see Urs M,
correspondant respectivement aux valeurs (7) et en nombre limité
comme elles, présente à notre œil l'aspect d'une courbe sans solution
de continuité. Que si l'on nous demande comment il peut se faire
que la coincidence apparente du premier point po avec le second y»
Página 19
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)puis du second u, avec le troisième p,, et ainsi de suite, n’entraine
pas la coïncidence apparente de tous ces points avec le premier wo,
nous répondrons qu’un semblable raisonnement, dont la forme est
calquée sur certains raisonnements analytiques, n’a plus aucune
valeur quand on l’applique à des objets physiques.
13. Lorsqu’une fonction de x est continue dans un intervalle détermine, on peut établir par un raisonnement en forme l’existence de
deux valeurs c,, C(c, SC), jouissant de la double propriété que nous
allons énoncer : 4° toute valeur c remplissant la double condition
CO Se
est atteinte au moins une fois par la fonction pour quelque valeur
de x située dans l’intervalle dont il s'agit; 2° aucune valeur infé_rieure à €, ni supérieure à € ne peut être atteinte par la fonclion
pour aucune des valeurs de x situées dans le même intervalle.
Désignons alors par f (x), comme précédemment, une fonction
continue dans l'intervalle de x, à X {x, << X). On peut, d'une infinité
de manières, diviser cet intervalle en intervalles partiels, c’est-à-dire
former une suite de valeurs croissantes dont la première soit x, et la
dernière X. Imaginons que de semblables états de division, respectivement désignés par les symboles
as Aa see) im ...
se succédent indéfiniment suivant une loi A, arbitrairement choisie
sous la réserve expresse que, un nombre téléo-positif quelconque «
étant donné, on puisse assigner pour m une valeur a partir de laquelle
les intervalles partiels correspondant aux états de division successifs
demeurent tous d'amplitude inférieure à x. A tout intervalle partiel
fourni par quelqu'un des états
,
faisons correspondre, suivant une loi déterminée Y, l’une des valeurs
que prend la fonction dans l'intervalle partiel considéré. Désignons
enfin par v, la somme des résultats obtenus en considérant successivement chaque intervalle partiel de l'état 2 et multipliant son
amplitude par la valeur de f(z) qui lui correspond en vertu de la
loi Y. Cela posé, on démontre que la variante infinitésimale v,, tend
vers une limite indépendante des lois A et W. Cette propriété, essentiellement analytique, est susceptible d’une application physique que
nous allons faire connaitre, en supposant, pour plus de simplicité,
Página 20
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)que la valeur de f(x) ne soit jamais téléo-négative quand æ varie de
e aX.
Il résulte, en premier lieu, du numéro précédent que la valeur de
notre fonction dans l'intervalle de x, à X se trouve figurée par
un
are de courbe continu et limité, et les intervalles partiels analytiques
dont il s'agissait tout à l'heure par autant de segments rectilignes
portés bout à bout sur l'axe Ox et occupant toute la partie de cet
axe située entre les ordonnées extrèmes de l'arc. À chacun de ces
segments partiels correspond d'abord un arc partiel de la courbe,
puis, en vertu de la loi W, une ordonnée particuliére dont la longueur se trouve physiquement comprise entre les distances maximum et minimum des points de l'arc partiel à Or. Quant à la quantité v,,, elle mesure, comme nous l'avons établi (9), la somme des
divers rectangles qui, dans l'état 2,,, ont pour bases les segments
partiels marqués sur Ox et pour hauteurs lesordonnées particuliéres
correspondantes; en d’autres termes, cette quantité v,, se trouve
physiquement traduite par Ja hauteur d'un rectangle Rn, équivalent
à la somme des précédents et construit sur l'unité de longueur comme
base. Or la propriété analytique ci-dessus énoncée nous montre qu'à
partir d'une valeur de m suffisamment grande, la hauteur du rectangle R,,, et par suite ce rectangle lui-même, conservent une appa
-
rence invariable, et que cette limite physique R du rectangle R, est
indépendante du choix qu'on a pu faire pour les lois A et W.
Cela étant, si, pour une même loi A, on nomme w', Y” les deux
lois particulières qui à chaque intervalle partiel d’un état de division
quelconque font correspondre respectivement la plus petite et la
plus grande des valeurs que prend f (x) dans cet intervalle, si Pon
désigne en outre par Un dn ce que devient è, et par R’ ins R'm ce que
devient R,, pour les deux lois W*, 4”, il est de toute évidence physique que l'aire S comprise entre l'axe Ox, Vare de courbe et ses
deux ordonnées extrémes est, pour toute valeur de m, supérieure &
la somme de rectangles qui a pour mesure v'», mais inférieure à la
somme de rectangles qui a pour mesure v’,; elle se trouve donc
t
comprise entre R', et Rn, et, comme ces deux rectangles finissen
par conserver une même apparence invariable R, qui d’ailleurs ne
dépend nullement de la loi A, rien ne semble plus naturel que de
considérer l'aire § comme équivalente au rectangle R.
14, Nous pourrions, après la mesure des aires planes, rechercher
celle des volumes, puis, adjoignant à la notion infinitésimale de
Página 21
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)continuité la notion, également infinitésimale, de dérivée, étudier la
rectification des lignes courbes, la complanation des surfaces courbes,
considérer un point matériel soumis à un mouvement quelconque,
et définir, pour un instant quelconque, la vitesse, l'accélération, la
force, etc. Sans entrer dans le détail de toutes ces questions, indiquons brièvement quelques-uns des résultats auxquels elles conduisent.
Pour mesurer un are de courbe, on déduit de sa définition analytique une valeur analytique à l’aide de considérations infinitésimales
tellement imaginées, qu'il semble on ne peut plus naturel de regarder
comme équivalents en longueur Parc curviligne physique qui traduit
cette définition et le segment rectiligne physique qui traduit cette
valeur. Pour mesurer une aire ou un volume, on procède de façon
analogue, et la valeur analytique qui en résulte fournit, par sa traduction physique en un segment rectiligne, soit la hauteur d’un rectangle équivalent ayant pour base l'unité de longueur, soit la hauteur d’un parallélépipéde rectangle équivalent ayant pour base le
carré construit sur Punité de longueur.
On nomme point matériel une portion de matière contenue dans
une
portion
d’étendue
presque
imperceptible.
Cela
étant,
si
l'on
désigne par zx, y, 5 trois fonctions d'une même variable ¢, et que l’on
traduise les variations analytiques simultanées de #, x, y, s par les
variations physiques simultanées
1° du temps, 2°
de
la position
d'un point matériel (considéré isolément) par rapport à trois axes
rectangulaires (considérés comme fixes) : on obtient comme figuration un mouvement du point. Attribuant alors à la variable £ une
valeur particulière quelconque, considérons, avec les valeurs correspondantes des trois fonctions x, y, z, celles de leurs dérivées
premières; puis, à partir de la position du point qui traduit physiquement le système des valeurs considérées de x, y, z, portons,
parallèlement aux trois axes et chaque fois dans le sens voulu, les
segments rectilignes qui traduisent physiquement les valeurs des
trois dérivées premières; construisons sur ces trois segments un
parallélépipede, et considérons en longueur, direction et sens la diagonale qui part de leur commune origine pour aboutir au sommet
opposé : la grandeur géométrique ainsi obtenue se nommera la
vitesse du point matériel à l'instant considéré. La même construction,
effectuée en substituant aux dérivées premières les dérivées secondes
de x, y, 3, nous fournira, pour l'instant dont il s’agit, la valeur de
Página 22
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)l'accélération. Nommons enfin masse du point matériel certaine constante téléo-positive idéalement et invariablement liée au point,
multiplions les dérivées secondes de x, y, 3 par cette constante, et
répétons une troisième fois notre construction en substituant aux
dérivées secondes les produits ainsi obtenus : la résultante géométrique de l'opération nous donnera, pour Vinstant considéré, la
valeur de ce qu’on est convenu d'appeler la force agissant sur le
point. Une vitesse, de même qu'une accélération ou une force, ne se
trouve entièrement déterminée que si l’on suppose à la fois connues
la longueur, la direction et le sens du segment rectiligne qui la
représente : en d'autres termes, elle se trouve physiquement mesurée, non par un segment rectiligne absolu, mais par un système
de trois segments rectilignes respectivement comptés, dans tel ou
tel sens, sur trois axes rectangulaires.
La manière toute conventionnelle dont nous venons de définir la
force qui agit sur un point matériel considéré isolément, fixe le sens
exact de certaines locutions qui peuvent sembler étranges au premier abord. Lorsqu'on dit, par exemple, que le mouvement observé
d’un semblable point matériel est produit par l'attraction d'un centre
fixe, s’exercant en raison inverse du carré de la distance, cela
signifie simplement qu'on peut assigner trois fonctions x, y, 5 d'une
même variable t, possédant conjointement les deux propriétés suivantes : 4° si l'on mène par le centre, considéré comme fixe, un
système de trois axes rectangulaires, également considérés comme
fixes, la traduction physique ci-dessus indiquée des variations simultanées de t, x, y, 5, reproduit le mouvement du point; 2° la construction physique ci-dessus indiquée pour obtenir la force à un
instant quelconque du mouvement donne un segment dirigé du
point matériel vers le centre fixe, et mesuré en longueur par l’ex» où p désigne une constante téléo-positive *.
pression
Lorsqu'on dit que les mouvements observés de trois points matériels
HA
sont produits par leurs attractions mutuelles s’exercant en raison
directe des masses et en raison inverse du carré des distances, cela
signifie simplement que Von peut assigner neuf fonctions L,, Yır
Zas Lar Yor Les Lay Yar & d'une variable £, possédant conjointement les
1. Nous voulons dire que le segment dont il s'agit est superposable à celui
qui traduit physiquement le nombre PER
Página 23
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)propriétés suivantes : 4° si par un point de l'espace, considéré comme
fixe, on mène un système de trois axes rectangulaires également
considérés comme fixes, la traduction physique des variations simultanées de ces dix quantités reproduit les mouvements simultanés des
trois points; 2° en désignant par A,, A,, A, les points dont il s'agit,
par m,, my, m, les masses respectivement attribuées à ces points,
et par f une constante téléo-positive, la diagonale du parallélépipède
rectangle que nous
sommes convenus
de construire pour obtenir
à un instant déterminé la force agissant sur le point A,, se trouve
être en même temps la diagonale d'un parallélogramme ayant ses
côtés respectivement dirigés suivant les demi-droites A, Aj, A, As,
et respectivement mesurés par les nombres
fin, my
|
|
(aaa) + (Y, —Y2) + (a — fa)?
(1,—2)*+
fm, m,
(Y, — Ys)?
.
(5, — 23)
Les forces agissant respectivement sur les points A,, À, jouissent
d’une propriété géométrique toute semblable.
15. Les divers exemples traités ou indiqués dans ce qui précède
nous semblent éclaircir suffisamment la véritable nature des sciences
appliquées : elles ne sont, au fond, qu’un ensemble d’objets analytiques auxquels s'adaptent telles ou telles illustrations physiques.
Aucune ne peut, en bonne philosophie, être envisagée autrement, et
il n’est pas jusqu’à l'antique Géométrie qui, sous peine de demeurer
inintelligible, ne doive se plier à cette conception. Qu'est-ce en effet
que les idées de point, de ligne, de droite, de surface? On n’y peut
voir, indépendamment de l'Analyse, quelesimple souvenir de certaines
images physiques, telles qu’une pointe d’aiguille, un fil délié, un fil à
la fois délié et fortement tendu, une plaque extrémement mince, une
gaze extrêmement fine. Comment s'expliquer, avec de pareilles definitions, que le côté et la diagonale du carré n’aient pas de commune
mesure? Comment concevoir que la longueur de la circonférence soit la
limite du périmètre d'un polygone inscrit variable dont le plus grand
côté diminue indéfiniment, alors que les côtés de ce polygone, tant
qu’ils sont perceptibles, se distinguent de la circonférence, et, des
qu’ils ne le sont plus, cessent par la même de pouvoir être mesurés?
Si l'on ne subordonne entièrement la Géométrie à l'Analyse, tout
n'y est que confusion et contradiction; tout s’explique et s’éclaircit
au
contraire,
si
l'on consent à ne lui
attribuer qu'une existence
d'emprunt. Dire que le côté et la diagonale du carré sont entre eux
Página 24
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)dans le rapport incommensurable Ya, c'est dire que deux segments
perceptibles, physiquement déduits des valeurs infinitésimales A,
A V2, nous paraissent, quelle que soit Punité de longueur, respectivement superposables au côté et à la diagonale d'un carré. Dire
que le périmètre d'un polygone inscrit variable dont le plus grand
côté diminue indéfiniment a pour limite la longueur de la circonférence, c’est substituer à la définition analytique de telle fonction
et aux propriétés analytiques de telles variantes certaines images
physiques qu'elles évoquent naturellement dans l'esprit. Partout
ailleurs que dans l'Analyse, les considérations infinitésimales sont
vides de sens; le raisonnement subtil à l’aide duquel on s'efforce
parfois d'établir, contre toute évidence, que le plus rapide coureur
ne saurait atleindre une tortue, n'est donc qu'un vain sophisme,
puisque des considérations de ce genre y sont faussement appliquées
au temps et à l’espace. Nous demandons qu’on en finisse avec les
points inétendus, les pures lignes, les pures surfaces, les durées
physiques indéfiniment décroissantes, et autres chimères du même
genre; l'état d'esprit que leur contemplation suppose était sans
doute fort excusable chez les Grecs d'il y a deux mille ans : y persister aujourd’hui serait du pur fétichisme.
16. En résumé, donc :
4° La notion de nombre entier étant supposée acquise, on peut
r nombre fractionnaire, le nombre qualifié, le
définir tour à toule
nombre infinitésimal et le nombre imaginaire, sans avoir à faire
intervenir jamais la moindre considération relative aux grandeurs
concrètes; l'édifice analytique se trouve ainsi exclusivement basé
sur la notion fondamentale de nombre entier.
9° L'élément mathématique de toute science appliquée est exclusivement analytique, mais donne lieu à une évocation continuelle de
certaines images ou apparences physiques.
Quant aux réalités qui peuvent se cacher sous ces apparences, il
n’en saurait être question ici : en dépit du préjugé contraire, la
Science, impuissante à les atteindre, n’a rien à déméler avec l'Absolu.
CG. RIQUIER,
Professeur à la Faculté des Sciences de Caen.