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Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)La Basilique Souteraing de la
Porta Maggiore
„emme
In: Revue Archéologique, 5 serie
VIII - 1918
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Le siligue sliderraine découverte près di la Parra Mag
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275. | Aspect caracieristique des besiizres chrétiennes. L'édifice
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La | pasdique souterraine ae la Porta Magaïnrs : RA 1918, or 62-73.)
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Maggiore à Rome : CRAI
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une secte néo-pytbagsnie
dire du commencement du 1° siècle de notre ère, affecté à
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1913, 1e 52.73 | Divelap— La basilique souterraine: > la Porta Maggiore: RA
des allégories propres à
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de
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la secte des néo-prthagoriciens.
272. | Présentation de plosa— Les bas-relieis de la basilique : CRAI 1918 181,
aruphies des bas-relieis en stuc.
Onhe Binders der Spence oe Clk.
Aeg Inserahens sf Beleg Lu
Página 2
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)REVUE
E, POTTIER ET S. REINACH
.
MEMBHES DE L'INSTITUT
Droits de traduction et de reproduction réservés,
CINQUIEME SERIE. — TOME VIII
JUILLET-DECEMBRE 1918
ANUERS. -— IMPRIMRIIN Y, GAULTINA KT A. TIIKURHT, 4, RUE GARNIKH.
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Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)BASILIQUE SOUTERRAINE DE LA
PORTA
MAGGIORE
03
MM. Gatti et Fornari assureront la publication. Mais, d'autre
LA BASILIQUE SOUTERRAINE
part, ces documents resteront en partie lettre close, si l'on ne
sait quelles idées ils ont servi à exprimer et à quelles fins ils
étaient autrefois adaptés. L'hypothèse doit toujours accom-
DE LA PORTA MAGGIORE
—-
pagner
La Revue archéologique ' a déjà signalé l'étonnante découverte, faite au printemps de 1917 près de la Porta Muggiore à
Rome, d'une grande basilique souterraine conservée comme
par miracle sous la voie du chemin de fer.
déblaiement de la crypte achevé,
Tandis «que,
cate el qui ont seruté avec une attention pénétrante tous les
MM. E. Gatti et K. Fornari, viennent de
donner au public les premières indications précises sur le
étudier
remarquuble
l'architecture,
dont l’un
l’autre
s’est
attaché
la décoration’.
surtout à
Cette notice,
substantielle dans sa brièveté, aboutit à des conclusions d’un
haut
intérêt sur la destination et la date de l'hypogée.
Je
voudrais ici, après avoir exposé les résultats acquis par les
deux exploraleurs, essayer de déterminer à quelle société cette
busilique servait de lieu de réunion. Sans doute il est hasardeux de formuler un jugemont d'après les éléments d’appréciation encore imparfaits dont nous disposons, et la visite
même du souterrain, dans les conditions où il se trouve, ne
peut
remplacer
l'étude
et
la
conjecture
que
nous
prodigieuse trouvaille qu’un heureux hasard a favorisée, une
portée si considérable qu'on nous excusera de ne point tarder
à la proposer.
#
le travail de consolidation
logues qui président depuis plus d'un an à cette opération délimonument
historique,
le
et de nelloyage des stucs se poursuil peu à peu, les archéodétails de l'édifice,
Vinduction
espérons rendre vraisemblable donnera, si elle se vérifie, à la
—-_
des photogruphies et
dessins
dont
1. Rev. archeol,, VII, 1918, p. 185, d’après un article de MTM* Strong.dans le
Times.
2. E, Gassi et F, Fornari, Brevi notizie relative aka scoperta di un monumento soterraneo presso Porta Maggiore (Exir. des Notizie degli Scavi, 1918,
fasc, 1), — M. Corrado Ricci avait déjà annoncé en quelques mots la découverte dans l'illustrazione Italiana, 1918, p. 213 ss. La Direction générale des
Beaux-Arts a assuré avec une louable activité la préservation du monument,
el, malgré la guerre, elle n’a reculé devant aucun sacrifice pour le mettre en
etal el le rendre promptement accessible,
x
2
Cet hypogée était situé, rappelons-le, à côté de la voie
Prénestine et à la sortie-méme de la ville de Rome. Un couloir
coudé, incliné en pente douce, y conduisait; long de plus de
30 mètres, il n’a pu être dégagé qu’en partie, ses murs s'étant
effondrés au dela. On pénétrait d’abord dans un vestibule ou
pronuos presque carré (3°,62 X 3",50), dont la voûte, partugée en caissons à reliefs, est percée d'un lucernaire, seule
ouverture — notons ce point — par laquelle la lumière du jour
pénétrat dans la pièce voisine, grâce à une baio ménagée à la
partie supérieure du mur de séparation. Au-dessous, ce mur de
refend est percé d'une porte cintrée; celle-ci donne accès dans
une vaste et haule salle (12 mètres X9 mètres), qui a la forme
caractéristique des basiliques : deux rangées de gros piliers la
partagent en trois nefs cintrées, dont celle du milieu se termine
au fond par une abside semi-circuluire. Au milieu de celle-ci,
on a relevé les traces, restées bien visibles, d'un trône ou
cathedra, Au-dessous, dans une excavation, contenant deux
petites fosses et qui s'étend jusque sous le mur de l'abside,
on trouva les squelettes d’un chien et d’un porcelet. Ce sont
manifestement les restes d'un sacrifice propitiatoire de fondation. Des ossements de pore, exhumés aussi du fond de l'impluvinm dans le pronaos,
prouvent que d'autres cérémonies
cathurtiques furent pratiquées dans cette crypte. Nous acque”
Página 4
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)rons ainsi la certitude que l'édifice,
LA
dont l'axe est orienté
BASILIQUE
SOUTERRAINE
DE LA
PORTA
MAGGIORE
50
des murs et des voûtes est ornée de peintures et surtout de
exactement de l'est à l’ouest, était un temple souterrain,
Stues. Blanes comme ceux de la Farnésine dans la basilique,
analogue aux spelara mithriaques et où devaient se célébrer
ces slues se détachent dans le pronaos sur fond polyehrome,
pareillement des rites mystiques. Cette destination religieuse
comme ceux d'un des deux tombeaux bien connus de la Voie
ressort d’ailleurs de la décoration de tout l’hypogée.
Latine. Leur vuriété est surprenante : à côté de motifs purement
Le monument n’a pas été enseveli sous les décombres au
ornementaux comme des palmettes ou des candélabres stylisés
cours des siècles, mais construit intentionnellement dans le
(fig. 1), on y trouve des têtes de Méduse, des oscilla qui semblent
sein de la terre : la hauteur de l’extrados des voûtes n’atteint
pus le niveau de la voie Prénesline. M. Gatti a constaté que,
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pour le bâtir, le sol fut creusé d’excavations, où l'on coula un
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béton homogène, très résistant; après avoir ainsi édifié les
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du terrain comme
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support pour y poser les voûtes, puis on vida l'intérieur. Ainsi
s'explique une certaine irrégularité dans le plan rectangulaire
de la salle et dans la disposition des piliers.
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Ce plan n'est pas inconnu pour les édifices des cultes
mystiques. C'est à peu près celui du télestérion, construit
vers 260 avant J -C., du temple des Cabires à Samothrace;
on le retrouve adopté au ue siècle de notre ère pour le
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Sud
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Baccheion d'Athènes, et ailleurs encore, plus ou moins modifié.
récemment l'opinion que l'orichrétienne devait être
basilique
la
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gine, si controversée,
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murs et les piliers, on se servit encore
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Gabriel Leroux a défendu
1
cherchée dans« les salles toutes pareilles auxquelles on donnait
aussi le nom de basilica et qui servaient aux réunions reli-
Fig. 4. — Victoire et candélabre.
gieuses de confréries paiennes'. » Comme l'a noté M. Fornari»
avoir une signification apotropaique, des vasos sacrés el autrose
notre temple romain apporte un argument très puissant et
probablement décisif en faveur de cetto thèse”.
objets du culte posés sur des tables d'offrande, Contre les piligrs
sont appliqués des bustes, malheureusement détériorés, qui
Si, par son type architectonique co monument souterrain
sont peut-être des portraits de sages de la Grèce, et les parois
de la nef centrale portent de grandes figures en haut relief,
sons doute des copies d'originanx célèbres. Quelques tableaux,
offre ainsi un vif intérêt, cependant sa valeur principale réside
dans la richesse de aa décoration. La surface presque entière
comme des jongleurs faisant leurs tours (fig. 6), un pédagogue
1. Gabriel Leroux, Les origines de l'édifice hypostyle, Paris, 1913, p. 308 ss.
2. On remarquera que, comme dans les églises, le fond de l'abside était
occupé ‘par une cathedra; parmi les figures de grande dimension qui ornent
les parois, on est surpris de trouver à plusieurs reprises celle de |’ « Orante »
{probablement un symbole de l'âme), bien connue par les peintures des catacombes et qui passait jusqu'ici pour appartenir en propre à l'art chrétien,
avec ses ¿leves (fig. 2), ou des athlètes se livrant à leurs exercices, semblent purement profanes, bien qu'une intention
morale les uit probablement fait reproduire ici, la vie élant
comparte souvent à un théâtre, à une école, à une palestre.
Página 5
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)Mais la plupart des personnages ou des motifs représentés ont
s'explique, suivant la remarque, de M. Fornari, par l’interpréta-
$7
un caractère neltement religieux ou, pour préciser, eschatolotion que les théologiens donnaient de telles légendes : ils les
gique : ce sont des Victoires tenant une couronne, allusion
regardaient comme des allégories de l'âme dégagée des liens de
au triomphe obtenu par l’initié sur le mal et sur la mort’, de
la matière et emportée vers les cieux. C'est par une allusion sempetits Attis funéraires, qui sont un emblème très usité d'immorblable qu'on expliquera aussi le gracieux motif d’Amours pourtalité, puis des cérémonies de cultes mystiques, comme une
suivant des papillons‘. Le symbolisme devient tout à fait transparent dans un des tableaux du pronaos, où l'on voit l’eidolon
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Fig. 2. — Pédagogue avec ses élèves.
Fig. 3. — Médée et Jason enlevant la Toieon d'Or.
initiation éleusinienne ou un sacrifice champétre á Dionysos,
enfin et surtout une multiplicité d'épisodes mythologiques
:
enlévement d'lléléne,
délivrance d'Hésione, chátiment des
„Danaides, Jason s'emparant de la Toison d'or (fig. 3), Hercule
recevant les pommes des Hespérides, Dioscure ravissant une fille
du mort transporté dans les airs par un génie, comme le sont les
emporeurs dans les images de l’apothéose. Enfla la conque de
do Leucippe (fig. 4), Ganyméde élevé au ciel par un génie ailé'
l’abside est occupée par une grande composition qui, nous le
verrons, est inspirée par des croyances du mème ordre.
(fig. 5), ete. La fréquence des sebnes de rapt ou de libération
La solution des multiples problèmes que pose cetle vaste
1. Cf. mes Etudes Syriennes, 1917, p. 64 as.
y
2. Celte composition s'écarle, comme beaucoup d'autres, du type qui est
1. Le papillon est un emblème bien connu de "Ame. Pour les jeux d'Éros et
de l'âme ailée, cf, Plutarque, Amatorius, 20, p. 766 B : Le vrai amoureux,
c'est-à-dire celui qui s'est épris du vonriv xaköv, après sa mort éntépwra «al
habituel sous l'Empire, « Le plus beau des mortels » n'est pas enlevé par l'aigle
de Zeus, munis, comme le veut Homère (y, 230), il est emporté
par un dieu —
xatwpylactar nat Gsateke nepi tov auroü Beov (Eros) Evo yopevwy «al avpepinakiv,
ou par un génie — pour servir d'échanson á Zeus, Comme tel, il vide d'une
main
une aiguiäre; de l'autre, il tient
catastérismes l’avaient identifié avec
Catust., 26: cf,
une torche,
parce que les auteurs do
le signe du Verseau
(Preudo-Eratosth ,
Bouché-Leclereg, Astroloyie grecque, p. 146 n, 3; Thiele,
Antike Himmelsbilder, 1898,
p. 115 et pl. I).
— g}
äypıc où madıv ete tous Neiyyns xal 'Aqpodlenc hepüvas ¿Mv xal xatadagluv brépas dpyntat yevécews. — Les Nedyvng... hesu@ves sont les Champs Elysées que les
l’ythagoriciens plagaient dans la lune (Plut., We fac. in orbe lunue, 28,
p. 913 C; 29, p- 944 C; Porphyre dans Stobée, I, 49, p, 448, Wachsm.),
celle-ci étant pour eux l'aetheria terra,
Página 6
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)décoration n'offre pas seulement intér3t considérable pour
Vhistoire du paganisme, l'importance n'en sera pas moindre
passent au-dessus des voûtes, n'a pas réussi à les ébranler, et
pour la connaissance de l'art antique. M. Fornari le fait
observer, les originaux qu’imitent, avec plus au
moins de
fidélité et de bonheur, les stucateurs du 1°" siècle,
sont d'époque
très différente. Ainsi, la scène des faiseurs de tours (fig.
6) se ra ptrépidation des express de Naples et de Pise, qui chaque jour
surtout la présence, à Vorifice du lucernaire, d'un rebord en
appareil réticulé de la meilleure facture, permettent d'attribuer
la bâtisse, suivant M. Gatti, « aux premières décades d'années
du 1° siècle de notre ère ».
proche des reliefs qui ornent un vaso de bronze du Louvre!
|
(AA
o
el remonte à un modèle
alexandrin. D'autres, au
Fig. 4. — Dioscure ravissant une fille
de Leucippe.
Cette constatation a permis
à l'érudition sagace de M. Fornari
de déterminer quel fut, selon toute appurence, le propriétaire
et
constructeur
de
notre
cello
luxueuso basilique. À envid'Hercule recevant de la
ron deux cents môtres de
main d'une Hespéride les
celle-ci s'élevait uu 1°" siècle
pommes d’or, sont manile grand tombeau où étaient
contraire, comme
festement imitées de la
inhumés les esclaves et les
sculpture
affranchis de la puissante
grecque
du
v‘siècle. La technique de
gens . Statilia,
ces stucs est aussi inégale
semblable
que leur style : ils sont
appartenant à cette famille
- tantét largement traités
opulente s'étendait jusqu’au
aves.
MN remarquable
59
que
11
est vraile
terrain
temple voisin.La probabilité
sûreté de touche, tantôt
d'une connexion à élablir
minutieusement fignolés,
entre la sépulture et le sanc-
Fig. 5. — Eulèvement de Ganyméde.
un ciseleur de métaux, parfois sommairement
et
tuaire est corroborée par la découverte, faite dans le columbanégligemment exécutés. Il est certain que
l'œuvre est due à
rium, d’une urne de marbre portant ung scène d'initiation aux
plusieurs
mystères d’Eleusis', qui est analogue à un des stues signalés
comme par
mains; l'architecte
qui construisit ce temple,
fit
manifestemept appel, pour décorer la large surface de ses parois
et de ses voûtes, aux meilleurs ornemanistes de son
temps,
mais tous n'étaient pas d'une égale habileté.
consul d'Afrique, lo fit accuser en 52 après J.-C. par Tarquitius
Un ensemble aussi disparate serait bien difficile à dater exac-
Priscus, qui avait élé son légat, « de quelques concussions, et
tement d'après ses caractères artistiques: mais nous disposon
s
heureusement d'indices chronologiques; plus sûrs pour fixer
pour le reste de superstitions magiques. » Outré de l’indignité
d'un pareil procès, le vieux consulaire se donna la mort avant
la sentence du Sénat. On peut croire que Tacite désigne avec
l'époque de la construction. Les murs en béton homogène,
sans aucun débri de tuile ou de marbre, si résistants que la
1. S, Reinach, Rép, des reli-fs, 1}, p. 201,
plus haut. Or, Tacite' raconte précisément qu'Agrippine, convoitant les jardins magnifiques de Statilius Taurus, ancien pro-
4. Helbig-Amelung, Führer, Il n° 1325; cf. Rizzo, Rom, Mitt,, 1910,
p. 106, pi. VII.
2. Tacite, Annales, XII, DU.
Página 7
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)mépris par magicce superstitiones les rites occultes qui s’accomplissaient dans l'ombre de l’hypogée où pénètre aujourd'hui
notre curiosité profane. On en concluera donc que ce
temple d’un culte pérégrin fut construit in solo privato et en
dehors du pomoerium par un des Statilii, pour y réunir les
membres d'une secte dont il était évidemment l’un des principaux adeptes.
ÉTAPE Eye ENT
LA BASILIQUE SOUTERRAINE DE LA PORTA MAGGIORE
61
trahisse l’influence del’astrologie.Fait capital, le sujet des représentations figurées est, comme leur style, dans la pure tradition
yrecque. Or, ceci serait à peine possible au milieu du synerétisme
du 11° siècle et encore moins au I°,
Dès lors, les possibilités qu’on peut imaginer pour la destination du temple se réduisent à un petit nombre. Car la plupart
des mystères de la Grèce ne pouvaient être célébrés qu'en leur
SELINry
A
|*
—
Fig. 6. — Jongleurs.
¥
Y
&
de cette secte, M. Fornari, avec une prudente
Sur la nature
réserve, s'abstient de proposer des conjectures prématurées.
ll est, en effet scabreux de se hasarder sur un terrain semé d’embûches et encore imparfaitement exploré; toutefois, certaines
indications bien déterminées diminuent beaucoup le risque de
s'y égarer. La plus importante est celle que fournit la date
assignée à la basilique. La confirmation la plus sûre de son
antiquité résulte de l'absence de tout élément oriental dans
une décoration à la fois si ample et si variée. Sauf de petites
figures d’ « Attis funéraires », dont l'adoption très ancienne du
culte de Cybèle à Rome suffirait à expliquer la présence, on ne
trouve, parmi les nombreux stucs du souterrain, nulle trace des
mystères asialiques, aucune des images caractéristiques de
ceux d'Isis, de Mithra ou des Baals syriens, rien non plus qui
lieu d'origine, tels ceux d’Eleusis, et l’on n’en connaît guère
qui aient été pratiqués dans la Rome des premiers Césars. On
pourrait songer, il est vrai, à ceux de Dionysos ou Liber Pater,
dont les confréries subsistèrent en Italie jusqu'à la fin du paganismo. Mais si quelques sujets bachiques apparaissent sur les
murs de la basilique (fig. 7), ils n’y occupent qu'une place accessoirée parmi tant d'images rituelles et d'épisodes fabuleux.
On a l'impression de se trouver en présence d'une religion qui
puisait de toutes parts dans les croyances helléniques, sans se
soumettre exclusivement à aucune; sa doctrine éclectique se
servait, en les interprétant à sa guise, de tous les éléments
légués par le passé, comme son art reproduisait, à côté de motifs
Página 8
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)alvxandrins, des représentations d’un type
quasi-archuïque,
où revivent des formes presque oubliées de mythes anciens,
perpétués sans doute par une tradition hiératique remontant
à une époque reculée.
°
Si l'on se demande quelle secte, présentant de tels caractères,
fit, au début de notre ère,
des prosélytes dans l'aristocratie
romaine, le premier nom qui viendra à l'esprit sera celui du
néo-pythagorisme, et d'autres que moi
certainement y
ont
songé. A la fin de la République, le pythagorisme, dont le
foyer principal était alors à Alexandrie, fut introduit à Rome,
on le sait, par le sénateur Nigidius Figulus, érüdit épris de
sciences et de pratiques occultes. Ce ne fut pas une simple
école philosophique, comme l'épicurisme, qui se propageait
à côlé de lui, mais une église, qui célébrait à huis clos des rites
mystérieux.
Elle était fidèle en
ceci à la règle de l’ancien
pythagorisme, qui, du moins dans la Grande Grèce, avait formé
une sociélé liée par la discipline du secret, enseignant une
doctrine ésotérique et où le néophyte n'était affilié qu’à la suite
d'une initiation. Cette antique observance avait
dû se perpétuer
ou être rénovée en
Italie.
Cicéron
apostrophant
Vatinius
s'écrie' : « Tu affectes de te dire Pythagoricien, et tu couvres
du nom d'un grand savant tes pratiques atroces et barbares. Par
quelle perversité d'esprit es-tu possédé ou par quelle démence,
pour adopter un culte monstrueux et scélérat, toi qui évoques
les âmes des enfers et apaises les dieux mines à l'aide d'entrailles d'enfants, en méprisant les auspices par lesquels notre
villea été fondée? » Bien que Cicéron se soit plus tard rétracié
et réconcilió avec Vatinius’, ses invectives montrent quelles
calomnies la malignité publique faisait courir sur les assemblées clandestines des prétendus philosophes. Plus tard encore,
sous le règne d’Auguste, le Pythagoricien Anaxilaos de Larissa
fut expulsé de Rome et d'Italie comme suspect de magie”.
I. In Vatinium, VI, 14,
2. Zeiler, Philus, der Griechen, V* p. 410 el 113, n, 2.
3. Hieron., Chron., Olymp. 188, 1 : « Anazilaus Larisseus F'ythagoricus et
LA BASILIQUE SOUTERRAINE DE LA PORTA MAGGIORE — 63
D'autre part, un indice caractéristique de l'intérêt que les
doctrines de Pythagore, prélendu maître du roi Numa, éveillait
dans les cercles aristocratiques de Rome, se trouve dans le long
exposé qu'un poèle mondain, Ovide, en fait dans ses Métamurphoses*, où l'on n’attendail guère une pareille digression.
Ces considérations générales ne suffisent évidemment pas à
rendre plausible l'idée que nous suggérons. Il faut montrer
comment les croyances que professaient les disciples lointains du sage de Samos, se manifestent dans le temple où ils
se seraient sanctifiés.
Tout d'abord, leur philosophie religieuse explique pourquoi
ce temple était souterrain. Dans son opuseule Sur l'Antre des
Nymphes, Vorphyre* rappelle que les fidèles de Mithra, à
l'exemple de Zoroustre, célèbrent leurs mystères dans des
grottes ou spelaea, qui figurent pour eux le monde et ses éléments, puis il attribue la même interprétation aux Pythagoricions el à Plalon après oux (xat ol Hubxyipuco val era TOBTOUS
[nr Xitgov nal ont hate tov aispov ATEPÉVAYTO *), et il cite le mythe
célèbre de la République qui compare la vie humaine au sort
de captifs enchatnés dans une caverne, où ils n’apergoivent
que les ombres projetées par la lumière céleste. De même, dans
son commentaire des Vers Dorés, qui sont donnés comme de
Pythagore, Hiéroclès rappelle que la mort délivre les hommes
des labeurs d’ici-bas « comme s'ils sortaient d'un antre soulerrain’. » Ces passages semblent bien indiquer qu'avant Îles
Healenc, 8. v.
magus ab Augusto Urbe et Italia pellitur, » Cf. Pauly- Wissuwa,
que Tacite
,
iliones
superst
magica
de
ssion
l'expre
n
combie
voit
On
5,
ne
aux céréquer
s'appli
t
aisémen
t
pourrai
9),
(p.
emploie pour Statilius Taurus
re que, suivant l'historien, l'accusé
monies pytbagoriciennes. Un objectera peut-èl
es de Pythagore; mais linprécepl
aux
re
contrai
est
se donna la mort, ce qui
le suicide, a pu le faire
il
manda
fluence du stoicisme, qui autorisaitel méme recom
lui-même, infidèle en
Plotin
.
iciens
thagor
néo-py
s
certain
par
e
tenir pour légitim
ceci à Venseignement de Platon, le regardait comme justifié en certains
cas.
1, Ovide, Met., XV, 61-478,
2. De antro nymph,, 6.
t plus de valeur que Porphyre
3. did, e. 8. — Le renseignement a d'autan
us, sourse principale du
Numäni
ricien
Pythago
au
«emprunte probablement
|
De antro nympharun.
:
483)
p.
I,
Gr.,
Phil,
Fr,
h,
(Müllac
fine
8,
Carm,,
Aur.
Comm.
4. Hierociès,
Página 9
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)mithriastes', les communautés néo-pythagoriciennes
pratiquaient leurs rites secrets dans des hypogées, et que, s'inspirant
de Platon (qui pour eux n’était qu’un disciple de leur Maître), ils
y voyaient un symbole de notre monde terrestre. Les mortels
ignorants peinent dans les ténèbres de ce souterrain, jusqu'à ce
qu’un trépas libérateur en tire leurs âmes qu’illumine alors la
clarté radieuse d’en haut.
Un détail curieux de la construction
de notre hasilique
65
Pour se rendre acceptable, toute hypothèse sur le culle
célébré dans la nouvelle basilique devra fournir une interprétation satisfaisante de la représentation qui décore la conque de
l'abside. La place d'honneur qu'occupe ce tableau, ses dimensions considérables, son caraclére inusité, tout soncourt à
marquer son importance, et il exprime certainement une des
doctrines capitales de la religion pratiquée dans ce sanctuaire.
Or, ou je me trompe fort, ou les croyances pythagoriciennes du
sa caverne cosmique. Cette caverne, dont les prisonniers ne
siècle d' Auguste permettent de donner une explication très vraisemblable de cette grande composition, restée jusqu'ici énigmavoient que le fond, est à demi-éclairée par « un foyer allumé à
tique.
paraît avoir été déterminé par la description que fait Platon de
. grande distance en haut et derrière eux »*, que le philosophe
interpréte ensuite comme étant le soleil. N'est-on pas frappé de
constater que par
une disposition
singulière,
la basilique
romaine ne recevait le jour du lucernaire qu'indirectement, par
Commençons par la décrire, car nous n’en possédons pas
pas encore de bonne reproduction '. Nous avons devant nous
au premier plan une mer houleuse, où se dressent des rochers.
Sur les récifs qui à droite bordent le rivage, une femme entièmur du
rement voilée, tenant à la main une lyre, descend vers les (lots;
pronaos (p. 53), c'est-à-dire le plus loin possible « en’ haut et par
derrière elle, un Amour ailé semble la pousser doucement par
une
ouverture pratiquée à la
partie supérieure du
derrière’? ». Un jet de lumière solaire descendait ainsi obliquement sur
les fidèles,
probablement agenouillés
sur
la
mosaïque de la erypte’, comme sur les captifs du mythe platonicien, le reste du souterrain restant noyé dans la pénombre où
des lampes jetaient leur faible lueur.
"Anoküaae SÈ tv tr de nove, we Ex Tivos xatayelou amndaiov, — M, Delatte (Etudes
sur la litter, pythagor., 1915, p. 70) parait avoir mal interprété le vers : Wuynv
& révuv and ravds cawas, L'expression névwy and thvée signifie « les peines d'ici
bas, » Même expression dans la liturgie des myatéreg d'Altis : fora: yap bpiv ex
névwv cwmpla, Cf, Hepding, Attis, 1903, p. 167; Graillot, Culte de Cybèle,
1912, p. 131, — Le symbolisme de la caverne est développé dans les commentaires néo-platoniciens
: Proclus, In Remp., |, p. 287 ss., Kroll; In Tim., 1, 19
10 ss.; 333, 26 ss. Diehl, etc.
1. Je ne puis qu'indiquer brièvement ici l'intérêt qu'offre la découverte de
la Porla Maggiore pour la question de l'origine des mystères mithriaques,
Gabriel Leroux (l. c.) a déjà exprimé l'opinion que le plan singulier des
mithréums était dérivé de celui des basiliques où se célébraient les initiations,
Il semble bien maintenant que le culte romain du dieu perse ait emprunté aux
néo-pythagoriciens le nom méme de spelueu pour ses temples et l'interprétation
symbolique qui les regardait comme une image du monde.
2, Piat., Rep., VII, 514 A : 1lupdz ävmber xal möppwdev xadpevov driolev adrüv.
3. J'ai tenté de démontrer que les fidèles de Mithra s'agenouillaient sur les
podia latéraux de leurs temples (Mon. myst, Mithra, t. I, p. 62). Il est curieux de
les épaules; devant elle, enfoncée dans l'eau jusqu'à mi-corps,
une figure, que je crois féminine, tient à deux mains, pour In
vers le milieu. dessine une
recevoir, une étoffe, qui, en s’abaissant
sorte de nacelle, où la figure voilée s'apprête à poser un pied.
Sur les rochers de gauche, un autre personnage lui correspond : c'est un homme assis sur la pierre, la tôte appuyée
tristement sur la main ou se cachant le visage dans les mains;
devant lui, au milieu des vagues soulevées, se dresse un
Triton tenant ses attributs habituels, une rame et une conque
“ marine.
Enfin, au fond, sur un écueil isolé ou sur un flot, Apollon
est debout; il porte son arc de la main gauche et étend la droite
vers la femme voilée. Un autre rocher sort de la mer entre lui
myste de Bacchus représenté
trouver dans un des stucs de notre basilique unreligion
grecque, - Cf. infra,
dans la méme altitude, inconnue à l'ancienne
p. 74, ce qui est dit de l'Engonasin.
=
ages
1. La photographie reproduite par M. Fornari (fig. 10), où les personn
de la scèun
apparaissent déformés par la courbure de l'abside, ne peut donner
qu'une idée d’ensemble,
Vo si ENT Vii
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ARCHEOLOGIQUE
67
et elle, mais il n’est plus possible de déterminer si un person-
Cette femme est certainement une personnification de l'âme
;
nage s'y trouvait représenté' : on songerait à Diane à côté
celle-ci est souvent représentée ainsi, tout enveloppée comme
d’Apollon.
dans un linceul, par la sculpture funéraire '. Mais que signifie
M. Fornari exprime l'opinion que cette composition faisait
la lyre qu'ici, particularité curieuse, elle tient à la main ?
allusion au voyage des âmes vers les îles des Bienlieureux,
La lyre à sept cordes (&rtayopdo;), construite à limitation
sujet qui, on le sait, est souvent représenté sur les sarcophuges
des cercles planétaires, est, selon les Pythagoriciens, la reine
romains par des cortöges d’hippocampes,
de dauphins, de
des instruments, car elle rappelle par ses accords celle suave
Néréides et de Triton. Cette interpretation paraît, en effet, s'imharmonie des cieux, produite par la rotation des sphères, que
poser; seulement, au début de notre ère, on ne croyait plus
les oreilles des mortels sont incapables d'entendre, comme
besucoup à la réalité des îles Fortunées, situées quelque part
leurs yeux de supporter l'éclut du soleil’. La faible imitation
dans l'Océan ou dans la région des Hyperboréens, où les héros
que donne la lyre de la symphonie cosmique suffit cependant
élaient transportés pour y jouir d'une félicité perpétuelle. A
à
la question: « Qu'est-ce que les îles des Bienheureux? » le
qu'elles ont entendu avant de descendre ici-bas. La musique
cutéchisme des acousmastiques, disciples fidèles à la parole du
purifie l’homme en le détachant des soucis matériels et pro-
Maitre, répondait déjà : « Le soleil et la lune’ », et nous avons
voque en lui un tel ravissement que l’amour divin dont il est
des preuves que, jusqu'à la fin de l'antiquité, les Pythagoriciens
saisi lo transporte dans les sphères éthérées, et cette extase lui
conservèrent celle interprétation, les astres étant conçus par
apporte un
eux comme
des
îles mouvantes,
éveiller dans nos âmes .le souvenir du concert enivrant
avant-goût de la félicité qu'il
éprouvera lorsque
baigndes dans l'éther qui
son Ame, affranchie du poids de la matière, s'envolera vers les
bruissait autour d'elles
*. La mer qu'il fallait traverser était,
astres. Puur caractériser co désir mystique, cette nostalgie du
expliquaient-ils, la matière (9%), dont ils opposaient l'agitation
ciel, éveillés en nous par l’écho de l'harmonie des sphères, les
tumultueuse à l'harmonie constante des cieux*. On comprend
anciens usent d'expressions qui marquent la passion la plus
maintenant pourquoi sur un ilot lointain se tient Apollon, le
dieu solaire, qui étend la main droite, geste de protection ou
d'encouragement, vers la femme voiléo qui descend du rivage.
I. [ya au moins un autre «tue qui offre une représentation semblabia,
celui qui occupe le centre de la voúte d'un tombeau de la voie Latine; cf, mes
Etudes syriennes, p. 94, n. 1 el le texte d'Eusébe cité, p. 103, n. 5,
4, M. Fornari veut bien m'écrire à ce propos : « La figura sullo scoglio ha lasciato tracce così deboli chè quasi si pud dubitare se sia mai esistita, »
2, Jamblique, Vit. Pyth., XVII, 82 = Diels, Vorsokratiker', I, p. 518, 18 :
Ti karıv at wxxapiey vhaoı * flioc, osAñvn.
:
3, Hierocies, Comm, in Aur, carm., 8, line (Múltach, Fragm, Phil, Gruec., 1,
p. 483) : 'Avayayeiv poe Tae aiBeploug aura; xal vaig paxdpwv évidpldoa viaor:.
Cf. Plut., De genio Socratis, 22, p. 590 È, : Nioov: Zapropévac pañaxó nupi x.
s. À et p. 591 F, où il est dit des âmes montant vers le ciel : Wuga; ix tiv
cwyätuv inavamıdovaac pera tov bavarov,
4. Numeuius interprétait même les voyages d'Ulysse comme étant le passage,
à travers la génération, de l'âme, qui entin est reconduite vers « ceux qui
sont
Tè nai Oddacos
hors de la houle et ignorent la mer v (Cf, Od, à, 122) ; var móvros
xal nAlday xa) napa IMarwvı y Úlixy alaranız (Porphyre, De Antr, Nymph , 34).
Cf. infra, p. 69, l'oracle sur l'âme de Plotin,
2, Le plus ancien des textes conserves relatifs aux ellets de la lyre est, je
crois,
de Cicéron, Soram. Seip,, V, 3 : « Quod docti homines nervis imitati alque
cantibus aperuerunt sibi reditum in hune locum {le ciel étoilé], sicut alu qui
praestantibus ingeniis in vila humana divina coluerunt. » Cf. Alexandre
d'Ifphese [Pauly-Wissowa, Reulenc. 8, v., n° 86) dans Héracl., Alley. Hom.,
e. 12; Philon, De opif. mundi, 42, $ 126 (I. p. 43, Colin) : Aúpa piv yap
n
intayopdo; avahoyodez Th Tüv mhavizwy yopsia rag ÉMoyipoug dppovias anurerer
céder th tis Kara povornv bpyavomoiac &ndonz iyepovis odoa, Cf, Ley. Alleg., I,
5, $ 14 (p. 64 Cohn), — Plus tard les témoignages se multiplient : Quintil.,
Inst. Or,, I, 10, 12 (postea lyra imitatus Pythagoras); Lucien, Astrol. 10;
Censorin, 13; Nicomaque de Gér,, Enchirid,, e. 3, dans Jahn, Music.,
script., p. 241, cf. ibid,, p. 271; Oracle dans Porphyre, De phil. ex orac, haur.,
p. 138, Wolff = Eusebe, Pruep. Ev,, V, 14 (ou l'invention est attribuée i
Hostanes); Theon de Sinyrae, p. 499 H.; Macrobe, Sıturn , 1, 19, 15. — Cf.
infra, p. 71.
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luttent les éléments. Le drap, où elle s’appröle A recevoir la
violente'. Onsaisira maintenant l’idée que devait suggérer, dans
femme voilée, prend Vaspect d'une nacelle recourbée en
le tableau de la basilique, l’Eros ailé, poussant l’âme qui porte
forme de croissant, et peut-être faut-il chercher aussi dans cet
une lyre vers l’abime qu'elle va franchir pour gagner l'ile du
esquif lunaire une intention allégorique *.
Soleil.
|
i
Certainement, il y a une opposition entre le groupe de
Mais quelle est la figure qui, émergeant de l'onde, étend sous
l’âme qui, encouragée par Eros, se prépare à traverser la mer,
ses pieds une étoffe pour la soutenir? Je l'interpréterais comme
une Sirène, dont le buste de femme serait seul visible, Platon
et le personnage assis en face d’elle sur un rocher de l’autre
côté de la composition. Cet homme appuie la tóte sur la main
placait les Sirénes dans les cercles des planétes* et, pour leg
dans une attitude qui. depuis la « Pénélope » du Vatican, a tou-
Pythagoriciens, elles personniflaieut l'harmonie des sphères.
jours exprimé dans l’art antique l'abattement d'une profonde
Le vieux conte de l'Odyssée, racontunt lu séduction des navigatristesse, C'est, pensons-nous, lo péchour accablé de honte ot de
teurs que les Sirènes attiraient sur des écueils, était expliqué
entraînées par les accents des chanteuses célestes, s'éprenaient
remords, auquel il est interdit d'atteindre le séjour des élus.
Car, devant lui, les vagues sont agitées, et, au milieu d'elles,
se dresse un Triton tenant sa conque, dont autrefois le meudes choses divines et suivaient avec joie ces charmeresses dans
glement a mis en fuite les géants? et qui répand la terreur sur
les espaces éthérés *. L'artiste uurait donc confié à une Sirène
les flots en furie.
par eux comme une allégorie de la destinée des âmes, qui,
la mission de transporter l'áme, saisie de l'amour sacré, vers
da
les îles des Bienheureux*, en lui faisant franchir les abimes où
4. Cf. Philon, De Somniis, I, 6, 36 (III, p. 212, Wendland) : "Epwte; àvax6sxror
ual Aedvenxdrtes (pepo: xal Anaugroı xai paviwhets olarposı, On cesse de prendre
de la nourriture pour s'emplir lés oreilles de ces accords diving wot péddovres
anadavarifectar, Un passage parallèle se Lrouve dans les Quaestiones in Genesim,
111, 3 (11, 273, Aucher), — Sur l'amour des choses célestes (épws mpd; tà ovpdvia)
éveillé par la musique, cf. Plut., Quaest. conviv., IX, 14, 6, p. 745 E, et sur
la musique el les âmes en général, Delatte, op. cit., p, 262 ss. — Comparer
Hieroclès, Comm. in Aur, Carm., XX (p. 463, Mullach) et mon Mysticisme
astral (Bull. Acad. Belgique, 1909), p. 282 [29] ss,
2, Rep., X, 617 b,
3. Plut., Quaest. Conv., IX, 14 2, 6, 2 : Tat, évredtiv amiovanıc puyate na
mhavuxpdvarc
pera thy redeurhv Epwra mpdg tx ovadvia mal Geta, Anlnv SE tiv Ovytay,
duxoi00cay (povarnyy Nerpiivwy) xarézerv xal xatayev Uedyopbvas * al d'inò Yap;
inowras xa) auprepirodobar, — Sur Pinterprelation pythagoricienne
de la fable des
Sirènes, cf. Delatle, op, cit., p. 133; p. 259, 262 ss, — Elle est déjà rapportée,
mais dilféremment, par Philon, Quaest. in Genesim, |, c. : a Quod si Sirenum
cantatio, ut Homerus ail, ila violenter invitat auditores ut oblivioni tradant
patriam, domum, amicos et cibos necessarios, quanto magis perfectissima illa et
summa harmonia praedita atque vere caelestis musica attingens instrumentum
auris, cogat insanire ac divinare, » — Cf, aussi Proclus, In Remp., II, p. 236,
Kroll.
4. La croyance que les Sirénes habiteut les Iles des Bienheureux se perpétue
confusément jusqu'au moyen âge. Un texte byzantin raconte qu'Eusèbe Indicopleuste, qui s’en approcha, fut séduit par la douceur des chants qu'il y entendit
(Paris. gr, 2219 f. 24; sera publié dans le Cat. codd. astr. VIII, 4). Sur les
Tout ce tableau, offert à la méditation des fidèles au centre
de la basilique, est probablement l'illustration de quelque
chant sacré où l’on décrivait le sort des dmes sous la forme
d'un voyage vers les îles lointaines de l'Océan céleste. Ce
morceau liturgique a péri, comme tout le rituel des mystères
païens, mais nous pouvons nous en faire quelque idée par des
compositions similaires, tels l’hymne gnostique de la Perle
cachée au fond des mers, qui fut inséré dans les actes apoeryphes de Thomas, ou mieux encore l'orucle qu’Apollon rendit à Amélius, qui lui demandait où s’en était allée l'âme de
Plotin *. Nous en traduirons littéralement quelques vers caractraditions relatives aux Iles Fortunées chez les Arabes, cf, Blochet, Les sources
orientales de lu Divine Comédie, 1901, p. 38 sa.
1, Pour les manichéens, la lune est un vaisseau qui se charge d'imes el les
transporte au soleil (Hésémonius, Acta Archel., 8; cf, Flügel, Mani, p. 233,
et les Égyptiens croyaient que les morts montaient sur la barque de Ra, qui
glisse dans le ciel. Peut-être quelque tradition analogue se transmeltait-elle
chez les néo-pythagoriciens, mais je n'en trouve point de traces.
2. Hygin, Astr., 11, 23.
3. Virgile, En., X, 200: « Caerula concha exterrens freta » : Cf. Lucain, IX,
4. Porphyre, Vita Plotini, 22 ef, Bidez, Vie de Porphyre 1913, p. 122 ss.
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téristiques: « Génie — car homme. hier, te voici parvenu au
dire ceux que l'amour divin a conduits au ciel, où ils sont
sort plus divin de génie — lorsque tu brisas la chaîne de la
réunis’. Ce dernier vers suffirait à prouver, si les autres ne
nécessité humaine, échappant au trouble houleux de tes membaignée de lumière’, t'éloignant à la hâte de la foule des
l'indiquaient déjà, que les prêtres qui composèrent ce cenlon
versilió s’inspirörent de vieilles croyances pylhagoriciennes
sur la félicité réservée au sage et attribuèrent à Plotin le sort
pécheurs, pour fixer la voie circulaire de ton áme pure lá oú
que celles-ci réservaient au Maitre divin.
rayonne la splendeur de Dieu, oú les lois divines régnent dans
Les disciples tardifs de Pythagore ne se contentérent pas de
composer à leur usage des tableaux allégoriques : ils prétendaient aussi expliquer par leurs doctrines les images traditionbres', tu nageas d'un cœur vaillant vers la plage d'une rive
l’éther serein, loin de la criminelle injustice. Autrefois, quand tu
bandissais pour te dérober aux flots amers d’une vie nourric
de sang? et éviter les vertiges nuuséeux, au milieu d'une houle
et d'une agitation inouies, souvent les bienheureux firent apparaltre le but‘ comme tout proche de toi’... » Puis l'oracle
décrit, après les extases accordées au philosopheici-bas, l'entrée
de son
âme dans
l'assemblée
des élus « rafraichie par de
douces brises », empruntant ses expressions aux anciens poètes
qui parlaient des îles Fortunées *. Là se trouvent, avec les juges
des enfers, « Platon, force sacrée, et le pieux Pythagore et
tous ceux qui constituent le chœur d'Eros immortel
», c'est-á-
1. C'est-à-dire d'un corps formé de la matière, qui est comparée à la mer;
cf. supra, p. 66.
|
2..Nnyvrou n'a pas le sens négatif (Creuzer) : les astres baignent dans l’éther;
cf. Plutarqne, |. e, supra, p. 66.
-
3. Allusion, comme l'a vu Bidez, au régime carnivore, que condamne la philosophie,
4. C'est ainsi que Porphyre a compris le vers; on pourrait interpréter aussi
eu donnant un autre sens a axoxós : « Un gardien, envoyé par les bienheureux
apparut à tes côlés »,
5.
iù
Aatpov, dvip td mapoibev, atap viv Saipovos alan
yA
|
nolles qu'avaient dessinées au ciel les astronomes à l'aide de
groupes d'étoiles. Saint Hippolyte de Rome nous a conservó
un fragment curieux d'une exégèse de ces constellations proposée par les Pérates. Si Von fait abstraction de certaines addi
tions bibliques, Adam, le Christ, le diable, qui se détuchent
à un
aisément du reste, on en dégagera un fond païen emprunté
commentaire de la sphère d’Aratus dd certainement à quelque
néo-pythagoricien. On en jugera par ce qui suit. Sur les globes
*, l’astérisme de l’Engonasin était représenté par un
célestes
personnage agenouillé, étendant les deux bras; l’un atteignait
presque la Lyre, l'autre dépassait la Couronne boréale; sous
ses pieds se recourbait le Dragon du pôle. Or, l'Engonusin à
genoux, les bras ouverts, était expliqué comme un pécheur
confessant ses fautes ‘; la Lyre, (izrázop3cs), où résonne l'harmonie du monde, était l'instrument d’Hermes, c'est-à-dire du
Logos’. Si l'Engouasin « imite la Lyre c'est-à-dire se soumet
Gerotipy neidwv, br’ tivozo Becpov avayune |
avBpopénc, fediwv El rolupioicsoro xvBorpod,
pwodpevos xpaxibcoaw ic nova vayitov aut;
vis” Exuryópevos Enpou And véapev &Attpiav
amplia: xadaphe Yuyhs svxapnés olunv,
ng dolo aldac nepidaumerar, nyt Olprorec
ev nabapin dnatepôev aditpoatvas ddepistou
tal tote pèv oxaipovr mixpov xu’ Ekumarukaı
alunBérou fibroso xal aarpüv eldyyuwy
tv pegatorat xAŸBwvog Avwigtos te xudsoipod
abla Ex paxdpwv pavôn oxondç yy ub: vaiwv.
6, Cf. Bidez, p. 125, n
4,
7, "Urza TDatwv,tepa Ec, nl re xadd; | Mlutayópn:, dano: te gophv arnpıkav "Epwtoc | dbavaroy.
1, Cf. supra, p. 67.
2. Philosophoum., IV, 6, 4 (p. 123 Cruice).
4, Cf. Thiele, Mimmelabilier, 1898, pl, VI.
4, L'interprétation parait dire ancienne, ou dumoins elle se rattache à une tradition ancienne : l’Engonasin était miserabile sidus (cf, Boll, Sphaera, 1903,
p. 278). Peut-être les Pythagoriciens y voyaient-ila seulement l'homme accablé
par les labeura de la vie (p. 12, n, 4). — Sur son altitude, of. supra, p. 64. n. 3,
5. {lermes = le Logos; cf, Porphyre dans Proclus, In Tim., 1, p. 165, 22
Diehl et Hepi ayad, p. 17, 19, Bidez, I. c. Une explication analogue faisuit
d'Apollon, jouant de la lyre à sept cordes, le soleil, raison du monde, conduisant
le chœur des planètes: cf. Macrobe, Sat., I. 19, 15 ; Somn. Setp., 13,3:
Ausone, Id. 20 (p. 412 Riper); Proclus, In Tim., II, 208, 9 Diehl.
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à la raison » (Aéycç), il obtiendra la couronne d'immortalité
D'autre part, s’il était établi que l'hypogée de la Porta Magplacée à côté de lui; s’il la néglige, il s’abaissera -- selon la
giore fut construit par des Pythagoriciens, nous aurions une voie
métempsychose — jusqu’à l’animal placé sous ses pieds et partoute tracée pour l'interprétation religieuse des
tagera son sort. Une interprétation aussi
tions qui la décorent. On sait que, dans la secte, un système
saugrenue de ces
figures astronomiques n’aurait jamais paru acceptable, si elle
ne s'était inspirée d'un système de symboles familier aux
a-— .
représentad’allégories psychologiques et: morales, dont la Table de Cébès
est pour nous le type le plus achevé, donnait une signification
adeptes de la secte. Ce système se rapproche singulièrement
nouvelle aux œuvres d'art du passé et aux légendes de la mythode celui qui est appliqué, croyons-nous, dans notre basilique
logie. Il n’est pas aisé de retrouver les débris de ce symbolisme,
romaine, où, pour accentuer l’analogie, une figure de Niké
épars dans les dissertations subtiles des néo-platoniciens et dans
tenant la couronne, emblème
de la victoire morale des élus, est
les gloses de scholiastes tardifs'. Mais la recherche en vaudrait
dessinée précisément sous la grande composition de l'abside'.
la peine, car non seulement elle nous donnerait la clef de mythes
adoptés et figurés dans les conventicules pythagoriciens, mais
*
.%
aussi l'explication de nombreux motifs reproduits par la sculpture funéraire, qui offre avec la décoration de la basilique des
L’hypothése que nous avons proposee sous réserves, au sujet
du tableau placé au fond du sanctuaire,
analogies frappantes. Comme pour
restera coutestable
tant qu'on n'aura pas prouvé que les croyances pythagoriciennes se manifestent aussi dans la décoration du reste de la
basilique. Mais si notre conjecture se vérifie, le temple de la
Porta Maggiore acquerra, pour notre connaissance de la religion romaine vers le début de notre ère. une valeur qu’il serait
difficile d'exagérer : à cet égard, aucune découverte ne serait
comparable à celle-ci depuis l'exploration des Catacombes par
de Rossi. Nous pénétrerions pour la première fois dans la vie
intime d’une société puissante, qui exerça dans le monde antique une influence dont on ne peut encore mesurer l'étendue
;
nous obtiendrions la révélation de mystères qui précédèrent
dans la capitale du monde ceux de l'Orient et qui vraisemblablement exercèrent quelque action sur le développement de
les
peintures des catacombes, c’est par cette signification cachée, plus que par leur
--
mérite artistique, que ces images sacrées acquéraient une valeur
r
aux yeux des fidèles. Pour nous encore, la descente dans la
pénombre de la vaste crypte, dont les blanches parois sont toutes
tapissées d'un gracieux décor,
fait une impression
qui est
égalée par celle de peu de ruines. Combien devait-elle être plus
vive quand chacun des sujets qui y sont reproduits rappelait
de vieilles traditions sacrées, auxquelles on prétait une signification profonde, quand chacune parlait à l'imagination et
éveillait des sentiments mystiques, et qu'au lieu d’ötre une
une chose morte tout
cet ensemble merveilleux était une
réalité vivante |
Franz CUMONT.
leurs doctrines *; nous serions introduits enfin dans les secrets
d'une communauté à laquelle l’Église naissante, si l’on en juge
par les signes extérieurs’, fit plus d'un emprunt.
1. M. Delatte a recueilli récemment (op. cit., p. 109 s. 1) les restes de
Vexégése pythagoricienne des poámes homériques. On ferait une moisson plus
abondante encore dans les scholies d'Hésiode, qui, par l'intermédiaire de Proclus. remontent pour une bonne part à Plutarque. ,.
1. Cf, supra, p. 56.
2. Cf. supra, p. 64, n. 1.
Cf. supra, p. 54, a, 2..