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CHAPITRE
dll
L'ARITHMÉTISME, DES PYTHAGORICIENS
LES NOMBRES-POINTS
48. — Les.allusions des anciens aux divers voyages de Pythagore sont trop éloignées des sources pour avoir une valeur historique; il appañait cependant qu'on ne saurait rendre comple dela
formation de la doctrine pythagoricienne sans regarder du sèté |
de l'Égypte, surtout peut-être du côté de l'Asie. En effet, el sans
que nous puissions dire avec exactilude quelle y fut la pari de
chacun, nous trouvons Jes penseurs icniens de la génération des
Thalès et des Anaximandresoccupés à un travail astronomique
qui se relie directement aux recherches favoriles des Chaldéens;
ils dressent la carte du ciel cn connexion avec les divisions
zodiacales; iis établissent le tableau des consteliations!. Ce
travail, du point de vue où nous allons nous placer, présente un
intérêt tout particulier. Observée à l'œil nu, en effel, uneconslellation a deux caractéristiques: le nombre des astres qui la
constituent, et la figure géométrique qu'elle dessine dans le
ciel. Ces caractérisliques sont au même tilre des données
immuables el objectives; une association se forme entre elles
qui se revêt de nécessité naturelle et qui-peut servir de base à
une conception générale de l'Univers. Nous trouvons là, sinon _
l'origine, du moins l'illustration saisissante de Ja doctrine
pythagoricienne. De même que les constellations ont un nombre
qui leur est-propre, toutes les choses connues ont un nombre,
puisque le nombre est la condition méme de leur connaissance.
La formule de Philolaos que Stobée nous a conservée, est d'une
remarquable précision ? : Kel xdvexz yx phy rá yyvucxdueva dpiipdy
$. Paul Tannery, Pour l'Histoire
de la Science helléne, 1887, ch. tv, £ 3, p. 84.
si 11. Diels, Die Fragmente der Vorsahraliker, ts vol. 2 edit. Berlin, 1006,
Buunscevico, — Les étapos.
Página 2
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)Épovre où yàg vidv ts obddy bts vondijzar outs yvwcOrpey feu Tourou.
lement, comme l'en accuse l'auleur du livre N de la Métaphysique, la parodie de la doctrine pythagoricienne!. I! ussit d'un
tenu du pythagorisme. Non seulement toutes choses possédent
des nombres; mais encore toutes choses soni des nombres. Entre
autres lömoignages d'Arislote, il suffit de relever ce passage du
chapitre consacré, dans le premier livre de la Mélaphysique, aux
Pythagoriciens : Paívovra 3% xxl otto: tov Agidpdv vouitovrec d5yv
eivaı xal de Glyy tote oda xal Gs maby ve xal Bec! Proposition qui
procédé rapide el simpliste pour donner satisfaction à l'exigence
psychologique que nous retrouverons dans plus d'un système
de philosophie mathématique, pour offrir à l'esprit un objet qui
fat
à la fois, selon le langage des Cartésiens, objet de l'imaginalion el objet de l'entendement.
:
|
Encore convient-il de préciser : tandis que la géométrie analydu temps d'Aristote déjà constituait un paradoxe’, qui devail
prendre un air dé plus en plus étrange à mesure que la réflexion
tique unira dans une synthèse originale ce qui avait été préalablement dissocié, idee algébrique et objel étendu, l'arithméligue
séparaii davantage ce qui est de l'ordre de l'intelligence et ce
qui est de l'ordre de la réalité. Le nombre est un concept; les
choses sont des objets ou des substances, Commerit prétendre
”
géométrique des pythagoriciens atieste simplement la con.
nexion inséparable, l'implicalion spontanée et comme naive, de
deux éléments que seule la réflexion ultérieure devait disjoindre. La pensée mathémalique, au lieu d'aller de la nécessité
abstraite à l'application concrète, enveloppe toutes les fonctions
de l'esprit dans une sorle d'intuition intégrale où elle trouve son
équilibre et sa plénitude, Le nombre est présenté immédiateque le nombre soil à son tour objet ou substance? Le difficile,
à dire le vrai, nous paraît ici que l'on sache ne pas s'engager
dans le problème soulevé par un histbrien systémalique qui fai.
sait entrer les conceptions des Présocratiques dans le cadre des
catégories et des causes. Au lieu de chercher le passage d'une
merit comme une somme de points figurés dans l'espace, et les
* notion abstraite à la réalité concrète, il conviendrait sans doute
d'enlever à la notion de nombre Is signification abstraite que
nous sommes habitués à lui attribuer, de lui réintégrer en quelque sorte l'application intuitive qui, pour les Pythagoriciens, en
était inséparable, de voir un point lorsqu'on parle d'une unité, et,
lorsqu'on parle d'un nombre, de voir un groupe de points dessinant une figure de la facon dont les étoiles dessinent une constellation ?, Bref, avant de dire que les choses sont des nombres,
figu
— res
lignes, surfaces ou volumes — qui se trouvent tracées par ces points sont immédiatement données comme des
nombres.
®
THEORIE DES NOMARES
19. — A cette conception générale du nombre, quelle qualité
parliculiére de science répond chez les Pytbagoriciens? H
importe d'entrer ici dans quelques détails; la question a plus
les Pythagoriciens avaient commencé par concevoir les nombres comme des choses; les expressions de nombres carrés
ou de nombres triangulaires ne sont pas des métaphores; ces
qu'un intérét historique; elle sert à fixer la phys:onomie criginelle d'une doctrine que nous verrons réapparatire au cours de
l'évolulion de la mathématique moderne ?,
~
Le premier trait de l'arithmétique pythagoricienne, «est
qu'elle est une théorie des nombres. Et, en effet, puisque les
uombres sont, non plus des auxiliaires du caleul, des moyens
« logistiques », mais des réalités naiurelles, il convient de les
considérer chacun à part, afin d'en déterminer les propriótés
intrinsöques. Une fois qu'on se place ainsi à l'intérieur de chaque
nombre, ses propriélés caractéristiques apparaissent conime les
nombres sont effeclivement, devant les yeux et devant l'esprif,
des carrés
el des triangles‘. Aussi, lorsque Eurytos disposait des
. cailloux en nombre déterminé de manièreà obtenir par Ja forme
de leur assemblage le nombre constitutif de telle ou telle réalité,
1. 1, 5-086° 15.
|
2. Voir le passage relatif aux Pythngoriciens, dans Afet., N.: 1090° 32 -:
nace péveor to moulv di ácida ra ovoid oupara, èx pù Exövswv Bapos prot
vovphtnre Éyovra xovobrata xal Bápos.
. 3, De Carlo, MI, 1, 300218 : Évros yap thy guow E apıbuav cuneriow, orso
vis Mulayopsicor tives. Suivant le livre M de In Métaphysique, les Pythagorieiene constituent le ciel tout entier avec des nombres; mais ces nombres ne
gout pas des unités au sens spécifiquement arithmétique, ce sont des unité:
conséquences des opérations par lesquelles le nombre lui-même
qu: ont une grandeur : 7b; yao div odpavdy xataaxsudlouery EE Anıbeär, div
va povabtady, GAA ri; povadas ExoaxpOdvouar Éyerv piyados, O 1008.
$. Gf. paur cette interprétation du pythagorisme Milhaud, les Philosophes
géomètres de lu Grèce, Platon ct ses prédécesseurs, 1000, p. 107.
35
le nombre de l'homme ou Je nombre du cheval 5, il ne faisait nni-
“Cette formule n'exprime pas encore, semble-t-il, tout le con-
.
THÉORIE DES NOMBRES
,
1. Met. N. 5, 1002 10, avec le commentaize d'Alexandre, Na. Hayduck,
Bertin, 1991. p. 827, apud Diels, es. cit, p. 249.
2. Vide infra. |. V, ch. xv.
Página 3
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)a été atteint et défini; ces opérations décident de la forme du
groupe de points qui constitue le nombre dans son essence. Et
eomme la plus simple et la plus féconde de ces opérations est la
duplication, le principe de la classification pythagoriciennne est *
emprunté à la considération des nombres qui sont produits par
la duplication, et susceptibles par suite de dimidiation. Le nombre disait Philolaos, a deux formes propres, l'impair et le pair:
"O yz pv pinos Equ Suo pv Tita ein, neprsmdy xal dpriov!. A celle
distinction correspond une opposilion fondamentale qui, dans
THEORIE DES NOMBRES
37
espéces de nombres, celle du pair dont le premier est 2, de
l'émpair dont le premier est 3, du pair-impair qui est ici l'unité,
du carré parfait dont le premier est 4.
20. — Enfin, puisque les Grecs ont ainsi rapporté la constitution des nombres à deux procédés de formation, l'un qui serait
ia duplicalion ou-pour prendre la forme la plus générale, la
multiplication, et l'autre qui serait l'addition, la trace de cette
dualité doit-se retrouver dans leurs spéculations mathématiques.
,
o
:
la jeune école pythagoricienne au moins, rejoindra l'antithèse .
L'un des principaux problèmes qui concernent la théoric des
comment la connexion s'est établie entre l'impair et le limilé
d'une part, entre le pair et Villimité d'autre part, si l'on consiposants, sous le double point de vue de la multiplication el de
l'addition, et à comparer entre eux les résultats obtenus. Ainsi,
on considère les divisours d'un nombre donné, l'unité comprise,
mais- à l'exception toutefois de ce nombre lui-même (ce que
l'on appellera ses parties aliquotes), el on en fait la somme;
cosmologique du limité et de l'illimité, et fournira une base à Ta
table des dix oppositions, qu'Aristole nous atransmise?, On peut entrevoir, d'une façon encore grossière sans doule,
dére les classifications numériques que les historiens de la
mathématique rapportent aux Pythagoriciens, Déjà Philolaos
ajoulait au pair el à l'impair une troisiéme espèce : l'épriontpicvov. Cette dépomination qui a été quelquefois appliquée à
*, désigne aussi, suivant Jamblique ‘, les nombres pairs
l'unité
tels que6 ou 10 qui à la première dimidiation donnent des nombres impairs. A cette acception se rapporle la dislinclion entre
les nombres pairs qui comprennent parmi leurs facteurs un
nombre impair intervenant 4 un moment donné pour mettre un
terme à la dimidialion, xez:sciotto:*, et les nombres pairs qui ne
sont pas sujels à cette limitation, qui se r&solvent complélement
par dimidiation, priaxıs dprior.
D'autre part, à côlé de la duplication, ou'de Ja dimidiation,
l'addition joue un rôle dans la formation pythagoricienne des
- nombres; Philolacs exalte la décade, norme de l'univers, puissance ordonnatrice des hommes et des dieux : Meydhe yap xai
navredts al navrospyèc xal beim xxl oùsoviw Bin xai évhpuive dpy& xat
Ayeudv xowipvodaz..: Sivants xai vis Bsxidos*, La veriu de la décade
est qu'élant constiluée par la somme des quatre premiers
_ noinbres-4.+2-+3+4, elle enferme la nature des diverses
æ
1. Diels, op. cit., p. 240.
‘2. Met., 1, 5, 086* 22, Cf. Zeller, Philosophie des Grecs, trad. E. Boutroux, t. |,
1877, p. 343.
3. Théon de Smyrne. Éd. Hiller, Leipzig, 1878, p. 22. Cf, Zeller, tr. citée, 1. 1,
p. 383, n. 3.
na
4, In Nicom. Arithm. Ed. Pistelli, Leipzig 1304, p. 22.
5. Nicom, Arithm. Jsag. Ed. Hoehe, 1806, § X, p. 21 et suiv.
:
nombres consiste à étudier le rapport d'un nombre à ses comcelle somme sera en général ou plus grande ou plus petite que
le nombre lui-même, lequel sera appelé en conséquence abondant ou déficient. 42 est abondant parce que la somme de ses
parties aliquotes est : 4+2 + 3+ 4 +6 ou 16; 8 est déficient
parce que ses parties aliquols ajoutées produisent 1 + 2 +4
ou 7. Mais il ÿ a quelques ombres qui sont équivalents à la
somme de leurs parties aliquotes :
.
6=1+2+3 {avec cette particularité caractéristique du
nombre 6, que l'on a également : 6= 4 >< 2>< 3).
=
B=1+2+4+7+14
406 == 4 4-2-4 4-4-8 ++ 46 -+-
31-6
+ 124 + 2
248
Une correspondance aussi remarquable entre le procédé de
multiplication et le procédé d'addition confére à ces nombres un
caractère de perfection; 6, 28, 496 sont des nombres parfails.
Dans Euclide Ja théorie des nombres parfaits est développée
Jusqu'à fournir une relation d'ordre général entre la classe des
nombres parfaits et la classe des nombres premiers : Si,
partant de Punilé, on forme la progression géométrique de
raison 2, et si la somme
de ces termes est un nombre premicr,
le produit de ce nombre premier par le dernier terme de la progression est un nombre parfait. Par exemple la somme 1+2-+
44+-8+-16 donnant 34, qui est un nombre premier, le produit
de 31 pay 16, ou 496, est un nombre parfait !.
6. Ibid., 5 VIH, p. 45.
7. In Diels, p. 243, cf. Arist., Met. I, 5, 986" 8.
1. Élém., 1X, 36. Ed. Heiberg, t. Il, Leipzig, 1584, p. 408.
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Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)" PROGRESSIONS ET MÉDIÉTÉS
21. — La théorie des nombres parfaits manifeste d'une façon
saisissante le caractère spécifique de l'arithmétique grecque; le
- savant mel. au jour la structure interne des nombres, de le
même façon qu'il observe les propriétés des figures géométiques, ou qu'il décrit la forme des constellations célestes.
A cette méthode est due la partie le piys solide et la plus bolle
de la doctrine pythagoricienne, celle d'où se dégagent des
lois comparables en simplicité et en fécondité aux formules de
l'algèbre moderne.
On prend l'unilé pour point de départ; on ajoute à l'unité ls
PROGRESSIONS ET MÉDIÉTÉS
38
facteur augmenté de l'unité; la surface a donc ses deux côtés
inégaux. elle est hétéroméque ou rectangulaire ifig. 2). Par já
s'explique la dénomination de nombres hétéromèques donnée à
la somme de ces nouvelles progressions arithmétiques, et
l'introduction de l'opposition du .
carré et de l'hétéromèque dans la © ,
série des dix oppositions qu'Aristote nous a iransmises, en corrélation directe avec l'opposition
initiale de l'impair et du pair. De
Je"
°
là encore l'indicalion d'un nou-
Fig. 4.
®
.
ore
o
.
.
.
Pig. 2.
veau lien entre le couple antithésérie ascendante des nombres impairs; la progression arithmélique impair-pair et le couple limile-illimité, lien moins direct
des étapes où l'on s'arréle, la somme de l'unité et des nombres
signaler et que l'on peut suvposer lui avoir succédé dans
tique que l'on forme ainsi jouil de cette propriélé qu'à chacune
impairs conslitue un nombre carré
"
mais plus logique que celui que nous avons eu l'occasion de
l'enseignement de l'École. En effet, tandis que la somme des
nombres impairs engendre des carrés toujours semblables à
eux-mêmes, la somme des nombres pairs engendre des rec-
4-+3=4
tangles qui sont perpétuellement différents; de sorte que leur
1+3+3=
1+3-+-5-+7—=16
14-3+5+7-9—=%
el que tous les nombres carrés sont donnés par ce processus de
formation (fig. 1). Par la seule considération d'une progression
arithmétique se trouvent donc consliluées toutes les surfaces
carrées qui ont pour côlés des nombres enliers. De plus, puisque
l'addition successive d'un nombre impair 3, 7 ou 9, permet de
variation indéfinie fait contrasie avec la fixité du carré’.
22. — La portée philosophique de la doctrine pythagoricienne
des médiétés n'apparett pas moindre. En outre du moyen arithmélique et du moyen
géométrique, Jes Pythagoriciens intro-
" duisent le moyen harmonique. La médiété = =; donne
l'égalité
passer d'un carré 4, 9 ou 46 au carré suivant, 9, 16 ou 25, tout
nombre impair se définit comme la différence de deux surfaces
carrées ayant respectivement pour côtés deux entiers consécutifs, c'est-à-dire comme un gnomon. Cette définition géométrique explique la constitution interne du nombre impair; il est
la somme d'un carré ayant l'unité pour côté, el de deux rectangles égaux dont le plus petit côté est égal à l'unité :
5=41+24+2;
7=1+3+3;
0=1+4+4.
Si nous additionnons d'autre part les nombres pairs consécutifs, nous obienons une série de nombres qui sont des
sommes de progressions arithmétiques, et qui sont en méme
temps des produits el par conséquent des surfaces; seulement
les facteurs de ces produits sont égaux l'un à la moitié du
dernier nombre pair de la progression, l'autre à ce premier
Ainsi 8 est moyen harmonique entre 12 et 6 puisque
i2—8
12
s-577
« Nous retrouvons là, dit M. Milhaud, l'origine de la dénomination d'harmonique*. Si en effet, au lieu de faire‘ correspondre
1 à la première note de Poctave, on fait correspondre 6 pour
n'avoir ensuile que des nombres entiers, c'est 8 qui correspondra è la quarte, au lieu de à et 12 à l'oclave, au lieu de 23, »
1. Milhaud, op. cit., p. 115 et suiv.
2. Voir le fragment d'Archytas sur les médiétés (Porphyre, Commentaire aux
re de Ptolémée, in Wallis, Opera, t, HI, Oxford, 1609, p. 267)
et Diels,
4, Op. cit., p. 93.
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Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)LE PYTHAGORISME
La merveilleuse découverte de la merveilleuse corresponsur l'infini‘. Nous n'avons pas à suivre le développement de
dance entre les nombres et les sons (découverte qui semble
remonter à Pythagore lui-même *) est ainsi incorporée à l'arithmétique pythagoricienne, et elle achève d'en fixer le caractère.
Les rapports des nombres qui se manifestent dans les accords
musicaux sont aussi ceux qui sont inscrits dans les figures de
-
4
LES ÉTAPES DE LA PHILOSOPHIE MATHÉMATIQUE
. 40
la géométrie : suivant une observation que Nicomeque rapporte
A Philolaos, le cube, parfaitement harmorticux en soi puisqu'il
est parfaitement identique à lui-même suivant les trois dimensions, présente la connexion des nombres composent à médiété
que nous venons de décrire : il a 12 arêtes,
8 sommets, 6 faces.
Harmonie géométrique et harmonic musicale se correspondent
:
ce qui est intelligible pour l'arithméticien, est aussi visible aux
yeux que sensible sux oreilles.
cette doctrine; ce que nous ne pourrions faire d'ailleurs ‚sans
aborder une période de l'histoire où les disciples éloignés de
Pythagore se rencontrent, et parfois se confondent, avec les
successeurs de Platon. Nous nous contenterons de rappeler les
représentations numériques par lesquelles les Pythagoriciens
prétendaient expliquer la nature des réalités sociales : justice,
occasion, mariage?, sans insister sur l'extraordinaire floraison
de symboles el d'analogies procédant de celle méthode et prósentant ce mélange de précision rigoureuse el d'arbitraire
absolu qui est l'essence du mystérieux. Si ce sont là les traits:
les plus populaires du py!hagorisme, il n'est pas sûr que cen
soient les plus originaux; el il est probable qu'on peut appliquer ici la remerque pénétrante de M. Rivaud sur les doctrines
présocraliques du devenir : « le cadre et la matière sont fournis
par la cosmogonie ancienne. L'observation
23, — On conçoit que de semblables correspondances soient
apparues aux Pythagoriciens comme susceptibles d'universalité. qu'ils se soient autorisés par exemple des lois numériques de l'harmonie terrestre pour supposer une sorte de
concert céleste, engendré par les nombres astronomiques :
l'harmonie des sphères célestes dont la légende veut que Pythagore, seul entre tous les mortels, ait jamais eu la perception *.
On conçoit comment leur imagination spéculative a entouré le
noyau lumineux que formaient les théories positives de l'arithmétique, de la géométrie, de l'acouslique — et il faut y ajouter
l'esquisse de l'astronomie copernicienne — d'une zone infiniment plus vaste gi, sans hésitation, une solution était donnée
à tous les problèmes humains ou divins. Avec Philolaos
, le
nombre, qui par nature est incapable de recevoir le mensong
e,
devient le principe de la vérilé; tandis que le mensonge et
l'envie appartiennent à l'infini, à l'insensé, à Virrationnel*. L'avènement de l'harmonie dans le monde est la victoir
et
l'expérience
n'inlerviennent guére que dans le détail. Pow-'ensemble, elles
LE PYTHAGORISME
e du nagbre
laissent intactes les images anciennes * ». En fail, les loviens fet
les Babyloniens par dela) ont transmis à Pythagore l'héritage
des opposilions cosmologiques, des correspondances astrologiques et morales. Méme si les Pythagoriciens n'ont vu dans
leurs découvertes proprement mathématiques, dans leurs expériences acousliques, gue des confirmations pour l'ensemble de
leurs croyances supranaturelles, ce sont ces découvertes et ces
expériences d'ordre rationnel qu'il est équitable de retenir ei de
considérer comme l'apport caractéristique de leur pensée.
Cette pensée, cristallisant dans un système qui n'est plus tout
à fait le nôtre, n'en avait pas moins le droit de se croire assez
forte pour porler le poids de l'univers; car elle avait effectivement atteint la plus haute qualité de vérité dont l'homme est
capable. Si l'idéal d'une science pesilive est de reposer sur des
principes à la fois clairs et délimités, de se développer dans le
cadre des principes déjà posés, et de maintenir le contact avec
l'expérience qui la confirme et la contrôle, le mathématisme
pythegoricien contenait de quoi satisfaire à cet idéal. En impliquant dans la conception du nombre et le géométrique et le
-
1. Tivdnyópas,
Ge enor Sevoxparns, suptoxe xa tz dv pavor
Braotipara, où
xupis deibpod viv yéveow Éyovta dol Jap oiypxioi moro) #90: moody.
Porph,
in Ptolem. harm. op. cit., 213, et Heinze, Xenokrates,
Darstellung der Lehre und
Sammlung der Fragmente. Leipzig, 1802,
p. 162.
2. Nicom.,.Arith., $ XXVI, p. 135 et Diels,
op. cit., p. 238.
*
3. Arist. de Costo, 11, 9, 200° 12 et Simplicius, Comm., Ed. Heiberg,
Berlin, 1883,
p. 468. Cf. Zeller, op. cil., p. 409 et
suiv.
i
A. Weite:
è oir Biyetar & 76 ápibas puo: abit ápuovia où yap olxsiov
aussis tori. Tag 10 Aneipw xal
“+.
dvoízw ual ahiye oua:os zo paldo;
xal è hévoc
deci. Diels, op. cit., p. 244, Voir Newbord, Philolaos, Archiv für Geschichte
der PhiloSophie, année 1906, t. XIX, p. 177.
=
1. ‘A pio div rot xósgor &pnéyôn UE dnsipuy se xxi sreparvivuov xal F205
% «topos xal rà iv aûrê edyra, in Diog., Loërt. VIII, p. 85 ct Diels, p. 239.
— Cf. M, Simon, op. cit., p. 132 et suiv.
y
2. Met., M. 4. 1078° 21.
3. Le problème du Devenir et la notion dc la Matière dans ta philosophie grecque
depuis les origines jusqu'à Théophraste, 1903, p. 267 (Paris, F. Alcan).
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Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)LES ÉTAPES DE LA PHILOSOPHIE MATHÉMATIQUE
physique, il avait du même coup conçu l'étude des nombres
comme une étude de la réalité concrète, érigé la découverte des
rapports arithmétiques en découverte de rapports naturels. La
vérité mathématique est une /ci, au sens objactif du mot; elle
se dégage par l'observation, elle revèt progressivement la forme
générale qu'elle comporte; Ja nolion du nombre parfait et la
notion de'l'accord parfait, les formules de Parithmétisme géométrique et celles de l'arithmétisme acoustique ont exactement
le même caractère. Et ces lois qui régissent à titre égal el
. unissent dans une synthèse homogène Jes différents ordres de
la réalité sont d'une telle simplicité qu'elles semblent adaplées
à la nature de l'esprit, et destinées à assurer l'équilibre définitif
de toutes ses fonctions. L'harmonie de l'univers se réflète dans
l'harmonie des idées, ou plutôt l'une et l'autre se fondent dans
l'unité, dans l'iudistiuction qui, pour les Pythagoricions constitue le xéouss
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Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)LIVRE II
GEOMETRIE
CHAPITRE IV
LE MATHÉMATISME DES PLATONICIENS
SECTION À. — Lia position du problème platonicien.
IMITATION
ET
PARTICIPATION
24. — Le platonisme est comme le pythagorisme une philosophie de type mathématique. A cet égard même, et s'il fallait en
croire Aristote, la différence du pythagorisme et du platonizme
serait purement verbale. Suivant les Pythagoriciens les choses
imitent les nombres, suivant Platon les choses participent aux
nombres;
Je nom seul serait changé‘, Mais il faut reconnaître
que, pris en soi, les mots d'imifalion et de parlicipalion sont
équivoques, au point de pouvoir être interchangés. Si limitation
suppose avant tout la séparation de l'original et de la copie, les
idées platonicienhes sont des « paradigmes », dont les choses
sensibles sont des imitations; le Timée est, à cet égard, aussi
explicite que possible : réte pv yp Bio «lbn Bisdépedz,... Ev pay
dx
rapabelyuaros eIdoc úxorabiv, vonröv xai aut xark vabrà èv, pinza dt
napatelyperos Sebregor, yévscer Lov xol bparóv *, D'autre partla notion
‘
„1. OF piv ye Tudayóperos pruños rà Svra pacir slvar av ¿pb poo, Méruv
dt padéte, robvopa perafirdosv, Mel., A. 6. O87" 14,
2, 43 E. Dang une série d'analyses qui ont paru de $88! à 1885 dans Ic
Journal of Philology (vol. X, XI, XH, XIV, XV), 30us ce titre : On Plaza's Inter
theory of ideas, M, Jacksun a mème proposé une distinction radicale eutre les
dialogues où Platun expose la théorie de în participation aux Jdées, le Phédon
Ct la République, et lea dialogues tels que le Thédtète, lo Philebe, le Politigue, le
Página 8
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)de participalion est empruntée au vocabulaire d'Anaxagore, el
elley a un sens purement matériel!. Idvra avrès poîpav perize,
cette parole exprime que tous les éléments de l'univers, le vo%;
excepté, se mélangent effectivement les uns aux autres, que
l'univers est 4 cvppuix révruv ysmuéruv?. En ce sens, et si l'on
faisait fond sur l'interprélalion méme que les livres M et N de
la Métaphysique donnent du pythagorisme il conviendrait de
lui restiluer, par contraste avec le platonisme la thèse de la
. participation des choses aux nombres. Of sì Iubayfsstor dt ré
Bpliv noll& tov apar mil ivurdazovia tote aleUnroïs odiuaciv, elvat
* pay dptOuobs éxotqoay 12 dura, où yosearobs El, GAN! di Apra vd Évra
Le vocabulaire respeclif qu'Aristote attribue aux Pythagoriciens el aux Plaloniciens pourrail donc être interverti sans trop
de difficulté; mais, par delà les ressemblances verbales, subsiste
l'opposition profonde de l'immanence pythagoricienne et de la
transcendance plalonicienne : 8 pév sole deiduods mus ta diobara, ol
BaprOwobs civai gaorv avrà tk moiyuars *. Lorsque les Pythagoriciens disent que les choses imilent les nombres, ils mettent sur
le méme plan la réalité numérique et Ja réalité naturelle; ils
conslatent une ressemblance entre l'ensemble de nombre et
l'ensemble de la chose : "Ev 32 set: az:Qucts édérou hempeiv ônouspara wok tots oda xal yryvoudvers... xal civ Boy oUsIviv Sppovizn
eva; xal apibuóv”, Au contraire suivant Plalon, la science des
nombres porte non pas sur les choses prises en sci, mais sur
les caractères des choses, qu'elle réussit à comprendre dans ses
déterminations. Le principe de ces déterminaiions, c'est le ripa:
dont le-domaine est défini avec précision dans te Pkilèbe « l'égal
et l'égalité, el après l'égal le double et tout ce qui serait rapport
de nombre à nombre et de mesure à mesure‘. » Au même objet,
suivant l'étalon-de la mesure ou de la numération, s’appliquerout différenis types de détermination; mais ces types idéaux
sont, pris en soi, des réalités antonomes; ils constituent le plan
Timés ou les Idées seraient remplacées par les types*naturels, les paradigmes
(t, XIII, p. 262), et où la pébates seraiten réeli:é pipers (t. X, p. 280). Zeller a
montré les diflicuités d’une Séparation aussi compléte dans un mémoire Veber
die Unterscheidung einer doppelten Gestalt der fácentehre in den Pluionischer. Schriften, (1887), Kleine Schriften, t. I, 1910, p. 364, et suiv.
vee
. 1. Diels, op. cit., p. 310.
.
2. Ibid., p. 315.
3, N. 1000" 20.
.
4, Met., A 0 987* 27, ef. Phys. Ill, 4, 203° 6.
5. Mél., A 5 08527.
6. 25 A. Mparov pv 10 Esov xat loire, peta El cè Too d iso rai mar
3 vi map Iv radi dp:Oydy dpidpds Y pérpov n mpg pérpov, sadra Eprave’ els tb
nipa; Anoloyılöpevor ads av Soxoducy 8 hy =
SEhtyaeDtes
45 :
LA DECOUVERTE DES IRRATIONNELLES
supérieur de vérilé ou d'existence dont procède la participaoù sous
tion. Que ce soil par présence, par communicat€ion
la granest
moyen’,
autre
quelque
quelque autre forme ou par
sse
pelile
lo
el
c
cela,
que
grand
plus
est
deur qui fait que ceci
|
qui fait qu'une chose est plus pelile qu'unc autre”.
Telie est, dans la lumière brutale des textes, la distinction spérifique qui nous conduit à l'étude directe du mathématisme pla-s
tonicien. Nous avons à déterminer d'une façon précise le progrè
accompli par la réflexion de Platon. Comment de la méditation
de la mathématique a-t-il tiré une doctrine de la connaissance
qui déborde par deli le domaine mathémalique, qui se projonge même au delà de l'antiquité, puisque quelques-uns des
le germe
interprètes les plus profonds du platonisme y ont décelé
sme
idéali
al
reliée
être
d
e
capabl
elle,
univers
ologié
d'une méthod
avénement
critique des modernes? Mais comment, d'aulre part, |Brillan
t que
si
début
au
de cette philosophie, dont le succès ful
In mathématique semblait avoir absorbé la philosophie *, a-t-il
été suivi, à bref délai, de la disparition de la philosophic mathématique? Comment la science des connexions entrles idées —
la science réelle — a-t-elle paru pendant près de vingl siècles,
subordonnée à la science apparente — à la science des classifications verbales? Cette seconde, question ne doit pas ètre séparée
de la première; nous ne serons pas éloignés de saisir le sens
du mathématisme piatonicien si nous nous rendons capables de
i
satiefaire à cette double curiosité.
LA DÉCOUVERTE DES IRRATIONNELLES
25. — Directement ou indirecténfent, la considération de la
technique est intervenue dans l'élaboration de la philosophie
platonicienne. L'identification exacte que le pythagorisme, an
moins sous sa forme primitive et, en quelque sorte, à l'élal pur,
avait établie entre le nombre et la grandeur, entre la pensée
arithmétique et la réalité concrète, se trouve rompue, à l'époque
où Théodore de Cyréne enseignait les malhémaliques è
1. Cf. Phédon, 100 G: paivera: ydo pot, af <i = Bide er sag’ adrò +,
oubk St’ Ev ¿Ao xadov civas Y Srdrs pstéyer Exsivoy vos zadod. _
m D: ote rote motel dtr nadvv 7% exsivoy tod vadod cite Rapovota
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° 3. Ibid, 104i î front
oùbrvl Ai peitiv tav 7 perde nai Ur toro peizo»,
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2s vo péystos, th PMaerrav... Ba Thy apınplmzs.
.
on
4. yiyove za padfipara cote viv A gidogozia, Mel., Av
Página 9
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)LA DÉCOUVERTE DES IRLATIONNELLES
Platon !. Chose curieuse et qui manifesle la fécondité de leurs
procédés scientifiques, c'est aux Pythagoriciens eux-mêmes
qu'est due la découverte capilale qui devait mettre fin au règne
du nombre, la découverte des grandeurs incommensurables,
Dans la plus harmonieuse des figures qu'ils aimaient à considérer, dans le carré, ils devaient rencontrer un élément géométrique qui n'élait plus une somme de points. Comment s'est
révélée cette difficullé? Autant qu'on peut le présumer, ce
serait par l'établissement de la formule générale connue sous
le nom de théorème de Pythagore : a ct b élant les côtés d'un
triangle, c l'hypoténuse, a* + 6* = ct,
Cette relation était connue des Hindous, à une époque que
M. Bark, dans son introduction à l'édition et à la publication des
Sulvasutras d'Apastamba?, faitremonteaur vie siècle avant l'èré
chrétienne (et la date est acceptée par les derniers historiens de
la mathématique). Mais si les Hiudous ont exprimé le théorème
de Pythagore dans sa généralité, nous ne ‘pouvons pas affirmer
qu'ils en possédaiont une démonstration générale. Peut-être se
contentaient-ils de poser la loi par induction, en remarquant is
copnoxion entre les différentes valeurs, exprimées en nombre:
entiers, que l'on pouvait donner aux cotés de l'angle droit du
triangle (ou plutôt du rectangle) et des valeurs nyrodriques
“entières qui leur correspondaient pour l'hypoténese (ou pour la
diagonale). L'induction devail leur parattre d’aulant moins douteuse que, suivant la remarque de Zeuthen, ls devaient ne pohésiler « à croire que loujours il était possitle Fexprimor |»
trois côtés d'un triangle comme des multiples entiers dui
unité assez petite * ». Au contraire pour Pythagore. dont ee fu:
là sans doute l'apport original, le théoréme esi une vérité qu:
_ est indépendante de celle particularité que les côtés du Lrianpie
rectangle peuvent être représentés par des nombres entiers. De:
iors, les Pythagoriciens se trouvaient engagés dans ni: domain
ou Je parallélisme du concept numérique et de la représents_Hon géométrique ne peut plus se maintenir. Le carré es! la
figure rectangulaire la plus simple; le carré numériquement. le
3. Diog. Laért, Ill, 6.
‘
2. Voir 2, Wie alt ist der Satz von Quadrat der Hypotenuse bei den Indern“
Zeitschrift der deutschen morgenländischen Gesellschaft, 1. LV, année 1001.
p. 550
et suiv.
3. Théorème de Pythagore, origine de la géométrie scientifique (Congrès Inter.
national de Philosophie, 11° session, Ragports et comptes rendus, Genève, 1907
p. 846) Voir égaloment Milhaud Lo GÆhétrie d'Apastamba, Revue Générale deSciences, 1910, p. 512, et suiv., el Nouvelles Hiudss «ur Pilistnire de la Pers
scientifique, 1911, p. 108 el suiv.
”
A-BOAmtaSenr,aEtYMoseci
1
47
plus simple est celui dont on suppose que le côté est égal à
l'unité; or, l'observation empirique a dû le faire facilement
découvrir, si la diagonale du carré, qui a l'unité pour cole, est
rise à son lour comme côté d'un nouveau carré, l'aire de ce
carré est égale à deux; quelle sera donc la longueur exacte dc le
diagonale?
ou si l'ou préfère, quelle sera la longueur exacte de
l'hypoténuse du triangle rectangle isoscèle dont les côtés sont
égaux à l'unité? Tous les essais faits pour trouver une expression fractionnaire dont le carré soil équivalent à 2, échouent
les uns après les autres. L'échec est-il définilif, el ne pourrat-on en choisissant des unités de mesure de plus en plus faibles finir par découvrir une racine exacle de 2? Les Grecs se son!
posé la question; ils l'ont tranchée à l'aide d'une démonstration
qui donne une idée claire de leurs ressources logiques, et qu'il
esi d'autant plus intéressant de reproduire ici qu'une allusion
d’Aristote! permet de la faire remonter & une dale très voisine
de l'époque pythagoricienne. Si la diagonale est commensurable*
au côté du carré, le rapport peut être mis sous la forme d'une
fraction irréductible =A Le théorème de Pyihagore d* = 2c*
>
siepi
montre immédiatement que d est pair, d'où Pon conclurait,
puisque d et-c sont premiersæntre eux, que c est impair. Mais
la parité de d permet d'exprimer le Ih&or&me sous la forme sui-
KrRaAR
vanle :
Sia
pes
relatdred
.
(5) medi
:
ou
2(5) =e?
ce qui
en{ratnerait la parité de c. Si d ete sont supposés commensurables, il résulte de l'hypothèse que c est à la fois impair
et pair. Ainsi se trouve élablie è la pleine lumière d'un raisonnement rigoureüx l'impossibilité de faire correspondre un
nombre déterminé. d'unités à fa diagonale d'un carré quia l'unité
pour côté..
Un tel nombre devrait êlre celui qui a pour carr: 2;
il devrait être pair et il devrait être impair en même temps; il
. n'a'pas d' « état civil », il est en dehors de l'intelligibilité. Et
pourtant. la grandeur que l'on se voit condamné à ne jamais
pouvoir mesurer avemexactilude est géémétriquement construite
el déterminée. Le domaine de l'existence déborde le type de
lintelligibilité; la rupture de l'équilibre où s'était tenu le
dogmatisme pylhagoricien est inévitabie.
1. Premiers Analyliques, 1. 23, 41°28. "Acdupecgzo; Y, Crapersog Bra sè viscosa:
22 wepitsz Cow sol; doztote cupuirpos cebcions.
2. Voir la proposition iutroduite dans les Éléments d'Buzlide (X, 11D apud
Heiberg, X, App. 26, t. III. Leipzig, 1888, p. 408.
Página 10
Ver en el PDF(se abre en una ventana nueva)De cette crise il démeure un lémoin, Zénon d'Elée. Quelle
qu'en ait été l'intention, quelle que soit la Base positive qu'elles
recouvrenit ', les apories
de Zéno
n d'Elée ont signifié pour l'anti
-
quité grecque l'impossibilité de faire
coïncider la pluralité discontinue, pluralité pythagoric
ienne des
points arithmétiques ou
encore pluralité démocritéenne des atomes étendus, avec la
* donnée concrète, avec la réalité continue de ‘l'espace où les
choses se déplacent; elles ont marqué l'échec
de la science telle
que la mathématique paraissait en avoir jusque-là fixéle modèle:
elles-onl provoqué une conception nouvelle de la connaissance
et de la vérité.
.
26. — A travers les Dialogues
de Platon, plus d'un indice
vient témoigner que la découverte des irrationnelles n'est: pas
étrangère à la doctrine platonicienne de “la science. Dans
l'introduction du Theeiete, dialogue destiné à marquer les
premiers
degrés
de
l'analyse
qui
remonte
de
l'apparence
sensible à-la vérité, Platon rappelle les écrits de son maitre
Théodore, qui établit l'irrationalité de yö. de y7 cl poursuiv
it
LA RÉGRESSION ANALYTIQUE
49
double. — Mais la longueur double est 4, la surface double est 16.
du carré sera donc plus grand que 2, plus petit que 4,
— Le côté
c'est-à-dire 3. — Mais cette réponse, qui épuise en quelque sorle
les ressources de l'imagination proprement numérique, esl
encofe inexacte; le carré de trois pieds de côté aurait une surface de neuf pieds. — Socrate suggère
N
|
|:
(fig. 3), nous pouvons lui juxtaposer trois
Di
5
carrés égaux de façon à obtenir la surface, ©
quadruple AEGF. En prenant les diagonales BC, CI, IH, HB, nous coupons en
deux chacune des quatre surfaces égales
au carré primitif. Le carré BCIH est donc
double du carré primitif; le cdté, dont la
a
5
„
alors une’ considération exelusivement
géométrique. ‘Soit le carré-ABCD*
|
A
,
Fig. 3.
longueur serail égalé à v8, est la ligne que les Sophistes appellent hd c'est du diamètre que se forme donc la surface
double?.
jusqu'à 11 la recherche des racines carrées irralionnelles®, Au
VIE livre des Lois, il se plaint, comme d'un crime contre la
patrie, qu'on laisse ignorer aux jeunes Hellènes, qu'on lui ait
laissé longtemps ignorer à lui-même, la distinction des grandeurs commensurables entre elles et des grandeurs incommensurables ?, distinction dont il fait la base des « humanités ».
Surtout il convient d'insister sur l'exemple du Afénon : le problème, l'un des plus simples qui pouvaient se présenter après la
découverte de l'incommiensurabililé, consiste à déterminer la
longueur du côté d'un carré qui serait double d'un autre carré
ayant quatre pieds de surface. Ce qui est significatif, c'est le but
auquel cet exemple est destiné : il s'agil de prouver la thèse de
la réminiscence. Le Socrate platonicien fait introduire un esclave
. auquel, sans rien apprendre direclement, par le seul effel de la
lumière naturelle qui se révèle à elle-même, il prétend faire
retrouver la véritable solution du problème ‘. Les premières réponses deJ'esclave sonl empruntées aux cadres de l'arithmétique
“pure: Le carré de surface double paraît avoir un côté de longueur
y Vide infra, § 95.
.
:
. Théétèle, 147 D. Voir l'étude de Zeutben : Sur la constitution des livre
arithmétiques des Éléments d’Buclide et leur rapport à la question de l'irrationalite,
Académic Royate des Sciences et des Lettres de Danemark, 1910; p. 395 et suiv.
| > pi : Ta sav patpnrüv te xal dpérpev poe anda, rim puote: yiyove.
. en ms ni, éxéceo’ Xv coi patvira:; 5 évatipymonépevos È
— La méthode platonicienne.
Section B.
LA REGRESSION ANALYTIQUE
27. — Reconnaltre que ce qui est au delà du nombre n'est
plus au delà de. Pintelligibilitó, faire une place à la solution
exacte de la géométrie là même où celle solution ne peul se
ramener à la forme simple d'un rapporl arithmétique. c'est
élargir la base de la science, et c'est en transformer la notion.
Il est devenu: impossible de maintenir dans toute sa rigueur,
dans toute sa naïveté, l'identificalion que le pythagorisme avait
affirmée entre les nombres et les choses: mais,il est également
impossible d'accepter dans toute sa simplicité, dans toute sa
crudité, l'opposition établie par Parménide entre je monde de
l'être ou de la vérité etle monde de l'apparence ou de l'opinion.
Sans rien relâcher de la sévérité dialeclique avec laquelle lesEléates avaient manié le principe de contradiction, la philosophie plalonicienne se proposera de reconstiluer le syslcine
organique où toujes les sciences trouveront désormais’ leur
harmonie et leur unité.: Elle commencera donc par suivre à
°
|
1. Cf. Cantor, 13, p. 21%.
2. Kahoüsı dl Tadınv tidpespov of gapiozal, tas’ ti tatty Étiperpos ovean,
axe vis Biapispos Em WE OÙ PA © rat Mévuvoc, yiyvort' Gy ‘to Giradogon
4wpiev. 85 B.
Bassacuvica. — Les étapes.
4.
anASE
erTl<Aatmsvasi)dıDoindlpcai: