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Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)Le pythagorisme et la musique
Maria VASSILIADOU ©
de l’Université d’Athénes’
La Musique est le plus abstrait de tous les arts comme les
Mathématiques dans le domaine de la science. Dans les Mathématiques
à côté de la logique il y a une magie qui produit l’harmonie de l’Unité,
la cohérence des parties dans leurs relations mutuelles qui les soumet à
la domination du total, dira Tagora'. Pythagore est le premier qui ait
constaté cette relation sur laquelle il a fondé toute sa doctrine au point
que ses sectateurs ont placé la musique au premier rang de leurs
spéculations? ; chose tout à fait normale et convenable à ce mouvement
intellectuel qui oscille toujours entre raison et mythe, philosophie et
poésie ou pour parler plus justement entre philosophie et théologie car
« où nous voyons les poètes les philosophes grecs reconnaissaient des
théologiens »”.
Le pythagorisme ayant sa source dans l’orphisme* a des nombreuses
M.
VYVASILIADOU
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relations avec une pensée magique pénétrée de croyances relatives à la
musique”. Cependant la musique pythagoricienne est surtout une
arithmétique. La vraie harmonie doit être constituée par la simplicité
des rapports numériques. La raison devait être seule juge des principes
rationnels de la musique d’après les lois générales de l’ordre, sans
1. Le Sens de l'art, Paris, 1928.
2. Isidore LEVY, Recherches sur les sources de la légende de Pythagore, 1926.
3. E. DETIENNE, Homère, Hésiode et Pythagore, Latomus LVII, Bruxelles, 1962, p. 39.
4. Déjà du temps d'Hérodote (Hérod. 11, 81) il était difficile de faire le départ entre l’orphisme et le
pythagorisme ; cf. P. BOYANCE, Le culte des Muses, Paris, Boccard, 1937, pp. 100 et suiv. ;
P.-M. SCHUHL, Essai sur la formation de la pensée grecque, Paris, P.U.F., 1933, pp. 228 et
suiv.
5. E. MOUTSOPOULOS, La musique dans l'œuvre de Platon, Paris, P.U.F. 1959, p. 171.
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Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)vibrations des corps sonores qui ne sont musicales qu’a certaines
conditions définies par des lois numériques”.
En effet, le système musical des Pythagoriciens est un système
fondé sur des lois strictes d’harmonie. Cette harmonie. est représentée
par les principaux intervalles, c’est-à-dire, la quarte, la quinte et
l’octave!*. Celles-ci à leur tour sont engendrées par quatre notes de la
gamme (ut, fa, soi, ut) qui correspondent à quatre nombres (6-8-9-12,
ou dans un rapport différent 1-2-3-4). L’harmonie, dira Philolaus, c’est
l’octave même, c’est-à-dire, une quarte (syllabé) surmontée d’une
quinte (diapenté). Les principales harmonies musicales se trouvent dans
les quatre premiers nombres : le rapport de 4 à 2 ou de 2 à 1 représente
Poctave, de 3 à 2 la quinte, de 4 à 3 la quarte. Les quatre premiers
nombres peuvent donc expliquer les accords harmoniques principaux".
13. A.-E. CHAIGNET, op. cit., II, p. 138 ; Arist., Polit., VII, 5 ; Plat., Tim., p. 80.
14. Philolaus. fgm. 5 : L’&tendue de l’harmonie est une quarte plus unc quinte. La quinte est plus
forte que la quarte de 918 ; car il y a de l’hypate (corde grave du tetrachorde inférieur) à la mèse
(corde aigue de ce même tetrachorde) une quarte, et de la mése à la nète (corde aigue du
tetratrachorde supérieur) une quinte; mais de la nète à la trite (paramèse dans le système de
l’octachorde) il y a une quarte, de la trite à l’hypate une quinte. L’intervaile placé entre la mèse et
la trite est de 918; l'intervalle de la quarte est de 413; celui de la quinte de 312; celui de
l’octave dans le rapport double (112 ou 214). Ainsi l'harmonie comprend cing 918 plus deux
dieses (ici un demi ton mineur 248:256, ailleurs (leimma) la dièse est 1’1/3 ton dans le genre
chromatique, 1”1/4 ton dans le genre enharmonique) ; la quinte trois 9/8 plus un dièse ; la quarte
deux 9/8 plus un dièse. Nous avons donc dans le système de l'octachorde le diagramme suivant :
Nète
Tetrachorde des aigues
Paranète
demi ton
Trite
Paramèse
Mèse
Tetrachorde des graves
Lichanos
Parhypate derni ton
Hypate
Dans l'heptachorde la trite prenait la place de la paramése :
Nète
Paramèse
3 demi tons
Trite
Mèse
Lichanos
Parhypate
Hypate
15. A. DELATTE, Etudes sur la littérature pythagoricienne, Paris, 1915, p. 258. ; P. GORMAN,
Pythagores : A Life, Routledge & Kegan Paul, 1979, p. 144.
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Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)témoignages sur les rapports entre les Sirénes et Apollon”, dieu de la
musique et de la divination, et, selon la légende, père de Pythagore”’.
Les Sirénes sont considérées par Homère”? comme connaissant tous les
secrets. D’après Plutarque” elles passent pour annoncer les choses
divines et leur caractère prophétique est reconnu par PorphyreTM. Sur
certains vases elles apparaissent comme les compagnes de Dieu, ou
bien elles ornent le trépied prophétique. Enfin le temple à Delphes était
orné de statues dorées de kélédones, identifiées aux Sir&nes”.
Les Sirènes, divinités musicales de la mer deviennent les divinités
musicales de l’espace quand le catéchisme des acousmatiques, identifie
le soleil et la lune aux îles des bienheureux, l’exégèse théologique des
mythes affirmant que « la mer de l’Odyssée et des errances d’Ulysse est
en réalité l’espace »”°. Plus tard elles seront remplacées dans leurs
fonctions par les Muses, filles de Zeus. Les Sirènes avaient paru aux
Pythagoriciens « les plaisirs du ventre et de la chair » et Pythagore luimême les avait forcément opposées aux Muses dont l’harmonie est
comparable aux joies d’une vie vertueuse”. D’après la tradition,
Pythagore aurait donné à chacune des neuf cordes de la lyre céleste, le
nom d’une des neuf Muses”.
On retrouve l’idée dans une exégèse des fameux vers de la
Theogonie” d’Hésiode qui décrivent les chœurs des Muses de
l’Hélicon: «Si nous nous fions à Pythagore, le ciel aussi, a son
pythagoreanism. University of Toronto Press, 1966, pp. 126-127 ; GORMAN, op. cit. p. 169;
DETIENNE, op. cit. pp. 58-59 ; MOUSTSOPOULOS, op. cit., p. 376.
20. D’aprés DELATTE, op. cit., p. 276
21. Cf. J.-Cl. FRERE, Pythagore l'initié de Samos, Paris, Retz, 1974 ; Aristote dans Elius. VII. II,
26 (cf. IV 17); Diogène Laérce, VIII, IE (Timee) ; Porphyre, V, p. 28 ; Jamblique, V., p. 30, 91,
133, 135, 140, 177 etc., Lucien, Somnium, 15 et 18 ; mort. dial., 20, 3.
22. pp. 184-189.
23. De au procr. in Tim., 32.
24. Ou. hom. Odyss., p. 184.
25. Pindare, frg. 53.
26. E. MOUTSOPOULOS, op. cit., p. 378. Voir aussi P. BOYANCE, « Les Muses et I"harmonie
de sphères
» dans Mélanges dédiés
à la mémoire
de F. Grat, Paris, Mme Pecqueur-Grat, 1946, t.
I, p. 4, 5 et aussi du même, Le culte des Muses..., p. 140.
27. Porphyre, V., p. 39 ; Clem. Alex., Strom., 1, 48, éd. Stahlin.
28. Cf. Porphyre, V, p. 31 ; Arist. Quintil., I, p. 21.
29. Hés. Théog. V, 1 sqq.. éd. Majon (vers 965 sqq.).
Pagina 4
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)Ainsi, la musique est le lien entre l’homme et le cosmos. Le monde
est un instrument harmonieux, c’est la lyre dont Dieu joue, dont il tire
la céleste harmonie des sphéres, entendue par Pythagore de son vivant
et par tous les élus, ravis en esprit”. Le monde dans son unité est un
nombre?” le cosmos est une harmonie et par conséquent un nombre. Il
existe donc une harmonie universelle dont le Nombre est l’expression
sensible”. L'homme n'est qu’un petit monde dans le grand, un
microcosme dans le macrocosme”. Tout être est composé de fini et
d’infini ; car il procède de l’Unité et est composé de pair et d'impair ;
de limité et d’illimité; il est donc une harmonie de contraires et cela
explique l’imperfection humaine”. L’étre est une harmonie car il est un
nombre de nombres. C’est l’harmonie entre notre âme et les choses qui
nous entourent qui nous permet d’en prendre connaissance, car le
nombre de l’âme et le nombre des choses sont semblables et le
semblable perceptible par les sens”.
La Musique harmonieuse vitalise l’homme. Sans harmonie, elle le
contrarie, le blesse, l’excite. Toute maladie modifie les activités du
corps et en altère l’harmonie. Troubiée par le commerce du corps,
l’harmonie de l’âme ne trouve remède à ce trouble que dans les
mélodies pythagoriciennes. La santé est une harmonie psychique et
physique, un équilibre à maintenir. L’âme elle-même n’est qu’une
harmonie qu’altérent les passions et que la musique rétablit par la
douceur de ses sons et la proportion de ses rythmes”. Mais l’action de
la musique ne se borne pas à apaiser les passions ; elle incite à pénétrer
leur nature, à définir une perfection, qui est l’harmonie, et à étendre
jusqu’à la politique les principes d’ordre ainsi découverts”. Alors, la
musique est une purification. Appliquée aux maladies de l’âme comme
à celles du corps, la vertu des nombres cachés dans ces harmonies,
36. J. MALLINGER, Pythagore et les Mystères, Paris, Niclaus, 1944, p. 148 ; CHAIGNET, op.
cit, II, p. 156 ; Jambi. VP 65.
37. Jambl., VP 146, 147.
38. Plutarque, De la musique, 44, 30.
39. Anonymas Photii, V.P. 15.
40. Nicomaque de Gérase, Ar. II B.
41. MALLINGER, op. cit., pp. 147-148.
42. Cf., J. CROISSANT,Aristote et les mystères, Paris-Liège, 1932, p. 5.
43. BOYANCE, Le culte..., p. 146 ; Aristoxéne (op. Anecd. Paris, t. I, p. 172, 3, frg 24).
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Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)importuns.
Mais cette
musique produisait aussi
ces phantasmes
nocturnes, qui dans la légende hellénique viennent toujours des dieux.
Pour les pythagoriciens toute musique est bonne
; il est cependant
des instruments préférables 4 d’autres. Ainsi, ils préféraient la lyre,
instrument d’Apollon et dont le caractére est calme, mesuré, grave,
solennel à la flûte, instrument passionné, bachique, voluptueux, bonne
pour les foules mais n’ayant rien de noble, de digne ni de libre”. Ainsi,
les
disciples
se
rassemblaient
autour d’un joueur de
lyre
qui
accompagnait des cantiques à Apollon et ils trouvaient plaisir à
accorder leurs voix au son de l’instrument et purification à glorifier les
dieux et les héros sur des vers d’Homére et d'Hésiode”. Le
pythagoricien cherchait à devenir harmonieux et eurythmique dans son
corps comme dans son esprit” ; il touchait de la lyre plusieurs fois par
jour pour mettre son être en accord avec la Nature ; dans les sessions
religieuses
le
chant prenait une
importance
particulière.
Divers
Acousmata le confirment :
« Accompagne ton chant de la lyre » (Ac. 39)
« Fais aux Dieux des libations par l’oreille »”* (Ac. 59)
« Ne touche pas à la lyre, sans t’être lavé les mains ».
La
musique
devient
ainsi
la
discipline
principale
du
sage,
conjointement à l’astronomie. Le but de la vie pythagoricienne se
trouve essentiellement dans la contemplation de l’harmonie. « Cette
harmonie devient une méthode conduisant à sa propre révélation. Plus
l’harmonie devient un domaine d’investigation, plus elle se découvre au
chercheur,
plus
celui-ci
trouve
en
elle
la
raison même
de
sa
spéculation »*. Ainsi, l’étude de la musique est une entéléchie?” avant
la lettre. Arithmétique, elle est un art intellectuel® ; cosmique, elle régit
50. Jambl,, 111.
SL. Jambl. V.P., IN, éd. Deubner, p. 64, 14 sqq., cf. ID. V.P.. 164 éd. Deubner, p. 92, 20 sqg.
52. Jambl., V.P. II.
53. Dacier t. I, pp. 253-254.
54. Idem, pp. 279-280. D'après Porphyre, V.P., 43.
55. CHAIGNET, op. eit., I, p. 154.
56. MOUTSOPOULOS, op. cit., p. 172.
57. MOUTSOPOULOS, idem.
58. Aristox. Harmon 1, 2 ; Procl., in Tim., p. 196, 14 n.