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DERDE EEKE
DEE
Doutzaris, P,
La Rythmique dans la poesie et la musique
des Grecs Anciens
In: Revue des Etudes Greques,
XINII - 1934 — p. 297 — 345
BoQWa al
DOLT Ame eV.
Pagina 2
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)LA RYTHMIQUR DANS LA PORSIE
ET LA MUSIQUE DES. GRECS ANCIENS a
- Le problème de la rythmique ancienne, c'est-à-dire la question de savoir si, & cóté de la prosodie et de la scansion
métrique traditionnelles fondées sur ce qu'on appelle l'accent
musical, il n'y avait pas dans la mélopée perdue de la versification grecque quelque autre élément mélodique tel que l’accent d’intensité des langues modernes, ce problème n’est pas
posé ici pour la première fois. Dès l’époque alexandrine, où
Vancienne poésie dépourvue de toute valeur musicale
était
devenue simple objet de déclamation et de lecture (2), il y eut
des érudits pour soupconner dans les règles de la prosodie le
manque de cet élément, sans lequel ne sont possibles ni poésie
lyrique, ni même simplement poésie. Mais la prononciation du
grec ancien avait cependant éprouvé,
de parallèle avec
la
langue elle-même, de profondes modifications. Quant à l’accentuation, qui subit directement l'effet des changements phonétiques et constitue, pour ainsi dire, le baromètre des altérations
(1) Extrait de communications faites à l’Académie d'Athènes (8 juin 1933) et
au Club des Gens de science d'Athènes (4 juin 4932 et 47-24 mai 1933. Voir sur
la première en date, A. P., REG,
XLVI, 1933,
p. 361). Cette dernière communication fut suivie de l'exécution chorale des deux péans delphiques, de l'épitaphe
de Tralles, etc. avec accompagnetnent de harpe et de flûte.
(2) Voir l'introduction de M. A. Puech dans son édition
et suiv., et
les Prolegomena de M. Schroeder,
de Pindare,
Pindari Carmina,
editio major,
p. 11.
REG, XLVII, 1934, ne 222,
p. xxiv
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Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)P. DOUTZARIS
vocales accomplies au cours de l’évolution d'une langue, elle
eut la mésaventure d’étre
considérée par Jes grammairiens
alexandrins comme quelque chose d'immuable à travers les
siècles, de sorte qu'ils établirent d' « éternelles » lois de stabilisation des accents sur des syllabes déterminées des mots
(règles valables tout au plus pour le parler de leur temps et de
leur milieu) et qu’ils accentuèrent en conséquence les textes
anciens, à
commencer
d'Homère!
par- les
plus antiques,
_
les
poèmes
|
Cela dit, nous pouvons poser le problème de la rythmique
ancienne d’une façon plus concrète. La lecture rythmique et la
mélopée des
anciens morceaux
poétiques
prosodie métrique ayant pour base
suivaient-elles la
les syllabes longues
et
brèves, telle que l'imaginèrent les grammairiens d'Alexandrie,
ou bien procédaient-elles suivant l’arrangement des accents du
vers, ainsi que cela se passe dans la musique byzantine et dans
la poésie des peuples de l'Europe moderne, y compris la poésie
néo-hellénique? Autrement dit, y avait-il une emphase et une
intensité distinctives dans l'émission des divers sons, ou bien
n'était-ce que la hauteur musicale qui en constituait l'élément
mélodique ?
|
Sans faire Vhistorique complet de la question, et pour me
borner aux siècles qui marquent la renaissance des études linguistiques, je citerai trois esprits originaux ayant émis l’opinion que, dans la poésie classique, c’est l’accent d'intensité et
non pas la scansion métrique, qui régissait la mélodie,
Le premier est l'auteur allemand Heinrich Faber (xvi° s.).
Il dirigea comme recteur les hautes écoles de Naumbourg et
de Brunswick, et a laissé deux principaux ouvrages sur la
théorie de la musique, intitulés : Compendium musicae pro
incipientibus, el Ad Musicam practicam introductio, etc. Il est
mentionné par le philologue allemand
lo.
Reiske, éditeur,
entre autres, de Denys d'Halicarnasse. Dans une annotation du
traité de l'auteur grec intitulé De compositione verborum,
chap. XVII (edit. 1775, p. 104),
Reiske souscrit volontiers à
Pagina 4
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)Vopinion de Faber qui, relatant la phrase suivante de Denys |
« sò È auto urn moon xal pußuöv » (1), la commente en ces
termes : « Dicam falli eos et in iis Halicarnasseum, qui existi-
+ mant rythmum et pedes idem esse, ut constat ex Longino $ 39
ubi dieit, rythmos dactylicos esse digioua et tH néder, etc.
quum -dactyli non sint (2). Videlicet longe alia res est pérpoy,
longe alia oududs, qui plerumque ex pronunciatione nascitur. »
Le second, le littérateur italien Ant. Scoppa, réfugié en
France et auteur de deux ouvrages remarquables : Vrais prin(4) omission de l'esprit rude au-dessus du p initial de ce mot n'est pas fortuite. C'est ‘aprés une longue méditation que je suis arrivé à cette résolution,
téméraire si l'on veut, de supprimer, pour ma part, ce signe d'esprit au-dessus
du p; ce qui,
du reste, n'engage personne. Voici mes raisons: les spécialistes
en ia matière savent bien qu'il
établi
s'agit lá, non pas d'un esprit — ainsi.qu'il
est
par les grammairiens alexandrins — mais du digamma qui s’était amui,
de même que pour les mots commencant par une voyelle. Et c’est à l'encontre
de
la réalité que les érudits
d'Alexandrie ont
doté d'esprit
seulement le
p,
parmi les consonnes, tandis. qu'ils auraient dû appliquer la même règle au A,
et même aux nasales. Je m'excuse de contrevenir de cette sorte à la conception
scientifique qui
remets
a prévalu jusqu'ici,
C’est une conviction personnelle dont je
à plus tard la démonstration.
Un exemple
caractéristique
de ce que
javance est donné par les mots Bpdat
et dvé6huars vis-à-vis de (Fjpéw. Hésychius
nous a conservé pas mal d'exemples de ce genre.
(2) Au cours d'une lettre, incidemment, M. A. Puech a bien voulu me signaler
que cette phrase de l'auteur du « Traité du sublime » aurait besoin d'un examen
détaillé. L'étude attentive du texte m'a en effet persuadé que la phrase entière
de Démosthène, « toto zo Yhoiops tov tore TH mdder Teprordvia x«ivóuvoy TapsAGety
Erolnsev Gonep vévos », que cite Longin (ou bien
l'anonyme, peu importe), a
une importance capitale pour la compréhension de la vraie notion du rythme
dans l'antiquité. Par cette autre phrase « öAov te yap En! tiv Saxtuaraiy elpnrar
ou9piv », Pauteur
spécifie
mètres dactyliques.
un
Comme
peu plus bas qu'il ne s'agit ici nullement de
dactyles
métriques
phrase que les mots « tolto td, cov téts
gufipoi
on ne
trouve
dans toute
la
»; par conséquent, les êœxruatxoi
se rapportent à Paccentuation particulière des mots caractérisée comme
-« dactylique ».
|
Pour s'en convaincre, il
entre les schémas
suffira de dresser un
rythmiques
du
2°
Prélude
paralléle
à
de
la Muse
correspondance
(que l’on trouvera
« rythmé » par l'auteur de la présente étude ci-après, au chapitre « Argument
musical »), et ceux des mots de la phrase de Démosthène :
KaXM6
—
puatodó —
meta
co.
—
gd
Mov
ta Aa
—
cv
mpoxa —
|
Oayér:
—
etc.
— tous yove
—
AfàMe etc.
toùco td
tov TÓTE
dépioux
mapeddely
ch moe
#{vSuvov
TEPIOTÁVTA
Eeroingev
ÚITEP VÉPOS
Pagina 5
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)P. DOUTZARIS
cipes de la versification (Paris, 1811)
et Reautés poétiques de
toutes les langues (1816), s'exprime comme suit : « Les vers
anciens n'avaient et ne pouvaient avoir d'autre mélodie que
celle qui est, comme celle des vers modernes, produite par les
accents. »
(cité par B.
Jullien,
Thèses supplémentaires de
Métrique et de Musique anciennes, Paris, 1861, p. 159).
Le troisième est l’auteur français B. Jullien.
A la page 142
du traité dont je viens d'indiquer le titre, il dit à son tour ce
qui suit : « La métrique est la science des mètres; elle s'occupe _
spécialement des syllabes en tant qu’elles sont prosodiquement
longues ou brèves, qu’elles entrent dans des pieds déterminés
et peuvent ensuite former des vers. Cette science nous est très
familiére.... parce que la quantité prosodique des syllabes, étant
de sa nature conventionnelle plutôt que réelle, est restée
ce
qu’elle était, depuis que le grec et le latin ne sont plus, quand
on les prononce, que des langages de convention. La rythmique,
au contraire, nous est presque inconnue, ou plutôt elle est
négligée ou oubliée, parce que le rythme étant le
réel de la
prononciation: des langues a dû disparaître en même temps
qu’elles ont cessé d’être parlées ».
Jullien pose ainsi
la question d'une manière nette. Le grec
ancien ne fut pas sans subir l'influence du temps en ce qui
- concerne la prononciation, c'est-à-dire dans sa structure phonétique,
et dans le rythme, qui constitue l'élément mélodique
dans la coordination des mots. Cette altéralion s'était déjà
accomplie
en
partie
à
l’époque
alexandrine.
Les
érudits
d'Alexandrie, grammairiens, philologues et scholiastes, tels que
Zénodote, Aristophane de Byzance, Aristarque, les deux A pollonius, Dyscole et Didyme, etc., en procédant à l'édition des
anciens textes grecs à l’aide des signes d'accentuation inventés
par eux-mêmes, ne faisaient que transposer
et appliquer inconsciemment le rythme prédominant du parler relativement évolué de leur temps et de leur milieu
à un état antérieur de la
langue, pour lequel étaient valables des lois phonétiques et
rythmiques différentes.
Pagina 6
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)Nous ne voulons pas examiner ici la question de savoir jusqu’à quel point la prosodie du vers différait
de celle de la prose,
même à la période classique, bien que pour nous cette différence, s’il y en avait, dit être insignifiante. L'exemple suivant
suffira à mettre en relief les transpositions d’accents qui ont
lieu au sein d'une langue parallèlement aux altérations phonétiques des mots, et permettra de saisir les raisons de la méprise
des grammäiriens alexandrins. Je prends le mot ypücos, figurant au premier vers de la 1" strophe de l’ode I dans les Olympiques de Pindare. Le mot était au début, sans aucun doute,
du rythme trochaique. Il portait par conséquent l'accent sur
la pénultième: ypüsos. Un mot dissyllabe de forme trochaïque,
c’est-à-dire ayant. à la pénultième une voyelle longue, porte
nécessairement Vaccent sur cette syllabe, à moins qu'il ne
s'agisse d'un adjectif.
La transcription du mot par l'alphabet conventionnel en usage
dans la linguistique internationale serait la suivante: khrusos.
Dans ce composé de phonémes la voyelle w (u grec) a la valeur
de la diphtongue française ow. Ceci dit, nous pouvons considérer un groupe de consonnes initial tel que Ahr- en rapport intime
avec la voyelle qui le suit et dont il emprunte le caractère
vocal. Conformément à ce principe, si l’on suppose qu’en une
période déterminée la prononciation de la voyelle en question
commence à s’adoucir, pour passer de la valeur ow à celle de
la voyelle francaise u (ü allemand), le fait comportera nécessairement un affaiblissement du groupe initial, qui perdra en
partie de sa rudesse, sur laquelle s’appuyait l'accent de la syllabe. Celui-ci descendra donc tout de suite de quelques notes
sur l’échelle de la gamme et, à un moment donné,
le centre
de gravité phonétique passera. à la syllabe suivante restée plus
ouverte : khrusös. Il va sans dire qu'une plus grande fermeture
de la première syllabe du mot, nécessitant le passage de u à è,
rendrait manifestement impossible le maintien de l'accent sur
la syllabe fermée: on aura khrisös, ainsi que le mot se prononce
aujourd'hui en grec moderne et jamais Ahrisos,
Pagina 7
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)Pi DOUTZARIS
Avant de quitter le domaine de la phonétique, je crois utile
de présenter quelques remarques sur la prononciation des
voyelles et des diphtongues du grec ancien. Celle des voyelles
a, €, t, o demeura à travers les siècles à peu près la même;
quant à u, il vient d'en être question plus haut. Restent les
deux voyelles longues 7 et
w
et
les
diphtongues. Je suis
arrivé à prononcer l'n. entre les phonèmes « et e, dont il est
ordinairement une variation, avec fermeture vers t; quant aw,
plus compliqué dans son origine, il nous suffit pour le moment '
de savoir qu’il a une prononciation plus ouverte et plus longue
que celle de o. En ce qui‘concerne enfin les diphtongues,
l'important est de savoir qu’elles sont nées de la combinaison
d'une voyelle simple, par exemple a, e, v, o, avec une de ces
vieilles semi-voyelles nommées, dans le langage conventionnel
de la linguistique moderne, digamma (5) et jot (J). Par conséquent on les considérera sous une double entité phonétique,
mais on les énoncera d'une
seule émission de voix, ainsi
qu'elles devaient être prononcées, j'ai des raisons de le croire,
dans la réalité.
_
|
Cela dit, après les observations phonétiques qu’on vient de
lire, j'exposerai tour à tour : 1° un argument historique; 2° un
argument prosodique — d’une valeur plutôt suggestive — ; 3°
enfin, un argument musical appuyé sur l’étude de quelques
fragments de la musique grecque antique.
I. — ARGUMENT HISTORIQUE.
Nous prendrons tout d’abord un argument élémentaire, mais
convaincant, le témoignage d’Aristote et d’Aristide Quintilien.
Cela nous permettra de dégager le véritable sens des termes
|
mètre, rythme et ton.
Dans sa Rhétorique, MI, chap. vi, 1, 3, Aristote donne la
définition suivante : « To 6& oyfiua vis Aëbewc Set pire Euperaov
elva, pate dopulpov. Ta dè Gppuluov améoavrov * del Of neneodvlo,
pév, pù pirpo: dé + an dès ya 2 MAL AYVOTTOV TO ATTELOOV. Iepatyetat 0€
st»
Pagina 8
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)dprOuG mavea * 6 dE roÙ ynuuros Tis Aces otbyrèc pubuos sort,
od xal Ta pétpa tunré. Ard pubpdy Gel Syetv cov Adyov,.
pérpov dè
ph * mol pa vio gota. Pußpov dt un dxotbag * zoUTO de Eotat, giv
uéyet tou 2.»
En établissant dans ce court passage une définition accidentelle du rythme, le philosophe distingue avec netteté sa manifestation différente dans la prose et dans la poésie. La prose
doit également avoir du rythme, mais pas exact; c’est-à-dire
ne pas présenter une cadence dont les intervalles soient déterminés par des rapports mathématiques. Le discours en vers,
au contraire, a ceci de particulier, qu’il procède sur des
espaces strictement mesurés. Voilà un point nettement acquis.
Dans la Poétigue, chap. 1v, 20, parlant de la naissance:
de
la poésie, le philosophe complète sa définition comme suit
:
« nary. qua dE Ovros ably TOU prpeicla. xa rs ap ovis nat TOU
puipod (tà yap péroa Gtt popro Tv puluéygett, pavepov), dE apy’
dl
ol mepuxdtes mods AUTA pdALoTaA, HOT pixpòv TOOGYOVTES, eyévyngay
chymoinaty Ex thy abrosysdiuopduv. »
o
o
Malgré le mot gavepév, par lequel Aristote nous indique que
nul parmi ses contemporains ne pouvait contester le principe
énoncé, il est permis de croire que son énoncé même a été le
point
de départ de la confusion ultérieure. Je m'explique. Lephilosophe déclare que les mètres sont membres du rythme.
D'autre part, les mètres se distinguent par cette alternance
artificielle des syllabes prosodiquement longues ou brèves que
Von appelle thesis et arsis. Donc, cette alternance dans les pieds
métriques serait le rythme même! Mais Aristote nous parle
des mètres, comme parties du rythme, en tant qu'ils sont éléments mélodiques. Or, l'harmonie est la caractéristique essentielle du rythme. Par ce qui précède, il est suffisamment établi
que les métriciens de la décadence hellénique ont inverti en
fait la définition du philosophe de Stagire, en l'interprétant
dans un sens inverse, qui voudrait que les rythmes eux-mêmes
fussent des parties du mètre. Tandis que dans la réalité, et suivant l'affirmation authentique d’Aristote, ceux-ci sont nés du
rythme. Voilà un deuxième point vérifié.
Pagina 9
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)P. DOUTZARIS
Ailleurs (Rhétorique, INI, chap. 1, 20), établissant un paral- .
lèle entre rhétorique et poésie, Aristote conelut : « AfAov oùv. dr
DI
LI
x
,
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DL
x
\
A
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nal Tept THY PNTOPLXTY ETTI TO TOLOUTOV (Ona. To Tepl THY Unoxptsty)
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7
Eott O” auth pv (A UTONPLOLC) Ev
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TH Pwovh TOS auch det yonolar mobs Exuctov néflos, olov mote pueydàa,
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KGL NOTE puuxpd xal Tote pean, xl mos Tors tOvotc : olov dieta xa
Bapeia xal pésn, xai pulpots tia pds Exaotov (SHA. méfloc). Tpta
yap esti epi Gy oxorovat (ni. ol pritopec) + tadra 8°
r
3
ı
+
~
>
e
r
~
>
cori péyedos,|
>»
r
,
-
appovia, pußpöc. »
Pour qui aurait un doute, quant au véritable sens du rythme
dans l’ancienne prosodie hellénique et
l'accent (non pas l'accent musical,
à
ses affinités
avec
autrement dit le ton, qui
ne signifie rien dans l'occurrence, mais purement et simplement
l'accent
d'intensité
tel
que
nous
l’entendons
aujourd’hui),
j'extrais du passage ci-dessus les épithètes de la voix d’une
part, et, de l’autre, du ton. Une disposition parallèle en fera
mieux ressortir la portée :
poyádo
pp,
r
feta.
>
[4
Ce n'est point
=
i
Bapeiga
-
,
>
.
péon
,
pen
a
par hasard qu'Aristote fait ici le parallele
entre la voix et le ton (1). L'amplitude de la voix, suivant
l'intensité de la passion qui la provoque, coincide souvent avec
l'élévation de Paccent, qui marque sa hauteur. Ceci est confirmé
par Aristide Quintilien dans son Traité de musique, où, suivant
la vieille école de musique hellénique, il prend comme unité
de temps la syllabe brève (Eyyeuptôtov d’Héphestion, éd. Gaisford, 1810, p. 188). L'auteur établit dans ce passage un parallele mathématique entre les valeurs du son et celles du ton.
‘ Toutefois, par le mot son, il n’entend point la syllabe brève,
(1) Ce dernier argument tend à prouver la
à côté de
l'accent de
hauteur. On ne saurait expliquer autrement pourquoi et
comment Aristote et Aristide
entre
coexistence de l'accent d'intensité
Quintilien cherchent à établir une corrélation
la grandeur (intensité) et la hauteur, c’est-à-dire la valeur quantitative et
la valeur qualitative
de la
voix.
Voir aussi
Reinach, La musique
du nouvel
hymne de Delphes, BCH, 1894, p. 385 et s., et La musique grecque, p. 72.
Pagina 10
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)qui équivaut à la moitié de la longue, mais bien la plus petite
unité vocale,
prise soit comme voyelle brève, soit comme
simple consonne. -
Ayant ainsi déterminé la base de sa théorie, nous pouvons
suivre Aristide dans. le développement de sa thase, afin de
mieux comprendre le passage suivant (éd. Meibom,.p. 6)
qui explique la correspondance établie
par Aristote : « Xpn
yup xal pehpôlay Bewpeistar al pudo xal Ziv, Oros av vO
zéhetoy TÍS dig Gmepydinsar . mepi pev yoo perwdlav, amosà
“ROUX GUY* neo sè. oubpòy à zabene xivagig * meat dE thy Aedın TO
pérpov. » Eta la page-8 il ajoute : « Ts dE xatà TÀY povhv xtvfwews clon Duo, noAuuepéc ve xal dpepés * nept ja&v OUY TOU TOAULEDOUS
cipatar | to 6& depts aurns zul dmAouv adore npocayopeberar. Thor
LAN
dé dott povh ua otásis Ts Hovis. Tabtys 08 elôn duo, dveo ve
xal émiraous. "Avete prey oÙvÉortv,.nvixadv dro sEucégou rémov im
Baputepoy N UV Yopî* Fanimao dì, Gray éx Baputgoou peta-
Galyy, mods O&urtenov. »
|
Il suffit de se rappeler qu "Aristote a distingué Part rhétorique
dans la voix, dans les accents et dans les rythmes, et nous a
dit que l’orateur — beaucoup moins que le poète, bien entendu
— doit savoir quand il devra élever la voix, quand il fera usage
de. la voix basse, ou de la moyenne. De même, quand il devra
employer le ton aigu,
ou le ton grave, ou le moyen. Enfin, en
quelle circonstances il aura recours aux diverses
sortes du
rythme, suivant la qualité et l'intensité de la passion qu'il:
désire exprimer. Quintilien, énumérant à son tour les divers
facteurs du chant, en distingue trois, qui sont dans la mélodie
la qualité de la voix, ce qu Pon pourrait aussi nommer avec
Aristote sa grandeur; — dans
la
le rythme, le mouvement de
voix procédant par. intervalles mathématiquement definis, — enfin dans le discours, ou plutôt dans la poésie, le
mètre.
Si
la distinction
entre rythme
et mètre
n’était pas
aussi nette et catégorique, l'énumération que fait l’auteur un
peu plus bas des parties du rythme, qu’il distingue en multiple
(composé) et simple, et dont les divisions sont nommées par
Pagina 11
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)P. DOUTZARIS
lui taotg (intonation), émitaois
(accent aigu) et dveots (accent
grave), enfin sa définition méme du
de temps, se
succédant dans un ordre ascendant
dant qu'il appelle Bci et Zoore,
de
doute
que
rythme comme systéme
le rythme
et descen- -
tout cela ne saurait laisser
se lie directement:
et étroitement
aux accents d'intensité.
|
Ayant ainsi établi, suivant le témoignage irréfutable de deux
grands théoriciens de la musique ancienne, la différence du
mètre et du rythme et les affinités de ce dernier avec l'accent —
d'intensité, il n'est plus malaisé de’ formuler des réserves
quant à l’exactitude de l’accentuation des textes poétiques de la
littérature grecque classique, textes accentués par les philologues
d'Alexandrie d'une manière arbitraire et conformément aux
lois phonétiques
du parler de leur milieu. Nous appuyant
sur cette observation fondamentale, nous exposerons brièvement quelques règles d’accentuation indispensables pour nous
familiariser avec la nouvelle
récitation rythmique des
antiques :
vers
j
4° Les noms composés de: la période qu'on peut dire préclassique de la langue (j’emploie ce terme afin d’en distinguer
l’époque
classique
par excellence, celle de Périclès et des
grands tragiques), les vieux noms composés du grec acceptent
en général double accent,
comme il arrive dans les composés de l’allemand moderne.
2° Dans les substantifs, noms
propres et communs, l'accent monte ordinairement au-delà de
la syllabe finale.
|
En dehors
de ces deux lois, dont la démonsiration sort
du cadre de la présente étude, c'est surtout le rythme qui
nous guidera afin de déterminer la place de l’accent dans certains mots qui, du moins en prosodie, paraissent rebelles aux
règles traditionnelles de la grammaire.
II. — ARGUMENT PROSODIQUE.
Passant de la théorie aux faits, nous allons prendre quelques
exemples élémentaires afin d'en étudier le rythme, d’abord,
Pagina 12
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)suivant la prosodie métrique traditionnelle, et ensuite. selon
la nouvelle rythmique. Les exempies en question sont pris dans
_ le genre le plus élémentaire de la prosodie ancienne, dans les
vers trochaiques et iambiques. Nous les
‘livre
classique
francais,
le
Cours
empruntons à un
élémentaire
de métrique
grecque et latine, professé par Louis Havet, mon très regretté
professeur
à l’École pratique des Hautes-Études, et rédigé par
L. Duvau (3° édit., Paris, 1893). Les rythmes trochaïques et
iambiques, disposés d’après la scansion traditionnelle, y sont
traités à partir de la page 96, § 197.
u
Prenons donc, d’abord, ces deux paires de-tétramétres catalectiques trochaiques (p. 98, 99). Suivant la definition clas- :
sique, « un tétramétre catalectique trochaique se compose, en
principe, de sept pieds ou sept temps marqués, et d’uneepliabe
qui représente le commencement d’un huitième pied.»
Esch. Pers. 218 (215) :
Ou
u
ce
BovAopesda,
ut
u
untep,
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zu
our’
|
ayav gode Aoyots
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Eur. Iph. Aul. 317:
Tic TOT ev muhator opubos war heyay AOS LO
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:
un Bear p” oretpe ramo us” — Adda xndeuow 0’ eyw
3
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u
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no
VA
a
vo.
Esch. Pers. 156
:
pce À Eeofou yepaıa yarpe Aaoetou yuvat
LA
LL
0.
D
2a
DL
Lu
2 lu va
De ces exemples, le premier vers est un pur tétramétre catalectique, tandis que le second contient au quatrième pied un
« anapeste », et les deux autres comprennent
des spondées aux
places paires.
Suivant les données de plus récentes recherches de la métrique traditionnelle, lorsqu’il y a un spondée aux places paires
d'un vers trochaïque,
on aux places impaires d’un iambe,
l'accent du spondée se déplace d'un demi pied. Par conséquent.
Pagina 13
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)P. DOUTZARIS
on aurait dû apporter une légère rectification rythmique dans.
les deux derniers vers, qui ont des spondées aux places paires,
ainsi que dans les vers iambiques que nous allons citer un peu
plus bas, et qui ont le spondée aux placesimpaires. Néanmoins
je ne me suis pas reconnu le droit de modifier le texte du livre.
Je me contente donc d’indiquer la nouvelle scansion métrique
en usage dans les traités modernes:
pn
~
Bear pl otero xavasyws, ele.
ZE
Y.
La
oe
MY
2
Maintenant, oublions pour un moment cette scansion traditionnelle qui exige que les accents tombent sur les syllabes
longues
du vers, et supposons
que le rythme, libre et indépendant du mètre, suit absolument l’accentuation des mots, avec
la différence, toutefois, que celle-ci est à maints endroits déviée
— ainsi que nous venons de le dire, — des règles traditionnelles de la grammaire. Si ce nouveau rythme, accompagné
d'une prononciation appropriée, remplit les conditions esthétiques et logiques — ‘autrement dit; s’il satisfait,
par
l'harmonie de la nouvelle disposition métrique, d'une part à l’ouie
- et d'autre partà la raison critique, qui demande une exactitude mathématique dans la répartition des intervalles —
on
se verra obligé de lui reconnaître une vraisemblance au moins
égale à celle que l’on attribue aux règles de la métrique traditionnelle.
|
Voici donc les mêmes vers mesurés et accentués conformément aux règles de la nouvelle rythmique, et suivant une prononciation approximativement correcte :
Esch. Pers. 218 (215) :
Frappé
Ou
se
g
Y
Levé
L
e
n,
Bovrouecta,
7
_
u
F
F
n
LL
CL.
A
a
F
ll
untep (1), our
ayay
wobety Xoyore
x
Vo
wwe
%
|
4
&
o
(1) Dans les deux premiers exemples, on aurait pu accentuer le début des derniers hémistiches suivant l'accent naturel : our’ ayav..., xaı Aoywv..., sans que le
=
Tythme en souffrit. Mais ce serait au
we
préjudice de la
~
symétrie dans la corres-
‘pondance des cola. Cette disposition métrique et rythmique des vers nous révèle
Pagina 14
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)Eur. Iph. Aul. 317:
TLS OT”
x
vw
ey TUAQLEL dapubos “AL oywy BROGLI
_
LL. za be wa | +
vi
e
DL
La ssomme des temps forts:
»
Eur. Or. 791:
L
Fo
un Bea
po
ave
»
»
»
.
OF
L
L
faibles :.
15
3x8=
24.
j
”
F
FL
Ototow xatasymo’ * — Alia xndeuco o
zi
=
Y
o.
=
|
+
oo
9
Be.
-
eyo
-
Esch. Pers. 156
:
pr Teo ñ Sepéou qepatra Harpe | Auperov yuvat.
E
—
virale vin
wu
N
»
Temps forts
12
Temps faibles
12
3.x 8 =
24
Dans cette dernière disposition du rythme, on voit bien une
correspondance constante éntre les temps forts et les espaces
des deux membres de chaque vers, avec cette particularité que
la correspondance dans la durée des temps faibles n’est pas
rigoureusement mathématique. Elle augmente ou diminue en
“raison de la vitesse ou de la lenteur de la marche rythmique
_(&ywy#). En ce qui concerne la marche rythmique elle-même,
procédant
en
dipodies,
elle
commence dans
les
derniers
exemples par arsis, tandis que les hémistiches des deux premiers vers suivent une marche inverse.
Voici les exemples d’Eschyle donnés ci-dessus compris dans
des groupes plus étendus de quatre vers :
Esch. Pers. 245-218 :
Ov
ce
Bouropecia
unteo
our’
ayas
2
vw
-
2 G|
'z
va
Y uv
ous tt Gapouvetv. @couc Ge
Lg
Y
==
Vv
—
l
pobery Aoyow
os
=
TIOCTPOTALS invoupevn
nev
—
y
>
Es
un autre fait d'importance capitale : dans un tétramétre du genre double il
n’est pas que la fin de vers qui compte; le premier colon, lui aussi, se termine
en principe par une syliabe indifférente.
Pagina 15
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)P.. DOUTZARIS
et TL phaupov etdes aro
eM
— %
ru” aya’
tu
VOL
(1) twvd’ anotoomny Tehety
_
Ì
EA
woh,
LL
extedn yeveola. sor te xan texvorg oelev.
vo
si.
Ve Lx
—
v.
ow
Esch. Pers, 154457 :
Q
Balutwvoy ayasa
=
Yo
me —
NU
x
Ilepoıöov
|
_
ÚTEPTATN,
_
Le EX
neo N Bepkou Yepata, YALDE ‘Aaperou yuvat
zu _
He —
bn
2 v Ww, — 4 om
_Veou
pev euvaterpa Mepowy,
us
AS
—
ra
el TL
un
Satpov mahatos vuv usleotyxe
otoaty.
pr
1
z
Vv
sous,
=
Lv
=
Geou de xa. pntnp
== u Let ke we
Vib
OSE
Prenons maintenant quelques exemples de vers iambiques,
empruntés à la même Métrique de L. Havet (p. 126), soit un
tétramètre et deux trimètres
:
Aristoph. Nub. 1378 :
TOPUTATOY; —
UV EL,
Lopwtatoy Y
exetvov,
w
TL 0° EURE;
weet
Vey
+.
Y
|
a
Aristoph. Ran. 755 :
xat dog XUSAL, xoùros RUTOV, XUL por Goacoy
=
IL
wv
+,
M
AL
—
L
Vv
st
‘ Aristoph. Wud. 661
:
ROLOG,
TPaYOS,
— 2
wee
TaUDOS, “XUOY,
ahextouwy
—
Ur
2
UL
Ve
.
2°
Dans le tétramètre, pour remédier au manque d’équilibre
‘entre les deux membres quant au nombre des temps marqués,
L. Havet fait de la syllabe pénultième du vers une longue prolongée jusqu’à trois unités de temps, et suppose qu un huitième temps devait tomber sur la syllabe finale.
. Nous allons lire les mémes vers conformément aux principes
(1) L'accentuation de cette forme d’imperatif, si contraire
aux règles de la
grammaire traditionnelle, est pourtant conforme aux lois fondamentales de la
linguistique préhistorique : le verbe non contracté était accentué au début *aircè;
d'où l'impératif *alt-co>
ment due à des
influences
grammairiens alexandrins.
aitov. L'accentuation aitéw et xivtoú est probablephonétiques ultérieures, sinon à une méprise des
Pagina 16
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)de la nouvelle rythmique. Cependant, je les ferai précéder d'un
trimètre purement iambique acatalecte. Cela, afin de mieux
faire ressortir la déviation rythmique observée vers la fin de
notre tétramètre, déviation qui rappelle le vers dit « scazon »
d'Hipponax. Pour la même raison, je donne, à la suite de ces
vers,
un distique
de trimétres
iambiques d’Hipponax luimême. Voici l'exemple de purs iambes
:
Lo
DN
F
n
L
ur
Tuokos Ta =
vn
oy
po.
ne
n
L
> RS
WTA, TOY TE VOUY,
to | ı
F
u
=,
Ta T
oppot el.
u
ov
=
La somme des temps forts:
»
»
»
»
faibles:
6
3x6=
18
Cf. le tétramétre précité (Aristoph. Neb. 1378):
TOPOTATOY ;3 — Zogwratoy Y EXSLVOV,
© TL o’
ELTEG) 5
SUE
du
ron
I,
VUS
|
sv
ev
La somme des temps
»
»
»
12
:
16
faibles :
_8
3x8=
24
»
forts
Voici maintenant les deux autres exemples, ainsi que le
distique Hipponactéen, dont le mètre iambique suit un rythme
tout & fait trochaique :
Aristoph. Ran. 755 :
F
L
|
Fo.
L
L
F
xa Gog KUGEL, XUÚTOG XUGOV, KO por ppacoy
Er
-
"o.
=
Wo,
oo
(1)
wows,
La somme des temps forts :
»
»
»
xpuos, TOAYOG, Tau006, XUOY,
w'_,
Lo
faibles:
3x6=
Aristoph. Nub. 661:
mn _
»
w_,
12
6
18
ahEXTOUWY
sou,
(4) Dans un vers iambique de pareille structure métrique, lés temps forts sont
réduits à une valeur « monochrone
norme d’un pied.
», à cause-des spondées,
qui excèdent la
Pagina 17
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra).
P,
DOUTZARIS
Et le distique Hipponactéen :
Au’ nuepaı yuvatxes.
=
=,
Y
—
OTAY VARA TL
ww
ao.
etotv Mötorar °
Y
&
wöngepn
|
sn
zz"
_
2
_
zelvnxurav.
mn
—
—
En comparant la fin du tétramétre Aristophanéen avec la fin - du trimètre Hipponactéen,
‘on constate le. même phénomène
rythmique, consistant à rehausser l'accent au dernier mètre
du vers iambique, fait qui indique tout simplement que le vers
dans ces exemples se termine par thesis, tandis qu’ordinairement
il finit par arsis.
Quant au phénomène extraordinaire
pour la métrique conventionnelle, qu'est l’existence du rythme
trochaique dans un
vers
de mètres iambiques,
la différence
rythmique dans ces vers est due à la variation de la marche
(äywyA) :: celle-ci
tandis
dans les premiers vers débute
par
arsis,
que dans les derniers elle commence par thesis.
Voici, en définitive,
les lois élémentaires
concernant
la
rythmique du genre double (mètres iambo-trochaiques) :
4° L'ordre naturel dans la marche rythmique (&ÿwy4) du
trochée pur est thesis + arsis ; dans celle de l’iambe pur, arsis +
thesis. Toutes les fois qu'il y a lieu à inversion dans cet ordre
naturel, le pied constituant la thesis se change en un spondée,
qui sert de soutien à l’intensité du temps premier fort. C'est.
pourquoi le spondée se trouve dans le trochée aux places. paires
et dans l'iambe aux placesimpaires.
2° En cas d’inversion dans la marche rythmique, le trochée
est accentué suivant le rythme iambique, et l’iambe, selon le
rythme trochaique. Dans les deux cas, la place de l’accent aux
pieds de l’arsis est indifférente. Par conséquent celui-ci peut
tomber, suivant l’accentuation naturelle des mots, sur
syllabes longues ou brèves.
des
Ceci implique une dissemblance
dans l’ordre des espaces qui séparent les temps marqués et qui
contiennent des unités de temps jusqu’à trois mores. Néanmoins, aux vers comprenant des spondées, les espaces de trois
mores doivent étre considérés comme des valeurs binaires
Pagina 18
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)(dionua). Dans l'équation des deux hémistiches du
un vers ne .
comptent que les temps Marqués.
Ri
È
..8° Dans les vers du genre.double, le battement de. la mesure:
va par:‘ monopodies. Ainsi, dans un tétramètre, chaque colon
(x@hoy) aura le premier piedet le quatrième ou le second et le
troisième fortement
marqués, suivant la marche du. rythme:
‘L’inversion si frappante dans l’ordre rythmique considéré pardipodies : - thesis, arsis — arsis, thesis est due, en réalité,
au ‚frappement de la mesure par monopodies. ©
Le.
Pour terminer ce développement, je donne enfin comme:
dernier exemple toute une suite de trimètres iambiques pris au:
début d'Œdipe à Colone
:
1
.
|
Texvoy TUWÀAGU yepovtos. Avsıyovn,
2
—
yapous
wi.
woe
appel’
y
|
Tivas |
owe
vz
Tivav avöpwv. mol;
Vin. vtr wlin.
oon
Tu voy Tiavnmav Ordurouy xal A pepav
LL
-
Lis
et
e
zz
Y
THY VUV GTAYLOTOLS deberas Sapnpacy,
+
5
n
vu.
—
fev
=
#
we.
cpixpoy pev efattovvia, tou sptxoou- 8° ete
oo.
2h
A
-
—.
av,
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PEPOVTA; Hal TOD etapxovy
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=
—
Led
_
vw
LE
—
Dos.
otepyety Yap al maa pe yo XPOVOs EuvoyyA
_
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10
-
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-
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-
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|
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-
D
av[d ]
€
w
,
AXOUTW KEY re AELY,
-
v_.
6
vo,
La césure a une importance capitale dans la marche du
rythme, au point d’en modifier le cours normal (changement
REG, XLVil, 1934, n° 222,
Pagina 19
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)de rythme : pera6okt). On en-a un exemple dans le texte cidessus dont l’ingéniosité poétique et la difficulté technique
sautent aux yeux. Dans les vers à césure penthémimère, le
renforcement des syzygies médianes par spondée signifie affaiblissement des deux extrémités. Dans les vers à césure hephthémimère,
ce sont, au contraire,
le commencement et la fin
qui se trouvent--renforcés. Suivant Quintilien, on pourrait |
"qualifier le premier de ces rythmes d’&ywyh mepwwepic et le
dernier d’&yoyà ebleta. Cette‘ alternance et le changement
fréquent de rythme ne contreviennent pas aux règles fondamentales du genre double exposées un peu plus haut; car le
_spondée initia] n'est effectivement justifié que dans les vers à
césure hephthémimère commençant avec ¿hesis. Par contre, :
dans le vers à césure penthémimère, les spondées du premier —
pied ont une valeur plutòt conventionnelle. Ils pourraient done.
être remplacés par de purs iambes sans nuire au rythme. La_
preuve en est donnée par le vers 12, qui, tout en ayant une
césure penthémimére, débute par un iambe pur.
Nous avons
un autre exemple classique de ces libertés techniques dans le fameux distique d'Hipponax, cité plus haut.
La contradiction à la règle au début du premier vers n'est
qu’apparente. Pour y remédier, il suffit de supposer longue la
syllabe initiale : Ad (prononcer *Duvv’). Quant à la mesuré
finale, dite scazon, la question ne nous occuperà pas pour le
moment. Mais je dois un remerciement aux mänes du poèle_
| satirique, car c'est son. distique qui me mit sur la voie pour
découvrir le rythme véritable dans les vers ci-dessus étudiés
d’OEdipe à Colone.
Ill.
— ARGUMENT MUSICAL,
‘ Laissant de côté certaines compositions musicales de Pantiquité grecque, dont la tradition ou l'authenticité sont discutables, par exemple un fragment de la première Pythique de
Pindare, découvert au
xvu° siècle (1% édition par Kircher,
Pagina 20
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)Musurgia universalis, 1645) (1), j'étudierai exclusivement ciaprès trois chants de l’ancienne musique hellénique gravés sur
marbre et découverts dans la seconde moitié du siècle dernier.
Le premier est le thrène de Seikilos, gravé sur une colonnette
funéraire. Elle fut trouvée en 1883 à Aïdin (d’où l'attribution
qui en est généralement faite à Tralles) et était conservée .
‘jusqu’en 1923 dans la collection Young,à Smyrne.Depuis, elle
a disparu et, selon toute probabilité, elle a été détruite dans la
catastrophe de la grande villeionienne. Les deux autres sont les
fameux « hymnes à Apollon » découverts en 1893 à Delphes au
Trésor des Athéniens, au cours des fouilles de l'École française
d'Athènes. Le premier, composé par un Athénien de qui le
nom a disparu. est gravé sur un bloc de
marbre haut de
0 m.38 et large de 0 m. 95 (?). Le second, gravé sur un bloc
de 0 m. 605 sur 0 m. 955 (?), qui prenait place immédiatement
au-dessous du précédent dans la paroi sud du Trésor, est
l'œuvre d'un Athénien nommé Liménios, fils de Thoinos.
La date relative des deux hymnes n'est pas assurée. Mais leur
texte indique qu’ils ont été chanles à Delphes par les artistes
dionysiaques d'Athènes, vraisemblablement à l’occasion de la
venue de deux Pythaïdes, et le caractère de l'écriture donne
lieu de penser aux Pythaides de 138 (?) et de 128 av. J.-C.
Le second hymne est ainsi désigné -parce qu'il fut découvert
quelques mois après le premier, brisé en douze morceaux.
Tous deux sont conservés au Musée de Delphes (2).
(1) Voy: (p. 25 sd). la notice dont M. A. Puech a fait précéder l’ode dans son '
édition des Pythiques.
(2) Première édition par -H. Weil
584
et suiv., et XVIII,
1894,
p. 345,
et Th. Reinach,
363
et
suiv.
BCH, XVII, 1893, p. 569,
Rééditions
récentes,
par
Th. Reinach, dans Fouilles de Delphes, III 2 (4941), nos 137-438, p. 147 et suiv.,
158 et suiv. (après révision des blocs par G. Colin
; avec bibliographie choisie
et nouvelles transcriptions en notation moderne); par J.-U. Powell, Collectanea
Alexandrina (1925), p. 141 et suiv. (avec indication du nom de Liménios, reconnu
par G. Colin, CRAI, 1913, p.529). Voirr également La Musique grecque, par
Th. Reinach, Paris, 1926, ES 177 et suiv.
Pagina 21
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)P. DOUTZARIS |
4. — Du texte des trois chants.
| L'épitaphe de Seikilos, qui nous servira surtout de modèle
pour les observations relatives au mètre et au rythme, est, peutoù
dire,
un chef-d'œuvre en
miniature (voir BCH, XVIII,
. 1894, pl. XII, reproduction en photolypie d'un estampage) (1):
Les restes de la première ligne des deux colonnes du’
deuxième hymne delphique sont ceux d'un titre, que M. G.
Colin a restitué comme suit: [av dè xai
[odo ]óLoy elé [dv
Bedv 8 Er [nel y xa Tpocexridorae ]y Arunvilos Olotvo[u "A@Qnvatos.
J'estime donc que l’on doit donner le nom de « péan » aux deux
chants. Sans
la mention expresse r|o86]öiov, nous eussions été
en droit de conserver la désignation Upyos à l'épilogue, la
dernière reprise
d’Apollon,
du second
chant,
invocation à l'adresse
d’Artémis et de Leto.
co
Le premier péan est composé de mètres péoniques. Nous
en avons retenu les mètres 6 à 88. Les resles qu'on avait cru
être ceux des mètres 1 à 5 sont ceux du titre, D'autre part,
tout essai de restauration des dernières lignes nous a paru
vain et inutile
(il y est fait mention de l'invasion des Gaulois,
de mème que dans le deuxième péan).
Tenu de justifier les quelques modifications et corrections
apportées au texte des chants (voy. fig. 3 à 10),je signale que,
pour ce travail, je me suis aidé de l'édition donnée dans le
BCH, XVIII et surtout de la dernière édilion de Reinach dans
sa
Musique grecque.
restitulion de
Le
premier péan
commence,
selon la
Crusius, par xéxAvQ’, c'est-à-dire par une invocation sous forme d’impératif. Il m'a pourtant semblé plus
expressif de commencer par une apostrophe directe aux Muses.
A cette fin, j'ai remplacé xéx)u0” par Modcat, qui répond par-.
faitement au besoin métrique. Il va sans dire que j'ai respec- _
: (4) La première photographie
de l'inscription même, prise en 1922.par M.
A. Laumonier, a été reproduite dans le BCH, XLVIII, 1924, p. 507. Elle n'a permis à M: Ch. Picard (Annales de l’Univ. de Grenoble, N. S. 1, 1925, p. 124-425),
qu'un petit nombre de rectifications vraiment sires aux points où M. Th. Reinach
signalait quelques incertitudes de lecture.
Pagina 22
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)tivement modifié la mélodie de la mesure, en la montant &
une gamme plus élevée. — A la mesure 19-20, le mot dont le
début (fin de la |. 4) est dixopuv... avait été transcrit par Weil
une première fois en Swoodvc; un. an plus tard, ille corrigea,
suivant l’indication de Blass, en Sixdavv6a (de même, Reinach,
FD).
Pourtant, nous avons cru permise l'hypothèse d'un.
adjectif dixdpuvva, à l'instar de Sizópugoy du deuxième péan.
La création de ce mol a l'avantage de rendre aussi parfaitement que possible l'accent rythmique. — A la mesure 34,
nous avons maintenu la restitution. primitive de Weil ["1@1],
avrà, à la place de [”Hv], x\ucé, mot préféré par Reinach. —
Enfin, à la mesure
77, à la première restitution de Weil (suivi
par Reinach et Powell), Aöyın, nous avons préféré celle de
Sémitélos, #rn, en la ramenant toutefois (comme Weil, BCA,
XVIII,
p.
364) à
la forme
raisons
épigraphiques
non
contractée ënea,
et rythmiques
oiseux de faire mention à cet endroit.
pour des
dont il nous
paraît
|
Le second péan est le plus long des chants antiques conservés
jusqu'à nous. Il se compose, après la correction de Weil et
mon essai derestitution, de 193 mètres, dont 139 péoniques
(les restes qu'on avait pris pour ceux des mètres 1 à 5 sont ceux
du titre); vingt-cinq. mètres de la seconde colonne sont ruinés à tel point que toute tentative de restitution serail peine:
perdue.
Les aulres
considérés
vingt-huit
mètres, qui suivent, ont été
comme glyconiques,
terme que je discuterai un
peu plus loin. De mème que pour le premier péan, j'ai suivi
pour le second aussi les corrections indiquées dans La Musique
grecque de Reïnach, excepté pour la grande lacune entre la
fin de la première colonne et le commencement de la deuxième.
Puisque toute tentative de
sûre restauration de ces
lignes
semble impossible, nous avons pensé à lier la 27° ligne de
la première colonne avec Ja 32° de la colonne suivante, de
telle façon qu’elles créent deux vers se suppléant l'un l’autre
du point
de vue tant du sens que de la constitution métrique.
A cet effet, nous avons ajouté l'adjectif péyas après la lettre
Pagina 23
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)P. DOUTZARIS . -
o, dernière lettre conservée de la: 27° ligne, et le préverbe
mept avant le verbe Eypoüpeıs par lequel commence la 32°
ligne. Le sens du verbe composé ne différe pas trop de celui
de sa forme simple. — Enfin, à la mesure 194, nous avons
tenté une innovation consistant à faire figurer à côté du mot
Pouaiwy du texte
le
nom “EAdjvey.
Ceci
dans
la ‘pensée
d'augmenter l'illusion créée par l'effet de la musique, au cas
où l’on choisirait de préférence
le dernier mot.
2, — Du mètre et du rythme des trois chants.
Si lon excepte l’épitaphe de Seikilos et la dernière reprise
du.sécond péan, dont les mesures sont respectivement considérées comme diiambiques ét glyconiques, le mètre des deux
péans d’un’ bout à l’autre est péonique, soit d’une mesure de
5/4 ou de 5/8 ;. ce mètre se distingue en genres ‚eretique „ui
et bacchiaque V+. Selon les anciens métriciens, le crétique
se divise dans le rapport
de 3 + 2 et-le bacchée dans celui de
2 4.3, l'ipwAuoy des traités de métrique.
- Les‘considérations sur le rythme de l’ancienne poésie hellénique sont‘exposées dans la première-partie du présent travail.
Mais elle n’était pas faite seulement-pour être déclamée. A côté
des pièces destinées
à la déclamation (nowjpara napaxatadoyiis),
existent en plus grand nombre les poèmes lyriques. Il faudra
donc encore démontrer que c'est toujours l'accent d'intensité
quí, dans la
musique ancienne, régit la mélodie du chant.
C'est ce que nous-essayerons de faire dans la suite de cette
étude,
en ‘nous appuyant
sur les données d’une autorité
de
la compétence de feu Théodore Reinach, qui s'occupa le premier de la transcription de nos péans, et y mit le dernier son
cachet de spécialiste.
Voici Vaveu caractéristique que fait Reinach dans Pavantpropos de son-ouvrage, au sujet del'état de nos connaissances
de la musique ancienne (La Musique grecque, page 5) : « Mon
but; dit-il,
a été de poser quelques principes incontestés, d’indiquer enfin les questions essentielles qui restent à résoudre et
Pagina 24
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)dont quelques-unes péut-être ne seront jamais résolues. Il peut
sembler étrange qu'un auteur qui a passé plus de quarante ans
de sa vie à étudier la métrique et la musique grecques ose avouer
qu'il ne sait pas au juste ce que c’est qu'un mode grec, à Pexception de la Doristi, et qu'il ne sait pas scander, ce qui s'appelle scander, une ode de Pindare ou de Bacchylidé. Mais, en
-pareil cas, mieux vaut-avouer son ignorance que de la masquer
sous de belles phrases ou des conjectures:
hasardeuses. J'ai
mieux aimé montrer qu'il y avait là des portes encore fermées;
de plus habiles ou de plus heureux sauront un jour en faire
jouer la serrure. -» '
- Après. ces considérations d'une por tée générale, l'auteur
expose en ces termesà la p. 66 son point
de vue sur le: rythme
- dans la mu:ique ancienne: « Il convient également de signaler,
-. dans la musique. vocale, l’interdépendance--qui éxista,
à. une
cértaine époque, entre. lo dessin mélodique. et les paroles du
- texte poétique, Chez nous un: musicien réfléchi évite de faire
tomber un temps fort: de la mélodie sur-une syllabe muette;
dans les langues comme l'allemand, l'italien, ete;, où l'accent
d'intensité ressort avec vigueur, la nécessilé s'impose encore
davantage au compositeur de modeler en quelque façon le dessin rythmique de-la phrase musicale sur celui du texte correctement prononcé. Chez les Grecs, l'accent d'intensité n'existait
: Je m’arréte-& ce point, puisque.Ja dernière phrase resume
toute la théorie en vigueur sur la poésie et la musiquehelléniques añciennes.-Dans un articleintitulé La musique du nouvel hymne de Delphes et:publié dans le BCH, ‘XVHI, p. ‘385, le
même auteur s'était vu pourtatit contraint par. la force des
‘choses d’avouer l’interdépendance absolue existant entre le dessin mélodique et les paroles du texte poétique. « La restitution
e
s y dit-il, reposen
mélodie,
nte
de notre
| des parties manqua
en partie
partie sur les résultats de l'analyse tonale et modale,
sur une règle importante, qu'on peut formuler ainsi : ie dessin
mélodique de chaque mot respecte la place des accents. natu-
Pagina 25
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)2 737
Pp, DOUTZARIS
rels. En conséquence, 1° une syllabe atone peut porter une
note aussi aigué que la syllabe tonique du méme mot : élle ne
peut en porter une qui soit plus aiguë. 2° Dans les mots à
accent circonflexe, dont la syllabe tonique se dédouble mélodiquement; la note aigué tombe toujours sur
s
la premiére partie
de la syllabe- » (4).-
|
- Un peu plus loin, il donne des exemples pris dans les deux
péans et l’épitaphe de Seikilos, attestant la coïncidence du ton
syllabique
et mélodique, pour conclure: « Ce double principe
_s'observe régulièrement dans toute la partie conservée (du
second -péan); il n’y a qu’une seule exception (mesure 11), au
mot ôtxépupov, où la mélodie
se relève sur pov plus que sur
.; la différence n’est d'ailleurs que d'un demi ton, et peul-étre
y act il là un effet voulu-: le mot a deux sommets mélodiques,
comme le Parnasse a deux cimes.».
os
Afin qu'on se garde de prendre cette dernière réflexion pour
un jeu de mots, je dois rappeler ici le sens de ôtxéouvov et signaler que le mot a un schéma rythmique de péon quairième,
c’est-à-dire peut -porter un: ton plus élevé sur sa dernière syl-.
labe. Dans le même article, p. 367, à l'occasion des observations -qu'il faisait sur le rythme de Vépitaphe de Seikilos,
l'auteur concluait également : « La coïncidence de l'accent
et de la mélodie est de principe dans notre air.»
.
Pour rendre compte de la contradiction consistant en des
difficultés insurmontables dans l'application du principe énoncé,
Réinach a supposé dans la musique ancienne trois périodes d’évolution.. A la p. 72 de son livre, il s'exprime sur la première
comme suit: « On peut définir le rythme musical, avec Aristoxène (Fr. rythm., p. 272, Morell.), un certain ordre dans la
répartition des durées occupées par chacun:des trois éléments
dont l’ensemble constitue le phénomène : musical complet :
mélodie, parole,
mouvement corporel. La musique vocale
avait, dans Part ancien, une telle prépondérance que le rythme
(1) Cf. de même Th. Reinach, dans fouilles de Delphes, I. 1., p. 149.
Pagina 26
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)musical était surtout envisagé sous l’aspect verbal : la rythmique, à l'origine, se confondit à peu près avec la métrique.
Dans une langue comme le grec, dont la prononciation et la
versification sont essentiellement fondées sur le principe quañtitatif, cette confusion était inévitable: le’ rythme des paroles
s'imposait à la mélopée placée sur elles. » -
Et, à la p. 67, il complète ses considérations par. l'exemple
suivant :« Quand un compositeur mettait en musique une série.
d'hexamétres de ce genre, il trouvait sa besogne à moitié remplie par le poète : tout ce qui lui restait
à faire, c'était
de choisir la hauteur exacte des notes affectées aux syllabes successives
de manière à éviter la monotonie, mais en prenant bien soin
de faire coïncider les sommets mélodiques de chaque mot avec
les accents toniques pleins, les demi-sommets avec les « barytons.», et de ne dédoubler mélodiquement que les syllabes circonflexes. Nous avons un exemple archaisant d'une mélopée
ainsi calquée sur le texte poétique, dans les: hexamétres du-
2° Prélude a la Muse »-
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Pa
Br
1
+
x
+
= et
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ET
ei
=
+
LE |
KaX-M=-6 — Te-a 00 — gd, Mov — oûüv apo - xa — Oa-yé- me, ep
- mv, |
a
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Kal co pt
+
puo - to-86
— ta
Aa
(Ga
y
-_
+
mods
yo-ve, TAR
A - e
Mar - dv,
‘On reviendra è cet exemple (4) plus bas, lorsqu' on traitera.
de la mélodie des trois chants. Nous nous contentons de faire
remarquer ici, outre l’absence de symétrie dans cette manière
de répartir les temps rythmiques, qu assez fréquemment - le
(1) Ces préludes ‘citharodiques archaïsants, qu'on attribue au. 1°” s. av. J.-C.
ou au 1er 8. ap., ont été conservés par plusieurs manuscrits byzantins
de musicologie. Voir notamment Th. Reinach, REG, IX, 1896, et La Musique grecque,
Pagina 27
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)fait contrarie au principe posé. Tel est, par exemple, le cas des
syllabes finales des mots 0098 et sop&, qui, tout en étant respectivement accentuées en « oxyton » et en « baryton », figurent .
au même sommet mélodique, et celui du mot nooxadayerı, dont *
les syllabes n’attestent aucune difference de hauteur, si ce n’est
l'intonation arbitraire de la syllabe “es parce qu ‘elle porte
.
Vaccent naturel.
L'auteur passe ensuite aux deux autres périodes (p. 68) : «Au
_vi‘etau v°siècle, dit-il où domina dans les compositions lyriques
la structure strophique, et où, par conséquent, toutes les stro-
-phes similaires se chantaient sur la même mélodie, une diffi- |
-culté se présenta: si le compositeur, dans l'élaboration de son
. dessin mélodique, avait été obligé de tenir compte de l’emplacement des accents toniques, le poète aurait dû répartir ceuxi parmi les syllabes d'une
manière
identique dans chaque
strophe
; cette obligation, jointe à celle de l'identité des durées
rythmiques
correspondantes,
aurait constitué
une
entrave
insupportable à la création poétique. En conséquence
— nous le
savons par un témoignage formel (Denys d’Halicarnasse, De
comp. verb., 41 ; confirmé par
le fragment d’Oreste du papyrus
Wessely) — dans dés airs de ce genre le compositeur s’affran- ©
chissait de toute corrélation entre le dessin mélodique et les
accents naturels; en d’autres termts, ceux-ci disparaissaient
entièrement dans l'exécution vocale. Lorsque, à partir du
ıv° siècle, la « facture libre » (AéE: amokehupéyn) remplaça la
structuré strophique dans les genres musicaux les plus en vogue
(nomos, dithyrambe, monodie tragique), il redevint possible
de tenir compte, dans la mélopée vocale, de.l’emplacement des
accents naturels. Jusqu'à. quel point les grands compositeurs
du 1v° et du nr siècle se conformèrent-ils à ce principe? Nous _
l’ignorons, . mais à la fin du n° siècle les deux hymnes delphiques nous le montrent appliqué d'une manière rigoureuse. .
La même corrélation, mais. moins sévère, atténuée par quelques exceptions, s'observe dans les: préludes à la Muse et la
chanson de Tralles; en revanche, il n'y en a plus trace dans
Pagina 28
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)les hymnes de Mésomède (1) et dans les fragments postérieurs
(Contrapollinopolis, Oxyrhynchus) : c'est que dès le n° siècle
de notre ère, l'accent tonique grec commençait à perdre son .
caractère mélodique pour se transformer en accent d'intensité ». .
On verra plus loin que le deuxième prélude à la Muse et la
chanson de Tralles sont régis par le même principe de corrélation que l’on observe dans les deux péans delphiques; la seule
différence est que le rythme dans ces pièces n’est pas seulement musical. Il est, au contraire, dominé tout entier par l’ac-
.cent d'intensité, qui coincide souvent avec les accents toniques
pleins d'une phrase mélodique.
.
Cette incursion dans le dédale terminologique était indispensable, car elle nous permettra d’établir la base d’une déduction. *
logique. Et cette -base de déduction, c'est encore l'auteur de
La Musique grecque qui nous la procure, lorsque, à la p. 76, il
. traite de thesis et arsis dans
la mélodie : « Dans la rythmopée
rigoureusement syllabique qui se superposait à la versification
grecque primitive, dit Reinach, ce principe de périodicité (c’està-diré le retour régulier et perceptibleà l’oreille d'un fait sonore
dans la division en mesures, dont il a parlé précédemment)
était fourni par la quantité, régulièrement alternante, des syllabes groupées dans le pied : celui-ci avait une figure rythmique
spécifique et invariable. Un dactyle, par exemple, présentait
toujours la succession d’une longue et de deux brèves équivalente en notation moderne à environ quatre temps premiers
(- vu
=) N À. . Ce principe de dém
arcation, sans jam
ais
. perdre entièrement sa väleur, fut paralysé dans une large
mesure par l’abandon graduel de la rythmopée syllabique. Peu
à peu, on posa en principe qu'une longue équivalait exactement
à deux braves... L’alternance régulière des longues et des
brèves s’effaca ainsi dans le chant et même dans le texte poétique... Ici intervient, comme second élément d'orientation, le
(1) L'existence de cette corrélation dans les deux hymnes de Mésomède sera
mise par nous en évidence dans un ouvrage qui paraîtra prochainement.
Pagina 29
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)P. DOUTZARIS
battement de la mesure. Le geste le plus fréquent consiste à
soulever et à abaisser
successivement le pied. L’élévation se -
dit levé (dears, &vo. ypévos), Vabaissement frappé (Berıs, Barts,
xt yodvoc)... L'alternance régulière des levés et des frappés,
autrement dit des temps marqués (moûuxot ypévor)
eRra©tatsatt
se poursuit
‘sans interruption d'un bout à l’autre de la cantiléne... Ainsi un . rythme dactylique ne sera plus nécessairement celui où tous
les pieds ont le type effectif _ vv, Mais celui où chaque mesure
est constituée par un frappé de deux temps suivi d'un levé de
deux temps, quelle que soit d'ailleurs la durée des. éléments
primaires (syllabes, sons ou silences) qui « monnayent » chacun des battements. Par exemple
“|IF N
i
EDIE
La notation exprime ou peut exprimer cette division de la
mesure en battement: les notes. composant le levé sont surmontées d'un point...
|
L'auteur faitici un renvoi à l'Anonyme de Bellermann, § 3
et 85,
à l'inscription de Tralles, etc. Par conséquent, je dois
ouvrir à cet endroit une parenthèse pour spécifier que dans son :
article déjà mentionné (BCH, XVIII, p. 366), il avait corrigé
une inexactitude de certains métriciens d'autrefois; j'entends
l'erreur consistant à prendre le levé pour le frappé, dont les
notes sont effectivement surmontées de points. « Une dernière
particularité de notre inscription, écrivait en. effet Reinach-il y
a quarante ans, est l’emploi-des points surmontant une ou
plusieurs notes pour indiquer
les temps forts... On savait déjà
par l’Anonyme de Bellermann ($ 3) que le point servait à distinguer l’arsis, mais le sens de ce terme est équivoque, et le
texte prötaità la controverse... Les temps forts coincident avec
les battues de rang pair. Quand la ballue est représentée par
un iambe rythmique, le graveur ne ponctue que la longüe;
quand elle l’est par un tribraque, il ponctue ordinairement les
trois notes... »
dRSeUELrat,
Pagina 30
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)Ayant rétabli de la sorte la vérité quant au sens de la ponctuation dans l’ancienne notation musicale; nous. réprenons au
point interrompu
le dernier exposé
de Reinach (nous réservant de discuter plus loin la place et importance des dits
signes dans l’inscriplion de Tralles):
« Le pied de l’aulète qui battait. la mesure d'un cheur,.
“continue l’auteur, était ordinairement armé d'une double
semelle en bois, quelquefois munie d’une sorte de castagnetles .
(xpovreta, Bitadov,
Urorddtov), et dont le choc produisait un
bruit notable. Ce bruit, se superposant aux. notes du frappé,
donnaità celles-ci une sonorilé renforcée qui permet de parler '
de temps fort. Mais rien n'autorise à croire que l'émission vocale
elle-même, ou le son tiré de l'instrument subit un accroissement
d'intensité pendant le frappé. En d'autres termes, l'ictus qui
joue un si grand.röle dans le rythme de la plupart des versifications modernes et de notre musique instrumentale, influencée par
les habitudes germaniques, est étranger au chant comme à la
métrique des Grecs (1) ».
i
Voilà qui résume les théories prédominant au sujct de l’ancienne musique hellenique.
3. — De la mélodie des trois chants.
L’existence de l'accent d'intensité dans la poésie classique a
été prouvée dans la première partie du
présent travail,
Nous
proposant maintenant d'établir son existence dans la musique
ancienne, nous reprendrons d’abord l'exemple cité par Reinach
et qui se rapporte à la première des périodes qu'il distingue.
Le second Prélude à la Muse (fig. 1, en bas). — On a vu comment l'auteur de La Musique grecque divise chacun des deuxhexamètres (2) dont le chant esi composé, en cinq et six parties
(1) « Kawezynski, Essai comparatif sur l'origine et l’histoire des rythmes. Cf.
Wagner, Philologus, 1921, p. 300 suiv. ».
’
(2) Plus justement parlant des deux hexamétres et demi, ainsi qu’on le voit..
dans notre transcription
comme
(le dernier
hémistiche avait été
considéré
jusqwici
comportant une division métrique différente ; nous signalons le fait en
passant, nous proposant d'y revenir une autre fois).
Pagina 31
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)P. DOUTZARIS
rythmiques, suivant le nombre des « accents toniques pleins »,
qui en constituent les sommets mélodiques. Mais dans cette
_ répartition des temps, on chercherait en vain une symétrie et
des rapports -arithmétiques.
Maintenant, supposons un instant que les temps forts ne
traduisent pas exactement la hauteur musicale, mais que, coïncidant souvent avec les sommets et demi-sommels de la phrase
musicale, ils intensifient plutôt les syllabes qui portent l'accent
naturel. On aura alors cette nouvelle rythmopée de. notre
prélude (fig. 1), où les temps marqués foris sont indiqués par
un signe de sforz. A ou par un gros > (= F) et les temps
d'une intensité moindre par un petit > (= f).
J'ai divisé les temps en huitièmes, afin de mieux faire res. sortir les rapports arithmétiques constituant les intervalles des
temps forts. L’exécution vocale ou instrumentale de ce pré- _
lude donne une idée précise de la répartition satisfaisante des
valeurs rythmiques.
En ce qui concerne la période dite strophique, le manque de
documents sérieux remontantà cette époque rend bien difficile
toute tentative de prouver l'universalité de lois rythmiques
valables pour toutes les périodes historiques: Pourtant, nous —
pouvons signaler que nos premières observations sur le rythme
poétique, nous les avons faites, par un caprice du sort, en
étudiant la poésie lyrique et par excellence strophique de Pindare. Nous pensons donc être excusé si nous laissons de côté
pour le moment cette question et nous bornons à déclarer que
_dans cette catégorie de vers la correspondance est aussi de
principe, les déviations de la règle n’étant là que des exceptions,
concevables eu égard aux difficultés techniques dans une
mélopée antistrophique.
A la troisième période de la musique hellénique, dit Reinach,
la « facture libre » remplaca la structure strophique et, de la
‘sorte, il redevint possible de tenir compte, dans la mélopée
vocale, de l'emplacement des accents naturels (par le terme
« accents naturels », l’auteur entend toujours les accents de
Pagina 32
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)EIZ MOYZAN
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Fig. 1. — Deux Préludes citharodiques « A la Muse », Nouvelle transcription en’‘notation moderne.
(Tous droits de reproduction réservés: voy. p. 846).
Pagina 33
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)P, -DOUTZARIS
hauteur). On possède de cette ‘derniète période des documents
incontestables, les
trois chants conservés sur pierre.
On cherchera done, guidé' par les indications précieuses
qu'ils nous donnnent, à prouver l'existence, dans la musique
ancienne, de l'accent d'intensité à côté de l'accent musical.
L’epitaphe de Tralles (fig. 2). — Le thréne de Seikilos était
une des reliques de la musique classique
les mieux conser- vées.
En ce qui concerne,
tout d’abord, le mètre, Reinach
veut y voir des diiambes ou des mesures choriambo-iambiques
(Héphestion: Gaisf. p. 56), à. l'exception du second vers, que
l'école de Westphal considère comme une espèce de logaédique du premier genre:
Il serait pourtant malaisé, dans une
poésie lyrique de cette nature, de discerner le mètre sans en
savoir le rythme exact. Je me
suis donc permis d'établir,
sur la base d'une analyse rythmique, les mètres approximatifs
du chant comme on le voit à la fig. 2. Le premier vers
comprend
deux
antispastes; le second se compose d’un
choriambe et d'un ionique mineur à anaclase;
le
troisième
contient deux ioniques mineurs également à anaclase, et le
quatrième, un ionique majeur et un mineur ävaxhwpeva, Le
ton du morceau est considéré comme phrygien ou ‘ionien. On
pourrait donc classer notre cantilène dans -la catégorie des
mètres ioniques.
Quant au rythme mélodique du chant, Reinach y apporte
quelques modifications (BCH, XVIII, p. 365).
Ainsi, quoique
la pholotypie ne laisse pas discerner de points surmontant les
notes K K du 2° vers et du 4° (dhwws, 6 ypdvos), et que les
vers 2 et 3 finissent avec la note ® (Sol grave) portant au-dessus
la marque de deux temps premiers, l'éditeur élève la valeur
de cette dernière note à trois temps et ajoule des points sur les
deux K; de même, il interprète le dernier triolet CX'I d'une
façon permettant la transcription des deux premières lettres
sous forme de seizièmes (La-Fa*) ; enfin, il représente la note
T comme Mi grave (1).
2. L, p. 193.
(1) Voy. les observations de M. Picard,
Pagina 34
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)OPHNOZ ZEIKIAOY |
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a Te eccell,
aT? rall
rit,
Fig. 2. — Le thréne de Seikilos. Nouvelle transcription en notation moderne.
(Tous droits de reproduction réservés : voy. p. 345).
REG, XLVII, 1934, no 222.
Pagina 35
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)P. DOUTZARIS
Pource qui est des susdits points, Joserai faire observer que
la « ponctuation » des trois notes successives du 3° vers (-yov
e-es-) se justifie pleinement, et que le manque de points audessus des K du 2* vers et du 4° n’est pas di, & mon sens,
_ à la distraction du graveur, ainsi que le suppose Reinach,
- mais à une intention voulue du compositeur. Car on explique
aisément l'intonation distinctive de la note I au 3° vers (Ré
montant plus haut que Do qui précède), tandis qu’on ne saurait
faire valoir la même juslification pour les K du 2° et du
4° vers, étant donné que les notes correspondantes se trouvent
à un degré inférieur par rapport aux Ré et Mi qui précèdent.
Je ne veux pas m'étendre davantage sur ce sujet. En ce qui
concerne la fin du vers 4, outre l'inconvénient de cette manière
de répartir le triolet, il me semble qu'il y a une bévue dans
‘la transcription de l’ancienne note I par Mi grave, allendu que '
dans l'échelle analytique qu'il donne à la fin du tome XVIII
.
du BCH (pl. XXIV), l'auteur lui-même avait rendu cette note
| par Fa diese. En conséquence, on aurait ainsi Fa naturel suivi
d'un Fa diese. Enfin la transcription des CX en seizièmes ne
paraît pas ‘être conforme à la tradition; car on devrait alors
- supposer, dans la musique ancienne, existence d'une unité de
temps moindre que le premier temps, le onpetov d’Aristoxène.
De plus, avons-nous dit, il y a une méprise dans la façon d'interpréter le triolet; car la phololypie (BCH, XVIII, pl. XIII;
voir aussi La Musique grecque, p. 171) ne porle la barre horizontale, signifiant
une valeur de deux temps, que sur les notes
X
et rp. Cela veut dire que le triolet doit être réparti en C et XI
de 1 et de 2 mores respectivement, et que seul le dernier
. couple de notes devra être « entonné » de façon à marquer
. le temps fort de la theses.
De ce qui précède, il est avéré que les points surmontant
les notes d'un morceau de musique antique n’y sont pas seule- .
ment des ornements servant à désigner le battement de la
mesure, autrement dit les temps forts. Pour en être convaincu,
‘ il-suffit d'examiner attentivement les
places qu'ils
occupent
Pagina 36
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)ET LA MUSIQUE DES GRECS-ANCIENS 331
LA RYTHMIQUE DANS LA POÉSIE
dans le texte. Nous savons déjà que par le terme « temps fort »
on entend en général, avec Reinach, l'accent de: hauteur,
et
non. pas celui d'intensité. Mais je prie de bien observer les syllabes qui portent les points. Ce sont d'abord.
des syllabes
naturellement accentuées, telles que {ns (1% vers), ö-| As |
(2°), :420- | vos | (4°), syllabes déterminant en effet, par rapport
aux autres, la plus grande hauteur mélodique. Pourtant, les
mêmes signes surmontent des syllabes soit atones, telles” que
-vou (1% vers), -Aw- (2°), -yov (3°), Particle ö
(4°), soit portant
des accents naturels, mais qui marquent sur la gamme
le plus
bas degré ; telles sont les syllabes -roü (2° vers), Env: (3°),
tei (4°). Par
conséquent,
il est permis
de se
poser. cette :
question : |
|
Comment interpréter des signes “surmontant les syllabes
toniques aussi bien que les atones, les notes d’une hauteur,
d’une acuité déterminée aussi bien que les sons les plus braves ?
Comment, dis-je, peut-on expliquer une contradiction aussi
frappante, si ce n'est par /’accent d'intensité servant à designer
. les temps forts de. la battue, et qui caractérise tous les parlers
humains tant du passé que du présent ?
Lo
|
- Voilà la grande conclusion historique où nous arrivons, et
qui nous autorise à proclamer sans hésilation que dans l'ancienne musique hellénique c'est encore accent d'intensité, et
non pas l'accent de hauteur, qui régit le rythme mélodique.
Les deux. péans
delphiques. —:Il n’est pas superflu sans.
doute de donner quelques indications relatives à la transcription qu'onen trouvera aux fig. 3 à 10. Les vers, que j'ai occäsionnellement remaniés d’après le sens et la nécessité rythmique, procèdent par groupes de tétramètres, de .trimétres et de
pentamètres. Les corrections mélodiques et additions supplétives de la présente édition sont mises entre parenthéses. Les
corrections antérieures, par exemple celles de Reinach, etc.,
sont discernables par le seul fait que les notes de la musique
moderne ne portent pas les signes caractéristiques de l’ancienne
notation (sauf les cas où une série
de notes identiques se:trouve
Pagina 37
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)P. DOUTZARIS
>
vo
surmontée d'un seul signe archaique). Quant aux corrections du
texte poétique, celles de Weil, etc., sont indiquées à l’aide de
crochets [ ], tandis que les corrections de l’auteur du présent ©
travail sont mises entre crochets angulaires <>. L'accent :
d'intensité dans le rythme a été représenté par un gros >
(= F) pour désigner celui du frappé (dos) et par un
>, lorsqu'il s’agit de Vaccent du
levé
distinction rythmique, qualifiée par
2 + 3, on a essayé
petit
(dou). Cette dernière
le rapport de 3 + 2 et
de l’adapter au rythme de la musique
moderne, en indiquant les valeurs mélodiques par simple
addition des signes d’accent au-dessus des notes, sans toutefois juger nécessaire d'indiquer à côté les fractions de mesure.
Le signe archaïque du soupir ’ se trouve noté à maints
endroits du texte original. Par conséquent, d'autres soupirs,
jugés
indispensables
au milieu du vers, sont indiqués par le
même digne mis entre parenthèses. Un soupir plus ou moius
prolongé s'impose naturellement à la fin
de chaque ligne,
de par la définition même du vers. Pourtant, nous n'avons pas
voulu encombrer le texte en multipliant les signes particuliers.
Nous devons enfin remarquer que,
Reinach,
dans la transcription de
l'armature mise après la clé de Sol est purement
conventionnelle, n’ayant de correspondance exacte dans aucune
échelle de tonalité de la musique moderne.
Nous proposant maintenant de traiter du rythme et de la
mélodie des deux péans, il semble opportun de rappeler
considérations
avancées au sujet de l'épitaphe
les
de Seikilos.
Là, l'existence des points surmontant les notes de temps forts
-nous a permis de déterminer le rythme. Mais les
deux péans
ne portent aucun signe particulier de cette nature. Il nous restait donc deux voies à suivre : ou bien appliquer les lois rythmiques de la musique contemporaine et laisser aux deux chants
leur caractère purement théorique, ou bien, obligés de leur
conserver le caractère de musique vocale, adopter une méthode
toute différente de celle qu'ont suivie certains théoriciens de la
musique antique et qui imposerait le changement complet du
Pagina 38
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)mètre et du rythme, par l'application des règles d'accentuation
du grec du xx’ siècle à un état de la langue. d'il y a au moins
deux millénaires. Nous estimons vouée à l’échec toute lentative visant à adapter les règles rythmiques de la musique moderne à un morceau donné de la musique antique avant que
soit résolue, d'une façon définitive et non :a priori, cette autre
question, à savoir si la musique européenne tire son origine’
directement de la musique grecque, ce qui reste encore à
montrer. En conséquence, on ést tenu, par la force des choses,
la nouvelle rythmique dans la transposition de chants
à ignorer
antiques sur la portée de la musique moderne, et à ne suivre
que des règles conformes à la tradition. La seule méthode sûre
pour la restilution du rythme de nos péans serait, à mon sens,
celle qui s'adapte à leur mètre, avec ses battements de mesure
propres, et à l’accentuation naturelle des mots du texte poétique.
D
Les deux péans, hormis l’épilogue (la reprise 6) du second,
sont écrits dans le mètre péonique, qualifié par le rapport rythque le battement de la
mique de 3 + 2 el 2 + 3: c'est-à-dire
mesure y est trois (frappé) et deux (levé), ou bien deux (frappé)
et trois (levé). Cela-dit, j’expose brièvement les schémas métriques, comme donnée fournie par une étude spéciale sur le
en remettant les particularités de
rythme du mot poétique,
détail à une autre occasion. Les deux chants comprennent les
diverses formes péoniques, excepté les péons second et troi. sième. Nous les avons groupées ici, toutes, en crétiques, afin
qu'on puisse y discernerà première vue les frappés et les levés :
Pur crétique, schéma I.
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Pagina 39
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)Sur la base de ces données, il nous est déjà possible de formuler quelques régles élémentaires, issues de nos observations
particulières sur la mélodie
des chants :
|
1° Le rythme d'un vers. procède dans l’ordre syllabique ou
métrique. Dans le rythme d'un pied
métrique,
la thesis est
caractérisée par une plus grande intensité de ton (xgoösız). Par
conséquent, il se peut que les notes du frappé occupent sur la
portée un degré inférieur et que celles du levé marquent la
plus grande hauteur de la mesure. La note accentuée de la thesis est toujours énoncée avec plus de vigueur que n’importe
quelle note de l’arsis.
2° Aux mesures rythmiques procédant de paire, un vers peut
Commencer soit par thesis. (exemple, les deux péans), soit par
arsis (l’épitaphe de Seikilos).
|
3° Deux mètres. purement crétiques se succédant l’un à
l’autre vont toujours sur un rythme différent :
+v -.
—
Exemple : Péan I, mesures 58-59.
-4° Toutes les fois qu’une mesure est partagée, par un soupir
ou un silence, en deux, et qu'une partie est émise avec le frappé
de la mesure suivante, celle-ci se réduit au rapport de 2 + 3.
Exemples: Péan I, mesures 39-40, 42-43: .
|
L’épilogue du deuxième péan est caractérisé comme composé
de glyconiques, mètres faisant partie des asclépiades, de la
catégorie générale des vers dits logaédiques; à la seule diffé‘rence que les glyconiques sont dépourvus du dimétre choriambique médian. In conséquente, le vers
d’un pied trochaïque,
nommé par
s’y trouve constitué
Hermann. fésx, et d'une
tripodie logaédique catalectique : —--[-vv.-v.-, (par ce
dernier terme, on désigne une tripodie dactylique, où le second
dactyle est remplacé par un trochée). Conformément à ces données. métriques, Reinach a dû diviser la partie finale du péan
en
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et grouper les unités de temps
excédentes
sous
forme dde valeurs pointées, etc.
|
Ces dénominations métriques se rapportent à l'ancienne poésie lyrique. Or, la musique
de cette poésie nous est presque
Pagina 40
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)totalement inconnue. D'auire part, on vient d’établir comme
principe qu'il n'est pas toujours aisé de déterminer la mesure
exacte d’un vers composé sans en savoir le rythme. C'est pourquoi, suivant le rythme de la mélodie, nous nous contenterons'
pour le moment de constater dans les vers de la dernière
reprise l'existence des mètres dits alcaiques ou anacréontiques,
non pas comme un nom
de classification générale, mais parce -
que ceux-ci ont été employés de préférence par les deux poètes lyriques Alcée et Anacréon. Pour la même raison, on ne s'arrêtera pas, à présent, à la théorie de la base d’Hermann. Conformément à ces considérations, j'ai
cru licite de diviser le
morceau en mesures de 3/4, les quelques unités de temps excédentes étant resserrées dans le mètre sous forme de triolets. Il
n'est qu'une modification anodine qu’on pourrait oser à la fin.
du vers 42, en remplaçant le mot [sup.]étows, restitution de
Weil,
par [&]6iors, afin d'éviter la rencontre du triolet au
milieu du pied métrique.
Cela dit, passons à l'étude du rythme considéré d’un point de
vue plus général. Une chose-me frappa dès le début de mes.
recherches, qui n'échappera pas, j’en suis sûr, à l'attention.
C'est
le cas imprévu où le rythme « intensif » procède, même
aux formes métriques les
plus compliquées, dans un ordre,
pourrait-on dire, syllabique.
Cela signifie que la poésie
et la
musique anciennes, dont nos péaus représentent le dernier
degré d'évolution, demeurérent au fond d’une simplicité élémentaire. Cetle constatation nous autorise à nous demander
encore, si pareille composition musicale put jamais être chanée sans l'intermédiaire d'un accent autre que.l'accent tonique.
Un seul exemple, suggestif et pris à nos deux péans, suflira
à
mettre en relief la véracité de ce que nous venons d'avancer.
C’est celui où une série de notes de même hauteur musicale
surmonte différentes syllabes. Le cas le plus frappant en es
donné par le premier péan, vers 9, mesures 35 et suivantes, où
six syllabes successives se trouvent notées au moyen de six
Sol aigus ; dans le deuxième péan, vers 33, mesures 125-126,
Pagina 41
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)P. DOUTZARIS
on voit à la suite cing notes de Fa majeur surmontant autant
de syllabes du texte poétique. Comment arriverait-on & mélodier ces notes similaires, sans le concours d’un accent variant
d'une syllabe à l’autre et destiné à différencier, par une intensité
périodiquement différente de la
voix, la monotonie de
sons identiques
?
Le rythme n'est pas seulement
le facteur par excellence de
la mélodie.
Il sert aussi
à déterminer les Jimites d'un vers.
L’essai que nous venons de tenter par la division des deux
péans en vers plus ou moins conformes aux principes de la
métrique nous autorise & formuler cette autre régle générale :
le vers est une unité rythmique plutôt qu’un composé métrique.
Pourtant, c’est un sujet qui sort du cadre où nous nous tenons
aujourd'hui.
|
>
La mélodie de nos chants se trouve marquée dans le texte
à l'aide de lettres de Palphabet ionien, dont Alypius nous a
conservé un complet tableau analytique. Mais tandis que les
caractères de notation du premier péan, dressés, couchés ou
renversés, dénnncent une musique vocale, pour le second péan
on a employé des signes de la musique instrumentale. Le fait
est expliqué
par des auteurs de la compétence de Gevaert,
Reinach, Crusius, comme signifiant que ce dernier chant appartient à la catégorie des npösyopda dapara (J. Pollux, IX, 63), où
les instruments:
sont destinés à l'accompagnement.
Les omissions de signes de notation dues à l’usure ou aux cassures du marbre furent complétées, lors de la première édition,
par Reinach (BCA, XVIII, p. 385). Néanmoins, il est resté, surtout dans le second péan, assez de lacunes dont la restitution
a été jugée inutile. On peut dire cela notamment de la grande
lacune qui se trouve vers le milieu de ce second péan. Nous
avons déjà indiqué comment, par une sorte de raccommodage,
on réussit à combler la lacune en question. Je me permets
donc d'exposer ici les raisons qui m'ont décidé à ne pas laisser subsister d’autres lacunes mélodiques se trouvant vers la
fin du même chant et avant la reprise finale (voir La Musique
Pagina 42
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)grecque, p. 188-189, et BCA, XVIII, pl. XXI, XXII). Pour ce
faire, je me suis servi d'un procédé plutôt empirique, il faut
l'avouer, suivant les accents naturels du texte poétique, tel.
qu'il est rétabli par Weil, et la tonalité générale du chant. Les
suppléments en question, aux vers 35, 36, 37, 38 de la reprise H,
sont compris dans les mesures 156-160, 162-166 et 168-170. Les
notes modifiées ou suppléées de la présente édition ont été indiquées entre parenthèses. J'espère que l'on excusera ce parti |
dans un essai de pareille importance, lorsqu'on aura constaté, —
par l'expérience, la dissonance que laisserait subsister une
lacune aussi étendue pour l’exécution vocale de ce chant.
Le rythme mélodique fixé, après maintes expériences, tel
qu'il apparaît dans les transcriptions des fig. 3 à 10 ne doit pas,
au sentiment de l’auteur, s'écarter trop de l'original. Le fait
que la mélodie « intensive » suit de près la division métrique
n'est pas pour surprendre, eu égard d’abord au principe posé touchant le changement du rythme dans une langue de paralléle avec son
altération phonétique, eu égard, ensuite,
à la
liberté du poète ou du compositeur de modifier l’accentuation
des mots suivant les besoins de la rythmopée. Quant aux règles
rythmiques qui se laissent discerner assez nettement, elles se
retrouvent pour la plupart à la base de la musique moderne.
Par conséquent,
il nous semblerait oiseux de
nous. étendre
aujourd’hui sur ce sujet, nous réservant d'y revenir,
La dernière main n'ayant été mise que
|
tout récemment à
certaines particularités de la mélodie, l’auteur se voit obligé de
préciser que quelques
corrections nécessitées'
de ce fait ne
sont pas visées dans les pages qui précèdent.
| CORRIGENDA. — P. 304 : la transcription Xrüsos est préférable. L
ro.
P. 305,1. 9, lire: ¿8%5. P. 308, en bas, lire : go6ew Aoyots. — P. 309,
1. 2, lire : «xt. — Même page, avant-dernière ligne : unteo.
Pagina 43
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Fig. 3. — Péan d'un compositeur athénien, découvert & Delphes (« Premier péan »), début.
Nouvelle transcription en notation moderne.
(Tous droits de reproduction réservés : voy. p. 845).
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Péan de Liménios, découvert à Delphes (« Second péan »), début,
Nouvelle transcription en notation moderne.
(Tous droits de reproduction réservés : voy. p. $45).
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L’auteur se réserve
pour tous les pays tous droits
de reproduction, transposition, harmonisation et exécution en concert public des morceaux de l'ancienne
musique hellénique édités dans le présent article, tels qw'ils ont été remaniés
par lui en leur texte poétique, leur rythme et leur mélodie.
(Fac- similés
déposés
au
Ministère
de l’Instruction
publique de Grèce
19 avril 4934, n* 22.792 du registre).
REG, XLVIL, 1934, nu 222,