Ordre musical et sagesse instinctive: quelques notions pythagoriciennes chez Clement d'Alexandria

Auteur
Pataki, E.
Verschenen in
Acta Antiqua Academiae Scientiarum
Jaar
2003
Onderwerp
CLEMENT
Taal
Français
Categorie
C2 Music
Archiefnummer
4166

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PATAULE Acta Ant. Hung. 43, 2003, 151-210 ELVIRA PATAKI ORDRE MUSICAL ET SAGESSE INSTINCTIVE : QUELQUES NOTIONS PYTHAGORICIENNES CHEZ CLEMENT D’ALEXANDRIE Summary: The paper which focuses on a myth of Pythagorean origin transformed by Clement of Alexandria (Profr. |, 1, 2: a cicada saves the lyric performance of Eunomos, which was in danger because of a broken string), and on a Pythagorean symbol treated in the Srromata (5, 5, 27: the cicada as the synonym of Logos) wants to emphasize the importance of the Pythagorism for him. Clement's views on music and harmony as principles of the cosmos, on kinship of the livings, on transmission of knowledge by symbols recall ideas generally assaciated with Pythagoras. The father attributes eminent role to Pythagoras among the Greeks having certain notions about God. His image of the Pythagorean “believer” contributes to the portrait ofthe real Gnostic. Key words: Clement of Alexandria, barbarian wisdom, Greek philosophy and Christianism, Pythagorism, musical harmony as a cosmic principle, hierarchy and kinship of the creatures, different levels ofthe intelligence, vegetarianism, symbolism as a way of transmission oftheological truth. L POINT DE DEPART : LE RÉCIT DE CLEMENT SUR EUNOME ET LA CIGALE Dans l’ouverture de son Protreptique, Clément d'Alexandrie avec l'intention d'amener les païens à croire la foi chrétienne évoque les mélodies des musiciens grecs, afin de convertir les Hellénes à l'harmonie nouvelle en les délivrant des ces mythes païens. Le prélude fait écho à Amphion qui élevait les murs de Thèbes en les animant par sa lyre, à Arion qui par son incantation gagnait le dauphin comme sauveteur, puis à Orphée qui apprivoisait les bêtes avec sa musique. Après avoir nommé ces musiciens célèbres, Clément choisit un thème moins connu, celui d’Eunome de Locres pour l’élaborer par modulation :! ! Protreptique 1,2, 2: « Je pourrais encore te raconter une légende sœur de celles-ci, te parler d'un autre chanteur, Eunome le Locrien, avec la cigale de Delphes : l'assemblée des Grecs applaudissait à Delphes la mort du dragon, tandis qu'Funome chantait l'épitaphios du reptile. l'hvmme du serpent ou son thrène ? — je ne puis le dire. Mais c'était le concours, et Eunome jouait à l'heure de la canicule. Derrière les feuilles, sur les collines, les cigales chantaient, brülees de soleil. Elles chantaient, non pas, certes, pour le dragon mort de Pvtho, mais pour le dieu très sage, sur un mode à elles, bien mieux que les airs d'Eunome. Une corde de Locrien se brise, la cigale vole jusque sur le joug de la cithare, et gazouille sur l'instrument comme sur une branche : s'accordant alors à son chant, le musi- 0044-5975 7 2003 /8 20.00 © 2003 Akademiai Kiadó, Budapest

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"Exowm’ dv vor cal &AXov tovtois dde pv öınyrioaodaı pùdov kai MOOV, Eùvouov tov Aokpòv Kal téttrya tov MubBicóv: raviyupis “EAAnveKn En vEKp@ Spaxovt ovvexpotetto MvBol, Errrapıov Épretoû Gdovtog Evvóuov: L’interpretation suivante se fonde sur une conception de Clément, selon laquelle l’approche des Grecs, la transmission du nouveau message est impossible sans un Úuvos À Apfivos Spews fv À dr, oùk Exw Aéyemv. 'Ayiwv dé Av Kal éxi06pitev Hog kavnatos EUvouoc, Önnvika ol téttiyeg Ind tots metdhors foov Ava tà Son Sepdpevor fiw. "Hidov Él dpa où TH dpdKovt, TH VEKPD, tH condition sine qua non dans ce cas est le rôle intermédiaire de la parole grecque, inséparable de l’érudition hellène, de la paideia, laquelle est appelée par Clément /e plus 152 MvOuk@, GAG 1H Ved tH navodgw abtdvopov wörv, tHv Evvóuov BeAtiova vouwv. ‘Pryvutat xopón TA Aokp®: épirtatar è TETLLE 1H Tuyú: étepéribev ws emi KAdéw tH dpydvw Kal TOD TÉTILYOS TH GOUUTL Ópuocánevos 6 wdc tv Aeitovoav AvenAnpwoe xopòriv. Obkouv wo TH Evvónov Ayeraı è TETTE, ws 6 ud0os PovAetar, xaikoîv ávaorioas Mudoî tov Etvouov avdtf ti ki Bapa Kal tov ouvaywviotv tod Aokpoî 6 de Exwv é@pirtatar cai dder éKwv. “EdAnot 6’ EÖOKEL ÜNOKPLING yeyovevat HOVOLKTIG. Les rythmes, les tropes du texte évoquent pour Norden la sophistique tardive, Mondésert compare son style à celui de Pindare.” L’importance de cette rédaction du mythe de père caractérisée par la distance ironique par rapport à la tradition hellénepaïenne est évidente. Le sujet du spectacle à Delphes est suivi par l’image de theatron kosmou, et la chanson nouvelle confrontée avec celle d’autrefois est la mélodie éclatante de la vérité, qui « répand au plus loin ses brillantes lumières, illumine de toutes parts ceux qui sont ensevelis dans les ténèbres », qui « débarrasse les hommes de I"erreur, leur offrant, comme une main très puissante, l'intelligence pour les sau- 153 mode de communication qui se repose sur la langue et la culture des appelés.* La beau et plus parfait des biens de la vie. 7 Le mythe d’Eunome, avec les autres allusions citées par lui, fait partie d'une collection culturelle grecque,* d’un système de pensée hérité, avec l'aide duquel le christianisme peut s'exprimer, être rédigé pour les Hellènes. Ceux-ci, comme les Juifs, d’après les idées de l'appel universel et de la revelatio generalis de Dieu,” sont d’une part naturellement disposés (GKOVELV Eükao)." d’autre part préparés à recevoir les mots du maître, car ils ont passé leur vie selon la justice qui a été donnée aux Grecs par la philosophie et aux Juifs par la Loi." Chez Clément, le moyen linguistique de la médiation de la véritable gnose chrétienne est sa langue maternellc, mais parler grec est pour lui une notion de valeur ambivalente. Selon l'essai de Le Boulluec," la langue grecque a une relation particulière avec la vérité pour ce père de l’Eglise. Dans ses œuvres, Clément aspire à l'évidence des Evangiles,'” qu'il oppose à la langue des Hellénes,, considérée comme un ornement qui cache l'essentiel, un style trompeur et bavard.'* La pratique de la langue grecque, I ¿Mnviterv.sert le plus souvent 4 détourner la foule de la vérité a la maniére des démagogues. "* Néanmoins, il y a une variante du langage grec, un ver ».” Clément appelle la musique d’Eunome nomos, dessin musical et ordre social ä la fois. Son contrepoint, le ton évangélique ct son incarnation musicale est signalé comme Logos,’ dont les auditeurs « vont relever la tête et se redresser, abandonner l'Hélicon et le Cithéron, pour habiter Sion. Car de Sion sortira la Loi et de Jérusalem le Logos du Seigneur ».° SC. Strom. 5, 3, 18: ...totg THY aoplav altofia tiv map’ attots dpextéov tà oikeia, de liv baorta dua tv ldluv els miotiv ddrnflelag elxdtug d@ikorvto. Pour le V° livre des Stromates je cite le texte d’A. LE BOULLUEC (trad. P. VOULET), Paris, 1981 (Sources Chrétiennes N° 278-279). Y Péd. 1,5, 16: fueîs tà xúMiota Kal redemtata tv Ev Bl Krnudtwv naudurcfi xpoonyopla tıurjoavtes rutôelav. On cite l'édition suivante: Clément d'Alexandrie: Le Pédagogue. Introd. et notes de H. I. MARROU, trad. M. HARL, Paris, 1960, Sources Chrétiennes N° 70. * Cf. W. JÄGER : Early Christianity and Greek Paideia, Cambridge Mass., 1961, p. 6. Sur l’atticien soutient ainsi la corde restante, Ce n'est donc pas le chant d'Eunome qui mut la cigale, comme le tude de Clément à l’égard de la mythologie grecque en général vair C. M. EDSMAN : Clement of Alexanveut la fable qui a fait dresser à Delphes, en statues d'airain, Eunome uvec sa cithare et sa concurdria and Greek Myths, Studia Patristica 31, 1997, p. 385-388. rente : celle-ci vole d'elle-même et chante à su fügen. Elle passe néanmoins aux yeux des Grecs pour * Sur l'appel universel et sa continuité tout du long de l'histoire humaine voir: P. AUBIN: Le avoir interprété cette musique. » Je cite le texte et la traduction de C, MONDESERT (Clément d'Alexandrie: Le Protreptique, Paris, 1941 et 1949). Je n'ai pas pu voir l'édition de M. MARCOVICH (Cleprobleme de la conversation, Etude sur un terme commun au Hellénisme et au Christianisme des trois premiers siècles, Paris, 1963, p. 113-136. A propos de la révélation générale voir l'étude classique de mentis Alexandriini Protrepticus, Leiden, 1995), E. MOLLAND : Clement of Alexandria on the Origin of Greek Philosophy, In: Opuscula patristica, Oslo, ;„er. MONDESERT (n. I), p. 27; E. NORDEN: Die Antike Kunstprosa, Leipzig, 1958, 11, p. 59. 3 Prot. 1,2,3:"H dé dig Stu udita TAUUYÈS dtoctiApouga pac Katavyatére NAVIN 1970, p, 117-141. tovs Ev OKÖTEL KvALVdoupEevoUs Kul Tis mAdvng Tolls dvOpwmous ANuAAUTIETw, Tv Urepratav Opéyovoa deEláv, tiv otveowy, el Owtnplav. (trad. de MONDESERT), "CF. Strom. 5, 4, 19. "Cf Strom, 6, 6, 45. A, LE BOULLUEC : Clément d'Alexandrie et la conversion du « parler grec ». In. Hellénismos, Y MONDESERT garde le mot grec. Sur sa richesse sémiorique chez Clément (par ex. discours ré- Quelques jalons pour une histoire d'identité grecque. Act. du coll. de Strasbourg, éd. S. SAÏD, Leyden, digé, raison liumaine, raison incréée, le Verbe divin, Second Personne de la Trinité) voir Gi. J, M. BAR- 1991, p, 233-251. Nous voudrions remercier Mme, F. LETOUBLON (Université Stendhal, Grenoble 111) TELINK, Jeux de mots autour de logos, de ses composés et dérivés chez les auteurs chrétiens. In. Mépour son aide qui a mis à notre disposition des œuvres indispensables pour cette étude et qui a bien voulu langes offerts à Ch. Mohrmann, Utrecht, 1963, en particulier p. 24-25 ; H, 1. MARROU : Hamanisme et christianisme chez Clément d'Alexandrie d'après le Pédugogue. in Recherches sur la tradition platonirevoir le texte français. cienne, Entret. Fond, Hardt 3, Genève, | 957, p. 192. Protr. 1,2,3: Où dE Avave UOUVIES kai avaripuvteg "Elıküva pév Kal Kıdaypva KUTUeuTOviwv, olkotvtwy DE Liv: "Ex yao Ludv EEeAeloetar vönog, cul Aöyog kupion EE "Tepovvedi", Aöyog olpaviog, è ywjowog dywwoTig eal rò muvtds kdopov DEÁTp utepavovpevog. (trad. de MONDESERT). Acta Ant. Hung. 43, 2003 Voir la caractérisation des Stromates (7, 118, 111): uit oùv TAG THEME obte TAG ppavemg Utoydtovtat... kal Tv AEE ovx “FAAnves elvan Borkovrar. Sur fa simplicité de la langue évangélique voir par ex. Protr. 7, 77,1, "Cf. Strom. 1,2, 20 : 2, 1,3; 6, 17, 151 etc. 5 Cf. Strom. 2, ld ixavòv yàp di tobto (le discours grec) anodnnaywyeiv tis dAndelac Tote MOAAUIC.

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155 système des signes, le genre symbolique, lequel — comme les langues barbares et L'auteur païen réprimande les hommes qui en admirant les spectacles du cirque et du l’hébreu de l’ Ancien Testament — est apte à dire la vérité, paradoxalement à la fois théâtre perdent leur raison, en subissant ainsi une métamorphose contraire à celle des indirectement et en la révélant. Le mythe d’Eunome et du tetzix, de la cigale'* est considéré dans l’interprétaêtres irrationnelsinspirés par Arion et Orphée.” L'analyse d’Emmet, en se concenqui est davantage qu’une anecdote dans le style grec, utilisée par un auteur quis’intetrant sur l’activité du Thrace et sur celle du Thébain, sépare distinctement l’ancienne et la nouvelle musique. Tant que la vie créée par l’effet des chansons hellénes reste à un niveau matériel et bestial, dit-il, le but de la nouvelle mélodie est de réaliser une resse à l’histoire naturelle.'” Il s’agit d’une narration grecque énigmatique, laquelle, existence qui surpasse l’irrationnel. Selon ce chercheur, ce procès est impossible sans semble-t-il, racontait pour quelques Grecs autrefois quelque chose de plus qu’elleéviter la paideia grecque, qui passe chez lui pour un pharmacon négatif? Bien que tion qui suit comme une manifestation de ce discours symbolique, comme un récit même, et qui a été choisie par un chrétien extrêmement grec. afin qu’elle devienne, l'analyste décéle des réminiscences platoniciennes, il sembleignorer que le mot pharaprès un deuxième degré de cryptage, un mythos qui représente le Logos chrétien et macon (qui, par ailleurs, est connu 4 partir du Phédre, d'un dialogue avec beaucoup universel. L'étude, vu la densité de la pensée, ne peut être que partielle. Après avoir réd'importance aussi à la notion platonicienne de la musique qu'à la cigale?3) a une vasumé les interprétations les plus importantes du mythe du Protreptique, on voudrait ajouter quelques remarques. D’une part, sur le rôle des nombreux images musicales utilisées par Clément, en étudiant quelques sources possibles de ces métaphores : d’autre part sur sa conception concernant les formes diverses de la sagesse, en particulier celle des Grecs!" et (à cause de la cigale) d'autres êtres créés. La fin de l’étude, en évoquant le symbole du tettix des Stromates (5, 5, 27) vas’attacher à cette image en l’approchant de la notion du symbole, de ce moyen sémiotique universel de la transmission de la vérité divine aux hommes. leur polyvalente, étant remède et poison à la fois. Clément d'Alexandrie, qui emploie le mot pour désigner ses Stromates,”* appelle pharmacon aussi la nouvelle musique du Protreptique, en utilisant l’aspect positif de cette duplicité sémantique.** L’argumentation d’Emmet sur l’être humain qui surpasse les animaux, vaut elle-même aussi quelques remarques à ajouter. D’une part, la cigale (qui est plutôt chanteur que l’objet de quelque incantation) passe chez les Grecs pour un animal atypique. D'autre part, on verra que la thèse qui souligne la supériorité absolue de la raison humaine, ne s’accorde pas au concept de Clément sur la sagesse naturelle. Un autre savant, Marcovich, fait deriver le mythe d’Eunome d’un traité hermétique comme source directe et considère le chant du tettix comme la manifestation de la volonté divine: « this cicada was a godsend ».°° Sa lecture ne dit pas clairement I. QUELQUES ANALYSES DU MYTHE D’EUNOME qui est la divinité dans sa notion de /'envoyé divin: Apollon, le païen, ou le Dieu de DANS LE PROTREPTIQUE la nouvelle foi ? Faute d'une définition précise concernant le genre du chant (hymne ou threne ?) le sens du mythe devient bien compliqué : il s’agit vraiment d’ Apollon Parmi les interprétations — peu nombreuses!” - du texte de Clément, rédigé vers 190 après J.-C., les analyses qui opposent radicalement la musique païenne et la mélodie évangélique sont dominantes. Ainsi, le chanteur locrien est considéré par Halton comme le représentant de la culture vénéneuse des Grecs; différente du qui se précipite au secours du chanteur pour garder la mémoire du dragon (adversaire noble ou monstre méchant ?) qu'il a vaincu lui-même ? Christ, du nouveau cithariste qui a offert une musique tout à fait diverse de la musique dionysiaque vaincue.? Un autre savant veut retrouver la source directe du catalogue des musiciens mythiques dans un discours de Dion Chrysostome, adressé aux gens d'Alexandrie. ** Le mot est du genre masculin en grec. "7 Clément, par ailleurs,<apprécie beaucoup les mirabilia des animaux, cf. MARROU (n. 4), p. 188. TM Quelques comptes rendus importants: E. MOLLAND (n. 9), 117-141; C. DANIELOU: Message évangélique et culture hellénistique au IF et HI siècle, 1990%, p. 50-72 ; S. R C. LiLLA: Clement of Alexandria, Oxford, 1971, p. 9-59; D, RIDINGS: The Artic Moses. The Depañdintev Theme in Some Early Christian Writers, Goeteborg, 1995, p. 118-139. "L, EMMET: Clement of Alexandria's Protrepticus and Dio Chrvsostom's Alexandrian Oration, Studia Patristica 36, 2001, p. 409-415. Dion dans ses œuvres n’évoque Eunome nulle part. Il faut remarquer que l’ancien sophiste converti à la philosophie se représente comme un tertix (Or. 47, 16). A propos de la liste des chanteurs, Euname est mentionné parmi les musiciens mythiques dans un catalogue de Lucien (Var. Hist. 2, 15), vraisemblablement écrit avant le Protreptique. - U. NEYMEYR souligne le caractère polémique de l'œuvre de Clément contre le Protreptique de Galien, lequel convertit ses lecteurs à la médecine (Der Protreptikos des Clemens und des Galen, Studia Patristica, 36, 2001. p. 445449.) 2 Cf. EMMETT {n. 21), p. 410: « ... nor to behave like irrational animals » :i p. 412: « Greek culture is a drug, pharmakon, which the listener must seek to avoid. » Voir l'énumération des parallèles chez G. W. BUTTERWORTH : Clement of Alexandria's Protrepticius and the Phaedrus of Plata, CQ 10, 1916, p. 198-203. Y Strom. I: 1, IE: brropvrpata eis yiipug Onoaupiterae, ANOns pépuarov. 1 On ne tient pas compte de l'avis de W. SCOTT (Hermetica, London, 1968, 11, p. 473) selon qui 3 Protr. |, 2, 4: Aldeı dé ye O Etivopog 6 ¿nOs vv Tv Tepadvòpov VOLOV OUdÈ TOV Kn- « Clemens ignores the point of the story for he uses it merely to show that, according the mistaken animals have sc been charmed by music. » L’auteur ne dit pas ce qui est le point of the story. na =" HALTON: Clement's lyre. A broken string, a new song, The Second Century 3, 1983, p. alıvoc. onde wiv Hpúyiov A i Aúótov ij AGPLOV, GARG. TC «avc appoviag tov diduov VOLOV, TOV depuviımov tot Aeod. TO dupa TO KULVOV, TO Agviticóv, “vameviés T Gyodov TE, Kuküv EitlAndes andavrov” yAuKY ti Kal GANOLVOV pépuarov nedoñc éykeKpatat té) doputi. Clément cite beliefs of the Pagans, -19 Acta Ant. Hung. 43. 2003 VOdvssée, 4, 221. # M. MARCOVICH : Clement of Alexandria, Protrepticus, Studia Patristica 31, 1997, p. 452-463.

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157 Le récit sur lequel l'interprétation de Marcovich sc fonde soulève beaucoup de Le discours passe généralement pour « un insipide morceau de rhétorique ».”” questions. Les problèmes textuels et chronologiques qui caractérisent ce corpus de Hors de la différence des niveaux esthétiques des œuvres, il y a aussi d’autres différences entre cette version du mythe de celle du Protreptique, qui, à notre avis ne peut pensées hétéroclites,” dans le cas du traité XVII se présentent particulièrement souvent. Ce discours est mêlé de fragments incohérents : son préambule (ch. 1-10) parle des passions corporelles qui menacent l’âme, puis de l’aide divine; la deuxiéme partie (l’éloge d’un être divin paternel comparé au soleil, ch. 11-14), est suivie par la louange de certains empereurs inconnus (ch. 15-16).”° Le narrateur anonyme se représente lui-même comme un instrument musical dans la main d’un être divin, du compositeur cosmique qui réalise l’harmonie dans le monde et dans l’âme humaine. Selon le raisonnement du texte, si le son n’est pas clair, on ne doit incriminer ni le musicien (alors l’homme mortel et son âme-instrument), ni le maître de l'harmonie absolue. La raison de l'échec est l'insuffisance de l’instrument, causée par les passions corporelles. Ÿ La divinité corrige parfois le ton — c’est ici le moment rhétorique où le narrateur peut insérer le mythe d’Eunome : Aéyetau pév ó tiva Kidapwddv tov tc povoovpyiag Ébopov Beóv Eyovta eduevñ, ErELÖN évaywviov tiv k10apwèiav rovovuévw À vevpá payetoa MOS ÉUTOLOV tic AOANGEwWS adTH yeyévntaL, Tov Mapa TOD KpeiTTovog £ÜHEvés tiv vevpdv diverhiipwoev abt Kal tig evdoxiurjoews mapeoxe tiv xGptv. dvri yap tig veupas at téttrya Kata xpôvorav TOD KpEittovos Épibévovta dvarànpodv tov pélos Kal TG veupäg dukätzev Tv XWpav, TOV KLOGOWSOV dè tí vhs veupôs idoer ts Absıng mavoduevov, tig vikns ÉOXNKÉvOL tiv evdo- Klunov. TR. REITZENSTEIN a pris des arguments pour une origine égypto-iranienne (Poimandres, Leipzig, 1904); l’édition citée ici d'A. D. NOCK et A.-J. FESTUGIERE (Hermès Trismegiste : Traités, Tome Ul. Traités XIN-XVIN et Asclepius, Paris, 1960) souligne la présence de la philosophie grecque mêlée avec des éléments juifs ; B. P. COPENHAVER (The Greek Corpus Hermeticum and the Latin ‚dsclepius, Cambridge Mass. 1992) considère le corpus comme un document de la culture grecque-égyptienne à parêtre considérée dépendant d'elle. Bien que le mythe pscudo-hermétique considère la cigale comme une envoyée de la Divinité, bien que le rhéteur inconnu, en parlant du complément de l'harmonie, utilise des termes communs avec les autres versions grecques (on va les voir tout de suite), son discours, en éliminant les motifs de Delphes et Locres. en représentant la providence comme protagoniste se trouve en dehors de la tradition grecque.”* La marque la plus caractéristique de la narration de Clément est son raisonnement concernant la présence — et non l'apparition - du ¢e/tix. Dans la mise au point du Protreptique, selon la légende hellène, la cigale a été attirée par la musique d’Eunome vers le lieu du concours, où (encore une fois selon l'interprétation erronée des Grecs) elle a joué comme un artiste intentionnel. Chez Clément, la cigale enflammée par le soleil d'été** entonne son chant propre, qui n’est adressé ni au dragon, ni à son vainqueur, mais 4 Dieu seul et omniscient. Son chant, une exaltation spontanée, est meilleur que le jeu maniéré d’Eunome, et ce n'est pas la cigale qui adapte sa chanson à celle de la lyre, mais c’est le musicien qui accompagne avec son instrument la voix du tettix. Dans la narration de Clément, le chant de la cigale, à la fois autonome et automatique, à la manière d'un phénomène naturel, devient indépendant de l'activité du Locrien. A l’heure de la chaleur, l’animal chante à cause de sa capacité innée. Ce louangeur de Dieu est inspiré par ses forces innées, qui lui ont été données à la naissance, mais il n'est pas du tout un envoyé du ciel. On peut se hasarder à dire qu'il participe à une sorte de savoir, à une capacité artistique naturelle, au contraire des avis des Grecs païens, qui regardent le récit comme une démonstration de l'effet de la musique humaine. La conception de l'art, de la sagesse du tettix, peut sembler à la fois banale et exagérée. Or, on doit invoquer l'étude de Merkelbach qui a non seulement reconnu la vraie nature de la relation entre les deux musiques, ? mais aussi identifié Eunome avec Clément lui-même, et la cigale avec le Christ, qui est le Logos éternel, qui actir des éres ptolemaiciennes jusqu’au christianisme, qui allie cosmologie, sotérologie et eschatologie. Le traité XVIII est daté unanimement autours de l’an 300 après J.-C. Cette chronologie elle-même peut mettre en doute l'idée de MARCOVICH. TM Les traités XVI-XVIII ne font partie que d’une tradition des manuscrites. Tant que REINTZENSTEIN (n. 27) les a considérés originaux, aujourd’hui on nie leurs authenticité et la présence de l’esprit hermétique, voir A. J. FESTUGIERE : Hermetisme et mystique païenne, Paris, 1967, p. 13-14 ; W. SCOTT {n. 19), I, p. 461 ; G. FOWDEN : The Egyptian Hermes, Princeton, 1993, p. 18. n Voir la division du texte chez NOCK-FESTUGIERE (n. 27), p. 244. Un parallèle avec cette pensée se trouve chez Philon, De spec. leg. 2, 246 : obdé yap porno KNV ERLOELKVÖHEVÖV tiva di abddOv À pus Kui apódpa kuropbodvra Tapuneupinevor rà Spyava Knpuyudtwy Kal tidy dELodpev. "Corp. Herm, 18, 6. « Ainsi dit-on d'un citharéde qui serait rendu propice le dieu qui préside d la musique, qu'un jour, comme il jouait de la cithure dans un concours, lu rupture d'une corde l'enrpechait de continuer la lune, la faveur de l'Etre supreme remplit pour lui le rôle de la corde et lui donna la grâce du succès : par remplacer la corde en effet, par la providence de la Divinité, une cigale vint se poser sur la lvre afin de compléter l'accord en occupant la place même de lu corde, et ainsi le citharede, console de su peine par le remède apporté à la corde, remporta l'honneur de la victoire. » Trad. de FESTUGIERE. Acta Ant. Hung. 43, 2003 ‘2° NOCK-FESTUGIERE (n. 27), p. 244. Voir aussi REITZENSTEIN, p. 199 et COPENHAVER (n. 27), p. 209. ® Une autre version du mythe qui neutralise les motifs grecs se lit dans une lettre de PseudoJulien (Ep. 186), datée vers 325 apr. J-C. par BIDEZ-CUMONT (Julien : Lettres er fragments, Paris, 1960, p. 421). D'après Clément, la voix des êtres devient plus claire et forte à cause de la chaleur, cf. Pédag. 2, 10, 84. L'idée évoque une autre notion de Clément selon laquelle certaines circonstances physiques (la particularité de Mair, la présence de l'eau ou des vapeurs) peuvent faire naître un état psychique qui est indispensable pour l'inspiration prophétique, cf. Strom. 1, 135, 2. Peut-être aussi l'énigmatique 10 evade tot dépos (Strom, 7, 37. 12) voudrait remémorer les conditions physiques de la communication avec la puissance divine, « Ce n'était pas la cigale. qui remplagait Euname, mais bien plutôt lui-même qui changeait sa mélodie, de manière à l'adapter au ton de la cigale », R. MERKELBACH : Une petite énigme dans le prologue du Protreptique, in Alexandrina, Mélanges offerts à C. Mondésert, Paris, 1987, p. 192.

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159 complit le nomos, la Loi de l’Ancien Testament. À côté de ce petit essai plein d’infragment paradoxographique, "| en donnant des arguments pour l'apparition du tettix, tuition (mais qui, malheureusement apporte peu d’arguments) les idées de Clément parlent d'une corde rompue et du remplacement du ton par la cigale, en utilisant les concemant les capacités mentales des étres dits irrationnels laissent prévoir que la mêmes termes ( ‘pfyvuu et ses dérivés, ÉKTANDHOELE, ÉTANPOU ). cigale peut être regardée comme représentatrice d’une intelligence, laquelle peut par- Les auteurs cités considèrent le ton de la lyre comme une entité physique, et supposent que la lésion causée par la corde rompue, le vide de la continuité vocalique, est remplaçable, l'harmonie trébuchante peut être guérie, rétablie par une voix de la nature. Bien que les sources n'appellent pas directement l'apparition de la cigalc une action consciente selon leur vocabulaire, l’animal, en remplaçant le son qui manque fois surpasser celle des hommes. Avant tout, une seule remarque : le terme OvvaywVLOTAG, utilisé par rapport à la cigale d’Eunome, à la fin de l'œuvre même et dans le Pédagogue se rapporte au Christ, une fois comme l’auxiliaire des créatures, l’autre fois comme celui du projet de Dieu. du procès musical, contribue instinctivement à la réalisation d’une harmonie établie jadis. III. LES AUTRES VERSIONS DU MYTHE D’EUNOME. LES PROTAGONISTES : QUELQUES ASSOCIATIONS À propos de la provenance d’Eunome: son nom (authentique, par ailleurs de celui d’un frère de Pythagore“2) évoque la notion d’eunomie, une conception grecque relative à la vie sociale. La notion remonte à l’époque archaïque: selon la généalogie AVEC LE NOM D’EUNOME ET LE SYMBOLISME d'Hésiode* Eunomie, la fille de Thémis, est une des Heures, qui comme ses sœurs, DE LA CIGALE DANS personnifie un aspect de l’ordre et du bonheur social. Elle est devenue un slogan po- LA TRADITION GRECQUE litique pendant la guerre du Peloponnese.” On connait son culte 4 Athénes et sa reAvant d’analyser cette sagesse particuliére, il est nécessaire de résumer les verpresentation dans l’iconographie, où elle est figurée en général associée à Eukleia et sions classiques du mythe d’Eunome et les motifs les plus importants de l’image de Paideia, mais parfois (par ex. sur un vase d’Apulie du [V* siècle av. J.-C.) elle apparait la cigale dans la religion grecque, car le discours de Clément, malgré son ironie et son intention de réfuter les avis faux des Grecs, fait partie intégrante de la tradition comme la prétresse d’Apollon, qui est le nomos par excellence.‘ Parceoque sa correspondance au dieu de Delphes se trouve aussi dans les sources écrites,“ on peut faire helléne. l'hypothèse que I’Eunome de notre mythe peut avoir lui aussi une relation avec cette La première version de l’histoire remonte à l’hellénisme, son issue dernière 37 au VI° siècle après J.-C., mais c’est vraisemblable que le mythe local a été connu dès le VII siècle avant J.-C. En ce qui concerne les circonstances du concours, le sujet et les auditeurs de la musique, les sources donnent des informations diverses. Cependant, elles sont d’accord sur le nom, l’origine et le partenaire du chanteur: Eunome, le Locrien (dont le nom veut dire bon chant, bonne loi) est aidé par une cigale. Un autre point commun : les textes (celui de Strabo”¿Qui remonte à l'œuvre historique de Timée, celui de Conon, transmis par Photios” et deux épigrammes“) sauf un kal tic dt’ attouäto) kápas exi Thxuv Erıntüg TETTLE ExArpov tovAAurèg appovius. L'auteur inconnu utilise la notion d’automatisme (v. 7) qui est présenté aussi chez Clément. [| implique un jeu de mots (la corde rompue ne donne pas - ovx Evenev - le son convenable), qui remémore celui d'Eunome-nomos, également chez Clément. La chronologie du texte est incertaine, un échange lexical ne crée qu’une relation avec Paul le Silentiaire (le nom d'adversaire est Zxráptic, chez Paul Thap8ic): AG 6, 54, 4-8 (Paul le Silentiaire) : GA Bra di) WAaKTOW Aokpic Expete YÉAUG. Bpayxóv tetpryvia Aúpas cexdprace yopod. mpiv dé péroc oder etitodog Gppoviac, Ufpòv émutpitarv Kıddpag bite eto TÉTTLE kal tov drrorgauévos mOdyyov itmANe piton : CE Prot. 10, 110, 3 : ywrjowog yap tv éyuviotis Kal TOD TAGOATOG GUVaywvLUTIs ; Ped. 1, 8, 63: Toûto de tvdelkvurat Eoyw TaLdaymyayv avróv Adyw. Bc TAG TOD Beod PiavOpwrrías VVvayWWOTTG yvijotos. Clément n'utilise plus le mot ia seule fois, pour signifier le corps, par lequel se réalise l’action de l'âme chrétienne (Péd. 1, 13, 102): fl pév TPAELG ñ tov Xpistiavod IVUS Evepyeut.. . u& TON ovu@uofig Kal cuvaywvictod Martos éxteAoupevn.. 59 Théophylacte Simocatta Quest. Nat. ch. $. * Strab. Géogr. 6, 1,9: ...edooKuuelv undev Ättov Tàv "Aplutwvu kai Ev Éimidi Tv vienv Exe, vor HÉVTOL TOV Eövonov rai avidleivar tiv AexUelvuv eikövu Ev TI Tutpidi, Exedy KOTU tov GyÓva prác tv yopdev paytiong ÉTLOTÈC tert EKTMANPWUELE TOv pUóyyov. Y Phot. Bibl. 186, 131 b: epitiy Eivonog ta “Pryive _TÉTTLYOS, Of Kputet TOD dvtaywviatas, Ertuxdpdov yap tore tig üppoviug oliong, kui AG Puyeiang THY Xupd'v. TEITLS enınüs TH «pa TÓ Alo dvenkipmge rs wis. AG 9, 584, 3-8 (adesp.) : aidhov Ev KLOGpy vónov éxpeKov * Ev dé peoeúva WOE POL XOPOÈV TAGKTPOV duteKpELGOEV. kai por PBdyyov Erolpov démavixu Kaipos artes, els dxods Pula tebtpeKes oùk Evepev Acta Ant. Hung. 43, 2003 *! Paradox Smag. 1,2: - EIMPEPT|GAVTOS d' ovv tot Su év ti) dy@viEvicngev Etivo- Og o AOKPÒG Tape TOLAEÚTNV aitiav - göuvrog, aubtod peraEd terme Ed tv Alipav ÉTUTAG Dev, y de raviyvpic aveßönoev éti tH veyovéri Kui Exélevgev £üv. Le texte d'auteur inconnu, attribué longtemps à Antigone, fait partie d'un recueil paradoxographique rassemblé à l'époque byzantine, cf. Antigone de Carvste: Fragments. Texte établ. et trad. par T. DORANDI, Paris, 1999, p. XI-XVIN. "2 Cf. Diogéne Laërce 8, 2. L'article du Neue Pauly (1998, 4, p. 255) ne mentionne qu'une victime d’Heracles et le roi laconien. M Cf. Trav. 75, Théog. 901. Voir aussi Aleman fr. PMG 64 ; Pindare P, 5, 66-67 ; Tyrtée IEG fr. 1-4 : Solon IEG fr. 44, 32-38. 4 Cf. M. OSTWALD: Nomos and the Beginnings of the Athenian Democracy, Oxford, 1969, Pe 85-94. > Cf. LIMC IV. 62-63 et H. A. SHAPIRO: Personifications in Greek Art, Zurich, 1993, p. 79-86. Voir aussi l’oinochoe de Budapest chez SHAPIRO, fig. 23 (Eunomie avec le rameau de laurier). * Timothée implore Pythios pour l’eunomie (fr. 15).

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notion” qui est, semble-t-il, autant esthétique ct religieuse que politique. La notion el’? et de sa naissance à partir du sol avec abandon de son corps ancien pendant l’équipolitique de l’eunomie se rencontre surtout par rapport à la constitution laconienne noxe printanier,”* elle est l' incarnation. de l’auto-régénération et de l'autochthonie.*” Son envolée vers le haut une fois né,* la subtilité de sa nourriture avec la rosée du 161 inspirée par Delphes, Diogène Laërce la mentionne comme une conception platonicienne. A partir du contexte musical du récit, on est porté à croire que la notion d’euciel comme aliment unique ? le fait parvenir de la région chthonienne presque indirectenomie doit avoir aussi une dimension musicale. Selon cet aspect, l’ordre d'une comcorruptibilité. N’ayant pas de sang, elle passe pour un être rationnel sans passions. munauté bien légitimée, soit l’eunomie sociale, est un phénomène analogue a l’harmonie réalisée dans le nomos musical, étant tous les deux les manifestations d'un activée par les rayons du soleil atteint son sommet à midi, l'heure par excellence de ment aux cieux, sans passer beaucoup de temps à la sphère de la matière, de la La voix des mâles de la cigale (les femelles sont considérées comme muettes), ordre cosmique, qui dirige le monde et l'âme humaine. De ce point de vue il est remarquable que la notion d’eunomie soit présente dans le conglomérat pythagol'épiphanie divine,” qui peut exercer une influence double sur les mortels. En effet. ricien. Elle est mentionnée 4 propos de Numa,” le roi pythagoricien de Rome. Plude la protection de la civilisation, après la rencontre divine (appelée nympholepsis tarque témoigne de l’influence du pythagorisme sur la législation des cités de Grande dans les sources) perdent leur vue, leurs capacités mentales, quelquefois aussi leur vie. Or il y a aussi des hommes qui avec la perte de leur raison obtiennent une con- Grèce, de plus, la conception apparaît aussi chez les auteurs de pythagorisme tardif.” Selon la tradition," Pythagore, banni de Crotone, se dirige vers Locres et le législateur de cette ville, Zaleucos est son éléve.” La constitution locrienne, représentée il y a des mortels qui pendant cette période, restent dans la nature sauvage, en dehors science plus haute et deviennent clairvoyants, poètes. La voix du tertix, l’unique phénoméne acoustique de la nature morte de la chaleur et du sommeil, s’associe au soleil, a Apollon." aux Muses. Son bruit instinctif passe pour un discours® ou mieux comme une symphonie, est déduite par Diodore de Sicile de l’idée de l’ordre musical et social à la fois, incorporée dans la notion du nomos. Platon, dans les Lois et dans le Timée, vante Locres, la patrie du protagoniste de ce dernier dialogue, comme une une musique chez les Grecs. AristoteTM et les auteurs lyriques le caractérisent avec des termes musicaux, la cigale est protégée par les dieux” (une sorte de récompense cité à très haut niveau d’eunomie.” Dans ses autres œuvres, Clément utilise la notion pour son art). Avec l'abeille et l'oiseau, la cigale est à partir des temps archaïques politique en rappelant la constitution laconienne, une autre fois en expulsant les artisans des produits de luxe de l’eunomie de la société chrétienne. une métaphore essentielle du chanteur, du poète." Le tettix, avec sa voix qui domine le paysage d'été de la Méditerranée, est un symbole polyvalent. Sa biologie paradoxale abonde en caractères spécifiques qui font de lui le symbole d’une existence différente de la condition humaine. Dans les textes qui traitent ses interactions avec les mortels et les immortels, ses dispositions naturelles se présentent comme un comportement conscient, comme l'indice d'une existence immatérielle et concentrée sur le spirituel. A cause de sa procréation sans rapport sexu- ** Cf. Plat, Symp. 191 c ; Plut. Mor. 767 c. % Cf. Arist. HA 566 a. Les anciens habitants d'Athènes portaient des cigales d'or dans leur cheveux pour exprimer leur caractère aborigène, cf. Thuc. 1, 6, 3. Au contraire des auteurs païens selon lesquels cette coiffure est l'héritage d'un passé magnifique (par ex. Aristoph. Cav. 1322 seq. Nuées 984 seq.), Clément bläme cette mode comme la manifestation de leurs mœurs légères (Pédag. 2, 10, 105): td ynyevèsoc GANOts dneuwokale kıvardlag évderviipevo.. C'est le seul passage chez Clément où la cigale figure dans un contexte négatif. On trouve une estimation morale semblable chez Plutarque (cité nulle part directement par Clément, mais, ayant une influence forte sur lui), qui considère la disparition de cette frisure comme * Une relation possible du mythe d'Eunome et de la notion politique est mentionnée sans argumentation par D. MUST!: Le lamine orfiche e lu religiosità d'area locrese, QU n.s. 16, 1984, p. 61-83. “CF. Plut. Vies, Lye. 5, 3; 29, 6; 30, 2 et Mor, 239 f 127 b — Diogéne Laérce 3, 103. Y Cr. Plut. Vies, Numa 6, 3; 20, 3. 3" Voir Plut. Mor. 777 a, Sur la métaphore pythagoricienne de l’état-lyre, sur l'eunomie qui est considérée comme la base du bonheur social (eudaimorie), de l'harmonie commune du monde, des établissements sociaux et de l'individu voir les fragments chez H. THESLEFF (An Introduction to the Pythagorean Writings of the Hellenistic Period, Abo, 1961, p. 13-14 et 19), Voir Dicéarque fr, 34 Wehrli. Les Locriens refusent de donner asile au philosophe. Ce fait, contrairement à E. CIACERI (La storia della Magna Grecia Milano-Roma-Napoli, 1927, p. 132), ne peut pas être simplement interprété comme la manifestation d'un caractère antipythagoricien de la ville. Selon MUSTI (n. 47, p. 70) Dicéarque raconte l'anecdote inconnue par ailleurs avec l'intention de balancer l’intluence très forte du pythagorisme locrien. Sur les pythagoriciens de la ville voir Cie. De fin. 5, 29; Diogène Laërce 8, 46 et THESLEFF (n. 50),p. 21-23; GIANELLI (Culti e miti della Magna Grecia, Firenze) 19637, p. 269. 2 Diodore de Sicile 12. 20; Jamblique, Vie de Pythagore ( par la suite VP) 7, 33. Selon Clément, la législation de Zaleucos est inspirée par Athénée, Strom. 1,26, 17 3 Plat. Tim. 20 a : edvopotótos div nökewg Tis ev "Teal Aokpidog. (cf. Procl. /n Tim. 20); Leg. 638 b: vi (les Locriens) di) dokoDdotv EDVORKTUTOL TOV MEPL eketvov TOV tÓJTOV yeyovevan, L’idée revient chez Jamblique, VP 7, 33: Zadeixov tod Aokpob, dt’ wy aivountata: cubdevoti AwTOL tuîs TepLoikorg HEYPL TOALOD ÖLETEAEOUV. $ Cr. Strom. 1, 14, 60 ; 5, 14, 136; Pédag.2, 3, 35;2, 8, 65. Acta Ant, Hung. 43. 2003 l’évanouissement d'une somptuosité superflue (De pyth. orac. 406 d). L'autre passage de Clément concernant E autochthonie des Athéniens ne mentionne que leur roi biforme, Cécrops (Strom. |, 21, 102). 5% L'élan vers le haut est la direction la plus importante pour tous les mouvements métaphysiquespirituels. Voir chez Clément lejeu avec les préfixes avé- et xatd- qui évoquent les images de la captivité et,du vol libre (Protr. 1, 2, 3; 1,3. 2; Péd. 2, 4, 41 etc). “Cf. Ps.-Hesiode Bouclier, (394-395) et Arist. PA 682 a, HA 532 b, selon qui la cigale n’a pas de bouche - ainsi, faute de parler, son seul moyen de communiquer est la musique. Selon Platon elle passe sa vie à chanter, sans manger ni boire (Phedr. 259 c : Goudy TE Kal ürovov ed@lic dev), chez Philon sa nourriture est l'air. (De vit. cont. 35, 6). ® Voir Arist. PA 682 a et le makarismos des Anacreontea 34: Gobé, ynyevñs, dive, da Aric. Avayıöoupee> oxebdv el Bevíc Önorog. Sur la possibilité desimages chrétiennes et stoïciennes dans cette weuvre voir: A. DIHLE: The Poem on the Cicada, HSPh 71, 1967, p. 107-113, tl Voir R. CAILLOIS: Les démons de midi, RHR 115-116, 1937, p. 142-173, 54-83, 143-186 et W. SPEYER: Mittag und Mitternacht als heilige Zeiten in Antike und Christentum, in Vivarium. JbAC Ergänzb. 11, 1984, p. 315-326. 2 Cf. Alcée, frg. 307 d LP, la cigale esi le héraut de l'arrivée printanière du Dieu. N Voir la comparaison des vieillards de Troie aux cigales chez Homère (//iade 3, 149-153). Arist. HA 535 b, Resp. 475 a. AGI. e 122: 264; 273: 372; 373: Vita Aesop. ch. 99. ©CF. Archilaque fr. 223 West; lesépigrammes de Simonide (chez Athén.10, 456 f ; 15, 680 d) : un ainos de Stésichore, cité par Aristote (Rher. 1395 a = fry. 281 PMG); Pratin fr. 709 PMG (le tertir

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Cependant, il y a des proverbes, dans lesquels la bête n'incarne qu’un comportement négatif (la paresse, le bavardage).°” A cause de la coloration pythagoricienne „du mythe d’Eunome, on doit souligner que les auteurs de la comédie moyenne” emploient sa figure pour caractériser les disciples de Pythagore, qui adorent Apollon, ne boivent que de l’eau, et dans la constance de leur ascèse méditent sur des sujets absolument inutiles, même dans la chaleur insupportable de midi.” L'image du pythagoricien comme cigale pourrait sembler étonnante, en évoquant la règle pythagoricienne du silence, cette condition de l’âme, laquelle d’une part, en guise d’ une preuve d'initiation rend possible la participation à la sagesse pour les débutants,” et d’autre part, garantit le maintien de la doctrine." Selon la tradition, les ütouvhuata, les notes sur la doctrine, prises peut-être par les disciples de Pythagore, après la mort du maître ont été laissées à sa fille, qui les a transmises à la petite-fille du philosophe, gardant ainsi le secret.” La sagesse, la discrétion et la persévérance des femmes pythagoriciennes sont bien connues, Clément lui-même les 163 l'ardeur de midi exhorte son compagnon à la concentration mentale au lieu de s’endormir — les cigales ont été formées à partir des mortels du premier âge de la terre, qui en écoutant la musique cosmique de la création du monde, se sont oubliées ellesmêmes et ont oublié les besoins indispensables de la vie jusqu’à abandonner leur existence humaine. Les cigales nées de cette métamorphose sont devenues des messagers divins qui servent intermédiaires entre les humains et les immortels, et qui à cause de leur être ailé, nourri de la rosée, ressemblent aux âmes habitant parmi les idées, nourries de raison et de sagesse avant d'être emprisonnées par la chair. La musique de la cigale est donc un pharmacon ambivalent. Pour les mortels au corps souillé qui se concentrent sur les nécessités matérielles, elle fonctionne comme un somnifère qui empêche la possibilité de rencontrer le divin. Pour les autres, les mortels qui sont vigilants à midi, en rappelant les expériences célestes elle réveille l'envie de la cognition philosophique et aide l'abandon sans crainte d’euxmêmes aux puissances spirituelles. évoque. 93 Le point commun des femmes et du tettix: la tradition littéraire propose Il y a des analyses modernes qui, au lieu d’une libération désirable” jugent souvent lafemelle muette du tettix comme modèle de comportement pour les femmes cette métamorphose comme une dé ia une chute de la condition humaine vers le niveau végétatif des animaux.’ Néanmoins, dans la réception platonicienne, la bavardes,” et, il y a une source, très tardive, admettons-le, qui assimile la femelle du tettix par excellenceà une femme pythagoricienne. A Aprés les représentations de ces notions religieuses par l'épopée, par le lyrisme, la cigale fait avec Platon, dans le cadre d’un mythe étiologique (Phèdre 258 e) son entrée dans le domaine de la philosophie. Selon le Socrate du dialogue — qui á cigale est l’emblème positif de l’autarcie spirituelle du sage, de Platon lui-même." Son ascèse préfigure la contemplation philosophique qui à cause de l'impossibilité d’abandon complet du corps ne manque pas d’ironie. A l’âge impérial, comme les autres motifs du paysage du Phedre, elle devient un élément décoratif presque obligatoire du discours philosophique.” Pour l'auteur du Protreptique un traité de Philon est extrêmement important. comme le représentant de la musique dorienne) ; Callimaque fr. |. Pfeiffer (la cigale comme symbole de Dans ce dernier l’apologiste juif platonicien utilise le motif en décrivant l’ascèse la poésie nouvelle) ; Théocrite /d. I, 148 ; 5, 108-111; 7, 139 : AG 7, 213 ; 9, 92 ; 12, 98. particulière de la communauté des Thérapeutes d' Alexandrie.” Apres Clement, chez 6 Parvem. Graec. (ed. E. L. LEUTSCH-F. G. SCHNEIDEWIN, Goettingen, 1839-1851) 2. Ap. 16, 36; Max. 8, 11-12. Quant au corpus aesopicum, le contexte grec de la fable de ta cigale et la fourmi se démarque fondamentalement de celui de La Fontaine et des autres versions tardives. Dans les récits grecs la cigale a un système de valeur qui s’oppose à celui de la fourmi : pour le rertix la musique, qui donne du plaisir aux autres, est plus important que le ramassage avare de son voisin. La notion de scholé chez son ennemie est l’équivalent de la fainéantise, chez la cigale - en évoquant les idées d’Aristote sur la paideia musicale — elle est le terme technique de l'amusement noble. Voir avant tout les fables 1, 114, 3 ; 2, 173 éd. Hausrath. Concernant les fragments de Cratinos, d'Alexis comme des sources foncières du temps qui sépare l’êre de Pythagore et les néopythagoriciens voir G. MEAUTIS: Recherches sur le pythagorisme, Neuchâtel, 1922, p. 7-54. “Cr. Aristophone, frg. des Pythagoriciens (chez Athénée, 6, 34, 18): tmopetvar Kul peonpBoiuc Aukeiv NETTE... "Cf. Jamblique VP 16, 68; 17, 71; Philostrate, Vie d 'Apollonios de Tyane |, 14-16 et passim; Diogéne Laërce 8, 10. "On peut évoquer la fameuse lettre d’excommunication adresséc à Hipparque (citée par Strom. 5, 57, 3). Ce dernier, pour avoir mis par écrit les doctrines en clair, a été considéré par les autres comme mort. Sur la tradition textuelle de la lettre voir W. BURKERT : Hellenistische Pseudopvthagorica, Philol. les auteurs paiens du II-IV* siècle la cigale devient l’incarnation de l’érudition hellénique, de la paideia, mise en dangerà la fois par la culture latine, par les barbares et par le christianisme. si 1 Quelques articles de la bibliographie infinie: K. NAWRATIL: Ein platonisches Kurznivthos, WJbPh 5, 1972, p. 157-160; L. ISEBAERT : La fascination du monde et des Muses selon Platon. LEC 53, 1985, p. 205-219 ; A. CAPRA: H mito delle cicale ed il motivo della bellezza sensibile nel Fedro, Maia ns. 52, 2000, p. 225-247. Sur l'image d'animal chez Platon voir L. BRISSON : Le corps animal comme signe de la valeur d'une ame chez Platon, in B. CASSIN-J-L. LABARRIERE-G. ROMEYER DHER- BEY: L ‚animal dansl'Antiquité, Paris, 1997, p. 227-247. TM Cf. Ch. GRISWOLD: Self-Knowledge in Plato's Phaedrus, New York-London, 1986. p. 165: G.R. Fi FERRARI : Listening to the Cicadas, Cambridge, 1987, p. 26. " Voir le fragment de Timon chez Diogéne Laërce Vie de Platon, 3, 7. C'est très possible que 105, 1961, p. 17-27. Clément connaît l'œuvre de Timon: il cite ses Silloi à propos de Socrate et de la difficulté de la connaissance (Strom, 1, 14, 63 55,1, U1). mière fois donne le portrait d’une femme vertueuse et seulement dans sa deuxième œuvre nomme Théano, rature, ed. D. A. Russel, Oxford, 1990. RCE BERKER fa. 71), 1961, 18, ’ Voir Pedag,2, 10, 114 et ra 4, 19, 12. Clément en racontant la même anecdote, la prela femme ou la fille du Pythagore. Voir le fragment de Xénocrate ( Athénée, br 7, 17), Liban. Dect, 26, |. Théophylacte Simocatta Quest. Nat. 31, |: ody Spas Koonlwg tivde tiv téttrya Epuló- VOvOaY TO KAGOW dyuv OLWITNÄDG, WOTEP TÁ uch didaxBelcav dida yuata; Acta Ant. Hung. 43, 2003 TM Voir M. B. TRAPP: Plato's Phaedrus in Second-Centurv Greek Literature, in: Antonine Lite„De vita contempl. ch. 35. * Voir avant tout Libanius (Ep. 301, 1255; Or. 12. 95; 18, 175) et Philostrate (VA 7, 10), où la cigale apparaît de nouveau dans un contexte pythagoricien. Parmi les 75 déclamations d'Himerios le tettix se rencontre dix fois, toujours comme ornement rhétorique.

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IV. LA NOTION DE L’EUNOMIE, LA LYRE ET LA CIGALE : éléments physiques du monde, les astres) change selon les auteurs, mais l’harmonie 164 réalisée par le 7, 9 ou 10 cordes et le plectre sont toujours considérés comme les IDEES A COLORATION PYTHAGORICIENNE? éléments d’un système qui dirige en même temps le monde et l’âme humaine. Le monde lui-même est souvent représenté par les diverses écoles, avant tout LE PYTHAGORISME COMME « SAGESSE BARBARE » par les platoniciens, comme une lyre, en évoquant l’image de la divinité (en général En retournant au début du Protreptique, il faut répéter que le chant du tettix à d'Apollon) qui gratte avec son plectre (avec les rayons du soleil) la lyre du cosmos. ** Delphes, à midi, dans la suite du concours d'un musicien Locrien, n’est pas un phé- Le dieu du soleil fait sonner cn plus de l'instrument du cosmos celui du microcosme humain. Ainsi, Plutarque compare la relation de la personne inspirée et de la divinité noméne accidentel. L'animal est par excellence chez lui à Locres. On peut rappeler d’une part une tradition religieuse et iconographique, malheureusement insuffisampendant la divination à celle de la lyre et de son joueur. L'harmonie de la lyre ment analysée jusqu’à maintenant.” D'autre part, il y a une tradition locale qui met comme l’image d'un ordre divin est un des éléments les plus importants de la doctrine musicale du pythagorisme. Pythagore, (à la lettre le porte-parole du dieu de Delphes), ayant appris ses en évidence la musicalité hors du commun des cigales locriennes. Selon la littérature paradoxographique, les cigales de Rhégion, qui vivent sur l’autre bord de la rivière qui fait la frontière entre les deux régions, sont muettes et ainsi très loin d’être cadoctrines d'une prêtresse d'Apollon,”' assimile son principe universel, le tetraktys à l’oracle de Delphes, à l'harmonie et aux Sirénes,” et appelle les Pléiades la Iyre des Muses’’. Le philosophe, qui ne révèle ses doctrines qu’à la lumière du soleil,” exalte pables de se mesurer avec les locriennes.* Etant donnée cette information, le motif de la corde rompue dans les versions du mythe comme mobile de l'apparition du tettix est, en effet, superflue : une cigale qui chante à l’heure du soleil méridien à Delphes, les dieux et purifie les âmes des disciples des passions par la musique, notamment à côté d'un chanteur venu de la ville musicale de Locres,” est une chose évidente. Le motif de la /vre, instrument par excellence apollinien, par la lyre comme instrument unique, qui accompagne parfois le chant.” relie aussi le lieu de Delphes et la tradition philosophico-religieuse de l'Italie du Sud. Elle est considérée par la tradition grecque comme un instrument métaphysique, le seul parmi les autres sources de musique chez les mortels, laquelle (bien que de façon fragmentaire) peut reproduire la musique céleste. Le compte rendu des vagues théories sur la nature de l’harmonie du cosmos, des sphères célestes, sur ces idées considérées en général comme d'origine pythagoricienne, qui ne forment qu’un tas des pensées particulièrement imprécises, n'est pas à l’ordre du jour ici. On ne voudrait que faire allusion à l’importance primordiale du symbolisme de la lyre dans la pensée dite pythagoricienne. Le principe numérique de la notion qui fait correspondre les cordes de la lyre aux sphères du ciel et aux autres coordonnées (les nombres, les saisons, les quatre " Selon la version de Conon et celle de l'épigramme AG 9, 584 la lyre d’Eunome est à sept cordes. Le nombre a un caractére apollinien chez les auteurs platoniciens, voir Plut. De E apud Delphos 292 e, Philon, De opificio dei 127. On peut mentionner aussi la notion apollinienne ‘Entaxtis des ÀÉEÁn oracles chaldéens, cf. Proclos /n Tim. 1, 34, Sur le rôle du chiffre 7 dans les spéculations numérologiques juives voir LE BOULLUEC (n. 6), p. 155. "Cf, Plut. Mor. 402 a: Atipac... iv Goudtetar / Znvôc everdic “ATOM WwY macav, dpxnv kal téAoc / owhhafdy, Exel dE AapApov AATKTpOV fhiou péoc. *° Voir Plut. De defect. orac. 436 e : où yap ä0Eov Towuev ot" GAoyov tiv pavtucrv, Úlnv uèv ave thy wuyijy tod Avöpwnou tò & ÉvOounaotkdv veda Kal ımv ava@vpiaorv olov dpyavın (1) HAÑKTPOV CITOÓLOÓVTES. M # Concernant l’image du testix sur les reliefs locriens ex voto voir Q. QUAGLIATI : Rilievi votivi arcaici in terracotta di Lokroi Epizephyroi, Ausonia 3, 1909, p. 136-234; E. CIACERI (n. 51), Il, p. 126-132 ; H. PRUCKNER : Die lokrische Tonreliefs, Mainz am Rhein, 1968, p. 148 etc. ; Ch. SOURVINOUINWOOD : Persephone and Aphrodite at Locri, in Reading Greek Culture, Oxford, 1991, p. 147-188. SCE Ps-Antigone Paradox. 2, | ; Strab. 6, 1,9 ; Diodore de Sicile 4, 22, 4 ; Elien Mat. Anim. 5, 9. Y! Ps-Plurarque (1134 b) vante un célébre joueur d'«efos locrien. Pindare (frg. 140 b Snell-Maehter) rend hommage à la musique locrienne de Xénocrate (voir W. J. HENDERSON ; The Chariot and the Dolphin, H 120, 1992, p. 148-158), lui-même informe des chœurs des jeunes Locriennes (Pvrh. 2, 18 seq.), Athénée rappelle leur chants amoureux (14, 639 a). Voir les documents supplémentaires chez M. GIGANTE : La cultura a Locri, in Locri Epizefirii. Atti del XVI. conv. di stud. sulla Magna Grecia 1-2. 165 . se Diogène Laërce 8, 8. % Jambl. VP 18, 82 : tl goti 10 Ev Arkpois pavtetov; tetpaktic > dep gotly i) appovia. Ev fal Zevpfives. % Jambl. VP et Porphyre VP 41. % Jambl. VP 82. % On doit évoquer l'opposition de la /vre et de l'aulos connue dans le contexte musical-moraliste de l'Antiquité, Le refus de !’au/os remonte au mythe selon lequel son inventrice rejette l'instrument qui défigure son visage (cité aussi par Clément, Ped. 2, 31, 1). Selon Pythagore la musique de l'au/os provoque l'/rvbris (Jambl. VP 112), Aristote l’écarte de la paideia comme un son excitant le pathos (Pol, 1341 a). Platon ne laisse d'autre instrument dans sa république idéale que la lyre, la cithare et la syrinx pour les bergers (Rép. 399 d). Dans la même œuvre il associe l'ivresse au son de laulos (Rép. 561 c). Cependant, selon les Lois il y a des effets extérieurs qui peuvent compenser les mouvements négatifs et Napoli, 1977, p. 619-697. - On a vu, que dans la version du mythe d’Eunome chez Paul te Silentiaire et les agitations nocives de l'âme, et ainsi rendre les hommes joueurs de l'aulos modérés par les dieux dans le traité hermétique il s’agit de la cigale, qui avec son chant guérit la maladie de la corde rompue. A propos de la métaphore du remède musical il faut savoir que selon un fragment d'Aristoxéne (= Apoll. (aviovuévovs peta dev, 791 e). L'opposition figure souvent chez Plutarque: à propos d'un banquet devenu immodéré à cause de son de lau/os, il proteste contre PavAñjuoata et xpovpata, qui dé- Hist, Mir. 40) les Locriens et les Rhégiens au printemps guérissaient leurs corps ct âmes en chantant des gradent l'âme humaine vers un niveau irrationnel (Quaest. conv. 706 ab, tic 10 GAOYOV Kal puoukov péans sous les ordres d’Apollon de Delphes. 5 Cr. Plut. De E apud Delphos 394 b. TA Wwuxñc ). H faut ajouter que selon l'auteur le mot kpovputa (un terme technique en général associé avec la lyre) dans le langage contemporain se rapporte à Var/os (638 bc). Sur le ton apollinien de la lyre " Quelques references: W. BURKERT (n. 71), p. 28-45; idem: Weisheit und Wissenschaft, voir : De pvth. orac. 406 c. Nürnberg, 1962, p. 328-335 ; J. A. PHILIP: Pythagoras and Early Pythagoreanism, Toronto, 1968, p. % Plut. De E Apud Delphos 384 a: ...tà kpotuara tig Mipac. ole Éxpovro APÓ TAY Étvov 123-133; J.-L. PERILLIE: Syaunetria et Commensurabilite. Principes pythagoriciens de la rationalité harmonique dans les sciences et dans les arts, Grenoble, 2000, p. 130-142. ol Mubarydpevor, TO Eurabia Kai GAoyov tfic puyiig ÉEerdôovtes citta Kai JEPUTENOVTES. Voir aussi Diogéne Laérce 8, 23; Jambl. VP 110-112.

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La sentence est citée de la préface de l'édition de MARROU (n. 7), p. 42. Sur ses arguments pour l'origine divine de la philosophie voir MOLLAND (n. 9), p. 123-131. Acta Ant. Hung. 43, 2003 ducatoativay peta ebvefoûe ÉTLOT ENG ExSuddacovta, ToÛTO ovmav tO ÉkkekTWKdV Priooopiav nu. CE Strom. 1, 7, 37: puhogodiov dé où Ta Liki héyo odt viv Martevucijv À tv “Enuxotipendy te kal “Agrototeduxiiy, MX Godt slpnras map’ Ékéorn Tüv alpéoeuv Tovtov ka, “Voir Strom. 1, 17,81: 5, |, 10 etc. love » les philosophes, utilise la notion du pillage « ontv in order to look orthodox » (p. 119, 123). "Cf. MOLLAND (n. 9), p. 118. Le chercheur avance la these que Clément qui « cannot bur Wes 104 UI Les expressions sont citées de MARROU (n. 4), p. 191. fi Movofis attuciQwv;) en l'appelant pythagoricien, Clément évoque en même temps les trois chercheurs de la vérité les plus importants pour lui, Moïse, Pythagore, Platon. (Str. 1, 22, 150 : Nouprviag 6È à Tayopesos Pehdvopos diviuxpug yoddet "Te yao dot FRatev CE JH. WASZINK: Some Observations on the Appreciation of “the Philosophy of the Barbarians” in Early Christian Literature, in Mélanges offerts a Ch. Mohrmann (n. 4), p. 41-56. A propos de Clément, parmi les étapes du développement esquissés par WASZINK, on doit souligner l'importance de Philon et Numénius: ce dernier fait remonter le système platonicien à la sagesse barbare à travers Pythagore (la même idée chez Clément : Strom. 6, 2, 27). Dans sa seule citation de Numénius 167 PATAKI, ELVIRA 166 Jusqu’ici nous avons vu quelques motifs, celui de l’eunonzie, celui du tettix et de la Lyre, qui, semble-t-il, peuvent être mis en rapport avec un système général de pensée sur la musique comme une manifestation sensuelle de la métaphysique. Il faut dénommer trés précautionneusement ce système qui est présent chez Clément. Le désigner simplement comme pythagorisme serait trop vague et fallacieux, en admettant I’hypothése que le mythe d’Eunome est une tradition locale de la Grande Gréce, un mélange de la paradoxographie et des idées philosophico-religieuses du pythagorisme.” De quel genre de pythagorisme peut-on parler chez Clément d’ Alexandrie ? Du système « original » d'un Samien considéré tantôt comme philosophe ou mathématicien, tantôt comme chaman, ascète charismatique et clairvoyant? S’agit-il des idées d'une personne réelle et historique, qui ne laissait pas d'œuvres écrites, qui pourraient servir de base de recherche, parce que sclon la tradition, son principe était V'ésotérisme et la transmission orale des doctrines ?°’ Ou bien s’agit-il chez Clément d’une image du pythagorisme reflétée par Platon ?” Doit-on penser aux idées religieuses éclectiques de Plutarque, utilisées plusieurs fois par Clément, qui mélent avant point de vue contaminé) par motifs platoniciens, stoïciens, plein d’apocryphes, d’inidées du Protreptique au mouvement néopythagoricien tardif, enrichi (ou d’un autre tout des notions platoniciennes aux pythagoriciennes ?”” Ou doit-on faire remonter les Il est évident qu'aucune des possibilités nommées ci-dessus ne peut être regardee comme réponse unique. Il paraît plus utile d’examiner les idées présumées pythagoriciennes, qui sont loin d'être cohérentes et définies, dans les œuvres de Clément, en essayant esquisser un pythagorisme selon Clément. Or, en admettant la présence des notions pythagoriciennes chez lui, on affronte plusieurs problèmes inévitables. L'un remonte à la question de la sagesse barbare, de l’origine et de la valeur de la philosophie grecque pour le christianisme. Ces sont des problèmes traités par plusieurs pères de l’Eglise, aussi bien en termes généraux qu'en examinant les doctrines respectives des diverses écoles philosophiques. Le rôle de Clément dans le développement de la conception de la sagesse barbare est connu: depuis les initiatives de Justin qui considère le christianisme comme la seule vraie philosophie, c’est lui le premier (et presque le seul) auteur chrétien, chez lequel les sages barbares et leurs élèves, les philosophes grecs sont les représentants d'une évolution humaine spirituelle vers la connaissance de la vérité divine, laquelle est à la fois l’origine et le but de cette sagesse unique.” En révélant quelques morceaux de cette vérité, Clément utilise continuellement les arguments des deux Testaments liés à ceux des ghilosophes. Les points communs de ces « deux registres à l'équivalence parfaite »'" sont pour lui la preuve pour l'existence d'une vérité totale et absolue. Selon lui, la philosophie est « un répertoire riche mais contradictoire et confus..., qui est à soigner, à corriger, à guérir, à sauver »,' et qui, faisant partie intégrante du projet du Dieu, ne peut être considérée que d’origine divine." Cet avis est. naturellement, le contraire de la théorie traditionnelle" des khémtat, d'après laquelle les philosophes grecs ont volé à Moise et aux prophètes leur idées primordiales.°? Quant à sa notion de la philosophie, c’est clair, qu’on ne peut pas caractériser exactement ses conceptions philosophiques: Clément accepte tous les idées qui se basent sur la justice et la piété." Malgré son éclectisme déclaré, la recherche se concentre avant tout sur la présence des idées de Piaton et des stoïciens. formations douteuses, qui sont impossibles à mettre en ordre chronologique exact ?'™ Ce pythagorisme ressuscité, qui mélange la religion astrale (peut-être son héritage du système ancien) avec la tradition magique et avec les idées platoniciennes, et qui se fonde avant tout sur l’autorité de Pythagore, représenté comme un sage inspiré, l'équivalent grec de Zoroastre et des autres personnages de la mystique orientale"! — peut-il avoir une importance particulière pour Clément, qui cherche les sources de la philosophie grecque chez les barbares? Est-ce possible de parler d’une influence néopythagoricienne chez lui, en sachant que les autres caractères de ce pythagorisme tardif (par ex. le monde considéré comme le lieu d’obscurité et de pénitence, la nécessité de la purification) ne sont pas tout à fait compatibles avec le christianisme optimiste de Clément ? % Ce serait une proposition très séduisante que Timée, fe premier auteur connu concernant le mythe d’Eunome, ait exposé sa version dans son œuvre historique, parmi les informations considérées comme sources authentiques sur le pythagorisme. (Voir les passages cités par Diogène Laërce 8, 10: l'amitié, le kouvà td pido; 8, 51, les femmes pythagoriciennes et les fragments chez JACOBY, FGrH 3b 566 F 19 seq.). Clément au début des Stromates (1, |, 1) repousse avec véhémence les mythes et blasphemes d’un certain Timée — l'identification avec l'historien de ta Grande Grèce (et bien entendu, avec le pythagoricien Timée de Locres, mentionné comme un connaisseur païen de la vérité, Strom. 5, 14, 115) n'est pas possible. Une autre tradition lui attribue trois œuvres écrites (Diogéne Laërce 8, 6) : yeypantau ot Tw Nudayopa geyypúupera Tpia, Mardevtuxdv. Mokutucdév, Puaixdv.. Sur la tradition biographique sur l'amitié de Platon avec Archytas ot Timée le Locrien voir Cie. De re pub. 1, 16, 10, cf. M. BERNARD: Archvtus de Tarente pythagoricien et umi de Platon, BAGB 1987, p. 239-255. Sur Platon, comme « die allein einteuchtende und echtere Interpretation » du pythagorisme et les limites de cet aspect voir W. BURKERT (Weisheit... u. 86), p. 74-82. MEAUTIS (n. 68, passim) considère avant tout le De faciei et le De deo Socrutis comme des témoignes directes du pythagorisme de l'âge impérial. | Sur le mouvement à Rome de l'époque républicaine voir BURKERT (n. 71), p. 226-246. CE E.R. DODOS : Les Grecs et l'irrationnel, wad, M. Gibson, Paris, 1977, p. 244 seq. Acta Ant. Hung. 43, 2003 de ce ne

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semblance de Dieu, de l’homoiosis theou, qui est le but final de la gnose chrétienne. Clément avoue plusieurs fois son attachement a Platon „1 importance du platonisme''” pour sa pensée chrétienne est incontestable. La notion du créateur de l’univers, du pére des tous les étres, source de toute beauté, sont des idées présentées de façon similaire dans l’œuvre de Platon et celle de Clément. Le concept platonicien des deux mondes, le monde intelligibilis et le monde sensibilis, sert de base À son exégèse biblique. On peut continuer l'énumération : la vie du philosophe et du vrai gnostique n’est que la recherche continuelle de la vérité divine. Celle-ci ne peut être connue sans l’aide de la révélation!!! et sans les efforts pour se débarrasser du corps, de la matière afin de parvenir a la vertu, à la concentration perpétuelle du Bon, à l'étape de la resQuant au rôle du stoicisme chez lui, on ne peut pas nier quelques traits communs et souvent analysés, comme par ex. l'influence des idées de Musonius Rufus, d’Epictéte sur l’idéal de la vie chrétienne, présentée par le Pédagogue.''? Néanmoins, le problème est plus complexe. Ainsi, Molland donne des arguments pour la préférence platonicienne-pythagoricienne du stoïcisme chez Clément | Waszink remarque que les doxai stoïciennes présentées par lui sont depuis longtemps incorporées au système du platonisme moyen, |! Cependant Pohlenz, bien qu'en admettant par ex. absence de panthéisme chez l’auteur des Stromates, souligne fermement l'influence presque absolue de l’école stoïcienne, avant tout sur Pétique''® de Clement. Il évoque Pantainos, !!? son maître stoicien et à son avis la notion du Logos de Clément est davantage déterminée par la !"# Spanneut, quant à lui, semble formuler Weltvernunft de la Stoa que par l'Evangile. son compte rendu moins catégoriquement, en parlant d’un « stoicisme qui prend une teinte néoplatonicienne », en représentant Clément comme un « témoin de la philosophie éclectique et religieuse de son époque ».' 9 Son analyse détaillée met en évi- ORDRE MUSICAL ET SAGESSE INSTINCTIVE 169 dence les éléments d'origine stoïcienne dans sa tendance intellectuelle cosmopolite, dans sa notion du ton pneumatique comme la puissance qui maintient tout. °° I fait remontrer à la Stoa aussi son interprétation du rôle unifiant de la Providence, sa vision optimiste du cosmos entier et son admiration pour sa beauté, au contraire du dualisme platonicien qui méprise le monde sensible.” Cependant il ne cache pas les différences fondamentales, son violent refus du matérialisme stoïcien, l'influence platonicienne concernant la division de l'âme. 7? V. UN PYTHAGORISME ENVISAGÉ PAR CLEMENT. QUELQUES NOTIONS PYTHAGORICIENNES SUR DIEU : L'HARMONIE DU COSMOS, L'IMAGE DE LA LYRE ET DU CERCLE. LA VIE PYTHAGORICIENNE COMME UNE VIE RELIGIEUSE En retournant à la question de la pensée pythagoricienne vue par Clément, avant de traiter ses notions les plus importantes concernant le rôle métaphysique de la musique et de l'intelligence animale, il semble utile d'esquisser en général sa vision sur Pythagore et le pythagorisme. On doit souligner tout d’abord [importance fondamentale pour lui de cette pensée qui le démarque des autres pères de l'église primitive.” Autant les autres ne font que mentionner, refuser ou plus rarement admettre quelques conceptions dites pythagoriciennes, toujours sans aucune prédisposition particulière pour ce système, autant Clément paraît être engagé à défendre les doctrines pythagoriciennes, considérées comme arguments justifiés pour démontrer la vérité de la pensée chrétienne. Théophile accuse le bavard (bAvaptdv) Pythagore de blasphémie, refuse son automatisme et sa notion de la métempsychose ; Irene mentionne la tetraktys comme une conception cosmologique insuffisante. '** Athénagoras, ayant une attitude plus positive, mentionne son arithmétique symbolique, parle de son martyre, et regarde ses doctrines (et celles de Platon) concernant la survie de l'âme comme pas en- " [| faudrait étudier le développement des images de Clément représentant la sagesse de Platon : dans fe Protreptique il effleure ta vérité (6, 68, 2, Exu@dour ris dAndelag), il la devine (6, 70, 1, GAyGevuv alvitty). Dans le Pédagogue il se présente comme quelqu’un qui l’a déjà apprise (1, 8, 67, pav ) qui connaît quelque chose (1, 9, 82, elöwg). Enfin il est appelé l'ami de ta vérité, inspiré par Dieu (Strom. 1,42, 16 @idaArOng … Beucopotievas }. LAND : Platonisme et christianisme chez les peres de l'église, in Opusenla patristica, (cf. n. 9), p. 141-154. ' Sur Vinfluence platonicienne voir l'étude de J. H. WASZINK : Der Platonismus und die altchristliche Gedankenwelt, in Recherches sur la tradition platonicienne (cf. n. 4), p. 139-183 ; E. MOL- CF. SPANNEUT (n, #19), p. 175. tièrement incompatibles avec les dogmes chrétiens. °° Justin, quant à lui, en évoquant sa jeunesse passée à la recherche de Dieu, dit qu’il avait quitté son maître pythagoricien à cause des études préliminaires considérées par lui comme superflues, qui cachent la vérité. Après sa rencontre avec Tryphon, il est devenu clair pour lui qu'au- W Voir la definition de WASZINK (n. 110, p. 154): « die Verwirklichung einer christliche Gno- 1 C'est la révélation de la vérité divine par le Christ par incarnation du fogos qui sépare le plus fondamentalement le christianisme du platonisme. sis, einer unmittelbaren, durch die Unterstützung der Philosophie möglich gemachten und auf der Offenbarung beruhenden Einsicht in alle menschliche und göttliche Dinge ». ne 12 CF. SPANNEUT (n. 119), p. 166-170. V8 Cf. Autolvk. 3,7: 3,26 - Adv. haer. 1 |. "5 CE Legat. 6,1 : 31, 2; 36, 3. Acta Ant. Hung. 43, 2003 CE. SPANNEUT (n. 119), p. 234-247, 255 (intellectualisme), p. 328-330 (la providence), 36271, 376-377 (conception optimiste). tat "Te MARROU (n. 4), p. 194-200. M$ CF. MOLLAND (n. 9), p. 119, (n. 110), p. 154. "3 Waszink 19 Pour une vision plus détaifiée sur fa réception du pythagorisme, il faut remarquer son influence sur Papologétique juive : Philon et Flavius Josèphe comparent l'idéal ascétique de la communauté essénienne à celui des pythagoriciens (Quod omnis probus 75-84 : Arch. Jud. $, 372). Philon, comme Clément, fait remonter la sagesse de Pythagore aux barbares (Comer. Ap. 1, 14 : 1, 162). ' CE M. POHLENZ: Die Stoa, Goettingen, 1963* 1, p. 465 {le but de Clément) : « durch einfache Christianisierung der stoischen Lehre eine christliche Ethik zu begründen ». "L'identification des maîtres appelés dans les Stromates (1, 11, 1) est bien douteuse, l'interprètation de l’image de l'abeille comme le portrait de Pantainos aussi. (n. 116), p. 414-424. ME BOHLENZ M9 4. SPANNEUT : Le stoïcisme des pères de l'Eglise de Clément à Rome à Clément d'Alexandrie, Paris, 1956, p. 377 et 425.

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cun des philosophes grecs, ni Platon, ni Pythagore, les deux bastions de la philosophie (teïxog Kut Éperoua dirogopias) n’avaient reconnu l'essence de la philosophie, c'est-à-dire son rôle de chemin vers Dieu.'”° Il suffit d'une seule citation connue et extrémement difficile à interpréter pour que cela paraisse: pour Clément, malgré son éclectisme, c'est Pythagore et Platon qui sont les plus proches de Moise. Comme les prophêtes, avec une certaine aide divine, ils ont bénéficié de la vérité, bien que leur connaissance soit fragmentaire et insuffisante.'”” Clément, même s’il arrive à corriger certaines notions de Pythagore (on le verra par rapport aux tabous alimentaires"), considère ses doctrines comme révélant de la vérité de Dieu, doctrines dignes d’être transmises au christianisme. L’adjectif pythagoricien, appliquée par lui entre autres ”” au nom de Pindare,'” de Philon,'?' sert chez lui comme l’insigne d’une pensée vraie.” Clément ne met pas en doute l’authenticité historique du grand Pythagore." 3 Les informations chronologiques * et biographiques des Stromates sur lui sont des arguments utilisés par l’auteur chrétien afin d’éprouver la justice de ses idées. La doctrine de Pythagore est un chaînon fondamental dans la catena de la transmission de la sagesse divine à partir de Moïse vers Platon : c’est lui le premier parmi les Grecs qui s'appelle lui-même philosophe (Strom.l, 14, 61), qui apprend sa connaissance aux barbares (1, 15, 68). * qui en Egypte, en faisant connaissance avec les doctrines "6 CF. Dial. 2,4: 5,6: 2, 1. "7 Strom. 5, 5, 29: 6 Mubuyépus kul of am’ aûtoû oùv Kal Midtwvi uéAiota tôv äAkwv WE Voir Strom. 2, 20, 114; 3, 3, 12; 7, 6, 32. puhocébuv chébpa tH vonoßera wpiAnoay, do Eoruv EE aùtóv oupfaréoôm tav évyuétuv. Kab Katé Tuva Havreiug elotoyov Priunv ouk abel ouvòpupóvreg Ev tide TpoOgNTiKals dwvais THY GANGevav cath pépy Kal etòn SwakaPdvtes, Apoonyoplais obk aeyyéarv ode EEmdev TG Tv npayudtuv dnawoews Ropevopévurg Eriungav, tig repli Tv àArBeruv oikerórntog Éupaorv elAnOtes. Voir avant tout l'analyse de MOLLAND, 1970, p. 130 seq. IP Les pythagoriciens nommés dans les Stromates: Numa (1, 15, 71 ; 5, 1, 8); Cercôps (I, 21, 31); Numénius (1, 22, 150); le pythagoricien anonyme du Politikos de Platon (1, 48, 3) ; Hippodamos (2, 19, 102); Philolaos (3, 3, 17); Théodote (4, 8, 56); Zalmoxis (4, 8, 58) ; Eurysos (5, 5, 29) ; Hipparque (5, 9, 57); Epicharme (5, 14, 100); Athamas (6, 2, 17). Les pythagoriciennes : Théano (t, 16 80 ; 4, 19, 121) ; Myia (4, 19, 121). ' Cf Strom. 5, 14, 102. ' Bien que Philon soit un des auteurs des plus souvent utilisés chez Clément, il ne l'appelle par son nom que quatre fois, (cf. A. van den HOEK: Techniques of quotation in Clement of Alexundria, VigChr 50, 1996, p. 232), en Je nommant pythagoricien deux fois (Strom. 1, 15, 72; 2, 19, 100). Selon D. T. RUINA (Why does Clement of Alexandria call Philo the Pythagorean, VigChr 49, 1995, p. 1-22) Vadjectif évoque a la fois l'importance de larithmétique dans l'exégèse philonienne et son platonisme. B! Voir Strom. 5, 14, 100 : l'aflirmation d’Epicharme, d'un auteur pythagoricien sur l'omnipotence de Dieu doit être vraie: M&Aıv 16 duvurôv Ev RÒOL npoodrtovor Kal où map’ "El Aoyınturor TH Bed, 6 pév Extyuppos Avbuyópeus dé ty Agywv... 3 Strom. 1, 21, 107 et 1, 21, 133: Mudayopus 5 wéyuc. Clément emploie l'adjectif aussi à propos de Parménide (Strom. 5, 9, 59 ; 5, 14, 112), mais jamais à propos de Platon. 4 Voir Strom. 1,21, 107; 129; 131 ; 133. "5 La notion de barbare n’est pas clairement définie chez Clément. Pythagore lui-même figure comme barbare (alors ni juif, ni chrétien), cf, Som. 1, 62, 2 : Eúpros À Tüpuos, Gute elvar cata tots sthelatous Tov Mudayópav Bappupov TO yEvoc. Acta Ant. Hung. 43, 2003 ORDRE MUSICAL ET SAGESSE INSTINCTIVE 171 des maîtres égyptiens (1, 15, 66 et 69)'** se soumet à la circoncision (1, 15, 66), qui descend dans l'au-delà (1, 21, 133). Pythagore, comme Platon et Socrate, entend la voix de Dieu en contemplant l'univers, parce qu’il a entendu l’enseignement de Moïse sur la parole qui peut faire naître des choses (5, 14, 99), et il, dit Clément, reprend beaucoup de nos doctrines. 7 Mais quelles sont les doctrines attribuées aux pythagoriciens par Clément ? On doit dire tout d’abord, qu’en cherchant l'influence de cette tradition chez lui, il ne faut pas oublier son moyen particulier de citation. qui a été mis en évidence par Hoek en ce qui concerne ses emprunts à Philon.'?* Les pensées et les références pythagoriciennes citées par lui ne sont pas toujours nommées et ne se trouvent pas à proportion égale dans ses trois œuvres, ce qui s’explique par leur caractère différent. Parmi les préceptes d'éthique quotidienne du chrétien dans le Pédagogue on ne lit que deux passages, une sentence moralisante et la mention du régime végétarien avec le tabou de boire du vin.” Cependant, leur vocabulaire, avec la notion d’une sagesse angélique (mapayyéAAetv) et la formule d'autorité (attds Hubayépag) montrent clairement que Pythagore est pour Clément un des maîtres irréfutables de la vérité. Le Protreptique, adressé aux païens intellectuels, contient une seule mais profonde allusion, qui sert d'argument pour analyser la nature de Dieu (6, 72) : Oùk dnorpurtéov ove tods Gudl tov lubayépav, ot daouv 6 uèv Oeds els, yottoc Òë oùx, do tives brovoodouv, eKktds tac SvaKoouroLoc, GAN Ev avta, hog Ev ÖAW TÔ KUKAW ENLCKONOG mdoas vevéoLog, Kpücıs TV GAwV, del dv Kal goyatas tHv abtod Suvdutwv Kal Epywv, àrévrmv év oùpuv® woth Kal mavtwv ratio, votc Kat WUXWOLG TH ÖAW KUKAw. Clément présente aux Hellénes cette citation marquée comme pythagoricienne comme une petite manifestation de la vérité trouvée par certains Grecs, qui a été jusqu'aujourd’hui celée, et laquelle ne doit plus être cachée, doit être révélée et démontrée aux hommes. I! ne dit pas qui sont les dissimulateurs de cette pensée, mais en se souvenant de la tradition de l’&soterisme pythagoricien, on se risque à dire, que ce sont les pythagoriciens eux-mêmes. Parmi les noms et adjectifs du passage qui décrivent Dieu il faut souligner la notion de celui qui illumine tout dans le ciel (Gx&vtwv Ev olpavad wot). Cette définition, à mon avis, avec le motif du cercle, mentionné ici deux fois avec la même expression (GAw 16 KUKAW), peut évoquer le caractère solaire-apollinien de la pensée pythagoricienne. "* On a vu que selon une version de la légende, le professeur de Pythagore était une prêtresse de Delphes (voir la note 90). Plutarque mentionne Oinouphes, un prêtre égyptien (De {side 354 e) comme son maitre. Le prêtre est appelé chez Clément Sonchys (Strom, |, 15, 70), qui, selon Plutarque est le maitre de Solon. Clément en invoquant Alexandre Polyhistor mentionne aussi un maître assyrien de Pythagore. 7 Strom. 1, 22, 150 : TBayópac zohkd tay zap’ Hiv petevéykag eig Tv Eaton boyuaToroduv. UR Voir la note 131. 9 Péd. 1, 10, 94 : por Soket vuveig Toto 6 Zéquoc naporykkerv Mubaydpag ' derd Ev Ékrpdeus emitAjooea, ypnotés Sé téprov. 2, 1,11: Kuköv pêv otv TO un deevelv kpéd ndé olvov Revelv aids te Guokoyel Kal ai ad Mudaydpou -

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Naturellement, on pourrait intervenir en disant que ces réminiscences sont trop vagues, et les paroles de Clément trop générales pour être identifiées sans aucun doute.' En ce qui concerne le motif du cercle, ce n’est pas impossible de l’attribuer immédiatement aux stoïciens. Ainsi, on évoque une image autant auditive que visule pneuma stoicienne, car, entre autres differences, le tonos de Clément, au contraire de celui des stoiciens, manque de l’ardeur du feu.’ Une autre remarque fondamentale de Spanneut, qui n'est pas étudiée en détail par lui : le vocabulaire de Clément qui décrit ce cercle imaginaire évoque un passage sur le logos chez Philon (Plant. 8-9) : 172 elle au début de la même œuvre, qui se fonde, semble-t-il, elle-même aussi sur le motif d’un cercle imaginaire, Selon ce passage, le nouveau chant est entendu dans l’espace du centre vers les bords et du haut vers le milieu (1,5) : Kai dn ro doua 16 dxrpatov, Éperoua TOV ÉAwv Kal dpuovia TÔV mév- Twv, HNO TV LÉOWV Ei Ta mépata Kal And TOV Gkpwv éxl Th péoa dratadéy, NPUÖOATO TÖÖE TO TÜV... 173 Ados dt 6 Alörog Neod tod alwviou TO dyupwtatov Kal PeBardtatov Épeuoua t@v Skwv éotiv. obtos And tov péawv él 14 mépata Kal dnd TÔv axpwv Ent ta péoa taQeic Soduxever tov Tis Pioews Spduov ATINTOV ouvaywv Ta LÉPN závra Kal optyywv. Il est clair, qu'on ne peut pas parler de la présence d’une figure géométrique Au lieu de comparer de façon détaillée les deux passages, on doit se contenter de souligner l’essentiel. Dehors des expressions identiques (£pesona tv ÖAwv, utilisee autant exactement qu’intentionnellement par Clément. Néanmoins, le lecteur And TÓv uéowv ent ta mépata Kal And TOV Gkpwv Ei TH uéoG), le texte de (même sans aucune formation en mathématiques) est facilement portéà une lecture Clément contient deux changements importants. Il y ajoute la notion de l'harmonie symbolique comme suit: la notion de Tà KEOO peut être interprétée comme un en- (Gpuovia t@v navıwv) laquelle devient le prédicat verbal de la phrase (ñpuéoato semble des centres de nombre infini, qui fonctionnent comme points de départ des mouvements (alors de Î'extension acoustique), qui sont infinis. Ces vecteurs semblent se diriger vers les bords (td wépata) et les hauts (ta äkpa), qui sont considérés comme les dimensions diverses de cette extension de la voix: les premiers 100€ TO W&V) au lieu du SoAtyevet philonien, qui exprime la dimension longitudinale en utilisant un terme général. L’harmonie dans le contexte de Clément — on doit s’en souvenir, le sujet de la phrase est le chant, '’&opo au contraire du Adyog de Philon - fait partie sans doute d'une conception musicale. (Bien entendu, le signifié de ces deux signifiants, du chant et de la raison peut être tout à fait la même chose, le changement du vocabulaire sert à souligner des caractéres différents et vus comme essentiels par les deux argumentations.) De plus, au participe taBeis Clément ajoute un préfixe verbal, qui entraîne un changement de sens du verbe. En admettant la présence d’une métaphore musicale, qui paraît être l’élément définitif du texte, ce changement peut être considéré comme une réminiscence musicale. Malgré la polyvalence sémantique du mot ôtatéoow, la forme SuataGEv peut signifier une notion musicale particulière, celle de la tension, de l’état physique de la corde tendue, celle de la lyre ou celle de l’arc. 135 Donc. Clément en citant indirectement Philon lui emprunte la représentation géométrique du monde : d'autre part, il évoque la conception grecque de l'harmonie musicale du cosmos entier, une idée qui manque chez l’auteur juif platonicien. A propos de l’image du monde comme kúkÀog, d’après la Vie de Pvthagore de Diogéne Laérce, les pythagoriciens considèrent le cercle et la sphére comme les comme les extrémités d’un axe horizontal sans limite, les autres comme celles d’un axe vertical. La voix, quant à elle, est tendue (SuataGév) à travers l’espace et avec sa tension elle fonctionne en méme temps comme une force intégrante et unifiante de cet espace — comme un systéme des rayons, celui du soleil ou celui d’une figure géométrique. En interprétant de cette façon l’image de Clément, il est difficile de ne pas conclure qu’ici il s’agit d’un cercle ou d’une sphère. Quelques analyses considèrent ce cercle unanimement comme une conception entièrement stoïcienne, évidente à tel point qu'il n’y a pas besoin de beaucoup d’argumentation.'*’ Autant Pohlenz identitie gette image avec l’expansion de Logos tout puissant, vivifiant et unifiant le cosmos, *? Spanneut formule son avis avec réserve: bien que Clément connaisse la notion stoïcienne de ton pneumatique, réalisé par le mélange des éléments,Ÿson tonos, semble-t-il, n’est pas totalement identifiable avec 1 ai ; . . . Ainsi par ex. Clément en établissant un parallele entre la langue symbolique de l’Ecriture et les symboles barbares identifie l’hiéroglyphe du cercle avec le Soleil (Strom. 5, 4, 20). ' Ainsi AUBIN {n, 9), 123. "°C. POHLENZ (n. 116), p. 417: « … dieser Logos vermöge seiner Spannkraft den Kosmos von seiner Mitte bis zur Oberfläche und von der Oberfläche bis zur Mitte durchflutet, belebt und zum einheitlichen Organismus gestaltet ». 3 Le lieu cité à propos du tones (Strom. 5, 48, 2), considéré par SPANNEUT (n. 119, p. 175) comme un Cmprunt à la physique stoïcienne, est assez complexe, étant l'interprétation du symbole du sphinx. Clément commence son explication en réfutant l'interprétation d’Aratos, puis donne un autre argument anonyme d’origine stoicienne (ct. le commentaire, n. 6, p. 185), mais comme solution (plutôt provisoire que finale), il cite Empédocle. Le fragment parle du soleil comme du principe de tout : à" dye tor MEEO <Kelvov> mpd’ FAtov doxiv. EE wv où Eyévovro ta viv gvopdueva Mave, yulé te kal TÖVTOS TOAUKT LY TO" bypds Grip Tırav nö’ alOnp odiyywv zepì KiKhov dtavta. Acta Ant. Hung, 43, 2003 Quelques remarques: Les stoïciens réfusent la notion d'un cosmos heliocentrique: selon Plutarque (De fac. 923 a} Cléanthe accuse de sacrilège Aristarque, qui en transmettant une pensée pythagoricienne représente le soleil (Tv éatiav) comme Kıvodvra tod Köopon. Quant à Empédocle, selon la tradition remontant à Timée (cf. Diogène Laërce 8, 53 et FGrH 566 F14) il était le disciple de Pythagore. La notion du sphinx avec son étymologie se figure aussi chez Philon (De plant. 8-9.), dans un passage qui n'est pas mentionné dans le commentaire de LE BOULLUEC, et qui va être cité ci-dessous. “Sur le logos comme raison du monde voir SPANNEUT (n. 119), 343 seq., pour les éléments du cosmos et la nature du feu chez Clément p. 354-355. 5 Voir l'entrée Stateiver de LSJ. Son dérivé, dudtovoy est devenue le terme technique pour une des gammes musicales, opposée aux genres XPWHUTLKÖV et EVAQROVLOY, cf. Aristox. Harm, 24, 19; Alciphr. 1, 18 ; Dion. Hal. Comp. 19.

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plus parfaits des figures géométriques et des corps." La source citée du biographe est le traité d’Alexandre Polyhistor sur les symboles pythagoriciens, lui-même connu comme un des auteurs des plus importants pour Clément sur le pythagorisme. 7 Jusqu’à un article de Festugiére,'“ les informations d’ Alexandre ont été considérées comme un ensemble des pensées d'origine pythagoricienne, mais fatalement contaminées par des idées des écoles plus tardives, avant tout par celles de l’école stoïcienne. Son article montre le traité comme une compilation d’un auteur inconnu du 11” siècle et en faisant remonter ses idées à la pensée péripatéticienne, réfute l’hypothèse de l’ influence stoïcienne. Parmi des idées transmises par la biographie de Diogène, on trouve aisément des notions qui ressemblent au pythagorisme vu par Clément: le motif du cosmos et le monde circulaire ; la parenté des hommes avec les dieux astraux à cause de la chaleur commune’ ° laquelle est en même temps le fondement de la ‚connaissance de la divinité; les rayons du soleil, qui sont te principe de toute vie.” Bien que Clé- Dieu, selon la notion pythagoricienne représentée par Clement et quelquefois mise en parallèle par lui avec les idées de !„Ancien et du Nouveau, Testament, est seul, éternel ct infini,' omnipotent, 8 sage, $ et source d'amour. *” Dieu doit être glorifié et adoré sans idoles et simulacres, dans les églises de la foi et de la paix (1, 15, 71;5, 1, 8), comme en témoignent les institutions de Numa. L'univers, avec le ciel, nommé justement « anti-terre » par les pythagoriciens (5, 14, 139), est créé par luià partir des quatre éléments principaux (6, 2, 17). et c’est pour la durée de la. création que le nombre six est sacré pour les pythagoriciens (5. 14, 93; 6, 16, 139).ŸEn parallèle avec Dieu qui a créé l'homme à son image et à sa ressemblance, le genre humain est créé par le démiurge des pythagoriciens, d’après le modèle de ce créateur (5, 5, 29). La doctrine pythagoricienne connaît la notion de l’immortalité de l’äme (4, 7, 44), laquelle pendant son séjour terrestre est emprisonnée dans le cercueil du corps (3, 3, 17), et qui survit après la mort selon la justice divine (4, 19, 144). A propos de l'ascèse, l’auteur des Stromates pose pour modèle l’abstinence sexuelle des pythagoriciens (3, 3, 24) et la vertu de leurs femmes.'* Or, cela va de soi, le crovant pythagoricien (on prend le risque de le nommer ainsi) ne peut être considéré comme la préfiguration du chrétien, celui de vrai gnostique envisagé par Clément. ' En dehors de la différence de leur manière de prier! il y a une distinction fondamentale qui les sépare : la conviction spirituelle des pythagoriciens se base sur l’autorité de l’enseignement de leur maître, exprimée ment ne mentionne le mepl mvOayoouKcdv ovuBôkwv, le traité d'Alexandre qu'une fois, concernant les maîtres de Pythagore dans les Stromates,'”' on ne peut pas tout a fait nier la possibilité que quelques unes des idées mentionnées ci-dessous auraient pu étre connues de lui directement ou indirectement. En ce cas, on pourrait nommer une source possible pour l’image de cosmos-KkÜükkoc du Protreptique. Quant aux Stromates, son œuvre monumentale adressée au public ésotérique des vrais gnostiques, il mentionne Pythagore et ses pensées (qui sont représentées avant tout comme des doctrines religieuses) quatre-vingts fois, en les estimant positivement dans une très forte majorité. On a déjà vu importance attribuée à Pythagore par Clément concernant la transmission de la sagesse divine — maintenant c’est le temps de voir les éléments les plus profonds de cette vérité, qui ont été révélés par la grâce divine au Samien, et qui, à cause de leur doctrine mystique. ? jusqu’ ici ont été cachés aux yeux des apprentis de la foi. nn PATAKI, ELVIRA 174 175 183 Strom, 4, 23, 151: HVOTIKÓG OÙV Ed Av Kal 16 Tu@oryóperov ékéyeto "Eva yevéodar kal tov àvOpwarov Seiv". énel «ul attdc à dpxyrepets elc, Evdg Svtog tof Geo. Sur l'idée de l'Un comme source unique de tout, voir la doxographie pythagoricienne de Sextus Empiricus (Adv. math. 10, 282) : obtoL SE and Évòc onpetov ta névra TectatvovoLy. Selon Plutarque (De /side 381 ef) les pythagoriciens en assimilant ses dieux aux nombres et planètes, identifient Apollon et l'Un : OÙ ôë Nv- Oayoperor Kal Spuoie kal oxjpata Oev exdcunoav Tpoanyopicts. . . 1 8' Ev ‘ATOÀÀWVO TAHOovs axopdoer Kai 6v axAGtHTa tic wovddos. Clément lui-même parle d’Apollon comme dieu unique (Strom. 1, 24, 164: "An6AACV LEVTOL vote Kath OTEONALY Tv MOAGV VOOULLEVOS 6 eis dom Bes), mais naturellement il ne lidentifie pas à Dieu. Strom. 5, 14, 115: Tiuæiog & Aokpôc Ev TD puoi ovyyoduuate KATO héELv WE [LOL HUPTUDTOEL * "nla àpxà mavtwv Éctkv ayévatag: el yay Ëéyéveto. oùk dv nv En dpyd. Gad exelva, dE dcàdont Eyevero." * Diogéne Laërce 8, 35: Kal tv oynuátuv to kékliotov opaipav elvur Tv atepEdy, tv 8° Ertumeötov Kúkhov. L'image du cercle est fondamentale aussi dans la doxographie pythagoricienne de Placita, voir Ps.-Plut. 883 b , 884 b, 888 a etc. ? Voir le commentaire des Stromates V (n. 6), p. 114-116. 148 A. J. FESTUGIERE: Les Mémoires pvthagoriciennes cités par Alexandre Polyhistor (80-40 av. J-C.), REG 58, 1945, p. 1-65. 9 Voir la note 34. se Diogéne Laërce 8, 25 : yiveada £8 autöv (des éléments} KÖONOV Euwuxov.voepey, oat: poerdû, LÉONV TEPLÉXOVTA viv yiiv kut avy opawpoedi «al TEPLOLKOUPLEVTV. 8,27: HAOÔV te Kai GEATVHY Kal tod GAAOUG dotépas ever Oeuts: ÉMKDUTET yap TO Beppòv Ev wirots, önep Ertl Gus altıov. ...Kai avdpummwv elvarmpds Beolg ovyyéveray, xutü TÔ petéyery GvOpwmov Bepgod dvd Kal Tpovorloden TOv Hedv Hav. 8, 27 : tautyV DÈ thy Aktiva Kal elo ti BÉvOn Sbeoduu Kal duù Toöto LWONOLELV závra, *' Voir la note 136. Chez Diogène figure un autre titre pour l'œuvre d'Alexandre (8, 27): noi 8° 6 “AkéEuvopos... Ev Mdayopıkolg Pronviguowv. La notion de hypomnémata évaque le genre des Su romates (3, 110, 3): Kate THY GANDA cprodopiav yywotLKGv OTOUVNLATEV ETPWHATEIG. '2 Clément utilise plusieurs fois l’adverbe UOTUKGG en rappelant les doctrines pythagoriciennes, ex. Strom. 3, 3, 24; 4,23, 151; 5, 102,2. Acta Ant. Hung. 43, 2003 * Voir la note 132. 156 Strom. 4, 3,9: & nor doket Kal TvOayópac oopdv wév elvan tov Oedv Aéyeuv óvov. 187 Strom. 2, 19, 102: Kal Lou boket MayKdAiws Instösanog 6 MovBayóperos ypéperv - "Av pv& eve Erwordt Oedv. & 8 Ek napoyac cevOprimev, à dE EE bôovâe Cov." * Dans les Stromates concernant la création du cosmos (au contraire de l'image de Dieu qui mêle les éléments divers en juste proportion dans le Prorreptique) ne figure pas la notion des proportions arithmétiques. Le symbolisme des nombres n'est peut être pas systématisé chez Clément. Malgré ses spéculations concernant la valeur symbolique de quelques nombres (avant tout celle de & et 10, il ne s’occupe pas beaucoup des nombres fondamentaux pour la pensée chrétienne, comme le 3 ou 4) ses interprétations sont trop vagues pour former un hermétisme numérique à principes fixés. ® Voir la note 73. Sur la parallèle du bios des pythagoriciens et celui des premiers chrétiens voir MEAUTIS {n. 68) pP: 41 seq. et W. BURKERT : Greek Religion, Cambridge, Mass., 1985, p. 302-304. Ml Alars que les pythagoriciens prient à haute voix, (Strom. 4, 26, 171, neta Pervie) en prouvant de cette façon que leur pensées et demandes adressées à Dieu sont honnêtes et vertueuses, les gnostiques passent leur vie dans une prière muette sans interruption. Sur l'importance du silence et de la prière sans paroles dans l'éthique et l'épistémologie de Clément voir R. MORTLEY : The Theme of Silence in Clement of Alexandia. JTWS n.s. 24, 1973. p. 197-202.

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par la formute abtdg gpa. C'est P&torov le plus grand du pythagorisme pour Clément: les pythagoriciens en se contentant des doctrines fragmentaires de leur maître inspiré mais terrestre, "°° bien qu’ils soient invités, ne se dépéchent pas, ne font pas effort pour écouter la vérité de Dieu.'® Néanmoins, voilà un exemple très caractéristique pour son préjugé en leur faveur: Clément, après d’avoir cité la Bible sur les orcilles qui doivent recevoir l’enseignement divin, ajoute une phrase d’Epicharme, d'un pythagoricien'“ done qui exprime le même sens. VL LES TRACES DES CONCEPTIONS MUSICALES DES PYTHAGORICIENS CHEZ CLEMENT. LA MUSIQUE COMME MANIFESTATION DE LA VERITE DIVINE. LES MUSICIENS TERRESTRES : IMITATION FRAGMENT AIRE MAIS VRAIE DE L'HARMONIE CELESTE OÙ DISSIMULATION TROMPEUSE Après cette revue générale de la réception des idées attribuées aux pythagoriciens par Clément, on revient au thème de la cigale dans le Protreptique. L'étude essaie par la suite d'approcher le sens symbolique de cette image avec l’aide des deux concepts pythagoriciens qui sont les plus connus de tous, mais qui jusqu'ici n'ont pas été examinés dans le détail. L'un est la notion pythagoricienne de la musique, l’autre celle qui concerne les animaux, plus exactement leur intelligence, leur parenté et leur rapports avec l’homme. Plus tard, en examinant l'image énigmatique de la cigale du V* livre des Stromates et en revenant à la question de la communication avec les Grecs, on espère donner des arguments à propos du parallèle entre Pésotérisme pythagoricien et la vraie gnose envisagée par Clément. Quelques remarques préliminaires concernant les idées musicales de Clément. Le son divin n'est pas naturellement ie seul aspect sensuel du monde chrétien du 162 Dans la tradition, Pythagore est representé comme l’incarnation d’Apollon (El. VH 2, 26; Jamb. VP 28), ou plus souvent comme daimón, et. la définition de Sur les prthagoriciens Ur. 192) MuÖayöpus, (Voir les autres sources chez M. DETIENNE : Lu notion de daïmôn dans le pvthagorisme d'Aristote (citée par Jamb. VP 30) : tod Aoyucod Chou TO uév got Beds, TÔ 8° dvOpwrog, TO dé lov ancien, Paris, 1963.) Clément connaît la conception aristotélicienne : Le Péripateticien - selon la citation des Stromates - envisage le daimdn comme la source d'une sorte de TpodytuKOy wavy (6, 6, 53). Clément n’utilise pas la notion par rapport à la sagesse de Pythagore. La notion de daimön vue par Platon, Pythagore, Xénocrate, Chrysippe peut être connue de lui aussi au travers de Plutarque, cf. De side, 360 d-e. Sur la conception de Clément du daimón voir le commentaire (n. 6), p. 27-31 et ad locos. 1 Strom. 2, 5, 24: Kal yup ATONOV, toùs pév Muduydpou tod Zapiov Gnkwtag Tv GytouuÉvwv Tas drodelEeig Aupartovnévoug 10 "adrög Epa" mlotv Myeioden Kal tab üpkeiodun LOVT TH Purvi TPds THY PEfaiwary dv denköugı, “Tobs dE Tig aAndelag pLaodeguovac", tuteiv éntxerpofivtag dEtomictes dudaokdhw, TO HOV Certo Bed, Bucdvoug TOV Aeyouévuv ÉTOLTE ' Voir tes notes 129 et 132. rup’ aùtroù. 6 dE "6 Exwv Mra akovetv Geoveten" Afyeı. Kai tis obtog; "Enixupnog elndtw. Acta Ant. Hung. 43. 2003 ORDRE MUSICAL ET SAGESSE INSTINCTIVE 177 Protreptique. On a entendu le chant d’Eunome s’entonner dans la lumière qui redonne la liberté aux hommes. A la fin de l’œuvre, le chœur des vrais. exaltation des anges et I’hymne des prophetes'““ résonnent dans léclat divin. Cette clarté spirituelle, le soleil de la justice en instillant la roséc"" de la vérité saisit tout le monde, comme le soleil sensible, qui est tiré vers le ciel par le Père pour tous les hommes. ? La métaphore de cette description superbe évidemment n’est pas seulement un tour de force stylistique. En plus de la symbolique de la lumière qui référe 4 Dieu, la rosée évoque un passage des Stromates, où Clément utilise une image très proche en parlant sur l’origine de la sagesse grecque : la propaideia et la philosophie sont parvenues aux Hellénes à la manière de l’averse du ciel, qui envahit tout et fait pousser toutes sortes de plantes, du gazon, du blé mais aussi des figuiers impudiques.' à Depuis, il faut souligner que l’application de la métaphore musicale aux sujets théologiques chez Clément on peut remonter à côté de son interprétation allégorique de la Bible à une tradition de l’église chrétienne des premiers siècles. Cette dernière déconseille l’utilisation des instruments de musique dans la liturgie." Cet interdit, semble être motivé en partie par l'esthétique grecque de la musique : par ex. dans le psaume N° 150 parmi les instruments musicaux qui célèbrent le Seigneur, en outre des cordes figurent aussi des instruments à percussion, à vent qui selon la tradition grecque ne peuvent pas produire des accords nobles, étant considérés plutôt comme des accessoires de combat. Enfin, en cherchant les notions musicales chez Clément on ne doit pas négliger les influences des passages des auteurs antérieurs, avant tout du platonisme de Philon. Récapitulons les traits les plus importants de la conception philonnienne de la musique : selon le De congressu, son traité entièrement consacré au rapport des Lois et l’érudition helléne, la musique, comme |’arithmétique, est la partie fondamentale de I’ éykuükAtog mavdeia (encore l’image du cercle comme symbole de totalité). Néanmoins, elle n’est qu’une étape — et pas du tout le telos — du procès vers la sagesse. La musique, la paideia est incarnée par Hagar, par le corps sensuel de la servante égyptienne, qu’ Abraham doit quitter en faveur de Sarah, l'épouse légale, qui est le symbole de la philosophie, de la connaissance opposée à l’art. !"° 5 CF. Pros. 12, 119. von Malgré le fait que chez Hésiode la rosée est la nourriture unique de la cigale (voir la note 59), Clément ne ta mentionne pas comme la source d'inspiration de la cigale d'Eunome. Une autre remarque : un texte du synerétisme de l'Antiquité tardive, Piconographie de Horapollon identifie l'hiéroglyphe de la rosée qui tombe sur tous terrains comme la paideia (Hierogl. |, 37). On voudrait bien savoir s'il s’agit d'une réminiscence de la métaphore de Clément. VN Strom, 7, 37: Kateatvetor roivuv nooratbela À "EiAnvicn oùv Kal budocodia WÒ Prog, AL, 114, 3: Ô … Öukenogivng log En’ tong mepuroket vv dvOpantóenta. tov Tatepa wuotpevos, d¢ ei Mavtag evOpwimouc Avuteiktı tv FALov avitod, Kal korawerdGer TAV dSpoooy rc dandelac. Oedlev fiery eig GvOpdMroUuG.... Sv TEGTOV al Tetat Kutappriyrovran cic TA yv TAY yoônv Kal sig tiv Korpiav cal ext ri beard. BAuatdve 6" bruis ken mda Kab Mupdg, poeta DE Kal et THY LVUÉTEV oct kad el TL TOV ÉVULOEUTÉOUWV Sévdpiov... Cf. Th. GEROLD : Les Pères de l'Eglise et la musique. Strasbourg, 1931, p. 125 seq. ™ Cf De cangr. 77. Sur les idées de Philon voir GEROLD (n. 169), p. 38-65 : 1. HADOT : Arts diheraux et philosophie dans le pensée antique, Paris, 1984, p. 282-287.

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Quant à Clément, il n’utilise la conception des €yckUKALa nadnuata que dans les Stromates, en empruntant la hiérarchie de Philon : les Arts des Grecs (appris par ailleurs des Egyptiens, |, 23, 153), servent Philosophie, qui elle-même est la domestique de Madame la Sagesse (1, 5, 30; 1, 9, 93). Quelques-uns des arts sont utiles à la connaissance (2, 1, 2}, mais leur ensemble n’est pas indispensable pour propos (1, 5, 29). En même temps, Clément ne doute pas de la vérité des ëykúchua trouver la vérité (1, 20, 99). Vu les dangers qui menacent ceux qui ont vieilli en cultivant les arts trop longtemps, les chercheurs de la vérité doivent les quitter bien à padryata : la musique, comme la géométrie et comme la vraie philosophie grecque possède des fragments de unique vérité divine.'”! Cependant figurent chez Philon des images qui attribuent un rôle indépendant et métaphysique a la musique. Le système du ciel est considéré comme le prototype des instruments terrestres ; la lyre à sept cordes à cause de sa ressemblance au chœur des astres, réalise une harmonie parfaite,” l’äme elle-même est un instrument qui redu feu par la douceur de l'air, en mêlant l'harmonie dorienne à la lydienne. Ensuite, produit la musique céleste. !?? On retrouve des idées similaires plusieurs fois chez Clément. Le début du Protreptique en représentant la création du monde avec des images musicales met en évidence l’importance de fa musique pour l’auteur, Le Seigneur a apprivoisé la vigueur dit Clément en évoquant un passage de Philon'” (et indirectement des idées considér&es comme pythagoriciennes par la philosophie des premiers siècles après J.-C.'”) > il a décoré l’univers harmonieusement, la dissonance des éléments il l’a mise en con- "7 sonance, afin que le cosmos entier devienne une seule harmonie. Comme on a vu, l’image du cercle se rapporte elle-même à la musique: le chant pur et sans mélange est transmis du milieu vers les bords et du haut vers le centre. C’est le chant qui met en harmonie l'univers, pas à la manière de la musique CF. Strom. 1, 20, 97 : ava Tov atitoy obv hdyov., Kab Was olang dAnBelas, év yenuerpla CE. De somn. |, 37; De opif. 126 : Abpa pèv yap À Ertäxopdog dvakoyotou tf TOV Tha. nEv yewuerplug àArdera, Ev povorri St povoucis, cdv PiAovopig ti dpOh 'EAAnvikn ein Gv Ardea. vijtwv xopeta tag édkoyipous dpuovius ùrotehel. oxedóv TL Tig Kuti poudiKiy Òpyavorotias äréons fyenovis oliva; De leg. alleg. |, 14, 1: Kutd te poucuiv À Extdaxopdos Atipa návruv oxedov dpydvev dpiutm, öLötL TO Évupnôvov, B di) THV neAmöonuevwv yevay LOL TO GELVETatov... Wor Quod Deus sit immut. 24, 2; De opif. 70; Poster. 88, 1; De ebr. 116, 2. La notion de Vhomme-instrument évoque Platon, cf. Phaed. 85 e seq. WCE. Sext. Emp. Adv. Math. 10, 282 : dp’ Gy (voir la généalogie des onpelov, yann, em Nl De cherub. 110: oltag yop étakkdtiovta Kui Entyvöpevu Atipag Tp6nov EE dvoholy hppoopévys @hòyywv eis KoLvenviay kul vonpoviuv EOOvIE ovvnyioerv Euedhev, avtldociv teva Kal UVTEKTLOLV TÜVIU dud MÜVIWV bropévovru TPÔS Tv Tod KÉOUOUN HUVTÈS ErsthrPWOLY. Hdwp cat dip Kal mip, cai caddhov 6 Köupos, Sv paur cud" épuoviuv BLoweisfku Tékiv EYG- PAVELA, OTEPER GONUTU coordonnée par les nombres) Aorzòv Kol th aighyté Guvictutar, yi te kul, TáEuv êvéreuve Ovpgurviac, (vu dt ÖAog 6 Köunog HTH Gowovie yéevntae, uevor tv äpiüubv, Ev olg of Adyot eiol TOV GuUTATLKGY ts tehelor épuovius cuupuvidv…. " Prow. 1,5, 1: var wy Kai mupög Opp dudhakev ülpı, olovel Awpıov dppoviay KEp&uus Avdiw... Tobtd tor kai 16 nav exdapnoev ÉLUERGE Kul tHv otorzelwv thy dupwviuv eis Acta Ant. Hung. 43, 2003 ORDRE MUSICAL ET SAGESSE INSTINCTIVE 179 thrace à la ressemblance de lubal, mais selon la volonté paternelle du Dieu, envisagée aussi par David.” Malgré le fait que Clément, au contraire du terme Aúpas 1PÓROV vu ci-dessus chez Philon, ’® ne nomme pas l'instrument mentionné dans ce passage, les musiciens remémorés, Orphée et ceux de l'Ancien Testament, le terme doma duata0év évoque sans doute un instrument à cordes. On a mentionné ci-dessus l’image de la divinité qui gratte avec son plectre la lyre du cosmos.” Clément dans son livre des symboles des Stromates, en analysant le symbolisme du plectre, aprés avoir refusé des autres avis, accepte la solution de Cléanthe, selon laquelle le plectre est identique au soleil.” Bien qu’il invoque ici un témoin stoïcien, l’image de la lyre du cosmos peut être connue aussi des autres traditions. En dehors des passages de Plutarque et de Philon déjà mentionnés on peut rappeler par ex. Théon de Smyrne, le mathématicien platonicien de II” siècle après J.-C. dont les idées sur les proportions mathêmatiques de la musique sont influencées par le pythagorisme, et qui en citant Alexandre d'Etolie représente Hermès grattant la lyre à sept cordes du monde.'*! L'être humain lui-même est envisagé par l'auteur du Protreptique comme un bel instrument animé, formé par le Seigneur à son image. En utilisant les images musicaux en guise des notions de la raison, il appelle l'homme un instrument de Dieu pourvu de toutes harmonies, euphonique et sacré, sagesse cosmique, raison céleste. *? Le narrateur-musicien du Pédagogue concrétise la métaphore de l’homme-instrument : l’homme avec ses sept organes est le pendant de la phorminx à sept cordes. !# La même identification se trouve dans l'interprétation allégorique de Psaume 150 : le corps humain est la charpente de l'instrument, ses nerfs sont identiques aux cordes düment tendues, lesquelles, grattées par le pneuma, produisent des sons humains. '** Clément sépare définitivement l’art de Jubal et d'Orphée de la musique davidicnne, mais son estimation par rapport aux musiciens grecs est plus détaillée. Les '” Prof. 1, 5, 2 : Kal ön to done... fptécuro róde 1ö sav où KaTa tiv OpaKLov KovotVoir la note 174. Kv, Thy zapuahrotov “Továh, cata GE tiv rétptov tod Beofi BotAnawy, fv driAmoe Aafiô. ' Voir la note 88. MO Strom, 5, 8, 48 : oùk üvéyvoaav à itor KhedvOnv tov pthdcubov, ög üvrikpuc IANK1pov TÔv uov Kakel - Ev yap tats avatokaig gpeidwv tag anıydg, olov aAoowv Tov kóopov. els Tv Evappöviov mopeiav TO bg dyer. Sur les autres étymologies de Cléanthe concernant les mots apolliniens qui se basent sur fa conception du Soleil tout-puissant, sur l’étymologie stoïcienne voir A. LE BOULLUEC : L'allégorie chez les Stoiciens, Poëtique 23, 1975, p. 306-309. ™ Théon fre. 141, 3-4 Hiller : tolny tor cetpiva Auög nuts fplocev “Epuûis, / Énrétovov kiBep, BeouTiotopos eikdva Köupon. "2 Prat. 1,5, 3: Kaköv 6 képioc Spyavov Eutvouv Tv &vOpwrov ëBeLpydaato Kat’ elkóva THY tunton... aùtòs Ópyavóv Eur tof Beott zavappóviov, upedts Kal Gyiev, vopla UNEPKGOKos, ollpäviog kûyos. + Strom. 6, 16. 144 : éxtatdvey pöpuyyı véouc KEACOKGOLEV buvous, rountis Te OK Gon- Paid. 2, 4, 41 : Gpyavov 6 ota A€yet tO NHETEHOV Kal yapaie Tè vehpa iron, by Ov og ypüger Kal viv rakardv Atpay Ertädoyyov elvar duddokwv, Et Kal zepì 1 TPOGEI TO) NHETEPW exixertar tov aicOytnpie Ti Gpyava, So ev Tè tov obBakudv, do HÈ TA THY GxongTUK GPW, Svo Òé ta tv uuKtiipov, EBSopov be 16 tod OTÖNLUTOg. Srapuöwov elAnpe Tv wiouv. Kal Kuoudpevoy TD MvEvLaTE Tote POdyyous anodldungı TOÙC dvOpantvouc.

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montagnes qui accueillent leur performances sont les scènes des mystères d’erreur, Orphée et ses compagnons sont représentés à ouverture de Protreptique comme des imposteurs (@tutnÀoi, 1, 1), des maîtres des sophismes (Sodtotis, 1, 3). Les musiciens paiens, « possédés d'un habile charlatanisme pour prendre les autres, célébrant comme des mystères leurs pensées ambitieuses, divinisant leurs peines. », exhortent l'humanité à l’idolâtrie et réduisent « à l'extrême servitude par leurs chants et leurs incantations, cette belle liberté, la seule réelle, des citoyens de la terre »."? La notion de la mauvaise musique qui décompose l’ordre de l’âme revient plusieurs fois: le Pédagogue en empruntant des motifs de Plutarque, met en garde ses disciples contre les mélodies avilissantes, contre les rythmes qui ensorcellent ct leur déconseille les philtres magiques (les pharmaca au sens négatif), « qui corrompent les bonnes mœurs en entrainant à la passion ». 136 Pour la représentation des effets moraux négatifs de l’incantation musicale s'impose évidemment l’image des Sirènes, un motif hérité de la tradition grecque et bien connu dans les beaux arts chrétiens. La scène mythologique des Sirènes figure souvent sur les sarcophages des premiers siècles après J.-C., qui sont considérés comme les témoins d’une influence néoplatonicienne autant que chrétienne. Selon l'analyse iconographique presque unanimement acceptée. !#? les Sirènes avec leur incantation malsaine empêchent le retour de l’âme à sa patrie céleste, au contraire de la musique des Muses, qui rappelle le mousikos aner à son origine divine.'* Quant à Clément, son interprétation sur le rôle des Sirenes est plus compliquée. A la fin de son Protreptique, il incite ses lecteurs à s’enfuir de leur musique, de ce piège, cet abime, ce précipice, qui étrangle ses auditeurs, les détourne de la vérité, enlève de la vie. Le même signal de détresse résonne dans des Stromates, en reconnaissant la séduction irrésistible de cet enchantement et le manque des forces humaines pour y resister.'” WS Protr. 1, 3, |: Évtéxvw tivi yonteia barpov@vreg els drapBopác, ÚBpers dpyudtovtec, nevdn ixBerdtovties, tods dvOpwmmnous En ta eldwka xepaywyijoar.... Tv Kadi Övrug Exelviv ékeudeplav tav út’ obpavòv zeoAuteumévav mòais Kul emwdais els ÉOYATN doukeig KatatedEavtes... (trad. MONDESERT). We Paid. 2, 4, 41: … EADV TOL Kateayotow Kal Hubp@v YoEPOV… ToUKiAue dappaKetar duapdelpovorv tos TPÓROVG… eig 1006 broonpovaar, (trad. MONDESERT). La notion de ta melodie brisée (LEAGV Kateaydtwv) évoque la phraséologie des détracteurs des nouvelles dithyrambes du V* siècle av. J.-C. Je dois remercier ZS. RITOOK qui a bien voulu attirer mon attention à cette ressemblance. WI Voir les suggestions de J. CARCOPINO : Le symbolisme gnostigue et ses origines pvthagoriciennes. In De Pythagore aux Apôtres, Paris, 1968, p. 189-221. WE Sur l'opposition des Muses et des Sirènes voir l'article de K. MAROT : The Sirens, Act. Ethn. Acad. Scien. Hung. 7, 1958, 1-59. Sur l’iconographie des monuments funéraires voir H. I. MARROU : Mousikos Aner, Grenoble, 1937, p. 252-253 ; P. COURCELLE: Quelques svmboles funéraires du néoplatonisme latin, REA 46, 1944, p. 65-93 ; D. WOYSCH-MEAUTIS : La représentation des animaux et des êtres fabuleux sur les monuments funéraires grecs, Neuchâtel, 1982, p. 91-99. "7 Prour. 12, 118, 1: Dbywpev … Zeipfjvag puducds : dyer tov Avdpwrtov. tig GAypelac dnorpérer, Anayeı ts Loc, maylg £otıv, Pdpabpdv dativ, PoBpos Eoti, Aigvov atv kukdy À Strom. 2, 2,9, 7 al yobv Tay Lewpriveny EruenArioeiz Oovapiy brepdvOpwmov evoeucve- Guvijdea > pevin EEÉnAntrov TOÙG AUPDATUYAÜVOVTUG pos TV Tv heyopévwv Mapadox}y vyeddv dxovtac evtoerifovude. Acta Ant. Hung. 43, 2003 ORDRE MUSICAL ET SAGESSE INSTINCTIVE 181 Or, un autre passage de cet ouvrage — d'une fagon trés remarquable — en se référant à Pythagore invoque l’aide des Muses comme remède, comme contrepoint de cette incantation nocive. L’avertissement du sage grec — dit Clément en démasquant le caractère trompeurx de l'autre psychagogie' - nous enseigne que nous devons juger les Muses plus douces que les Sirènes, que la sagesse doit être acquise par l'ascese et pas par des plaisirs. 2 be paralléle de cette confrontation de deux groupes de déesses chanteuses se trouve dans les Propos de table de Plutarque — une ceuvre qui traite parmi les autres des symboles pythagoriciens et laquelle est, comme on le verra à propos de la cigale, utilisée abondamment par Clément. Donc, d’après Plutarque, une fois tombé dans le piège des Sirénes, on doit invoquer les Muses et s’enfuir vers l'Hélicon des anciens.” L'auteur du Protreptique emprunte la métaphore de la fuite dans la montagne, en christianisant l'image : les délivrés de la musique dangereuse se dirigent vers le paysage de Sion au lieu de l'Hélicon, le mont sacré de la poésie grecque. Une autre fois, Clément cite la scène homérique dans le contexte de la relation des chrétiens et la paideia. Selon les Stromates, le majorité des chrétiens, comme les compagnons d'Ulysse, à la manière des rustauds, laissent courir le logos — qui dans ce cas se réfère à Ja culture grecque et pas au mot du salut. Or, affirme Clément, ils ne passent pas à côté du chant mortel des Sirénes, mais à côté du rythme et de la mélodie — qui ne semblent pas des phénomènes complétement dangereux et nocifs — en obturant leurs oreilles par leur illettrisme et leur manque d'éducation, comme s'ils savaient, qu’une fois qu'on a prêté l’oreille aux doctrines hellénes, on devient incapable de retrouver le chemin du retour.'” II paraît que Clément recommande dans cet ouvrage pour modèle Ulysse et non pas ses compagnons aux chrétiens qui ont fini leurs études à l’école primaire de la foi. Voici un autre extrait des Stromates qui met de nouveau en évidence que la musique des Sirènes peut signifier pour Clément une sorte de sagesse, et c'est pourquoi on ne doit pas la rejeter tout de suite, sans aucune audition, en la considérant comme nuisible. Le morceau part d’un fragment d’Euripide (fr. 903), qui évoque ™ Strom. 1, 10, 48, 6: Motoag Zeupriviov fôiouc hyetoler Mubaydpuc zapauveì, tüc 00- dias doxety un werd Hovis ôter, ararmhôv 6€ try GAN duekgyyay puxaywylav. La vraie brxayayiı est représentée par l'art sacrée des quelques poétes grecs, voir Strom. 5, 4, 24: ol tap& TOUTE TOV APOdPHTHY rv Beokoylav dedidayuévor zorntal dv bovoiag MOA rrocoMohGL, TOV ‘Opta Adyw, Tov Alvov, tov Mougulov, Tov “Opnpov Kai. "Hoiodov Kal totic tara 00ove. Quaest. conv, 706 d: … d0dKiG dv els Tag Zeipfivas eutéompev, ExucadeicOar ei tas in Selon l'étymologie fausse des stoiciens (SVF 2, 160) le mot duiacKw dérive de th dake. Mowwag kul katadeúverv eis tov 'EMkÓva Tov tv zakarv. ™ Voir le texte sur la note 5. L'image des montagnes se reproduit à la fin de l'œuvre, où le Cithéron, fe lieu des tragédies dionysiaques s'oppose à la forêt ombragée de la montagne sacrée, aimée par Dieu, qui est la scène du drame de la vérité (Gpag... Beb zepingévov … nareipevov… toîs dAnfelag àvakeipevov àpéuaarv, 12, 119), La cigale de Clement chante elle-même aussi sur la montagne (1,2, 2) - un motif qui manque dans les autres versions du mythe. "5 Strom. 6, 11, 89 : ob theïatar thv TO Svopa Extypapoueve ka0ázep ol tof ‘OSvaddwe étatpor dypolkos nerlaoı tov Aöyov, od Ta Lelpfivac, HAAG Tov buOpòv Kal TO LÉAOS Topepy6- WEVOL, GLaHig Bbgavres Ta ata, Enelzep loaciv où bevnodgevor NUE (mooxóvres tûc deotic “Ednvicoig nadraaoı peta tatta Ton vóorov tuyxetv.

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dales jolies des Sirènes, monte au ciel afin de s'unir avec Zeus. Clément, en construil'image platonicienne de l’âme ailée. Le narrateur en attachant des ailes et les sansant un parallèle plutôt qu’une opposition avec le mystique païen d’Euripide, continue sur un ton très personnel : Moi, je voudrais supplier l'âme du Christ qu'il me donne des ailes et me fasse voler à ma Jérusalem. 96 Le caractère ambigué des Sirénes, la valeur ambivalente de leur musique remonte au platonisme, et vraisemblablement au pythagorisme.'”” Dans le Phédre Socrate met en garde son compagnon contre leur chant dangereux. Cependant, dans le Banquet, c'est Alcibiade qui avoue son envie de fuir l'enseignement irrésistible de Socrate, lequel est représenté comme la voix des Sirènes. Enfin, dans le mythe final de la République, leur chant, en rappelant le tetraktys pythagoricien, est synonyme de !*? l’harmonie universelle. On observe la même ambiguïté à propos d’Orphée. qui de ce point de vue se sépare des autres musiciens mentionnés au début du Protreptique. Sa première image trines, en chantant, certes, un peu tard, le logos sacre.'” Une autre fois il s’agit du absolument négative est retouchée par Clément autant dans cette œuvre que dans les Stromates. Dans le Protreptique l'idée d’un Orphée converti se fonde sur deux conceptions grecques. La première est celle platonicienne de la palinodie: l’ancien grand-prêtre des mystères nocifs, abandonne la théologie des idoles et renie ses docconcept d’origine pythagoricienne du remède musical, de l’incantation thérapeutique.” Les Stromates semblent ignorer l’image négative d’Orphée et c'est lui seul parmi les musiciens du Protreptique, qui figure sur la liste des poètes grecs qui sont les disciples des prophètes en théologie.” En analysant ces informations, il paraît que la conception musicale envisagée par Clément se fonde sur l’opposition de la vraie musique claire — fausse musique trompeuse plutôt que sur celle de la nouvelle musique des chrétiens — ancienne musique des Hellènes. L’harmonie éternelle, le principe de la création divine ne se perd pas, ne se tait pas non plus pendant la période des Grecs. Or, cette époque est domi- We Syrom. 4, 26, 172: ...yobueat DA Lor mtépvyes zepì vrt / Kai ta Seuprivwv Epóevra mêbihu âpuôtetu, / Baoopal 1 é¢ alBépu Modi depbeis Zyvl zooopiEwv. eyo dé Gv edEulunv 16 Tvebua Tod Xprotod mtepdoat we els tv 'lepouoahij tv Euv. VE Cf Phedr. 259 a ; Symp. 216 a ; Pol. 617 be. 7 A propos de l'interprétation double des pythagoriciens sur les Sirènes voir M. DETIENNE: Homère, Hésiode et Pythagore. Poésie et philosophie dans fe pythagorisme ancien, Bruxelles, 1962, p. 58-60. Proclos, en cherchant la solution de l'image problématique chez Platon, divise les Sirènes en trois groupes, fn Crat. 158 a. par Platon (Phedr. 243 a), dans laquelle débute la notion de la palinodie, se tie à Locres. Selon Conon WW Protr. 7, 14, 3: 'O bk Opaxros lepopdving Kal mous pu, à tod Oldypov 'Opdeùs, peta TV t@v Opyiwv Lepogavtiay Kul tiv el6mAwy Tv Beokoylav, mukuvodlav GAnBelus cicdvel, TÒv lepov Gvtwe dé Tote, Sums à’ vv Gdwv Adyov. On doit remarquer que l'anecdote évoquée (voir Phot. Bibl, 186, 133 b) c'est un guerrier locrien, blessé dans la bataille contre les Crotoniens, qui transmet l'ordre des dieux à Stésichore qui, pénalisé à cause de sa calomnie, a perdu la vue. Le poste, par ailleurs, emploie l'image de tettix dans son ainos adressé aux Locriens (tr. 281 PMG). | ™ Voir la note 191. i” Protr. 6, 70, | (sur Platon} : émmods Ths byueis apd Opakdy Aaupdavers ErmòàG Ùyreis. Acta Ant. Hung. 43, 2003 ven ers, ORDRE MUSICAL ET SAGESSE INSTINCTIVE 183 née par une fausse note, parce que la majorité des Hellènes ne peut pas — à cause de leur audition ruinée par les voix fausses” - ou ne veut pas entendre et laisser résonner cette mélodie pure. On peut citer comme témoins des passages sur la tradition de la sagesse musicale donnés par les Stromates (1, 16, 74-78 ; 6, 11, 88). Il faut, dit Clément au VIS L’harmonie barbare” de David, dit ensuite Clément, qui est la plus ancienne livre (6. 11, 88), que le modèle universel de la musique à cordes soit David, qui glorifie harmonieusement Dieu en prophétisant et jouant sur son instrument. Clément, en analysant le sens de mot €uped@s, continue son argumentation avec des termes musicaux concernant les gammes diverses des Grecs lesquelles, 4 son avis, sont dignes de célébrer Dieu. I! se réfère à un musicologue païen, Aristoxène, qui est présenté ar lui dans un chapitreprécédent des Stromates comme le biographe de Pythagore. des toutes et qui présente la sacralité de la mélodie, était le modèle pour Terpandre. Ce musicien grec excelle devant les autres, d'une part comme le premier qui a mis en musique les lois” (vu la notion de Peunomie du Protreptique, c'est un concept primordial). D’autre part, son harmonie dorienne célèbre Zeus, le dieu qui est l’origine unique de tout selon les Grecs." Done, il paraît que Terpandre (qui dans la tradition grecque est l’innovateur le plus important de la musique, étant l’inventeur de la lyre à sept cordes”), selon la conception de Clément emprunte aux Juifs la notion de Dieu unique ct éternel, comparable aux sages grecs qui sont les connaisseurs de certains éléments de la même vérité divine. Pour Clément, les instruments les plus importants et les plus dignes d’exalter Dieu sont ceux a vent, c'est-à-dire la lyre, la phorminx. D'une part, on rencontre chez lui le rejet traditionnel de l'aulos. En traitant la vie quotidienne du chrétien et en évo- 2 Voir la métaphore acoustique des Strom. 5, |, 12 : audition trop fréquente du son des coupes métalliques peut blesser louie. “0 Strom. 1, 14, 62. Sur l'authenticité de cette œuvre d'Aristoxêne voir P. BOYANCE : Sur la vie pythagoricienne, REG 52, 1939, p. 36-50. A propos de sa « conversion philosophique » qui l’a conduit à abandonner les doctrines musicales des Pythagoriciens et à fonder un système musicale radicalement nouveau voir A. BELIS : Aristoxene de Tarente et Aristote : Le Traité d'harmonique, Paris, 1986. * La notion de la musique barbare au premier livre (1, 16, 74) se réfère à l'invention des instruments : le safpvnx a été inventé par les Etrusques, l'awlos par tes Phrygiens, la dichorde par les Assyriens, etc. Clément, semble-t-il, ne s'occupe pas de l'incompatibilité de ses références concernant l'origine barbare de Varios. Du point de vue grec l'instrument manque de noblesse, il est barbare au sens négatif: du point de vue de la sagesse archaïque héritée par le christianisme il peut être barbare au sens positif. "Strom. 1,16, 78 : pÉhoc TE atl np@OTOG TEpuéBne TOIS Toulaor Kal Tobe Aukedauuoviorv vôpouc épekomoinoe Tépravépos ò Avriocuiag. | © Strom. 6, 11, 88: “Eu tig wouaictig Taptdeuypa pakke OUO Kal apepnteVwv ËkKeiodtn Aaflè. Újrvöv tov Dedv Epes. Tpoorken HE mi dda TO Evappóviov vévoc TH Swpuoti Gpuovig Kal tH pouyorl 14 budtovoy, ús nour ‘Aurotókevos. À Tolvuv éppoviu Tod BupBépou Waktnpiou, 16 ceuvov Eupaivovan tod péhove, doyavordm ruyxévouou, itdderyua Teprévépn thora yiveraı POS Gopoviay tv Adpiov bpvotvt tov Alu dé THs: Zed Advi boy. tévTay dyijzo, Zeû, cot nées tatitay thivieny doxdv. CE. Ps.-Plut. De mus. 1141 c. Quant à Clément, il ne parle pas de l'innovation technique de Terpandre, mais en conseillant l'emploi de la phorminx à sept cordes pour glorifier Dieu, il mentionne la qualité ancienne de cet instrument (Strom. 6, 16, 144) : thv nakınav Alipay éxtapdoyyov elvan.

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quant des passages platoniciens et de Plutarque,”” il élimine Paulos des instruments chrétiens, comme l’outil de l’idolätrie, comme la source d’un son qui dégrade les hommes au niveau des êtres irrationnels.*”? L’abandon du /ogos de Dieu par la foule ivre est présenté comme le retour à la dissonance, comme une nouvelle palinodie méchante (kakol KaKÓG pahhovtec nuAwvwpòlav), accompagnée par l’ivresse de son des aulos, les grelots des impies.” ° Le Protreptique utilise plusieurs images de citharédes. L'idée du musicien de la vraie musique se présente aux trois niveaux de la révélation de la sagesse divine. Au niveau le plus archaique, Clement évoque David qui détache les hommes des idoles en les convertissant à la vérité.”'' Parmi les Grecs, à côté d’Arion et d’Amphion, mentionnés exclusivement avec mépris, il y a Orphée, le repenti et Eunome, avec son nom qui suggère la notion de l’ordre, et quelques autres musiciens, les disciples des prophétes. Le telos de toutes les musiques est le Christ. Le symbolique de la lyre par rapport au Christ se présente à plusieurs formes dans la pensée de Clément : dans le Protreptique il est le maître de l'harmonie, qui au lieu de la lyre et de la cithare, instruments sans âme, crée l’harmonie du cosmos et du microcosme humain avec son esprit saint, et joue 4 Dieu, en accompagnant son chant avec le ton de son instrument animé qui est Phomme.””” Clément ajoute aux images traditionnelles du Christ une métaphore musicale. A la fin du Protreptique, dans un passage qui se fonde sur la notion de Christus imperator, \e Sauveur est lui-méme le clairon de son évangile et en même temps le joueur de cet instrument, qui recrute les soldats de la paix." On trouve la même structure à propos de l’image de Christus medicus. David, la praefiguratio hebraica, chassait les démons avec sa musique mais en chantant ne guérissait que Saül.”'* La représentation du traitement thérapeutique employé par le Christ est pleine d’allusions musicales. Selon le passage du Protreptique, le Sauveur a plusieurs tons (mOAUdwvds) et — à la façon d'Ulysse, le sauveur homerique des à * Voir la note 94. | 2% péd. 2, 2, 41 : ZüpiyE pév obv touuéouw Anovevennode, uùhòs Ht dvOpw@moug deLordai- ORDRE MUSICAL ET SAGESSE INSTINCTIVE 185 mélodie (apc uépos À méAog).” * A coté de David et du Christ, il manque la perâmes” !* - de plusieurs manières (TOAUTPONOG) qui connaît divers moyens de la méthode curative. Il réprimande les uns, donne des chätiments aux autres, il déplore leur perte. Mais il y a des hommes, pour lesquels chante le Christ, le bon médecin. Il ampute, il brûle, il badigeonne le malade, en utilisant la bonne méthode en chaque cas, il porte de remède à tous, par le moyen adapté aux organes malades ou par celui de la sonnification grecque du docteur-chanteur. Malgré le fait que Clément ne nomme aucune personne ou notion, il est possible que le lecteur grec de l’œuvre puisse associer à cette idée de guérison corporel le son pendant spirituel, la théorie de l’&thos musical, d'origine pythagoricienne, laquelle, empruntée par Damon. Platon, Aristote et par d’autres est devenue une des plus particulières de l'esthétique grecque, Les suggestions du Pédagogue peuvent donner des arguments qui prouvent que parmi les idées de Clément, cette conception concernant influence de la musique sur le comportement humain est présente. Le chapitre 4 du IF livre, au contraire de son titre qui renvoie au banquet, (peut-être évoquant aussi de cette façon les chapitres des Propos de table de Piutarque, remémorées dans cette œuvre plusieurs fois”!?) traite presque exclusivement le thème de la musique. On ne cite que les dernière appropriée les termes de la théorie grecque de la musique, conseille l’emploi nières lignes : Clément, maître des chrétiens et disciple du Christ, en utilisant de mades harmonies sobres, déconseille ces harmonies énervées et le chromatisme. qui démoralisent les auditeurs.?'* L’avant-derniere phrase qui parle de l’efficacit& des mélodies sobres et sérieuses contre l'ivresse est particulièrement remarquable, parce qu'elle évoque l’anecdote peut-être la plus connue par rapport à la thérapie musicale de Pythagore.?'” Une dernière remarque sur la présence de la notion pythagoricienne de la musique dans la pensée chrétienne de Clément. En énumérant les motifs figuratifs qui "3 Cf. Odyssée I, 1-5. Sur l'image d'Ulysse-Sauveur chez les gnostiques voir CARCOPINO (n. 187), p. 202. 8 Protr. 1, 8, 2 : cal a0" Srp pèv howopeitat, Zot 8° où ui darerhet - tote SE Kal Opnvei tv avdpenstenv - Her dè Whois. kußdnrep lorodc üyadds Tv vocoivrev owpdtwy TO NEV kaTAMAATION, the dé Katakeatvuv, Ta SE KaTAVTLOYV, TH OE Kab oÔreu SuLpav, Erukaluv SE äkka, Eau 8° où Kal dtompiov, ef mug olóv te Kav Taps HépoG À pekoc Tov &vOpwmov (ytâvan. TlokúPavé ye 6 owrip Kal moAtTpoms ele dvOptdimov curnplav. ND Cf. Quaest. conv. ch. 7 (710 a seq., el Set zap Toto adhytpiaL ypfoßau) et ch. 8 (711 a seq., HÜALOTAE XPNOTEOV kpoúpdor Mapa Seizvov). Une seule remarque pour manifester l'influence AU Pro. 1,5, 4: Nal univ 6 Außiö 6 Packets, 6 Kdugprotis, Ob piKOd mpdobev evijoOyforte du vocabulaire de Plutarque sur Clément : les termes de bouffonnerie et du bavardage sont utilisés dans le même contexte musical par les deux auteurs. Cf. 712 e: th 48 nalyvıa noAAfig véuovra BaLohoyluc Kat omeppodoytas ode tuts ta (rogata Komiioua et Péd. 3, 11, 77 : vir dkpodata Bonokugiac Kal oteppokoyiac TOAATIG YÉLOVTE. uooiv els clOwhodatpelug ometdouc. Kal yap we And dnoneuntéa Th Öpyuva taba vnakiou gunnoolov, Bnpiots Lükkov À dvBpamorg KATAAANAG Kul àvOpdmarv Tolg Ghoywtépots. MY Péd. 3, 11, 80: Kal tov zepì Neat Aöyov vefaodpevoL KaTaAEAOiMGaGL Evdov ob Hkouoay, £Ewdev dE dpa peta 1Ov ABEwv dAtouat, KooULdTw Kul TEPETLOLATOV EowWTEKaY AVAWÔOLAG VOL OVPPETOD. TE Kal KpStTOV Kal LENS Kab TavTtos AVETLUMAGUE #2 Prof. 1,5, 3: … KOOUOV dé Tovde KUL dH Kal TOV GuLKpdv KÉGUOV, Tov GvOperoy, 1po- WEY, Tpottperev ag ty ÄArDeurv, cotétpene dé elev, MOAN ye Eder Ujuveiv udtodv TOU buiuovus GhqOed mad UdTOO SuMKOMEVOUS PoVOUCH, À TOD ZuodA Evepyoupevon exetvos GSwv pOvov atitév iéuato. "" Péd. 2, 4, 44: Kat yap üppoviag mapadextéov Tec odipovas, datwtdtw BTL WALT &Aarivovrag tic Eppwpevng ev dravolec tag ttypüc Bvrag dpuoviac, al zepì tag Kaunac Tv podyywv kakotexvoiiaau elg Apinpv al Bemokoyiav Ekôtautdvren - T SE atormpd Kal Geuppovikù nein drortdouertar tals TAG KEBNS Ayeperxiaus. Katadeatéov oily tag yoopatiKas Gpkoviag Tals Axpenorg tuporviaus Kal TH dvBopopadag Kal Étupotox Louowf. Sur la phraséologie voir n. 186, U prow. 11, 116, 2: DddmyE dott Xpratod 16 eluyyeliov altol... XpLotög dé elpyveyv te cal ucma aûtod, dyiw Aveinatı Gouaddevos, bAARE TH Heid Au Tod Tohupwvon Spyayou kui npoadder TO dpyave TÔ avOpure. Köv En) Ta Epura tig vig Emmveioug néhog ovvdEer dpa TOUG elpnvixolig otpuuwras TOUS et c'est le lon sévère du même instrument qui le calme. Acta Ant. Hung. 43, 2003 9 CF. Jambl. VP. 25, 112. lei c'est le ton effréné d’aufos qui cause la conduite déréglée du jeune EaUTOD... U Voir la citation de la note 211.

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peuvent se présenter” sur la bague du chrétien, parmi la colombe, le poisson, ie bateau, l'ancre, il mentionne aussi la lyre. Son argumentation — Polycrate de Samos avait lui-même une bague avec l’image de la lyre” — n’est pas claire. D’un côté, la tradition grecque ne parle pas de façon détaillée de cette fameuse bague, 7? d’un autre côté, on n’imagine pas clairement comment peut un tyran païen représenter un modèle de comportement positif pour les chrétiens. La figure du trop heureux Polycrate (qui malgré sa volonté de refuser son bonheur en jetant sa bague dans la mer, ne peut pas éviter son destin) n’est pas connue comme exemple éthique chez les pères de l’église. Néanmoins, il paraît très possible que l’énigme de Polycrate chez Clément ait sa solution dans la tradition qui le lie à son compatriote et contemporain, Pythagore. Parce que la chronologie qui les lie figure aussi dans les Stromates, on est tenté de dire qu’il y a d’autres motifs concernant leur relation qui pourraient être connus pour Clément. La tradition se fonde avant tout sur deux éléments en rapport avec des volycrate. sans le savoir et d’une façon particulière, aide les Grecs à connaître la vérité yages de Pythagore qui peuvent aider l’explication. C’est Polycrate qui lui donne une lettre de recommandation adressée au roi Amasis et l'envoie en Egypte," et c’est à cause de son despotisme que le philosophe, muni de la sagesse égyptienne, après son retour quitte Samos en cherchant une nouvelle patrie en Grande Grece.”° Donc, Poet à acquérir quelques notions de cette sagesse universelle. VIL LES IDÉES DE CLEMENT SUR LES ANIMAUX ET LEUR CONNAISSANCE. L'INFLUENCE DOUBLE DU PYTHAGORISME : NOTIONS ACCEPTEES ET REFUSEES woe 8 Pr : ORDRE MUSICAL ET SAGESSE INSTINCTIVE 187 Naturellement, le compte rendu de l’influence platonicienne et stoïcienne est inévitable aussi pour ce problème. Chez Platon et ses adhérents on peut trouver à côté des avis qui déprécient les animaux par rapport à l’homme (les animaux ne sont pas doués de raison, les facultés irrationnelles de l’homme sont considérées comme l’élément animal) deux autres tendances. L'une déprécie la plupart des hommes qui n’utilisent pas leur raison; l’autre, présente dans les œuvres de maturité, accorde aussi aux animaux une sorte d'intelligence. Xénocrate, auteur invoqué plusieurs fois à l’appui des théories de Clément, affirme la parenté des animaux et des hommes en admettant qu’ils sont capables à une sorte de connaissance de la divinité (fr. 21). Sur cette évaluation positive des animaux se fondent les apologies écrites en faveur de l’intelligence animale par les auteurs de la nouvelle Académie et avant tout par Plutarque.’?° Au contraire de ces idées platoniciennes, le stoïcisme souligne l’absence totale de raison chez l'animal. On cite fes phrases de Dierauer : les animaux n'ont aucune parenté divine, aucune connaissance des dieux, aucune vision de l'avenir, ils n'ont ni connaissance par la causalité, ni liberté de décision, ni vertu, ni bonheur..., ils n'ont pas le don de la parole.” Pohlenz, en caractérisant le rôle des animaux dans la pensée anthropocentrique de l’école met en évidence la ligne de démarcation qui les sépare des hommes : le pneuma qui saisit tout le cosmos n’est présent en eux qu’à un degré moins élevé en comparaison avec les hommes. Par la suite, leurs activités semblables à celles des humains ne sont que Gleich-ob-Tätigkeiten, donc des actions instinctives et comme si : la voix des oiseaux est un quasi-chant,?”* la toile d’araignée un quasi-tissage, le soin de leurs rejetons une quasi-vertu.” Sa conclusion : au contraire des notions pythagoriciennes « von der Gemeinschaft der Vernunftwesen sind selbstverständlichweise die Tiere ausgeschlossen ».”" Spanneut, en analysant les traces stoïciennes chez Clément, souligne l’opposition de l’animal privé de logos et de l’homme raisonnable, qui est un des caractères des plus essentiels de l’anthropocentrisme judéo-chrétien des Peres.”' Or, même temps il souligne la présence d’une idée, selon laquelle la connaissance de la vérité. “2 CF Strom. 5, 133, 7 ct Prorr. 51,5. Acta Ant. Hung, 43, 2003 2 SPANNEUT (n. 119), p. 169. Sur le rôle des animaux chez Justin, Théophile et Tatian voir G. LANATA : Thèmes animaliers dans le platonisme moven. Le cas de Celse, in L'animal. (n. 76), p. 299325, part, 307 sqq. =" POHLENZ (n. 116), p. 83-85; 137. c'est-à-dire de Dieu, est possible d’une certaine façon pour tous les êtres, non seulement pour les barbares et les Hellènes, pour les agriculteurs et les citovens, mais en général pour tous qui vivent.”” Les créatures privées de perception, elles-mêmes aussi peuvent être liées à l'ordre du cosmos. aux forces naturelles par une certaine sorte de . Il est évident que les idées de Clément sur la connaissance des êtres créés et sur leur classification intellectuelle pourraient facilement à elles seules être le sujet d’un ouvrage entier. Ici, en cherchant chez lui les traces de la notion d’une certaine intelligence naturelle, on se contente d'en énumérer quelques-unes, qui sont les plus importantes concernant notre point du départ. On voudrait ajouter certaines suggestions sur les sources possibles de ces concepts, avant tout en essayant de montrer la présence de la tradition pythagoricienne. Fi dua à 2) péd. 3, 11, 59,2: Al dt oppayides Hiv Éotuv zekerde À LUS ij vadg oùprodpouu Avpa POULT, Akéxontar ModvKpatyc, À dyxupa vautıcn. zw “Le problème évoque le symbole pythagoricien cité dans les Stromates (5, 5, 28) à propos de porte de bague et au même temps du simulacre de Dieu : duxtWAov ui popetv undE eixdvag abtois zupúogeuv Dev. 2 Voir les passages cités par U. DIFRAUER : Raison ou instinct ? Le développement de la zoopsycholo ie antique, in L'animal. (n. 76), p. 9-11; 24-27. “" DIERAUER (n. 226), p. 23 ; idem: Tier und Mensch im Denken der Antike, Studien zur Tierpsycholo, ie, Anthropologie und Ethik, Amsterdam, 1977, p. 224-235. ” Voir ex. l'opposition le croassement du corbeau (considéré par le gens inintelligents comme voix divine) et la parole du Christ chez Clément (Protr. 104, 2). : "Sur le problème du comme si voir POHLENZ {n. 116) p. 83-85; 115 et J-L. LABARRIERE: Logos endiathetos et logos prophorikos dans la polémique entre le Portique et la Nouvelle-Académie, in L'animal. (n. 76), p. 259-279. Hérodote (3, 42} ne mentionne qu'une émeraude à chaton d'or. 3 Strom. 1, 14, 65: flubayépus dé Kata Modvxpdty tov ripuvvov epi tiv ÉENKOOTV ; devTépavy Ökuumasda ebploxetan. Cr. Diogène Laërce 8, 3 : éyévet ov Ev Atytati, Onmvika kal [okuKpatyg uitòv ApdAg … Kal EEÉpade tiv poviv ate, vıdı guvéotnoe Ou’ Emoto 25 Cf. Diogéne Laërce 8, 3; Jambi. VP 2, 11; Porph. VP 16.

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sympathie." La base de la possibilité de la cognition est la présence d'une notion préalable, d'origine divine, qui évoque la notion de logos spermatikos des stoïciens et qui, par rapport aux êtres différents, est nommée par Clément autrement, sans que ces appellations construisent un système cohérent hiérarchisé."* La notion la plus importante du point de vue de l'influence pythagoricienne avec véhémence par Clément, disant que cette sorte de bestialité pourrait vraiment établir une alliance avec des cochons”” ou des boucs. Dans ses ceuvres dominent les passages où Clément parle de l'homme comme de la créature par excellence raisonnable, l'être au plus haut degré de l'échelle de la création. En dehors de la définition de l’homme qui mentionne la raison comme sa differentia specifica on peut citer ici avant tout des passages moralisants de Pédagogue. En rappelant l'image connue des bêtes qui marchent à tête basse, il indique la nourriture et la sexualité” comme les buts uniques et vulgaires de la vie des Goya Coa (et, cela va de soi, des non-chrétiens), au contraire des préoccupations spirituelles de l'homme chrétien, qui est plus proche de Dieu, qui lève son regard vers le ciel” (On doit remarquer que la cigale à cause de son chant intelligent. de sa nourriture subtile et sa procréation sans rapport sexuel n’est pas identifiable avec cette image générale de la béte.) Quant au probléme du traitement des animaux, et avant tout celui du régime végétarien, éléments fondamentaux du pythagorisme °° Clément, qui est considér é autant comme humaniste qu’ascète.“? postule la nécessité de sanctifier aussi le corps, mais n'exige pas l’exclusion totale de la viande. Le Pédagogue se renvoie à la même fois à l'autorité des pythagoriciens et à la Bible, conseille ce beau régime (kathÒv) aux chrétiens en disant que la consomm ation de la viande a un caractère bestial (Oqpiwv) et que manger la chair animale obschez lui est la conception de la Kowvwvia, qui dans les sources est représentée comme une notion par excellence pythagoricienne. * Elle est, selon la doxographie de Sextus Empiricus, fondée sur la liaison de tous les êtres, en mettant l’homme en parenté aussi bien avec les dieux qu'avec les animaux (dg toùs Heoüg elvai Tıva KoLvwviav, GAG Kab POS Ta Akoya Tv Canov). Cette communauté des êtres selon lui sert d'argument contre la consommation de la viande.” Clement n'utilise jamais directement cette notion de la ressemblance et de la parenté entre les hommes et les bêtes. Bien qu'il l’emploie en évoquant la communauté avec Dieu établie par son logos,” le terme de Korvivia, employé souvent dans les œuvres de la trilogie étudié ici, se réfère plutôt à l’unité de la communauté chrétienne fondée sur la justice, les lois humaines et divines, le baptême et l'amour, 3 Il n'y a que quelques faibles réminiscences qui peuvent avoir un rapport avec la kouvwvia pythagoricienne. La notion chez Clément se rapporte souvent au partage des biens, à l’aide des pauvres, à la bienveillance envers autrui, en somme à un sens de la solidarité, instillé par Dieu à la nature humaine” — cela évoque de loin l'idéal pythagoricien du kouvà T& piwv." Le reflet de la kouvwviu des hommes et des animaux figure une seule fois, en rapport avec l’idée du partage des femmes, refusée 189 Dévr l'âme humaine. Néanmoins, il ne qualifie pas la consommation modérée comme x 255 Voir l'exemple des huîtres, Prom, 4, 51 : Fokk& dé Bot THY Gury, bod Ode Öpuav Eye OÙTE dkonv OÙTE LV poviv, oiov Kul TO Tv dutpewv yévos, CAAG Ti ye Kul uüEETUL, mpog de kal Ti SEA AVR GVWTÜOZEL ' 2 Voir quelques expressions: à rapport des hommes en général : évéotuxtai tig àréppou Beï (Protr. 6, 68) ; KoLvits Evvolag (Strom, 7, 95, 9); Moddmprs (Strom. 5, 133, 7); Heod Euguaug (Strom. 5, 87, 2). Pour les Grecs: Evadoputd tod Adyov Tof Below (Prot, 7, 74); pour les païens : &ldnolg üpuvpd TOD Head (Strom. 6, 64, 6). Pour les animaux : teal tal Hetou Evvonu (Strom. 5, 87,2). 33 OF Porphyr. VP 19,13: mévru tie ywvopevu Epic Ouoyevñ det voRiteLv. (bepetun vp els Ti Erkddu TG OOYPEaTU TPTUS Kopioue TU Otc TuQayapas. . U Sext, Emp. Adr. math. 9, 127: ob iv abv arend tov Mitlurdpav cat tov Euredorlée Kel TH Anınöov tov “Ttakdy TARO paul pi wóvov quiv mobs àAAfkoee rai pos TOUG Oeoùs elvai Teva KOLVWVLUV, AARAU Kai TOS The haoya THY Lv. Ev yap Órdgger TVEËpE TO ALU TUVTOS TOÙ Kóopeu KO Pos TPÔrov, tO cui Evody hûs nos exetva. Dube Kal KTELVOVTES GITE al TUES vapiiv atv THEPOMEVOL AÖAKNOOREV TE KUL doEpoopey ds doyyeveis Avarpoûvres, BT Ce Pi. 2, 12, (20: Mupijyuyey oe ro vévoc Hues Et Kotvervig 6 Beds UbTOS THY EuvTod TMpOTCPOS HETUOODE KUL KOLVOV THROW Cvilpiomars Tov ÉQUTON Emkovpioug Adyev ; Strom. 3, 4, 32 : dev AE dv TH Gpentt TEPLTATÖREV os COdTAS EV TO perl, Koevawlay EZOREY wet) TON... Voir aussi Strom, 4, B, 142 He fovoy salutaire). Le Protreprique (2, 25) mentionne une certaine alliance natuvelle de Fhomme avec le ciel (Tus Epuputug ao yuta Tps atipavoy cvOpiutarg Korvervia), qui a été perdue dans l'obscurité de l'igaurance mais qui va resplendir dans la lumière de la loi. CE Strom. |, 26, 168 ; 2, 18. 86 : 3, 2, 6-8 (la justice) ; Ped. 1. 6, 50 (le baptême) : Strom. 2, (8, 87 (la charité). NCF Péd. 2,1, 1552, 12, 20; 2, 12, 129: Strom. 1,6, 35: 2, 28, BAKS: 3, 12, 87. AH Voir la note 6. Acte Ant. Hung. 43, 2003 - Le porc représente de la même façon l'intempérance sexuelle dans le Péd. 3. 11,75: le manque total d'intelligence (cf. Strom. |, 12, 55, jeter des perles aux pourceaux ; Protr, 10, 92; Strom. 1, 1,2 et 2, 15, 68, les porcs se vautrent dans la boue). Sur l'image héraclitéenne des « hommes-pourceaux » dans la tradition philosophique et chez les Péres voir C. VIANO: Herachte et les plaisirs des animaux, in L animal... (n. 76), esp. p.192-199 et LE BOULLUEC (n. 6). p. 193, j > Strom 3, 4, 28: eis te yupartumela (Ev obv 7 Toukbe elodyei Kowovla Kai. St Gupé- TOXOL elev autor ol oves Kal of Teriyor... ™ Strom, 8, 6 19: Cov Ovarév, yepoulov, zekóv, Avyuov. L'originalité du passage est douteuse. | u nn ve Sur la lubricité de quelques animaux (Mliyéne, le lapin. le cheval) voir Ped. 2, 10. 85-89. . . Péd. 2, 1. 1: OÙ pv où GAO poor Chou, iva ot, GONE Cede. oyu Cine, ols ohSEv GAA À yerermijp gory à Bloc. iv 88 6 murdayoryog kat té Fodleıv nuveryyer der iva Crowley. 2, 1,9: Kopd SE GAoyov kad dypetov rat otk avdpehrtenav Bosenneitev inv Munro. até very Oerweren tpepeadat, gto BAEROvras vic yılv Tol eK ys del ral weredi ec Tee Cars iv kiyvov dunkdt0ovras Coy. TO Ceper Evru0 nov Kerepdtevrec. 2b 14: “Hurts de kal TOTTI dgrívous, See eed pal, kei Oe olerdrepo, Ön onppoveatepor. Teyóvanev dt ony (va Faiantey Ra miveopev, CAN iva pe ris étrev VEYOVOTES TaN Prof.” | | 7 ‘Sur l'origine du régime, représenté généralement comme l'idée plus connue du pytliagorisme, sur les informations cantradictaires à rapport de son rôle dans te bios pythagoricien voir BOYANCE n. 203); W. BURKERT 1 Weisheir.…, n. 86 ), p. 22 seu; J-F. BALAUDE : Parenté du vivant et vegetarisme radical, in L'animal. in. 76), p. 32 seq. | En 2 cr. MARROU (n. 4), p. 197 seg. . 7 Péd. 2.1, 3. oN Ped. 2,1, 112 “Kuhr pév ov TO pi puyetv Kpn unde olvev muet" atid Te noie yet Kab ol and Theberydpar - Onpiev yep kakkov TOPTÓ ye, rai Ne edrudv êrverpirore VokeDEUTÉQUE OVO ETUKOTEL TH iyi, ELA tc Kal totter Hetakonpkeven, ony fytaptaver. udvoy

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Les Stromates font remonter cette idée pythagoricienne à la sagesse hébraïque, en disant que la douceur de Pythagore envers les animaux a son origine dans le nomos, qui prescrit de laisser les rejetons à côté de la mère pendant les sept jours suivant la naissance.” Son raisonnement, après avoir prouvé de cette Façon indirecte la justesse de cette idée pythagoricienne, bifurque en deux idées opposées concernant les Grecs. D’une part, en faveur du pythagorisme, il représente sa bienveillance envers les animaux comme le point de départ de la bonté d’un plus haut niveau, celle qui est Le méandre de sa penséc retournant au régime pythagoricien semble rappeler les leçons du Pédagogue cité ci-dessus. Néanmoins, le KaAöv, Je terme d’&valuation, qui est fondé sur le concept esthétique grec des belles actions, est devenu dans les Stromates Aöyog evAdyos, une notion qui évoque le vocabulaire du mystère chrétien. Parallèlement, la tolérance envers les mangeurs de viande semble céder à un ascétisme idéal. La méthode pour les débutants de la foi conseille l'abstinence de la viande, en parlant de son caractère bestial. Les notes du vrai gnostique, en répétant la même argumentation (et cette fois en nommant ses sources, Xénocrate et Polémon), ajoute la réfutation d’une thèse, laquelle, semble-t-il, aurait été trop difficile pour les élèves jeunes. La notion de métempsychose comme la raison du régime végétarien doit être tout à fait inacceptable pour les disciples du Christ.” En somme, les affirmations citées à propos de l'indulgence cnvers les animaux, considérée comme un traitement juste et bon, semblent se fonder sur la notion de la supériorité de l'homme. L'auteur, bien qu’il ne donne pas une argumentation logique et détaillée à propos de ce problème, utilise l’idée de l’infériorité animale comme prémisse de ses arguments : la douceur envers les animaux n'est qu'une leçon rudimentaire ; il ne faut pas manger de la viande, parce que cela rend l'homme similaire aux bêtes. Bien que Clément, pareillement aux autres Péres, ne parle directement ni des animaux comme des êtres ayant raison ni d'un régime végétarien qui est fondé sur la communauté de la raison humaine et de la raison animale," on a quelquefois l'impression que derrière ces phrases qui soulignent la supériorité humaine se cache aussi l'hypothèse d’une sorte d'intelligence animale. Au contraire de la majorité des autres théologiens chrétiens, l'exclusion définitive et catégorique de tous les animaux des êtres dotés d'intelligence, semble-t-il, ne peut être trouvée chez Clément. Pour prouver ce fait on peut remémorer sa pensée citée auparavant sur l'indulgence envers les bêtes, qui peut être regardée comme fe commencement de la bienveillance envers des êtres humains et qui évoque un passage de Plutarque. Un personnage du De sollertia animalium considère la douceur envers les animaux comme I’ exercice de la philanthropie et de la piété. en attribuant cette idée aux pythagoriciens.”“ C lément n'arrive pas directement à une conclusion identique avec l'idée antistoicienne”” de Plutarque selon laquelle les animaux ont leur part de la 190 exercée vers les hommes (eic ÂuepÔôtnte tov ävBpwrov KÜTWOEV ANO Tv GA6ywv Cowv évatpébwv). D’autre part, il confronte la justice de la Loi hébraïque avec l'abandon des nouveau-nés (N TOD naudiov ÉkOeuig), cette pratique alfreuse des Grecs lascifs et concupiscents, qui ne veulent pas écouter Dieu.” Son argumentation double se fonde autant sur la supériorité éthique de la vraie sagesse sur les mœurs grecques que sur l'infériorité des animaux par rapport aux hommes. Cette dernière pensée ne se présente pas qu’indirectement: si Dieu s’occupe même des bêtes, comment pourrait-on se douter de sa sollicitude envers l’homme ? La critique la plus incisive de Clément concernant le pythagorisme se lie ellemême au régime végétarien. Dans le VIF livre des Stromates il oppose définitivement l’autel le plus pur des Grecs, celui de l’Apollon Délien avec l’autel sucré de Pâme juste : leur sacrifice le plus pur, celui non sanglant de Pythagore, avec la prière du chrétien. Le passage attaque la tradition grecque du sacrifice qui met en liaison inséparable le phénomène social de la consommation de viande et la sphère de la sacralité. Le sacrifice des païens pour Clément n "est que le prétexte de la oupropuyia, Venvie douteuse de consommer de la viande.” Son raisonnement capricicux se poursuit en donnant l’apologie allégorique du sacrifice sanglant qui est prescrit par la Loi : l’immolation du pigeon et de la tourterelle — des oiseaux qui dans les Stromates sont liés à la cigale —, offerte pour la rémission des péchés, signifie la purification de l'âme de sa part bestiale.”” ey putes WETEZETOD, un zeAÔUEVUE HUNDE Cott pevag TE unde ER ULNUPYEV TH Spe « Oene ver vp alta povıl, "un Everev Bomputug katddue TÔ Epyov Tob Heon" Agyovoa. Strom. 2, 18, 92: “Epo dE dowel cat Nobluydpag tO fyepov TO mend ta Goya Ou mae pa tod vopou etÀndtvar. aiitixa TOV YEYYWUETOV KUTÉ Te TÜG Motus RATÉ te TH UT Kal Boukóhua Tig Tapuypfpa dosages, Hyde Ext Tpodcdoer Duoubv <AupwBavovtus, dotéyrodu 391 raison (petéxerv Adyou ta Lou) et ainsi, d'une image de la vertu ({upaousapedupyopeudey, Exydveny te ÉVERU Kab pte poy, els qepatyta Tov vOpertov LATE dat ty dhóve wv Cheov Avatpedov. "záproa volv”. drol, “tH TEL Th Exyovov Rv Entd ts npertas igépas, "Le pendant biblique: Ex. 23, 29; 22 ‚30, Serum. 2, 18, 93; ET oiv “BAA AVES Kal et tus ÉTEROG tote FOÛ vópuu Ke EKYOWU, EUÎTOL kuKpóllev KUL TPOPATKGS AVUROMTOVTOG GTV TÜV YPO Tod vroe dais Strom. 7, 6, 32 (cont): eb HE tig Trw Seat Ott EmupopTicer TH TO Kpe Poser TH ey. Adyey Tri EvaOYED yaûrer. ob Mdayspas Kal ol. GT cited nv petévoeaey Òverporo- Tis AVE,‘Up pee vnc error ‚is. 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DIERAUER (n. 226), p. 28. On peut rappeler comme exception les chapitres de Théaphite tuto.2, 17-18) qui à l'état paradisiaque envisage le compagnonnage des hommes et des animaux et leur régime végétarien commune. ® Plut. De soll. anim. 959 €: cL où MvOeryogekol ty apde Tú Opie zpaórnta weAactyy Ë TOLUVTO TMpag TO piidvpurov Kal PLAOIKTLENOV. "CRD. BABUT: Plutarque et les stoiciens, Paris, 1969, p. Sd seq, et 68 seq.

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tig). Néanmoins, son vocabulaire a tant de ressemblances remarquables avec celui de Plutarque que Molland fait remonter l'expression £upaoıg Apetfis, un des termes de Clément qui désigne la connaissance naturelle des êtres à ce dialoguc.””” On doit ajouter une remarque importante : le dialogue de Plutarque emploie cette expression concernant les animaux — chez Clément, le même syntagme désigne une fois l’intelligence de Pythagorc et de Platon.*" En essayant d'éviter accusation d’un point de vue « panpythagoricien » on s’empresse de souligner que l’intelligence animale envisagée par l’auteur du De sollertia diftère sur plusieurs points de la tradition (néo)pythagoricienne. Les œuvres de Plutarque qui traitent le régime végétarien ignorent presque la question religieuse pythagoricienne de la transmigration de l'âme et outre la ressemblance de |’ intelligence humaine et celle des animaux, se fondent sur la charité comme la raison la plus im- “| portante. On peut citer ensuite un chapitre des Stromates qui donne des arguments phi© L’argumentation part losophiques concernant les différents niveaux de la raison. des capacités mentales des animaux pour arriver finalement à celles de l’homme. Xénocrate — l’auteur cité par Clément comme le philosophe qui peut donner de vraies raisons en faveur du régime végétarien, au contraire des idées fausses de Pythagore — espère la présence d'une connaissance de Dieu (tept TOD Deiov Evvoua) chez les animaux. Démocrite, malgré lui, doit admettre chez les bêtes l'existence d'images d'origine divine, qui sont identiques avec celles chez les hommes." Alors, continuet-il, il est nécessaire que l’homme, ayant une essence plus pure que des animaux, participe de la connaissance, La chaîne des arguments, qui emploie des affirmations des pythagoriciens, de Platon et d’Aristote afin de parvenir au christianisme, s’avance, peut-on dire, parallèlement au cheminement de la connaissance des êtres irrationnels vers la raison humaine. 2% plu. De soll. anim. 966 b: … ol MrAduodor deikvioun TH [te] HETEZELV Aöyov Tè Cou, mpodéoets elol sul zupuureval Kal pvijar Kui skin KUL Tékviny ÉTUUÉRELU Kal zdputes ED TaBóvterv Kal pvyouKuKian tpdg TO Aumijoay, ET EbPEGELS TOV AvayKuiov, ÉMDAOELS Gpetiig, olov dvòpeius Kowviovlag eyeputelas peyakoppoctivng. 970 e : aw ÉGTL dE PUdiS TV EdMUdY Gov ApÜSLV etpely midis ÉREUULV boertig Eyoudav. “2 MOLLAND (n. 9), p. 136. U Strom. 5, 29, 4. #1 Voir D. TSEKOURAKIS : Pvthagorism or Platonism aud Ancient Medicine? The Reasons for Vegerarianism in Plutarch 's Moralia, ANRW, Berlin-New York, 1987, 2, 36, | p. 366-393. “Strom. 5, 87, 3: Kußdkon yor Ty Tepi Tod Velou Evvoluv Zevaxpatyg O Kadgnodvos vi earekticer Kul Ev taig dGAdyous Georg, Anplokpetos dé, REV an) Oek, OpoAOYrGEL dd Tv dko- Aoudluv Ov deypdtuv Ti yüp UTC TerolnKev elòuha Tuig ÉVOPEOTOLS APOUTIATOVTE EU tats GOOLE Goes aT Tig Heiag olloius. TOAAOT ye det Gpowpoy elven Ueius evvoiug Tov ävhporov, GG ve Kul tod eppuanpatog Ev TH YEVÉGEL WeTUAC ely dvayeypuattar, KAÜUPWTERUG OÛGIUG Tupi Tú GAG Lu netuoyuv. Evredev ol pi Tov TMudayoouy Beier noipa Tov vonv eis àvüporous ike pau Katlatep húrew kut "Aptutoreäug Oazoyo Buty Auyoûow. “3 La phrase de Clément évoque V'anecdote transmise par Elien au sujet de Cléauthe et des fourmis, qui fut contre son gré contraint de concêder que les aux ne sont pas dénués de raisonnement Tot Kal ékcive Aoywopteû gij Stupuprüveiv, voir la même anecdote chez Plutarque, De suflert. 967 e.) (ct! De nat. anim. 6, 50: KAedvönv … watnviykuoe cul dkovta elzen Kat dtoutivar tis G Acta Ant, Hung. 43, 2003 ORDRE MUSICAL ET SAGESSE INSTINCTIVE 193 Un autre concept remarquable, concernant le langage qui est une des plus importantes composantes de n'importe quelle intelligence. Clément, d'après Platon admet l'existence des dialectes animaux, qui servent de base de la communication parmi les groupes homogènes. "* Clément cite à titre d'exemples des éléphants, des scorpions, des poissons, mais ne mentionne pas les cigales. Il y a des passages chez Clément qui en mentionnant des éléments communs de la condition humaine et animale, placent dans certains contextes les animaux à un niveau plus haut que l'homme. Il s’agit en général des passages fortement rhétoriques, dans lesquels son artifice d'éloquence, épouvanté par la vue des mœurs contemporaines, oppose le comportement vil de certains humains à la vertu de certains animaux, ou plus précisement, aux simulacres de la vertu présents chez certains animaux. Ainsi, une phrase du Pédagogue (qui est tout à fait contradictoire avec son raisonnement sur la lubricité animale) pose l'abstinence sexuelle des bêtes pour un En méme temps la majorité des métaphores animales employées par Clément parangon de la vertu humaine." est fondée sur son principe de la supériorité humaine. Le début du Protreptique appelle les hommes les plus pénibles de tous les animaux et énumeére leurs fautes morales avec l'aide des figures animales, connues des lettres grecques autant que du bestiaire biblique." Les frivoles sont représentés par les oiseaux, les trompeurs par les serpents, les violents par les lions, les voluptueux par les cochons etc.” On peut ajouter l’image de la taupe, employée pour représenter des mortels qui passent leur vie en mangeant dans le noir,” ou d’autres êtres humains qui vivent comme les escargots et les hérissons, en se repliant sur leur existence charnelle, et qui imaginent Dieu sur leur propre modèle.” Néanmoins, il y a des chapitres où figurent des animaux tout à fait différents de ceux cités ci-dessus. La vérité est représentée par l'abeille pure.” et vers la fin du 264 Strom. 1, 21, 143: oletan (c-ä-d. Platon) HÈ Kat GAGyov Lomv burkékrous elven, Ov TU duoyevh Emaxotiery … où Oy zov vette dpavel tev ddeyen Gov Keyponuévey ODÒË iv ta oper anvaovtovoplorv. GAA’. olpar. ti oixeiq ÖtnAekten. 2 Péd 2, 10, 95 : “yer tive kiupov eiflerov els atdpov Kal Ta Goya tv Gede. Voir la Me Voir Strom. 5, 8. 52. Clément, en interprétant les tabous alimentaires du Loi (qu'il ne met en note 244. parallèle directe avec les pythagoriciens) considere les animaux interdits comme les représentations des fautes humaines : vat yoy Otay Apr "où péyn Tov detév, tov A drtepov Kat Thv Léttvov ged TOW Köpakee", “ud KoAAnbrion. broiv, oùde Opoumärın tote GvApmmorg TOUTOLG, of OUK Toda Sue rovan Kat Lapmtus zopiGeuv Fauvrote Tv tpopiv, AAN Ev Gomer Kal dvopia Biodeiv * detög L. nev yop Comey, OZúmtepoe O€ Gdtuciav Kol mAgovegiav Ó KDE [UNE 27 Prot, 1.4: Mavos vor TOY IUHROTE Te Gpyokedtata Anple, tale avéparonc, ÉtiBttGENEV. STTVG (EV Tore Kotperg AUTO, ÉPRETÉ SE Tog ATatedvag. Kai A€ovtug HEV Tots Huturobe, mag DE Tals Toovuraiig, Minos DE TOÙS HPTURTIEONS, WK Prot WL, VIS > TH TEAEOV veodoi Kal Trial vale ot omihaces ofSév GALo À éatlovTES EV GKOTOD DUATÜGHE, TepeKuTappeavtes TA pUOpee. Sram, 5, 11, 68 : où de mieren TAY Open TO Nvntov Evonepever kuhistep of KOy- ©" Pros. 1,6: Karta pv yap Tv avdpennten Emßögreren pQopayv. À dt dArderud. Garep À Man cal teoì ths UOTE ekpriolug Homep ob Fyivor apulpndoy eihotpevor Wepi TON Lakaplon Keb CupOcpton Yeon our lta ala wek wept uitv heEdtevanv. mates, en dehors de l’image de son maître représenté comme abeille (voir la note 117) se réfèrent deux RÉÂUTTO Aameervarévij TV ÉVTEN oùdév, ERL ROIS TiS OvOpeoterv GYAARETEL owenpiag. Les Stro.

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Protreptique Clément donne le makarismos de certains bêtes, qui sont plus bienheureux que les hommes vivant dans erreur, parce qu’ils ne sont pas encore chrétiens. Le manque de raison chez les animaux, considéré comme une imperfection au premier coup d'oeil, est équilibré par un manque paradoxalement positif, "absence d’un comentière. Donc, cette narration simple (pour un lecteur, on peut dire, neutre du point de portement prétenticux envers la vérité. Cette absence bienfaisante les délivre des fautes graves, de la flatterie, de l’idolâtrie, Faute de raison ils ne peuvent pas connaître Dieu, mais, en levant leur regards vers le ciel (le contrepoint de l’image citée des animaux à la tête basse), peuvent être touchés par la grandeur, et ce bouleversement spirituel peut être considéré comme le pendant rudimentaire de l’effet que le croyant vit en rencontrant Dieu. Apres cet aveu, il reprend son anthropocentrisme d’allure chetorique et stoïcienne, blâmant ses prochainsà cause de leur comportement bestial.”” Il semble alors, qu'il existe, selon Clément, un sorte de kvinonia spirituelle qui est présente aussi chez quelques animaux per definitionem sans raison, que chez certains hommes, qui sont per naturum des êtres raisonnables mais qui n'arrivent pas toujours a la connaissance de la vérité.” VII. L'IMAGE DE LA CIGALE DANS LE LIVRE VE DES STROMATES L'hypothèse traitée jusqu'ici concernant l'existence d’un pythagorisme particulier chez Clément qui en dehors de la notion d’un Créateur unique se fonde sur la notion métaphysique de la musique et de l'harmonie, peut être justitiée par des arguments repérés dans un passage énigmatique des notes gnostiques. Le début du V* livre des Stromates avec sa cigale d'un point de vue purement thématique est le pendant du mythe d’Eunome. Néanmoins, les deux textes semblent avoir peu de points communs. On a vu que le récit du Protreptique sur le musicien et son teftix, raconté pour attirer la curiosité des Grecs lettrés vers une culture étrange, semble avoir une lecture double. Il est une jolie histoire paradoxographique, une trouvaille rhétorique, qui se fonde essentiellement sur une tradition grecque. Cependant, ce récit peut évoquer des réminiscences appelées généralement pythagoriciennes, et ouvrir une voie vers l'interprétation des notions musicales de l’œuvre tois aux proverbes de Salomon (6, 6} en plaçant l'abeille laborieuse comme modèle éthique (4, 3, 9: tabe”. pot, "Apos toy pipe, O ÖKVIpE, Kat NEALTTNS yevaû nadıytas," ef. 1, 6, 33). On doit remarquer que ces passages célébrent aussi la fourmi à cause de son travail zété. Néanmoins, le contrepoint de la cigale de la fable figure deux fois dans des contextes nëgatits, dans la généatogie ridicule des Myrmidons (Protr. 2, 39) et parmi tes chercheurs ct les collecteurs des choses inutiles ou nocives (Ped. 2,12, 120). U Protr. 10, 108: "Q pLukapuitepe tig Ev dvdprous Thavys TH Onpiu * ÉTUVÉRETUL Tv dyvvotuv, GG pels, obZ brtorpiverea DE Tv Abe > iik Eure meg wntoîs kokdkwv vévn, où devordrjovedoÛr Lgbttes, QUK ELOMAOAUT PEL TH Öpver, Eva OVO EXTAIPITETUL TOV ovpuvóv, drei Hedy vohvar pi ativutae darnBueva ron hdyou. EIT ook aloyúveube Kul thy dadywv aig adtate dkuyotépons TETOLAKOTEZ, OÙ deit Too NTE HUY EV ADEOTATL KUTUTÊTDUDDE; ° Clément représente aussi les hérétiques comune des êtres sans raison, voir Ep. her. 51. Acta Ant. Hung. 43, 2003 195 vue de la tradition philososphique-religieuse) est en même temps indicatrice d’un sens caché {pour eux qui ne sont pas indépendants de cette tradition). Dans les Stromates, au contraire de la narration fermée du Protreptique, à propos d’un symbole pythagoricien on peut lire des phrases mystérieuses, détachées de leur contexte, sur quelques oiseaux et sur leur victime, la cigale qui est mise en parallèle avec le logos. Le sujet, l'interdiction pythagoricienne de l'hirondelle, est étayé par plusieurs raisons qui remontent à la tradition grecque: l'oiseau est bavard, le mythe de sa métamorphose rappelle les gestes terribles de Térée et de ses femmes, enfin, il détruit les cigales, ces êtres musicaux. Avant de tenter l'analyse de ce passage, on doit ajouter quelques mots concernant le discours énigmatique des Stromates, qui semble être la base de l'approche de chapitre. Il paraît que parallèlement à l’Ecriture qui non seulement contient toute la sagesse mais aussi explique les éléments parfois contradictoires de cette sagesse en interprétant elle-même," ce sont les Stromates eux-mêmes qui peuvent donner, sinon des clés, au minimum quelques suggestions pour aider à la lecture de ce passage. En dehors de la notion de l'œuvre qui s'explique, les Stromates ont d'autres traits qui les lient à la Bible, au moyen, peut-on dire, de la relation platonicienne de l'idée et de son reflet. Le premier livre, en présentant la particularité des notes gnostiques, souligne le caractère double du texte : le discours de Clément, à la fois se cache devant la foule et se manifeste pour peu d'hommes (1, I, 13): 16 tois moÂAÂoîc KPUNTOV, TodtO rois Odlyous pavepôv yevrioetan. Les mystères de la vérité seront transmis mystérieusement, dit Clément, afin qu'ils soicnt dans la bouche de ceux, qui parlent, ou, plutôt non pas dans leur bouche, mais dans leur intelligence.‘ En ce qui concerne la révélation de la vérité ou plus simplement les types de la communication de la sagesse, Clément évoque et en même temps surpasse la notion platonicienne du Phèdre sur la supériorité de la parole sur l'écriture, en postulant une transmission des idées sans voix.” 7° Voir la métaphore de SIMONETTI sur la structure de l'Ecriture (Quelques considérations sur l'influence et la destinée de l'Aexandrinisme en Occident, In. Alexandrina (n. 35), p. 393): « un tout organique et cohérent, comme un instrument de musique qui produit des sons differents, mais en harmonie les uns avec les autres ». Le passage répète une phrasetinspirée par l'image de la lyre (Strom. | 13, 57); ion dE ee A tory evevtic TH vern ovaa, OAN tube) ve appavia nic, Sram. 1,1. 13: CAC yap tet geert rige. HLEOTUKES mapedidore. iva À Ev ordete ÀdHOV TOG is (i in Aakelten. UCALOV dE OOK EV Merve, GAA Ev TAL vortalen. © L'image du semis ct du bon cultivateur. employée plusieurs [ois dans le I livre des Stromates à propos de la transmission de la Sagesse, évoque la métaphare agricole de Platon qui oppose lenscigncment oral (le travail soigneux du philosophe-semeur) au jeu puéril de l'écriture (la beauté éphémère des jardins d’Adonis), voir Phedr. 276 b. Clement semble partager l'avis de Platon sur la relation de la voix et des lettres, voir Stront. 5, 10, 65. - Sans vouloir prendre de position dans le débat sur le genre littéraire et le niveau l'achèvement des Stromates (sommaire et corollaire d'une trilogie au aide-mémoire, docuMentation préparatoire, amas incohérent d'esquisses inachevees ”). on doit remarquer que selon cette conception de la communication l'hypothèse d'un résumé gigantesque malheureusement non achevé ne semble pas vraisemblable. Un discours humain fermé et entièrement rédigé non seulement donnerait la doctrine pour trop accessible, mais malgré lui modifierait et simplifierait la pensée origine divinement inspirée. On ne peut qu'épouser l'opinion des savants selon qui Clément emploie intentionnellement la

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Il semble, que Clément, en faisant chemin vers ce communicatio totalement ment, il peut contribuer à construire un discours, un système de signes, qui à cause de intelligibilis (laquelle est, par ailleurs la base de son idée sur la prière muette et continue), prend en considération les possibilités de la parole humaine, et ne trouve qu’un seul moyen sémantique adapté, celui de approche énigmatique par images, par métaphores et avant tout par symboles. Le symbole, cet outil archaïque et universel de la communication est connu chez les Barbares comme chez les Grecs.” Le symbole est la base de la vraie théologie, de la piété, en même temps elle est une pratique de l'intelligence et du style.’”” En outre, ce qui est le plus important pour Cléprêté par les mêmes moyens herméneutiques. sa duplicite littéraire-allégorique approche Pesprit de l’Ecriture, et qui peut être interpar Clément aussi au discours des Stromates. Selon les premisses classiques rédigées En admettant que l’auteur des Stromutes essaie de produire un texte qui parle de l’Ecriture à travers un langage que l’Ecriture elle-même emploie, il ne semble pas totalement impossible d'adapter les moyens du rapprochement du texte sacré établi Clément, en reconstruisant la révélation de la vérité et la transmission de la sapar Mondésert, « dans l'Ecriture toute expression, chaque mot, chaque lettre a sa raison d'être », parce qu'elle « en tant que parole de Dieu, ne peut rien contenir de banal, et si le sens premier n'exprime qu'une vérité toute ordinaire, c'est qu'il cache un sens second ».”"* La capacité herméneutique du symbole se fonde sur son caractére double à la manière platonicienne, étant à la fois sensible et intelligible. Sa lecture sensible est accessible pour tous, avec des références naturelles parfois puériles, qui donnent un sens « momentane, temporel, adapte à la faiblesse de ceux qui peuvent l'entendre ou le lire ». L'aspect sensible indique une autre signification, un « sens durable, éternel, qui est la nourriture des vrais gnostiques ».°7 Le symbole cache la vérité en la révélant exclusivement pour les initiés qui se chargent du labeur du cryptage." gesse divine chez les nations, considère les hiéroglyphes des Egyptiens et les sym- CH. Strom. 5, 4, 21: Mevteg obv, ths émos elneiv, ol Devaayioavtes Binßapot te Kul forme ouverte des notes, laquelle est parfaitement convenable à son « esprit de recherche, qui ne considere pas la vérité acquise comme un fardeau inerte, mais comme un point de départ pour des découvertes nouvelles » (E. MEHAT : Etude sur les Stromates de Clement d'Alexandrie, 1966, Paris, p. 537.) Voir aussi le portrait de ce chercheur infatigable et libre de tout dogmatisme chez H. V. CAMPENHAUSEN : Les Peres Grecs, trad. O. MARBACH, Paris, 1963, p. 35-47. TEAAnves Tus pv dos THv Tpuypdütiov coterpinpavto, Tv dè dANDeErav aiviypaoı Kut cuppokous üRkıyoplaus TE Ad Kal peTaoputs Kab TOWITOLS HOL THÖFOLG TUPUdEDHEUULY. DCE Strom. 5, 8, 46 : Npisuuhtatov Cpe TO tie GUUBOALKIS Enyinveiaz eldos tug TOAAd, Kui TPÒs TV Ògsbijv Veukoryieev cuevepyoty Kui mpog evdEBEUIV Kal Tps eioeev vvéoewg cub ape Pouguhoyius doxyouv Kui coping Evdeiäiv. 8 CL MONDESERT: Essai sur Clément d'Alexandrie. Imroduerion à l'étude de sa pense religieuse d partir de l'Ecriture, Paris, 1944, p. 137-138 (n. 378), p. 141-147. CE MONDESERT intention bien arrêtée comme la condition indispensable de chercher ta vérité voir Strom, Mg 5, 1,11: Tv tionv totvuy ofk dpyqv cai göviv, add ctv OntrjoeL DEV apoBuiverv pane, Ménandre (5,1 , Platon {5, 3, 17). Concernant la fatigue des recherches, Clément se réfère aux pensées de Sophocle (5, 1, 11 et 5, 4, 24), steta Ant. Hung. 43, 2003 ORDRE MUSICAL ET SAGESSE INSTINCTIVE 197 boles grecs comme des moyens au fond identiques à celui de occultation théologique dans la Loi et dans les Evangiles. Moïse en Egypte en dehors des arts libéraux apprend aussi la philosophie exprimée par les symboles des hieroglvphes.””' Clément ne mentionne pas ici le pythagorisme. Cependant, il est vraisemblable qu’il connaît avis de Plutarque, qui, en parlant du séjour de Pythagore en Egypte (le Grec, admirateur des Egyptiens est lui-même admiré par eux) met en parallèle des hiéroglyphes et les akousmata de la doctrine pythagoricienne et mentionne les traits communs de ces deux systèmes de si gnes.*? Autant que Plutarque souligne la réciprocité de l'admiration des maîtres égyptiens et du sage grec. pour Clément, Pythagore, le circoncis, est avant tout disciple de la veritas hebraica. Cette dépendance devient la clef de voûte de la propagation de la vérité chez les Grecs, en transmcttant la sagesse par un langage symbolique. Il semble que dans ce cas la forme pythagoricienne est encore plus essentielle pour Clément que son contenu, la pensée. Auparavant on a tenté de mettre en évidence l’importance particulière de quelques notions pythagoriciennes (la musique comme un aspect de la création divine, de l'ordre du monde, la communauté pythagoricienne comme une communauté religieuse) dans la pensée chrétienne de Clément. Or, c'est le langage symbolique, qui est sans aucune doute la contribution la plus remarquable de Pythagore au projet divin de la vérité. C'est le code symbolique, qui peut rendre possible de regarder le texte des deux Testaments comme la révélation d'un plan divin, et c'est la symbolique pythagoricienne qui garantit la possibilité de présenter la pensée de la Bible aux Grecs, de leur montrer que « au-dessus et plus ancienne que toutes leurs mythologies et tous leurs cultes. il v avait la religion du seul vrai Dieu »2M En retournant à l’image du terrix dans les Stromates : le passage (5, 5, 27) est une séquence des citations bibliques et classiques, qui sont placées, les unes aprés les autres, sans argumentation raisonnée évident, accompagnées d'un échange de point de vue continuel entre les deux registre de référence, celui de la Bible et celui de la tradition grecque. Le texte manque d’interpretation : le chapitre, au lieu de se terminer avec une explication, on l’admet, simplificatrice, se coupe brusquement en employant des citations obscures à propos de certains secrets. On cite l'avis du commentateur : « les références à des textes différentes s entrelacent etfinissent par effacer les distinctions dans l'unité d'un discours entièrement svmbolique. où le com- "Strom. 1, 23, 153: Ev di nhukiet yevöpevog MONTRENT te kad yenperplav uO utp TE mentaire, très bref, se confond presque avec les citations ye En rappelant le résultat des chapitres précédents. après quoi la pensée pythagoricienne — presque sans exception — fait une partie importante dans le discours vrai au Keil GPNOVUCHV ETL TE KETDUEËY Cp Ka poverty Tapie Tals MOATKEROMIV Alyuntlov LOÖLGKETO NL plut. De Isid. 345 €: ALTE oftos, og Lorre. Mcutaroleis Kai Dunmndsac TONG üvöpag Kl TPQGETL THY SUL Gupfékev priaoapiuv, iv Ev Trois iepoyAuikois pppu EMWFLKVOVTEL. ARENHUGETO TO UU POALEOW rv Red LIOTNPLNOFZ Avequzaz aiviynaae Tu dóypate | TOY zip EUROPÉEN LEPOYAHDLEDY Ypuppitev vòbiv (oTOAELTEL To TOAkcı TOV The oplR Av Trek Hates... MONDESERT (n. 278), p. 147. M LE BOULLUEC (1. 6) p. 117.

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l'hirondelle de la maison, est considéré par l’auteur comme un morceau de la sagesse sur Dieu chez Clément, on peut supposer que ce précepte allégorique, qui expulse dvaotévrag EE eùvis TH OTPWHATA) — un mot assez remarquable dans une œuvre commune. Or, parce que les affirmations suivantes, qui peuvent servir de l’argumentation afin de prouver la vérité de l'interdiction du Samien, sont dépourvues de marques évidentes d’une cohésion logique, c'est le lecteur lui-même qui doit conjecturer le raisonnement. Clément ne donne que des informations détachées, la reconstruction de l'argumentation, l'analyse des preuves est le devoir herméneutique du lecteur. Le chapitre analyse une des phrases énigmatiques de la tradition pythagoricienne, nommées symbola ou akousmata, considérées généralement comme les devises allégoriques de cette communauté ascétique, transmises par la tradition biographique et doxographique. Celui-ci n’est pas le seul svmbolon qui se figure dans les Stromates. Le début du premier livre mentionne un autre, qui, au lieu de décharger * Dans les des personnes surchargées, conscille de leur ajouter d’autres fardcaux. chapitres du livre V se lit une petite collection des symboles, parmi eux par ex. un, selon lequel après s'être levé, on doit chiffonner les couvertures (5, 5, 27: TUPATTELV intitulée ainsi. Même si le sens de ces symbola n'est pas toujours clair, leur fonction dans le discours de Clément semble être évident : ils passent pour les manifestations grecques des préceptes moraux, donnés et prescrits par Dieu à tous, préceptes qui ont été retenus aussi par les pythagoriciens quasi-croyants. Comme la notion de la surcharge réprouve la faute de la paresse (notamment l’indolence spirituelle du gnostique envers la connaissance *?), Clément fait ainsi remonter des autres symboles, mis en Ce symbole, posé au début du chapitre et traité de façon détaillée, semble être parallèle avec les passages de la Loi, à l'éthique humaine.” Au lieu de développer le sens de chacun symbole on se contente ici d'essayer d’analyser celui de Phirondelle et de la cigale. particulièrement important pour l’auteur. En comparant l’image du tettix avec les autres symboles. traités plus tard dans le livre V, il semble qu’on y retrouve la prédominance de l’esprit grec. Clément explique les autres symboles par des citations | . 29 Sur les collections anciennes et bes interprétations modernes voir le résumé de H. D. SAFFRAY : Une collection méconnue des svmboles pythagoricicns, REG 80, 1967, p. 194-201 et LE BOULLUEC In. 6), pP. 116-118, WO Spam. 1, 1, 10: dropte yup &tuprety fob] dixsuov. üpylav dE &poduigev où kahóv N cal poptioy cuvemtWevat LÉV eÜhoyov, Guykalkupeiv DE of zooorkerv 6 Tlvdayöpug éheyev. SF Cf Porph. VP 42: poptioy dé OnvavanıdEvan fev Tots Justagovaiy, dueyradaupeiv dé ai, OL où nuprjver undevk pds Past, CAA PO dperiv ovpotpdttery, et Jamb, VP 18, 84: (poptioy wi) vyzußkupeliv, où yap det altıuv ylveotk TO yu) TovELV, auvavarıdeva. DE, Hier. Coner. Ruf: L. 3: oneratis superpanendum, onus deponentibus non communicandum, id est ad virtutem incedentibus augmentanda praccepta, tradentes se otio relinquendos. Selon SAFFRAY (n. 285, p. 200) le symbole déconseille le suicide (?). 28" Voir Strom. 5, 5, 27-28 : Ug zÚrpae apHelans and Tot mupds tov EV TH aTOdG TRE LA Gmokumteiv, CAG ouyzetv (ef. Eph. 4, 26, Ex. 20. 17); Tepattewv dvuurdvrag ES eùviG tl Gtpur patu (ef. Ps. 4, 5); et vûg pup Tasty (ef. Mr. 19, 23 ; Me 10, 23 : Le 18, 24) ete. Acta Ant. Hung. 43, 2003 ORDRE MUSICAL ET SAGESSE INSTINCTIVE 199 Cf. Élien, NA 8, 6 : AP 9, 122: Plut. De sollerr. 976 d. (Plutarque ne mentionne la cigale dans bibliques, qui sont considérées par lui comme les sources des idécs pythagoriciennes, car elles ont des significations a peu prés équivalentes aux symboles de Pythagore. Or, dans le cas de la cigale, il wy a pas de parallèle biblique, parce que‘l’image de l'animal ne figure ni dans Ancien, ni dans le Nouveau Testament. En conséquence, au premier coup d'œil, le texte qui emploie l'image du terfix, ne peut être perçu comme I’analogie des passages bibliques inspirés de Dieu. Ces derniers, selon les traditions de l'interprétation allégorique d'Alexandrie, avec l’aide des phénomènes tout a fait ordinaires, comme par cx. la métaphore animale peuvent transmettre des éléments de la sagesse divine. Néanmoins, Clément essaie d’integrer cette image particulièrement grecque dans la pensée biblique en produisant un contexte quasi-inspiré qui peut devenir le sujet d'une analyse semblable à l'herméneutique de |’ Ecriture. ll ne faut pas chercher longtemps sa source grecque : l'hostilité de l’hirondelle envers la cigale est un sujet connu dans les lettres hellènes.* Clément lui-même, en traitant l'interdiction du Samien, renvoie aux Quaestiones conviviales de Plutarque. mentionnées déjà auparavant à cause de leur importance par rapport au pythagorisme. Selon la scène, parmi les invités du symposion organisé en l'honneur de Plutarque figure aussi un pythagoricien. Sa présence et le régime végétarien d'un autre hôte dirigent la conversation sur les doctrines pythagoriciennes, ainsi, sur leur abstinence par rapport au poisson (728 c”*') et sur Phirondelle, bannie de la maison par la doctrine tout comme les rapaces.” Autant que la nécessité d’une lecture allegorique du symbole concernant la morale humaine est évidente pour tous les invites,”” les raisons de la prescription ne sont pas claires. Malgré l'avis des anciens, continue le narrateur, l'interdiction ne peut pas se rapporter aux personnes indiscrétes, méchants et babillards, parce qu'il y a d'autres oiseaux, qui sont beaucoup plus bavards que l’hirondelle.”” HU ov COLVES Kal son traité qu'une autre fois, concernant sa vue faible, en revanche il ne parle pas de sa musique). La cigale comme victime des autres oiseaux rapaces : Plut. Vie de Srila, 7, 5. Selon une tradition connue (cf. Elien fr. 80 ; Plut. De sera 560 e ; Hésych. T 669) Archiloque le Tertix, a été tué par un guerrier nommé Korax. Les autres sources sur la mort de Tettix-poète (Galien, Origéne, Eusèbe, Libanius) voir: H. V. PARKE-D. E. WORMELL : The Delphic Oracle, Oxford, 1956, Il, p. 3-4. ™ Sur le problème de la relation entre les textes de Clement et de Plutarque, voir K. HUBERT : Zur indirekten Überlieferung der Tischgespräche Plutarchs, 1 73, 1938, p. 307-328. Le savant, qui souligne la prédominance d'une populär, stoisch gefärbte Philosophie (p. 324) dans l'œuvre de Plutarque, dans le cas de l'hirondelle n'exclut pas la possibilité d'une dépendance directe (p. 323) : « Hier hleiben Zweifel, ob Clement selbstständig, mit Verwendung anderweitigen Materials Plutarch hearheitet hat oder heide aus derselben Quelle schöpfen ». 1 L'analyse du passage voir chez E. DE FONTENAY : La philanthrépia à l'éprenve des bêtes, in L'Ammalt… (n. 76), p. 294 sqq. WE Ouest. com, TT 0: kat TO TOY yeludóver ITonluv eve LÖUKEL. DiAtowdperrav ripyeslen. Tots YH Par nZaug Oaks, ÜypumTäTtorg OMY KC Nl Quaest. conv, 728 a: det tee Tate un Kat etOvnpiay AA Eppoers FTÉPov ev EtepoLs Heepety, 728 bs enNepats ydıpı FON tote CAG ay podorg TNOHT| | yov. Outes Eeue TOLOULE VOL Tig ANGELS HO TOV. 4 Ouaest. conv. 727 I: Kad yüp ar preven tives TAY TAG GovTo AGELv TO aúugdokov. de Rpbs Tong dueBkare eal pwtipous Tv omver veypévov, old avrag 6 AEGKLOG ÉSUKNULEV gerer ev yeep rare zehidhve peteate. Maude <dE> Kal srakvpervlaz of pedkov A EÜTTOLG wad TÉPOLEL Kal dheKtopiouv.

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“CF. Philostr. VA 6 LE: yAhrtdv re dic Mparog aväpenmev Suveaye Boûv Er atti Gussie Shot Soy... Soph. oc 1052 : genou chs ÉTÉ YAdwan Béfure Tpactéadav Eittolmadv, WCT. Esch, Agam. 36:37: 9" fake Gwe > Bots Em, yAdooa péyac’ ! BEBnkev. Voir aussi WE La citation inconnue évoque fa pensée arphive-pythavoricienne, ef. LE BOULLUEC Im. 6). p. 118. La citation d'Eschyle : Ir. 316 Radt, Ir. 626 Mette. "CH Hide 9 311. La phrase évoque les périodes de la vie des oiseaux. te temps de leur Migration, du commencement printanier du chant. Un parallèle à cette pensée se trouve dans Le Chant des chantes 2, 12: fa tourterelte pressent l'apprache du printemps. Dans Ja tradition grecque, autre te rertix. Phéraut par excellence du Soleil, ce sont Vhirondelle et le rossignol qui saluent le printemps, le retour du Soleil. voir Je fameux Chant de Phirondelle de Rhodes. C'est remarquable, que l'hymne d'Alcée ; Apollon (fr. 307 PMG) figure ensemble le rerrix et le chefidon, qui chantent en attendant te dieu du soleil. MCF Jér. 8, 7: Kal i demòa Ev tH atipaye Eyva rv away arg Touyd cat cere Ayo oTPOLALE EpiRukav Kutporis elude dit. à he Aude pou où Éyve TH kplgere Eyton, Ent yAwooa phat.) Les mots d'Eschyle sont remarquables. Leur vocabulaire évoque le monologue du messager d' Agamemnon,“ l'expression de bœuf sur la langue. Le sens des mots: le fardeau du secret empêche la parole de dénoncer la pensée. L'image est renversée dans la biographie pythagoricienne de Philostrate, qui la regarde comme la manifestation métaphorique de l’ordre du silence.” weiov emt YAWOGOAG, À outer now. Ö te Aloxúhos: BAN Kote küanol KÀeis cernant les victimes de la oapkopäyıa, le contexte religieux est loin de disparaître, car le persécuteur de la cigale devient celui du Logos. Le chapitre néglige les autres arguments de Plutarque. Clément finit le passage avec deux citations poétiques, qui se rapportent à la nécessité d'occulter les secrets. (vai tév "OAUNNOV KOTUÖEPKOHEVAV OKNTTODXOV “Hoev Eotı pou motov tee TETTLYUS TOÙG KOVOLKOVG, Kev ÜWDELODK dikavac 6 dudKtys tot Aóyov. Bien que Clément omet un des deux adjectifs (Lepoùg kal povorkoùc) de Plutarque con- Enfin, toujours dans le contexte pythagoricien, il mentionne comme raison finale le caractère meurtrière de l'hirondelle et ses victimes: Suet de pa Kat Tetat tov Mavdiovoc, dpooolo0ar Kia <ÖLd> th en’ Ékeiva Opvhovpeva ndOn. ÉE Ov tOv Tnpéa Th pèv nadeiv, te SE koi òpâaar MUpecdrpaerv.) Lif KOL TOEN TE maprwevor üAAoBev GROS." À xeAuöhv SE, À TOV OOV aivir- TOVYMV LELPEews Katakakrav dyúpiotov Eudeivouaa EIKÖTWG EBOLKiGetan we 291 PATAKI, ELVIRA 200 La deuxième raison est refusée de la même façon : si le symbole voulait évoquer te mythe affreux de Térée, il devrait exister aussi des interdictions similaires concernant d'autres personnages de l’histoire, le rossignol et la huppe.” cigales sacrées et musiciennes (727 e) : Cupkopayos yap Eotıv Kal KMOTA TOÙG La troisième justification, exprimée par le pythagoricien”” se fonde sur le régime végétarien. L'oiseau est un meurtrier, qui commet un sacrilège en mangeant les terclle (tovymy) ct les autres volatiles des champs connaissent le temps de leur arrivée (kapong eiaddiv).”” Or, au lieu de continuer la prophetic qui finit en opposant cette sorte de sagesse naturelle ou instinctive à la bêtise du peuple de Dieu qui ne veut pas reconnaître son Seigneur, Clément transmet une pensée générale hostile au bavardage. (xekıöwv yap kal Touyov, aypod otpoudia, Eyvmodıv KULPODG ELOÓDEV atv, pnoiv À road, Kal où yor note pAvapia Guvoucety.) A l'étape suivante, en retournant à l’esprit pythagoricien du symbole, tl sort des pensées du répertoire grec. trouvées chez Plutarque. Selon la première, la tourterelle babilleuse est justement bannie — Homère, le poête inspiré lui-même. blame le bavardage, dit Clément. Puis il ajoute l'argument mythologique emprunté à Plutarque concernant les crimes de Procné et de ses compagnons. (val uñv yoyyúgovoa N TETTLYAG, LEDOUS KAL HOUOLKOUS OVIUS, ANOKTLVVUGL Kul OLTEÎTUL. Le récit de Plutarque ajoute d’autres arguments : l’hirondelle, ce parasite qui vit aux dépens d’autrui, est un misanthrope sauvage, elle ne supporte aucune communauté avec l’homme (727 f-728 a). L'interprétation finale remémore la première : sclon Pythagore, il ne faut partager avec les ingrats ni le foyer, ni la maison, ni les choses plus sacrees.” Bien que Plutarque ne nomme pas ces choses sacrées, selon le témoignage d'une source tardive, elles sont identiques aux doctrines pythagoriciennes. D’après le Protreptique de Jamblique, le symbole, en représentant la faute de l’indiscrétion par l’image de l’hirondelle, ordonne de ne pas partager les doctrines avec les frivoles, les fainéants et les infidéles.?** Quant à Clément, son interprétation (ou plutôt la collection de leurs réminiscences) est fondée de la même façon sur le concept de secret, aussi pythagoricien que gnostique. Son premier argument identifie l’hirondelle à la figure du bavard qui ne peut s'empêcher de divulguer les choses dont il bénéficie. (5, 5, 27 : Maparvet yoûv 6 Záutos "xeMdGvU Ev oixig un ÉxEuv”, Toutéate AdAov Kal WOupdv Kal zoóykwaaov &vOpwxov, più òuvpevov utéyew wv div uetdoxn, wh dÉXEOBUL.) La phrase suivante semble désorienter le lecteur par rapport au raisonnement attendu. Au lieu de donner un parallèle biblique qui déprécie l'oiseau, il le place dans un contexte positif, tout à fait différent du celui pythagoricien. II cite les mots inspirés de Jérémie, donc les mots de Dieu,” selon lequel l’hirondelle (xeAıdwv), la tour295 Quaest. conv. 727 e: Gp’ oliv... out Tov HÔDov Tov Tepl tv zawdodoviav àpooroüvrar THs EMDOVUS, Ünnbev Hud npbs ereiva te Tú du kovTEg, EE bv tov Tnpéu Kul Tüg yuvulkug te HV dpûour Ta dé zubeïv Geo Kul OZETALU Agyoue... TV yap dndóva, ruis utitats Tpayidiais Evoxov olicay, vor dateipyouaty onde Sevqhatataty, MEAUTIS (n. 68, p. 38) er TSEKOURAKIS (n. 261, p. 38.) considèrent la scene comme document authentique du mouvement pythagoricien à l'époque de Plutarque. , " Quaest, com. 728 b: ebtep obv nupdderyuu Tas yedLodvus Tod Gpepuiow Kui azapluton BEREVOS ov EG Tobs Evere KaUIOÛ tpockpepog@vong Kab (stodvarvoos TOLL ouviderz ech mhkov, ÉOTIUG kul LÉRON Kal Tv Gyuotdtenw AETUÖLDOVTAS. uovegods Kab edrovord Ens Apadogis Kat deperoviag Orde TAY wav Ev wòtois Mout puUmué- SN Jambl. Prom. 119: geALdvE oiria mi O€yOU evpBovkerer > HGOupEV Kab mij ÖLHVEROIS Pehorovatwte unde ÉTÉROVOY viper hv Kal vvv riz TU ode drpare wh emloegou, beÂpever To Elahhayijv Kal mepunhéreuv. ELRÔVE df Aulunag Kal Eyronije pover yeAoove KÉgpnTa. ÖTL Epos Te TOP Ertantod city Entpurtd Hiv Kel wouvel EmBevodrur Apdos Boagùv Kitpov. TO AE zhetov ceplatatar Kab Gpavis AUV múpgel. Quant aux autres, Porphyre et Jérôme fe Font remonter également au sceau du secret (VP 42, 13): rd zektdövuz Ev oinia dégeoler, rohr’ Zot, Adkong Diogéne mentionne le symbole sans interprétation (8,7). avOpbrous Kal TEpL YAHTTAY Gkputels Opopudplove pup TowioBe : Hier, Comm Ruf 1.3 : hivundinem in domum non suscipiendam, id est garrulus et verbosos homines sub codem tecta nun habendos. © CE Prow, 8, 78: “lepepiag a& O moagiitys & miveugas, nühkov dE Ev ‘Tepepig tO Eywov vet EMLdEIKVUGL TOY Oev.

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téorepav elven, À Ty EMYUsiav od Raritan mpd TOA Keck dvéònv. GAG IPOS Ev Kai dd. dudovy, oke ei mekucdeg Ket eel Peau Kal TÔ Taeyavuny yevod rat, OGC Tol'Tanz zopie. pay "Alhvüc Noradog i] Zupazudog Aiyuation Le pendant biblique : Baruch 6, 20. a Strom, 2, 23. 139: TOY Choy Cho Toy hard Oot Snuonpynfevte AvOporoy eacpa- MI Dro, 4, 52: ALOE yehiddves rev Apvéor tie TAROT RUTEÉEPOOLV ATV Thy Covad tov clametapeve, odâtv poovriaavte HÖTE Okupaior Avs site Esrdauplou "Anddnytod ant Bien que ce passage intentionnellement énigmatique ne donne pas une décision stable concernant la valeur symbotique des oiseaux bibliques et de la cigale grecque, il y a des choses qui semblent presque sûres. En premier lieu, les affirmations contradictoires sur la morale des bêtes (la cigale, à la fois bavardeuse et mystique muette ; telle." se détacher de quelque chose de malpropre et de nocif, qui empêche la pureté spirioiseaux veut exprimer la délivrance de la part animale de l’âme, comme une façon de du péché, ainsi leur image est considéréc comme la préfiguration de la piété." Cependant, les mots des Stromates, au premier coup d'œil semblables à explication première, donnent une autre raison pour cette sorte de purification : le sacrifice des purifiante. Les rejetons des oiscaux, qui ont peur de commettre des fautes, sont libres Ces avis contradictoires sont particulièrement remarquables à propos de la loi de Moïse qui ordonne le sacrifice des tourterelles et des pigeons pour la rémission des péchés.""* Le passage du Pédagogue interprète la prescription biblique comme un moyen cathartique, qui se fonde sur la similarité de ta chose purifiée et de la chose trompeuses.” ” Quant 4 Vinterprétation allégorique de Clément concernant les images des oiscaux, il semble qu'on ne peut pas parler d'un système de valeurs constant qui pourrait devenir la base d'une allégorisation stable. L'image de Phírondelle, sans compter le passage lui-même ambivalent des Stromates, ne figure chez lui qu’une fois. Dans le Protreptique, Clément parle des oiseaux, qui n'ont pas peur de voler sur les statues des dieux et s’y soulager,""' en manifestant à ce moyen instinctif pour les hommes (qui de ce point de vue sont plus bêtes que les animaux), Vabsurdité de l'idolâtrie. Parmi les oiseaux, Clément ne nomme que les hirondelles. Dans le même esprit, l’auteur des Stromates, en déplorant le libertinage sexuel des êtres humains, souligne la persévérance, la fidélité conjugale des oiseaux, parmi eux des tourterelles.*"? Néanmoins, parallèlement à l'estimation négative des oiseaux babillards dans le passage pythagoricien, le premicr livre du même ouvrage met en parallèle le bavardage des tourterelles avec les hérétiques, ces sophistes des paroles La valeur symbolique de l’hirondelle n’est pas très claire non plus. Dans la tradi- Le sommet de ce quasi-raisonnement de Clément paraît être la mise en paralidle du tettix avec le logos. Cette identification soulève de nombreux de problèmes. Le pére Mondésert, en écrivant sur les dangers de l'interprétation symbolique de Clément. parle du « domaine de l'ù-peu près et de la fantaisie suns règles, d'une exégèse qui risque de sombrer… dans le caprice d'une imagination », qui est fondée sur le « recours à des interprétations qui ne reposent que sur des rapports ou des ressemblances arbitraires ».* On a l’impression que le passage sur la cigale n'est pas très loin de cette sorte de jeu d'imagination. La signification du mot logos à propos de la cigale est assez ambigue. D’un côté, la pensée qui associe la cigale, la victime de la oupKogayia de Vhirondelle, au Aöyog, à cause de son vocabulaire, évoque des réminiscences vagues concernant un des problémes de la christologie des HIS siècles, notamment la relation de la sarx et du logos dans le Christ." D'un autre côté, la valeur de cette association n’est pas évidente. Selon une interprétation grecque, le tettix lui-même est la manifestation du bavardage, on peut rappeler divers proverbes sur ce sujet. Mais, le portrait des pythagoriciens bavards dans la comédie moyenne, celui de Platon chez Timon relativise le sens du bavardage, en rapprochant le mot Logos de la notion d’une doctrine philosophique. De plus, on connaît la relation métaphorique entre les femelles muettes des cigales et les femmes pythagoriciennes,’” à laquelle on peut ajouter une autre source, admettons-le, pareillement très tardive. Horapollon, l'auteur synerétique du V° siècle apr. J.-C, dans son iconographie des hiéroglyphes fait figurer la cigale comme l’image du mystique.” Ce tettix, qui n’ayant pas de bouche ne parle pas, donc ne révèle pas les mystères, mais il est capable de les communiquer avec sa musique rappelle Ja phrase de Clément concernant la communication des mystéres sans voix, de la fagon spirituelle.” Le hiéroglyphe de rertix-mystique pourrait être ajusté parfaitement a la pensée de Clément sur la transmission de la sagesse des Egyptiens aux Grecs, à travers Pythagore. tion grecque, avec l'exception de l'avis extrêmement négatif du pythagorisme, ce n’est pas difficile de trouver des sources qui soulignent son caractère positif. On ne cite (u. 278), p. 139 et 151. MONDESERT que le traité de Plutarque sur l'intelligence des animaux : l'oiseau est admiré à cause de son aptitude architecturale, laquelle est motivée par son amour envers ses petits. *!? jo B Strom. 1.3. 22: vern veûv Eratpöpevee TI TEZUN OL KAKA AVES goederen TH Pv . UNA otorwehkópevor cepDpeie. cjecpi TV SUR THY Òvogdtev Kal TV aarde TeV AÉeov We Voir le texte grec à la note 253. Acta Ant. Hung. 43, 2003 Kehenies Out Mundie TpoudiproBat, TO ivaudprjtov TOV Terakv EU ARUKOV KUL Gyvyoikuroy TAY veorrv EINDÜGdERTOV elvat AEfev TH Deh Kut TO SoLov TOR Apotou KEOdparoy bepmyotpevoc © XX Kat TO AeLAOV THY Ty vor THY Mphe Tes Cyruprieg eiAdßeiav (srororoûten. Péd. 1, 5. 14: Neottoiig re ËTL dto TEpiotepäv (| Tavydveny Ledyag hrèp nupriec oúvBeaiv Te kul tepurhorijv TOW mevr govoipevor Blov Teurgóver évupuivoverur> Auhiotepor. logique près du passage de la cigale (Sir, 5, 3, 16): poeder dé 6 Adyos onprovepviag HÉTLOG, ÉTELTE Cf Lev. 5,7:12.6,12,8: 14, 22. Clément ne mentionne pas le sacrifice des oiseaux concernant les premiers-nés {voir Lev, 1d, WO: Luc 2, 24). Acta Ant. Hung. 43. 2003 destruction des cigales : ia peur des hommes, 984 c. Ut Cr. Plut. De sollert. 961 e : 96? 1; 966 d; 974 a: 982 F983 D. L'unique trait négatit uutre la Voir la note 274. Naturellement, la musique n'existe pas sans voix, mais son moyen d'espression est plus abstrait que de la parole directe. Kui Euurüv vevvd, Ötav à Adyoz caps vérTan, vu Kab OeuOf). Voir la note 75, 0 Hidrogd. 2, 35.” AVWpioTOY DE LUGTIKOY Kal, TEAEGTIV BoukÓpevor EVE, terriya Genypagpoüour — vbres yüp dit TOG TOUTES Ol AURET, hAl duit Tie Dirzeing PAEYYOLEVUS, KUAOV MEALS don. Je cute le texte de G. BOAS, The Hicrogivphs af Horapollo, New York, 1950. We Voir le résumé de M. SIMONETY in. 273), p. 389-390. Clément mentionne ce problème théo- >

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), avec l’aide valide. Les oiseaux cités (comme d’autres membres du bestiaire biblique , d’un certain point de l'hirondelle comme un meurtrier ayant une sagesse, laquelle uïté vue auparavant vue, est plus précieuse que celle des hommes) reflétent l'ambig créatures, avant dans la pensée de Clément sur la relation des animaux avec les autres grecque du tettix au tout avec l’homme. D’autre part, son essai pour intégrer la figure textes chrétiens grecs discours biblique-chrétien n'est pas une entreprise absurde. Les s de C lément) plus tardifs, en employant la tradition grecque (peut-être les passage la classent désormais concernant la cigale comme héraut de la divinité de la Lumière, en présentant Saint parmi les oiscaux sages 277 de plus, deux sources utilisent l’image Paul." de testix, Selon le commentateur du passage, Clément, en employant le motif symbolise le châti« ajoute une coloration chrétienne : l'expulsion de Uhirondelle qui croient en sa pament promis aux persécuteurs du Logos (le Christ) et de ceux peut ajouter quelques role »2'” A notre avis, à cette explication tout à fait juste, on suggestions. la prophétie Quant aux oiseaux, l’hirondelle et la tourterelle, mentionnées dans ive qui parde Jérémie, représentent cette sorte d'intelligence, cette sagesse instinct qui veut confois se montre plus efficace que celle des hommes. Une interprétation, humaine comme un sidérer cette opposition biblique de la sugesse animale — sagesse semble pas être procédé rhétorique, vu la sacralité, le caractère inspiré du texte, ne qui d'une certain de cette capacité mentale naturelle, ne peuvent être exclus des êtres, sance, bien enmanière sont capables d’avoir une connaissance de Dieu. Leur connais tarité est vraie. tendu, a un caractère incomplet et partiel, néanmoins, cette fragmen le repréLe tettix, petit chanteur d’Apollon dans la tradition grecque peut être prophétique?”” sentant de cette sorte d’intelligence qui est même nommée une fois vraisemblableSelon notre hypothèse, son image dans la pensée pythagoricienne (qui et du tettix) sert ment était la base de la mise en paralléle platonicienne du philosophe ation très similaire de manifestation de la doctrine. Donc, il paraît avoir unc signific dans le pasau caractère des animaux sages de la Bible, représentés par les oiseaux sage traité. s pyEn même temps, l’image de la cigale empruntée par Clément au discour prophétie, celui thagoricien possède un autre trait, qui la démarque des oiseaux de la e deux pensées de l'occultation, de la doctrine cachée. Il y aurait donc dans le chapitr pour Clément. voilées par l’imageric animale, qui sont particulièrement importantes de la connaisL'une, c’est la notion de sugesse naturelle qui est la base primordiale TÉTUE tg ExKANOLUG KTÀ. Erven TO Ky (pare ube. üypoit, stperdia Kal 27 CE Ps-Chrysost. De turture (PG 55, col. 599): Town Kai gEMDOV 81, col. 556): Tpuyüv Kel TÉTTLE TÉTTLYES Eyvenmıv Kuypbv eludoon uitv. Theudor. Therap. APG Kal LEROY Ervaar ANTON eigddow wit, tae Mass pou oie Jean Damascéne, Hiera paral. |, 27: bot yobv Hunkoc 6 ypruotig Ev UipnAolG TETOREVOS derög, À Apu Ton (vei Cr Ps-Chrysost. (PG 59, col. 493): Tod Xpuutoû UITNPETHG... ; arg, 1 edc Kui TETTIE, TO Gpyuvey TÔ AEGRKOTKÓY, 5 tpvopog Sur : Lu Cigale dans la Spiritualité, m nage de la cigale chez les auteurs chrétiens tardifs voir P. ANTIN Recueil sur Saint Jérôme, Bruxelles, 1968, p. 283-290. LE BOULLUEC (n. 6), p. 117. 2 Or Anuereontea 34, 11: BÉDEUS AVES APOQNTIS- Acta Ant. Hung. 43, 2003 ORDRE MUSICAL ET SAGESSE INST FIVE 205 sance de Dieu par toutes créatures. et qui est présente dans une forme rudimentaire aussi chez les animaux. L'autre semble être l'opposée de cette capacité universelle : celle de la notion du cryptage, du voile, qui en chiffrant les mystères empêche leur divulgation. Cette complexité des pensées concernant l'évidence ct Voccultation, l'univerfisalisme et Pésotérisme, représentée ou plutôt cachée par un allégorisme animal, gure encore une fois dans le V° livre des Stromates. Au peu de distance du symbole un pythagoricien de l'hirondelle, Clément rappelle la loi de Moise, selon laquelle si animal, veau ou ane, tombe dans la citerne de quelqu'un autre, et y périt noyé, le propriétaire du réservoir de l'eau doit indemniser la personne endommagée." (5, 8, 53: Ev SE tus dvolEy. AdKKov À Aatounog", Prot, "Kal un Kahn abróv, ÉLITÉON 5" EKE pdoxog À Övog, 6 KÜPLOG TOD AUKKOU dtottoEL äpyúprov Kat waer TO mAnotov, TO SE tEOVAKdS aùT@ EOTAL.) La structure du discours est capricieusc, semblable au traitement du prescrit une pythagoricien sur la cigale, mais en même temps est plus facile. Clément évoque autre phrase prophétique concernant des bêtes de trait : le hœuf connaît son possesluiseur, et l'âne la crèche de son maitre, mais Israël ne me connaît pas.” ici c'est XPOmême qui rappelle son lecteur à sa technique d'associations. (€vta BOG got Tv pnteiav écelvnv Enuye: "Eyvo Bobs TOV Ktjadpevov Kal dvog tiv PATVnv tod kupiou airof, "lopanı dé pe où auvAkev.”) La prophétie d'Isaïe sur le bœuf et l'âne est du même esprit que le passage de Jérémie sur l’hirondelle et la tourterelle, concernant la sagesse naturelle des animaux. et de l'âne. porte, semble-t-il, une notion qui est esLe concept de la sagesse du bœuf sentielle pour Clément, car il le cite dans ses œuvres à tous les niveaux d’enseignement. Le ton le plus didactique résonne dans le Protreptique, qui rend directement la signification de la phrase biblique : c’est absurde que les hommes, ayant reçu leur âmes de Dieu, ne veuillent pas reconnaître leur Seigneur.” Le Pédagogue cite le passage de I’Ecriture sur le bœuf et l'âne en démontrant les différentes sortes de manifestations de la colère divine, qui est une des méthodes de l’éducation des chrétiens. L’explication, très claire, est fondée sur l'opposition de t que l’ineroyance réfute la concepl'intelligence humaine et animale, en manifestan va tion de cette fameuse supériorité de l'homme”. CE Ex. 21. 33-34, et du Cf Isaie I, 3. Le premier qui considère ces animaux comme ta prétiguration de l'âne 1832), buufà côté de la crêche du Jésus, est Origène (Hout. 13 in Luc 13, PG 13, vol. nav TOV 'D prorr, 10, 92: Etre núveo ev lân rerkevyevon duals puvijkaroûvres EElyve var Evi TOU ovpöppure wonofkeroav TE OFUTOTH | deadtyy kai Grol tov dvapanyy TOGO Batic Tov eTHAadHEVOY Kui vos Thv aT YY Tof Enpion too, "Topana SÉ HE "yvan DE" dvrì Ae Ohne Too Meow étédevelo ote Eye.” … Epgodan DE tdig Bologna, el ONE Ütonav iudv bakel ACO ite Tots bar Javhetery DEGTÔTEL TPAG DE Kai Depomenerv dvri fev Tod Bouchées tov Tipuvvov, mous Emiyeyovöteg Ton Neat Kal map’ rod cv wuz eihnpûtes Kel Óvrag Tod dyalon Tov zovnpûv. Boie A pl, 1.9, 77: Mepa NE dare gbvag OE Ouymportov À ehoûvreov… Tyve kari TL opd. eloetar Tov TPÉDOVTE, 6 HÈ “Topeak ÉAOVOTEPOS Kat TONTIV Piper ETAL: yeep où Tov xTHAdHEVOY Kal Övos Thy Patvmv TON &nplor antod, lopank dé pe Ob Eyven.” Meds Ca FLO Elodie Tov Medy où pvhoeter Tov Kiptov, GAA à uêv afs kai 6 dvog, Té windy Detvdy,

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Le sens allégorique de la prophétie, présenté dans les Stromates, cst tout à fait différent de ces interprétations. [I ne s'agit plus des chrétiens et des païens, ni des Grecs ou des Juifs. I] s'agit des gnostiques ct des simples fidèles, qui, étant impuissants à connaître la vérité et employer le logos, se perdent dans la source de la connaissance. (iva oùv uj Tig TOUT, uteotv eig THY Ind Gob DOUUKOUÉVNV ‘wow, akpatig YEVÖHEVOG TAG GAnMelug, TupaKovag TE KUL napunéoy, dabals, Prot, zepi TV xpñouv tod Adyou yivou, Kal TOG MEV TOÙG GAdYWS MPOOLOVTUS GUTOKAELE THY Gacy Ev Bader mHyHV, LOTOV dé öpeye TOiS Tg GAnBelag Sedupnkdatv. ) Le gnostique, afin d’empécher les conséquences désastreuses d’un tel accident doit surveiller la source et réserver l'eau pour les dignes, pour les élus?” (éuKpunyvboews” KATUKGAUTTE TOV AGKKOV. TOUEVOS d' obv TPdS TOUS OÙX oloug te lovrag nupudegaoduı TÔ "Bloc THs rieten de l’hirondelle (ch. 27), le dernier celui de la citerne (ch. 54). Le chapitre sui- Cet allégorisme du maître qui doit réserver l’eau de la connaissance pour les élus en interdisant sa citerne aux animaux, cette fois considérés comme êtres sans raison, remémore le symbole pythagoricien concernant le maître, qui ne doit pas partager ses doctrines avec les hirondelles bavardes et ingrates. En admettant ce parallélisme, on peut ajouter un remarque concernant la structure des Stromates, considérés plus généralement comme un vaste tas d'informations sans forme, avec l’entreprise impossible de récapituler dans une œuvre tout sur Dieu? Le V* livre des Stromates commence en traitant le problème de recherche en général (ch. 1-18), continue avec l'analyse du style symbolique (ch. 20-57). Dans cette dernière partie le premier discours symbolique analysé est le symbole pythagovant peut être considéré comme un terminus relatif dans le livre V*, sa thématique étant la fin de l'époque des symboles. Le chapitre 55 parle de Jean Baptiste, avec qui la manifestation du projet divin change de moyen: après les mots voilés des prophétes et des voix pas moins cachées des philosophes, il est capable de montrer dans son évidence le Logos qui est devenu chair 25 Sur l'image du gnostique qui d'une part doit déchiffrer le sens occulté de l'Ecriture, d'autre part ta cacher en gardant son ésotérisme, vor A. GUILLAUMONT : Le gnostique chez Clément d'Aexandrie et chez Evagre le Pontique, In. Alexandrine (n. 35), p. 201. seq isme entre ce passage et celut de 3° Le commentaire (n. 6, p. 198 201} met en évidence le pa l'histoire de Joseph, qui a été poussé par ses Frères dans un puits sans eau, a cause de leur jalousie de sa connaissance variée (noktan yma , 5, N3, 2). Le motif du puits desséché est significant pour Clément : Joseph est sauvé et arrive en Egypte, en emportant sa sagesse vers les étrangers les plus proches, qui vont la transmettre aux Grecs. 3 Sram. 5, B, 55 : Ottoc pév obv 6 TTOG vójou EU Tpopnrôv 6 wEgpr5 leodyvon : Ö DÉ, 327 Gy avis exceptionnel (E. OSBORN : Clément, Plorin er U’ Un, In, Herandrina (n. 35), p. 172189) : « Clément indique de temps en temps des séquences ramt simples tantôt complexes selon lesquelles il va traiter son sujet ». Kaltor guvepetepuv Aahhgas ds dv were TMpodytehov, CRAG SERIE Ton tapúvru tov ES Sp Zile RUTUTIERAÔMEVOV DUO EG... Acta Ant. Hung. 43, 2003 ORORE SICAL ET SAGESSE IN VINCTIVE IX. CONCLUSION 207 I semble que le mythe d'Eunome et avant tout le symbole de la cigale des Stromates est lié 4 quelques concepts trés sérieux de Clément, qui ont un caractère primordial pour sa pensée concernant le message évangélique et sa transmission aux Grecs. Les conceptions sur lesquelles cette pensée sc fonde sont l'unité et la pluralité (quant à la caractère de la vérité) ; la totalité et l’incomplétude (quant à la possibilité de la connaître) : enfin, l’universalisme et l'ésotérisme (quant à communiquer cette vérité). Ces notions chez lui ne sont pas contradictoires et ne s'éliminent pas l'une l'autre. Après les passages analysés des Stromates, il paraît, que selon Clément — identique à la musique — il n’y a pas deux vérités, en ce sens qu'il n'y a pas une vérité hébraïque-chrétienne laquelle pourrait être opposée à une vérité grecque ou barbare. Néanmoins, elle se présente dans une forme fragmentaire autant pour les Hébreux que pour les Barbares et les Grecs; elle se trouve partiellement autant dans les arts, comme la géométrie ct la musique, que dans la Loi et la philosophie. Il n'existe que la vérité unique ct éternelle, laquelle peut être rendue accessible pour les mortels par l'aspect sensible de la lumière la plus brillante, de l'harmonie la plus pure. L'essence de cette vérité, envisagée par un Grec chrétien, paradoxalement n'est pas l'évidence, comme on le croirait en partant de la conception grecque de la vérité. La vérité divine pour Clément n'est pas quelque chose de non caché. D'une part, c'est la condition humaine qui ne permet pas de saisir le projet cosmique dans sa totalité. Néanmoins, la Sagesse la plus haute, qui se voile devant les regards profanes, loin d'être jalouse, ne se cache que pour être trouvée par les élus.” soit partiellement. La perception de l’appel universel est pour tous, sa compréhension ne l’est pas." Pourtant, il y a des indices évidents pour toutes sortes de créatures, comme natudu monde,+ qui sont aperçus . par une sagesse l'ordre céleste et la beauté sensible 3 a . a relle, ct par lesquels tous — les bêtes aussi qui en regardant le ciel sont touchées,” — et aussi les plus petits des hommes peuvent arriver à une certitude du sentiment d'être aimé, être soigné. Pour les plus grands, qui sont non seulement capables de sentir et de croire, mais, aussi prêts à travailler avec zèle pour connaître sans s'éloigner de la foi, Dieu donne dans l'Ecriture des signes voilés à déchiffrer. Malgré l’omniprésence et ’omnipotence divines la connaissance de Dieu n'est pas pour tous : kotê THY YVOOLY OÙ F9 CS Strom. 5,4, 24, Strom. 6, 13. 118: "0 amlanv ey TO Kanal ERELV Homer". Aver Hypa. Inkovötı mobs Tone dvußlong Ecureiv, GT Puotv 6 Caps - "O ye net UKOUEIN ED CÉTONT, QUE CENTURY eiveer TO GKODELY EU ONVTÉVUL AL YOY, “VCE Prosr. VO, 108, voir fa note 271,

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mêmes, en devenant maîtres et en transmettant la sagesse qui leur est attribuée par TÉVTUWV Bec.” C'est le gnostique, lui seul”? qui par sa sagesse cultivée et son application infatigable,* peut révéler ce qui est occulte. Le maître divin ne laisse entendre le sens caché et difficile de son discours qui crée tout que pour les élus qui, avec leur intelligence Erudite par les arts et la philosophie et avec leur application de recherche, méritent de le savoir. Les gnostiques cuxDieu, doivent savoir parler, mais il y a des moments où ils doivent ne pas prononcer la vérité (ce qui ne signifie pas le synonyme de se taire). Il faut qu'en voilant la vérité, ils empêchent l'accès à la sagesse pour ceux qui n’en sont pas dignes. En surveillant la sacralité de la science la plus belle et la plus honorable, ils doivent exclure tous les profanes, qui ne dédient pas leur vie entière à la connaissance de Dieu, qui sont incompétents : soit à cause de leur manque intellectuel, soit à cause de leur paresse ou leur faiblesse morale envers le sacré de la doctrine. En ce qui concerne l’exclusivité de la doctrine, Clément parmi les autres moyens emploie des métaphores musicales connues, presque banales, peut-on dire.” u emprunte des concepts grecs concernant la nécessité d’une sorte d’ésotérisme pour garder le caractère sacré de la sagesse. I! veut retrouver cet ensemble d’occultation et d'ésotérisme de vrais fragments de la vérité divine reconnus chez les sommets des Grecs.” autant chez les poètes que chez les philosophes. Au lieu de récapituler toutes les concordances ou coincidences de l'Ecriture et des philosophes Grecs mentionnées dans le V° livre, on se contente de signaler les plus importantes concernant les notions inséparables du cryptage et de l’ésotérisme. Clément considère l’occultation théologique à travers une langue symbolique comme une méthode universelle, l’unique moyen de la cognition. L’éclectisme de Clément en dehors de la poésie sacrée des Grecs (laquelle est considérée entièrement comme un système qui manifeste et garde à la fois la vérité en la cachant poétiquement””?) + est ouvert à toutes tendances. Ainsi, concernant l'exclusivité de la cognition la plus profonde, Clément se réfère autant à Platon (5, 1, 7; 5, 3, 17), qu’à Cléanthe (5, 3, 17), à Empédocle (5, 3, 18); en parlant de la purcté nécessaire des élus il cite aussi Platon et Pindare (5, 4, 20; 5, 4, 24). Quant à l’ésotérisme de la sagesse du vrai tionne l’ésotérisme d'Héraclite (5, 1, 9: 5, 13, 88) ; et dans les chapitres consacrés gnostique, en essayant de le mettre en parallèle avec les doctrines des Grecs, il men- | 1 2 Strom. 5, 14, 134: Os Anveggen nev à pros Kak Deög Révtow dv ely KUL TO GVTL muvLORD TE, RATÉ OE TV ywOL of TÚvTew Weds, WE Strom. 6. 15, 115 : HÔVOV Abvanbuı TOY yvoorwòv TE ÈTUKEEpeRHEves POT Tou ver NATOS ELD NEVE, vorideuv TE KUL Oeueprjverv. Voir fa note 280. ISCH Strom. 1, À, 2 2 ed DÈ u) TV N yvonız, Övog pes, À parte ol Taperpubpevor, rois TORAVIS Tee onyypänputa. : 6, 14, 112: weteg ol rois duteipurg TO Anpigerv Alpus, al imteov onde ply toiz dreiporz Tod ankeiv AV, org vld Mauyyitov ATTÉO Tos HA tay ORDRE MUSICAL ET SAGESSE INSTINCTIVE 209 cheurs par leur naturc, avec leur ambition intellectuelle, peuvent arriver jusqu'à l'évientièrement à ce sujet (5, 9, 58-59) il nomme Parménide, Platon et Aristote, les stoïciens ct les épicuriens à la fois. Malgré l'évidence de cet esprit éclectique de l’ensemble des Stromates, il semble que la doctrine greeque, qui est la plus proche de ses concepts concernant occultation théologique et l'ésotérisme de la sagesse sacrée, est le pythagorisme. Au-dessus, on a cssayé de présenter la pensée pythagoricienne acceptée de Clément. {I n’est pas nécessaire de répéter ce qui a été dit sur son caractère religieux, l'importance de la notion du symbole. On ne veut qu'ajouter que l’ésotérisme pythagoricien, rédigé dans une œuvre intentionnellement énigmatique par imitation de l'Ecriture peut servir pour Clément de parallèle d’ésotérisme biblique, visiblement mieux que tous les autres concepts grecs similaires. Clément approuve la distinction pythagoricienne des acousmatiques et des mathématiques, ce qu'il considère comme un système double de la communication des 1} kouvovia), avec deux degrés vers la vérité (5, 9. 59). I loue le coudoctrines (Ott rage du pythagoricien qui mange plutôt sa langue que de dénoncer les doctrines (4, 8, 56). Dans le premier livre de son trésor intellectuel" il cite un passage de Platon, plus exactement le personnage pythagoricien du Politikos (1, 10, 48), selon lequel c'est l'économie des mots qui peut créer une richesse de la connaissance pour la vieillesse.” Il regarde l’ordre du silence comme un des moyens d’epopreia pure de toute matière, du havardage du corps, et fait remonter cette notion à la loi mosaïque." On a vu que Clément donne plusieurs raisons en faveur de l'emploi d'une *' La lecture double du texte symbolique se base sur la validité langue symbolique. contemporaine d'une signification évidente pour les tout-petits, et d'un autre sens qui est caché pour les plus grands. Ces derniers, quand il s’agit de vrais gnostiques, cherdence. Or, la recherche du sacré n'est pas sans aucun danger. La doctrine sacrée peut devenir divulguée par les indignes, qui la dénoncent, soit pour se glorifier soit à cause de leur bavardage, étant incapables de garder le secret. Le maître doit Fermer sa porte devant les oiscaux babilleurs. L'élève, encore trop petit et inexpert pour une compréhension plus profonde, pris de vertige, peut se noyer dans l’eau de la sagesse. C'est le maître qui est chargé de la sécurité du novice, c'est lui qui doit fermer la citerne. A la fin du passage borné par l'hirondelle et de la cigale d'un côté, par le bœuf et l'âne de l'autre côté, Clément emploie une métaphore sémantique. II parle des signes voilés à nous offerts par Dieu comme des synecdoques. Ils sont indéchiffrables pour ceux qui ne sont pas premunis, pleins de sens pour les gnostiques. et c'est encore une fois la responsabilité du maître, de les cacher devant les non-initiés, les aflants ct CH. Strom. A1, HL: vrouvnpare cig Abe Ooaepice rae, * Strom. LD, AR 7 orovddicen ETL TOLD OVO, TAovoubrepor rie ping Cevadevion Ppoviaens. Sprom. 5. 11,67: TOÔTO dpe Pothetae rel TH Avbaydod à tie Tevtaetiag auw. fv voie yyinpfpans mapeyynd. tag Oi ÜTOOTEUPEVTES TV or WAG TO vO TO Detov Etontevarev. proc eiAnpóur zei eldduty brs udtotg up” Ghuv tov Bev Zpnuteov. Le pendant vow chez Philon, De sacrif. 18, por. maple Mono toutite sprkvereprioevres oF TAY FA haver SU Voir aussi Strom. 5,9, 56 sur les raisons du cryptage barhare. Me Strom. SAL, 67 : ol EOV Erkijvoov drput. Acta Ant. Hung. 43, 2003 97 Le discours poétique des vrais poètes grecs west qu'une façon du cryptage du sacré devant Ia foule, ct. Strom. 5, 4, 24 : aupanetaopu dE wiTolz AHS TODS TOA À TOUTE pezayeyia,

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platonicien. A cause des caractères particuliers du mythe qui l’attachent par plusieurs venants des doctrines diverses. Hipparque, qui en les écrivant a dénoncé les signes du pythagorisme, est devenu exclu des doctrines et considéré comme mort par les autres initiés.” Le pendant de ce danger pour un maître chrétien serait la perte du salut. Le but de cette étude était l’anaiyse d’un petit passage au premier coup d'œil marginal du Protreptique. On a vu que te mythe de Clément sur le tettix et Eunome ne peut être séparé de la tradition grecque, laquelle considére son protagoniste, la cigale, comme un être par excellence musical et intelligent. L'image de cette créaturc innocente et ascétique, qui, étant libre de tous besoins matériels, peut dédier sa vie aux Muses, qui ne parle pas mais connait et transmet l’'harmonie, dans une branche moins connue de la tradition, est liée au portrait du sage, du sage pythagoricien et liens à la sphère pythagoricienne, il a semblé juste avancer en direction des pensées pythagoriciennes associables à cette image de tettix. Après avoir analysé les métaphores musicales de Clément et sa conception sur l'intelligence des animaux, en essayant aussi de donner des suggestions concernant leurs sources, on a voulu manifester que l'histoire de la cigale de Protreptigue a elle-même une lecture double. Le passage du V* livre des Stromutes, qui met en parallèle le Logos et la cigale, peut consolider Phypothése selon laquelle l’image de la cigale chez Clément fait une partie de sa conception rédigée en modelant le portrait du vrai gnostique, lequel, par ailleurs, est préfiguré aussi par celui du pythagoricien. On peut dire qu’il s’agit ici d'une composante minuscule du portrait du gnostique. Néanmoins, il ne faut pas oublier que selon Clément même les fragments les plus petits de la vérité peuvent être vrai. A la fin de cette étude nous rappelons la pensee d'un autre platonicien très proche de Clément sur l'harmonie du jeu et du sacré : le visage de la sagesse n'est ni dur, ni rigoureux, mais joveux et serein, plein de guieté et de joie? Université Catholique Pazmany Péter Piliscsaba 2087, Hongrie Département de la Philologie Classique ? Siam, 5, 9, 57: opverdozug Tolvuv ahetovug EOV elvan Auupßäveiv. bortep obv hj VOHEV, ÊE tv RET Eruepibeeus eipynewoy. ov oötms egavtev optkketa péev O (UTEINDE Keb ravi, “ondé KOyvororelsüg tu solus wralie Tals up Svap Tv yteziy Kekadappevors — OÙ pigs doubs, eutukapfiéve DE à YvOOTIROS. dq yobv vld rois Tegoneuv MÜeRov dvéòny exceToDae Brez Opevery TOIS dotavt@ue TU evi TOBE TOY (nova TOpLUHENTE CODE mv Befdijkors Tú tod pus Aöyan nuanipta Auyriodea."peot yoo "Irztupzov tov HeBuybptwov. uittav Ezovta ypdupacdur 14 ton {obaydoon ou. EAU VAL tig outils ke orijdnv SU alte veveudar ola verp. "Phil. De plant. 167, 12... où okvOpwròv Kal atetpäv tO Tig copies eldog, it wivvolus kul Kutjeiug dotaknévov, GAR Epehy (Aupov cal yakıyyigov. LEGTOV yroudvag wed za-