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View in PDF(opens in a new window)NS PROWETZA Y,V.
| è NIKIPROWETZKY V., Recherches esséniennes et pythagoriciennes. A propos
|
d'un livre récent : REJ Ive Ser. V 1966 313-352. | Sur le livre posthume
d'L Lévy (cf. ci-dessus).
« RECHERCHES ESSÉNIENNES ET PYTHAGORICIENNES »
A PROPOS D'UN LIVRE RECENT’
Une sobre postface, signée de J. Février et de L. Robert, relate
comment fut menée à bien, avec le concours de Mme Isidore Lévy,
la publication de ce recueil qui groupe sept études, dont six entiérement inédites, et qui constitue un monument de piété conjugale
et de ferveur amicale élevé à la mémoire du « grand savant » et de
«l'inoubliable professeur » (L. Robert, p. 19, n. 1) que fut Isidore
Lévy. Tous ceux qui ont eu la chance d’approcher l’auteur de la
Légende de Pythagore en Palestine et qui ont pu apprécier le contexte
humain de son grand savoir, cet appareil de bonté, de simplicité et,
durant les années terribles, d'héroique dignité dont il était enveloppé, s'associeront volontiers á un tel hommage et ne manqueront
pas d'étre sensibles au zéle, á la rigueur que les éditeurs ont apportés à réaliser leur tâche! et qui sont les termes scientifiques par
lesquels s'exprime leur ferveur de collégues et d'amis.
Le premier chapitre, « Ceux de la grotte », est consacré á l'identification de sectaires juifs, les Maghárites, qu’une notice du Kiläb
al-anwär wal maráqib (Le Livre des Lumières el des Tours de Garde)
de l'écrivain caraite Jacob Qirqisani présentait en ces termes :
«Les Maghárites auraient dû ce nom au fait que leurs livres
auraient été trouvés dans des cavernes?. Parmi ces livres se trouve
l’Alexandrin, dont l'ouvrage, partout connu, est le meilleur parmi
les œuvres des Maghärites. Puis vient un petit opuscule intitulé
* Isidore Lévy, Recherches esséniennes el pythagoriciennes, Publications du Centre
de Recherches d'Histoire et de Philologie de la IVe Section de l'École Pratique des
Hautes Etudes (111, Hautes Études du Monde gréco-romain (1)), Librairie Droz,
Genève, et Librairie Minard, Paris, 1965, 81 pages.
1. L'on ne trouve guére à signaler que de très minimes inadvertances. 1 est toujours
nécessaire, même dans une publication savante, de définir les sigles employés. Ainsi,
p. 11, n. 25, et p. 12, n. 36, le déchiffrement d'abréviations telles que
HULA — qui du
HUCA — ou JOR est laissé à la sagacité du lecteur. P. 39, on lira «le
reste doit se lire
+6 Ove tmorhun de Jambl., 59 ».
!
2. Ou, selon la traduction de L. Nemoy qui, nous dit-on, serre le texte de plus près,
«because their books were found in a cave». (C'est la seule traduction possible du
texte arabe établi par Nemoy, K. al-anwár wal-maráqib, New York, 1939, 1, 2, 8, p. 12,
lig. 1. G. V.]
Page 2
View in PDF(opens in a new window)Livre de Yaddua', qui est également un bel ouvrage. Par contre,
les autres ouvrages des Maghärites sont sans valeur et contiennent
le plus souvent des choses qui ressemblent à des sottises. »
e texte de Qirqisdni avait été étudié en 1894 dans un mémoire
de l’orientaliste russe A. Harkavy, qui proposa de reconnaître dans
les Maghärites «la branche égyptienne des Esséniens, les Thérapeutes » (p. 8) et dans l’Alexandrin anonyme, Philon d’Alexandrie.
Les théses d’Harkavy furent examinées en 1905 par S. Poznanski
dans un article de la Revue des Eludes Juives (LI, pp. 10-30).
Poznanski rejetait l’identite des Maghärites et des Esséniens et
situait les «gens de la Caverne » à l’époque post-talmudique, au
vit ou au vint siècle. Quant à l'identité de l’Alexandrin, un
fragment de Saadia, publié par Hirschfeld, permettait à Poznanski
de conclure à son tour, avec l’approbation de L. Cohn, que l’anonyme de la grotte et Philon ne faisaient en effet qu’un.
I. Lévy rejette partiellement les thèses d’Harkavy et complètement celle de Poznanski. Il pense qu’Harkavy avait vu juste en
reconnaissant les Esséniens dans les Maghärites dont Qirqisani
précisait que leur secte « serait postérieure à la secte sadducéenne
et antérieure à Jésus, fils de Marie » (p. 7). Mais contre l’opinion à la
fois d’Harkavy et de Poznanski, I. Lévy établit que l’Alexandrin
n'était pas Philon d'Alexandrie, mais un auteur de la même école.
Le fragment d’un traité anti-caraïte d’un exact contemporain de
Qirqisäni, Saadia, découvert à la Geniza du Caire, livre, selon
I. Lévy, le nom exact de l’Alexandrin. Il s'agirait d'un certain Juda
l’Alexandrin autrement inconnu, écrivain antérieur à Philon, et
dont Saadia nous a conservé quelques lignes qui documentent de
façon précieuse les sept fêtes du Cinquantième Jour qu’auraient
célébrées les Thérapeutes.
Enfin, la découverte des manuscrits de Qumrân en incitant
O. Eissfeldt à exhumer le témoignage du patriarche nestorien de
Bagdad, le Catholicos Timothée, I, une lettre qu’O. Braun avait
publiée dés 1901, permit de répondre «aux deux questions que
posait le début du texte de Qirqisäni: où était située la grotte des
écrits maghärites et à quel moment s’est produite la découverte
affirmée par Qirqisäni» (p. 14)? Les circonstances de cette découverte
ne sont pas sans rappeler d’extraordinaire façon celles qui entourèrent l’exhumation des textes de Qumran. Aux approches de l'an
790, un Arabe découvrit dans une grotte, aux environs de Jéricho,
un grand nombre de livres dans lesquels les Juifs de Jérusalem,
avisés de la trouvaille, reconnurent les livres de l'Ancien Testament
et d’autres ouvrages écrits en caractères hébraïques. I. Lévy tient
pour manifeste (p. 15) que Timothée et Qirqisdni parlent de la même
grotte et qu'il s'agit d'une des cachettes où les Esseniens mirent
à l'abri leur bibliothèque sacrée, vers la fin de la Grande Guerre
Juive.
Ce sont ces livres, pense aussi I. Lévy, qui constituent la
source des renseignements que nous ont transmis 4 propos des
e gene de la grotte » Saadia, Qirqisáni ou un historien musulman
tel que Sahrastant.
RECHERCHES ESSENIENNES ET PYTHAGORICIENNES
315
re 50 et la Cle
La seconde étude concerne «Le Très saint Nomb
Discipline ».
de
ien
des faveurs éternelles dans le Manuelde Essén
Alexandrie
d
n
Philo
dont
1. Lévy reconnait dans la pentéconta
saint », le
très
«
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le
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et le Manuel de discipline
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La
ôte.
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symbole de la
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t-Som
du nombre 50, pense I. Lévy, contre A. Dupon e étranger » (p.« EN23).
alliag
idée spécifiquement juive, exempte de toutses
graces éternelles » qui
de
clé
la
«
ession
Au contraire, dans l'expr
expresse lit aussi dans le Manuel de discipline, se dissimuleunune
passage de
nt et dont
sion pythagoricienne remontant au Serme
Theologoumena Arilhmelica
Nicomaque de Gerasa et une notice des
I. Lévy croit que
de Jamblique nous ont conservé le témoignagete. du
grec et reprél'expression hébraïque du Manuel est tradui
|
n. —
sente une insertion dans l’écrit sectaire de Qumrà
iens. Interdiction du CraLe chapitre 111, « Brahmanes et Essén
thème conservée par Strabon
chat », rapproche une notice de Mégas he, Bell. Jud., 11, 146.
et concernant les Brahmanes, de Josèp « une assez frappante
Isidore Lévy entrevoit entre ces deux textes ant le régime cénoanalogie » (p. 33). Ils mentionnent, en effet, touch ns tabous comme
bitique, la règle spirituelle et intellectuelle, certai
ophes » de
les « philos
l'interdiction de cracher, en vigueur cheztraits
apparemment tres
l'Inde et chez ceux de la Palestine, des
|
lide et Philon», traite
L'étude IV, «Parabole d’Héraclide, Hérac
des traces qui s en retroucordants.
de la fameuse parabole de la panégyrie et
ns anciens de la parabole
vent chez Philon. L’étude des divers témoi
une serie de rapprotoute
opérer
à
Lévy
I.
d’Héraclide amène
qui constituent
chements entre les diverses classes des philosophesste
de Théocrite,
Scolia
le
la société pythagoricienne (polilikoi, selon
s astreints au silence perpeXIV, 3, et Photios, cod. 249) ou novicene,
XIV,l,etd Aulu-Gelle, 1;
Palali
gie
Antholo
del’
tuel, les silencieux
supérieure
9 ; malhémalikoi, geometres et astronomes ; enfin la classe
physikot
soit
nt
nomme
s
des philosophes théorétiques, que les source
ophes » décrits
soit sebaslikoi) et les différentes catégories de « dphilos
ide, c tel
Heracl
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chez Philon. Aux
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I. Lévy, les Thérapeutes dont le nom a le la divinité. « La dévot
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ceux qui rendent un culte partic
du
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s
ienne
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des
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est un des traits comm
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42). Les
groupe des pieux philosophes d'Alexandrie » (p., moind
re en dignité,
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la
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,
(ibid.)
Lévy
d’I.
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à-dire
c'estdes athlètes d’Heraclide le Pontique, kot. C'est encorelaunhiérar
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de la société pythagoric
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Levy props
a la phraséologie du pythagorisme qu I.com
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Jiidis
dans
Probus Liber Sit, et dont Wilhelm Bousset, rische Unter
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Lilera
Schulbetrieb in Alexandria und
Page 3
View in PDF(opens in a new window)zu Philo und Clemens von Alexandria, Juslin und Irendus, avait, dès
1915, souligné l'étrangeté. I. Lévy pense que ce titre qui est étranger à l'Écriture et qui permet de ne pas nommer Moise, est une
innovation due à un apologète antérieur au Philon du Quod Omnis
Probus et qui aurait été la source commune de ce traité, des fragments du Pseudo-Aristobule et du Contre Apion de Josèphe. Cet
écrivain aurait imité l'usage des Pythagoriciens «qui s'interdisaient de prononcer le nom du Maitre et l’appelaient Lui, l'Homme
ou cet Homme » P 48).
Le chapitre V met en lumiére «quelques points de contact
entre le Contre Apion et l'œuvre de Philon d'Alexandrie ». Il s’agit
d’une motivation identique, et pareillement étrangère à la Bible,
que le traité des Lois Spéciales, ou les Hypolhelica de Philon et le
Contre Apion de Josèphe donnent de quelques préceptes du Pentateuque. Ainsi, l'obligation de purifier la maison et ses habitants
après des funérailles, énoncée dans Contre Apion, 11, 205, d'après
ombres, XIX, 11-15, est justifiée dans ce passage et dans De Specialibus Legibus, III, 205, au nom d'un même raisonnementa fortiori
implicite et à première vue bien artificiel. On purifie les êtres et les
choses qui ont été en contact avec une personne morte de mort
naturelle ¢ afin que l’auteur d'un meurtre soit très éloigné de paraître pur» (p. 51). I. Lévy reconnaît dans les textes de Philon et de
Josèphe deux rameaux dérivant d'un tronc commun, l’apologète
alexandrin pythagorisant que nous avons déjà mentionné à propos
de la parabole d’Heraclide. C'est également à cette source commune
que remonte l'obligation faite aux époux, par une extension de
Lévitique, XV, 18, de procéder à une ablution après les rapports
conjugaux (De Specialibus Legibus, III, 63, 205, et Conire Apion,
II, 203, 205). Philon et Josèphe voient dans cette purification,
attachée à un usage légitime du lit nuptial, une mise en garde contre
la souillure de l’adultère. Josèphe y ajoute une explication dont
l’idée se retrouve dans la notice sur les Esséniens de Bell. Jud., II,
145 (voir A. Dupont-Sommer, Écrits esséniens, p. 44) : la génération
implante l’âme immortelle, « venue de l’&ther le plus subtil », dans
la prison du corps. C'est en somme un emprunt à la doctrine
que résume la fameuse alliance de mots : oöua-onu«. Platon
qui l’expose à
plusieurs reprises (Cratyle, 400 bc ; Gorgias,
493a ; Phèdre, 250 c) en souligne formellement, dans le passage du
Craiyle, l’origine orphique. Elle a partient en fait à l’enseignement
de l’orphisme (voir G. Méautis,
L'âme hellénique d'après les vases
grecs, pp. 176 et suiv.) et du pythagorisme (G. Méautis, Recherches
sur le
Pythagorisme, p. 60), circonstance qui explique sans peine
qu'on la retrouve chez Josèphe et à propos des Esséniens.
La dernière partie du chapitre est consacrée à l'étude d'une très
curieuse prescription formulée dans Contre Apion, II, 213, et Hypothelica, 7 9, qui interdit de maltraiter les animauz suppliants.
I. Lévy
RECHERCHES ESSENIENNES ET PYTHAGORICIENNES
317
cation des animaux réfugiés, avec l'interdiction pythagoricienne
d’immoler le bœuf de labour et le coq blanc, étendue a tous les
animaux domestiques 4 la faveur de diverses dispositions scripturaires sur lesquelles le précurseur alexandrin a trés habilement
greflé le fonds pythagoricien » (pp. 52-56).
Le chapitre VÍ est un trés commode « historique sur la provenance des éléments non juifs de l’Essenisme ». L'on se souvient que
dans le Quod Omnis Probus Liber, 74, 75 et suiv., Philon juxtapose
les notices qu'il consacre aux Mages de la Perse, aux Gymnosophistes de l'Inde et aux Esséniens. Joséphe, pour sa part (Ant. Jud.,
XV, 371) rapproche le genre de vie des Esséniens de celui des Pythaponent: Ces assimilations divergentes constituent, depuis Frédéric
reuzer et son grand travail sur la symbolique, Symbolik und Mythologie der allen Völker, besonders der Griechen, Leipzig, 1810-12, les
deux pöles de la recherche concernant les éléments non juifs de
l’essénisme, dans lequels on propose de reconnaître soit l'influence
du pythagorisme, soit celle de l'iranisme et d'autres religions orientales. Creuzer (Symbolik, IV, p. 407) conciliait Philon et Joséphe
en imaginant que les Esséniens et les Pythagoriciens étaient en
réalité les uns et les autres tributaires de l’enseignement de Zoroastre. Les Juifs l'auraient reçu à l’époque de l’exil de Babylone et
Pythagore, lorsque, sous Cyrus, il serait venu se mettre à l’école des
Mages et particulièrement de Zaratas (= Zoroastre). La thèse de
Creuzer était insoutenable, mais elle eut le mérite d’aiguiller la
recherche d’une manière féconde « en mettant en lumière le nombre
et l'importance des éléments pythagoriciens de l’essenisme » (p. 58).
August Gfrörer, avec Philo und die alexandrinische Theosophie, oder
vom Einflusse der jüdisch-ägyplischen Schule auf die Lehre des neuen
Testaments, Stuttgart, 1831, et, l’année suivante, Ferdinand Christian Baur, avec Apollonius von Tyana! und Chrislus oder das
Verhäliniss der Pylhagorismus zum Christenium, firent faire au
problème « un progrès que l’on peut dire décisif ». Pour Gfrörer, le
point de départ de l’essénisme devrait être cherché à Alexandrie et
plus précisément dans la société des Thérapeutes, décrite dans le
De Vila Contemplativa de Philon, et que les Juifs constituèrent sous
l'influence de la société pythagoricienne. « L’essénisme est le produit de l’implantation en Palestine de la doctrine et de l’organisation des théosophes pythagoriciens alexandrins. »
Baur, tout en admettant la priorité des Thérapeutes, dont les
Esséniens seraient une colonie, s’attacha principalement à l'étude
des solitaires de Judée et mit en lumière toutes les similarités qui
semblent lier leur secte au mysticisme théosophique et ascétique du
ythagorisme. Intermédiaires entre le paganisme et le christianisme,
es Esséniens nous acheminent, selon Baur, vers le christianisme de
type ébionite (p. 59).
propose d’y reconnaftre une contamination due au prédécesseur judéo-alexandrin dont s’inspirent également Philon et
Josèphe, d'un commandement de Bouzygès relatif a la « suppli-
1. Cet ouvrage de F.C. Baur n'est pas signalé dans la XXVe section, « Essenes and
Therapeutae », de la Bibliography of Philo de H.L. Goodhart el E.R. Goodenough.
Page 4
View in PDF(opens in a new window)RECHERCHES
C'est à partir de l'ouvrage de Baur que commença la controverse
relative à l’essenisme. La thèse de Baur fut infatigablement soutenue par le gendre du savant, le grand Eduard Zeller, qui en élargit, du reste, la portée puisqu'il pensa retrouver des traces précises
de l’essénisme dans l'Église primitive : le proto-martyr Etienne
aurait été Essénien. Zeller eut le mérite aussi de proposer une date
lus pe que Baur relativement à la constitution de la secte.
ous l’influence des idées de Frankel et de H. Ewald, Zeller admit
que les Esséniens doivent étre rattachés aux piétistes juifs ou Assiéens qui apparaissent à l'aube de l’époque macchabéenne, mais il
supposa que le mouvement essénien se détaché lentement de la
communauté majoritaire de Jérusalem. La scission n'aurait été
achevée qu'au cours du premier siècle. Ainsi était suggérée, comme
le souligne I. Lévy (p. 61), l’idée que la levée de l’essénisme doit
être mise en rapport avec le réveil néo-pythagoricien dont les premiers représentants connus sont des philosophes romains contemporains de Cicéron : Nigidius Figulus et Vatinius.
La thèse de Baur et de Zeller n'eut guère d'audience qu’auprés
de quelques théologiens protestants comme Lutterbeck, Mangold,
Keim. D’autres savants protestants, tels que Ritschl ou Hilgenfeld,
soutinrent l'origine exclusivement juive de l’essénisme. Telle fut
également la doctrine des historiens juifs d'Allemagne comme Jost,
Graetz, Herzfeld, Hitzig, qui s’engagérent. dans la voie ouverte
par Frankel dès 1846 et proposérent de reconnaître dans les Esséniens les héritiers directs soit des Assidéens, soit des Pharisiens. La
théorie du caractère foncièrement juif de l'essénisme, indemne de
toute influence extérieure au mosaïsme biblique, devint « régnante »
en recevant la caution de savants tels que J. Derenbourg, Lauer,
Clemens, Kuenen, E. Reuss, E. Renan. Bien que cette théorie ait
paru perdre du terrain au cours des derniéres années du siécle dernier et que le «camp pythagoricien » se soit grossi du ralliement
d’historiens ou de théologiens comme E. Schürer (à partir de la
3° édition de sa Geschichle), A. Dieterich, O. Pfleiderer, R. Oehle,
— elle a connu un regain de faveur de la part de l'opinion savante
dans le courant du premier quart du xx® siècle et jusqu'à la Légende
de Pylhagore, d’J. Levy.
La septième et dernière étude, «Les Dieux de Jamnia », sort à
proprement parler du champ des recherches esséniennes et pythaApo J. Février et L. Robert expliquent dans leur postface
p. 74) les raisons pour lesquelles ils ont décidé de la publier à la
suite des six précédentes.
I. Lévy s'attache à identifier l’Héraklès de deux ex-volo que les
habitants de Jamnia ont adressés aux dieux de leur ville {voir Pierre
Roussel, Corpus des inscriplions de Délos, 1937, n°8 2308, 2309).
L'anecdote des amulettes de Jamnia racontée dans IJ Macchabées,
XII, 40, permet à Isidore Lévy d’aboutir à la conclusion qu'il s’agit
ici de Ba‘al Zebul (nommé à tort Ba ‘al Zebub dans II Rois, I, 2),
dieu guérisseur d'Eqron, ancienne cité philistine dont, jusqu’à
l’époque macchabéenne, Jamnia n'avait été qu’une dépendance.
319
RECHERCHES ESSÉNIENNES ET PYTHAGORICIENNES
tre d'I. Lévy. 1 est constitué
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deux racines Zbl en ougarisur le sensFévrier en tire les eye.
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de péchés contre la divinité
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justice exacte interdit, en réalité, Fa
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View in PDF(opens in a new window)autant d’
ents en faveur de la proposition sur la dépravation
des villes et la nécessité de l’Exode. C'est par une sorte d'impatience
de savant trop préoccupé de l’objet de sa recherche — la similitude
des Prolégoménes et du De Decalogo — qu'I. Lévy estime qu'il n’y a
rien ici d’instructif. Il eût fallu spécifier, pour être objectif : « relativement à une comparaison entre l’Alexandrin et Philon ».
Voici d'autres exemples de la bétise que l’on prête trop libéralement à Philon. P. 11 : Philon, recopiani, pour composer son traité
de la Vie Contemplative, une notice sur les Thérapeutes, aurait
indüment rapproché l'expression 3 ¿xrá éfSouxduv concernant la
célébration, réitérée tout au long de l’année, des pentécontades de la
notice de Lévitique, XXIII, 15, concernant la seule Pentecôte :
« Philon, conclut I. Levy, a donc élourdiment reproduit une donnée
dont il n’a tiré aucun parli.» C'est parce qu'il était « soucieux de
recueillir la moindre parcelle de ses modèles pythagoriciens » (p. 45)
que Philon aurait, dans Quod Omnis Probus, 83, en inscrivant au
programme d'études des Esséniens l’olxovopia et la modela, « inséré
ici hors de propos les deux vocables juxtaposés chez Jamblique et le
Scholiaste du Premier Alcibiade » (ibi i
Certes, il arrive 4 Philon de commettre des inadvertances, de
rédiger d’une maniére obscure ou négligée, mais ceux qui ont pratiqué Les Lois de Platon savent que les contradictions et les incohérences mineures y sont, pour d'autres raisons sans doute, assez
nombreuses également. Il n'existe toutefois pas de cas, 4 notre
connaissance du moins, où Philon ait manifestemeni commis des
321
RECHERCHES ESSÉNIENNES ET PYTHAGORICIENNES
Legibus,
s textes tels que De Vila Mosis, I, 4, ou De Specialibus
e les
jalonn
qui
listes,
les Littéra
8, et toute i polémique contre
à sa
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Philon
que
ble
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écrits de Philon. Il est infiniment
ons » ne
disposition, sous forme orale, toute une série de e soluti
à côté e
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bibliqu
texte
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citer
en
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souven
son opinion personnelle, il lui arrive assez
en
s'en
ne
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lorsqu'
méme
ter,
rappor
qu’il estime intéressant de
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ce
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C'est
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pas pour entièr
i
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des
ement
oral commun plutôt qu'en démarquant servilexception notable,
écrits que semble composer Philon. La tseule
re de Platon, dont
en dehors de la Bible, étant naturellemen l’œuv
toujours avec
adapte
qu'il
et
e
direct
ssance
connai
une
Philon a
Decalogo a
De
du
beaucoup d’habileté et d'intelligence. Le début tibles pour
qu on
percep
es
icienn
précisément trop de racines platon
détén
versio
de
et
ge
délaya
de
propos
son
à
ait le droit de parler
peu surPhilon et Joséphe, on est unilité
Ona aux rapports entre n'évo
d'une
que nulle part la possib
ter qu’l. Lévy
pris de consta
Les dgr
influence directe des Hypothelica sur le Conire Apion.
deux eat
les
entre
effet
en
nt
existe
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s
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ction des
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ont été notées par Thackeray dans la
e, op, omy
Antiquilés judaiques et l'utilisation de Philon parF.Joséph
n Feo
Colso
H.
par
et
XXV)
IV,
Opera,
nis
par L. Cohn (Philo
p. 409,
IX,
114;
IT,
n. c, et p. 608 sur De Vila Mosis,
VI, p. xvi,
t&
indrai
contra
qui
ne
auge
n. a). Isidore Lévy ne propone
|
.
plus que probable.
réguconséquencetextes
nforachung ont pour
Ouelle
la
de
t
a aba
.
les
der
d’abor
re
maniè
dans la
fautes du genre de celles que lui préte I. Lévy et que, pour donner
leur nom aux choses, il faudrait bien appeler des bévues imbéciles.
En réalité, ce premier postulat de la Quellenforschung est étroitement lié à un second qui donne son nom même à cette méthode
critique et que l’on pourrait appeler la superstition des sources.
rejeter cette hypothése
Cette manière de voir consiste à supposer que toutes les œuvres de
l'Antiquité ont été rédigées à la manière du célèbre mémoire du R. P.
Marcel Jousse sur le Style oral rythmique el mnémolechnique chez les
Verbo-moleurs, c’est-à-dire qu’elles consistent, à peu de choses près,
se l’Auleur, or
lesquelles est fondé le rapprochement que propo
vague décourageant :
en une juxtaposition de fiches, dont, circonstance aggravante par
rapport à l'ouvrage que nous venons de mentionner, l'intelligence
exacte échapperait assez souvent, nous le répétons, au manutentionnaire qui les a mises bout à bout.
C'est ainsi qu'I. Lévy parle avec une parfaite impavidité (p. 14)
de «la version détériorée empruntée par Philon à la source du
De Decalogo ». Ailleurs (pp. 22-29), l’Auteur nous décrit une manipulation de textes qui, nous y reviendrons un peu plus bas, n’obeit
pas à une parfaite cohérence logique. Le même excès analytique
caractérise les pages 38-39, 49-56.
En réalité, même si l’on tient pour assurée l'existence d’un apologète alexandrin antérieur à Philon, l’on n'est guère autorisé à en
déduire autre chose que le fait qu'il y avait à Alexandrie, en dehors
de Philon, une tradition exégétique ou, à vrai dire, des traditions
multiples et parfois opposées, ainsi que l’attestent explicitement
lière une sorte de formalisme
es. L'on reconL'ouvrage d’I. Lévy en offre de nombreux exempl
consacré à une
III
re
Chapit
le
dans
doute
sans
nt
trera le plus frappa
tudes De
simili
Les
comparaison entre « Brahmanes-et Esséniens ».
en fin de compte, tout extérieures et d'un
nable. Ce forma spit
elles n’autorisent aucune conclusion raison
ortance qui
pour cause, au fond, une majoration indue de l'imp
es.
verbal
ces
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resse
e et aux
convient d’attacher au la
e un emprunt à la tu
Il n'est pas certain qu'il faille reconnaîtrPraem
tis, 11, de Phi “cy
De
du
ge
passa
le
bole d’Heraclide dans
nombreuses et ee
Les différences entre les deux textes sont aussi
le texte de Philon,
effet,
En
étre plus essentielles que les similarités.
universel des actions are rio
qui est une méditation sur ce moteuraucune façon être un apologue.
qu'est l'espérance, ne prétend enen scène se soucient de pra ues
En outre, les philosophes ici mis
sont la vie a ep we a
les deux genres supérieurs de vie que
faite leur identifica n
impar
e
rendr
vie pratique, ce qui achéve de
à fait nécessaire de
tout
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S'il
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s
avec les spectateur
semble-t-il, pe
nous
faudrait,
songer à un emprunt de Philon, il diatr
que ce a
ienne
stoic
ibe
plutôt à un lieu commun de la e, Epitre, 1,1, 45 ettelsuiv.
: imp
Horac
exemp
auquel ressortit, par
Page 6
View in PDF(opens in a new window)ger exiremos curris mercalor ad Indos, etc., et que l’on trouve explicitement dans Quod Omnis Probus, 65-68.
D’une maniére plus générale, et pour le dire franchement, nous
voyons dans cet excès de critique formelle dont la minutie et l’appay rigueur ne mordent en réalité bien souvent que sur le vide,
e défaut principal de l'ouvrage d'I. Lévy. Certes les ressemblances
verbales ont, dans la plupart des cas, indéniablement un sens. Mais
il est du devoir de toute saine critique de ne pas se contenter de
telles similitudes et de ne pas conclure trop hátivement du langage
à la pensée. Il est tout à fait assuré que deux phraséologies identiques ou analogues peuvent être au service de pensées très différentes.
Michel Spanneut, dans le Sfoïcisme des Pères de l’Église, Paris, 1957,
l’a bien montré relativement au Christianisme et au Portique, en
indiquant les raisons pourlesquellesles théologiens chrétienss'appropriaient si volontiers les formules du Stoïcisme.
La littérature judéo-alexandrine avait eu, elle aussi, des raisons,
— dont certaines n'étaient pas sans analogie avec les préoccupations
323
RECHERCHES ESSENIENNES ET PYTHAGORICIENNES
des Juifs » pour désierreur. Quant a l’expression «le Législateur voit
l'équivalent de ny
dans laqualle I. Lévy (PP. 46-47)
gner Molte,
pythagoricienne atric Eu, l’on fera remarquer ce qui suit.
formule
pere,
L’habitude de ne pas désigner par son nom un supericur,
in qui a
ume du monde gréco-roma
maître, souverain est une coutque
juive relativement à la preda
certainement influencé la prati
désigner le pore a8 ‘
ciation du Tétragramme et 4 la maniére de
que, dès le a
c'est
gner,
souli
de
maitre. Ce qu'il importe donc
dont l'aire € pa i
usage
un
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tissai
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goric
la formule pytha
vs ya
sait très considérablement la seule société Gun rte
Phi on, Ra
ue cité, rappo
qu’un souverain arrive dans quelq
disant: « ] (adz0¢) cet, a».
en
ent
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habitants se signalent l'év
nent leur maitre par
A Rome, les membres d’une familia désig
être d’être plus
rne Philon, il convient peutÙ o GA tite conce
|
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-t-il,
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Hypol
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Ca ment que dans
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ipsissimus.
.
u
désigner Moïse prese
Philon évite d’une maniére systématique deway
sures AYELTO Ts me
qui, plus tard, devaient, dans leur domaine propre, animer les Pères
de l’Église — d’habiller les doctrines du judaïsme dans une robe
hellénique. A ne s’en tenir qu’à la phraséologie, l’on risque constamment, et particulièrement à propos de Philon, des méprises du
même ordre que celle qui consisterait à conclure de la dédicace
inscrite à leur fronton, que le culte qui est rendu dans les églises
catholiques s'adresse à Jupiter O.M.
Nous aurons souvent à formuler des griefs de ce genre à propos
des principales thèses de ce volume.
Pour parler d’abord de l'influence du pythagorisme, que l’auteur
postule d'une manière générale sur le judaïsme hellénistique et
particulièrement, sur les Esséniens et les Thérapeutes, nous soulignerons ce que la doctrine d’I. Lévy, qui au vrai est une sorte de
pan-pylhagorisme, a de trop systématique. Rien ne nous paraît
nom. Ainsi dans Hypoth., VI, 2 : °Avnp ye
v, 60715 ae
¿Eódou xai wopelac ... ; ibid., VI, 8 : ... tov pèv &ivdpausExetvo
Sè sav yraptıw
mieux illustrer un semblable abus qu’une phrase comme celle qui
se lit à la p. 28 : « Les chefs spirituels des ermites de la Mer Morte,
fils du terroir palestinien, gardiens vigilants de la loi mosaïque ont
accueilli avec ardeur les croyances religieuses et les coutumes du
pythagorisme. » Faute de précision ou de qualification restrictive, l'on ne parvient pas à comprendre comment des « gardiens
vigilants de la loi mosaïque » ont pu accueillir avec tant d’enthouloudxiov vouob
lit de même dans De Aelernitale, 19 : 6 üv sert
pas toujours à
ne
hrase
périp
Movoñc. En d'autres rt,la
_.
siasme une théologie et une pratique religieuses étrangères. Le
désarroi ne fait que croître lorsque l'on constate que les Esséniens
n'étaient guère plus intelligents que, dans la perspective de la
« Recherche des Sources», les écrivains anciens : « L'Essénien n’a
cure de ces doctrines pour lui incompréhensibles...» (p. 28). 11 eût
donc fallu préciser très exactement ce qu'il trouvait à emprunter
dans une doctrine qu’il n’entendait en somme que médiocrement.
Si, d’autre part, l’on doit interpréter la formule de « théosophes
een alexandrins » par laquelle l’auteur caractérise, p. 58,
a société des Therapeutes, comme decrivant des Pythagoriciens
veritables plus ou moins deguises en Juifs, l’on se trouve en pleine
hy 6 Tobe vépous abToLc Getz Neibid. XI, 1 : Mupto_
Eri xotvarvicy...
vouoßerng HAcuyev
huérepos er
65 Mange
dun Bell.
Jud., 11, VIII, 145, paraît nn il
l'on peul att
à celui des Hypothelica et, dans les deux recas,
OU, SI l'on préfère,
grec
r-viv
savoi
du
uence
l'infl
uer
invoq
nt
bleme
wuvres de ca
nt dans ces autressLiber
être différemme
ren peutSil ou le
Philon que sont le Quod Omnis Probu
goricien.
jeunesse de
43, 68, Moise est bien DU
De Aelernitale Mundi. Dans Probus, 29, é-ns,
mais le Législateur “i
vouol
aicv
par la periphrase : 6 tév “lovd
er de ces posteri è
derni
le
que
bas
plus
s
nommé quelques ligne
& Mouoñs óvópar: cuvdiro xadeiv etwbev OAOXAPTÓ LATA (i bid., on
érr:
du nom propre.
l'empl
d'évit
re si
at.
l’on er
etudie
deoiprés la maniére de Philon dans ce groupe
ression po
de traités, l'on constatera que, au moins danse l'exp
>m
prés
plus
encor
e
trouv
de sa pensée, le Sage alexandrin se la sphère biblique. L'uti
oa À È
de
que
ale
gories de la culture gener
Omnis Ae: + n
qu'il fait du « matériel biblique », dansn. leCeQuod
é qui est, e 2
trait
entio
particulier, mérite de retenir l'att
plus scolaire, celui qui, par av Bin,
les écrits de Philon, peut-étre le
e, est mag pal
fait le plus penser a la manière de DiogéneeLaérc
des choses de la + =
une timidité extrême dans la mise en œuvr
d’Isaac et de ses deux fils pe
Ainsi dans Probus, 57, l'histoire situe
aux antipodes de to € cou
sentée avec une discrétion qui se
e
pas nommés, ae
leur locale. Les trois protagonistes ne. sont
n’y avait aucun In
du point de vue que postule 1. Lévy ild'ana
lyse, que cette imprénient à le faire. On a l'impression, en fin
Page 7
View in PDF(opens in a new window)cision obéit à d'autres motifs, et que lorsque Philon présente Moïse
comme le Législateur des Juifs et la Tora comme leur « législation »
(ns Iovdalov vopodectas, Probus, 57), lorsqu'il s'abstient de mentionner le nom d’Isaac, de Jacob et d’Esaü, c’est en vertu, peut-être,
de ses propres habitudes de lettré grec et de son souci d’intelligibilité.
La périphrase qui accompagne le nom de Moïse a valeur
d'explication. Elle renseigne sur l'identité de Moise en même temps
qu’elle donne, pour ainsi dire, une existence exprimable en catégories helléniques, — en catégories nobles —, à cette figure barbare et
énigmatique. L’on en dira autant pour ce qui concerne la présentation de la Loi mosaïque. I] est remarquable aussi que la doctrine
du « vol des philosophes » soit articulée ici sur le mode dubitatif
(Eoıxe) et sans cette sorte d’insolence qui la caractérise ailleurs chez
Philon. En réalité, c’est le plagiaire, Zénon, qui sert ici de caution
à l'original qu'il est censé avoir pille. La façon dont est « amenée »
la fameuse notice sur les Esséniens (Probus, 75-92) mérite des
observations similaires. Ce n'est qu'après avoir cité les Sept Sages
(Probus, 73) et les exemples classiques (voir Diogène Laérce, Iniroduction) des philosophes de l’Inde et de la Perse, que Philon allégue
l'exemple des ¢ athlètes de vertu » de la Syrie Palestine. La comparaison est instituée, non, comme l’affirme I. Lévy (p. 57), entre les
seuls Mages et Gymnosophistes d’une part, et les Esséniens, d’autre
part, mais entre ces derniers et toute la galerie des sages. Elle est
anne à intégrer les Esséniens au domaine de la civilisation en
général.
Quant au dernier texte auquel I. Lévy (p. 47) renvoie a propos
du Législateur des Juifs, dans les premières lignes du De Vila Mosis :
Mavoéws tot xara pév rıvas vouoBérou ray ’IouSatcv, xate Sé tivas
unvéws vouwv lepüv..., la juxtaposition du nom du Prophète et de
l'expression qui indique sa qualité, interdit, évidemment, d’invoquer à son propos le scrupule pythagoricien. Mais ce passage soulève un problème très différent de celui que nous venons de mentionner à propos du Quod Omnis Probus, problème concernant,
cette fois, la nature méme du philonisme et la conception que le
Sage d'Alexandrie se faisait de la personnalité et du rôle de Moise.
C'est à savoir si la Révélation doit être entendue au sens allégorique, Moîse étant alors le Législateur exclusif des Juifs, ou au
sens propre, Moise étant, en ce cas, l'interpréte des Lois divines.
L'on rapprochera de Vila Mosis, 1, 1, Hypothetica, VII, 7, où le
précepte de ne pas maltraiter les animaux est rapporté soit à Dieu
soit aussi à un législateur (ett obv 6 Bedc efte tig xal vouoférnc).
D'une manière générale, un sondage minutieux des écrits de Philon
serait, sur ce point particulier, extrêmement souhaitable. Mieux
que toute autre enquête, il permettrait sans doute de se rendre
compte si Philon est un théologien ou un philosophe. Voir aussi
De Praemiis, 55.
Les pages (52-56) qu'I. Lévy consacre aux « suppliants » nous
paraissent appeler les observations suivantes.
Il n'apparaît guère plausible que Josèphe, dans Contre Apion,
325
RECHERCHES ESSÉNIENNES ET PYTHAGORICIENNES
*indififférence au supqui oppose de l’in
à i il énonce que « celuii qui
enté de cane
cont
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out tuneun resp
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pouvait signifier quelquelenus
si la sanction mentionnéeImag
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de le « po
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s'attacher à la «loi mystérieuse
oncis le bon chemin ou la
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I. Lévy, p. 53, n. 17), le cont
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(p. 55).
jugeait
semblait le faire Colson qui
t amE oe epLA ÈLehn
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jamais réfugié 430,
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Lévy signaleelap.as
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21, où il relève qu'marii. L’ép
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L’ ouse est ur
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est, en quelque sorte, venue Se réfugier
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lecteur est fondé à penser que l’Auteur n’a pas apporté la ait
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d’une telle proposition,
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En ce qui concerne les animaux, novs
.
. .
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Pe
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i mu. par expression
«d'animauxi cue
de l'homme,
5 pacifiques qui étaient tombées à la merci
„I. Lévy fait très justement remarquer
m de la legislation mosatquene de dtt
n, la retraite
hébraïque et que, dans le cas des sectaires de Qumra
ie » que la commuau désert constituait un épisode de la « stratégrs jours.
nauté appliquait pendant « l’avent » des dernie
matinale dès le
;
de sol,si
pr Fe È e ne pas faire de mal aux animaux suppliants
L’Anteor
. ssi cr
pinne beaucoup de mal pour expliquer —
ue la vn es est constitué avant d'être empru
rad
nté par le juda-
Fons
cd d'abord qu'au témoignage
que le bœut de lean tan
us généra
de Diogéne Laérce
E plus ¡y D’ mea titre
le, aux passages scripturaires qu’I . Lév
Lév
a
I ropeee ane « les animaux seppiiante », il mer
En
Pf
ae
en pu Décalogue par lequel il est enjoin
t au
on
chef de
n exclure du bénéfice du repos sabbat
ique aucun des
e „ppliants», ans, serviteurs, bétail, étrang
sr
y
fAJKaptMe,a
ers qui sont sous
ot
e
Que Danba E oe attelés ensemble.
Surtout, de textes tels
ron
è,
, 14— où est stipulée l'obligation
d'épargner
e ville conquise et ibid., 19 : «Si
tu fais un long sie
ur (empres | à une ville avec laquelle tu es en guerre “tu
ne
ue Lp arbres en y portant la hache,
tu t’en nourriras
ay le ras par ; Car
l'arbre des champs est-il un homme
générale, mais assezfrappa
avecnte
la declaro an analogie
giquien pou formulée
i
ag
par Diogène Dare (VIII voa
octrine
ne
de
ici
»p. 125):« Il ne faut faire de mal ni à un arbre
pi =„point, u aun = qui ne nuit pas. »
Pee car go
es rapports qu’ont entretenus la règl
qui
i
opus telles que celles des Escéniens A dej‘
légitsspenteca les conventicules pythagoriciens, se pose,
certes
tranchées. Comme toujours, ce men ania
fe lk eae
e
ns
a
Loujours,
¢
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Lt
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directemen
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t source
goricienne et qu'ils auraient transplantés tels quels d
a
co
pt
pythape
a eal L’on est ainsi amené à sibgi ign le paad ra
E ple lorsqu'il
y a lieu
raisonnablement de
la
Lace à es exercée, en régle quasi général
e, d'une maniére
‘ang et par l'intermédiaire d'éléments scriptu
raires.
na eon th une illustration frappante de
notre propos a la
page 16, o uteur juxtapose des éléments
relatifs aux «idéaux
oe
: différents en effet, les uns d’origine philosophique
est, malgré sa teinte biblique, un a ia ere re
De même, affirmer (p. 20) que le rite de la prière
gorisme, conduit
lever du soleil est un emprunt à l’ancien pytha
dans la liturgie
astre
cet
de
re
lumiè
la
à négliger le rôle que jouait
gore et sur
Pytha
de
ine
doctr
la
à
rien
t
devai
du Temple, qui ne
t dès ses
stemen
laquelle la liturgie synagogale se réglait manife
origines.
La thèse de l'identité des Maghärites et des Esséniens reste
sible d'affirmer que l’on puisse
hypothétique et il est même imposté.
faire fond sur elle en toute sécuri De même, le rapport existant
comporler la notice de Qirqisäni.
1. Signalons quelques-unes des diMeuités que paralt
l'on donne pour être « partout
que
ndrin
L'on pourra s'étonner que le livre de l'Alexa
laisser de traces, tout comme
sans
sables
les
dans
rentrer
ment
simple
connu », ait pu
ne semble documentte
Philon
de
e
ouvrag
n
le Livre de Yaddua'. La célébrité d'aucu
erts dans la grotte
découv
livres
les
ée,
Timoth
de
lettre
la
selon
plus,
De
au xe siécle.
hébraiques. Or,
res
caractè
en
écrits
livres
des
été
t
des environs de Jéricho auraien
le note I. Lévy,
comme
faite,
été
aucune traduction de Philon en hébreu ne sembleauavoir
pensail que le
y
Harkav
Age.
Moyen
existé
avoir
ni
12),
sous les Césars (voir p. 8, n.
ns, les
Essénie
des
enne
égypli
e
lot de livres découverts était un dépôt de la branch
ga = (Exode, XX, 10, et Deutéronom
e, V, 14). La disposion € “ie= ni Deutéronome, XXII, 10, interdit de ien
our i
327
rs
le parmi ces ouvrages d'un ou de plusieude
Thérapeutes. D'où la présence toute natureleffet
que
hébraï
nom
le
que
érer
consid
de
traités de Philon (Pozñanski proposait en Palestine de filiales des Thérapeutes ou une
Philon était Yaddua'). Mais l'existence en
et l'on se heurle à la difficulté
migration de ces sectaires en Terre Sainte restequeà établir
. De plus, on ne voit trop
Philon
de
hébraï
tion
traduc
une
nant
précédente concer
e, ces sottises Ou ces
exempl
par
n,
Qumra
de
à quoi correspondent dans la littérature
qui aurait é1é l'aul'ange
à
Quant
ni.
Qirqisá
état
fait
dont
»,
femme
« contes de bonne
de la Bible,
hismes
pomorp
anthro
les
uer
attrib
it
teur de la Création et auquel il faudraA6yog
l'œuvre
que
er
observ
devra
l'on
,
Philon
de
du
celle
à
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la
si on en rattache
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de Philon qui nous est parvenue, nee part, que la littérature de Qumrán n'acco
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aux anthropomorp
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philoni
Aöyog
du
celle
à
aucune place à une notion comparable
andrie et de l’Alexandrin doit être
Si donc la thèse de l'identité de PhilonI. d'Alex
raison de le penser, celle de l'idena
Lévy
comme
assortie d'assez sérieuses réserves,
nt de Ssadia est, contrairefragme
du
andrin
l’Alex
Juda
de
et
andrin
tité de l'Alex
. En effet, dans le fragencore
se
douteu
plus
12),
(p.
ment, celte fois, à l'avis d'I. Levy semble énoncer une doctri
qu'il professe luiment dont i) s’agit, Juda l'Alexandrin qu'expose Philon, dans De neSpecia
Legibus,
celle
même. Or, elle est très différente de des espèces dont on offre les primeulibus
être
paralt
rs
11, 215-222. En outre, la distinction de Philon. Elle est d'allure très palestinienne
tion
d’un type plus récent que la concep . It est donc plus que probable que Juda l’Alexanet d'un type proche de celui de la Misna nt postérieure à celle de Philon d'Alexandrie.
drin écrivail & une époque sensibleme
Dupont-Sommer, Nouveaux aperçus sur
Sur la question des Maghärites, voir A. A. Jaubert, La date de la Cène, Paris,
pp. 105-107;
les Manuscrits de la Mer Morte,
the Jews, V, Philadelphie,
Social and Religious History of avec
1958, p. 23 ; S.W. Baron, Àsuiv.,
la bibliographie citée
n. 50; 379 et suiv., n. 56,
1957, pp. 188, 192; 377
Page 9
View in PDF(opens in a new window)entre Philon d'Alexandrie, l’Alexandrin, et Juda l’Alexandrin
demeure enveloppé de quelque incertitude. Parmi les similarités
de detail, qui auraient existé entre les « gens de la grotte » et les
sectaires de Qumran d’une part et, les Pythagoriciens d'autre part,
I. Lévy note la condamnation du rire (voir pp. 7 et 17). Ici encore,
cette règle de décence ne nous paraît pas liée exclusivement à la
discipline des Pythagoriciens. Certes, Diogène Laérce (trad. frang.,
t. II, p. 125) rapporte que, selon Pythagore, «la pudeur et la piété
consistent à ne pas rire avec excès et à ne pas être sévère à l'excés»;
mais cette projection sur le maintien extérieur, sur le decorum, de la
gravité paisible d'une âme véritablement philosophique, procède de
cette apalhie ou de cette melriopalhie qui sont le bien commun de
toute la philosophie, à l’époque hellenistique et à l'époque impériale, même si l’on estime pythagoricienne l’origine de la doctrine
du juste milieu. Les sources platoniciennes surtout sont évidentes ;
le sage, selon Platon, se distingue par le calme et la constance, du
vulgaire que son ignorance livre pieds et poings liés aux gémissements ou aux éclats d'une douleur ou d'une gaîté également
démesurées, ces truchements ordinaires des passions. Épictète
(Manuel, ch. XXXIII, 4), tout comme Pythagore, recommande au
sage de ne point rire à la légère : « Ne ris ni beaucoup, ni de beaucoup de choses, ni sans retenue. » La joie qui, selon l’enseignement
de la Stoa, habite en permanence l’äme du sage a, comme le note
Sénéque, quelque chose de sévère; la gaîté qui s'arréte au front
et se manifeste par le rire, est futile et vaine, puisqu'elle est sans
rapport avec la félicité intérieure : e Ceterae hilaritates non implent
pectus; frontem remittunt, leves sunt; nisi forte tu judicas eum
gaudere qui ridet. Animus debet esse alacer et fidens et super omnia
erectus. Mihi crede, res severa est verum gaudium » (Episiulae ad
Lucilium, XXIII).
Aulu-Gelle rapporte (Nocies Allicae, V, 1,2) que Musonius Rufus,
le maître d’Epictéte, imposait même à l’auditoire d’un philosophe
le devoir d’une absolue gravité. Applaudir, manifester par le moindre geste que l’on est sensible à la nouveauté de la pensée ou aux
blandices de la diction, serait le fait d’une foule assemblée, comme
au théâtre, pour entendre un virtuose de la flûte, et non l'attitude
de malades venus consulter un médecin des âmes.
La dignité qu’implique « l’art royal » impose à Caligula, comme
Yen avertit Macron, dans un contexte qui n’a rien de pythagoricien (Legatio ad Gaium, 42 et suiv.; voir Épictète, Entretiens,
III, 14, 4), une discipline assez comparable. C'est donc à la philosophie grecque, entendue en un sens général, et non, spécifiquement, à la pratique des conventicules pythagoriciens, que le
judaïsme emprunte, en les colorant de ses nuances propres, la
règle de cet usage et la doctrine qu’elle implique.
329
NNES
RECHERCHES ESSENIENNES ET PYTHAGORICIE
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fait penser la mét‘ trio
, d'une façon large,
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(Mada', 11, 2, 7).
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Nahawandi », Jewish Quarterly Review, 51 (1960), pp. 89-106; J. Van Goudoever,
'
‘instruisent tous les jours,
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que nous l'avons signa plus mu sau
et dont les Esséniens Sms
ces matières toutes prolanes
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disperità aux ascètes du véritablement
pertinente content idenLévy,
La question ne serait
d'économie et de politique correspondaient à iS. Or, on ne peut
tique chez les Pythagoriciens et chez les gr tes profanes »
ici d'üne éconole cas de ces piste are rail g'ggit
dans
parler,
.
comme le note 1. Lévy mane ’
:
politique pis de Leg cent édit, os d'une
Pie , et d'une
inistration et la politiq
s’en rendre
niga iso L'une et l'autre, I. Lévy a tort de ne pas
résenter,
el modttelx, loin deSenrepolia
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ables olxovouix
1. La juxtaposition des deux voca),
un emprunt a Jambi
©
le soutient I. Lévy (voir supr
ran
Politique, 5 EHa o
38), Platon, Leelse
De Josepho,elte
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comme Alcibiade, constitue une expression consacrée depuis Pla gh
os 7 fao
Gore jpppt Pagueta 7% olxiac ¿oriv, outr
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p. ex. Detoro
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obv Boxeîv und TOU TP
asti méheov pal Evous xal Xapas peyarns reno
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4
‘autorité des cités, un peuple €rcer et se former prieble ji& altravers
dons
politique devait s'exe
S
RE
eun
cone Pe
en
cis domestiques. Si, en effet, une maison est une de mL Gi grande maison,
an onomie s'apparente à la politique, on peut dire qu DAS E orte). Voir encore De
dev 149 ; De Speciatibus
ET litique, l'économie d'une communauté36» (trad
; De Mutation, 7 T
t une vaste pro
91-92 ;e,De Fuga,
Sr osephto, 54 159 : De Ebrietat
croyons-nous, mieLeni pratique
ur ai queDe Fuga, 36, prouve,
e dans la notice eur ics
|
dans ces notes; H.A. Wolfson, « The pre-existent Angel of the Magharians and Ala
es tirées du
iér
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ha 83-4) au nombre des
imo
,
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’
+ De Praemiis, 113.
ticité philonienne de la formule employé
, l'authen-
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View in PDF(opens in a new window)pirent sont, à un titre égal, indispensables à unc
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celle dee àla politique.
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(SO. II]
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telle que la rapporte Joséphe (Bel. Iud, 1 I AVI pa
ue
on) ion jurait que ¢ s il
lui-même revêtu du pouvoir royal
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par d’aut marques
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Enmentbien, il€: uE S agit pas avec les Esseniens de iano meee
Bu ar > par estination originelle et sans le moindre contact
avec ela ugueuse réalité ». En fait, pour être réellement signifioi ne peut se passer de s'appliquer à une société ; la
ileps
Poi leur rople ni méme la sainteté ont besoin d’un espace social
Pinvoauer un x e Support. Si bien, qu'il n'est sans doute pas utile
a pony compen ce que Philon entend lorsquril Time Pini
e «interférence »
philologique
i
d innombrable
sienansLL’essénisme,
nom a Bsd'Esséniens.
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a.
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avan
2000
à
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optique de ce contexte, n
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tienne
que Ao Pon
accorde
aux Esséniens la prétention, qu'ils
av WI san
oute, d’étre les véritables disciples de Moïse convertemporal organisa
tion cénobitique veflétait Sur le“pl e
Societe qu’avait ordonnée le Prophäle, privé, Lemporairement,isaila
ette société,a la proximité
du drame e schatolo |
:
eric Bey apne
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Le Jugeiment. qui allait Sabatirerégation de Belial» imposaitt
le la
le venir du
cmd imagination des hymnistes deneQumran
réchappa que le « etil
5 homn
gran châtiment universel d'où
reste False 1 par la famille de Noé. L’évocation du grondepe À
s grandes eaux et du feu dévorant qui, lors du nouvel et
deaiious fedesto È ane” ces sciences sceurs, constitue, y écrit Philon, la propédel
;
en
A
tn ans ban de une migration pour la vie contemplative. Les Esséniens
politique leur gelo, pas
e contemplatife purs. La connaissance de l’économie et de la
Lad
os ne nécessaire à un double titre. Qu'il n'y ait aucune contradiction
seen te ne
une , de ces sciences économiques el une organisation reliua sy Es
P tre à Timothée, III, 5, le montre bien, où l'on lit : el dé
=t5
u mpooryva oùx oldev rós éxxinoiag Oeob Empernoetar, « Car si quel
ger sa propre maison, comment prendra-t-il soin de l'Église de
qu'un ne sait pas diriger 8
Dieu ? ».
331
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xpu incohérenà te qu'en apparence, de
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e, qui t,n’elast sainteté de la communauté, qui
de No
utreconparforme à la volonté de Dieu, telle qu’elle
D'aent
27. tem
VI,t 2210Hren, dai
fai de Moïse, faisait d’elle un sancluaire, et des
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« Plu uctions fragiles. »),airaues lieu d'y saluer une très brillapopro
constrion, l'explication que, voici plus d’un siècle, Ritschl (Th
.
intuit l'origine des Esséniens dans « Ueber die Essener» eol
sait de, 1856, pp. 315-56). « Ritschl crut, dit Auteur, queivél'eesséauJahrb.
, dès soner arr
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it né duut désdeirDie
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(p. 42)leurs » (de la xParabolelond’Hles
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Com
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1. ne, pp. 155, 230 et suiv.), Noé est une figure quasi messianiq; dans le Troisième
chrétien
, LXV-LXVI ; LXXXII-LXXXIV
1. Hénoch
V, 17-les32;siby
Jubilés,
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Dam. Et ceux qui entrérent dans l'Archecipe(dede Noé
x parn. 1).deuCetx ilste trad
créarche » (voir A. Dupont-Sommer, Écrits essénien),s, p.deu144,
argument contre les
l'A est utilisée par Jérôme (Adversus Jovinianum, 1, 16) comme Pier
ueondes noces. Dans Matth., XXIV, 37-39; I Pierre, 111, 20; Il re, 11,5, l'Arche
diq
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ce.
Esseniens,
est la figure de l'Église salvatrint
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Voir aussi Apocal
le serviront et verront sa face et son nom sera sur leur
la race issue
ges serviteurs
Page 11
View in PDF(opens in a new window)le lecteur à penser que Philon se représentait les Esséniens comme
des dpi en quelque sorte, de la vie pratique, à la manière
dont les athlèles ou poliliques pythagoriciens se chargeaient de tout
l'ensemble des choses temporelles (ibid.) ; d'autre part, que les
Esséniens constituaient un grade inférieur ou préparatoire dans
la hiérarchie du pythagorisme juif. Or, il n'en est rien. L'opposition qu'instaure
Philon lui-même, en effet, entre les Esséniens,
représentants de la vie active et les Thérapeutes, protagonistes de
la vie théorique, est d'un ordre tout général. En rigueur, elle est
arfaitement trompeuse. L'activité des Esséniens et celle des
hérapeutes ne diffèrent pas en nature comme c'est le cas, semblet-il, entre les moAırıxol et les oe6uortxol du pythagorisme. La difference porte ici plutôt sur la quantité, eu égard a des motivations
d’ordre moral, économique et social.
La confrérie des Thérapeutes est composée d’hommes que leur
age a libérés des servitudes de la vie active. Elle subsiste grace aux
ressources que lui procurent les parents restés en activité à Alexandrie, La communauté essénienne, dont les documents de Qumran
nous apprennent que l’on pouvait en être membre de plein droit
à l’âge « sacerdotal » de vingt, vingt-cinq ou trente ans, vit du fruit
de son propre travail. Ce labeur ne lui permet
pas seulement de
subvenir aux nécessités matérielles de la vie, il constitue également le champ d'une ascèse, tout à fait dans la ligne de la doctrine
rabbinique relative à la nécessité et à la sainteté du travail manuel,
qui permet de confirmer par des actes les pensées du cœur et les
ropos des lèvres, délivre du besoin en procurant des ressources
trréprochables. L'on aperçoit dans cette conception la marque
S
RECHERCHES ESSÉNIENNES ET PYTHAGORICIENNE
333
iéniens avait son term
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palestinienne, qui est absente dans le cas des Thérapeutes. Cependant, s'agissant des Esséniens eux-mêmes, les préoccupations
die se
« philosophiques» sont loin de faire défaut. Eusèbe, à
a suite de Philon (voir F. H. Colson, Loeb Philo, 1X, p. 436, n. a),
divise la nation juive en deux catégories : le commun qui se contente
="
de la lettre de l'Écriture, et les « philosophes », représentés par les
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F
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teu dira Epic
Esséniens, capables de s’élever du sens obvie du texte à sa signification essentielle (comparez avec Quod Omnis Probus Liber Sil, 82).
Les Esseniens sont donc des théorétiques, même s'ils ne le sont pas
à plein temps. Et aux yeux d'un auteur qui, comme I. Lévy, admet
l'identité essénienne des sectaires de Qumran, la littérature de la
Mer Morte, témoin d'un effort intellectuel, moral et mystique assurément non médiocre, aurait di rendre cette vérité particulièrement
évidente. L'expression « d'athlétes de vertu », empruntée au vocabulaire agonistique courant chez Platon même, ne doit pas faire
ici illusion ni empêcher de constater que les Thérapeutes eux aussi
sont, dans leur domaine, des progressants et des athlètes (voir
De Vita Conlemplaliva, 12, et 1. Levy, p. 43). Leur effort incessant
pour obtenir une vue pénétrante et pour contempler 'l'étre est
décrit par Philon en des termes qui, disons-le en passant, sont
platoniciens plutôt que pythagoriciens.
Surtout, les textes de Philon montrent à l'évidence (voir e.g.
de la philosophie congue comme
pa a
L ute) +soph
de !’Epinomis. e
icien t
té platon
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s l’univers de Philon, est a
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qu'ilunineque5 .agit pas d'une transposition
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directe,
Page 12
View in PDF(opens in a new window)Ce qui le montre bien, dans le cas précis des Thérapcutes, c'est
le nom méme de ces contemplatifs. Malgré sa correspondance á
la
désignation des os6xorıxol, le nom des Thérapeutes a très nettement une résonance platonicienne et non
estime notre analyse acceptable, l’on devra conclure que la secte
du lac Maréotis, qui ne nous est pas attestée ailleurs que dans le
traité de Philon, n’étail pas la maison-mere de filiales répandues
hors d'Égypte, ou que, du moins, Philon n'aflirme pas cela. Quant
au recrutement des Thérapeutes d’Egypte, il pose un probléme
pas pythagoricienne.
L usage de l'expression tb Gepameutixdv yévos que Philon emploie
pour désigner non seulement les Thérapeutes (De Vila Conlemannexe au précédent, et dont la solution dépend de l'interprétation
que l’on donne des quatre mots initiaux de De Vila Conlemplaliva,
22 : Ot Sì navraxößev &ptaror ... De toute part, ceux d’entre eux
(d’entre les Israélites et non d'entre les sectaires Thérapeutes)
qui sont les meilleurs « emigrent vers le lac Maréotis, comine vers
leur patrie ».
Mavrayódev peut bien avoir pour antécédent les régions de l’oixovuév énumérées au paragraphe précédent : en ce cas la société du
lac Maréotis aurait compris des Thérapeutes d’origine non égyptienne, éventualité qui n’a rien d'invraisemblable en soi. Mais l’on
peut admettre aussi, bien qu’un peu plus malaisément, que ravtay60ev ne reprend que x00' Exactov rüv Ermzadovpevwv vopuwv xai
uadiota repi thy ’Arebavöpeiav. Les Thérapeutes auraient été alors
plativa, 11) mais, en la personne d'Isaac, l'archétype du sacerdoc
e
que (De Fuga el Invenlione, 42) ou, dans une allégorie
de
l'Exode (De Vila Mosis, II, 189), le peuple d'Israël auquel Moïse
ouvre la route de la félicité jette un jour précieux sur l'identité
spirituelle des sectaires du lac Maréotis. L’appellation de Thérapeutes indique, en effet, que, au témoignage de Philon, ces mystiques se considéraient comme des Israélites accomplis, entièrement fidèles à leur vocation la plus haute, celles de prêtres en
esprit, comme les prêtres de la tribu lévitique, «la meilleur
e
race des Hébreux», étaient des prêtres au sens technique.
Le nom des Thérapeutes permet sans doute aussi de mieux
comprendre certains paragraphes du De Vila Contemplativa
qui,
à leur tour, commandent le problème de savoir si la secte était
répandue dans le monde entier et si, en Judée, il y avait eu
des
établissements de Thérapeutes à côté d'établissements esséniens.
Dans De Vita Conlemplaliva, 21, tò y&vog nous parait, en fin de
compte, être l'équivalent de +d Bepareurixdv yévos entendu
au sens
large de peuple d'Israél. C'est le peuple d'Israél et non la secte des
Thérapeutes, sous les espéces de ses diverses filiales, qui emplit
toute l’olxovpéw afin de faire connaître aux Grecs et aux Barbares
le bien parfait (dyadod tedelov), c’est-à-dire non l’enseignement
propre aux sectaires, mais le Dieu des Écritures. Il est impossibl
e,
en effet, de ne pas rapprocher la description de la dispersion
des
Thérapeutes, que nous trouvons ici, de tableaux de la Diaspora
juive tels ceux que l’on lit dans In Flaccum, 43-48, ou
dans
Legatio ad Gaium, 214-216, 281-283, 330. La similarité des termes
est, en général, frappante. En outre, nous avons, avec Petronius,
le légat de Syrie mis en scène dans l'Ambassade, un exemple de
cette initiation au bien parfait qui était dans les voies de la
Providence. Petronius, nous apprend la Legalio ad Gaium, 245, avait
« quelques notions de la philosophie et de la piété juives, soit qu'il
les eût acquises dès longtemps et par un mouvement spontané, en
raison de son amour de la culture, soit qu'il fül entré en contact
avec elles à partir du moment où il avait eu la charge d’administrer
les contrées où les Juifs sont établis en nombres compacts dans
chaque cité, à savoir l'Asie et la Syrie. ».
C'est encore les Juifs et non pas les sectaires que concerne la
phrase du De Vila Contemplaliva, 21, selon laquelle le deparreurixóv
yévos foisonne dans chaque nome d’Egypte et en particulier autour
d'Alexandrie. On conçoit mal une telle pléthore s'agissant de
contemplatifs d'une exceptionnelle élévation spirituelle, alors
quelle recoupe parfaitement ce que nous savons du nombre des
uifs en Egypte et surtout dans la région de la capitale. Si l'on
335
sAeiSe->.an
eSALIEC"aSEtir
ion
les meilleurs des Israélites d'Égypte, ce qui peut paraitre plus
vraisemblable encore, puisque la secte que décrit Philon semble
surtout originaire d'Alexandrie. Quelle que soit la solution que l’on
préfère, il est, croyons-nous, nécessaire d'entendre que les Thérapeutes sont les meilleurs des Israélites, non en ce sens qu'ils seraient
supérieurs aux Esséniens mais parce que leur spiritualité les promeut au niveau de la « meilleur race des Hébreux », la tribu sacerdotale à laquelle il est ici fait référence en réalité. Tels que nous
les décrit Philon, les Thérapeutes représentent réellement le judaïsme égyptien ou alexandrin à son degré le plus haut de spiritualité. Entre leur idéal et celui qui s'exprime dans toute l’œuvre de
Philon, existe, on l’a souvent remarqué, un accord si foncier qu'il
est légitime de mettre en doute qu'on ait ici affaire à deux courants
religieux distincts. Dans les deux cas, il ne s’agit pas, il convient
de le souligner sans se lasser, du pythagorisme, ni d’une branche
juive du pythagorisme, mais bien du judaïsme lui-même, tel qu'il
s'était épanoui au contact de l’humanisme hellenistique. Que cet
humanisme ne soif
pas exactement réductible au néo-pythagorisme, l’œuvre de Philon nous en administre fort clairement la
preuve, et nous pensons que cette preuve vaut aussi pour les Thérapeutes. Voilà pourquoi nous ne saurions admettre les rapprochements, bien trop précis une fois encore, que l’Auteur établit (p. 43)
entre la diète des Thérapeutes et le « déjeuner des Pythagoriciens ».
Il est certainement insuffisant d’alléguer ici le pain et le miel des
syssities décrites par Jamblique. L’abstinence de nourritures
carnées n'est pas propre, en effet, au pythagorisme. Elle caractérise, chez Platon, la simplicité du régime primitif. Quant à Philon,
il met la consommation de l’eau et du pain en rapport avec l’attitude philosophique qui sait, en tout domaine, se contenter strictement des biens naturels. La justification d’un régime analogue à
celui en usage chez les Thérapeutes est, chez Philon, de résonance
Page 13
View in PDF(opens in a new window)cynique et stoicienne.
; Sur le plan mystique, 4 aux marmii
dell gypte, aux cailles du désert, l’Ecriture oppose wie oai ties
3
ion
e
u'Israé] consomma avec la manne, les pains de proposidu
Temple et les eaux que la Sagesse adoucit à Marah. Il nous
paraît donc peu indiqué de voir dans le cas des Thérapeutes « une
surenchére sur l'ascétisme alimentaire des vieux
pythagoriciens
(p. 43). La référence exacte est au festin de la Sagesse L'Auteur
perd de vue, lorsqu'il oppose à la « la règle moins austère des Essétals a .. Ñ =e a
tla
des Thérapeutes, des passages
Contemplativa, 66 ou 69, qui situent,
tré
icijuste mien eteSilence si leur Nels UE oan
pment
éloigné
eg de Sybaris, conformément à la doctrine ns du propiate
a n Uk a Y
.
de
la rudesse de
ari oe ad
L
. 43, n.
ne
ee L’allusion au mythe
suffit
pas
pour
p
i
déceler en Dee Vita
V ta
|Contemplativa, 35, A une allusion
ik prrbd
— Il s'agit bien plutôt d’une réminiscence du Phédreà bio
-
; ge qui semblent tirer toute leur subsistance de la a
pation des idées, comme Moïse au Mont Sinai. La moquerie d’Anupnon, E situe La iequ =
Elle paraît, au reste,
et s'être appliquée à d'autres philosoph
encore que les Pythagoriciens, si Pon en juge par
Fu Liber, 8, — passage quisemble avoir Pina à I. Lévy en
où
on rapporte les sarcasmes populaires visant ces gueux de la
Er i réduits à se nourrir « du seul fumet de la vertu, comme l’on
Fa ques cigales se nourrissent d’air ». Le trait semble viser ici
E oe du type cynique ou ces stoiciens sauvages que
be, n Te Dans Les N uées, 1360, Aristophane utilise la plaime
=
es
Cigales 4 propos d’une querelle entre Phidippide et
,
p re auquel le jeune homme reproche d’avoir pretendu regaler
DRitor dee cigAt pean de nica, sen s'il s’était agi de
;
.
On voit
donc que
le champ
arue est bien trop imprécis pour que yA pitas a fates
d'applicati
oa avec quelque confiance, s’agissant des Thérapeutes.
Phnig
é
i nr gg Ex mp Lévy pense que ¢ la sainteté
est... une 1dée
spécifiquement juive
E en MER étranger » (p. 23). Ilen assigne, d'après De Specialibue
Esgi En I, 176, l’origine à l'institution biblique du Jubilé, dont la
= rich par excellence est la libération des esclaves hébreux
(Pro n marta Hot de re made De Vita Contempla39, où |
e est qualifiée
de aytaitatog
xal
i
&piBuziv,
Isidore Lévy affirme
DL
Gi
(p. ; 23) que Philon, lon, qui,
É
qui sans dout
doute
traitait | ses propres écrits + le re discerne
pa .en deux notions empruntées % premiére a De
en I
apportait 4 emprunter à ses modéles néo-pytha O Micene.
ucts:
à per
È us Legibus, 11, 176 et la seconde au $ 177 [du méme traité]
a il est question de | idée que les mathématiciens se font du nombre
Lam, tes eux, n'a pas le moindre caractère religieux ».
n
té, si Isidore Lévy a raison d’insister sur l’origine bibli-
337
RECHERCHES ESSENIENNES ET PYTHAGORICIENNES
n assigne à la pentécontade
ue du caractère de sainteté quensPhilo
goriciennes, à elles seules,
et s’il est exact que les spéculatioinsufpytha
t, l’on pourrait lui reprofisan
te
paraissent en rendre un comp
n satisfaisante, mais une intercher de proposer non une explicatio
prétation incomplète et d’insuffisante synthèse, des textes de Philon
relatifs 4 la pentécontade.
ns sur la pentécontade est bien
Le point de départ des spéculatioleque
l «le monde matériel est
le passage du Timée (53 c) selon
cas privilégié du théo4,
issu du triangle-rectangle aux côtés 3, 3, 5,
dont la somme donne
4,
côtés
rème de Pythagore » (p. 23). Les
qui par son caractère unique
l'hebdomade, forment l'angle droit
, mais un seul angle droit)
(il y a beaucoup d'angles obtus ou aigus
de mérite d'être considérée
suggére la monade. Or seule la s.mona
d'autres termes, le premier
En
comme l’origine de toutes chose
dont il
trique de la divinité,
triangle rectangle est le symbole géomé
le droit, le caractère unique et la
évoque, par l’hebdomade et l'angcréat
eur : voir De Opificio Mundi,
sagesse, et, par le triangle, le rôle
de De Specialibus Legibus,
texte
le
97. Quant à la pentécontade,le est le produ
it de sept hebdomades
qu'el
gne
II, 176, nous ensei
« image incorporelle de Dieu ».
que vient couronner la monade, cette
au même titre que l’hebdomadeLe carré de l’hebdomade est saint
et l’on retrouve dans la penté
65)
iva,
simple (De Vita Coniemplal
son <ymbolisme particulier,
avec
7/1,
de
rt
rappo
contade le méme
S'il est donc possible de contesque dans le triangle rectangle 3, 4, 5. les
mathématiciens, «le moinchez
ter que la pentécontade ait eu, saurait en
dire autant de la monade,
ne
l'on
»,
dre caractère religieux
si l’on peut admettre que l'idée de
ni de l’hebdomade. Autrement dit,
ngle », origine de toutes choses,
voir dans le « premier triangle recta
contade, carré de la
dérer
le symbole de Dieu et de consi commlaepenté
«le plus saint et le plus
somme des côtés de ce triangle, aux ie
ro philosophiques
naturel des nombres» ressortit
re, constitue une
préfè
l’on
si
du judaïsme alexandrin, ou même, est pas moin
nécessaire de
n'en
il
n,
doctrine particulière à Philo nt judaique est fondés sur
des bases
gneme
ensei
bien voir que cet
insuffiaire
contr
au
oppe. Il serait
grecques qu'il prolonge et dével
de
conta
penté
la
de
e
nienn
ine philo
sant de limiter en rigueur la doctr
ation
libér
la
a
ives
relat
ement
tiell
aux données bibliques, essen
Jubilé du Lévite. Une interlors du Jubilé et, accessoirement, au
Lévy, y invite, se condamne á
pan qui, telle celle d'Isidedore
e compte de textes comme le
bi ag lorsqu'il s’agit rendr
s In Exodum, II, 93, où Pon
tione
De Vila Mosis, II, 80, ou Quaes
le Temple du désert symbotif,
porta
nacle
souligne que le Taber
colonnes. C’est Dieu, en
lisant le monde, est fondé sur cinquante
jubilaire, qui consation
effet, et non pas la Pentecôte ou la libér
titue le « rocher des mondes ».
bibliques dans la
Ceci posé, il va sans dire que les éléments comm
e I. Lévy y
n ont,
doctrine de la pentécontade chez Philo
tance capitale. Ils coexistent,
insiste à très juste titre, une impor
dans les contextes philoniens, d'une manière fort caractéristique,
Page 14
View in PDF(opens in a new window)RECHERCHES ES
338
RECHERCHES ESSENIENNES ET PYTHAGORICIENNES
une juxtaposition brutale des notions empruntées aux deux textes
précédents. La pentécontade est bien le nombre de la libération
Jubilaire, mais il est essentiel de noter que, chez Philon, il s’agit
d'une rationalisation allégorique de l'institution biblique et que cette
I est pensée en termes grecs. L’esclave hébreu libéré
ors des fêtes de l’Hebdomade, telles que l'année sabbatique et sa
culmination jubilaire, c'est l’homme, esclave de ses passions,
auquel la pratique de la Loi de Moïse permet d'en secouer le joug et
d'accéder à la vertu. C'est pourquoi dans la compréhension du
concept de la pentécontade entrent, en liaison étroite, des notions
telles que celles de la Sagesse qui est l’état où l'on atteint, une fois
élargi d'Égypte, Hadès de dure servitude,
Dieu,
qui
seul
connaît réellement la paix et la liberté et qui seul les octroie à ceux
Tu le recherchent. Cette promesse est concrétisée par le pays de
naan qui, dans l’allegorie eo, symbolise, le plus souvent,
le terroir de la vertu ou la Cité de Dieu, représentant ainsi l'étape
ultime de la quête mystique que retrace le Pentateuque. Les premiers fruits en Canaan ou la libération du Jubilé ont une signification identique. La voie qui y conduit est celle de la sagesse «sommée » par Dieu, de l'hebdomade culminant en la monade. Dès que
l'on garde à l'esprit ces idées qui sont très clairement exprimées
dans nombre de contextes philoniens, l’on comprend sans peine,
même si Philon ne s’en explique pas (voir I. Lévy, p. 23), ce
qu'est la réalité encore supérieure au zodiaque (la plus belle
figure du ciel, dont le nombre douze est le prototype) que suggère
la
pentécontade.
urtout, l’on se rend compte qu’une grande prudence est indispensable dans les rapprochements que l’on propose entre telles
particularités du rituel des Thérapeutes et telles réalités de l'Orient,
archaïque. Le festin des Thérapeutes est un festin de la Sagesse
dont l'idéologie regarde vers la Grèce et a peu de chances de devoir
quelque chose à l’Assyrie. Mais, d'ores et déjà, les doctrines de
Philon concernant la pentécontade nous permettent de nous expliquer la pue de la formulation d'un passage comme De
Vila
Coniemplaliva, 65, où l’on nous apprend que les Thérapeutes « révérent non seulement l'hebdomade simple, mais aussi son carré, dont
ils savent qu'il est pur et à jamais virginal. Il est aussi la veille
d'une très grande féte... ».
La formule «il est aussi » n'implique pas, comme on l'a dit parfois, que la fête du Cinquantième Jour et la fête de la Pentecôte
constituaient pour les Thérapeutes deux réalités différentes et
distinctes.
Il nous
paraît préférable de penser qu'elle est un témoin de l'effort
que fait Philon pour asseoir sur des bases « philosophiques » l’institution biblique ou, si l'on préfère, pour expliquer la Pentecôte
ctrinal
e. Le fonondseàdo176tecontad
177,
libus Legi
ia
ec
Sp
e
D
le
à
e
a
qu
n
e
r
m
u
é
m
n
le
i
u
le
e
n
Peral o
igus cote a cô re
à parie
3
proprit
les
avec des éléments d’apparence plus « mathématique ». Tel est le
cas, par exemple, des deux chapitres du traité des Lois Spéciales,
II, 176, 177, et de manière plus frappante encore, celui du traité de
la Vie Contemplative, 65, où, nous l'avons mentionné, I. Lévy voit
339
juxtapo
a n'v aurait pas,
se trouvenhy
i ss
les auquel Philo
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Sp
s
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L
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hyp
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cett
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on
cel
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r
jou
éme
cinqua
que les Thérapeutes,
Page 15
View in PDF(opens in a new window)du pain levé durant la semaine des azymes. Ce probléme ne se
poserait pas si l’on supposait que les Thérapeutes faisaient usage
d'un calendrier analogue à celui des Jubilés ou de Qumran.
C'est cette hypothèse que suggère, non sans en souligner le caractère gratuit, P. Geoltrain dans son édition du De Vila Coniemplativa (p. 25). Elle est reprise et développée dans le compte rendu que
S. Szyszman a consacré récemment à l'ouvrage de N. Wieder,
The Judean Scrolls and Karaism (voir Revue de l'Histoire des Religtons, tome CLXVIII, juillet-septembre 1965, p. 73). Szyszman
croit pouvoir suppléer à la documentation, qui fait entièrement
sr
à la thèse de Geoltrain, par des preuves tirées de la liturgie
AGORICIENNES
RECHERCHES ESSENIENNES ET PYTH
341
7 À
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: 11 ieNi de P.l est
caraite.
samedi 11 Nisan. I la septieme pentécontade.
he
ste. E
censé coincider avec la ar ue c’est là une vue bien a tira È
vantième jour que par Pe er ne il
eut s'empêcher de penser di
La chronologie sacrée que ces deux auteurs imputent aux Thérapeutes peut se résumer par le tableau suivant :
l'Omer
e, 1
iqunes
urge.Ildes
lil
e
nné
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de
e
dr
ca
le
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I
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Jour de l’an
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‘manche. Or, dans le tablear
samedi e
prend place m Santieme jour serail un eer ed Ner serait
e
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plus
amedi.
I
Ill
|
2%
dimanche
Omer
15
dimanche
Pentecôte
En voici l'explication. Le calendrier des Jubilés et de Qumran
était un calendrier solaire. Les jours de fête revenaient donc au
même jour de la semaine. L'année commençait le mercredi 1er
Nisan ; la Pâque était célébrée le mercredi quinze du même mois :
l’Omer se situait au « lendemain du Sabbat » (c’est-à-dire dimanche)
de la semaine consécutive à l’hebdomade des azymes, soit le 26
Nisan, date à partir de laquelle commençait le compte des cinquante
jours qui se terminait le dimanche 15 Sivan, jour de la Pentecôte.
Si l’on suppose que la Pentecôte n’est en somme que la première
des fêtes de la Pentécontade et qu'il s’en succédait sept dans l’année
liturgique, on constate que la septième était célébrée trois cent
cinquante jours après l’Omer, soit le samedi 11 Nisan, le sabbat
précédant la Pâque.
Cette grande fête de la Pentécontade serait supérieure à la Pentecôte du fait que tandis que le « nombre » de cette dernière, soit la
pentécontade simple, ne contient que le carré de 7 (7X7+1 = 50),
»
ilo
a
varante-n0)eos À n’indiquent quelle « mystique 4 jé étrangea
eutes
ois pré _
2 la fagon on
mme le 49e du mois
ktait considéré, chez les Assyriens, Cn pentécontade, ni même
t sur deux annees, &
les
ts
et
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me
re
op
pr
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e
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‘cindre la doctrine du
i
È
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PiveersquneladeSalegessheie.r EIl rla anolomme le ¢ commenceme rre Promise.
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les Falaierchsad'ÉoùtudJuiesfsAfrd’Aby
vol. 11, pp. 84- 147, Par
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est présenté d'une façon qui
Page 17
View in PDF(opens in a new window)comme un «sabbat de grâce », est apparemment plus troublant.
Mais ces sabbats solennels dont le compte commence à la Pâque,
semblent laisser intacte la célébration de la Pentecôte, et les auteurs
qui les mentionnent ne nous en décrivent pas le cérémonial. Nous
ignorons donc le rapport qu’entretiendraient ces quarante-neuvièmes jours avec la fête ou les fêtes du Cinquantième Jour des Thérapeutes. Il nous paraît tout de même remarquable de constater,
dans les limites de notre information, que ce «sabbat de grâce »
n'est nullement donné comme la fête préliminaire d'une fête plus
ande. Nous sommes donc justifié de nous demander si ce Septième
abbat falacha n'est pas célébré comme un maillon un peu plus
saint de la chaîne des célébrations sabbatiques, sans égard à un
retour à dates fixes d’un tel sabbat et sans que soit dérangée la
séquence des grandes fêtes de l’année liturgique.
n définitive, aucune des explications proposées ne nous paraît
résoudre d'une façon entièrement convaincante le problème que
soulevait F. H. Colson es écrivait (Loeb Philo, IX, p. 522,
sur De Vila Contemplativa, 65)
: «...isit likely that the Therapeutae,
who appear to have been orthodox Jews, discarded the religious
calendar of Moses and arranged a new system of festal days which
one would have thought would have been difficult in itself ? For
since periods of fifty days do not fit into the year, this
great feast
would recur seven times in one year and eight times in another
and in different months from year to year. »
J. Van Goudoever (Biblical Calendars, p. 128) pense que la
doctrine de Philon a été influencée par la secte d2s Therapeutes et,
en particulier, relativement à l'interprétation des grandes fêtes.
Nous croyons qu'il a tout à fait raison d’apercevoir un lien entre
l'enseignement de Philon et celui que le Sage alexandrin attribue
aux Thérapeutes. Nous pensons donc qu'il est légitime de faire
appel à Philon en qualité de témoin, lorsqu'il s’agit de ces derniers.
Or, nous sommes bien forcé de constater que Philon présente les
Thérapeutes non comme des sectaires, mais, nous avons eu l’occa-
Voir ibid., p. 36 : « The seventh pure sabbath is the Festival of the Harvest. Beginning
on the Day after the Sabbath you will count (seven) weeks and on the fiftieth day you
shall neither strive nor travel nor slander.» La fête de la Moisson est marquée par
un repas commun pris à la synagogue. Voir Leslau, p. xxxı: « The Festival of Harvest
(mar'rár) is celebrated on the twelfth day of the third moon. The festival starts on
the eve of the eleventh day and the harvest is blessed on the following day. The people
bring some measures of grain or baked bread to the synagogue and the priests pronounce the blessing in Quarenya. At this festival the Falashas invite one another to
the meal and they all eat in the synagogue with the priests ». Particularité notable, les
Falacha prolongent et commémorent par des jednes mensuels la célébration de
grandes fétes annuelles. C'est ainsi qu'ils jeûnent le 10 de chaque «lune» en
mémoire du Jour des Expiations célébré le 10° jour de la 7° lune; Je 12 en mémoire
de la féte de la Moisson célébrée le 12e jour de la « troisième lune»; le 15 en mémoire
de la Pâque célébrée le 15° jour de la « première lune »; et de la fête des Tabernacles
célébrée le 15° jour de la septième. Voir Leslau, p. xxıx et suiv.
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oe Be ne Pr Rag connaissaient pn
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dans Biblical Calendars, p. 1851.
grandes festivités du
7e mois : Parinée
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en lumière ici est précis
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l'auteur
+
1. A confronter une fois de plus le texte de Philon avec les diverses explications que
nous venons de rapporter, l'on se sent incité à penser qu'elles sont peut-être toules, y
compris celles que nous proposons parfois nous-méme, trop compliquées. 11 serait sans
doute préférable de suivre le texte de Philon d'une façon à la fois plus serrée et, pour
ainsi dire, plus modeste.
Ainsi, le paragraphe 65 du De Vita Contemplaliva nous apprend exactement que les
Thérapeutes célèbrent et le septième jour el le quarante-neuvième, « car ils révèrent
non seulement le simple nombre sept, mais aussi son carré, parce qu'ils le savent pur
et à jamais vierge ». 11 est donc clair, d'après l'épithète derrápdevos qui, chez Philon,
s'applique à la vertu, à la Justice, parèdre de Dieu, à la Sagesse et surtout à l'hebdomade,
que le quarante-neuviéme jour est célébré eu égard au sabbal. C'est un sabbat d'une
dignité suréminente, par son caractère de carré de sept et du fait qu'il se trouve aussi
{une fois l'an) la vigile d'une très grande fête, la Pentecôte, qui chez les Thérapeutes
est la culmination spirituelle du sabbat simple et du Septième Sabbat. 11 est bien évident
que le banquet des Thérapeutes se situe dans la nuit consécutive au quarante-neuviéme
jour, toul en faisant partie des festivités de ce jour même.
D'autre part, si nous admettons que Philon, dans le paragraphe 89, n'a pas eu pour
seul dessein de « rivaliser » avec l'épilogue du Banquet de Platon, en montrant que ses
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exemple, le fragment de Commentaire du Psaume 111 et du Commentaire sur Matthieu, XI, 3, d’Origéne ou la phrase des Sfromaies,
VI, XL, 87, de Clément d'Alexandrie, cités par J. Van Goudoever
*
Au nombre des fetes sab
c'est-à-dire cinquanti
éme
unge
que le mois sabbatique est entièrement férié. En d'autres termes,
nous ne pensons pas que ce passage des Conslilulions reflète un
enseignement différent de celui, pour l'essentiel, qu'expriment par
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Li
made est la mesure commune de ces fétes, le facteur commun qui
sert à les calculer. Il est d'ailleurs frappant que le Pseudo-Clément
se donne la peine d'expliquer que le Jubilé représente la combinaison cyclique de sept années sabbatiques, alors qu'il mentionne
sans autre commentaire &6douddes émrá. Ajoutons qu'il était ici
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351
tandis l'expression du texte ne signifie pas davantage que la fête
désignée dure sept semaines, que les mots piv é65ouos n'impliquent
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ice
RECHERCHES ESSENIENNES ET PYTHAGORICIENNES
veut
essentiellement
nt cette particularité
que l’hebdo-
Thérapeutes, au sortir d'une nuil de «sobre ivresse », ont la tête moins appesantie
encore que Socrale au matin du festin d'Agathon; si nous ne nous résignons pas à
porter, & notre tour, bévues et inconséquences au passif de Philon, nous sommes contraint de constater que le banquet des Thérapeutes n'a pas lieu à la vigile de la Pentecôte, En effet, après le lever du soleil, nous dil Philon, chacun, une fois les prières dites,
se relire dans son sanctuaire pour recommencer à praliquer et à cultiver la philosophie.
Le dimanche suivant, le banquet est donc un jour ouvrable, En effet, les Thérapeules
étant des contemplalifs, la pratique de leur activité intellectuelle coutumière doit être
considérée comme du travail. El il ressort bien des paragraphes 30 et 36 que les Thérapeules marquent, au contraire, le sabbat en rompant avec Jeurs habitudes de vie soliLaire et avec leur labeur habituel, c'est-à-dire leur recherche philosophique.
On pourrait donc reconsidérer la situation de la manière suivante. Les assembites
sabbaliques ordinaires ne donnent pas lieu, à la différence du quarante-neuvième jour,
à une ravvuylç. C'est cette rawuyle, au contraire, qui constitue le trait distinctif du
Page 20
View in PDF(opens in a new window)Telles sont les leçons
qui nous paraissent se dégager du dernier
ouvrage d’Isidore Lévy. Veuvre d'un chercheur pénétrant et subtil
qui a ouvert à l’investigation historique des voies nouvelles et
fécondes, il est parfois trop
accueillant à des vues exagérément
systématiques. La voie de la vérité semble être ici médiane entre
un panpythagorisme certainement abusif et la négation totale ou
sans nuances de toute influence grecque ou orientale
— qui ne le
serait pas moins.
V. NIKIPROWETZKY.
Septième Sabbat et la marque de la solennité particulière qui lui est attachée. I) se
peut donc que les Thérapeutes aient innové sur ce point particulier (qui reste du domaine
de la coutume et ne touche pas à celui de la Loi) et qu'ils aient exalté la sainteté de
chaque quarante-neuvième jour par un banquet de la Sagesse, commémoration périodique, un peu à la manière dont les jednes mensuels des Falacha commémorent leurs
fêtes annuelles, de la très grande fête, unique dans l'année, qu'est la Pentecôte. Si
l'institution d'un tel cycle de sept sabbats était d'une manière ou d'une autre rendue
compatible avec la date fixe exigée pour le compte de l'Omer, l'on s'expliquerait que
la fréquence des banquets du 49° jour ait poussé Philon à les mentionner non, à proprement parler, comme les plus importants, mais comme les plus notables, comme ceux
auxquels l'on pense en premier lieu (td mpétov).
Il faudrait encore renoncer à parler, en dehors de la Pentecôte, de fêtes du Cinquantième Jour chez les Thérapeutes.
gions dive ses
67 NixipnowerzRY V., Recherches pythagoriciennesi ef. Reli
spROwETZKY V., Recherches esséniennes el pythagoriciennes. A propos
Ontà RES IVe Ser. V 1966 313-352. | Sur le livre posthume
bd 7 d’1. Lévy (cf. ci-dessus).
des Ebudes uives
Aris
Durl
Ars UV