Les debuts de la Science hellenique

Author
Rey, A.
Published in
Revue des Cours et Conferences
Year
1929
Subject
BEGINNING
Language
Français
Category
C1 General
Archive number
227

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Arr (E) LES DEBUTS DE LA SCIENCE HELLENIQUE s à caution, ct presque et. de la philosophie sont donc tous sujet qu'on du moins dans les précisions tous au moins à réformer —infl onspens , c'est , rale uence gene en donne. Car pour une ges igna témo des e mêm de est en ' nous, une autre affaiesre.égypIltien que leurs d’ail ns savo Nous nes. relatifs aux influenc ché à faire dériver toute la civiles prêtres égyptiens ontdecher pte. il y a là flagrant délit (1)., lisation grecque de celle l'Egy ines connaissances techniques certa Enfin s’il est incontestable que retr ouvent en Orient, en dehors se es hiqu cerLaines idées philosop que el. antérieu rement aux documents de toute influence grec pour cela démontré pas a ns, on n'en erves où nous les découvrosive. ces sont trés conna ces Car l'origine orientale exclu naturelles. 11 n’yissan d'étonnant rien a très simples, ces idées sont qui commmes d'ho à ce qu'elles aient pu surgir dans l'esprit établi été s jamai ail ct conta mencent à réfléchir, sans qu'aucun ne nous es, idenc coinc des ns voyo nous entre eux. Autrement dit, ne s moin pouvons mettre en évidence une filiation. Tout au RENA. EeoÀA5PdpRs€giIa>EA Les débuts de la Science hellénique par M. Abel REY, Professeur á la Sorbonne. L’iafluence orientale ? Qu'il y ait eu activité scientifique, — même au se — la prenons: prélude à l'esprit denotre science beioi it | pouvons-nous pas Ja justifier de facon plausible. Elle n'a done de la science grecque, c’est incontestable (1). Mais cela ne si ‘ pas de valeur historique. gnifie pas ipso facio que la science grecque ait été la fille de bot sciences orientales, car elle a pu se développer d’une façon en grande partie autochtone. La question si rebattue, bien qu'elle LeHe nr es influences de l'Orient sur la Grèce en matière Les philosophes et les savants, les È, È SEAnTERM»OATAeRA ont toujours exalté la sagesse stiertale. Tl ont er ir di poètes istori son couvert les idées en partie neuves qu’ils apportaient : mesure de prudence si ces idées choquaient les idées traditionnelles ou moyen de leur donner plus d'autorité ; souvenir aussi sans a d emprunts réels ; influence encore du mythe de l’âge d’or pe l'antiquité a cru à une civilisation heureuse et primitive, e science fabuleuse,et dont le théâtre aurait été l'Orient ou qui aurait été d’abord transmise è l'Orient. Tout ce qu'il était permis d'espérer, c'était d'en retrouver les souvenirs effacés ne outre les commentateurs alexandrins par lesquels nous nnaissons surtout cette période, professaient tous plus ou moins que l'Orient avait été l'éducateur de la Grèce et son père spirituel. Les témoignages sur l’origine orientale de la science + , es thèses (Bailly, 1770, Biot C'est pourquoi les nombreusété ées dress nt seme trés ingénieu Gladish, Roeth, etc.), qui ont orie ntale ou égyptienne des ment pure gine l'ori ver pour prou la géométrie, de ents élém des philosophies présocratiqul,es,voire de la physde ique, de la chimie calcu l'astronomie ou du furen ine mesure à bon certa t — et, dans une ct de la médecine, la critique de la par ées ¿cart droit — combattues et à peuluprès anciennes asserles t enan repr en conc % fin de ce siècle ; on en a , Milhaud, r, Zeller, Cantor, Brochardautre “tions de Montucla, Ritte forme, une sous et «Gomperz, et, dans une certaine mesureest tout entière origin ale: ne “Diels el Burnet, que la pensée hellè s. ns:an mesure préjugée, se pose donc toujours : arpettus à è + Vy T ntres accidentelle c'est le miracle grec. Il n'y a eu que dese renco ue, Zeller, de conEt le grund historien de la philosophintgrecq être quelque chose peutdoive clure : le génie grec, esprit grec, pas les historiens. rne conce ne ion 3 l'Orient, mais celle quest et la philosophie science la rer considé à e consist Viche "E Leur sation grecque. civili rerques comme des produils originaux de la dit-il, qu'aurne, conce nous = “ga « L'étude de l'élément oriental ne ak a =? A €“ wur; (1) C'est ce que nous avons essayé d’ i paraître sur la Science de l'Orient ant bp Me grecque. | Collection een e è AL de Palmes de Lives mil, Pers, Pl de la Bibliothèque de Synthèse histori , D uent 4 Amasis qui vivait vingt ans après Solon, 11) Quand ils attrib tion de cetui-ci (Hérodote). x l'ocizine de la législa

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influences orience point de vue les es ou morales. Deplus importantes et plus o “évidemment A e“saucdont e attitudeplus coneréle tant que cet élément s'est maintenu avec son caractère propre, à côté de l’élément grec. Pour que nous puissions dériver purement et simplement la philosophie grecque des idées orientales, croyons cett ue de celui de Zeller. Et nous que la philosophie grecque appor € t plus historique, bien nouveau dans l'histoire "le ci A uelque chose de tout à fait que © m de pas le reconnaître ? Quel sation. Comment negrâce rto Toe suppo ‚ses à t précisémen Fpouveau, oui, mais a? ie de ité ginal l'ori vec les sciences. Ce qui fait au fond ; io erse univ nce scie une ophie grerque, c'est l'effort vers 5 il faudrait qu'il fût vrai, comme le prétend Roeth, que la philosophie n'est pas sortie de la civilisation et de la vie intellectuelle des peuples grecs, mais qu'elle a été implantée en Grèce comme quelque chose d'exotique »... que si elle nous apparaît comme le produit immédiat de la réflexion personnelle des philosophes grecs, elle a, quant A l'essentiel, une origine indigène (1). A ce compte, on pourrait presquedire,en s'appuyant sur les tengi ne s exprimé jusque-là — enn coni entiment confus de l'Univer use atio iques, la sens — par les idées religieuses el myth faire r, lique l'exp pour Peut-on, dances pratiques de la philosophie de Cicéron, qu'elle est un "des choses, enges en science.ion orientale des connaissances " abstrartion ici de l'élaborat | produit original de l'esprit latin ! Il nous paraît que si le génie grec s'est formé à l'origine, pour une part plus ou moins grande, à l'école de l'Orient, on a parfaitement le droit de rechercher, même en dehors des transpositions directes, ce qu'on peut retrouver de cette formation dans la pensée scientifique et philosophique. D'ailleurs il semble bien qu'on puisse relever, même en se mettant au point de vue par trop étroit de Zeller, des influences directes sur les premières doctrines grecques. Ajoutons que Zeller ne s'occupe que de la philosophie grecque, que le défaut le plus manifeste de son admirable histoire, c'est d'avoir détaché cette philosophie de toute ambiance scientifique, religieuse, mythique ou morale, de l'avoir considérée comme un tout isolé se suffisant à elle-même. De ce point de vue certainement artificiel, on est amené à conclure logiquement qu'elle est un produit original. Mais ce point de vue ne peut être le nôtre. Nous chercherons justement à montrer, ce que Zeller n'a pas fait, les attaches étroites de la philosophie et de la science grecque, jentitiques ? ges des nöo-queplatdonon r des témoigna on par Zelleicie TL, discdesussinéole de criti modè pythagor ns est un ciens et s. Quant aux Rene = pous acceptons toutes les conclusion est le premier qui parle 15 “plus anciens, l’orateur Isocrate te (1). Si ceux de Democrito en Egyp “yoyazes de Pythagore plus s e certains. les témoignages précigyPent sembl n Plato de “et singulièrement la science "ces deux philosophes rabaissent n (2) qualifie les connais tienne devant leur propre science. Plato des Phéniciens, de puremen Y ganres des Egyptiens, comme celles EE, ter pratiques. C'est dire tout le dédain qu'il avaitnepour ent résiste puiss elles , lettre la à re => Mais, bien qu'à les prend uve ant que l'on retro 4 l'examen, les fréquentes allusions pourt les historiens, pile s,che # depuis Hérodote jusqu'aux Alexandrin ionszmémes de Démocri e assert les Grèce, E gophes et savants de la quant aux es fondé moins ou plus des légen les “¿et de Platon, a eu des y il qu pas E voyares de Pythagore ne prouvent-elles spécula et ue grecq ation “Epapports assez étroits entre la spécul leurs influences réciproques, comme d’autres (Diels, Burnet) ont montré les attaches avec les religions, les myhtes et les mœurs. Tout en admirant plus que quiconque l’œuvre admirable de l'historien allemand tout en considérant que ses reconstitutions de doctrines sont actuellement encore ce qu'il y a peut-être de plus exact sur ces doctrines considérées en elles mêmes, et tout en prenant ces reconstitutions comme points ih = interne puissant, de même que, d'après des travaux récents, nombre d’entre elles aussi ont été préformées par des idées (1) Zeller, Phil. de Gr. tr. fr., p. 28-29. semJation orientale ou égyptienne. On brode sur un thème, qui, doit être "Ble-t-il, à le laisser dans une généralité très vague semble-t-il “ considéré comme véridique. Le bon sens même ne les peuples entre qu exact, "pos nous incliner à admettre comme Perse, la et (l'Ionie ues politiq et iques économ - dont Irs relations ses, nombreu si et es ancienn si furent Doriens) les et e l'Egypt Si: a de départ, nous voulons précisément établir, au moins pour nombre d’entre elles, qu’elles ont eu dans les connaissances scientifiques des bases, des points d'appui solides, un ressort 25 ® : ER. ji n'a pos pu ne pas y avoir commerce et influence d'idées. Glanen E beans Mais là encore, il paraît impossible de préciser. Quand (1) H£rodole se contente de meationner qu'il connaissait certaines docrines égyptiennes. (2) Rep. IV, 435 E.

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REVUE DES COURS dish (1) s’efforca de pensée présocrat ET CONFÉRENCES montrer que les ique sont Pure ment doctrines religioso -philosophiq grandes orientati et simplement u scienti : iii ons de Ja se les grande n re épart e Troie remonte - i s occupe ce, po precqu e “a 4 époque de » de la x Ce science. ; Ge qui la d'ai i , na m Seah le caractére philuni ce gran : marque , Lte scile ence, € t du méme coup sa pré qui nba aan a l'universalità. L’esprit dont témoignent seul prend de seconde i È ement par i te d 7 Zfmmensément, , dans sa nature et sa compréhension. ‘ Afmme - . ; È : usion est la conclusio: # Influence ori entale sur la sci ui ont rep ières années par tous ceu x q G. Milqui a été. admise ces = enc e gre cqu e, € . ris a exhumé à Mycè nes et pré-hellénique for 5 gr “i * und die Philos ophie in ihrer lung, 1852, 1 y répond et Sys wellgeschichtl. Ent tématise toute wick. où il eroit éta une sér bli ie d'écrits ant érieurs de certains sys doctrines orient tèmes présocrat ales, iques et des . (2) Loc. cil., p. 32-47, Nous n'insistons pas 4 ajouter à sur cette critiq ce Qu'en a dit Zel ue, Wayant rie ter. n 3) Gesch... a end l, Pkil, 1 assim. La cri tique de Zeller , la aussi, est r le parallélisme i x derni : ‘eux Mer Cantor ou lar G. i qui comme nud, 5e Zeller, ‘originalité A "il n'y t léni a5 “hel EE er avait toujours cons E. Zellhie proprement dite — idéré st d'ailleurs con ce qui e oa passo avai aches ae "vent la civilisation Ionienne , la la étrie et Jalip te du moi en ce qui ommaire etéomine astronome Cette vue ns xacte. =) ne s'est est d'ailleurs sivement de la mathééoccupé meee : ki Canon, gt queprdes allusions 4 DE dei,lakam philoern, ab n ait, a eu des rappor ts, historiqu es (1) Die Religion À = Se mul arin us pos chauds partisans de Porigi t avancée Probablement au delà du xx* siè cle. Elle est civilisations de l'Extréme-Orien t hi ; lexc — moins com ple? | Pm rit dans Sou pee ‚Bee Sté à la guerre da rec n’est un miracle uences, € “geral lades grecques ceux-là. Dans fluences se sont-e quels sens les inlles exercées ? Ainsi, il semble bien que nous arr ivions à une imp n’est pas seulem asse. Ce ent la question des origines qui que des points ne nous pose d'interrogation. I] nous est enc de dire, d'après l'é ore impossible tat actuel de l'érud ition, si dans un e étude de de q ur le sujetqui Pia sans cause. Ce vy oregon! celui de la penues entre les peup d’une civilisation de longs nouvel le ie niré de co prodigieuses conséq _ tention à un demi-siècle on ion mpren late en histoire. Le mirac pi cn won punk qu'il ses ements que vi e Aa cubation. Nous n'avons e ‘a res Philosophies et les Première s idées en Crète les restes comm mais qui en mé me temps a ate pier es lème s’est encore obscurci depuisun e trentaine d'anné Toute une théori es. e nouvelle est née , avec Diels, qui tout dans les voit surpremiè Voila que depuis — : est un témes il parais sur certai ns Sysse bien y avoir une influence inc ontestable de l'E gypte (Thalès, Pythagore, Empé docle, ete.). Le prob des rapports ethniq tout com pani de nt de l'histoire, une paper er par 3 ‘évolution de la pensée et orientales, È int d'arrivée ? int d’arrivee et un en ialité ne serait-elle pas à la fois. un point di historique ? ception nous me t déjà en garde, la critique d’un Zeller (2) en ait ment justice, fait complètepar l'examen approfondi des allégations qu dish invoque en e Glasa faveur. La thèse de Roet h (3) qui veut voi r dans le développe ment. de bien avant que Te . si . . . s pouvons considérer la civilisation est-elle pas ani un point de départ. N'est-elle p nou precque à Li pd r “J s ues des principau l'Orient, l’artific x peuples de e d’une telle con a 27 U > ES DEBUTS DE LA SCIENCE HELLENIQ d'abord, l'originalité absolue LE -*Bophic, soutena ‘ort à l'Orient, et, d'une faç ca a on ue nt ele peu à ‘ entrar d peu à une opin ion a RENE er les découvertes de Veen meme objet gears Die /: l'histoire des rapports de la phil osophie e ia pensait ‚m dé u ui le guidoit est loin d'être fausse . Mais il la p ’ i str hn d'une focon trop absolue. "Ec e : il pas eu de science avant l'Ecole o Ionienne parce i fis A A nly aural os eude e wil e %1n'y aurait cath pr pas + ne Pià,paAone identifier science n qu'au sen: à ilosophique.

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; e simple artisaneriie e techi que qu'un ir oriental préhelléni sans preuves, rituelles REVUE DES COURS ET CONFERENCES et science philosophique?Cela trancherait peut-être aisément la question, mais nous n’y pouvons souscrire. Au sens usuel et propre du mot, il y a science, dès qu'il y a savoir ; rappelons plus ou moins précisément ce genre de savoir que nous appelons aujourd'hui science positive. Une formule d’arpentage est un morceau, si humble soit-il, de la connaissance scientifique ; — de même la manière de compter des pommes, ou de mesurer le contenu d'une fiole (1): —de même l'observation du lever et du coucher des astres ou la prédiction d'une éclipse. Peu importe les moyens employés tions le de tradi va cab wane nmrituel les, tendance i ales, ns expériment vatio obser eu a y Il les. asi iÈ au sens le ue, tifiq scien tive ue, bref, tentable, | cationi,letessaidulogiq avant bien cela et testa incon mot, , elle reconnu formcontrement Pre giedle. Cantor et Milhaud quiquel'ont euxient où ils lutta , discussion criti 7 aprés une longuencé à leur thèse, tout en continuant à ne voir | mêmes, ont reno sus | nnelle. i de science que là où il y a science ratioqui, large, plus en un sens Et, méme en reprenant cette thése s cru pouvoir dégager, ailleurs, ontient du vrai,ce que nous avon au vie siécle,montre que ae pour arriver au résultat, les croyances qui s'y mêlent, le dogmatisme de la conclusion, le but pratique ou mystique que l’on 5 des efforts orientaux antérieurs l, cal le rationneces en identifiant science et tendance vers mathédes p cham le dans ues tifiq scien de nom méritent bien le histopoursuit. Si nous voulions faire la même analyse et exclure tous les éléments irrationnels, à supposer qu'ils méritent tous ce nom, quelle est la proposition scientifique qui mériterait, même aujourd'hui, d'être dite purement scientifique ? Nous ne pouvons donc souscrire aux jugements que portaient Cantor et Milhaud sur les connaissances orientales antérieures au viré siècle : ¢ L'Orient a transmis aux Grecs un ensemble de connaissances pratiques, qui ont pu servir de base à leur science, mais celle-ci leur appartient bien véritablement. Ce qui la caractérise, c'est qu'elle a pour unique but la recherche de la vérité, et pour seul mobile l'amour désintéressé de l’ordre éternel des choses (2). » Voilà bien l’idée a priori et philosophique d’une science idéale, à laquelle nul pragmatiste ne souscrirait — et pourtant ils admettent bien l’existence des sciences. Et sans aller chercher une secte philosophique, combien de savants traiteraient cette idée de métaphysique. Ils n’auraient peut-étre pas tort. Ce qui n’est pas diminuer l'idée;maisc'est la mettre à sa place:en dehors d'une définition acceptable et commune de la connaissance scientifique. Ainsi, que le savoir soit pragmatique comme chez les Orientaux, qu'il soit philosophique comme chez les Grecs, partout il y a savoir effectif, il y a science, et peut-être que le savoir en devenant rationnel et philosophique, s’il en retire d’immenses avantages, s'expose aussi à quelques dangers. Enfin si nos vues sont exactes, les travaux les plus récents de l'érudition nous interdisent bien désormais de ne voir dans (1) Nous prenons les problèmes de calcu! prati i e typesque l'onrencontre ohez les E LA tiens et 15 Grecs. we G. FTP SEPA Milhaud, Nouvelles Etudes sur l'histoire de la Pensée scientifique, le . es, les relations matiques. Les analogies sont trop grand pas eu des pi ait n'y riques trop bien établies, pour qu'il nique du vi? siècle. hellé it l'espr de or “de cette ambiance sur l'ess certaine importance La légende de Pythagore a peut-étre une helléne et des ince Mau point de vue des sources de la scien ge des ce passa un ès D'apr . = quences de l'Orient sur la Grèce ie e Siarn de copie une par u conn rd SY de Callimaque, d’abo ' en original dans un cile (X, 6, 4, Schneider fr. 83 a) et retroleuvé Thalés en train vieux e papyrus d’Oxyrhinque, Thyrion trouv e inventée pare Eude reproduire sur le sol la figure géométriqu les aliments ayant cu vie ». triques et interdit DI hommes les commentateurs pan “Sphorhe le Phrygien, qui le premier dessina les figures géoméd'après tous et Euphorbe, de p'est autre que la réincarnation du combattant de la guerre e, légend la s Troic, en Pythagore, qui, tout jeune encore, d’aprè e, ncontre Thalès. Celui-ci avoue que le jeune homme le dépassme théorè le c'est rbe, d'Eupho figure La se met à son école. 7 Pythagore d'après l'érudition alexandrine. Sous quelle forme d'un moitié . ‘delle du Meénon (le triangle rectangle isocéle 1 Orient “earré) ou le triangle des côtés 3, 4, 5 connu dans tout importe . Peu Troie? de guerre la de e l'époqu © probablement à d'après on traditi unc à er rapport se bien semble * La lvende laquelle cette connaissance géométrique, fondamentale an = pour la méthode que pour la science elle-méme, serait venue : d'Orient. la Phrygie, comme la Carie et la Lydie, étant la route F naturelle vers l'Ionie, et ayant servi de véhicule à la civilisation ‘| vrientale vers la cote d'Asie Mineure, où elle rencontre la civilia è sation Egéenne. Jamblique (13-19) nous raconte qu’ ¢ après s'être séparé de

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Thalès, Pythagore sc rend à Sidon, où il converse avec Mékhos, le prophète et physiologos » — celui à qui on a attribué une conception atomistique — ¢ puis est initié aux mystères à Tyr, Byblos et autres parties de la Syrie, et fait de longues retraites dans le temple phénicien du Mont Carmel... Il passe vingt-deux ans en Egypte, séjournant dans les sanctuaires, s’instruisant auprès des prétres et des prophètes dans l’astronomie, ia géométrie et les mystères du culte ; puis, fait prisonnier par Cambyse au moment de la conquête de l'Egypte, il est conduit en Babylonie, où il reste douze ans, apprenant des Mages culte, doctrine des nombres, musique et autres sciences (1). » Une doctrine pseudo-historique « veut que la science de Pythagore se soit formée au contact des grandes civilisations de 1'Afrique et de l'Asie. C'est là une synthèse des opinions qui partir du ıv® siècle se sont produites à ce sujet (2) ». à Déjà « Isocrate mentionne le voyage d'Egypte (Busiris, 12 Diels... 4, 4), la visite dela Babylonie semble connue de Timée (Justin, XX, 4)... Enfin la Phénicie intervient chez Néanthe (Porphyre, 1) qui parle d’un séjour à Tyr où Pythagore est l’élève des Chaldéens (3) ». e C'est aux Hypomnémaia que remonte à notre connaissance le tableau tripartite de Jamblique 13-19; en rapprochant les textes complémentaires transmis par Porphyre 6 et Jamblique 158, on obtient cette répartition : aux Egyptiens la maîtrise en géométrie et astronomie, aux Phéniciens Ja science des nombres, aux Chaldéens l'astronomie encore, aux Mages (4) le magistére du culte et des observances (5). » (La distinction des Chaldéens et des Mages apparaît aussi chez Antiphon et Diogène Laérce) (6). Le groupement de Jamblique-Apollonios diffère en nombre de points : la science des nombres a émigré de la Phénicie à la Babylonie, les Chaldéens ne sont pas distingués des mages et l’enseignement de l'astronomie leur est retiré. Mais si Apollonios ou Jamblique (le départ des responsabilités est malaisé) ont modifié tel détail ou pratiqué telle coupure, Jamblique 19 conserve fidèlement une information caractéristique des Hypomnémala : la science des astres figure, à côté de la géométrie, parmi celles que Pythagore a acquises en Egypte. Le 1) Is. Ley, La légende de Pythagore (Paris, Champion, 1927), p. 20. 2) £d., p. 21. 3) Id., p. 21, no 3. 4) Id., p. 21. 5) Il s’agit de Zorotas = Zoroastre. 7) dd., p. 21, n° 3. . 31 LES DEBUTS DE LA SCIENCE HELLENIQUE te est ainsi un témoin incomplet du système singulier qui dans la décou> dí it une part égale à l'Egypte et à la Chaldéegardé par Philon Da verte de l'astronomie et qui a été entièrement Hens sa vie de Moïse (1) ». u s pièces pour AVS Cortes tout ceci est légendaire, fabriqué de toute ne ceci recoupe on sait combien “de renum de Pythagore, Mais tout ires, il est bien impossible légenda EA anecdotes historiques ou ues des philosophes grecs, de analog s voyage “de décider sur des ble est assez haute :le assigna source la Et Platon. 4 Thales e siccle, Les sourees non assignables doivent être encore plus : anciennes. La légende se tisse souvent autour de quelque souveair qui nest pus entièrement inexact, A la lumière de ce que eur nous apercevons aujourd'hui de la science de | Orient antéri bassin au vit see, des relations entre toutes les parties dubien difest il t. l'Orien tout et méditerranéen, et entre celles-ci sous vérité de fond un compte de fin en re ficile de ne pas admett l'Orient doutes ces histoires. L'Ionie est l'extréme pointequidejalonne nt iles les en Méditerranée. Elle est presque, avec VER“. un isthme entre l'Orient Asiatique, l'Orient Africain et de munde grec auquel elle appartient par la race et sa propre Civifigatiun. Comment imaginer qu'elle ait pu, et par elle le monde “Bellénique, ne pas participer à la civilisation intellectuelle des “peuples qui l'entouraient. Et lorsque ces peuples l'avaient, gomme i} semble des la fin du 4° millénaire, précédé dans la voie, comment imaginer qu'elle ait pu n’en point profiter ‘et n'en rien recevoir ? Ce serait un Lien autre miracle que le ‘miracle eree. (A suivre.)

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par M. Abel REY, Professeur à la Sorbonne. 11 Introduction á la physique grecque. ll est banal de dire que l’homme a d’abord pensé par images : le groupement des images aurait fait les mythes (1). Nous avons bien peur qu'ici encore on ne se référe á une psychologie simpliste et idéologique : celle qui pose l'image comme un résidu perceptuel, la perception comme un complexe rigide, et fait du concept une abstraction tirée d'images et de perceptions. C'est au fond bien autre chose et pour le mythe, et pour les formes de pensée auxquelles on a ici égard, et chose sans comparaison plus compliquée. Il ne faut pas accepter sans précaution la phrase de Darmesteter si souvent répétée : « La philosophie construit ses premiers systèmes autour de vieilles formules incomprises, qu'elle croit avoir créées et qui sont nées non de syllogismes, mais de sensations, non de la réflexion, mais de ce groupement d'images qui fait les mythes. » Exacte en gros pour la filiation par rapport aux mythes, elle ne l'est plus du tout pour le dynamisme des attitudes mentales. En réalité, les premiers systèmes sont déjà des systèmes de réflexion très avancés, où les concepts ne se séparent jamais des images si l’on entend par celles-ci l’enveloppe intuitive réaliste des actes de l'esprit, leur instrument et leur matière, mais forme une unité indivisible et substantielle avec la conception mentale comme l'âme avec le corps. Les anciens systèmes sont des systèmes de relations explicatives construits par la pensée, ou ils ne sont pas des systèmes. Mais, bien avant les mythes, les représentations collectives qui satisfont l'esprit primitif (?), d'une manière si différente de celle selon laquelle serait satisfait le nôtre, qu’elle est à peu près impensable pour nous, bien que notre pensée en soit tout de même sortie, — ces représentations collectives sont, elles aussi, des systèmes de relations et de concepts, car elles aussi sont des explications. Que la pensée conceptuelle y soit plus enveloppée, les relations (1) Cf. DanasteTER, Essais orientaux, 1883, p. 136. 149 moins dégagées de leur ambiance intuitive et d’une imagerie toute sensible et d’autre type, ce n'est pas en question. Mais elle n’en existe pas moins. En gros, ce que nous croyons pouvoir dire, c'est que la pensée se fixe surtout sur les formes des images qui sont des relations, des préconcepts implicites, et que ces formes se transmutent ou peuvent, doivent, se transmuter les unes dans les autres : ce qui est une autre forme de relations conceptuelles ou préconceptuelles implicites. Cette transmutation des formes, voilà ce qui fait peut-être la vertu explicative des mythes. en tout cas des premiers systèmes qui les supplantent ou dans lesquels les mythes se continuent et s’achévent. La succession, devenue filiation, succession génératrice, se change en transformation et celle-ci en implication, sans vouloir marquer d'ordre chronologique, surtout entre les deux derniers termes qui sont étroitement corollaires. Si, pour la première fois avec les systèmes grecs du vie siècle, nous entrons dans la voie d'une pensée vraiment logique, quels que soient encore sa confusion et son vague, déjà le mythe en avait posé les prémisses. La théogonie d’Hésiode, les grandes cosmogonies ne nous présentent-elles pas quelque chose de cet ordre ? M. Rivaud (1) a fort bien montré comment les mythes enfermaient déjà des éléments rationnels, comment ceux-ci se séparaient à mesure de l’absurde, pour nous donner des images physiques cohérentes, dans une lutte longue et difficile où les retours mythiques étaient fréquents et laissaient leur empreinte jusque dans l'Aristotélisme. Le mytheà tendance logique c'est la physique des métamorphoses. M. Rivaud s’est efforcé de prouver que cette rationalisation du mythe portait essentiellement sur le problème du devenir, la notion de-matiére n'apparaissant que tardivement, sans jamais prendre la netteté qu'elle aacquise dans notre système de représentation; et à propos, non de la cosmogonie, mais de la notion de corps, à travers les rites sacrificiels et magiques (le corps humain, la mort et le double, les corps de l’oblation, sacrificielle ou magique, le sang, la semence, le miel, etc.). La rationalisation aboutit donc essentiellement à fixer un ordre du changement, et à préparer la notion de loi du devenir. La raison en est que l'imagination grecque est essentiellement visuelle, et qu’elle conçoit tout chan- . (1) Le probleme de ta matière el du devenir dans la philosophie grecque..., | livre 1, Les Origines, et toute la thèse de l'ouvrage.

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gement sous la forme d'une transformation d'images. Et M, Rivaud étudie les principales images, relativement claires ou franchement absurdes, pourdécrire l'éclosion des premieres physiques. à partir des premiers mythes. Il y a là une condensation de tous les travaux récents à propos de la question et une interprétation, sur nombre de points, bien séduisante, — peut-étre trop séduisante par son caractére systématique. Encore qu'il proteste, comme tous les historiens des périodes primitives, contre l’abus du système pour des faits si troubles, si obscurs et si mal connus, comme eux aussi, il céde peut-étre au même esprit de ystème. Et si l'on veut essayer, non de comprendre, mais méme de décrire une étape de l'esprit, le moyen de faire autrement ? Nous allons bien y étre entraînés & notre tour. Et pour prendre nos précautions une fois pour toutes, protestons d’avance contre le caractère irrémédiablement hypothétique et téméraire de nos conclusions. Les points principaux sur lesquels nous voudrions ajouter quelque chose à l'ensemble immense des travaux utilisés par M. Rivaud, et à ce que lui-même en a tiré, sont les suivants. D'abord il ne nous semble pas que les principes mythiques eoient aussi différenciés en tant qu’images ou représentations collectives, que les mots pourraient le faire croire. Il ne faut pas prendre ceux-ci littéralement : chaos, nuée, eau, air, feu, éther, et même nuit et jour, devenant principes générateurs, sont peut-être dans l’imagination primitive, assez voisins. analogues, et les expressions seraient presque synonymes : surtout des synecdoches, d'où sont sortis postérieurement et par dérivation les éléments séparés. Nous pencherions volontiers du côté de l'hypothèse de Darmesteter, à condition de moins l'arrêter et Véclaircir. Pour Darmesteter le principe mythique, c'est surtout la Nuce, dont le Chaos (comme dans nos représentations picturalcs traditionnelles) n'est qu'un équivalent. Pourquoi le Chaos ne serait-il pas la nu¢e encore plus floue et plus indistincte ? le lieu de toutes les confusions de l’encore informe, dont procède immédiatement la nuée que prennent toutes les formes, vivante métamorphose, qu’animent le vent et Vorage,d’ob sort le feu, le tonnerre, qui résorbe les astres en les masquant, ou lesrend par ses déchirures, qui s'apparente au brouillard et à la brume, qui rend visible les abimes del’espace et lesoufÎle del’airetse confond souvent jusque dans l’Epopée homérique avec lui. Au fond un magma énorme et indistinct d'où sortent (1) Exsais orientaux. 151 les images plus distinctes des grandes générations des choses sous leurs formes les plus générales : ce qui devient plus tard les éléments universels : eau, air, feu, éther, voilà ce qui semble envelopper la terre, et ce qui existe autour des hommes, et d’où ce qui existe a dû sortir aussi, comme les iles jaillissent de la mer, la terre de la mer qui la borde ou des alluvions fluviaires. L'essentiel est peut-être de ne pas considérer cela comme une image; la pensée de l’homme ne se précise en images que tardivement, en même temps qu'elle se précise en concepts, et par le même mouvement. Le concret de la pensée primitive ne ressemble nullement sans doute à nos images à nous. Il est en deca de l’image comme de l'idée claire. C'est l'erreur d'une psychologie désuète de faire partir la pensée de sensations précises, d'images formées par leur association distincte, et qui s'achèvent, rfice à de nouvelles associations, en pensées abstraites. Mais, la pensée n’a-t-elle pas été d’abord un chaos confus (nous sommes obligés pour déguiser notre impuissance de revenir à ce terme, parce qu'au fond nous n'y pouvons rien mettre dessous) et l’abstraction n'y a-t-elle pas joué tout de suite le rôle primordial. Les images mythiques sont des abstraits, confus, indistincts, affectifs, mais abstraits à une très haute puissance — que nous . ne pouvons plus sans doute concevoir —. Ils sont par là de l'ordre du concept autant que de l'image. Surtout ils sont d’un ordre antérieur. Et le chaos s'apparente à la nuée, mais aussi à Vabime, au béant, à la nuit et à lalumière qui jaillit du nuage noir, et avec les astres, de la nuit elle-même. Les principes mythiques primitifs sont sans doute des épithèles surajoutées, et dont le sens s'est progressivement restreint et altéré. Ajouter qu'il s’y mêle une signification génératrice, une idée obscur: (et non une image) de filiation, d'êtres se succédant à la place. prenant la place, d'autres. D’oü les mythes théogoniques. Cette idee de filiation rappelle l’organisme social des clans et des + familles, les événements et les violences qui s’y rattachent dans le souvenir. Mais cela est déjà précision mentale, à côté de la confusion des « psychismes » primitifs. Nous employons ce mot qui nous semble préférable de beaucoup aux termes psychologiques usuels : idées, images, sentiments, impressions, représentations, etc., car il y a de tout cela, ct il n'y a rien de comparable à quoique ce soit de tout cela, sans doute, dans la mentalité primitive : un implexe étrangement confus. Et les épithètes verbales qui désignent ce psychisme ont pu parfaitement le préciser et l’épurer dans la suite en un sens ou en un autre. Mais

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elles n'ont pas dû lui faire perdre totalement son implicitation primitive. Le Chaos, c’est donc peut-être la nuée et les formes sans fin qui s’y dessinent, c'est l'informe et le multiforme, le Tartare, l’Erèbe, la Nuit, qui enfante les monstres, car la nuée est obscure aussi. De luisortira peut-être encore des précision s nouvelles — des précisions qui restent des imprécisions. Ogénos ou Okéranos qui enveloppe tout par lui-même et par ses exhalaisons où les créations viennent en quelque sorte se nourrir. Et il y aura encore d'autres épurations. Nous ne mettons entre elles rien de chronologique. Ce sont des points de vue psychiques qui peuvent se déméler, se remplacer, se superpo ser, pour se confondre de nouveau ensuite, ou au contraire se différencier à mesure que ia pensée s’explicite, à mesure qu’on perd le sens de l'implexe primitif et qu'on ne retient que des épithète s presque verbales. Celles-ci suscitent alors des représentations et des notions plus claires, foncièrement différentes sans doute, où ne se retrouve plus la gangue, le magma primitifs. Le chaos, c'est alors ouc’estencore entre les choses qui ont forme, entre le ciel et la terre, le lieu des nuées, l’espace d’où tout sort et l'air et même le feu (qui se précise par le brillant, par les astres, par la foudre) : les vents, la foudre, la nuée, les intermondes faisant partie du même complexe. A notre hypothèse donc, les différents psychismes mythiqu es sont allés se précisant, s’altérant surtout, carles appréhe nsions primitives n'étaient plus comprises de même façon. ne recouvraient plus les mêmes choses, qui furent et les mots d’abord tout affectives et réflexes. Mais, ils se rejoignent tous plus ou moins dans un large indifférencié, sinon originaire, du moins antérieu aux précisions, aux altérations successives et incessan r tes de la légende. Plus exactement peut-être, il y a de grandes familles mythiques d'où sont sortis peu à peu par distinctions successi ves les différents mythes tant helléniques qu'orientaux. La parenté, en tout cas, dans ce cercle, entre tous les psychis mes mythiques est assez plausible. ‚a nous paraît donc impossible d’abord par l’érudition, mais impossible aussi par la nature même des choses, d'arriver à retrouver les influences certaines de tel mythe sur tel autre ou sur telle conception qui peu à peu sortirait de tel ou tel mythe. Les premiers systèmes ioniens s'apparentent aux mythes, à la pensée mythique qui est la matière où ils éclosent, la gangue dont ils se dépouillent. Ils s'en dépouillent pour la premièr e fois dans l'histoire avec erecque, aux nettelé, en cette aurore premières heures du vie siècle. de la pensée Ils ne peuvent 153 néanmoins être ramenés de facon précise à tel ou tel mythe précis de l’Orient, de l'Egypte ou de l'Hellade. Les hypothèses risquent d’être à peu près stériles. Et ce qui expliquera, selon nous, la filiation des pensées joniennes, ce n'est pas tant les influences successives et distinctes de tel ou tel mythe précis, que la précision continuée d'une pensée mythique, enveloppe commune des mythes de l’époque. Et cette précision apparaît pour la première fois dans l'histoire avec cette netteté, prémice de notre philosophie et de notre science, avec les Thalès, les Anoxianoudre et leurs successeurs. Là encore la rupture n'est ni soudaine ni brulale : Le mythe hellénique l’a préparée depuis plusieurs siècles, depuis le 1x° siècle au moins, à travers Homère, Hésiode et les poètes des deux siècles postérieurs, dont il nous reste malheureusement si peu. Le rationnel que nous voyons déjà à l’œuvre, dans les débuts de la mathématique, de la science, en Egypte et en Orient, s'est manifestement exercé sur la pensée mystique de l'Hellade. Il y a eu départ, si lentet si confus encore qu'il ait été, il y a eu départ progressif entre ce qui peut se clarifier, se logifier, se « rationaliser » dans le mythe, et ce qui est absurde et répugne à une pensée qui se cherche. Ce balbutiement rationnel du mythe se manifeste surtout et d'abord dans les choses de l'ordre moral, social et politique. Les idées de loi juridique, de justice, de contrat, de mérite, et de sagesse, aussi, les relations d'ordre social, de mesure, d'évaluation morale, un sens commun moral déjà plein de finesse, voilà ce qui apparait et se précise depuis Homère jusqu'aux gnomiques du vie siècle. Cette pensée est aidée par une conscience pessimiste, déjà très claire, très positive, des injustices de la fatalité et du caractère douloureux, misérable, de la vie. D'autant plus que ne s’éveillent pas encore de larges espoirs vers de justes compensations, ni, sauf quelques rares et vagues allusions toujours isolées et momentanées, le sentiment d'un au-delà — trop lointain sans doute pour retenir une attention papillotante. C'est dans les mystères que cette conception se forme et s'enrichit, et surtout aux siècles suivants: dans les mystères, qui recueillent des mythes les éléments les moins aptes à se formuler de façon raisonnablement cohérente. Aussi les cosmogonies qui, d'une façon pâle et décolorée, s’ajouteront aux riches spéculations eschatologiques et religieuses des mystères du vie et du ve siècle, mais qui ont dû s'épanouir plus vivantes au vin? et au vue où alors elles apportaient les

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premières satisfactions explicatives, indiquent-elles, par cels même les prodromes de la rationalisation physique (1). Les métamorphoses dont elles sont pleines préludent incontestablement aux transformations causales ; elles sont le plus souvent personnelles, « animistes », pourrait-on dire (à ce stade leurs rêves, au cours des navigations constantes, inclinent à se préciser en imaginations spéculatives et celles-ci en images nettes, Si l’on ajoute que les mêmes conditions géographiques leur ont assuré plus d'indépendance et de liberté, plus d’autonomie, tant pour les groupes restreints en lesquels ils se partagent, que pour les individus eux-mêmes, et plus d’individualité, en face des conglomérats qui s'achèvent par les lourds 154 de civilisation, le mot n’a plus rien d’anachronique). Mais elles s’allient presque toujours à une transmutation des choses. Elles sont l’expression psychique (ni image, ni concept, ni sentiment, réflexe affectif pur mais participant des uns et des autres), des relations de changement, des passages d’une forme à une autre, de ce « devenir » qui jouera un si grand rôle dans la science 155 Des peuples de marins, des insulaires ou presque des insuesclavages des grands Empires conlinentaux, nous comprenons comment les cosmogonies mythiques s'aflinent peu à peu et s'épurent en spéculations individuelles plus proches des cosmologies physiques. Les liens obscurs de la participation primitive, des métamorphoses mythiques, se transmuent peu à peu en ordre de filiation, en ordres de succession, de plus en plus logiques, c’est-à-dire de plus en plus distincts et cohérents. L'expérience, l'observation que développent aussi ces conditions d'existence physique, économique, morale et politique, ensrmencent par degrés ce terrain fertile. Bien plus que par le caractère presque laïque, disons séculier, des prêtres, dans les petits Etats grecs, caractère qui n’est vraisemblablement qu'un effet des mêmes causes, ces causes rendent plus historique la naissance de la science — À notre sens du mot — et de cette civilisation intellectuelle qui plus que la matérielle et la sociale est le signe du miracle grec. Dans les récits grecs de la cosmogonie, l’histoire, l’ordre des changements compose une ascension vers la clarté, une dialectique de la lumière. Les formes sortent de la nuit chaotique. D'abord monstrueuses puis, à mesure, plus équilibrées, plus logiques(1). Si ce n'est pas seulement chez les Grecs que nousrencontrons cette aspiration, — nous croyons qu’elle est à peu près universelle — c'est chez eux qu'elle prend Je plus nettement conscience d'elle-même. Elle devient l'atmosphère de leur pensée comme elle est celle de leur pays. Et cela se relie au reste. Le milieu hellénique, dans les siècles antérieures au vı®, semble bien avoir préparé l'apparition des premiers physiciens, les physiologues de l'Ecole Jonienne. Elle finit par substituer aux « implexes mythiques » absurdes ou monstrueux des images. des formes plus précises et plus distinctes, aux contours mieux laires, comme les habitants de la mer Egée et des côtes loniennes, déterminés, à l'enchaînement plus sensé el déjà raisonnabl:. doivent nécessairement développer leur imagination visuelle. Elle est la fin de l’ascension des mythes vers la clarté. et la philosophie grecques. Elles ordonnent, selon les convenances de la mentalité d’alors, selon sa compréhension, les changements et le cours de cet univers mental. Leur animisme même déteindra dans les premières physiques hylozoistes. C'est alors que paraît déjà, pour interpréter et lier le changement, cette idée qui revient sans cesse dans les sciences de la matière, l'idée de retour éternel, qui ne fait qu’un avec l'imposs:ra de la création er nihilo, et de l'anéantissement in nihium. Cette idée n'est pas plus spécifiquement grecque que celle des métamorphoses et des transmutations. Mais elle s'épure et se classifie singulièrement dans les siècles de la civilisation hellénique qui précédent le miracle grec. Elles forment le passage lent et continu au miracle lui-méme. La raison en serait-elle, comme le pense M. Rivaud, que l’imagination grecque est surtout visuelle et remarquablement visuelle ? Nous avons insisté sur le caractère visuel de la perception, de l’appr&hension de l’externe dans l'espèce humaine. Aussi croirions-nous plus volontiers qu'il n'y a là qu’une précision évolutive d'un caractère éminent de l'espèce, et dont les formes d'art, et les éléments de technique, de science et de pensée qui nous sont venues d’ailleurs, témoignent manifestement. Il est certain toutefois que la visualité hellénique l’emportera en perfection esthétique, et en précision d'images et de concepts, sur tout ce qui nous vient d’ailleurs. (1) La chronologie des mystères est absolument suspecte, du reste il y a eu sans doute continuité d'élaborati : de l'érudition vont du vitre au ae ee set Gaio, (1) Cf. Rivaup, id., n° 40.

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C'est une théorie individuelle qui est attribuée à Thalès, et ses disciples en présenteront immédiatement d'autres. Elle se même de ceux qui d'abord l’acceptent, puisque Anaximandre est formellement présenté comme le disciple ct l'héritier de propose donc à l'acceptation. Elle s'offre donc à la critique, Les débuts de la Science hellénique par M. Abel REY, Professeur à la Sorbonne. III L’Ecole Ionienne. La grande œuvre de la science grecque sera la géométrie (y compris l’arithmétique théorique) avec l'application magistrale qui en fut faite à l'astronomie. Mais ce n’est ni sa première ceuvre, ni peut-étre, quoiqu’on en pense communément, son ceuvre la plus originale : celle qui donne sa signification à tout le reste : il n'est pas invraisemblable que la géométrie elle-même n’en ail été que la particularisation et la promotion, de beaucoup il est vrai, la plus poussée et la plus parfaite. C'est à la fin du vire siècle ou au début du vie, l'école des physiciens d'lonie qui ouvre l'ére de la science grecque, et du miracle grec, — avec la physique, autrement. dit la science de la nature: y compris l’espace, les relations de distance, et les figures des corps, qui furent toujours étroitement reliés à la physique; y compris aussi, à l'autre bout, les corps vivants et la matière médicale qui ne s'en séparèrent jamais. Qu'implique au point de vue de la pensée scientifique la phygique ionienne ? la naissance, même d'une facon pleinement consciente de la pensée scientifique, telle qu'elle s’est perpétuée jusqu'à nous. Nous sommes restés en face, jusqu'ici, d'une arithmétique et d’un système métrique qui, chez les Egyptiens, sont bien devenus, au 2° millénaire, d'une positivité sûrement pratique, et qui, partout ailleurs, accentuent ce caractère pratique et technique aux dépens des souvenirs magiques ou mythiques. Mais pour tout le reste : astronomie, physique, cosmologie, médecine (à l'exception du papyrus Smith), nous ne sortons pour ainsi dire pas du domaine du mythe et de la magie. Avec Thalès, même si, comme il est probable, le souvenir du mythe hante encore la physique ionienne (on ne détruit que ce qu'on remplace ; l'innovation est toujours reliée à la tradition), nous sommes résolument, consciemment, en dehors du mythe. | pouvoir de ou De plus, aucun vestige de personnalisation Thalès, dans toute la doxographie. magique, de mana, ne susbsiste dans la source des choses. Ce n'est plus ni Ogénos, ni Okeanos, qui crée ce monde, Aucun des mythes où interviennent la pluie, le fleuve ou la mer, n’en explique la généalogie ou l'origine. Il sort de l’eau ou de l’humide. Et quelle que soit l'interprétation que nous devions donner à ce principe, quels que soient les souvenirs mythiques qui aient inspiré consciemment ou inconsciemment la pensée de Thalès, relle-ci s'en est débarrassée complètement. Il n’y a pas une hésilation, sur ce point, dans toute la documentation — très pauvre — qui se rapporte au Sage de Milet. Avec lui, nous sommes en présence d'une chose dont sortent toutes les autres. La réponse de Thalès à la question qu'il se pose est, malgré toutes les differences, du même ordre que celle du chimiste moderne qui à la question: d’où vient l’eau, répond: de la combinaison de l’oxysène et de l'hydrogène. Elle est objective. Le regard s'est tourné nettement vers ce qui est indépendant de nous, car on a conclu de façon définitive qu'il y a des choses el un ordre de choses qui sont indépendantes de nous : c'est l'univers, extérieur à nous, et dans lequel nous sommes. La question pourra étre désormais de nous replacer dans l'univers ; et on y arrivera très vite, mais non plus, consciemment du moins, et pendant toute la civilisation gréco-latine, de réhumaniser l'Univers, et de l'interpréter en fonction directe de notre propre nature, de nos propres forces, — ou de forces calquées sur les udtres. . Ce disant, nous n’ignorons pas qu’une des trois propositions qui nous sont rapportées sur la physique de Thalès, c'est que « lout est plein de dieux ». Pas davantage quoique, avec beaucoup de réserves, comme nous essaierons de le montrer, que le principe des physiciens de l'Ecole d’Iome est hylozoïste. Mais cela, à notre sens, appuierait plutôt notre interprétation. Une distinction, si vague et si confuse qu’elle soit, commence entre ce qui donne la force, ce qui anime, et ce qui est mu, ou animé. Et si l’aimant appelle dans l'esprit de Thalès, si près encore des mythes et de la magie, quelque chose de divin et (pour un peu nous dirions : donc d’anthropomorphique), c'est qu il

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s’achemine déjà d’une manière latente y j mobile, doué de mouvement, et qui, Big‘iam “oe pas ri Eee de lui-méme. out est p ein de dieux, mais tout n’est pas dieu Tout est plein de dieux » ne nous parait d’ai théiste ou hylozoiste. C’est sans doute La Marpas s Fer antérieures du stade Hésiodique où la nature n’était en somme qu'une théogonie et n’était expliquée que par lá. Les dieux d'Hésiode ne sont pas seulement à l’image des hommes: ils sont en même temps et plus encore pour certains, à l'image des choses de la nature (1) : Ouranos, Gaïa, Chronos, Ether Helios, Selene, Potamof. La spéculation de Thalès est un pas de plus, sinon le premier, vers le concept d'objet et de matière sensu, avec lequel la science sera désormais étroit lalo ement apparentée, jusque dans le domaine de l'esprit :une spéculation qui telles qu’elles sont essaie de prendre conscience des choses, en elles-mêmes indépendamment de nous, hors de nous. _ Et enfin en face des collèges de prêtres, de mages ou ciers, en face des sociétés d'initiés, de toutes de sorles traditions quise transmettent, sans Variations voulues ou sensibles, commencent à se constituer des écoles, une école, l’école de Milet, où le maitre développe des conceptions individuelles et compte pour les faire accepter sur l'esprit de libre examen de ses auditeurs, de ses disciples où les disciples toujours critiquent, modifient promeu - a la parole du maitre. Ce n'est pas seulement d'une école à autre que s exercera la critique dansles opposit ions d'école qui vont se multiplier aux vit et ve siècles ; mais encore dans chaque école, tout en conservant l'esprit on pourrait presqu e déjà dire les principes et la méthode des maîtres, il y aura addition, développement, correction, même dans la plus scolastique de toutes : le Pythagorisme. Les Sept Sages pr de la Grèce er le commencement d'une tradition nouvelle : ya même de l’individualisation de la recherc = aussi, la trahe et du savoir. comme Pascal, magnifiquement, scartes, la tradition d'une œuvre qui * eci faisant entrevoir moteurs et mobiles. Hylozo isme, si hylo. ao I en n'est pes anthropomorphisme. Nous y verrions pl Tanlhropomerne pas sur a vole je qui qui nous éloignera petit & petit it & qui sans cesse veut se dépasser, et y parvient. da se distinguent de ce en quoi ils sont, de ce qu'ils en; fune __ 279 LES DÉBUTS DE LA SCIENCE HELLÉNIQUE de parti pris, à chaque génération, la tradition d’une tradition l’exprimera après + + C'est pourquoi l'école de Milet a une importance considérable dans l'histoire de la penséescientifique. Voici songrand tournant les longues hésitations, vraiment, après les premiers balbutiements, les succès effectifs, mais partiels, des techniques encore concrètes, malgré leur empreinte rationnelle déjà nette. Voici l'entrée en scène de la science, conçue, dans son universalité, sous son aspect logique et rationnel. Ce qu'a laissé l'école, en résultats positifs : peu de choses ; on pourrait presque dire, en se rappelant l’acquis antérieur : rien. Ce quelle a ébauché et légué comme esprit, méthode, pensée: tout: la prélention de l'esprit à l'explication totale (qui se corrigera de nos jours, et de nos jours seulement, en explication indéfinie) et l'union de l'explication au rationnel. Tandis que l'Orient a fondé une science dont l'esprit pourra devenir celui de notre science, l'Ionie a fondé la science, notre science occidentale, notre civilisation intellectuelle. Elle est la première réalisation du miracle grec et elle enest la clé. Bien entendu, première réalisation, premier pas, ébauche. Mais comme la monade leibnizienne, à y bien regarder, elle contient virtuellement les clivages des critallisations ultérieures, et c'est la première fois que ces virtualités toutes ensemble, et comme un tout bien lié, apparaissent dans l'histoire de la pensée. Anaximandre est déjà un savant, au sens moderne du mot. Nous devons regretter d'autant plus de savoir si peu sur cette école. Nos premiers et presque nos seuls renscignements sur elle datent d’Aristote ; les commentateurs de celui-ci n'ont pas ajouté grand chose de certain au maitre—sauf ce que Geminus et Proclus rapportent au point de vue géométrique. Essayons de grouper et, dans la mesure possible, desynthétiser ces pauvres indications. Thalès est né dans la seconde moitié du vire siècle (1). Milésien, il connaissait vraisemblablement, sinon nécessairement, la science assyro-chaldéenne. Son séjour en Egypte (?} l'avait, d’après toute la tradition antique, mis à même de connaître s’accroit et s’affine (1) La date attribuée à l'éclipse de soleil qu'il a annoncée {1) Gf. Rivaud, id,, n° 8, peut être 585. Proba610, 557 ou 585, bien que la date acceptée communément soit biement 610 (P. Tanbey): Les chronologies d'Appolodore et de Sosicrate lui donnent 40 ans en 597.

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la science égyptienne. De ces deux civilisations, il a pu hériter . # notre connaissance actuelle, d'une arithm étique et d'un système métrique positifs, avec des méthodes empiriques, et concrétes, mais exactes et qui manifestent déja, dans eg et égyptiens, un les documents effort probatif et une certaine que. En physique, il ne put guére — toujours avec notre pauvr mentation, — leur emprunter que des mythes. Et le princ ipe qu'il mvoque est très voisin de myth es babyloniens et sémitiques du mythe égyptien, de mythés égéen s et hellènes dont nous retrouvons la trace dans Homère. L’Océan qui pour tout se trouve dans l'origine : a L’Océan et Téthys, père et mère des dieux. » Mais le mythe complète ment laïcisé, si Pon peut dire est _Un principe physique, et un principe de physique si loin qu'il soit des nôtres. Sans prendre au pied de la lettre les juslifications empiriques qu’en donn ent la doxographie et Aristote, leur concordance à l’interpré ter comme un résultat d l'observation, comme une induction, ne nous permet guère de croire qu'il n'ait pas eu quel que chose de cela: souvenir mythique soit, mais confronté avec des remarques sur les shone, ì Vhumidité de la semence, l'humidité néces saire & la germination — dans des pays souvent mena cés de sécheresse —, les allupera à l’embouchure des fleuves, le limon déposé par le Nil, etc oublions pas tout de même que des esprits critiques qui vivaient trois cents ans après Thalès dans la même tradition méritent, pour l'interprétation de ce qu'il a voulu dire, une cria ta créance. C'est un principe de la critique en matière d'his toire y Sciences que ceux qui sont voisins dans le temps etl'espace 7 ‚sont aussi par l'esprit général, et que leur inter prétation oit avoir quelque valeur. Nous aurons à l'appliquer plus d'un e fois, avec les très grandes réserves néces e cette „Interpretation saires, cela va sans dire antique, encore que l'eau et 1'humide, nous pouvons conclure c'est-à-dire les exhalaisons de rent une seule et möme repré sentation, que non seulement a mer, avec toutes les îles qui, dans la mer Egée, chaque pas, de la mer, non seulement le ciel, mais encore l’espace entre le ciel et midité, la nuée, et la pluie, et l'eau émergent, à l'Océan supérieu la terre, où se forment. Phules vents, done l'air, ne sont pas encore nettement dissociés, du moin s dans le principe explicatif auquel tente de s'élever le Milésien. Ils sont, au pis aller les ini inte rmédiaires, les premiéres pessage entre la source primitive formes ou images LES DEBUTS DE LA SCIENCE HELLÉNIQUE 281 De cela nous avons presque une confirmation dans la doxographie. Probus (sur Virgile, p. 21) nc croit-il pas que cette «opinion de Thalès provient d'Hésiode, qui dit : Le Chaos fut avant toutes choses: ensuite... Car Zénon de Cittion dérive chaos de yæ08« (couler) et l'interprète dans le sens d’eau (1). » Et cela n’est pas sans importance pour comprendre la filiation des théories de l'école, avec Anaximandre et Anaximène. En quoi consistait au juste la valeur scientifique de ce principe ? D'abord à expliquer, à comprendre les météores. M. Burnet, M. Bréhier ont eu raison d’insister sur ce fait que l’école Milésienne eut ce but, s'ils ont peut-être exagéré en excluant à peu près les autres. Nous ferons même remarquer que c’est par là surtout que l’école de Milet a créé la forme, le cadre où se mouvra la physique scientifique, prélude des recherches concrètes qui ont constitué la nôtre, par opposition à la physique métaphysique des grandes théories abstraites et a priori, aristotélicienne, atomistique ou corpusculaire. Jusqu'à Descartes inclnsivement: (l'application physique de la méthode, ce sont «les Météores » et avec la cosmologie, ils forment le contenu des « Principes »); jusqu'à ce qu'elle se centre sur la mécanique des solides et des fluides, toute physique est couronnée d’une explication des météores. C'est par là (explication de l'arc-en-ciel et de la foudre) qu’on atteint peu à peu l'optique et la science de l'électricité, . Les météores sont du reste ce qui surprend, ce qui frappe ‘l'imagination des hommes. Si l’&tonnement est le commencement de la science, l'étonnement apparenté à la crainte, on conçoit que la réflexion se soit d'abord exercée sur les météores. Chez les Milésiens, les astres eux-mêmes sont des météores comme l'éclair et le tonnerre, l'arc-en-ciel ou l'orage : les jeux du feu et de la lumière, les jeux aussi des grandes forces de la nature. Leur météorologie, c'est donc leur physique. EL la physique restera en gros jusqu'à Galilée, une astronomie cosmologique d'une part, une science des météores d'autre part, à mesure que les astres se distingueront des méléores : ce qui ne tardera pas. La hardiesse ici est merveilleuse. Le mirarle ionien est, d'une certaine manière, en avance sur ce que sera ensuite le de et le reste du réel qui en dé- (1) Paul Tannery. Pour servir à histoire de la science helléne, 1"° (d., p. 78, 1. la genèse dans la Bible, et le mythe du Nou dans la cosmologie religieuse des Egyptiens. (Maspero.)

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miracle grec. Il a pris les astres pour des cho objets naturels. Du rang des dies ou jusqu'iciPrei cfe: u cessé d’être et où ils continueront à être places avec Platon a. et les Stoiciens, ils descendent au niveau des en | er ou des vapeurs enflammées par des causes naturell a cette fois, et définitivement, la a nature », la A of ni jouera un si grand réle dans la physique grecque Rana in} Br. re uhy!ra et, par leur intermédiaire, dans tou. » fa nature par opposition au surn soit. Les noms de physiologues ou de ne due sun=les rate"i on les désigne sont bien mérités. Les nep: puews, les « de oe pia » u désormais de style, et ils conti ap u près— > endront d'sbord Philosophie. ee par le fait mém. gus comme des ] È logie va se doubler d'une astronomie, d' rologie comm disaient les Grecs en attachant a ce m t Vide + m sur la structure de l'unive l'uni rs céleste, plus pe préciséme im len tagraphie au sens scientifique du mot. Nos tm snposa météores, lees me temps des auteurs de e systèmes du monde », Le seu! n repaern à Ehalés est une « astrologie sans doute sur les moyens de “n dir ps È» fr ler du ciel. Si donc Thalés envisage les + t CAR Lt il leur donne quand méme, pour dea È erge pendi i gr culatives à la fois, une place rivilé por “a aa vers une cosmologie et une sillos ociie‘de haee vend Qu'il soit encore imprégné de la cosmogonie traditi pei difficilement faire de doute. Mais il en onnelle el a changé pe erml esprit. La cosmogonie était avec Hésio de e Int oe to repris ses thèmes, mais sont plutét postér ieurs récyde, les orphiques), une théog onie. Le cadre expes, Sa dela famille et de la société, — et avec desréminissoar ine ences pr oe “er , pale= a pr était de rendre compte des choses ni des divinités elles-mémes. ythes des sociétés religi temporaines de Thalès ou du siècle sui théogonie primitive l'idée de filiation, de lès garde dela queno mao de la fait une succession chronologi mene en lle s'il continue eve : être toujours à la doubler d'une 8 ite divi Let plete dieux). A partir de l’eau primordiale ei in te, il imitiv s’ lle s’il conti - di pi peho os physique et non plus mayChlane ag eno n rt r, le feu, ces deux derniers n'étant que des exhalaieau donla t terre est de son côté commele dépôt résiduel. 283 es, bien Nous avons ainsi une suite de représentations, d'imag l'autre l’une t ionnen analysées par M. Rivaud (1), qui se condil ls. nature ts dans une succession d'événemen Faut-il aller plus loin encore et donner à Thalès un plus haut aurait, posé le mérite, si l’on suit ce que nous en dit Aristote. 11 en se demanproblème même de la matière, de la substance, son dant : de quoi les choses sont faites ? et l'aurait résolu par purs de loniens des faisant En e. l’humid de ial principe primord imputé à météorologistes, on a — en particulier M. Bréhier (2)à—traver s ses es théori leurs Aristote le tort d’avoir interprété refude nt pourta le diffici semble nous J] propres préoccupations. s à Anaxiser A Anaximandre et surtout comme nous le verron diale. Et mène la position du problème de la matièreduprimor pur problème t déjà Thalès est sorti au moins implicitemen peut-être météorologique, par son astronomie. — Seulementfacon explid'une nce substa la de ème probl le n’a-t-il pas posé les quoi de moins t stemen manife c'est upe, préocc le qui Ce cite. de me problè le Moins nt. choses sont faites que d’où elles vienne e marièr la à es origin des e cherch Il r. l'être que celui du deveni et images des sion succes tla eplutô iltrac iqueet nieant de la théogo nature. comme la généalogie des choses qu'il ne spécule sur leur siècles trois de moins à vit qui Mais le témoignage d’Aristote nous ne l’école de es discipl rs dernie des de là et de deux siècles ent dissoci se mes problè deux les que penser à point -il incite-t bien est Il eur. mal dans la pensée encore confuse du précurs difficile de dire que toutes les choses viennent de l'eau, saus tiellecroire implicitement qu’elles en dérivent aussi bien substancar 1:0n ment que chronolosiquement, qu'elles sont de l'eau, è. ne retour y tout « encore seulement « tout en provient », mais tions de là, (Plutarque, Slomala, I). En tout cas, à deux généra de problème le ement itabl indub posera , l’école dans Anaximene, par lequel la substance matérielle, en déterminant le processus elle crée la diversité des choses. lisons dans N'oublions pas que déjà, à propos de Thalès, nous pe et le les Philosophumena (1, 1) : « D'après lui l'eau est se princi sani, vapori en re la fin de tout ; car en se figeanl ou au contrai toutefois le texte elle constitue toutes choses (3). » Ne retenuns que pour ce que vaut la doxographie sur Thalès. 1) Le problème de la malière et du devenir dans l'antiquité grecque jusqu'à Alcan, 1926), 19° fasc. E Histoire de la philosophie (Paris, Théophraste (Paris, Alcan, 1906). 3) Trad. Paul Tannery, loc. cil.,

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Aussi, et sans vouloir accepter sur LES DÉBUTS DE LA SCIENCE HELLÉNIQUE parole tou phie qui, ici, est plus que pores ee avec us ‘ral ten vraisemblablement trop, pensons-nous, à cause de sa troublante concordance, que Thalès a vu dans l’eau non seulement une origine, mais encore un principe d'explication, une nature des choses, vali san bite air pa certain pour les météores qui sont senile ps cpliqu ués par hr l’eau en u na exhalaiisons. Mais i ce ne le « L’Univers est supporté par l'eau; d'où 1 de terre, les tourbillons des vents et les une‘aioe bean les choses sont comme emportées et en écoulement, > | epr phy BASES pu principe de leur généraa (1). ème du soleil et des astres, enfin le mond enlier por est entretenu iaia By des exhalais chalai ons des eaux: (2). » « La terre i . Tannery arrive à décrire, comme ayan yeux de Thalès, la représentation du hn ge m urihi ailleurs avec celle des Egyptiens (4). « L'Univers est une masse liquide “om qui renfer bulle d air hémisphérique ; la vigne anse de cette bulle est notre ciel ; sur la surface plane, notre terre (un cylindre plat ea celui qui est découpé par l'horizon) flotte comme un [ee chon de liège ». Le principe, dit-il encore et, à notre sens, très justement, « n'est, pas seulement Pélément primordial mai celui qui remplit l'espace par de là les bornes de notre mond , engendré dans son sein (5) ». C'est en effet un scheme que — Feen el Lo ne ie la fin du vie siècle, et notamment chez dam que le monde Se fait aux dépens de ce qui de Pur — ce qui tend à confirmer notre interprét ation emi substantielle du principe de Thalès. Le monde des ch nidonchi a de l'eau et s'en nourrit. es astres ms od nn il ne semble pas que la science deThales ait me his qu'il a pu connaître de l'astronomie babylon ienne ul yp ar i La fameuse ha prédiction de l’éclipse totale de 5 ou 587 est du même genre que les prédictions pg s avons parlé à propos des Assyro-Chaldéens cte uede PM 15 8) ih Een p.cp. 70. ermias, (5) Zd., . La cause des éclipses ne sera entrevue qu'un siécle plus tard. Ce (1) Philosoph Ins. | que la doxographie nous en rapporte est certainement lafaux. té de cirQue Thalés ait connu au contraire la non-uniformi des quatre alité l'inég de suite par soleil, du culation annuelle e, les solstices saisons, qu'il ait prédit, comme le dit Eudém certains cercles de notion eu — et les équinoxes —, qu'il ait ue, l'équateur, zodiaq le on, l'horiz en, astronomiques : le méridi tout, cela est s, visible rs toujou étoiles des cercle le les tropiques, es depuis acquis fort probable : c’étaient connaissances déjà éens. De -Chald Assyro les et longtemps par les Egyptiens la doxomalgré n gnomo du et dre même l'usage de la clepsy mandre. Anaxi à r dernie du ntion l'inve rte graphie qui rappo siècle, d’un ieur Bien que Eudème attribue à Oenopide, postércercles t pas n'aien les que la description précise du zodiaque, bien a n’y il nide, Parmé et iens goric été vulgarisés avant les Pytha le né enseig et connu pas n'ait s Thalè que aucune raison pour ens. Nous en dirions savoir des astronomes babyloniens et égyptiait encore identifié qu'il autant des planètes, sans peut-être l'étoile du soir ou l'étoile du matin, déjà réduite 4 une seule pourtant en Assyro-Chaldée. les autres écoles Que ce soit Thalès, ou que ce soit son école ouonomie connue des l'astr Grèce du vie siècle qui aient enseigné en ces écoles ue puisq rte, n'impo il ens, Babyloniens et des Egypti qui imCe (1). eurs ormat d'inf rôle le que ici n’eurent à jouer ajouté été n'ait e porte c'est que, pour le moment, rien encor les Grecs mettro nt que le probab à cette astronomie. Il est même sconnai les toutes t eremen famili r manie au moins un siècle pour gances auxquelles étaient parvenus les Chaldéens. à flottent sur les eaux d’en haut, Sur leur 285 * es a» que et la géométrie ? En doit-on dire autant pour Varithmétipeu près certain. Mais c'est à Au point de vue des résultats, de l'esprit, nous discuterions du point de vue de la méthodedocum entation. presque inexisla volontiers. Malheureusement te à caution. On rapporte tante, est, au surplus, tout à fait sujetpour mesurer la distance édé unanimement è Thalès un proc mesurer la hauteur pour édé d'un bateau au rivage, et un proc suite le théorème par bue attri lui des pyramides. Et Proclus sur l'égalité de deux triangles qui ont un côté égal compris entre ae t fixé lo levern'es Thalès aurai nous dit que preuve : Pline 1) Une jours ation indic cette Or emps, print du inoxe l'équ s -aprö Pidiedes 25 latitude beaucoup plus méridionale, donc égyptienne vraie quo d'une Milet). {46 jours pour

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deux angles égaux chacun à chacun, proposition nécessaire A la première mesure, telle que la tradition l'aurait rapportée, — On lui attribue encore, sans la démonstration qui en serait Ce genre de démonstration quirevient à démontrer quele qualés. drilatère formé par les extrémités de deux diamètres estunrectangleest même plus intuitive, plus immédistement visuelle, surtout si le rectangle est un carré, ce qui la rapproche des essais orien- 286 due à Euclide, l'affirmation inductive de l'égalité des angles opposés par le sommet, enfin, l'égalité, qu'il appelait d’une façon plus vague Ja similitude des angles à la base da triangle isocéle. Il est fort possible que Proclus, qui ne fait que répéter Eudème, attribue arbitrairement à Thalès les « principes de ses conséquences»et la ethéorie » de sesrecettes toutespratiques. Mais cependant, le passage débute par ces mots au moins curieux : « Thalès, le premier, ayant étéen Egypte en rapporta cette science (la géométrie) en Grèce. Lui-méme fit plusieurs découvertes et mit ses successeurs sur la voie de plusieurs autres, par des tentatives d'un caractère tantôt plus universel, tantôt plus concret (atodyracórepov). » Il paraît difficile de ne pas voir ici une tradition (Eudème ne vivait que trois siècles après Thalès), laquelle ferait remonter à Thalès certains efforts logiques dans ses travaux géométriques, efforts qui iraient de pair avee ceux qu'il fit en physique. ls étaient peut-être aussi rudimentaires. Mais ils n'en conféreraient pas moins à leur auteur le mérite d’initiateur. Pamphila (compilatrice de la findu re siècle après J.-C.) rapporte encore que a le premier il inscrivit le triangle rectangle dans le demi-cercle » (1) ; et Proclus, d'après Geminus cette fois,« que la division en deuxparties égales du cercle par le diamétre a été démontrée (ce mot est inexact, car méme chez Euclide il s’agit lè d'une définition), dit-on, en premier lieu par Thalès » (2). Ces propositions, si elles peuvent étre attribuées a Thalès (et pourquoi pas ?) sont fort éloignées d’avoir un caractère purement pratique. Elles rentrent évidemment dans celles qui ont paru à Eudème avoir un caractère universel, c’est-àdire abstrait et logique, car il est bien difficile de donner un autre sens à ce mot, écrit comme l'antithèse d'une expression qui signifie sensible et concret. Ainsi quele fait remarquer Paul Tannery, on peut inscrire le triangle rectangle sans connaître la somme de ses angles intérieurs — dont la tradition est absolument unanime à rapporter la découverte à Pyt Il suffit de connaître l'égalité des angles à la base d'un triangle isocèle, et l'égalité des portions du cercle déterminées par le diamètre : deux propositions qui justement sont attribuées à ThasdSer Laërce, I, 24. Trad. Paul Tannery, La géométrie grecque, (2) Proclus, p. 157. Trad. P. Tannery, Id., p. 90. taux antérieurs; ce qui la rapproche encore de figures ornementales et de carrelages qu'on retrouve en Egypte dès le temps de Ramsès II, et surtout du carrelage par triangles rectangles isocèles, qui est déjà une « monstration » intuitive d'un cas particulier du théorème de Pythagore, sur la somme des trois angles d'un triangle, et du plus fameux théorème de Pythagore sar le carré de l'hypothénuse. Il s’agit en somme de voir qu'un carré ou un rectangle sont toujours inscriptibles dans une circonférence. Car, remarquons-le, le texte de Pamphila ne parle pas de démonstration. Il rapporte simplement que Thalès inscrivit le triangle rectangle dans la circonférence. Or du fait qu'un rectangle -est inscriptible dans la circonférence, la moitié du rectangle, coupé par sa diagonale et qui constitue un triangle rectangle, est inscriptible dans la demie-circonférence, puisque cette diagonale est un diamètre et que le diamètre coupe la circonférence en deux moitiés. Il n'y a pas là démonstration ; il y a là construction pratique intuitive, car la démonstration exigerait d’abordqu’on demonträt que tout rectangle estinscriptible. Mais sinousattribuons à Thalès déjà une certaine exigence logique, ct nous reviendrons encore sur la difficulté de ne ie point faire, quand nous essaierons de consi pauson œuvre, si fragmentaire, si mutilée, sidérer d'ensemble, vre qu'elle nous soit parvenue, la démonstration peut se reconstituer sur le type suivant. Soit un cercle et deux diamètres AB, CD. Joignons leurs extrémités deux à deux. Nous formons un quadrilatère ABCD divisé en quatre triangles opposés deux à denx par les sommets aucentre du cercle. Démontrons quechacun de ces triangles est égal à celui qui lui est opposé. En effet, leurs angles au centre en O, sont tous égaux, puisqu'opposés par le sommel. Et leurs autres angles sont dans chacun d'eux égaux puisque ces triangles sont isocèles (leurs côtés adjacentsà l’angle du sommet étant des rayons du cercle). — Or étant égaux dans chaque triangle respectivement, on peut voir intuitivement qu'ils le sont aussi d'un triangle à l’autre, puisque les 3** angles sont eux-mêmes égaux. Nous avons donc des triangles égaux 2 à 2 comme ayant un côté égal {rayon du cercle) compris entre deux angles égaux chacun à chacun (ces d'égalité de Thalès). Il en résulte que les côtés opposés de notre quadrilatére sont égaux. Mais d'autre part

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les quatre angles du quadrilatère sont égaux aussi, puisqu'ils son: chacun la somme de deux angles égaux. Alors le quadrilatir. est un rectangle. Donc les angles A, B, C, D sont droits, E: chacun d'eux est le sommet d'un triangle rectangle inscrit dar. une demi-circonférence, puisque les diagonales qui formen: leurs hypothénuses sont des diamètres et que Thalès a établi que les diamètres coupent la circonférence en 2 parties égales (1. A l'époque de Thalès on savait d’ailleurs de façon empirique, ou constructivement, que les carrés étaient des figures à côtés égaux et à angles droits, les rectangles des figures à côtés opposes égaux et à angles droits. On le savait pour toutes les mesures de superficie depuis au moins 2.500 ans en Chaldée, et sans doute en Egypte, en tout cas bien avant le papyrus de Rhind qui nous présente un système de mesures de surface traditionnellement établi, On le savait aussi par la construction architecturale. (A suivre). {1) Heath imagine une autre construction plus compliquée et assez emrrassée. Elle a le tort de faire état de la proposition relative à l'égalité de deux triangles ayant un angle égal compris entre côlés égauz chacun à chacun et qui n'a jamais été attribuée à Thalès. Etant donné un rectangle et 5e3 CARNE on démontre è l'aide de la proposition précitée que chaque partie des diagonales de part et d'autre de leur point d'intersection sont égales. Ce sont donc les rayons d'un cercle. Les moitiés du rectangle partagé par une diagonale, c'est-à-dire les ba ng rectangles sont toujours riptibles (Greek Mattematics, vol. I, p. 137). Le Gérant : Jean Marais. POITIERS, — SOCIÉTÉ FRANÇAISE D'IMPRIMERIE, — 1930,

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LUCY NY) par M. Abel REY, Professeur à la Sorbonne. IV L'École Ionnienne (suite). Quoi qu'il en soit, toutela tradition relativeà Thalès se trouve bien groupée autour de deux propositions : l’une concrète, pratique, sensible, la mesure de la distance d’un bateau en mer, l'autre abstraite, purement logique ou universelle : la propriété rectangle de tout triangle inscrit dans le demi cercle. Maintenant en quoi consistait au justé le moyen pratique de determination de la distance d'un bateau en mer ? En harmonie avec l'effort pour diminuer la science géométrique orientale, on a essayé de rabaisser autant que possible les connaissances de Thalès. Et Paul Tannery, suivi par G. Milhaud, lui a attribué un procédé qui, en fait de pratique, semble à peu près impraticable. Il consiste & construire sur le terrain un triangle égal à celui que forment lesdistances du bateau à deux points du rivage. L'un, A, est le point à partir duquel il s'agit de mesurer la distance AB; l'autre, C, se prend au milieu d'un segment de la perpendiculaire (AA’) élevée de A sur cette distance AB. La ligne A’B’ qui se mesure directement sur le terrain est A N 2’ A évidemment égale à la distance AB qu'il s'agit de mesurer, par suite de l'égalité des 2 triangles ABC et A’B’C, Ce qui a incliné Tannery à adopter cette solution, c'est qu'elle est géométriquement la plus simple, qu'elle est indiquée par l’agrimensor romain Nipsus sous le nom de fluminis variatio, qu'enfin elle

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349 propremen: visant le bateau lui-même, du haut d'une éminence, on visait à Thalès : égalité destriangles qui ont un côté égal compris entr. deux angles égaux chacun à chacun, et égalité des angles oppos: ; par le sommet. Mais la solution ne pouvait être utilisée qu'i titre de curiosité pour des distances très petites. On se d.mande à quoi alors pourrait servir une pareille opération. Mai... tenant qu'il est hors de doute que les Egyptiens, è propos ti. sur le terrain si le bateau est un peu loin se représentent icitout comme dans la première interprétation. Dirons-nous alors que l’allusion d’Eudéme a bien des chances suppose deux théorèmes qu’Eudéme attribue la mesure du sgi d'une pyramide, savaient parfaitement considér.des longueurs proportionnelles, plus de mille ans avant Thali. il est bien probable que la mesure attribuée à Thalès n'est qu. la pure et simple application de ce procédé. Il se prête de lu.. même à la solution du problème ici posé. Il y faut évidemment une visée. Mais la détermination e. méridien pour construire les temples, encore bien plus anciem. en Egypte, nécessite des visées aussi précises. Du reste | procédé de visée qui est instinctif et qui a dû se développ.. avec les premières observations du ciel, est en soi bien plus con. mode et praticable que la mensuration des grandes longueu:: sur le terrain, et les constructions que requiert le procédé o. Tannery, surtout dans des pays montueux comme la côte «:. les îles Ioniennes. Il faut encore utiliser, il est vrai, non plus une proposition su l'égalité des triangles, mais un des cas de simililude. On ne reıcontre l'étude de ces cas qu’à une époque postérieure, Sans doutmais, d’après un des textes les plus précis de la doxographie dThalès, nous savons justement que les mots « égaux » et « sen: blables », qualitalivement voisins, n'étaient pas alors différencicLe théorème sur la prétendue égalité des triangles ne pouvait: sous forme de remarque qualitative, laisser flotter sur les deu: représentations une implication indistincte ? et se référer a: cas voisin de similitude, en ne faisant état que des deux angl-égaux ? Encore une fois rien ne prouve que Thalès ait connu les prircipes « de ses conséquences » et les théorèmes nécessités par s-recettes pratiques. C'est bien après coup, et peut-être par dédu-tion et non point par tradition qu'on lui a attribué les élément: théoriques nécessités par des procédés restés peut-être tout empirique. | Heath (1), pour éviter la notion de similitude, suppose gu’: effectuait autrement l'opération. Avec l'inclinaison trouvée cr. (1) The thirteen, Books of Euclid’s elements, vol. 1, p. 305, Greek malhımatics, vol. 1, p. 133, un point de facile accès en terre ferme comme on le rapporte d'un ingénieur de Napoléon, et on mesurait la distance de l’opérateur à ce point. Mais la longueur et la difficulté d'une mesure de se référer à la mesure d'un rapport entre des lignes, comme la mesure de l'inclinaison (sq!) de la face d'une pyramide, Il n'y a en effet qu’à supposer que l’observation est faite du haut d'une tour ou d’un point élevé dont on connait exactement la hauteur qui peut étre aisément déterminée au moyen desombres, procédé dont on rapporte aussi la connaissance à Thalès). Le bateau joue le même rôle que le sommet de la pyramide, l’altitude du point d'observation, celui de la moitié de la base. En déterminant Yinclinaison (le sg!) de la ligne de visée prise du point d'observation qui remplace ici l’extrémité de la base de la pyramide, on détermine aisément la distance du pied de la tour au pateau, c’est-à-dire la longueur correspondant à la hauteur de ja pyramide, ce qui est proprement l'objet du problème 57 du papyrus de Rhind. La grande difficulté qui subsiste, c'est qu'il n’est nulle part question dans les textes anciens d'une tour ou d'un lieu élevé au-dessus du rivage comme point d'observation. Et il faut interpréter comme nous, et imputer à erreur, l’allusion d’Eudéme au cas d'égalité des triangles nécessaire pour cette détermination : une confusion avec un cas de similitude, qui d'ailleurs est d’une géométrie bien plus avancée et subtile. Mais il ne faut pas oublier que des procédés techniques concernant la similitude ont été bien antérieurs aux théories de similitude, et de pratique aisée presque naturelle, comme dans les arts du dessin, les plans cadastraux, etc. Il y a peut-être moyen de sortir de l’un et l’autre embarras. Mais il nous faut prévenir que notre hypothèse, comme les précédentes, est toute gratuite. | On peut admettre qu’on a cherché le rapport qu’exprime le sql, non verticalement du haut d'une tour, mais horizontalement comme dans le cas de la fluminus varialio de Nipsus, en construisant une perpendiculaire sur la distance à mesurer. Puis à une distance suffisante pour apprécier nettement un angle de visée moindre que l’angle droit formé d’abord, on visera de nouveau le bateau, et on indiquera la direction, l'oblique par rapport à la perpendiculaire tracée. L'opération du sg! s'effectue alors

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comme avant. C'est la même ideritiquement, que celle du pra. blème 57 de Rhind, mais dans un plan horizontal au lieu d’étr. était impliquée par le procédé métrique de Thalès. Il pourrait vertical. Mais cela revient à déduire la distance du bateau en reconsquences d'un principe ou du principe des conséquences ». Ne prétendons pas pour cela qu'il y ait eu démonstration truisant idéalement à l'aide du calcul, c’est-à-dire en rétablissant les proportions, un iriangle égal au grand triangle à mesurer. L.. régulière du théorème de l'égalité de deux triangles. Il y a eu 350 passage se faisait instinctivement pour l’Egyptien. Sans aucun. démonstration relative à la similitude des triangles, il retrou. vait la hauteur, connaissant la base et le rapport de cette bas: à la hauteur (l'inclinaison). Le Grec aurait-il été plus difficile à contenter ? Il ignore les conditions de similitude, comme 1'Egy;.. tien, mais il « sent » qu'il les ignore. Alors il cherche à reconstruir: idéalement un triangle qui soit égal au triangle donné à l’aide des seules mesures réelles qu'il peut effectuer. Il lui faut en quelque sorte, et c'est peut-être sous cette forme que le cas d’égalit: fut utilisé, déterminer un triangle par les seules quantités réelles dont il puisse disposer (2 angles et la longueur adjacente . Le rétablissement des proportions, implicite chez l'Egyptien. devient ici explicite; et, comme chez l'Egyptien, pour les applications de la méthode de fausse position aux fractions, ilfournit la preuve de l'exactitude du résultat annoncé. La preuve, qui fait usage de l’égalité de 2 triangles, est ici toute proche d’undémonstration véritable. L'originalité de Thalès serait ainsi et déjà l'originalité de la géométrie grecque ; un effort logique pour prouver l'exactitude du procédé pratique, quelque chose de « plus universel » que la simple application particulière et concrète de la recette égyptienne. Notons encore que l'emploi de triangles semblables (et non égaux) sur le terrain se trouve dans la Dioptre de Héron d’Alexandrie, et dans les Cesies de Sextus Julius Africanus. Et qu'en outre il ne faudrait pas nous étonner qu'un agrimenseur romain utilisät des procédés inférieurs à ceux de Thalès. Non, seulement ils se servaient des formules inexactes relatives à la surface du triangle et des quadrilatères, alors qu’on en avait d’exactes en Chaldée 3.000 ans avant (On pourrait dire qu'ici il ne s'agissait que de pratique). Mais d'une façon générale, ce sont les Romains, bien avant notre moyen âge, qui ont laissé tomber la géométrie grecque. Ils ne retenaient plus des éléments d’Euclide, même déjà au siècle d’Auguste, que les énoncés des théorèmes | On peut donc ne pas croire, à l'instar de P. Tannery et de nombre de commentateurs, qu'Eudème ait crédité Thalès de Ja proposition simplement parce que, pour lui, Eudème, «lle 351 bien y avoir autre chose que supposition arbitraire« des consébien plutôt une preuve, intuitive peut-être, qu'une longueur donnée et deux angles adjacents donnés déterminent un triangle, ou, si l’on veut, que tous les triangles possédant ces caractéristiques sont un même triangle ou sont égaux. Et nous ne voyons rien là qui soit tellement improbable à propos d’un savoir qui précède de deux ou trois générations au plus les premières spéculations dites pythagoriciennes et qui suit tout ce qu'on a déjà rencontré en Egypte et en Orient. Si, en face d'une incertitude à tout jamais aussi certaine que celle-là, à moins qu'on ne découvre des documents nouveaux — on s’en tient comme plus simple à l'hypothèse de Tannery — plus simple, mais bien moins dans la tradition antérieure de l'Egypte — il faut convenir que le procédé de Thalès était un jeu : de Part pour l’art. Car il n’était praticable que pour des distances très petites, et dans des endroits privilégiés. C'était la solution d'une énigme savante, coram populo. Mais alors pour l'histoire de l'esprit scientifique, la conclusion à en tirer serait aussi précieuse, et tout à fait analogue. Ce serait là aussi le commencement d'un effort désintéressé el spéculatif, tournant le dos à la pratique et à l'utilité pures, un peu de logique constructive qui appartiendrait bien aussi à l’inilium scienliae et non plus à la technique. Des deux côtés nous arrivons à une conclusion analogue, touchant l’histoire de la pensée scientifique, la seule chose qui, ici, nous importe, Nous avons insisté sur cet exemple pour montrer sur le vif la difficulté d'interprétation des fragments qui nous sont parvenus sur les plus anciens géomètres. Il est à peu près certain que Thalès ne devait pas ignorer le maniement des proportions (des similitudes) traditionnel en Egypte plus d'un millénaire avant lui. Il est encore non moins certain que nous ne pouvons que rester dans le doute sur la nature exacte du procédé qui lui est attribué par le texte d'Eudème. Tout comme sur celui qui lui est attribué par les textes discordants de Diogène Laërce et de Plutarque sur la mesure de la hauteur des pyramides par celle de leur ombre. Est-ce lorsque l’ombre est de longueur égale & celle des objets (Hiéronyme de Rhodes d'après Diogène Laërce) ? ou par le calcul du rapport des longueurs de l'ombre à un moment quelconque

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avec celles des objets & mesurer (Plutarque) ? Cette derniére opération était tout à fait analogue à celle qui déterminait le sql, donc bien connue et très usuelle. Il nous semble bien difficile que, comme la tradition le rapporte (ou la légende), le pharaon Amasis ait pu être étonné et admiratif devant le premier procédé, — quand on songe qu'il était dépositaire, en tant prendre telle ou telle de ces expressions au pied de(1),lalelettre. souci Mais n'avons-nous pas déjà trouvé l’effortrationnel dans tif explica et logique souci de la preuve, et même un certain même au pas -ils seraient ne oi Pourqu ? les documents orientaux chef, et plus marqués encore chez les loniensraisonneurs, et chez 352 que chef des collèges sacrés, de toute la science égyptienne. et que, 1200 ans avant lui, on utilisait couramment les nombres proportionnels dans toutes les applications de la méthode de fausse position. Vraiment il serait étonnant que le procédé le plus savant n'eút pas été utilisé depuis longtemps en Egypte et que Thalès eût eu à l'y découvrir. Il est inutile de poursuivre des discussions du même genre sur la mathématique ionienne. Nous arriverions aux mêmes incertitudes. Essayons plutôt d'en deviner l'allure générale, et si elle a ajouté quelque chose à la mathématique antérieure. Elle ressemble beaucoup à celle-ci et vraisemblablement sou premier rôle est d’avoir transmis à la Grèce, aux Pythagoriciens. la somme des connaissances arithmétique et géométrique de l'Orient et de l'Egypte. Tout. indique, malgré les interprétations péjoratives, qu'elle la transmit à peu près, d’après les allusions que nous trouvons dans les documents. Pourquoi d’ailleurs l’intelligence avisée et subtile des Ioniens qui se trouvaient directement en contact avec les Egyptiens, les Phéniciens, les Chaldéens, — qui firent partie à plusieurs reprises des Empires d'Asie Mineure, qui furent mélés étroitement aux Phrygiens, aux Lydiens, aux Cariens—, ne se serait-elle pas assimilé des connaissances qui paraissent, pour ainsi dire, du domaine intellectuel public de l'Orient ? Il est vrai que l'astrologie assyrienne — si importante — ne paraît avoir touché les Grecs qu'après la conquête d'Alexandre. Mais ils ont bénéficié pourtant des connaissances astronomiques qui y sont liées. Et il y eut peut-être à cette transmission des obstacles religieux. En tout cas, pour le reste, les connaissances premières sont trop analogues pour qu'il n'y ait pas eu transmission, Peut-on dire maintenant, comme on l’a fait, qu'on trouve en Ionie un effort rationalisateur, inconnu jusque-là ? D'abord ce serait rentrer dans la discussion des allusions d’où nous avons décidé de sortir. Les expressions « démontrer », « montrer» (constater) ou « découvrir », « trouver », employées dans les textes, ont bien l’air d’avoir été souvent écrites d’une façon banale. Et les interprètes qui tiennent à rabaisser toute mathématique pythagoricienne ont ici beau jeu quand ils nous avertissent de ne pas leurs Sages, c'est-à-dire parmi leurs têtes les mieux organisées. La tendance laïque et individualiste de la Sagesse iomenne, qui est la nouveauté la plus manifeste du génie de ce| peuple, ne pouvait que le pousser dans un sens rationnel Il y a plus. Liée à cette même tendance et ne faisant psychologiquement qu'un avec elle, nousrencontrons en Jonie une curiosité désintéressée, une curiosité de marchands, donc de techniciens sans doute, mais en même temps d'artistes qui sait jouer, et qui joue intellectuellement, qui s'amuse à observer, à comparer à déduire. Plus que dans l’Orient proche dont il fait presque partie, l'individu est indépendant. Le marchand, le riche marchand, est son maître et sa curiosité éveillée par les besoins techniques les dépasse. Il est capable de spéculer commercialement et de prévoir, comme il nous est rapporté de Thalès. ue Cette spéculation commence à créer au-dessus de la techniq dont on est difficilement et très rarement sorti en Orient, — sauf dans la spéculation morale et religieuse, — et à parlir de celte iechnique, quelque chose qui est déjà comme la science désintéressée. Dans les propositions rapportées à Thalès, il ne s'agit pas seulement de mesure, de volumes ou de surfaces, comme dansla géométrie égyptienne ou assyrienne, ef en général la géométrie orientale, si l'on en excepte ce qui concerne le théorème de Pythagore avant la lettre. Et encore celui-ci est-il en général congu comme une mesure et un rapport de surfaces ou comme un procédé de mesure pour les distances inaccessibles (les degrés du ciel). Il en va de méme pour toute la famille du sal. Or ce qu'il y a d'original dans la géométrie rapportée à Thalès, et Allman l’a noté le premier, c'est que l'attention se porte directement sur les lignes. N'y a-t-il pas là, la marque concrète d’une curiosité plus désintéressée. L'inscription du triangle recla techtangle dans le demi-cercle semble sans rapport avec, de l'unilogique nique. C'est une recherche de l’abstrait, du le jeu, versel comme dit Eudème : le jeu des constructions pour l'art pour l’art, et, si ce n’était un pléonasme, la science pour | . ; la science. « Nous croyons même pouvoir aller plus loin. Ce n'est pas (1) Cf. Notre «Science orientale, avant les Grecs ».

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seulement sur les lignes que d’après la tradition se porte l’attentoin de Thalès, c'est sur les angles. Les lignes et angles sont les éléments qui résultent de l’analyse et de la décomposition des figures intuitives, et les éléments qui les déterminent entièrement. Cette analyse, qui est l'essence même de la géométrie el des mathématiques, en tout cas de l'analyse des anciens, pour reprendre l'expression de Descartes, est éminemment rationnelle. C'est une logique en action où l'intuition tend progressivement vers le concept, où aloBnrixorepo s'avance vers le xa doo TEpoY. Entre les deux, la frontière est mouvante, On ne l'a guère remarqué jusqu'ici. Mais, même en ce qui concerne l’inscription du triangle rectangle dans le demi-cercle, nous ne sommes peut-être pas si loin de la technique. On a fortement insisté (Cantor) sur la technicité du triangle 3, 4 et 5 pour la construction de l’angle droit, sur le terrain et dans l'édification architecturale. L’utilisation de ce triangle et de quelques autres. est, dans les Sulvaguiras du vmesiècle, de règle technique pour élever l’autel. Mais le théorème de Thalès est, lui aussi, un moyen pratique et aisé de déterminer un angle droit. Tout angle formé par 2 lignes droites joignant un point de la demi-circonférence aux extrémités de son diamètre est un angle droit. Rien n'esi plus facile avec une corde et un piquet de tracer une circonférence, une droite qui la coupe en passant par son centre (tout diamétre partage la circonférence en 2 parties égales, autre proposition thalésienne) et de tracer 2 droites joignant les extrémités de cette droite à un point de la circonférence. _Une tradition bien établie rapporte enfin à Thalès la définition du nombre comme une « collection d'unités » et en attribue Ja paternité aux Égyptiens. Elle est tout à fait plausible. Elle monte la poussée cu besoin logique, parfois si apparent déjà, dans l'arithmétique égyptienne: aussi sera-t-elle souvent dans la suite invoquée par la logique de l’artihmétiquethéorique qu'édifiera la science grecque de Pythagore à Aristote et aux Alexandrins. Si elle a frappé l'esprit de Thalès et si elle a été acceptée par ses successeurs et par notre science, ce n'est point certes par un caractère concret et empirique qui définirait une « multiplication » comme un « tas » d'objets isolés, comme «plusieurs» objets, mais parce qu’elle est tournée elle aussi, vers le xafomxérepov. L'unité y est posée comme toujours identique à elle-même, et le nombre comme une collection de ces wnités identiques abstraites alias l'addition de cette unité avec ellemême. C'est le plein concept du nombre cardinal, clair et distinct LES DEBUTS DE LA SCIENCE HELLENIQUE 355 de vue et la substitution du point de vue quantitatif à tout point de ce on exclusi une pas qualitatif. Cette substitution n’est possila re contrai au ue impliq Elle . dernier, un remplacement « pluun sant définis en , qualité la à e nombr le quer bilité d'appli és» d'unit tion «collec sieurs », une «multitude» indistincte par une . l'esprit pour précise façon distinctes et par là de la traduire de s quelque uir, s'épano va qui orisme Pythag Elle est un prélude du générations plus tard, à la fin du v* siècle. Le mérite et l'originalité de l'école d'Ionie nous paraltraient donc, d’avoir accentué, jusqu'à le rendre définitif, le caractère désintéressé, esthétique, de la curiosité humaine, dans l'étonnement où la plonge le spectacle de la nature, en même temps que le caractère individuel et laïque de la recherche destinée à satisfaire cette curiosité. Or dans l’histoire de la science c'est le moment décisif, celui he qui marque l’origine des développements futurs de la recherc du vrai pour le vrai et du savoir pour le savoir. Hors de 1a il n'y a point de science. Mais à partir de là il peut y avoir toute la science. Il faut se hater d'ajouter qu'il n'y a encore chez Thalès qu'un commencement assez humble ; c'est la deuxième moitié du siècle suivant qui fera le reste. Mais la grande affaire était de commencer, et l'époque de Thalès a commencé. Et ce par quoi il a commencé est en somme assez aisé à caractériser d'ensemble. Il a tenté personnellement une explication cosmologique. Bien entendu cette explication n'est pas sortie tout armée du . cerveau de Jupiter. Il la crée dans l’héritage intellectuel des théogonies et des cosmogonies et de la pensée mystique de son ambiance. Mais il la crée en faisant entrer dans cette pensée des éléments d'observation et de bon sens logique, et en la subordonnant à ces éléments. Cet effort vers l'expérience raisonnée et vers le rationnel, nous le trouvons bien plus net, bien plus achevé dans ce que les rares fragments concernant son œuvre géométrique nous permettent d'entrevoir. On a cherché constam- ment à rabaisser la portée scientifique de ces fragments, en taxant Eudéme Proclus et les autres commentateurs d'inexactitude par incompréhension de l'esprit bien plus primitif de Thalès. Que ces fragments soient inexacts c'est fort possible, mais ce qui est encore plus inexact c'est de péjorer leur inexactitude. Il ne serait point plus inexact de la majorer, comme le fait remarquer P. Tannery (1). Il a pu en savoir aussi bien, beaucoup (1) La géométrie grecque, p. 94.

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plus que beaucoup moins. Car enfin la géométrie grecque, moins de deux siècles plus tard est déjà un corps remarquable de doctrines: quelques parties en sont achevées, parfaites. Et quoi qu'on pense de Pythagore, à quelques générations de Thalès, nous rencontrons toutes les prémisses — quelques-unes très poussées —, de ce mouvement admirable. Encore une fois il a fallu commencer. Et Thalès vient après plus de deux siècles de réflexion, d'organisation, et de précision dans lesimages et les concepts, et de méditation de bon sens et de raison dans les études morales et politiques. Le mieux donc est de s'en tenir à ce qu'on nous rapporte, Et ce qu'on nous rapporte, c'est d'abord des observations réfléchies sur des procédés pratiques : la mesure de la hauteur des pyramides par l’ombre, la mesure, le calcul de la distance d'un point inaccessible, où il semble bien, pour cette dernière du moins, d’après l'écho d’Eudéme—lequel vivait à trois siècles seulement de Thalès — qu'il y a quelque chose de plus que la mise en pratique d'une recette traditionnelle : un effort explicatif et démonstratif du procédé. Enfin au delà des procédés métriques, dans ce qui est attribué à Thalès de plus général, ‘de plus logique des efforts nettement rationnels. Nous voulons bien qu'on puisse épiloguer sur le sens du mot démonstration. Elle fut peut-être pour jui voisine de l'intuition, c'est-à-dire de l'observation, mais intuition logique, observation réfléchie, et surtout pénétrée de cet esprit qui, comme CI. Bernard l'a si finement analysé est, en même temps qu’observation, généralisation, et généralisation, sentiment de l'universel, en même temps qu'observation ou référence. Mais les remarques que les angles opposés par le sommet sont égaux, et égaux aussi les triangles qui ont un côté égal compris entre angles égaux (c'est-à-dire la détermination d'un triangle par un côté et les deux angles adjacents), de même que les angles ala base des triangles isocèles, que le diamètre partage toujours le cercle en deux parties, enfin l'inscription du triangle rectangle dans le cercle; autant de témoignages d'une recherche désintéressée, spéculative, bref théorique. Autant de témoignages avoués d'une tendance à comprendre et à expliquer, è se rendre compte, et à se rendre compte rationnellement, à satisfaire l'esprit d'une façon universelle. Rien ne nous interdit de croire, et tout ce qui nous est parvenu sur lui dans les temps les moins éloignés de son temps nous porte à croire que Thalès l’un des sept Sages, héritier d'une longue science et d'une longue sagesse, mais d’une science encore enfermée dans la gangue de la tradition et de la remarque empirique 357 LES DEBUTS DE LA SCIENCE HELLENIQUE la logiqu e s ré l'èrtere qucomien po ig tout intuitive, a bien inaugu se présen i essouflés ver seulière même dans ses essors vile voudroni la sagesse qui de la science et de ce. ian t son amb : ison oi A eap queaphsiiquesq entogr afoi à que«xlqudeesdesfracergmetaintsnemdox bicn | dox0g de ement,Le| s e nim s 1 affirmé una i ue, est-t-il Aucun écrii t géométriq le toutes ion orale, et e deP irg ; pasgrun souven icetraprotiopesn,itiouonecaseunlemoentpui lalade De l a nl démons lès. Une tradit i ou ie a, quan : historiens ont beau jeu de dire conseq : on lui a attribué les principes de ses = fondu u. Ya con tenaposdetérsesieuprirs;ncionpeslui; ona att " pt s mon d des ué rib éomètres bie qui x ceu , tre i . Par coni irmations n’y avasagitessqu’e aff où il ier ons là amp n g de t ron ite tra lif sa «etilo! aue, nt remarq s feroa i es, €t noud fragments doxographiqu diano e e ils sont pauvres et de nous ne savopas el a een lons Sans doute, et nous né vou s toute la période des origines, 0 aécrit. ase quedl'on és chacnaqquea cephrqui entahèses apres park e mistentnre par être p pini Èserall Le à moiins de ne rien dire, i i, ici dan di et Maiis cecii dit, um re i doc r tant que: lquesd la sagesse — nous avons pou Nous les avons i p qu'ils soient faux. en.a— et de construire le . de les— p alioasilésDe sans plus avec eux i e i nt tout de cet. te sentn.ress| ortir ava parais e noudocs ume Npinz | ntatio éatoire se qui estconcdretaet RE tion posi l'op soled ns-nous, d'ordedrece plus | Pp ea s plu , e par s abstrait versel, plu e plus ‘uni È D entadad'o: rdr v les ang des é alit l'ég de pos à pro La mon ht l'a pas ge o (f constatée, mais necar sommet. Thalès l'a er si i trad la si t, convergen Les deux remarques une a d n "o o d ur cette opposition entsrel'œuvrea de Thalès, c'est que | ion, dan re, il y avait, pourn.d'autres pro| dans cette œuv ch aieffo rt démonstratif. iti br er a= ue impunliqpasuesagquee àla| te rem te toa Recetequi concerne arq = ho s Thalès, en r? , voi pou nons nous en reteSans A , pour mys lequi inductiveique ité abil prob une ne son s olen con ntif , dan Sheet le moment de l’histoire de l'esprit scie

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peut 358 s'insérer l’œuvre du Sage. Et notre hypothèse, c'est que nous aurions bien alors avec elle, le commencement de la géométrie grecque. cas qu’ellene mérite de la tradition relative à Thales. Mate tell Nous ne pouvons pas, en tout esprit critique, faire quelle, elle évoque le moment où, s'évadant du souci technique à peu près exclusif, et en tout cas primordial, l'esprit humain passe de la technique à son explication. Certes avec le mythe il a expliqué dans une certaine mesure les choses, d'une façon désintéressée, spirituelle, et déjà intellectuelle, — si l’on veut sous des divergences qu’on ne saurait jamais assez exagérer, voir tout de méme les affinités profondes des tendances mentales. Mais cette explication restait en dehors du monde réel de l'expérience. Celui-ci, c'est dans les techniques qu'il commence à se révéler et à s'imposer. Et lorsque la tendance explicative et, par rapport à l'utilisation technique matérielle et stricte, désintéressée s'applique à la technique elle-même, c'està-dire à l'expérience réelle, comme dans les problèmes rapportés à Thalès, l'effort scientifique est né, avec la géométrie. La tradition nous représente en somme assez nettement ici le passage des satisfactions mythiques de l’esprit, d’une part, et de la tradition technique routinière d'autre part, à la volonté explicative et démonstrative, à une expérience rationalisée La naissance de la géométrie au vi? siècle, qui ne se révèle à nous que par les pauvres restes de la tradition relative à Thalès, se présente bien, à ce moment, comme une expérience technique qui, pour se justifier, se coule, peu à peu, dans une démonstration rationnelle. Le souci de rationalisation s’emparant de l'expérience technique, et de l'expérience tout court, voilà bien l'attitude foncière que nous retrouverons, sous des ‘formes des degrés divers, s’accentuant tantôt du côté de l'organisation rationnelle, tantôt du côté de l'expérience, et tantôt encore du côté technique, tout le long de ces efforts qui constitueront au cours des áges noire science. L’Orient, l'Egypte, jusqu'ici du moins, ne nous ont rien révélé de tel. C'est donc bien une nouvelle époque qui commence, dans l'histoire de l'esprit et du savoir humains, et qui va étre, en quelques générations, d'une extraordinaire fécondité. Elle va jeter tous les germes quise développeront plus tard, et en développer quelques-uns jusqu'à de hauts degrés de croissance. — Nous devons, en toute gratitude, l’appeler l’époque hellénique. D'une façon plus précise, nous voyons dans la doxographie thalésienne le souvenir plus ou moins légendaire du moment 359 technique où le où quelques propositions sortent de l'état simplement des sont tion ifica quant la et e mesur la nombre, sans souci pratiq es recettes, des enveloppes, et des formulifiques, 4 ues, sens du notre scient démonstratif. Elles deviennent souci. ce ement direct moins ou plus mot, en évoquant moment La tradition, ou, si Von veut, la légende qui fixent.ntce bien mésemble , vers le vie siècle, et en font mérite à l’Ionie Thales, de riter créance. Peu importe la part ique sont le Ces humbles commencements de science théor ne de l’obprélude d'une rationalisation dans un étroit domai , peutssible inacce servation naturelle : la mesure d'un pointpeut-être encor e la rales, cadast être l'égalité de deux pièces de uction constr la ou es, ental ornem s construction de figure nteur, l'arpe à l'angle droit, nécessaire à l'architecte, comme ations syscomme à l’astronome. Ce sont les premièrest observ ltent à perme et alisen ration se tématiques de la nature qui , les tiques apodic nes certai tions, prédic ères la fois les premi de scienc premières constructions a priori. Et cette premièrec'est la egéola nature, il faut bien l'appeler déjà par son nom: mologie est parlante. métrie. Ce nom est un programme. L’éty que nous la contelle e, scienc la de it l'espr Le géométrie c’est cevons aujourd'hui, appliquée ici à quelques éléments d'observation technique et naturelle. nous Des successeurdes Thalès, Anaximandre et Anaximène, proest Il ues. matiq mathé les rne conce qui ce en ne savons rien menpas sont ne bable qu'ils n’y ont point ajouté, puisqu'ils tionnés dans les vestiges historiques qui nous sont parvenus. par Pline comme Seul un contemporain de Thalès est cité sons l'introducteur l'inventeur de l’&querre et du niveau ; traduis emplo yés depuis en Ionie, peut-être, de ces deux instrument des millénaires en Orient et en Egypte. d’admirables phySeulement les successeurs de Thalès sont ble vérita application de siciens, surtout Anaximandre. Et latrie de Thalés, c’est dans l'esprit qu'on entrevoit dans la géomé chercher. L'union faut la qu'il la cosmologie d’Anaximandre que nous fait physi la de ! l’espri et trie entre l'esprit de la géomé que qui, elle, physi e théori re premiè d'une ilité possib la entrevoir dite, et, non pénétrera la physique, de géométrie proprement au sens ifique scient ie théor plus seulement de son esprit. Cette u, conten son par sinon forme, sa par le plus actuel du mot ane. nicie plato goropytha trie géomé la sera précisémen (A suivre.)

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ique par M. Abel REY, Professeur à la Sorbonne, ae mesure à l'éclair les apparences célestes, qu'une tradition qui s. durera jusqu'au xvne siècle appellera plus tard les météore A l'instar de celui-ci les astres ne sont que des apparitions permanentes, en un lieu déterminé, du feu céleste. L'origine des choses, il ne l'appelle pas l'eau ou l'humide comme Thalès, mais l’&repov, l’indéfini. Il ne paraît pas pourtant LA PHYSIQUE D'ANAXIMANDRE, Nous avons insisté sur Thalès cer i | point de départ de la transition de la det oe sa ei semi-logique, & cette science logique qu'est la pd pa ir en ce qui concerne les mathématiques du moins, | “Nous ato n ive siècle. du vecarauil nous vement dre, nt définiti ey ia AM ee Anaximan paraît cannerle : ce qui concern de cette même science logique enl'étude des sl c'est-à-dire TOS que les autres cette méme transition nei | i : en ce qui concerne les êtres vivants et la Anaximandre semble avoir suivi : i S n> mug celui -ci ee | j els , Thalés a une génération, de 640 à 548. Il fut son « partie de la corporation phil associé » (1) osophico-scientiDane he et, qu'illustra le prem ier, Thalès, si mém i pas ca lument son fondateur, L'œuvre nouvelle ay à = amami a vécu probablement de a610fin ppei en 570. Il avait, dit-on, 64 4 547. Son en es ans quand il écrivit on aen EM leg c'est une cosmolog ¿De ie et une iranlarge rrassées, dans le detail du moins, mystiques. Elles se présentent comm d’idées religieuses pa tions désintéressées et vraiment Denennie da jee de comme les premiers efforts géométriques de Thalés — les plus désintéressés — ont pu étre un essai de logification de certains Il est certain qu’Anaximandre assimile dans une certaine L'Ecole Ionienne (suite), ce que n par La cosmologie d’Anaximandre est une physique : elle part de considérations tirées de la nature. Au vrai, elle est un premier essai de logification de ce qu'on croyait savoir des météores moyens de mesure. ee V priélés as 453 (1) Rien Pour servir, an “i = justifie les réserves de J, Tannery à cet égard. qu'il faille lecréditer d'une notion abstraite conceptuelle, d'élaboration tout à fait autre que celle de Thalès. Gardons-nous ici d'interpréter le sens du mot, à travers les discussions philosophiques d’un siècle ou deux postérieures. Avec l'école d’Ionie, nous ne sortons guère d'images sensibles toutes confuses encore et assez floues. Si les premiers Pythagoriciens ne sont pas loin, c'est plutôt en rapprochant leurs idées des idées Ioniennes qu’en faisant tendre celles-ci vers leur propre maturation au siècle suivant, qu'il faut interpréter la physique d’Anaximandre. Cet änzıpov semble bien s'apparenter au « chaos », à l’abime entre ciel et terre des anciens mythes, en ie rationalisant, enle sensibilisant aussi, sous l’aspect d’un principe naturel qui procède de celui de Thalès comme procédera de lui-même, à son tour, leprincipe d'Anaximéne: l'air, par lequel lesuccesseur le précisera peut-être empiriquement. L'opinion d’Anaximandre nous paraît précisément intermédiaire entre celle de Thalès et celle d'Anaximène. Certes le premier a dû choisir parmi les principes mythiques l'eau, ’humide, la vapeur, à cause de sa plasticité d'où tout le reste peut sortir, à cause du rôle éminent ainsi joué dans les météores et dans les générations. Mais il dut sembler à Anaximandre qu'on pouvait dans ces mêmes principes mythiques trouver quelque chose de plus plastique encore, donc d'antérieur à la forme liquide : le chaos, ce dans quoi plongent les eaux supérieures et les eaux inférieures et d'où elles procèdent tcutes deux, et aussi peut-être ce qui reste entre elles (1) où (1) Bien que la critique de Decharme sur l'étymologie xatvaw (être beant) soit troublante. Mais il peut y avoir quelque chose de ce sens, dans l'élaboration de la notion.

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prennent naissance les nuées. N'est-ce pas là que se formen! avec celles-ci, l'eau et le feu, et là que ces nuées prennen! toutes les formes, sans donc en avoir aucune de propre. L’imagination d’un flou indéfiniment plastique, etimmense en même temps, l'imagination de quelque chose d’antérieur aux images, les « nues », comme nous dirions : voilà qui paraît assez bien se situer entre le principe humide de Thalès et le principe aériforme d'Anaximéne : ce qui remplit l'espace, ou en tient lieu. Sans insister sur la signification exacte du xdos dans Hésiode et dans toute la littérature postérieure, très hésitante déjà, on peut envisager que toutes lesinterprétations anciennes le considerent comme un état indistinct, indéterminé, confus et immens« qui précèdetoute existence différenciée.« C'est que par nature el par essence, le chaos est ce qu'on ne peut point définir ni enfermer, emiprisonner dans la rigueur des mots. Car il n'est rien de déterminé. Il n'est concevable que par l'opposition qui le distingue de tous les êtres, ses descendants. Il n'est ni la nuit, ni la nuée, ni l'air, ni l’eau, ni aucun des dieux, ou plutôt il est en puissance. tout cela. Il n’a aucune forme » (1). L’&neipov laïciserait cette première abstraction. Il signifierait doncce quiest sans contours précis, ce qui estindéfinientant qu'image et représentation. Nous sommes acheminés parlà vers des notions qui joueront un très grand rôle dans notre science : la notion d'espace — très concrète ici encore — et mêlée à elle, telle d'un milieu indifférencié d’où sortent les différenciations. À l'appui de cette interprétation, nous avons surtout les textes d’Aristote qui, il est vrai, étaient tentés de tirer Anaximandre dans son sens. Il fait de 1 « Illimité » d’Anaximandre un corps antérieur aux corps, aux éléments, et distinct d'eux. Et malgré les controverses c'est, selon Burnet, sinon Anaximandre, tout au moins un vieux penseur très voisin de lui et qui lui emprunte « ses expressions les plus caractéristiques » que visent les passages d’Aristote où il est question d'un principe « intermédiaire » entre les éléments. Presque tous les commentateurs grecs les rapportaient effectivement à Anaximandre (2), | « Il déclare, dit Théophaste, que ce n'esi ni l'eau, ni aucun des prélendus élémenis, mais une subslance différente de ceuz-ci, el Rivaud, Le probléme du devenir..., p. 33. (2 It semble hors de doute qu'on doive rejeter l'interprétation de l'infini comme un mélange de particules en nombre infini : la confusion avec Anaxagore est à peu près évidente. 455 LES DEBUTS DE LA SCIENCE HELLÉNIQUE elle proceden! lous| les cie| ux el le mon|de gui est infinie, elt de(1).laqu > 'i nement edn mis certairien lemps, Vaccendiatl est à est le princi eli ‘ t n'es il squ pe primor puin si l’on peut direde= iat - qu' définitio eapl estE inissable .—IletestparIn ni de défimm n >> ft al son ensité n le iigni et t Hérodote, t i e, plus tard chez Pindareot et, Hésiod Hés encore qu' iode ne ! appia! i e el ua Chaos, Une fais cependant nous le trouvons chez PinQUIdarso reti j and », v otpérov: etce par ik ine drelparo s d'indésens que parie ler ‘sen nous avons donné, le premier aa uye g an (8). niWei, io le méle p tion qui sso teukle siglienifica nous abouti ns ici avec Na orp prginatali = ngPe e meter ||ori r di et etsaupou oe otid ae de Mil on ne rait exagér rei gl di , tre met oir n fall naximandre. y Lelagn atrimoiqu'insl netsemte,bleà bie Pactif d'A ou 5s de, pour oser u“poeit d'une image mylhot ort pour passer lès, à et telle qu'on la trouve encore chez Tha a oe & propos des textes qui een Lew r >, ay mM a une s le précisentsurencestoreimedan = ol text tes a r et de mo Sì pr G'il fau se garder de sp ia sc ; e ri E en nii¥ nions des vieux penseurs, il fauvt ag u e s idées e s les ndes. au sein de ce « primaire ts s ver trace des pas qu'ils ont fait notre science peu à i bien q n est um Ndapr lod e Et la tâche de Vhistorie grsh ja ri ce nil peut noter ici c'est la notion, ou lela« réa r n mies exprimé, que nettementla pré l'on duresit '«Pmaiinfsinidéj—inà déf notion d'un lieu indi inin, è es t les cas le temps, férenviennes n duquel seemedif nes au sei Da e” bor dan bor des ollair nt,qui, passagérement, s y difféqu'elles exisstel’entspa—ce,et,descorexi stences | comme dan cient. L’&rerpov ET LE MYTHE DU CHAOS. FF ts de cette Le mythe du Chaos est déjà bien voisin par endroi iale Sca grecque. Théophraste, A la de rore L'au in net Bur J. d. Tra ) 1 9) 2. . DV 16. più op. p. 2 (Doz., p. 476. R. P., P- 195. . Le probiéme du devenir..., p. 83, (a Rivaud os. Mon., XXXV, p- 204, sq. (3) Phil

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REVUE DES COUR AubeLg og milk dans Hésiode LES DEBUTS DE LA SCIENCE HELLENIQUE CONFÉRENCE S où la stabilité de la terr . Mm ieee we;rina à l'instabilité (l’indetermi nation sur le côté illimité, infini, « rt pipe, au contraire; on insist: n’est pas e « Tout au commencem A 4 1 J” concu comme tel), où se bonneo e "se int e flancs, Support à jamais sta ble iy toria Cine mour, Je pl : i ent fut le Kha os, et i l'A 116-120), plus beau des dieux immortels » (1) (Hésiode Théog *? 457 . Mais un jour, par la suite ensemble, en un seul tout sans forme e transformé en un œuf comm été ayant , indéfinie des temps lui-même un être double immense, il engendra et produisit de qu'on appelle hermapbroet résultant de l'union des deux sexeschoses procéda en premier qui , s toute de dite. C'est lá le principe ation ensuite la sépar lieu de la plus pure matière et effectuadeux premiers, la terre des quatre éléments, forma le ciel des leur communion par terre, la de des deux autres ; or du ciel et choses. (Ib., toutes rées engend sont et réciproque, naissent x, ch. 30). ers « Orphée assimile le Chaos à un œuf dans lequel lesepremi e Hésiod suppos que chaos ce éléments étaient confondus; c’est et produit par et dont Orphée parle comme d'un œuf engenredré quadriforme (des la matière infinie, comme s'ensuit : La matiè tout un gouffre quatre éléments) étant animée (Eugpuxos)etfaisait un mouvement désor(Bu3as) infini, dans un flux perpétuel 111° siè i cle. Les éléments a aux « Rhapsodie I Fr anotre myth i rat i tachent aux s s (qui =ratent du premier ère). En es inte i avec quelques a = siècle, donc de poèmes siècle tout ok um P’ambiance d’Anax i =~è a mythes antérieurs. us savant s des ils di choses fut leChaos: par Le lui firent des limi mites et un fond x 1 1: È en fo ‘Ise: ses rtpartiSi decant solidifi os se r partiesa + mmense. A l'intérieur, et aprés un pal Som.thee |I ay ong, ? ges imparfaits, donné, d'où sortaient de toutes parts mille mélan nt à produire tenda ément, confus ait défais il même là que par conditions aux nt astrei un être vivant, mais ne pouvant être infinie, agitée par sa mer cette que nécessaires : il arriva enfin cercle, en r régulie et l nature ment mouve le prit , propre nature t et que, comme un tourbillon, que les substances se mélangèren propre plus le et mdr plus le de la sorte, ce qui dans chacune était t, creuse un dans e comm coula, , vivant à la génération d'un être l, généra llon tourbi du n l’actio sous et rs, l'unive de au milieu environnant descendit dans les profondeurs, aspirant le souffleparfai te généJa pour e, décisiv et arrivant ainsi à la composition fit - ration. Car comme une bulle se forme dans un liquide, ilenseluimüri t, produi ce Puis . sphère de forme en une cavité qui l'entourait même, et emporté er haut par le souffle divin fruit et l'œuvre le comme lumière grande vint éclater en une très mourapide un el ovale forme une avec infini e animée du gouffr vement ». (Homil. V, 4, p. 37 Abel). (Recogn., x. ch. 17, « C'est do fr. 38 Abel). : à éternel, illimité Capita qui enseigne que d'abord fut le Ch ce chaos en Jui-méme mp €,t duquel toutes choses ont été fai ves n'étai ni ténèbres, ni sec, » ni DI cha ch ud, nii fro froi ni lumiére ni humide, id, maiis à la foi (1) Trad, P. Tan citations suivantes (2) Id, s toutes choses 57: In Mémoires scientifi confondues relatives au Khaos, Id., pare on P. 260, Pour les concepts, ou mieux Ces textes rapprochent singulièrement lesJonienn e en général, phie philoso la de et les implexes du mythe rent les s'éclai es implex Les e. imandr d'Anax ulier et en partic fulibien — e lumièr uns les autres et en méme temps jettent une e, tion transi la sur préfèr gineuse encore, — une lueur, si l'on du mythe à la scienc e. rêt, d'inté pleine si si obscure et qui serait de du enten bien ns laisso (nous ici es éveillé sont Les idées qui côté tout ce qui concerne Phanès et ne retenons que l'implexe dans du Chaos), idées qui s’enchainent, malgré tout, entre ellesd’une prou ou peu ais désorm eront un système logique,. subsist

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REVUE DES Co URS ET CONFE RENC façon continue dans notre science LES DEBUTS DE LA SCIENCE HELLENIQUE logique et nécessai »” e» Ire, ésr gr Le L'infinitu et des mondes ne feront d'une façon tout a faii t sporadique ans l'école de Milet d i (1) plus physique, la cosmologie d'Héraclide du Pont, d'Aristarque ‘nt q il disail que | ma subsiral et toute récente fi » : (9). F l a : que l'enseignement Plus grande e la simple ont i de Thalès ait été assez t ‘ partie ôt mit, ce qui n'est pas trés cro oublié dans sa des faits ani na Images eile se à une cosmologie srri e plus l'attention, il s'élévera one L'image nous, et à demi météorologiqu rin elle est tellement de (que, en reste le point de de a te et amplifiée, par la Canet (0). Mais dépassée l'infini_ et denne,nel, qu'elle devient, de paintings n de . 459 ive monde, de sa genése et de sa place. La conception figurat ici a , science la dans rôle grand si un jouer de structure qui va els. easenti plus les éres caract ses fous avec e, origin son théories On peut, on doit, suivre la filiation ininterrompue desimandr e, d'Anax sse l’esqui de partir à es cosmologiques grecqu . riciens Pythago rs premie les par reprise est qui effet C'est elle en ore Pythag de La légende, ou, comme on voudra, la biographie philosophes. évoque lc souvenir de rapports directs entre les deux est retenue La cosmologie Anaximandrienne et Pythagoricienne Et il directement par Parménide dans la physique de la 3o£«. ns oricie Pythag n'est pas difficile de voir qu'à travers les seconds rie géomét la à grace , elle deviendra soit la cosmologie grecque du cercle et de la sphère, nous voulons dire la cosmologie Plale système du monde jusqu'à Cotonicienne et Aristotélicienne, pernic, soit par une autre dérivation géométrique aussi mais I ssoire de Samos et de Copernic. « Il dit que la terre est de forme cylindrique et que sa pro- » Ps, Plut. Sirom.,p.2. fondeur est égale au tiers de sa largeur. (R. P., ib.; D Y, 2, 10). « La terre plane librement sans étre soutenue par rien. Elle demeure en place parce qu'elle est à égale distance de tout. de La forme en est convexe et ronde, pareille à une colonnecôté du est l’autre et s surface des pierre. Nous sommes sur l’une opposé ». — Hipp., Ref., I, 6 (R. P. 20; D V 2, 11, 3) (1). qui « Les corps célestes sont des roues de feu, séparées du feu encercle le monde, et encloses dans l'air. Et elles ont des évenlss lesquel pour respirer, sorte de trous pareils à des tuyaux, par e les lorsqu aussi, raison, cette Pour s. céleste corps sont vus les semble lune la Et évents sont obstrués, les éclipses se produisent. tantôt croître et tantôt décroftre selon que ces trous s'ouvrent fois plus grand ou se ferment. Le cercle du soleil est vingt-sept la lune est dix-huit _ singulièrement la constitution de notre 1,6 (R. Pa, ‘<r 8 Nelle (Ritter» Zell + Bréhier, Dans te sens eller, Teichmuller, Tann 20 ; DV 2, 11). « Anaximandre disait que les étoiles sont des condensations des flammes d'air pareilles à des cerceaux, pleines de feu,soufflantplus haut de le est soleil à un certain point par des orifices. Le étoiles les celle-ci de sous au-des ct lune toutes ; après lui vient la conceptions Eist "Re grecque.) que celui (de la terre tandis que celui) de fois aussi grand. Le soleil est le plus haut de tous, et les roues. des étoiles fixes sont les plus basses. » —Hipp., Ref.,1, 6(R.P , ye l'interprétation tradi aud, et Robin La Penice (1) Trad. Burnet (op. cil., p. 1).

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ERENCES fixes et les planètes. » Aét, 2, 18). II, 13,7; 16,6 (R. P. 19 a : Dv . ? ;« Anaxim : andre disait que le solei oleil est un ann i a nem que la terre, semblable A une ne on we creuse et pleine de feu, montrant le feu à un ce mai RP ov à travers la bouche d'un soufflet. » A& + noe 11,20, ; E DV 2, 21). + la; anga disait quele soleil est égal à la terre, mais est vingtan PA on a et par lequel il est mü en i p. q DV 2, 21). grand que la terre.» Aét, II, 21,1 (dox.. « Anaximandre disait que la lune est scesi grand | SA e que li barra sn re... x un anneau dix-huit fois »—Adt. II, 25, 1 (Dox., 355 ; DV 2, système Fee: est d’une telle clarté dans les qu'il ny a presque pas lieu à commer-- 8 taires. passa Nous reléverons seuleme nt que d'après Aéti omens , 21, 1) comme danstout le reste dela doxo wer de a 27 foisla La plus quepour e il ne l’est nombres 18 luot. FeHippolyt den donnés nt égaleme sont l'anneau de il nous ost dit quelo a nue que dans le second toute q eil est égal á la terre, mai nt plus grand, toute contradiction Espera > ee ton. de l’anneau, 28 à la cie fé intérieure circonfére rencedeexté loué nn dn nce même pour la lune. La cohérence serale sont densiy us pouvons nous fier aux indications qui nous lus N'oub q lions pas 15 d’ailleurs que les doxograph aae + am purement orale, Scie loreal ion + Anaximandre a écrit un traité sur la nature a mier en date des nombreux ; la tradition scientifico-philosophique de doni ae estime maa l'avoir eu encore en nh Pere 3Frei , Scientifi ve de ) : eu+ presque toutes les réfé rences de la doxo gra hie been deste a pei dérivent, d’ap rés une critique siria t Sie e Theophraste, le successeur d'Ar ycée, a partir de — 322, l'œuvre (1) Trad. , Burnet y (0p. cit., p. 2) Ref. in Philosophemena, Y. sh. istote à la tat d’Anaximandre devait P., 20; DV, 11) 461 hraste d'ailleurs semble exister a fortiori à cette époque. Théop ent. Nous avons donc ellem l'avoir citée au moins une fois textu satisf aire les plus exipeut ine l'orig ici des indications dont seants. ” Le système du monde du Milésien est alors relativement aisé à rétablir. tre, nous Un disque plat dont lahauteur est le tiers dus, diamè concepune et représente la terre. C'est la conception de Thalè la conce ption particulier tion primitive assez fréquente, en adopt é la conception Chaleût pte Egyptienne avant que l'Egy simplement précisée est Elle que. phéri hémis déenne de la terre un cylindre, pareil à d'une façon quaniitalive et géomélriqudee:colon ? le texte est une colonne de pierre (un segmentimportanne aulieu de flotter te, plus peu sûr). Mais, chose beaucoup s antérieures gonie cosmo les et s Thalè dans sur l'eau, comme demeure en place, simplement elle n'a plus besoin de support, et de Est-il besoin de souparce qu'elle est à égale distance tout.licat ion mathématicod'exp sorte ligner l'importance de cette l’abstraction, dans ès progr ble rqua rema un mécanique. C'est exigences des à ue dans l'effort pour substituer un concept logiq s fait un nouveau pas et des impressions concrètes. Nous avons'accorde assez bien vers la représentation rationnelle, ll s'éloigne elle aussi la notion avec la substitution de P’äreıpov, dontte, matrice originelle et de l'appréhension sensible et concrè à lavers le xaBorrxdtepoy universelle. Nous continuons l'ascension (’universel, c’est-à-dire le rationnel). ion des eaux d’en haut Autour de la terre, il n'est pas questbesoi flotter que la plus et d'en bas. Les astres n’ont pas é le dos surn de tà l’aloôrpoin ce tourn nt déme terre. Nous avons déci à une ver s'éle rorepov (le sensible et le concret). Mais pour d pas moins l'observation conception logique, on n'en pren tnés dans un mouvement entra pour base. Les astres sontCe mouv ement a été le premier . estre de rotation cireumterr la façon quantitative: le jour etbien à être observé et décrit d’une aussi ée, l’ann de re nuit, par la rotation solaire; la mesu ducoucher solaires, que par la par le cycle des positions dulever laetmesu re du mois et de la ses; signe les et rotation stellaire s! unaires. La grande rotamaine, par la rotation et les phaseelles June, annuelles du tion diurne et les rotations mensus, voilàdecela qui é l'imaétoile soleil, et annuelles aussi des mesures, en tableas frapp tions situa gination et qui s’est précisé enmillénaires. Or, pourdeune imagi successives depuis plusieurs n qu'u t-ce qu'es nes, Hellè celle nation visuelle aussi nette que

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mouvement en cercle, sinon le mouvement d'un cercle, d’un: roue, l'une des premières machinesinventées, utilisées parl'hommavec le levier ;et peut-être inventées magiquement avant d’; voir été réalisées techniquement. La roue qui surmonte la perch. (gnomon?) comme dans nos máts de cocagne, chez les Ami. cains, postérieurement au néolithique, mais antérieurement i leur séparation d'avec la branche paléo-asiatique, est ce qui, m.. giquement, fait tourner le soleil. Les astres brillants seront dor: accrochés à une roue qui tourne. Et de suite Anaximandre cherch: à préciser le concept de la roue, si l’on peut dire, et l'on doit dire. Le soleil, la lune, les étoiles antant d'anneaux circulaires: les jantes des roues. Pourquoi ces anneaux brillent-ils en un point ? C'est que chacun d'eux est creux « semblable à une roue de char, avec une jante creuse et pleine de feu, montrant le feu intérieur à un certain point, comme à travers la bouche d'un soufflet ». Pourquoi la lune a-t-elle des phases ? Parce que l’évent dson anneau se bouche plus ou moins d'une façon périodique. Pourquoi les éclipses de lune et de soleil, totales et partielles ° Pour la même raison. Il est impossible de ne pas songer en énumérant ces réponses à la magnifique maxime de Marcellin Berthelot sur notre actuell: science de la nature : «... en partant des faits les plus vulgaires, de ceux qui font l'objet de l'observation journalière, la science s'élève, par unc suite de pourquoi sans cesse résolus et sans cesse renaissants, jusqu'aux notions générales qui représentent l'explication commune d'un nombre immense de phénomènes ». Avec la seconde génération des « Milésiens », avec cette individualité puissante, ce génial Anaximandre, que nous sommes loin des théogonies et des cosmogonies des quatre siècles précédents, et des millénaires antérieurs de l’Egypte et de l'Orient — du moins de ce qui nous en est parvenu. — Loin d'elles, et dans le sens de notre moderne esprit scientifique. Ne croyons point d'ailleurs qu'il ne reste rien de la mentalité antérieure dans l'esprit d’Anaximandre — non plus que dans eet esprit moderne. D’où viennent ces distances de 27 diamètres terrestres pour le soleil, de 18 de ces diamètres pour la lune, et, sans doute bien que le nombrene soit nulle part dans la doxographie, de 9 diamètres pour le cercle des étoiles, le plus voisin de nous ? Sans doute, comme * 11) Arch., X, p. 229, Diels le fait remarquer (1), LES DEBUTS DR LA 3 46 sole - IQUE> SCIENCE HELLEN (multiple de 3) joue un i on 9, 18,, 27 s. AnaximandTM®, 20 | primitive progressi la que ce de ode (plus exactement: les dans considérable mequidesBe com mité illi bre nom en y al an ar reg , part e ap ion tradit temps qu'une jes mondes qui, pour le soupau mme un . Nous avons aere EléaLes, et chez Empédocle, dieux) tit chez les pr ay de mot dcd; signifiait des théogonies = ke conir Comme le fait remarquer ‘i d'adoration plutôt ieurs. qu'une es OF agua le pense Burnet (2), les philosophes re mette serait ici à l’origine de ce ag reli jeux du mot Anax im: essiv ement de l'emploi populaire € a 5 considérait ene PE Je même sens que, selon a t st le commener e divin l'infini lui-même, qui non ne prioni toutes pie dotoutes choses, mais i Canl doit s'agir d'ail. ce cas . reine e lote gouverne le na . du mouvement du ou des mondes. a Nous ieset des cosmogonies : incipes tendenti è des théogomes voyons au fondles souvenirs 2 les pri eurs re concept de matiè temps Pr le dépe se rationaliser en même en , sant nali rson yAr en 6e = matérialiser, et Lar “ali core, ‘ . | est mA: equrvoge , thropomorphisme immédiat. (A suivre.) s'éloignant d'un an (2) preda deia phil. gr», P- ob de la tr. fr. 5* bd., vol

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NATI] 659 l’äreıpov, défini par Diels, suivi en cela par M. Rivaud, comme une « notion essentiellement poétique ». Sans doute; et nous Les débuts de la Science hellénique l'avons marqué nous-même, en reliant cette notion au Chaos mythique à l’indéterminé tant au point de vue qualificatif qu’au par M. Abel REY, point de vue images, à la confusion de formes dans l’amorphe. Mais c'est aussi le lieu où prennent naissance les formes, Professeur à la Sorbonne. et par 1a, le lieu où l’on peut concevoir, définir des limites. N’en VI L'École Ionienne (suite.) Comment notre monde s'est-il constitué aux dépens de l'in. fini. Laïcisant et rationalisant ici encore la pensée des antiques cosmogonies, Anaximandre oppose le xó6cuos, le monde harmonieusement organisé, au chaos primitif de l’äreıpov. Nous arrivons. au terme de l'ascension cosmogonique, vers la clarté et la distinction des images, vers le premier exemple des représentations claires et distinctes de la science. « Avec lui s’introduit cette conception d'une multitude d: mondes différents, qui revivra dans l’atomisme, et auparavant. sans doute, chez quelques-uns des Pythagoriciens. D’autr part, ilattribue à chacun de ces univers les caractères distinctils. qui pour la spéculation ultérieure seront ceux du cosmos. Chacun d'eux forme un tout, parfaitement limité, poli et circulaire. qu'il décrit en detail. Limitation, perfection de la forme circulaire, netteté géométrique des contours, telles sont pour ini comme pour ses successeurs, les marques auxquelles se recornaît le cosmos. Peu importe qu'il n'ait point lui-même appliqr: à l'univers visible un mot que la tradition réserve à l'ordre pulitique et social. L'idée nouvelle d'un ordre que traduit l’harm:nie de la forme n’en devient pas moins après lui, un desélémunts essentiels de la spéculation physique »(1). D'ailleurs s’iln’a jus employé le mot de xéouos, il s’est servi de celui d’oupavos qui prend une signification analogue : un ciel est une organisatio:. définie. Soit dit en passant, ce géométrisme, cette idée de limite br": distincte peut ‘sembler contradictoire avec le concept «i (1) Rivaud, op, cit., p. 91, faisons pas plus que du Chaos Hésiodique l'espace, même qualitativement représenté ;encore bien moins quelque chose d’analogue à l'espace géométrique, mais prenons le tout de même pour quelque chose qui y tend et y prélude, par l’épuration du mythe. Dans cet indéfini primordial naissent des mondes innombrables. Saluons la première conception — encore très floue sans doute — de l'infinitude de l’Univers et de l'espace, que cette infinitude soit conçue dans le temps, par une succession de mondes se remplaçant les uns les autres, et tous semblables entre eux, donc au nôtre, ou imaginé dans l’espace, par une coexistence de mondes en nombreincalculable et semblable, également entreeux, Les textes ne nous permettent pas de trancher la question. Ils ne sont catégoriques que sur la première alternative: c'est la laïcisation et la rationalisation des renaissances et des morts successives de Univers et des dieux dansles théogonies et cosmogonies mythiques. Mais il est vraisemblable aussi que ces mondes liés au rythme de la succession et du retour éternel soient en même temps une multitude au sein de l’indéfini infini : « Anaximandre, Anaximène, Archéloos, Xénophane, Diogène, Leucippe, Démocrite, Epicure : des mondes en nombre infini dans l'infini. — De ceux qui affirment l'existence d'une infinité de mondes, Anaximandre met le même intervalle entre eux, Epicure au contraire le fait different.» Il est très difficile d'interpréter intervalles comme intervalles de temps, car la multiplicité des mondes Epicuriens est déjà simultanée (Aetius, II, 1). « Anaximandre a affirmé comme dieux les ciels en nombre infini » (I, 7), N'oublions pas qu’Aetius puise dans Théophraste par l’intermédiaire d'un abrégé composé dansl’école de Posidonios, (Diels), et dont s’inspirera Cicéron ; donc à une ou deux générations d'Appolore qui possédait encore l'original d’Anaximandre Simplicius ne nous dit-il pas dans son commentaire sur la Physique d’Aristote: « Ceux qui admettaient des mondes innombrables, par exemple Anaximandre, Leucippe, Démocrite, et à une date postérieure, Epicure, soutenaient qu'ils naissaient et,

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périssaient à l'infini, quelques-u ns venan i sans 'ezi el d’aulres périssani? » L’äneıpov embrasse unpet tc Yexpression des doxographes) des mondes innombrables dans L ‘ A dans Tespace; et nous assistons là à la naissance du idée (l’infimité du Tout, et des mondes) qui dominera Pécci Jonienne, certaines spéculations pythagericie nnes, puis Pate. misme, et après une longue éclip se due à la grande philos, phie grecque, soutiendra lors de la Renai ssance conception de Univers et de la science, nouveauté, qui te e buble une nou} ‘certains aspects est un renouveau. Chose remarquable : comme chez les mêm aux mêmes époques, et comme chez tous ceuxes+.phitensr; le retour cyclique des choses, les textes nous indi uent e”. une formation, une constitution, un destin semblables our les mondes. La encore nous sommes & la porte Las des anda constructions scientifiques analogues aux nôtres et sit Ip bi rain d’un déterminisme qui les rendra possibl es : ] dans les effets et pa parTapp rappo o:rt aux causes qui ni les produ ue ise, si pe «.- ere elle est la marche de ce déterminis me chez Car, comme dans la science telle que la décrit Anaxi Be , ua ne sommes pas au bout de nos pourgu ni. Après chae:: re m. I autre. Pourq ele uoi et comment les mondes suniinfini-indéfini, et pourquoi et comment La doxographie, sur ce point encore, ne alsse lai et concordante, et de nous révéler une pensée it A wp rad « qu’à si de l’observation. SY rest ’être net! mn eel | l'origine de ce monde une chose me one le chaud et le froid fut séparée de an “ a orma une sphère de flamme qui se développa autour de l'air qu: seal la Terre, comme l'écorce croît autour d'un = eut été déchirée et enfermée en de certai une et les étoiles vinrent à l'exi arbre. Quan: ns anneaux, le sul!, stence » (1). La clarté de « texte ne laisse guère à désire Elle r. nous permet comme celle de nein gehipedda E heen et précis er ce que now a nature et le rôle de)’ senter la genése des mondes. Praeeneh de one repos Que l’&repov soit antérieure à toute différenciation {1)D.Ps. nel) 67,Plut. = fousBch i qual hs i; DY, 2, 10), cité i et traduit par Eu: LES DEBUTS DE LA SICENCE HELLSNIQUE 661 tative, à toute forme ou image sensible des choses, c'est ce qu'on voit ie, puisque deux des qualités qui joueront plus tard un très grand rôle dans la physique des grands philosophes et qui y sont absolument générales et premières :lechaud et grees, le froid, sont dérivées de l'éternel (l'éxepov est désigné par un de ces attributs d'infinitude : l’infinité dans le temps). Cette dérivation n'est même pas immédiate, puisque ces deux contraires sortent d'un même principe générateur qui se sépare de Férnpov, C'est par diflérenciations successives que se fait la genése : des qualités et des formes se dessinent pour ainsi dire dans l’indifférencié. — lesL'indéfini-infini est bien ce « corps dislinel des éléments dent nous quels en dérivent ensuile—ce corps sans qualijicalion» parte Aristote (1), et Anaximandre est bien l'un de ces « philosophes qui font de ce corps (distinct des éléments) l'infini au lieu de le placer dans l'air ou dans l'eau, pour éviter que les autres choses ne soient détruites par leur infinité (2). Les éléments sont en opposition, l'un à l’autre — l'air est froid, l’eau humide et le feu chaud — et c’est pourquoi si l'un d'eux était infini. les autres cesseraîent d'exister à l'instant. Aussi ces philosophes disent-ils que l'infini est autre chose que les éléments et que e’est de lui que ceux-ci procèdent ». Comme commente Simplicius (3) en rapportant un fragment de Théophraste : « Il est clair que, considérant la transformation réciproque des quatre éléments, il a jugé à propos deprendrecomme substratum non pas Pun d'eux, mais quelque chose de différent. D'ailleurs il n'attribue pas la génération au changement de l’élément, mais à la disparitian des contraires par suite du mouvement éternel. C'est pourquoi Aristote l'a rangé à côté d’Anaxagore a e Il donne la raison pourquoi ce principe est illimité, c'est que la génération productrice ne doit manquer de rien » (Aetius, I, 3), c'est-à-dire qu’elle doit avoir de quoi suffire à toute produotion, à la production des mondes mnombrables. De l’infini-indéfini se sépare dene ce qui engendre les deux oppositions du chaud et. du froid, et ensuite de ce générateur, les deux oppositions elles-mêmes, les contraires formant un couple-unité, ce qui est remarquablement logique. Car iis {1) Phys., T., 5.204.622, trad. Burnett. Op. cil., p. 56. (2) Il faut ontendre, comme le montre la suite du texte, leur infinité réciproque et simuftanée. 3) In physic., 6 a., trad. P. Fanmery (op. ci?.), p. 113.

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se définissent, Fun ]par l'autre,, Bears, ud a con jente et sont s ubsumés sou é pas dire que cette logique sat pleioors,3 ; chez Anaximandre. En tout cas,il en a le sentimen A ‘e qu'on rapporte de lui l'exprime. Il ne semble pas que Sin plicius, aprés Théophraste, force les termes, en les mod bei sant, car l'allure de la référence a un aspect bien primitifm u e pa et le froid ne se séparent pas d'une façon quelcona pia e chaud forme une sphère de feu périphérique conta . riperrn arbre, . le froid (l’air) est repoussé à Pine erre qui forme ainsi Je cent na Li mondes innombrables. 11 est vraisemblable en em h ir. Èhk et la terre sortent du froid. N'oublions pas que la hurto» on rie ce quatre éléments est bien postérieure. Nous ‘asin“| ell ee rca ge chaud et le froid. Le dia y i orce des arbres, se craquelle et se fendi y lá naissenti les anneaux porteurs des i astres ne (an ud i De devi Caper dront les ).ciels dee l'astro I’ nomie i populaiire et traditio litionnd nnelle jusqu’:. joan : ourquoi > la séparati rau on, les séparations sont-elles sein de l’éternel principe. Là encore, réponse mie a tei gi n N pui sera elle de Descartes, et de la physique moderne toni 5 es fois qu elle part du continu : à cause du mouvement, d ni ceca principe, done éternel comme lui, « un seul Mind ath| = oe n ge inni « Mais son en ‚Th andre dit que principe. plus ancien . que l’eau, 3 et que e t | le mouvement &ternel erba, urhe i qe cela se détruit A ve mowveren' es orme de ce mouvement ? Burnet veut uai ion only Fatsu trépidation dehaut en ner:i nv . e agoricien Timée d ji Platonicien qui porte ! son nom ; el comme dans leAtexteeu ique nd queom auraient en a tal bapapic circulaire, Burnet dit qu'il ea de ch i ats, suivi Anaximandre contre i q 4 forme. Et Tannery ajoute mer> ee inconcevable. La 1'h e que le mouvement raison nous paraît cirbien d'a ien logique pour un Anaximandre, si grand qu'ail imperia Co, ci ce sens, Quant à l’argument précédent, il er ni ans peu, puisque les mondes sont innombrables. le temps. Or le pseudo Plutarque nous physic., 6 a., trad. P E) Hermias , 10, re, SORT tafis“hp. 108, 1) In a di! 633 e que leur formellement d’Anaximandre (Strom, 2): « Il déclar résulté, ont tion produc leur avant destruction et bien aupar même.» la rs loujou ion révolul leur de fin, sans depuis un temps rs toujou diurne [ine peut s'agir là que du mouvement circulaire l’affirme Ariscomme Et, ciel. le même en effet qui entratne le tote de notre philosophe, entre autres ce mouvement circulaire a repoussé la terre au centre del’odpavas. thèse, Il est Teichmiller a défendu avec opiniátreté cette er chaque désign pour incontestable que le terme ciel : obpavòs, a fait fortune. Le mot monde, est certainement d’Anaximandre. e, pour désigner les ssanc Renai la ’à jusqu Il est resté en usage moins incontestable sphères célestes filles des anneaux. Il est au ciel autour de la que le mouvement régulier des étoiles, du ifiques humaines. scient ations terre,est une des premières observ qu'il a joué même de que ble embla vrais Il est donc tout à fait qui ne astres des aires circul ment égale ments avec les mouve ciel, du al génér aire suivent pas absolument le mouvement decircul que, métri onomie l'astr ance le rôle fondamental dans la naiss s des explications il a dû jouer un rôle de premier plan aux débutdébut s de la phyaux et , ifique scient nce tenda à ues cosmologiq sique. " ment entraîne l’infini Rien n'indique d'ailleurs que ce mouvesein de Vinfini, comme au bué distri tout entier, mais il peut étre s innombrables monde aux nce naissa nt donna des tourbillons tées à notre et séparant. pour reprendre les expressions rapporles embrasse. qui ov meprex du philosophe, les odpavit de I’ &mespov, Chaos, et du type du partir Si ce dernier doit être conçu à tourbillonnaires celui-ci à partir des Nuées, les mouvements leurs déchique ainsi ables, observ t emmen fréqu sont de celles-ci « ciels », aux ce rures et leurs effilochages qui vont donner naissan ire llonna tourbi t emen mouv ce Tl se peut donc bien que ce soit de rures déchi des at résult ux, annea aux qui se trouve imprimé l'ensemble, et qui constitue les mouvements célestes. La ? e encore Pourquoi ces déchirures de l'ensemble sphériqu doxodu. répon Anaximandre s'est posé la question et y a s de l'origLa de la ine propo à se graphie nous a conservé sa répon terre, la de froid, le dans ation sépar mer, c'est-à-dire de la de l’eau et de l'air, plus exactement des vents. e des hommes « Mais ceux qui sont plus sages dans la sagess ils, toute la disentd, indiquent une origine pour la mer. D'aborelle séchée par été eut région terrestre était humide, et quand vents et les sit produi ora s'évap le soleil, la portion d'elle

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les révolutions du soleil et de la lune, tandis que la portion qui en subsista fut la mer. Us pensent donc que la mer, en se dess¢ chant, devient toujours plus petite,et qu'à la fin elle sera entji. rement sèche. » (Meleor. B. I, 353 b, 5.) a Et ceux-lätombent dans la même absurdité, qui disent que la terre et la partie terrestre du monde étaient humides à l'origine, mais que l'air s'éleva par suite de la chaleur du soleil. que l'ensemble du monde fut ainsi agrandi, et que c'est la la cause des vents et des mouvemen ts des cieux.» (7b. 2, 355, a, 2 R. P. 20 a. DV 51 a 9) (1) « L’espace autour de la terre aur. humide, dont le dessus, vaporisé par le soleil (la sphère de flammes) aurait produit les vents et amené les mouvement: du soleil et de la lune dans l'interval le des tropiques, comme si ces astre s s'arrétaient et retournaient à cause des vapeurs et exhalaisons, pour en trouver toujours en abondance L: la mer serait ce qui scrait resté dans les endroits creux (mais le soleil continue & la dessécher, elle dimin sera sec). Ce fut là, au rapport ue toujours et un jour tout de Théophraste, l'opinion d'Ansximandre et de Diogene. » (Théo ph., p. 23. Alex. in meteor91 a) (2). C'est donc le chaud de la Périphérie ou vapeur (indistincts encore) qui a transformé en air l'humide du froid inférieur à elle. Il est même vraisemblable d’apr ès ces textes que ce froid devait être l'eau ou l'humide (ce qui s’accorde bien avec la sensation commune). Alors l’eau l'expansion de celle-ci se (1) Fag Se t ils sont pleins, à moins, comme Tannery mot xp interi da l'antiquité hellénique, que le feu ne soit pas incandes expresdon ccord avec l'emploi scientifique du nase et ne devienne une flamme, Ab, oe ee auunssoufflet stre Se en aon en des ouvertuleresest étroites comp de forge, à laquel convertit en vapeur: rt (autre souvenir de l'observation sans doute) produit les vents qui déchi rant la sphère de flammes enroulent pour ainsi dire comme dans une enveloppe feutre« ses lambeaux déchirés : « Les astres sont comme des feutres d'air en forme de roues, pleins de feu et ayant par places des bouches jetant des flammes » (Aetius, II, 13). Le monde est constitué. Les anneaux ainsi formé s se meuvent sous l'influence du mouvement de formation (des vents entraînés par lui), aux distances dont il nous est parl é. anneaux d'air sont assez opaqu es pour dissimuler ' a pee sont emportés par les cercles et oped oles “te ehacun est situé » (Aetius, II, 16). « Le ye toed 1, 6). faut, les roues des éloiles fixes au plus bas» ( reillesA des sont des ge EN pa Les étoiles nav _ ins de feu... » (Aetius, I , le feu ux . me de la = 3 I; a peat adopter | afeu traditionnellement ensuite, game on te eonaidbvera comme un élément, pesa et y comp ception du phlogistique au XVIII" SAD sur l'écliptique L'inolins ison des anneaux cp dig planbtes) inclinaison si Li Ù f it mentio % rétation | ? . (il n'est pas Spe oe Asie, complète cette atole oha a vere les germes de tant de théories que développe venir, . ’ i i i ‘avons plus qu'à transexpliqué, nous n avons à mimales et de l'e a météores puis re, lea naturelle en raccourci, Èapo chez les Grees, Le adele de s'ensuivront sagre a ws celles rare ei tout es, celle d'Aristote dFe ice À Pene E te la science officielle pendant pres ce maine. mais Delointaine, velo édie atomistique d'autre part, pd ps ca de la science moderne et surtout con : esi le déveerdi ici marquer, parmi les a rg er id à nöparer les loppement de la pensée scientifique, la ten hysi e de l’astroms bsores des astres, et la météorol de hil, ant entarés nousArente ae ie. Chez un Thalés, du moins enogieceouquiphy pop estons loin. Peut-être l'idée que la cana hémisphéeaten qui la recouvrent comme d’une Trad. Burnet, op. cit., p. 67. Trad. P, Tann op. cil., déjà traduit ci-dessus” 7 HoP. p. 117), 117), entre crochets le passage d'Arlstote PRE /). pe eesone. Les autres peuvent être si og alqu ay 1) ar 13, ait été occupé par l'élément (1) Op. cil., p. 92. calo

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rique et ]par là règlent les mouvemen ts d es astres, = bien vaguement dans la dire ction Due cg a une météorologie. Et certainement i ee alors Vids. N weLa Ee foe météores. fixit: une périodicité bienacceptéeet eosmologie, si cohérente qu'elle doit représenter les observations qui ont été au point de départ des spéculations d’Anaximandre. vers, celui-cÈi bien évidemment co o i smologique , physi ae aon Mais la foudre, l'are-en-ciel, les pa imcFerien ra vraiment les météores dans | ultérieure par opposition aux i vo nforme la ze nature que les en, sn Sparten: ' coup de génie 1 d'Anaximandre c'est d’avoir devel tnt ee ea Si le feu des me 2 = 8 e que tous les feux, il est enfermé système qui n'a .plus rapport du ka sonetation liseaucun à pport avec les > ; 8 y oppose. Et c'est ce système, les grand si a, a machine-univers, qui est ca ital L fo feu météorique n’en «s' Le ant.. La physique pial. que l'habit : cosmolog la théori nature c est-ä-dire de l’Univers, est distiique, ncte de la + I Per 0 jr et son but. tai rande révolution qui inaugure vraiment la a sc sci 4 = sto nnen face des sciences de détail, encore een = org:muriraSi eig qu'il semble qu'elle ne pi prise et acceptée dans mène revient vers la météorologi È gie, et Xénoph an l’écol i ment . hors crest ouvert depuis la naissance du monde et ne se bouche ou ne Fanale fe ic e qu’inspire. | de l’Ionie,les successeurs direct. sd ? Sverige ge nt en grande Gréce, Pythagericinne“el :“e 5, sont de nouveau physiciens, Et à partir de là. la météorologie n'est pl | rj : tradition impos P us qu une province de la physique La cosmologie en est une généralisation fondée, et derechef il nous semble voir ici confirmée notre interprétation de l’&reıpdv et du Chaos et nos vues générales sur l’école de Milet et les premières théories de la physique, au sortir du mythe. L'éclair, comme la production et les mouvements du soleil, de la lune et des étoiles est produit par les vents, annonciateurs de la tempête. Le feu est enfermé dans un nuage épais, comme les anneaux des nuées célestes. Il s'enéchappe avec violence par une déchirure, comme il s'échappe des orifices des anneaux en wee malgré tout son génie, Héraclite, peut-être àpini rios Cette explication des phénomènes particuliers de la météorologie est remarquablement cohérente avec l'ensemble de la axi cerne la nature où il est si près d’Anaxim ; ae 3 ene, et, a dans une e E ms pm par les vents. Quand il est enfermé dans un nuage épais et qu'il s'échappe avec violence, la rupture du nuage produit le bruit, et la déchirure offre l'aspect lumineux par contraste avec l’obscurité du nuage. — Aét., III, 3, 1 (Dox., p. 367 ; DV, 2, 23). Anaximandre soutenait que le vent est un courant d'air (c'est-à-dire de vapeur) qui s'élève quand ses particules les plus fines et les plus humides sont mises en mouvement ou dissoutes par le soleil. Aét., 111, 6, 1 (Dox., p. 374 ; DV, 2, 24). La pluie est produite par l'humidité pompée de la terre par le soleil. — D. Hipp. Ref. 1, 6, 7 (Dox., p. 560; DV, 2, 11). y a un principe commun des choses, de la nature, de l'uni. ie 667 et que la astraux: le bruit vient ici de la déchirure alors quel'orificeastral se débouche que lentement dans les phases et les éclipses. Tout cela, c'est une fidèle description de l'ouragan et une interprétation logique des faits, étant données les prémisses. Que ces prémisses viennent précisément de l'esprit mythique, il faudrait bien plutôt s'étonner du contraire. C'est l'esprit mythique qui a développé le besoin qu'a l’homme d’être satisfait par une réponse A ses étonnements. C'est cet esprit qui pousse, chez les Grecs, (avons-nous du moins cru pouvoir le montrer) à la rationalisation, à l'explication. La raison est aussi LES MÉTÉORES. , :i = = qui reste de l'hum idité primordiale. Le feu en i Anaximandre soutenait que le tonnerre et l’éclair der . +) (1) Trad. Burnet (op. cit., M1, p. 71). 16, - P. 20 a :DV2, : en bien un instinct et un désir mystique qui tourne le dos à ses origines et se pose en s'y opposant, comme ces enfants drus et forts qui frappent le sein de leur nourrice... Mais il appartient de noter dans tout ceci la remarquable logique qui, par des inductions parties de l’observation, aidée par l'ambiance mythique où s'est développée la pensée du philosophe, promue par la (2) Trad. Burnet (op. cil., p. 69.)

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ÉNIQUE LES DÉBUTS DE LA SCIENCE HELL on = mm REVUE DES COURS ET CONFERENCES réflexion sur cet amalgame et parle besoin de voir clair, d'avoir enfin des images qui s’enchainent et s'accordent, pénètre tout Te système. Le même esprit anime les derniers pourquoi d’Anaximandre, la genèse des créatures vivantes. Il n'accepte pas d'oppositions » de miracles. Il faut que tout se déduise, nous avons bien dit : se déduise des prémisses. La cosmogonie est déjà eu passe de devenir une histoire naturelle, une histoire des époques de la nature. On a prononcé le mot d'évolution à son propos, Nous le croyons injustifié. L’accord est extérieur et verbal quant à la théorie. Mais il est plein quant à l'esprit, car c'est l'esprit scientifique : des observations quisuggérent des généralisations, et des généralisations qui s’enchainent logiquement. La logique peut être puérile, Elle n’en est pas moins de la logique, comme les pourquoi d'un enfant et les raisonnements qu'il réussit dans certaines de ses réponses, si cocasses qu'elles puissent être. Il suffit de céder encore une fois la parole aux doxographes, e."i y a là uneose daxiimnént a à Anaximandraie ou a An Yagssgait-il du pol Chaldeen a tiples exempl E connu p e eeuit(e. Cainr stonrua atmetrnt int é é à Anaximandre, ib ibu pure ; sphère céleste interi i gd i la construction d une he pol e es à —a r ni * a' Anaximandre évoque deCepner sont li oom du polos l'araignée des Grecs. pal es. ken | jectur e conswatrk)uctipaonr = un d' n tio ibu ttr l'a t es foi n de e gn di Plus ancheté.(m Le disque ter ‘are carte de la terrlere,, etSUTdeunsae groplssi tre |y = i ed r. me la de eu li mi a0 l s d o t o R E VAsie, et Delphes s'en trouval on,5 el 1 e a er Sn réalisati y a blable à un autre animal, à savoir à un poisson. » Hipp. Ref. T. 6 (R. P. 22a’; DV 12, 11, 6). «Les premiers animaux furent produits dansl’humide, enfermés chacun dans une écorce épineuse. Avec le temps ils firent leur apparition sur la partie la plus sèche. Quand l'écorce éclata ils modifièrent leur genre de vie en peu detemps. » Art. V,19,1 (RP, 22; DV, 2, 30). «Il dit en outre qu'à l'origine l'homme naquit d'animaux d'une autre espèce. La raison qu'il en donne est que, tandis que les autres animaux trouvent tout de suite leur nourriture par euxmême, l’homme a besoin d'une longue période d'allaitement. Il en résulte que s’il avait été à l'origine ce qu'il est maintenant, il n'aurait jamais survécu. » Ps. Plut. Sirom. fr.2(RP, ib. DV 4, 2, 10). «ll prétend qu'au début, les êtres humains naquirent dans l'inuirieur de poissons et qu'après avoir été nourris comme les requins et étre devenus capables de se protéger eux-mémes, ils furent finalement jetés sur le rivage et prirent terre.» —Plul, Symp. Quaest. 730, (R. P., ib.; DV 2, 30) 1) Zd., p. 173. Qu’ajoute encore la doxographie aux œuvres particulières Il i:'en pouvait être tout au plus que l'introducteur. Le gnomon est un instrument si primitif !l'Egypte, la Chaldée, la Chine le «onnaissaient depuis longtemps. Nombre des grandes villes dan. 2 . premi poniaileE n ppoerlenieétquan'atitdoéténnécetleste inds icamointiosnstrésained g M pa t es en n' dée l'i , er bl ta t ai uv Po, los il po: harmonie avec tout ce que n SE xpe nous avions vu : « Les créatures vivantes naquirent de l'élément humide, quand il eut été évaporé par le soleil. L'homme était, au début, sem- 'Anaximandre ? La construction d'un gnomon à Sparte. laconstructi yde, SP de ia Grèce g’enorgueilliss: aient derattribuaità Phéréce eA ~ mina n ae Gens des similitudes, applicatio sorti ne et des rapports (toujoure étan tcelaest bien ‘hen Ben mg i-dedire les légendes traditionnelles), tou i la ique et métnetriqtesueetel claire1081qs et de foisatigéo la ent rit à rés l d'unsoiesp pressi Vira ons iosité a f de rep d nt la cur doreprésentations on ives Comme le dit Suidas : sat ag Rien n'indique a tan ; ca . : : : : wat Exe elques propositions géometrigur queue ee per Thalès, ol à son entremise. Mais il premo devons 2 sométrie bien au delà de ces quelques Ten on des l'esprit de la & Jogique à l'univers, et à toute explican ae il applique Be es Il imagina la première théorie En ches de it, et parfois la lettre où elle sera reprise ee “ the appareil explibel de et e, iqu log e nc ta is ns co de est e ell ” a egén mmeslès,.d’Esapt-rèces tolautfaucetequde’osnlapecuutneprs ésdeumnoertr,eàdouncumenNousdesoTha dans ED cette physique théorique n'est pas ene rici si tion ration de | J ur. ’initiate — ment commencé par l'in . > “yee no decia au point de vue a l oa a en ln s que les Loqu t-être plu st icaticest peurticulièr minent es, et plus en , évide elle, avec ort rapp t étroi vereis, mais en 2 ul encore q

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REVUE DES COURS ET CO NFERENCE codpee So qu e ne de la ; a de la façon la plus mar pensée loi, et du cycle des religieuse et quée, C'est ici que sel . LES DEBUTS DE iA SCIENCE HELLÉNIQUE S . 5 chos i i on te we =The. , u) il use des Oles êtres, per tica |c’ en pipiai dissipen t sui . . vant une [oi 1218a8e poétique, ils sont chatiés et expient,|ny tee préfix, , ar e 5 4 Fatum antique, sa! enio nous dit que d'après à arvenus, l'ouvrage d'A sonnetbag beaucoup plus ‘qu’une physique no « paraît puoetop Ei les seulemoto’, qu’ qe ite Sl ]mystiquea » Th 4; Un Wee giore ois sièc i peineque a— ra es à poéti prete seulement comme une tournure rait lir Ire e en un sens my i stique; sont ceu x que nous ve nons de citer - Rivaud ajoute 1€ « embrasse el go uverne » tout (Ar divin, Mais nou s ted'a ist., Phys., be III, » ; le fait remarquer Burnet ae bl tout dérive et oùO tout retourne, Souveraineté qu'il est dit qu'il 4) et qu'il + el. qu'il est (2), et co ern i i | Il vu Co ve d'où risme fois usé d’après Théopl l'état primes ont il aurait pour la premié PéoPhrastc, pour designer ] ci d’un principe +; mais a Nydechoses + 5 Tout est princicapii l’infini il n'ya point de principe pi c'en seraitait la la lim limi ite. Il est , i , Puisque de plus inenge ndré et indest ruc tible Trad. 5) :‘a P. l., p. 75, et en cela ressemble & un principe ; en effet, ce qui naft doit nécessairement trouver son achévement, et il y a un terme à toute destruction. Ainsi donc, comme nous le disons, il n'y a pas de principe à celui-là, mais il semble l'être pour les autres choses, et tout embrasser el ioui gouverner, ainsi que parlent ceux qui, à côté de l'infini, n’admettent pas d'autres causes comme l'intelligence ou l'amour; il semble aussi que ce soit là le divin, ; car il est immorlel el impérissable, comme dit Anaximandre, avec la plupart des physiologues (1). (Aristote, Phys., III, 4.) On ne peut dire plus clairement, dans un langage tr&s modernisé sans doute — mais on avait’ cette époque l'œuvre d'Anaximandre — que celui-ci s'est éloigné, quelle que soitla poésie de son langage, en une manière presque invraisemblable, de l’anthropomorphisme et du mythe primitif. Le mot 8um, d'ailleurs, est déjà chez les poètes des siècles précédents et sera chez les gnomiques contemporains, une rationalisation du destin, puisqu'il comportera une idée de logique morale, de compensation, de chátiments et de récompenses, non selon lehasard aveugle, mais selon les mérites. Ici le sens est à peu près évident. L'évolution des mondes qui aboutit à l’évaporation de l’humide et à son absorption par le chaud, à l'asséchement progressif est un empiétement du chaud sur le froid, un éloignement de l'équilibre et de la juste répartition. Mais le froid et l’humide n'ont pas disparu. Ils sont réincorporés avec le chaud, dans cet indéfini, cet amorphe qu'est l’&mepov, jusqu’à ce qu'ils le restituent dans son état primitif par le rétablissement de l'équilibre et de l'égale répartition. Puis le mouvement éternel les séparera à nouveau. Sous l’image c'est la loi du retour éternel, l'image des révolutions compensées tantôt en un sens et tantôt en un autre, le cycle seul compatible dans la pensée logique primitive avec le mouvement perpétuel. Anaximandre l'empruntait sans doute aux poètes dont il ne nous reste que quelques allusions morales et qui ont vécu entre. Hésiode et lui au vı1® siècle. C'est un très grand effort logique versune image rationnelle de l'univers, si primitive qu'elle soit encore par sa matière. Dansl'école de Milet, on dépassera Anaximandre pour les détails des explications. Mais on ne le dépassera point pour la logique générale de l'explication. Cette tentative est la souche des physiques et des cosmologies postérieures, leur &pxh, leur Burnet den vita nnery (op, cit » Ps 113) que nous préférons ici à la trad (1) (1) Trad. Tannery P., op. cit., p. 11%

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premier commencement. Et parla Anaximandre paraît bien être à l’axgh de l'Ecole : sa plus belle « floraison ». En tout cas, que ce soit un attribut du chaos, du « magma » qui a hanté toutes les imaginations mythiques de la préphilosophie de l'Hellade et des débuts de sa philosophie, le sans. forme protéique ou l'abime béant où naissent les choses et qui les baignent et les séparent, ou qu'il soit arrivé déjà chez Anaximandre— et il y a chezlui une telle force de pensée que ce ne serait pas impossible, — à un certain degré d’abstraction, à un préconcept qui a fourni le principe premier du devenir, l'äneıpöv entré dans la pensée philosophico-scientifique n'en sortira plus. Nous le retrouverons chez Anaximéne, chez Xénophane, chez les Pythagoriciens, chez les atomistes. Il sera sous les grands thèmes de la discussion Eléatique, de la sophistique et de la philosophie du concept. L’infini prendra le pas sur la détermination dans l’alexandrinisme et dans la philosophie de l'Occident. L'Ecole Ionienne introduit ici un des concepts majeurs de la pensée scientifique. Non point un de ces concepts qui deviendront des premiers principes comme ceux de permanence ou d'identité. Mais un concept qui forcera la raison à le critiquer, et par là à se critiquer elle-même et d’où sortiront à la fois des créations logiques, et des représentations, de l’objet. (A suivre.) Le Gérant : Jean Marnats. POITIERS, — SOCIÉTÉ FRANÇAISE D'IMPRIMERIE. — 1930.

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83 oa nous avons dit jusqu'ici, à le différencier beaucoup du principe Les débuts d e la Science d’Anaximandre, ni même du principe humide de Thalès : c'est, par une autre image, une autre épithète qu'il est exprimé. Nous sommes toujours près du chaos mythique dans l'école de Milet : hellénique Par M. Abe] Rey, Professeur à ta Sorbonne, la nuit, l'obscurité n'est-elle pas considérée alors, et jusqu'à Empédocle, comme une forme de vapeur, de l'air condensé, un nuage opaque. Et c'est encore Empédocle le premier qui — au sens que nous donnons à ce mot distingua l’air nettement —— cr — de la vapeur et du vide. VII L'Ecole Tonien ne (suite.) Anazimène, | La: plupart des comm ) Some par ne enta te urs rapport à son pr l'ont peut-êtr insi ed e pas vue où . serait, né à il fallai , en 560, postérieur do es x hagoriciens P sai nome re Pétron, Hippasos, dont la date serali voi nné comme l'a ssocié, de : e le IcNiuaArw:PiraORIeSA La nouvelle hypothèse que P. Tannery (1) a développé à propos d’Anaximandre, et son étude sur le fragment d’Anaximéne retrouvé dans Olympiodore, à des divergences de détail près, confirmeraient plutôt notre conception de « l'état originel » dans l'école de Milet. Il montre d'une part que l'air d’Anaximène était vraisemblablement la spécification de l’äneıpov d’Anaximandre, s’opposant comme quelque chose d’ « incorporel» et d'indétermine aux formes délimitées et corporelles, qui prennent naissance dans son sein. D'autre part l’äreipov est bien chez Anaximandre ce qui remplit les cieux en apparence vides, comme notre air actuellement, ce qui est sans forme comme lui, et, par là-méme, ce qui remplit ce que nous appellerions aujourd'hui l’espace illimité. La distinction entre le vide absolu et l’invisible (comme l'air) n’était sans doute pas encore distincte. En réalité nous précisons trop, nous voulons trop éclaircir. Il nous semble qu’à l’origine il y ait l’idée — plus que l’image — la notion vague, confuse, obscure, mêlée du chaos : toutes les choses définies images et représentations à contours plus ou moins nets, ne peuvent que sortir de quelque chose d'autre, d’une gangue, d'une matière initiale, qui précisément parce qu'elle n'a rien de défini est capable d'engendrer tout ce qui est défini. Elle est donc par nécessité, et essence, si l’on peut dire, l’indéfini. Mais elle se représente sous la forme de l’image la plus vague, la moins définie, de la forme la plus amorphe, si l’on peut encore dire, et la plus protéique. Car la pensée primitive quand il est en repos, nuée vapeur, qu et analog ue à notre air, Et comme il est cla irement indiqué w e ee eee i È LA > (1) A, Rivaud, . ... ce que ne peut s'abstraire de toute image : la nuée, l'abtme béant, lieu des nuées et où elles se transforment, où elles crèvent en feu, en vent, en eau, en grêle. Et selon que l'imagination s’attardera davantage à l’un de ces aspects, nous aurons comme principe, l’eau, l’humide, qui flotte sur l'eau dans les brumes op. cil., p, 194 (1) Mémoires scientifiques, t. VII, p. 187-194, et p. 121-129,

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e l'horizon, qui s'en élève sur les rivières, rivi en qui cr el portal+tigre et c est l'indéfini distives de Tithe aug engrais sn et visible des brumes, qui fait l'orage, le tourbillon, la om qe ae ihe ag dane mio Passer définir le chaos, chez a an Génial seepse re, par l'indéfini plastique boa > ui ique, lui Ceaussi,seraet he le feuouplast u Ara des nuées etitoarn du ciel, y séjourne. imilation os stique, l'ass tomipoussière. on préa et “desLapua vapeurmr deee dp i a de Mais ce sera à l’ori vine rae indistinct, ie même flou m thique, er Frey : irreprésentable en soi et qui pep des tex LE acu 8 de représentation et de pensée abstr. it rg tale er3 penseurs, chez les premiers qui meri de sonal aga0 ig vraiment pour pt ent Sa aximén are, disait , fils d’Eurystrate, qui avait été associé damentale étaitune et infinie. a gen grt atl Anaximandre, qu’elle fût ee ee comme iselt que c'diait Val m Ph inée, mais déterminée, car il ic) lalesPhys. sur Comm. les , hraste e eDites (Théop ses dequiSial et cho é, ét Sa a s r , H na vi di es os ch s le nglaetdescendance de celle-ci (de la e l e p echod ance st 1 de , 7 nt nne A 3 vie , ses DV ; 98 P. . (R 7 1, f. Re ait dis , nt me te ac Ex « âme, qui del i} ys. op. fr. 2 (R. ‘ nées « De lui, disait-il, sont e notre soutient, le mr isait-l'ail,ir comm x .» Aé,t.noarusnd mo le t en ur to en ier ent e et e a 3,2 4 (REi)P.2 4;DV3B2). sui , a forme de l'air est la « Lè où il vante. e Ne le sta D et d froi le mais ; rd umi rega l'h = | , i r joi dive tou est Il e. ibl vis t en nd re de n se l vement r ro fi TR ilP.ne28;chaOV, ngerai3 Al pas 7,2 autant qu'il 1, 7 (R. le Cefaitn'. » esmi tdonc : ef. est invisi sui s trè à t es on ti ep nc co te Cet A d' le cel e, col l'E de avoir s e d’Anaximandre, et sembl Demêmepelavaleurel . ‘*Gw*shoemrN.Me.yArTiOsErREè"i 7 85 S LES DEBUTS DE LA SCIENCE HELLENIOU plus nettement bie.n 11 semble vraiît ail . Cetatiionsappdearadét eurlic sonsonprésdécauess ortnosusdepas ! desuaeff exp x site ndavoir beaucoup moins de cohérence logique, d’ingenionce are app mentstrice pour renladrepuicossampncele dedesdéduction ets cré observete.expIllicn'aative, tes pas tu'il on, la puissacer ndre.hiqPeu ima nax d’A n tio rac bst d’a nce et cti ue ndu d'i l'esprit myt à un movanmetagnte, oùà l'é plus tartemd, ent our ret n étre, vivant d'u ue poq l'a net . religieux replarit sio res exp nte lle xce l'e on isme, est-il lui-mêmen depluM.sRivemaud seltic ende,mys bu offensd'uifnedevaglég ue de hiques, et moins porté à abatraire. h conéet àhLaGeS cepdantuas lesliser,imagesà ratmytionaliser. La doxographie est.foiélus queà l'entexisettensece sse de commentaires. pour la pregemièelreelle est. par conséla terre vinet est « N dit que r fut foulé. Ell très lar lorsque l'ai tée par l'air.» — As. Plut., Strom. fr. 3 (R. P. 25 ps cé-se D V, 3 A 6). autres cor e et les par il, lat lun ière, leignsole la mêmet demannat cau « De qui à r supportésduitsl'ai ure éc, son l'h lestes, larson par été proéfiée, le feu preumindde leuquir s'égeulèvr.e deLeslacorterpsre.célQuestanesd ont dité , et les étoiles sont composelléese estdurarfeu qui s'est ainsi naissence s la régcorionps terrestreditdan ps deavesubc staellence élevé. Il y a aussi destoucor les que s. Et il rnent . quent suppor mme des étoilenes etse qui la terre, cocap de s sou des aupas t ven meu es est cél comme une ards.e our d'elle, obe ent, mais autsole d'autres le supdeposnot à nos qu'regil est se dér s par e. Le la teril re, tournepasautparource qu'il repastêt ce que sa se souhaus tes de la termaire, et par nonhé par des parties plu ce s cac s ne donnent pas ile Hipp. Ref. . Les étont. s devientleuplur sgragrandndeélo distanceleuder nou »— eme ign de cha4-6 (R.èP.cau28se;de {À 1, 7, densé, etpluSC spréconci-l'air estil con qua ts dui pro «Les venefftsetsond'ut n choc; maind encore t il se pite par épaissi, il en résulte sdesquanundagesest alemen et ; centré et eau.» — Hipp. Nef 1,7. 7(Doz. p. 561fin; DV 3 A 7). change enétoiles sont fixées comme des clous sur la voûte cris-. a Les . » — Aét. UNI, 14, 13 (Doz. p. 344 ; NV 3A 14) 15). tallinLee dusoleciel pv 3 A 352 20, 2(Doz.£b.p.22,3481. ; (Do . »— Ib. lle. il esdet feu « pz. comme une feui » — « N est3 Alar15)ge. {1) Trad. Burnet, op. cil., p. 77. (1) Trad. Burnet, op. cit., p. 81-82.

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LLÉNIQUE 86 «Les corps célestes sont. détournés de leur course parla résistance de l'air comprime.»— Ib. 23. 1. (Dox. p. 352 ; DV 3 A 15. «La lune est de feu. » — Ib. 25, 2 (Doz. p. 356: DV 3 A 16. « Anaximène expliquait l'éclair comme Anaximandre, ajoutant, pour illustrer sa pensée, ce qui arrive sur la mer, qui élincelle quand elle est divisée par les rames, » — Jb, III, 3, 2 (Doz. p. 38 ; DV 3 A 17). «La grêle se produit quand l’eau se congéle en tombant; la neige, quand un peu d'air est emprisonné dans l’eau. » — (Aét. III, 4, 1 (Dox. p. 370 ; DV 3 A 17). «L'arc-en-ciel se produit quand les rayons du soleil tombent sur l’air fortement condensé. C'est pourquoi sa partie antérieure semble rouge, étant brûlée par les rayons du soleil, tandis e l’autre partie est sombre, à cause de la prédominance de l'humidité. Et il dit qu’un arc-en-ciel est produit de nuit par la June, mais pas souvent, parce que ce n'est pas constamment pleine lune, et parce que le lumière de la lune est plus faible q ue celle du soleil. »— Schol. Aral. (Dox. p. 231 ; DV 3 A 18). Aétius, III, 5. e La terre est pareilleà une table, quantà sa forme.» — Aét. III 10, 3 (Doz. p. 337 ; DV 3 A 20). «La cause des tremblements de terre est l’aridité et l'humidité de la terre, occasionnées respectivement par Jes sécheresses et par les fortes pluies. »— Ib. 15, 3 (Der. p. 379) ; Le recul d’Anaximéne sur Anaximandre ne se marque nulle part aussi nettement que dans la conception des mouvements célestes. Anaximandre avait vu nettement l’inclinaison de l’écliptique et de laroute de la lune par rapport à l'équateur, inclinaison que les Chaldéens avaient remarquée depuis très longtemps. Anaximène considère au contraire que l’écliptique est perpendiculaire à l'axe du monde, il le confond avec l'équateur. C'est d'autre part l'altitude des parties septentrionales de la terre qui nous dissimule une partie des astres qui tournent autour du pôle comme une cape ou une meule de moulin. La terre est un plateau qui monte vers le nord, et l’inclinaison du pôle est en quelque sorte un effet de perspective. Cette conception incohérente en elle-même, étant. donnés les mouvements dont il s’agit, et incohérente avecles observations les plus faciles, n'est guère compréhensible que si la conception d’Anaximandre, comme il le semble d’après les textes relatifs à son obscurité, n'a pu encore être comprise par lescontemporains. Cette dernière s'éloigne trop hardiment de ce qu'était alors le sens commun, comme presque toutes les grandes théories scientin de son rd + la canception du Grec mo1 ye IL: u pate temps : A fi 6 1 . 8 . 87 . + y bie. » il va maintenant vers la Ly ni jui d'Ana1 iépoque que ce s à de an gr s lu le ns i irs qu il a laissés da . rve hipetotasoapphreiqs ueles desouvl'enantiléqusiitené,neesett insacoplus hau i eo K| o œuvre mi Il all rai ît résumer *toute l' tT a la né pro ita iier in et e. th my du s ue iq ét po s re ur di to s 100 de sséeaximandre. De plus son œuvre a eu lae,© pe serà denied PE ’à l'âge de la critique littéri aira er) m fondee ut cedé.qu Et î a et ee smisl'atoprécé Na trmeanqui eritdues.systè e de SnilaN ble cause ot ont T B à i t n e n ns io is éc pr s de u : o ica ay = j -Bire les ® y pa n' ta ici en és pr re les nt re fé ré se a p a p ot to u ie j ic aeens Pymithdeagorl'école d'lonie, plusomistaterds, en—conoretanmmee nt deet i eci inbreabmelesus.reAn, axlesimAtène recueille cette ‘ee da“onsnduneseicata om e chez Am quse'intls etsontpéridesss enditeuaux, secoinmmdu principe, dilo s nais ‘u ttipeon on i y, er nn Ta P. , ler Zel : es rn de mo ee tu e h onaiaeeit à cause de cette réputasticoonnsantacintenneda,nssoiet ens of certidoonctlarinetes,nteund'eunrétrprogograrèdation de la pedansns hraelrlee ee duh chér mire c Are rt à Anaximandre. Us ont. chleerw oe aL préciser et concréobsc tiserurechduez second, es TE. puent on aussi plus au qui lpeuv noiigc. C Cl e dr or l' à me or nf co e it or ri pe su r di e en n ngeeu neiHaaneodens têpates decettl'éerolcoencdeepMitileont.è Mais,eDiLoe soanoprni N i e la har Legnin'a pas eu -l'enplusvetargurrde,que lui, 11 ts€ . et sole eA r p>pooprédnécgessequure, l'veobnesentrvPratioo sun rctcelartairénsflexpoioin. n unies p cédail ajouter de clarté à l'œuvre dont il pro autre

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D'abord la connaissance des planètes apparaît dans son œuvr. pour la première fois chez les Grecs : « le soleil, auires corps célesies, qui soni de nalure ignées, la lune, ef jr, support, sont raréfaction et de sa condensation. »— Phys. ap. fr. 2 (N. P.26 D. V.3 A5). « Quand il est dilaté de façon à être rareil : devient feu; tandis que, d'autre part, les vents sont de l'air condensé. Les nuages se forment de l’air par foulage, et quand ils se condensent encore davantage, ils deviennent eau. L'eau, en conti nuant à se condenser, devient terre ; et quand elle se condense autant que cela se peut, elle devient pierre. » — Hipp. Nef. 1,7 (R. P. 28; D. V. 3 A, 73) (1). Ici on doit porter au crédit de notre savant une invent « pourquoi » laissés en suspens par ion nouvelle à un des grands Anaximandre, Car le procès de raréfaction et de condensation n’est plus une métamorphose qualitative. Il est bien une transformation d'ordre quantitatif destinée à rendre intelligible la transformati on elle-même. Le même principe par additions et soustr actions successives produit les diversités des apparences. Voilà déjà le pressentiment (1) Trad. Burnett, op. cit., p, 78. i ns Descartes, et des conceptio i a matière. C'est, pour ne pas = e La ci catio ; ds 9 effort de quantification et de logifi premi sen s clous e Mutation qualisstativnas e. nel prédécesseur, l'éterho: e, comme pour son ryt j de à it WE pu tion du hme par l’air » tandis que les étoiles fixes sont de dans la sphère céleste, selon 1’ ancienne image, chaldéenne «+: . égyptienne. En second lieu, conséquence logique. les étoiles fixes sont rejetées aux confi ns du monde. Et ces confi ns forment ur. sphère, solide et brillante ‚ le crystal, qui carac térisera le ciu. jusqu'à la Renaissance. La conception nouvelle remplacera l'anneau d'Anaximandre dont elle p rovient assez naturellement, Sous cette forme épurée par les travaux contemporains ut immédiatement postérieurs, elle prendra droit de cité dans la science traditionnelle. Enfin, tandis que chez Anaximandre le procès d’après lequel se séparent le chaud et le froid hu mide reste imprécisé, et obscur, ici i] a une précision remarquable : c'est le ryth me de la condensation et de la raréfaction. En se condensant l'air-principe produit les corps plus denses, par étapes progressiv es les nuages, l'eau, la terre, les pierres, (x la terre est de l’air foulé », c’est-adire comprimé, condensé). En se raréfiant il devient feu (plus tard l’éther). « 11 (l'air) se sépare en diverses substances en vertu de sa précieuse. C'est la réponse explicite et 89 UE IQUE LES DEBUTS DE LA SCIENCE HELLENIQ modern lernes CONFERENCES templa Qua atditiy"me, rdoimicon ne cette cosmogonie ; quan on ep Do mage-concept formée par la réflexion au con les transformations des par suite tou detesla physique cosmologique C l i Ma “ kepandosta sique ai de phy) qui ess r mie pre le n bie C'e et. Mil de e col nov l'é bede cosmologieie HUE sens de l'épithète scientifi umtre onscience et déja de maturite. s » ! choses, 3 ini ue et * . 8 wien, des lors= risquer & assigner 4 peu près, avec toutes les eeEl n, ce que notre œuvre doiitt,, €en documentatioécole tre de Milet. a Hagripida à la primitive Vs n ’ * s » ‘on examine la physique ouetlespauvres école, ira — CCstortla resti taires: c'est parpropostnire lese trèssontrudimen les mêmes la ee i BT les ha naiogie et, à mesure qu’elles se Br , ch VE ion,comm le rappori, que progresse de poto“objets de la conun, la plbrLn eathimotigue orientale de ue conquéte mélhoddeologiq t désormais une re not méthode générale e. La défetininetivvariera :: er : plus, dans soi ; fond. rest ee a EN Det ajoute a cette science gr se hdme y M À personal et déja, danspratique, certains Cas, es tes il est de désintérensé au point decevuequi dans lessi,choausescoréveille /sans plus sys intéressé è plus en plusment, mieux sa Curiosi t, comme , ‘ iosité. Car l’étonnement, 3 son étonne étymologique, n'est pas un de la bon ressort SL DO? fraipeuont,r, s'el , nt me ai Alig in so ne e min 6 e, erch rech stu la de s pre est re a e econ indi | ] , mais ne vont pas p e pi 1 € : j 9 calme l'émotion et la terpour ge é. a mais dans les deuxcas stupidit et la stupeur i s denela les exagèrent pas, M ea c'est ce qui est d’ordre reli

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mystique t ÉNIQUE s DEBUTS DE LA SCIENCE HELL leur oppos!ition l'ambiance du mythe et des LE traditions. An prolongati y mmet. d arpentage, encore que la mesure d uns po plus fasse 101 la transition. I} s’agit, si Lou | suacrceagitssib le , L; ‘ science, au contraire, naît de cette forme d'étonnement tri; atténué, aiguisé, qui n’est pas un arrêt pour la conscience, mai, un aiguillon. C'est le Baupatetv des Grecs, la curiosilé de mien connaître les choses, même si elles sont usuelles, et qui ne S'arrétera jamais plus. La science commence quand cessent et |; technique et le mythe. En trés gros. Mais elle sort de la technique et du mythe. Commencement absolu peut-être, sans doute, au sens que Renouvier attache au mot, mais commencement la pierre s'en va en ligne droite sans plus s'infléchir. Il n'en reste pas moins que la direction de la tangente, c’est celle de l’inflexion délerminée nécessairement par les inflexions antérieures. # tre les chaosesdi rojection de la machine ao qu'on ne la ns — el cette projection serat bienlongdeja pean È; lr à la base des pe Fina encore dans temp . de la physiq u savant est curieux de savoir pourquoi l'outil lui donne cette puissance. Il veut pousser plus avant ce qu'il voit ou ce qu'il sait. Il n'y a pas là une émotion. encore que la curiosité reste émotive, mais par un autre côté, par le désir, qui est à la base de toute l'œuvre humaine, l’intelligente comme la volontaire, ainsi que les Grecs l'ont, depuis Hésiode, personnifié dans Eros. Il y a là une tendance de l'esprit, de l'intelligence, le besoin essentiel et foncier de la pensée, de la raison. Avec Milet nous passons décidément sous le signe du Verbe. Dans ce sens, ce que l'Ecole de Milet ajouta, non plus en esprit mais en résultat, à l'Orient, c'est en géométrie, si la tradition de de l'angle en eux-mêmes, de la figure pour la figure, et la réduction de cette figure à ses éléments, c'est-à-dire aux relations qui la délerminent : et les deux anglrs adjacents que pour la demi-circonférence détermi née par le diamètre, qu’enfin pourl’angle droit, parletriangl e inscrit dans une demi-circonférence. Et aussi, l'égalité des deux angles à la base déterminée par l'égalité des côtés du triang le isocèle, et la constatation de légalité des deux angles Ala la propédeutigue «le of ue PIQUE, un sens x de la raréfaction et de en MEREpen TRI wo Lat pressa 1 ET R chine. est conçu sur l'image gelAnaximéne inve sans doule: ak LesGouttes dou formées parermla inévapeuparr lessur relY aa ion réfléchie d'une ; ne Ru=hr “La o la mondÈes on:t leur cours dét ant. Déterminée aussi d'obtions qu'a aperçues 1 intelligence du sav ¿néralisation No la 714 “¿bull es a ’ . . a maee: sn m de , ns so ai ar mp co de a, E i d arEIsTR, p o p s o ua r t la, à peine éveillé, mais errdéjentà ce P ee des limites qui ens »A6sets 1 i rocès naturels, & ' L'artisan, enserré dans l’outil, peut s'étonner de la puissance qu'il lui donne. On peut entendre tel artisan s’étonner de la puissance du levier, et en rester stupide. L'artisan qui devient tant pour le triangle déterminé par un côté ‘autre mot propre. étrie. Il n'y a pas d'au monde. est vrai, de rue l'élaboration d'un gros pa rapport s Puis en BEYER! systéme, ensemble de relations, Et moins Nous avons bien, sidit co: nfSYus el grossiers qu'ils paraissent. » dans le absolu qui, comme tous les commencements absolus, quand on le regarde ensuite, et dans l'ensemble, sort de la trame anté. rieure, et est tissé avec elle et en elle. La pierre, au lancer, s'échappe du cercle tracé par la fronde, mais à l'instant même et au point où elle s'en échappe, elle a exactement la pente, l'inflexion, la courbure du cercle, en ce point. Ce n'est qu'à partir de là qu'elle diverge — et 4 l'infini — de cette courbure même. car alors que celle-ci continue à s'infléchir selon la loi antérieure. Thalès ne nous déçoit pas, la considération de la ligne et r j ; pa tion de leu: rs côtés en ligne droite REVUE DES COURS ET CONFERENCES base déterminée par ce etles tuyéres des anneaux be m Hole toteHatrina r r o r d'autant plus de VEE1-.; anepe faire luire le feu avec Pawor i nouus ngue ongeme lo e ett vec che s’a et Mil ec av e qu si g hy ] | Pour o Ta technique, soit de la magie, soil du my par a le ak dépassés en Orient, & la première ap rire e a e e l re mié pre la r pa e un ifi a de ent doute sans EGi peut-étre, re scient Fusion la Dothéorie ste mythe, mais dans! quelque cho‘ausetrede. tGar ri science, et du tielle veranutenoidrel san de est a pr t ao o o a q a c du nel et ration intérecetsséte con eogtare dés se sion sea mbPylethagore e| Kam t, men nadiern su ie caol e dl serait posclu r ieu tér pi e Buo L us No os. pas Hip à tre t-ê peu et o tr Pe à ane,h i at t lui. Mais il est bien certain que tra i Sa assigner, le seront toujouable. rs abs inévit imi 41 & u. n 34 mandre, M35A que no Un chevauchement sur les limites est inev w'il n'y paratt

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me. La Physique d’Io nie est bien co... trée autour du grand « physiologue ». Plus tard encore Di. gene d’Apollonie n’a joutera BE Conclusion. rien, non plus, à la pensée scienı.. fique ionienne, telle que nous la représente Ana ximandre. (. sont 14 disciples qui tracent des arabesque s sur une toile à fond désormais stable et qui ne pourra que tomber pour fai: place à d'autres décors ; c’est presque déjà, com me après Lou: grand novateur, une scolastique stérile. Quelques détails nov . Veaux qui sans dou te ne sont point sans int érêt pour l’histoire des faits scientifique s. Mais rien qui import é vraimen: à l’histoire de la pen sée scientifique, notre unique objet. Nous ne devons avoir éga rd qu'à ses renouvelleme nts. . My aplusencore. De Pyt hagore qui marquerait detoute évidence tm de ces renouvelleme nts si nous devions nou s fier à sa legend... ‘Rous verrons, et nous disons dès maintenant Les débuis de la théorie physique chez les Joniens. Avec une très grande sagacité, M. Rivaud (1) a fait ressortir vec science, en particulier de la science tout Inu ce que les débuts de la ière — > “ite d'uner et pa colas d'espore, et, d'autre part l'essor de :na I etkkumetitzuh el bien en Orient qu’aut concept de | nous matière RIGHE our de Thalés —, à la pensée mythique. Il a, ce faisant, condensé et de i devuiont qui s'est fait à Ja fois m is au point tout un immense travail a SÉ dans la science des religions, l’histoire de la philosophie, et la ans. ls. sgetategte depuis plus de cinquante igi i i h avait ôté des origines de la science hellénique on avait trop La rues l bey d'être mis en relief car» des aed sei mp is sì dere les premières « opinions un de nos premiers Lémoin s. si sa polémique vise ceux qu'on a appelés ses disciples : Parménide et Zénon. Voi là vraiment alors, pou r la date, et pour la pensée, le com mencement d’une nou velle époque de la science, marquée & la fois par les spéculations pyt hagoriciennes et la dialectique éléatique. Chronologiquement donc, et logiquement, Anaximène la période ouverte, ave c Tha période où, après les pre ferme lès et la civilisation ion ienne, la ssentiments de l’Orient , pressentiments quì ne se réalisent pas par ce que la pensée se dévelo ppe en une tout autre direction de sagesse morale et he ; t pour elles-mémes, soit dans des monograp la doctrine. Xénophane, au point de vue de l’histoire des Scie nces, a bien l'ait de continuer pour la physique les traditio ns ioniennes. 1! graphie, qu'à travers 93 LES DÉBUTS DE LA SCIENCE HELLÉNIQUE FERENCES il brode sur le méme thé religieuse, qu'elle soit. mystique ou rationnelle, s'éveille dans sa premiè re forme noire esprit scientifique. Apr ès la longue gestation orientale confuse et cachée, nous voyons en lonie, en moins d'u n siècle (le vie), la naissance et l’e nfance de la science occ identale, Et dans l'en fant, il y a déjà l'indica tion netle dcs traits qu' accentueront la jeunesse el l'âge mor. a so ua stu rarement, dans leurs suites, et le ea en a y fau ne il que, idéologi et que dialecti end h i sacrifier les autres. Il y a dans les théories de Ihalı mini spia et d’Anaximéne, une succession, une ._ di pd a Vinstar des mythologies, une eidéogorite. an théorie tout court. Et c'est cela qui cp saltato tole Les origines de l’activité scientifique sont, bie | die plexes et autant que nous avons pu le déméler, et a Fran en dit, en face du mythe il faut tenir compte d'a u A: La mathématique cia techie ues et des besoins. A pe e evet 5 où technique une bene une technique. Mais su la curiosité du suje t de la technique. La régle, à op ne mnt n ie ble lus absorber toute la capacité de l'esprit. = oie (m a” ala formuler de façon plus précise et mieux S| „gorir tant chaldéenne) ; on cherche aussi è la peg per soit peu du cas isolé, du cas d'espèce qui si Sii gangue {Egypte). La gemme sc sépare, — hi — de ea matrice. Mais enfin olle tend à s'en n sh recherche du comment et du pourquoi, insépara ey squid Dans tout cola un élevage nouveau se fait ans e = RE distinctions abstraites de nos modernes théories sance. Le comment n'est jamais que le commencemen 1) Ouvr. cit.

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dépasse pnlation sans plus, de la spéculation inutile, désintéressée, quoi. Et il n'est satisfait complètement que lorsqu’on a répond: € È ordre au pourquoi. | A partir de la, la satisfaction n'est plus d’ ordre utilitaire. L’ordr. nouveau où elle se situe se superpose à celui-là comme s’y super. pose dans un autre plan l'ordre de la satisfaction esthéti que or l'ordre du jeu. Au fond les grands efforts scientifiques sont con. temporains des grandes civilisations artistiques, et leur apogér suit en général à quelque distance l'apogée de ces dernières. Le savoir pour le savoir, l’acte pour l'acte et le rêve pris décidément comme rêve, ou le jeu, l'art pour l'art, naissent et se développent en même temps. Et dans le complexe d’où sort petit à petit la science, il ne faut avoir garde d'oublier à côté de la technique, à côté surtout des progrès de la technique, : le sentiment esthétique et l’essor du rêve parallèle à celui d'une certaine libération envers toutes les contraintes, physiques, politiques et morales. Et c'est peut-être cette dernière condition qui, autant que nous pouvons l'augurer, a seule manqué à l'Orient dans toute sa plénitude, et s’est trouvée réalisée A côté de toutes les autres en Jonie. Ici le loisir et la liberté ouvrent pour la première fois pleine carrière à la curiosité. La curiosité devient un besoin qui commande aussi impérieusement, chez certains plus impérieusement peut-être, que les autres. Il faut qu'il soit obéi et satisfait : c'est la science. A ce point de vue, les premiéres théories du monde sont, vraiment l'origine de la science au sens complet et actuel du mot. C'est là que nous la voyons, plus que dans les quelques recherches justificatives de certaines techniques de mesures, plus que dans les premier essais de théorie géométrique, si vraiment on peut les rapporter à Thalès. Et pourquoi pas ? N’en avonsnous pas vu poindre des germes deux ou trois fois dans le papyrus de Rhind, deux ou trois fois dans les découvertes de la Chaldée ou de la Chine. N’entendons-nous pas résonner à notre oreille le mot de l'Empereur chinois devant le réponse de son astronome, son frère, qui lui parle des propriétés du triangle 3, 4et5:4« C'est merveilleux. » C'est merveilleux, acclamation devant une questi:on un comment auquel on vient de satisfaire par un humble pourquoi. Acte de curiosité à l’occasion d'une technique certes, mais qui la transcende et veut la transcender. Thalès essaie de faire sortir le monde de l’eau. Anaximandre nous donne une explication, de toutes choses, en projetant la machine-roue sur le monde : première manifestation en cet [PRES EEE: ialisme historique et qui de suite le s'en gerde s’achéve en elle,Toutet cela feuillage quicom 5 po ¢ est fruit. sa vie propre, me le aes de Nat a 95 x è le dira leur grand héritier Aristote, d'autant plus c'est d'un mot la Science. : xcellente C'est une théorie. iEt s deux et trois mille ans dans tout ces, q ébauché ptce at pecrele », les « exigen Ce qui+ s’est premiers « e nt, : cis, la 3 Y'Orie a preuve » du papyrus de Rhind, les raccour LFqnPeBI;aETERNlrIdSe:eA6 rc des ‘cas « curieux » qui permettent de déjouer par relativ D A MAC sf sta TIVPADNERASNOE ayo1" : routinière ne ee i une vue de l'esprit la vole longue et « formuler » la A - rer nale la diago trouviser pour ètrest,pour géomaî de leurs Es en pi atangl en e quand on connses côtés des Chino astronomes chaldéens, pour ; ae re où | on a Hindous, dans la mesu . ‘el, de ceux-ci deet des en petits ire es figur des n décompositio di er la méthode rème théo oo tout cela arrive à relativement au dans l’école d’Ionie. . | ent i spanowiesement, é on mais à moins Lodo . étrie, au sujet de laquelle nos renseigne! es ip contestés etsicontestables, quesur celui de la phy: = A de la « physiologie » si nous donnons à la quo er qu ei eren ant le monde. C'est làsons m. : la nature, et part el Te = arai comp ques quel de 1 ues observations, rapgice ‘ et rquablement observés o des faits — rema dei E e o cité et de ae pa beaucoup de saga—on i ant a o licati àl'exp ve s'élè fantin des résultats, Let aux pourquoi, à la théorie de ? , ca ' : e val saat cornes le méme que celui par lequel picn des ger ery aepires; rail atteint en géométrie àètes. ‘agit | de justi Il s'agit aANIpAesRNA:spre di on ne peut guère ee en Te wi per RALIA Et2Oe solid ité. Et dans ces hardies Lage de ao Ha nd i i rselles que concr et unive unsi Svatio ratiy onnellement, des observations de fait,‘ des obser p e pres Seulement ici les documents nous ‘bles. a fond authentique. Le témoin histo u“Set RFOSP,TT WM - à Yen au LS de 'en-h cs, un ries théo ommes plongés, dans ces ua porha téores, idu céleste et du terrestre, Ù mt ined loin quitlaap droite route iguana le but , t i ce. gad scien gle satioion :de notre ére Téalisat premie de Saint-Sébastien, laet TueN, deK A qui roue a de ge mière réalisation, l'ima nite da resi techniqu;eset bien d'autres détails encore.

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Et ceci surtout qu'elle serait contemporaine des premiers essais de justification et d'explication de certaines mesures d'arpentage ou de géodésie pratique, de certains procédés de construction sur le terrain. Mais les racines mythiques n’en sont pas moins évidentes. Et si les autres donnent logique et précision, celles-ci donnent l’envol, au-dessus du souci utilitaire et technique. C'est le mythe qui de l’observation d’un fait particulier pousse l'esprit — et d'un seul coup, comme Icare— à s’enlever jusqu'aux astres. Car le mythe s'est toujours lié à eux. C'est en lui encore qu’éclot l'aspiration à l'explication totale et aux derniers pourquoi. Et il retrouve de suite, chez ce peuple de marins, des éléments techniques avec quoi il se fond, car l'art nautique est chose d'importance première et quotidienne, et il a besoin lui aussi de regarder le ciel, les météores et les mouvements des astres. Enfin le monde qu'on nous dessine est harmonieux, fait de proportions dont les mythes, les symboles magiques ou religieux fournissent les éléments sans doute, mais qu'on transpose évidemment dans le monde du rêve et de l'art, C'est une théorie logique élevée sur quelques faits ingénieusement rapprochés que la théorie d’Anaximandre. C'est une réponse aux questions cachées au fond du mythe. C'est aussi un rêve et une œuvre d'art. C'est enfin l’acte d’une pensée qui aspire à être elle-même, en indépendance et en liberté. (A suivre.) Le Gérant : Jean Maanais. Poltiere, — Société Française d'Imprimerie, — 1930.

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par M. Abel REY, Professeur à la Sorbonne. VIII Pythagore etles Pythagoriciens. Dans un vieux manuel d'histoire de France, on lisait : « Pharamond fut le premier roi de France. On n'est pas très sûr qu'il ait existé, Quoiqu'il en soit, son fils Chilpéric lui succéda. » C'est ce qu'on pourrait dire de Pythagore et des Pythagoriviens. Le premier ne nous est connu qu’à travers la légende, et sous la légende qu'y a-t-il ? Nous ne pouvons que le soupçonner : tout au plus le fondateur d'une règle de vie mystique, si celle-ci n’est pas un lointain héritage, un très lointain afflux. Il n'intéresse en aucune façon l'histoire des sciences. Mais il y a eu les Pythagoriciens, et parmi eux, à côté des acousmatiques, ceux qu'on a appelés les mathématiciens. Il y » dela mathématiquedèsle ve siècle, et au rv? siècle, arithmétique, théorie des nombres et géométrie, sont vraiment constituées. Voilà alors qui intéresse notre objet au premier chef. Car si l’on en excepte tous les doutes qu'on peut avoir sur Thalès, c'est l’entrée en scène, indubitable cette fois, de la Géométrie grecque. Et c'est une époque capitale de l’histoire des sciences. Cette entrée en scène s'annonce même déjà d’assez bonne heure au v® siècle, si nous en croyons la critique contemporaine relative à Zénon d'Elée. Elle est presque unanime à dire que les irguments célèbres de ce philosophe qui fleuril vers 450 (naissance : vers 489 ?) visent directement la mathématique et la zéométrie pythagoriciennes, une science devenue déjà assez ‘onnue, assez traditionnelle pour qu'elle fasse l’objet d'une criique en règle.

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1. — PYTHAGORE. i L'école de Milet constitue dans l’histoire de la seconde époqr: de la science, un îlot que relativement nous pouvons, avec u: peu de bonne volonté. ne pas trop malaisément entrevoir. Mai. à peu près au moment où les protagonistes de Ecole ont ache -: leurs œuvres, au moment où meurt Anaximandre, paraît à l'extrémité opposée du monde grec de l'Occident, du côté de la Grande Grèce, un second îlot qui, pour le moment du moins. se laisse bien plus péniblement deviner. C'est l'école des Pythagoriciens, plus exactement les premières générations pythagoriciennes. Et si Pythagore a été lepersonnagetraditionnel que nous représentent les histoires de la philosophie et des sciences, —ce sur quoi elles s’accordent, — c'est à quelques années d'Anaximandre, entre lui et Anaximene (567-568), qu'il le faut dater. Son activité couvrirait la seconde moitié du vie siècle (api vers 540). Il aurait vécu de 582 à 500, au plus tôt, de 572 à 497 et même à 482 au plus tard. Il serait contemporain de celui que la tradition encore donne comme fondateur de la seconde école de la Grèce Italique, de l’éeole Eléate, Xénophane (572-492), a l’on n’adopte pas pour ce dernier l'évaluation 620-520, ce qui ferait Pythagore et Xénophane à peine plus jeunes qu’Anaximandre (Certains documents en font même un contemporain de Thales). En tout cas, Héraclite dont l’éxuà est placée avec plus de certitude vers 504) parle de Xénophane et de Pythagore au passé. Leur influence est donc antérieure aux dernières années du vre siècle. Burnet affirme à plusieurs reprises que Xénophane, lui aussi, à parlé de Pythagore comme d’un mort, ce qui, contrairement à la chronologie traditionnelle reporterait ce dernier plus haut encore. Il est plus exact de dire que Xénophane rapporte de lui une anecdote, et naturellement au passé: «On dit qu'un jour, en passant devant un chien qu’on battait, il s'écria : « Arrétez, ne le battez pas... C’est l'âme d'un ami que je reconnais au son de sa voix !» Mais, Pythagore vivant, se serait-il exprimé autrement ? Si Héraclite parle de lui comme dans un passé voisin de celui d'Hésiode, tandis qu'il parle d'Hécatéede Milet, et de Xénophane comme beaucoup plus proches de lui-même, Aristote ou l’auteur aristotélicien de la Constitution de Samos,le “met en relation avec Phérécyde mourant, écho de la légende qui associe les deux soi-disant fondateurs du mythe de la métempsychose. Un texte incertain et contesté de la Mélaphysique a Pair de considérer que sa vieillesse fut contemporaine de la 165 LES DÉBUTS DE LA SCIENCE HELLÉNIQUE peu antérieur à Par-e son, probablement de ve ’ siècle) (1) ou mêm ; in du ne et coomencement du jennesse contemporain, Toutes ces dates— bien plus incertaines soft sé cennologie des physiologues s—adm encore que celles de la chro ise: avon nous autour de celle que de Len treraient tout vie siècle. ili est pas Pythagoret,nêtre dates Ilpour aluationnotrdese objet n l'évurto miimpo en . faudrait, avan rtes utà ce qui ] Re des tence même, de son rôlece dans sir, sinon de son exis m eest rôle que de plus en plus de Pythagorsu sciences. ll paraît bien e, nom le ons ne mentionn ique, que pour protester conans2 ment nul. Et nouspens ée scientif cette histoire dela e ur devenues un dogme onnouSt une légende et une erre laire s sans nt, veme niti défi pour nous efforcer de l'écatrter historique. illusion d’ailleurs. Rien n’es plus hanes que l’erreur e. dont elle soit plus près, qu'un dogmord vécu à Baron, U fils de Mnésarquee,4 aCrod’ab an Pythagore, nde tone un groupe, le die Gréce, form ‘en émigre en Gra a de Cylon et d mato ee e een ciples, mais s’attire l'inimitiéx hom ; éclat te émeu ces deu mes, une gation sans doute dePyth È qui en er dang au agore échappe Jes disciples, mais ponte. Les honneurs qui lui ns Méta Crotone et va s’établir 4sans ignaer® doute 5 entendre des àtemo rendus en Italie doivtentà Crot apon é o et ode, one avant l'ex de respect qu'il reçu cette ville, on perd sal a ensuite. A partir de son arrivéededans que durée et il est vraisem quel ur mais il a dú y faire un séjo | y (2), cerqu>ee7 M. Isidores Lév d'aprésnous réduit,nts pe se doc Poildédua ire re ipe enco avon et des ume ‘il y est mort. » peut elle a 0 Aa ie du passage parce qu ces un tiret la deuxiéme partdevo Dee de ns-nous penser fait dubitative. Et que en es niss four s nou que ées eux-mêmes : « Aucuneppedeset donn sui qui on rati géné {la e clid Héra textes, depuis Speusi ca in ique el ce qui subsiste des Platon) ne résiste à la crit dec ones ) liciens se réduità peu toté aris et ns préaristotélicie premiers info Pyt agure de re figu la , eurs « Déjà, chez nos ent engagée rmat cont dans le mythe ou le e { ). apparatt profondém nde de Pyihagore, (1) Sur tout ceci cl. Isidore Lévy : Les sources de la tége e tout entier l'admirable critique de la documenl'ouvrag danstena (3) id. Cf.main nt n'est plus à refaire. tation, qui (4) Id., p. 6

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De cette documentatijon ténue ilr essort que 167 LENIQUE LES DEBUTS DE bA SCIENCE HELsiè cle que nous pou- . mme n'a rien es più. ESTA «A es plus contradictoire, — l'ho en TU P ienccheze Ferlui, ah lasc avec n unare on ic e s pa nn fau ri t chercher la transition de Ja science inni ik Pm i Te contemporaine i de Platon ou qui lui est immédiatement ant: rieure. Si Pythagore a existé, ven iste, il est un des hommes du omenreligious qui marque en Grèce le vi® siècle oe pod pe oe FOR n religieuses très nettes des physiolo sa de mere om ane. La légende de son entrevue see Phé N e Lei ole. Dès la fin du vie siècle et dans t El han qu on le raille, comme le font d'abord Xéno fa ol pa . e pa bien l’attitude de « philosophes » dédaigne î e Lin : et e leurs « traficants », à l'égard d'un initiateur religiey bo> ou qu on ait pour lui respectfondate ou ent fo. d'unewere ur bom pori lea7“i e; c est toujours au sprona e de l’orphisme (Hérodote) que s’adress ni (Haredote, Xmuanges. Il enseigne le dogme de la métem n miei EN à ophane) et de l'immortalité de l'âme ; Fi Sing aca eeedes peri Il se souvient de ses existences a e Fr pn e e ce e desautres. Ilest enrapportavec les die rn Karen t il sera une incarnation d’Apollon h Der eat de tx Vino a genre de vie ascétique qui n’est pas très loi. gale A! Tp que ni de certains rites étrangers (orientau : rm ee Te Platon appelle la vie pythagoricienne La rent dont qu'il exercera beaucoup plus tard sera ee un N e (le ‚neo-pythagorisme). re Pen on , 11 semble avoir conçu et répandu une doctrin toes Haanexpiation, de purification reposant sur l’exi : u e et l'immortalité de l'âme, les chätime he la n pen es posthumes, toute proche en somme des on i siècle et se bl bai bo oie na her ace dense ; la Rome smpériale e Au atti exandrie, passeront d'Asie-Mineure i aivat la! en d’ancienne époque ne fait la neun. e pretendues découvertes scientifiques, ni tn gnement de la mathématique ou de | a phy- LI des documents du ıv® « Ce n'est qu e par r les conventicules qui pratiquaient l’existattiré l’attention sons nous représente ins qui on iciennaute,eurcesuxdedulamoNou -unAricestopytethagetordes velle-Comédie... s à unileidémenalt x 4 e, tidèle étr e lin cip s d'une pdislus périmé (1),angaur diffic nt « Ces sectateur aie ur en jour la figure de et , tre mai 9 ‚rchaique de jotér r leu de on r ati mi ad l' ité , pos a al se po ;m l'oubli, si,versla fin du v® sièdocle ute e se serait effacée dans = lethasavgoranticie,ennsane svet qui GrandepdetesGrècdeelaun«vie éco taità fol’ormrigéineen d’a xtconemps'é epy mathématiques, phyoséepeu à peu un corps de doctrines commun ¿labora aît n'aue.voiEnr prveesloquppeéerieden deténèbr es est siquesle, mupysithcaagleorsisqumei par , ceuxcedeux traits aveistc oire, en Italie et enautGrèhence,tiqdeces penseurs absArc l'h ente et de Crotone, Lysis, Philolaos, plus tard à Lyshytisas,et PhiTar èbes et de Phigonte qui ont été rattachés (qui fut en tone le culte du de Th Plaémi de cad emporaisinàs l'A jolaospor. tsCesavdevecancArcierhytsas)OU oncotnttra nsm rap de la science et de la philosoeur dat fon le nu vieux sage, deve seurs et succes ves élè des ue poq l'é à qu’ jus dre cen , des t usippe E « Il fau els. Spe nti sta sub s plu its réc des r uve tro ur dai po sou ton ut Pla de te et Héraclide le Pontique marquent le débceantérieurens Aristo l'i)ndis'igennspirant peutavec 338 contra(mste d'uneusiflopperai, lesonnelitvetéruairdee qui plus ancien Spee d'un opuscule attribPluéatonà Phiorloltaosen, publia le iqu cuêtr osé systématique qui nous soit connu des chimérore nees spé parait expions sur les nombres. La personne de Pythag lat voir occupé (2). » il ya | pythagor hie. pas l'a n entendue. Tout de méme, poussa La cause semble donc bie « Pythagore, fils de Mnésarque, ebechoceisiquis, es mm ho res aut les s tou e qu n loi s plu s che her lessantrecces écrits, il revendique comme sa propre sagsesesset un art deionbeaud’Hcoéraupclidetechovise l’originalité nce ssa nai taimétchquan'uceneté con n'é sat ccu de hagore. Il(3)sai. »t L'a beaucoup de choses qu'il a trouvées stdanuns un fragment d’Heraclite. de Pytits des autres et revendiquées pour jui-même.bieC'e éles écr aloi. Mais il se peudet forPytt hagnorequ.'HAu e) de mauvais nem art (une sciencvu raux e les enseig entse mo clite et, peutraclite ait en que éra d'H me mê uvr l'œ s dan et , épo te cet à d, fon Les sources de ta légende de Pylhagore, p- 6. : y Lév e dor Isi e E Id., p. 8 et 9. , op. Cil., P- 149. 3\ R. P. 31 a. D ; 129. Trad. Burnet

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e des être déjà dans l'œuvr a Physici ens (dont hysici , = r F r m s lle que les ur po r + k e ‘ v le a ia Jusionni. ), Seraours essentielle ment moral dlui à la Densée dini n sera fin en se ei farsa «e y er plus souvent qu’elle ne dro ns En tona cas, les poèt eurs auanvr?nesiècleNou, less ygnorevmiqienues de 1 ne Sas.es de les‘Sept sbrtisnadae, des -là que jus t son , ra es n’pur mm I! ho . s oïq hér s cte d'a s eur aut sntrligeoigaÈteecaiÀ remer»gdese o ded'erat visé dans la dure critique d'Héra proventi clan en de PERSI (etes i le, et comme’? a n scientifique du vels sièc vadatt d'abori sio oriciens. E y ies premia >es sein des conventue pythagune à géométri +" ie ca-platonicimétennrieedeil Than'y lès,aur?aeti deu rrieni ...x sièerclens aprde ès,la ladoxfloogrraiaphson circaue torique de Proclus, ans le fragment, his a mm so Thalès, et qui cesta a concerne qui ta . capital pour sineeiw ne ien anc que ati hém mat la de ne ti m ate imm« édi ThalcadesLe à ve phr, estfrèrasedirelduatiLiar line la de ale rcos (Th s)s)%Mame ls s rè Ap r ni pai cose perni de éomger évite d co i étr n ó qui ta or pp ra R I e e i u l a n o d "Tona tion qui er Continuons ana dans la généra transforma cettpr * ondi un « i Apres eux,. Pylhag; ore car il remraontitaemaux popa cie a UFnceR ll ta in l' r pa et t en ige tic st sera ab s des e me ert rè ouv éo déc th la t ui doi n à l’o t que pu+0 reie wa; catsuctioa n des figures du cosmos [i segrégniuOn a done cultivé les - Liars ste]. s [les polyèdres lui, Anaxagore de Clazoméne (né mn N « Aprèàsaa ces quelques mots, dont + suite.en nen unelltradition contin pour quehém progrès ile ng danserlaqu atienquemontr a mat e s'iuensèdure Pythagorati e "no un chaînon. tgmeri nt psen'eudostons asabsetolule menfra birio don La08)amernoutino s s,neditsavSuid - pr ent rien. ll onné nulle part ailleurs. (1) Tannery, La géométrie grecque, p. 67 169 E LES DÉBUTS DE LA SCIENCE HELLENIQU s {a chronologie tinue la série (elun.ed’agéprè nérationseulement Mais Pythagore con alèsimapandrre). On lui attribue deux Th de ré pa gé ie, nel ion dit tra nax lad,secleondcou-e, car teesellembdelesMademedérccoosuveret,ted’A es. cis pré p tro es, cis pré s fon enin construction des polyèdres réguliers est, au verrons qu'ils de onla géciromcapétlatrieonid'Ecieuclnneide;,Ceetquínousnous fail meciettns,re rosonnnt emd'iennvet nti hagtéoriau MatPytpor les e qu n bie ns vo sa us No te. res le ut to e ut do rap en__ savants de la fin du v* siècle ou du rve,—ont ifiques. Proclus ent nceès.s scileur tradition. C'est leun rslongcontenaimpssa s touvretes à utpeaquprèe sui tre ne pe de l'Ecole, so,nbieécole. L’assertis onapr n'a pas plus rèdemevalaveurec celle celle du sacrifice, après la découverte du théoque de lui que Pythagore n’a probablement d'autre rapport uel leq avoir donné son nom. rien tirer de certain du texte, sinon que s donc ubitablement faux. Nous nemoipotiéuvon est ind il us ce quijanofm ur la ns Da e. eus éni ing on fac e un d' é éd oc pr a de Burnet œuvre des mathématiciens pythagoriciens et resduteve desièclel', il cherche ce qui conserve un cachet d'ausrchpouaisrrimeons tèrifie,catnoion (xéDuporc) cri ce de ide Aborl'a . ore hag à Pyt eau phi ibu ttr l'a pur d l’itrodéeisd'uvienes : théorétique, pratique e d’aorie des oph los ner don thé la parapolalauscistiencquee et. « La plus grande des purifications estle vradoincphilaet ence désintéressée eb c'est l’homme qui s'y voue, la roue des sci ent àdélVaivrppéuidede cette vue icacem s’e. »stNoleuspluraps eff e,ncequi oph Jos ns II, 9) d’après Sosirio naissa nos us(1)rap Diogproènche (VIculanes (V, 3, 8) sur rce Laë e queet qu’a traduit Cicéron dans les Tus cecrate, r lástosel'amomi radellaetSagleesssaveant». Pa. Ari e, de« losoph érioripoténtduentphi la sup ur le premier à étendre l'étude re le Pyréfthormagate ferait le e or te quedelà des besfut ns (2). Da erce mm co du s oin au ue tiq les hmé tel s rit ure l’a de lé à ladespyranomimbdere,senleslesfig assleimi ant ent rés rep cetetelevoicare,ré,illeaurtrait e,D'où Eurytos aurait ensuite au qu des cailloux ouiangdeslepoi, cub nts par siècle déduit le nombre de. toutes les figures, c'est-e.à-dPairertandet rv® exemribpluere aitdu àchePyvalthagetordee l’la hodismmtinction des ,et pa(3)r att ses cho tes tou de 14, Burn xéne nous rappor , p. 109. 1) Burnet, op. cil. s plus loin la valeur de ce texte. verp.ron119 sq. Nouscit.,

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REVUE DES COURS ET CONFERENCES nombres triangulaires carrés (gnom ons), oblongs, etc. : 4.. tétraktys, donc l'étude des sommes de séries qui joueront ensu:. un si grand rôle. Cette conception suggérait naturellement 4. problèmes géométriques sur les confi gurations formées par |... points, les « champs » (xópa:) délimitées par les lignes qui Ic: joignent (le théoréme de Pythagor e serait une extension d. l'étude des rapports des nombres 3, 4, 5 ?). L'existence de: incommensurables se révèle dans ces recherches (l'hypoténus du triangle rectangle isocéle ou diago nale du carré). En somme, le contenu du Livre I d'Euclide. De là nous passons normale. ment aux proportions et à l'ha rmonie, à la fameuse découvert. acoustique de Pythagore (dont les récits ne tiennent pas ur instant au point de vue scientifique), anneaux d’Anaximandre, au puis, en reprenant Jes troi. rapport harmonique entre eux. enfin à l'affirmation du principe fondamental qui sous-tend toute cette philosophie et cette scien ce : « toutes les choses sont nombres ». Voilà ce qu'on pourraitou devrait attribuer4 Pythagore, à l'aide de notre critère, en l'absence de tout. texte qui résiste à l'examen: ce qui est le point de départ fondamental de toute la critique actuelle. Mais on pourrait tout aussi bien attri buer ces découvertes à des intermédiaires du ve siècle, Et enfin tout le long de l’histoire des sciences, y compris la contempora ine, ne trouve-t-on pas, chez le même savant des éléments d'esprit bien dissemblable. Qu'on ouvre les « Principes de Desca rtes », ceux de Newton, les « Papers » de Faraday, etc., Ja critique de Burnet immédiate. ment attribuerait à des époques très différentes des vues originales de l’un ou de l'autre. Ce qu'on nous rapporte d’Eurytos et que nous venons de rappe ler, d’Eurytos qui n'est pas du tout donné comme un excentriqu sophe éminent de l’école, le prouve e, mais comme un philoassez. De même, les excès du néo-pythagorisme, contemporain de la mathématique alexanne. Ajoutons enfin, en dernière analyse, que l'œuvre de Pythagore, même réduite à ces éléments archa ïques, en face de celles de Xénophane, d'Anaximène et d’Heraclit e, nous paraitrait vraiment démesurée, de moins et s’allier bien mal & ce que la légende contestable au personnage. Un préte pareil inventeur aurait laissé des souvenirs plus précis parmi les contemporains et les successeurs immédiats, puisq u'aussi bien ils en auraient regu presque toute la géomé trie. Aurait-on attendu les successeurs de Platon, —c'est-à-dir e sans — et surtout le Néo-Pythagorisme doute qu'elle fût constituée, , pour lui en rendre honneur ? 1 71 . nde des secrets de la secte qu'il y a la lége savoi ns bien Vous x) dont nous i (xovoparà) ecrets et archi-secrets AD O - à Aristote, ne contiennent que les “i Mais!Se te peritéremonte de Pythagore, á ses prescriptions religieuses me avons = e divin anita révélés aux seuls initiés. ême aux « acousmaront. mém ici ns » s'oppose icie mathémat 3 Les « NE ; ite d’Hippasos vrai que ceux-ci auraient à la suite E di E tu"5 10 sens des symboles. Il n'en resta pas nona que fo ps den : hodoxes le E ber au soins de la symbolique secrète de l'école. Le sont ces symboles qu’Hippasos aurait, en hérétiqun: ce divulgués, prouve qu'ils quetraître, t: en . riena tail .. cn ee n° i . hae a p e s ma les point non B te de la doctrine secrète, et qui aurait régné sur les t Mil E5 , TUE guère arguer du secre ilieu D du ve siècle. Nous dirons pour eu duspet ; car l'œuvre de Zénon se notre compte : au milinie “print ss à ne tiques jusqu’à la fin, o ique qui est déjà È réfère à une pensée mathémat à éfute avec obstinai a ref u'ill isqu' i ), puisq siècle lieu du ve gery bien, mann fameuxdusont mentstati ses argu r tio En t a on e actuelle, une réfu : la eriti cas, le p tation serait, en etout ineCette réfu assez ématique déjà math d’un e stenc l’exi de ! ent en faveur ns. endro yrevi Nous cle. vesié ¿but du 5 yemnle en ndeWenAavo éré leurstraveexag d'ail Sri a br e deqn Parnn ia lége la rs qu'à e agor Pyth m c quart a,+» otal nte, vers le pi Pa rena de Tare orique :« hist ie qui paraît tout i poA re à part, unét re] hago ont cedeluide [Pyt inns me x le que ce : vies s ieur plus ri e de l'es érande maîtres hellénes (la Pythie Delphe age A = ) l'a a ss morales, et Phérécyde de Syros), e doit doctrines nstre, du moins, sans doute, les eypln iens), tos-Zoro der des pratiques absurdes vaga e (ain n Zarareco mman Tie + était son égum “ri et de la viande, caflaitlaetfève fève a ion del a is ee s petit de de de cochons oduit en Grèce les poids € Linden ol à régalait d’av revi es la ua nomboirresintr s des ee m rene au-dessu ere élevé les oi avoir fait le principe d'av e sa philosophie. Il re a mo Polycrate et c'est pour vivre en tom i. t> dlnie de arante ans, il quitte Samos pour l’Italie... aufn e oy unit assez que - beln Py ®Ces debris montrent i 8 u l la anégyrique à oer la epéoulation au souci des applications pratiques,

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du moraliste auquel remontait l'institution de la société de: sages vertueux, dont les fragments des 'Aropéouc nous révèlent l'austère doctrine (1) ». « Contemporain (2) et ami d'Aristoxéne, Dicéarque voit comme lui en Pythagore un mattre de la pensée abstraite : il considère que la doctrine de Platon est empruntée partie à Socrate et partie à Pythagore. » Timée et les biographes du nie siècle nous donnent de même une biographie rationaliste. Mais ces biographes, outre qu’elles ne nous renseignent à per: près en rien sur Pythagore savant, ont précisément des intentions rationalistes si manifestes qu'elles ne peuvent porter ti. moignage, — si longtemps après d'ailleurs, et sans que rien ne le: fasse auparavant prévoir, ni chez Platon, ni même chez Aristote — contre , le caractère légendaire des renseignements antérieurs. Elles nous font songer à la vie de Jésus de Strauss ou de Renan, à des gens qui, de parti pris, ont voulu restituer un Pythagore historique et non légendaire en épurant ou laîcisant la tradition, un Pythagore humain et non divin. Il nous faut conclure et la chose n’est point facile. Il est impossible de séparer Pythagore de la légende sinon du mythe. La liegende se rapporte surtout è un créateur de règles et de symboles religieuet x moraux. Si Pythagore a existé, ce qui est probable d’après les textes d'Héraclite et de Xénophane, il ne ressemble en rien, à coup sûr, au Pythagore géomètre. Peutêtre disciple d'Anaximandre, professa-t-il la physique ionienne. et apporta-t-il de Samoscette science en Italie, où les sectateurs de son enseignement, bientôt de son culte.la développérent. Surtout il initia à la « vie pythagorienne ». Et c'est dans les communautés pythagoriciennes, car la règle y fut communiste, dans la vie certainement austère, élevée et toute de pensée abstraite, qu'on y menait, que fut cultivée la mathématique, — à partir des rudiments que la sagesse ionique avait appris et dégagés de la sagesse orientale et égyptienne, en poussant déjà vers l’abstraction. Pythagore, s’il a joué un rôle plus historique qu'Orph ée, dans la fondation de la viepythagoricienne et s’il vient entre Anaximandre et Héraclite, a pu, pro parte, contribuer à cette culture et à ce développement dont il aurait de Samos apporté les prémisses. Mais nous ne pouvons autrement définir et préciser ce (1) Isidore Lévy, op cil., (2) Hd., 49. LES DEBUTS DE LA SCIENCE HELLÉNIQUE REVUE DES COURS ET CONFERENCES 0 ttendre les hommes qui « fleurirent »au vesiècle, trouver T'en ta pour vie déjà, en cal pro Petre a ie fin du eaux nouv de par ée téris carac e, ue de la scienc une nouvelle époq nature,ds développements de la physique et des sciences detif,la une astrosugges rôle un jouer à nce comme me la médec corps qui prend nomie qui devient scientifique, une géométrie de la science, ce sera dans la mathématique. Ce nouvel aspect si l'on veut celui de la jeunesse de la civilisation grecque, sortie isolément des premiers pourquoi posés par son enfance. 2. — LES PREMIERS PYTHAGORICIENS. Nos conclusions peuvent donchere croyons-nOUS, assez net Les, agoriciens. thagore et les nnage légend'un persotrop no tre les Erde A ns tót pour ée légende s'en est empar daire. S'il a existé, la obscurci sous er qu'on puisse y faire la part du feu quideslaestlégen de, c'est qu elle tirait ressor qui En tout cas, ce fumée. à un héros moral, ateur predic un 4 ent iellem essent se rapporte la Physio. être peutc'est qui a frayé une route de vie. D'ailleurs sation homérique = civili la à nomie du siècle, par rapport re au et, fin, la e montr nous e d'Ioni la primitive Ecole Le vi® siècle, tous ceux qui se nei de vue scientifique, l'apogée. vague in occupés de la pensé grecque l’ont noté, marque une du mythe eux, religi ment senti du e ssanc mysticisme, une renai qui a — salut, de nes doctri de on créati la , et de la magie des cause à c'est Et peut-être commencé dès le vı1® siècle. ee cman les e Hésiod à couple fragments d’Heraclite qui le ferions Xénophane et Hécatée, jusqu'à cette époque que nous | de. légen sa de es origin les ou nce, existe son remonter moce dès être nt L'Orphisme et le Pythagorisme, s'ils doive se greffer eur le prement, distingués, car le second semble bien asiatique a’ Adonis, culte le sos, Diony de e mier, le culte thrac elle à côté de la relile culte Eleusiaque et son admission offici ions de cette revi estat manif les gion de la cité à Athènes, sont fin toute une siècle vı® du la dès viscence. Mais il y a eu Ceci est hors iens. goric Pytha les ante, puiss is nombreuse, parfo ue toujours, presq de doute. Et c'est d'eux qu'Aristote nous parle tée où il nomme Pyt =; re ainsi que Platon, la seule fois excepell e, attention. E le a à notre moraliste. Or cette secte s'impose, | iécles de la pensée grecque. ? Comment estoire l’hist dans le atigi apper i! pr de sciences, car lle pe-t-e s'occu quel moment i p. 44 ee elle constituée ? A

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elle s’en est certainement occupée. C'est là toutnotre problème Que l’école pythagoricienne ait été constituée, avec un bagas scientifique déjà assez considérable à la fin du vesiècle, c'est in. contestable. Toute l’œuvre de Platon, qui s’y rattache souver: nommément, en témoigne. Quelles que soient les obscurités qu entourent l'existence du grand philosaphe de l’école, Philolao» on ne peut mettre sérieusement en doute qu'il soit de la génér:. tion d’avant Platon. L'œuvre de Démocrite qui s’est poursuivi. au temps de Platon,et qu'on a rattachée en Grèce assez souven: au Pythagorisme, en tout cas qui a été, autant que nous en por: vons juger, un grand édifice scientifique, à mettre peut-être : côté de celui d’Aristote, a été commencée sans doute à la fin du v® siècle. Mais auparavant ? Là encore, nous commençons, dès que nous examinons les choses de près, avec le souci de prouver et d’authentifier dates et choses, à être sérieusement troublés. À mesure qu'on lesscrute, il semble que, pour tout ce qui est antérieur à Platon dans l’histoire des idées scientifiques (et même dans 1'histoire des idées philosophiques: qu'on songe à la personnalité de Socrate elle-même) le miracle grec s’enveloppe de brumes de plus en plus épaisses. Les critiques les plus avertis, comme M. Isidore Lévy, au cours des deux ouvrages que nous avons cités, concluent sans tergiverser que l'essor scientifique hellène, et la plus grande partie des connaissances attribuées à Pythagore et àson école, l'effort démonstratif en tout cas datent de cette fin du ve siècle. D'autres nous renvoient même plus bas encore, à l'époque platonicienne, à la première moitié du ıv®. Tenons-nous-en à la conclusion de M. Lévy, car nous venons de voir qu'il semble bien qu'on ne puisse sérieusement révoquer en doute une puissante création mathématique dès la fin du siècle précédent. Devonsnous accepter cette conclusion, sans plus, car elle a une très bonne raison : l'obscurité à peu près impénétrable de tout ce qui précède. Au mieux, si nous pouvions dire qu'il y a eu quelque chose, avantnous ne pourrions déterminer ce que c'est. Alors ne vaut-il pas mieux jeter le manche après la cognée et tenir ferme le bon bout de la fin du ve siècle et du Périplatonisme ? Sagesse, peut-être faite surtout d’ignorance et de scepticisme hypercritique, maïs sagesse tout de même. Elle a pour elle le très gros argument que le vi® siècle fut une époque religieuse mystique, et non pas une époque scientifique, et qu'il faut attendre la fin du ve pour qu'on poisse vraiment tirer la leçon d'un retour à la saine raison, à l'esprit d'observation, ala pondé- 175 LES DÉBUTS DE LA SCIENCE HELLÉNIQUE reuse réacla maturité du jugement, aprés la vigou iste du mot, et i (auistisensque.le |plus réal| ste tivi posi et bi o ag Soph le plus terre à terre) de la 8 En réalité, l’argument est moins valide qu'on ne le pourrai euse, troublée, aed d. L’atmosphére oragpar croire au premier abormyst -même, dé “A pas,, n'est s ardente des époques iquescientifique. A uneelle condition, ¢ u vorable à une riche moissonraît en Ionie, en Grèce et en Grande qu'elle laisse comme il appa e à la liberté. Le mysticis me ne fait Grèce, une très grande plac u'il est autoritaire, dogmatiq ue, e lorsq échec à la science que n’av et le nom le de mystique que quoi il est bien près de oirionplus . peut qui lle, tione officielle, tradi put. Avraidire, c’est unereligrès scien une qu nt auta tout ue, tifiq être dangereuse pourle prog laquelle elle a du reste positivité étroite, à la romaine, avec osion des enthovsiasmes l’&cl Mais le. semb ne plus d’affinité qu'il , l'esprit, d'aventure, decuriosité, mystiques, mythiques, magiques t favorables imaginative ont été plutônce d'inquiétude et de hardiesseues. issa Rena la de Lors aux renouveaux scientifiqt que, la liberté d'esprit restani nt suffitale entre autres. Il suffi regarplus sont ent etne trecrois sante au milieu d'efforts qui s’ene, à la aient s génie ins certa orabl dés d'un œil par trop défav bon qu'à faire satis la ne de souci et ive fois curiosité imaginat t arden me icis myst la vérité, un escient. Un amour platonicien deion, deux les (dans son derai soit de la recherche, soit d'observat eau, désirs de découverte, et de casil faut inquiétude, soif de nouv d'une part, et del'autre, une courir l'aventure, siloin qu'on peut) de sser et de justifiersa exigence de la preuve, qui est besoinuneconfe ité du contrôle de sol sévér , foi, une certaine pondération aussi , Ces tend ances ne sont pas terme au ion, qui bride l'imaginat nous rencontrons toujours dans inconciliables. Ce sont celles que s, c'est-à-dire des plus grands la psychologie de grands découvreur bouillonnement mystiques et de savants. Une époque d'inquiétu contrde aire. Il n'y aurait donc rien neleur est pas défavorable, au osité des vi1t-vi? siècles, avec de contradictoire à ce que la religi pour les mouvements rqué le retard que nous avons déjà rema rité et le contrôle, matu la par nt lique scientifiques et qui s'exp mpagnée de cet essor scientila discipline nécessaire, se fit acco ll peut avoir, ila, croyonsfique qui est en somme le miracle grec.Orphi ques, Eleusiaques, et les nous, quelques liens avec les mirac goriciens. La science ne peut Pytha surtout, d'après latradition, ique, mais qu avec la mer | se faire qu’en bridant la métaphysépoq ues sont des époques phiphysique lalo sensu. Les grandes« fait coups » avec elle et souvent e losophiques et où la philosophi l’idéalisme. de côté du et hardi dans ce qu'elle a de plus

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Cela nous paraït d'autant moins inacceptable Pythagorique eut une théorie mystique de indienne. Qu “ Pi pas ici negliger la xéGapa, la purification par la science « Le but de l'Orphisme et des autres Orgia était de se délivrer de la « roue des naissances » au moyen de « purifications», généra. lement d'un type très primitif. Ce qu'il y eut de neuf dans l’association fondée par Pythagore semble avoir été que, tout en admettant ces coutumes à demi sauvages, elle suggérait, en mêmx temps, une idée plus élevée de ce qu'était réellement une « purification ». Aristoxéne nous raconte que les Pythagoricien. usaient de la musique pour purger l’âme, comme ils usaient de la médecine pour purger le corps, et il est clair commele jour que la fameuse théorie aristotélicienne de la xd0apaw est dérivée de sources pythagoriciennes. Pareilles méthodes de purification de l'âme étaient familières aux Orgía des Corybantes, et cela contribue à expliquer l'intérêt des Pythagoriciens pour l’harmonique. Mais il y a plus que cela. Si nous pouvons nous fier à Héraclide, ce fut Pythagore qui, le premier, distingua les « trois vies» dont Aristote fait usage dans son Ethique, la théorétique la pratique, et l'apolaustique. La théorie générale de ces vies est claire, et il est impossible de douter qu’elle ne remonte, en substance, aux débuts mêmes de l'école. En voici l'analyse. Nous eng étrangers en ce monde ; le corps est le tombeau de ame, el cependant nous ne devons pas chercher à nous délivrer par le suicide, car nous sommes le troupeau de Dieu, qui est notre berger, et nous n'avons pas le droit de nous échapper sans son ordre. Dans cette vie il y a trois sortes d'hommes, exactement comme il y a trois sortes de gens qui se rendent aux Jeux Olympiques. La classe la plus basse est faite de ceux qui viennent pour acheter et pour vendre ; celle du milieu, de ceux qui viennent pour prendre part aux concours. Mais les meilleurs tous sont ceux qui viennent simplement pour regarder (Bumpei»). La plus grande de toutes les purifications est done la Science désintéressée, et c’est l'homme qui s’y voue, le vrai philosophe, qui s'est le plus efficacement délivré de la « roue des Naissances ». Il serait téméraire d'affirmer que Pythagore s'exprimait ‘exactement, de cette manière, mais toutes ces idées sont ewer rm sc pythagoriciennes, et ce n'est que de cette ee pont ou d'une maniére analogue que nous pouvons jeter un sur Pabime qui sépare Pythagore, homme de science, de Pythagore, fondateur de religion (1).» (1) J. Burnet, L’aurore de la philosophie grecque; p. 109-110. 177 Ainsi donc, d'une façon directe, positive, qui est historiquement invite à considérer le déterminée, la théorie de la xé0zpas nous en mouvement mystique du vre siècle, et particulier fe mysticisme pythagoricien, comme une des causes possibles de l'écloil pas réalisé ? sion scientifique. Pourquoi son effet ne se seraitpurification par la Autre chose. Pour que la théorie de la sciencesesoit développée, ne faut-il pas qu'on ait eu l'idée de cette science; et l'idée de la science ne nail pas sans le fait. La purification par la science suppose corollairement des effortse pour connaître, et quelques résultats de ces efforis. Elle suppos dans ces rédéjà quelque systématisation, quelque logiqueues, et procédés techniq que avoir y t pourrai sultats: sans quoil ne de comrien n'a qui tique pragma toute idée une t isolés; partan mun, qui ne peut rien avoir de commun avec une doctrine de purification par la connaissance et par le savoir, une doctrine i wa de sens qu'avec un certaine ascétisme intellectuel, aussi éloigné que possible de l'intérêt utilitaire des procédés techniques. La réalité d'une science, inspirant l'idée qu'elle est une x&0xpaw est donc certaine. La possibilité contemporaine du mouvement mystique en tout cas dès la seconde moitié du vie siècle n'a rien d’etrange. Reste A savoir si elle a existé à ce moment et, sinon, à quelle époque nous pouvons la faire remonter. Reste à savoir enfin quelle elle fût. Ces deux questions qui n'en font qu'une, car nous ne pourrons dater qu'un corps de savoir, des connaissances scientifiques, nous forcent à faire une enquête sur les moyens susceptibles d’être employés pour attemdre à ces connaissances et à leur date, au milieu des brumes opaques, et des contradictions de tons nos documents. C'est, en dehors des historiens classiques de la philosophie grecque, à Heiberg, à Zeuthen, à Hultsch, & Heath, A G. Milhaud, et à Tannery, —surtout, — que nous devons quel que clarté, une bien obscure clarté. 3. — L'IMPORTANCE DU PROBLÈME ET DES MÉTHODES, Deux méthodes s'offrent à nous pour résoudre ce problème historique capital. Capital, parce que si nous datons les(ceSalva qui sûtra d'Apastamba, comme l'a fait Bursh du v® siècle font t plupar la que date, la ons accepli ne veut pas dire que nous adescendre maintenant au plus tôt vers — 200), si la mathém siècle, v* du fin la tique grecque date elle-même au plus tôt de le contenu, les résultats techniques élant à peu près les mêmes

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dans la géométrie du suira et dans celle qu’on attribuait tradi. tionnellement à Pythagore et à ses premiers disciples, il n'y aurait plus de raison pour ne pas voir dans l’une et l’autre un fonds commun. Sur ce fonds aurait travaillé, avec les qualités propres de son génie, le peuple hellène tout à la fin du ve siècle et au début du ıv® surtout, dans l'ambiance de l’idéalisme platonicien, et de la philosophie du concept. Il aurait apporté surtout une « forme » nouvelle, — grosse de conséquences, car c'est la « forme» de notre science moderne, — à une matière que l’Orient aurait accumulée peu à peu, seul, ou peut-être en commun avec la civilisation méditerranéenne, Mais ce trésor déjà considérable et d’empirisme fort aigu, déjà, nous serions obligés de le prendre tel quel comme un « primum datum » historique dont nous avons essayé ailleurs de suivre les traces fragmentaires et si controversées. Les chances seraient même plus grandes que le suira hindou nous apportât alors une tradition, une compilation de connaissances nécessairement plus anciennes. Il représenterait un assez long « passé » historique que rien dans les documents relativement plus nombreux de la civilisation grecque, dans l'épopée et surtout dans la poésie didactique qui en aurait dû conserver lestraces au vie siècle ou même avant, nenous laisserait le moins du monde entrevoir. C'est donc de toute l'originalité scientifique grecque et de l'invention des connaissances géométriques qui constituent les fondements des« Eléments» d’Euclide qu'il s’agit. Et c'est pourquoi nous y devons tant insister. Des deux méthodes que nous voyons pour résoudre ce grand problème, la première seule pourrait nous donner des résultats certains, et seule elle est vraiment critique et méthode d'érudition. Elle consiste 4 chercher dans les documents anciens formels des indications certaines de dates, de découvertes et d’attribution. Malheureusement, elle ne mène pas loin. Aussi avons-nous dû en imaginer, vaille que vaille, une autre. Et malheureusement encore, c'est une méthode impressionniste. Il s'agit non plus par une critique externe de textes, mais par une critiqueinterne d'idées dans les textes qui ne concernent pas proprement notre sujet, pour préciser, dans les textes philosophiques et dans l'histoire de la philosophie, deviner si des allusions, des attitudes de pensée, des systèmes même, ne permettent, pas de déterminer ce qui a bien pu se passer au point de vue de l’histoire de la mathématique de la fin du vie à la fin du ve siècle, si même il s'est passé quelque chose. Si nous joignons à la théorie Pytha- LES DÉBUTS DE LA SCIENCE HELLÉNIQUE 179 goricienne de la x*áDdapow, la philosophie Eléate, peut-être trouverons-nous des éléments qui mériteront à ce point de vue, d'une façon toute particulière, notre attention. C’est ce que nous allons faire. De très rares textes quinous rapportent, — sans autre renseigement,— deux ou trois noms de mathématiciens avant Hippocrate de Chios, Théodore de Cyrène et les temps Platoniciens, nous ne saurions rien tirer de topique concernant, aussi bien le Pythagorisme scientifique que l'éveil possible de la mathématique entre la seconde moitié du vit siècle et celle du ve. C'est même cette carence qui a fait reporter le tout à la fin du ve ou au début du ıv®. Aussi aimons-nous mieux en réserver l'examen, quand l'étude de certaines thèses philosophiques remontant à ces deux demi-siècles, les thèses Eléatiques, nous auront permis une hypothèse que nous croirons pouvoir proposer comme ayant quelque plausibilité. (A suivre.)

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part par M. Abel REY, Professeur à la Sorbonne, IX L'Eléatisme. Devant la pauvreté des documents qui se rapportent directement au probléme dont nous cherchons la solution, force nous est donc d'aborderles choses parle biais que nous avons imaginé, On ne peut se faire illusion d’ailleurs sur la portée de la méthode. Elle ne peut qu'atteindre á une hypothése assez plausible, Mais ce serait déjà beaucoup pour tracer une courbe vraisemblable del’évolution historique avec le très petit nombre de points de repère à peu près solides dont nous puissions nous prévaloir. Si Pythagore reste, malgré tout, légendaire, l’existence de Xénophane est certaine, et il nous reste de lui des fragments de toute première importance pour l’histoire de la philosophie grecque et de la pensée humaine. La critique chronologique lui assigne précisément comme date de naissance la même dale qu'elle assignerait à Pythagore. Des documents anciens le donnent d’ailleurs comme pythagoricien. L'allusion qui, dans son œuvre, vise la doctrine de Pythagore, à travers un personnage que rien n'indique du reste comme le maître lui-même, et qui peut être simplement de la secte, paraît infirmer ces documents — rares au surplus. La plus grande partie de la doxographie le présente comme le fondateur de l’Eléatisme. Et s’il est sorti dans sa jeunesse du milieu pythagoricien qüi peut être un peu plus ancien que la datation traditionnelle de Pythagore, il faut penser qu'il a pris bientôt conscience de son originalité, voire de son opposition à l’orthodoxie de la secte. Il apparaît comme une des figures les plus marquées et les plus conscientes d'une pensée

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libre, à cette époque ; et c'est par là qu'il intéresse préciséme: : notre sujet. Laïcisation du mythe cosmogonique, recherche spontani. . l'égard del’Univers ; premiersentiment del’objectivité dela natur. bien qu'elle soit divinisée, plus encore qu'animée, et divini... dans un sens panthéistique, en un mot naturalisme: voilà ce «: a semblé caractériser l’École ionienne, et voilà qui va ses. bien avec ce que nous soupçonnons dela civilisation issue des cou: homériques. La secte pythagoricienne nous ramène à l'ambion. - mythique et mystique, et elle nous a transportés en un aut:. point de la civilisation méditerranéenne et hellénique. C'e.! là, c'est en grande Grèce, que la renaissance mystico-religien-. voire magico-religieuse, va recevoir et en plein vie siècle, dan. toute sa seconde moitié, un coup extrêmement violent, prélui. par la thèse logique, de ceux plus violents encore que lui porte ront les sophistes et les sceptiques. Mais son auteur est is:. contraire d'une intransigeance dogmatique dont nous avons pr. d’exemples aussi nets Xénophane, comme le Pythagore samien de la légende, nu». transporte des côtes ioniennes où il naquit (à Colophon, au nor: d'Ephèse en Lydie),sur les rivages de la Grande Grèce et de la Sicile. Il y vient et y voyage durant sa très longue vie qui -serait terminée vers la centième année à Elée. Tous les détail del'existence errante de ce rhapsode sont plus ou moins dignes 4: créance. Mais nous sommes sûrs de son existence et des traits fondamentaux de sa doctrine. Ces récits légendaires, ou semi-historiques nous mettent d'silleurs en face d'un fait certain. Le centre intellectuel, le centre de la pensée scientifique notamment, s'est déplacé vers le milieu du vi? siècle, — sans doute à cause des malheurs de l’Ionie et. de la conquête perse. Mais il paraît bien avoir sauté d'abord pardessusla Grèce continentale, la Béotie et l’Attique où nous serons ramenés au v® siècle, pour se fixer dans la Grande Grèce; au sud de l'Italie et sur les côtes siciliennes : Crotone, Tarenie. Rhegium, Métaponte, Syracuse, Elée, Himère, voilà où fleurissent philosophes et savants. Les deux pythagoriciens archaïques dont nous citerons les noms sont d’Himere (côte Nord de la Sicile) et de Rhegium (Reggio en Calabre). Xénophane et Parménide sont rattachés à Elée, le dernier d'une façon tout à fait certaine. Mais, si le caractère dorien des populations de ces parages a pu influencer les doctrines jusqu'à créer cet Eléatisme qui ressemble si fort à l'architecture dorique par sa logique intran- 369 LES DEBUTS DE LA SCIENCE HELLENIQUE sigeante et son géométrisme sévère, leurs sources n’en sont pas moins dans la philosophie ionienne. Désormais, pour toute 1'histoire de la pensée grecque, on peut suivre la filiation, la continuité des thèmes, sous Jes additions, etles aspects entièrement nouveaux, sous les influences larges, mais incontestables. La physique de l'Ecole de Milet, mieux encore, l'espril et les idées, la théorie physique des physiologues ioniens marqueront de leurs empreintes profondes les spéculations des nouvelles écoles. Si l'esprit dorien transforme qualitativement la pensée philosophique, la physique ionienne reste la physique et c'est 4 partir d'elle que continue à s'élaborer la représentation sensible du Monde — aussi bien la Pythagoricienne que 1'Eléatique. Seulement dans l'une comme dans l’autre, elle provoque une réaction abstraite, une pensée quisans prendre pleine conscience d'elle-même dans la première, mais très consciemment dans la Et c'est seconde aboutità une opposition entre elle et le sensible. là le signe du second âge de la pensée grecque. C'est le moment où, comme dans la jeunesse au sortir de l'enfance, les traits se marquent avec une outrance enthousiaste, qui persisteront jusqu’à la fin et donneront à cette pensée l'originalité capitale dont restera imprégnée toute notre civilisation. Nous sommes ici, de nouveau. à un tournant décisif de l'histoire de la pensée scientifique. Il le faut marquer avec force. L'examen de la doctrine de Xénophane, puis des doctrines éléatitiques, n’est pas seulement nécessaire pour dater l'éveil de la mathématique. Il l'est encore plus pour dater l'essor de tout un aspect, désormais définitif, de la pensée scientifique. XÉNOPHANE. Xénophane est peut-être de transition. La doxographie ne nous permet pas de deviner son œuvre d'une façon nette. Quelques-unes de ces thèses préparent incontestablement pourtant Parménide. Il est donc à l'origine de la nouvelle orientation de la pensée scientifique. Jonien par sa naissance, il l’est encore par son dialecte et par plus d’un détail de la doctrine. Mais est-ce au contact de la pensée dorienne, est-ce par l’äpret& ? Son que les malheurs du temps ont pu donner à son caractère indépendance à l'égard du mythe est devenue intransigeante et agressive. Voilà le premier apport que nous lui devons à l'histoire de la pensée scientifique, et le plus visible, Avec l’Ionisme celle-ci s’est évadée du mythe et de la collective observance, Mais elle en a été plutôt un développement

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10. Puisque tous, dès le commencement, ont appris REVUE DES COURS ET CONFERENCES aberrant : un mythe qui se laicise et s'individualise, dan. |, jeu intelligent au terme d'une civilisation aimable et raffi»... qui a pu aller jusqu'à devenir parfois doucement sceptiq:. comme dans la religion homérique. Encore ne faut-il pas exager. Chez Thalès et Anaximandre le mythe et, on le peut conjectu;.. par suite, le respect du mythe ne sont pas très loin. Ses im. hantent leur pensée. Avec Xénophane, plus rien de cela. |.. angles arrondis dans la vieille Ionie se sont faits aigus au pi. dorien, La pièce maîtresse de la doctrine paraît bien être la critiyn. négative et de la cosmogonie et de la mythologie traditionnel, aussi bien que dela physique qui, pour avoir rationaliséle my! en a conservé le souvenir latent. Pleine et claire conscience ». prise d'une confiance absolue et sans limites dans l’effort d'u. pensée individuelle qui ne veut être qu'elle-méme et se din. uniquement par elle-méme. De là un aspect rationaliste, une volonté logique qui n° : jamais élé encore — et de loin — aussi assurés. Certes depuis ' début de nos études nous les avons vus poindre dans 1’Orieı Avec l’Ionie ils sortent définitivement des techniques de dét..,; pour se projeter sur l’idée du Tout. Mais si l'esprit s’y compl» déjà, il n’a pas pris conscience du système et de la sévérité on : réclame. La logique avec la science s'insinuent dans la pens». mais, et c'est le mot qui revient constamment pour caractéri..— les œuvres ioniennes, dès l'antiquité — avec une certaine mr! lesse. Les voici maintenant dans touteleur ápreté. Le renouvesi de mysticisme du vie siècle n’est peut-être pas étranger par réartion à cette conscience hostile du rationalisme, comme |. « moi» de Fichte. Celui-ci se pose en s’opposant. C'est un coup droit que Xénophane porte à la tradition }» pulaire et à la religion homérique. On peut d'ailleurs imagine: ici qu'il n'est pas autant en désaccord qu'on lecroirait d’abor: avec Je sentiment qui a fait naître et s'épanouir Orphisme, Pythagonisme, culte des mystères. Très probablement l’aimable « peu religieuse religion de l'Ionie et d'Homére ne devait pas — et ne pouvait pas — suffire aux besoins religieux profonds qui. à tout moment, reprennent leur emprise dans l’histoire des civilisations humaines, et ont proclamé par là jusqu'ici leur pr:fondeur et leur nécessité et peut-être leur pérennité organique +" constitutive. Voici les fragments authentiques qui nous sont parvenus de cette âpre critique : ont attribué aux dieux toutes les ‘ ETREHomie et lesHésiode hommes, sont opprobre et honte : vols, : 1). choses qui, chez | adultères et tromperies réciproques. R. P. 99. d’acles beaucoup dieux des compte le sur 12. Ils ont raconté contraires aux lois : vols, adultéres et tromperies reciproques. . P. Jbid. és figurent que les dieux sont engendr i Lara les mortelsontse des vêtements, une voix et une forme comme eux, et qu'ils | | semblables aux leurs. R. P. 100. 15. Oui, et si les beeufs, les chevaux et les lions avaient des mains, et si avec leurs mains ils pouvaient peindre et produire des œuvres d’art, comme les hommes, les chevaux peindraient les formes des dieux pareilles à celles des chevaux, les bœufs pareilles à celles des bœufs, et ils feraient. leur corps, chacun | et avec lenez camus, noirs dieux leurs font 16. Les Ethiopiens selon son espèce propre. R. P. Ibid. les Thraces disent que les leurs ontles yeux bleus etles cheveux ges. R. P. 100 b. toutes choses aux hommes dés im dieux n’ont pasenrévélé cherchant. ceux-ci trouvent avec le le commencement, mais | u ue, homériq n traditio Mais Xénophane vise plus loin que la temps ce qui est le meilleur. P. R. 104 b. car il vise aussi bien les avatars de cette poussée mystique et c'est par une définition rationnelle de Dieu débarrassée de tout anthropomorphisme qu’il veut. remplacer aussi bien la conception routinière que les effusions du sentiment mystique. Il serait difficile de parler d'une façon plus rationaliste. Anatole France n’a pas exprimé autrement les pensées religieuses du chien Riquet que ce Grec du vit siècle, celles du vulgaire contemporain. Il est impossible de dire plus clairement et plus fortement, que l’homme a créé Dieu à son image. 23. Un seul Dieu, le plus grand parmi les dicuxetles hommes, et qui n’est pareil aux hommes ni parla forme, ni par la pensée. R. P. 100. ° | | 24. Il voit tout entier, pense tout entier, et, Lout entier, entend. R. P. 102. 25. Mais sans peine il gouverne toutes choses par la force de son esprit. R. P. 108 b. {1) Les numéros renvoient au numérotage de Dicls... Die Fragmente der Vordersocratiker, trad. Burnet.

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LES DEBUTS DE LA SCIENCE RELLENIQUE 26. Et il habite toujours à la même place, sans faire le moindr: Nous avons, pour éclaircir ces fragments de Xénophane, les gloses des doxographes, et parmi elles un texte capital de Simplicius dans son Commentaire à la physique d’Aristote, et où il dit parler d'après Théophraste, le successeur immédiat 372 mouvement, et il ne lui convient pas de se porter tantôt d'un côté, tantôt de l'autre. R. P. 110 a. Ajoutons à ces fragments authentiques un texte célébrd’Aristote. « Parménide semble avoir parlé de I’Un selon la raison, Melissos selon la matière ; ainsi l'un l’a dit limité, l’autre infini. Quant. à Xénophane qui a posé l'unité (évices) avant eux (car on dil que Parménide fut son disciple) il ne s’est en rien expliqué clairement (obêév Siscagphvev) et il ne semble avoir touché i la nature de l'un ni d'un côté ni de l’autre (sans le dire ni fini ni infini) ; mais seulement regardant le ciel entier, il dit que J'Un est le Dieu. » (Aristote, Mesoph., I, 5, p. 9866) (1). La phrase relative à Xénophane est peut-être interpelée car les mots grecs entre parenthèses ne sont pas, comme l’a fait constater Diels, dela langue d’Aristote. L'autorité, très diminuée, n’en reste pas moins aussi considérable que toute autre assertion de la doxographie. Elle s'accorde tout à fait avec le passage capital de Théophraste rapporté dans Simplicius (in. phys., 56). La conception xénophanienne de la divinité a suscit¢ e polémiques sans nombre. Celles de Paul Tannery sont capies. Si nous ne croyions pas que les fragments que nous venons de citer ont, comme nous allons essayer dele montrer, une certaine importance pour dater le Pythagorisme, nous pourrions ici passer outre. Ces fragments qui, au point de vue del’histoire de la philosophie et de la métaphysique, ont anos yeux une importance considérable, ne semblent pas intéresser au premier abord l’histoire des sciences. Nous croyons qu'il n'en est rien. El c'est pourquoi il nous faut discuter. Nous n’insisterons pas pour le moment car nous y reviendrons avec Parménide et le plein Eléatisme — Xénophane ne pouvant être agrégé à l'école qu'avec réserves — sur toutes les remarques qu’appellent au point de vue de l’évolution et de la nature de la pensée scientifique des affirmations aussi rationnelles et aussi peu anthropomorphiques. Il y a là un facteur théorique qu’on ne saurait ni négliger ni diminuer. Mais, à côté de cette conséquence générale, la théologie de notre philosophe en implique une autre bien plus particulière el qui intéresse directement le problème que nous essayons de résoudre. (1) Trad. P. Tannery. Pour l'hisi. de la Sc. Hell., p. 139. d’Aristote. Or ce texte et ces gloses s’opposent formellement et le premier comme les secondes ne s’encadrenl. pas très bien avec l'ensemble des fragments authentiques. la chose est facile à régler. Prenons les princiPour les dernières la question. Toutes proclament, pales d’entre elles qui intéressent de Dieu, son éternité et son l’unicit avec en accord parfait immutabilité, l'une dérivant de l’autre car là où il y a changement, il est distinctement vu déjà par Xénophane, qu'il y a, conformément à toute la tradition postérieure, génération el destruction. Jusque-là rien d'autre que la confirmation des fragments authentiques. Et, en gros, le texte de Simplicius-Théophraste n'y contredit pas, sauf sur l'interprétation de l’immutabilité. Nos gloses ajoutent trois caractères à ceux par lesquels Xénophane lui-même définit le Dieu : la finitude, la forme sphérique et l’incorporation dans l'univers, c'est-à-dire l'identité avec l'Univers. Le texte de Simplicius les nie. Mais la probable inà l'heure terpolation dans la citation d'Arislote rapportée tout sphère éirela bien parait ciel du voûte la car les confirmerait, immobile en question qui gouverne — et enveloppe — tout. Or toutes ces gloses par l'identité des Lermes mêmes qu'elles : emploient, proclament par là leur source unique. Même si, comme le veut P. Tannery, cette sourceestici Théophraste quiest en effet à l’origine de la plus grande partie de la doxographie, — surtout pour la physique — mais, et surtout ailleurs, avec des additions d’autres origines, on peut dénoncer, croyons-nous, la source du malentendu, sans grand risque d'erreur. Forts de la tradition qui fait de Xénophane le fondateur de l'Eléatisme, le maitre de Parménide, les commentateurs ont attribué au prétendu maître la doctrine — incontestable —du disciple, et la doctrinede toute l’école — sauf de Mélissos sur la question de l’infinitude. Nouspouvonsdoncrejeter hardiment avec l'interpolation du Lexte de la Métaphysique, due à la même cause, tout ce qui a trait à la limitation, la sphéricité, l’incorporation à la voûte céleste (à l'Univers) du Dieu de Xénophane, dansla doxographie. Le reste vient à l’appui de notre interprétation des fragments, et (fr.) de leur inspiration rationnelle uniquement rationnelle, malgré le qui subsistent encore : rationalisation qui vague et l'imprécision est l’élément. par lequel la doctrine prélude à celle de Parménide

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en y joignant la doctrine de l’un qui fait corps du reste aver cette rationalisation. Mais reporlons—nous aux documents eux-mêmes : 4. PHILOSOPHUMENA, 14 (2). Il dit que rien ne se produit, ni ne se détruit, ni ne se meut ; que l'univers est un et en dehors du changement. Que le Dieu est éternel, unique, semblable d. toutes parts, limité, sphérique, doué de sentiment dans toute: ses parties. 5. Ps. PLUT (Strom., 4). — Xénophane de Colophon entran! dans une voie particulière s'écarta de tous les précédents «: n'admit ni genèse ni destruction. L'univers, dit-il, est toujours semblable ; car s’il eût été produit il eût fallu qu'auparavant il ne fût pas ; or, ce quin’est pas ne peut ni être produil, ni rien faire, ni contribuer à rien produire. Il affirme que les sens sont trompeurs et, en même temps, il ébranle aussi l'autorité de Ja raison. 7. Gatien (Hisi. phil.). — 7. Parmi ceux qui appartiennent à la secte intermédiaire, Xénophane a des doutes sur toutes choses. sauf qu'il pose pour dogme que l'Univers est un et que c'est le Dieu qui est limité, raisonnable, immuable (Cf. Sext. Emp., I, 225). L'univers est un et le Dieu est incorporé à l'univers ; il est sphérique, impassible, immuable, raisonnable. 8. Cicéron {Lucullus, 37). — Xénophane, un peu plus ancien (qu’Anaxagore), dit que tout estun, immuable, que c'est le dieu. 9. THEODORET, IV, 5. — Xénophane, fils d’Orthoméne, de Colophon, chef de la secte éléatique, dit que l'univers est un. sphérique, limité, nen engendré, mais éternel et absolument immobile {1). Dirons-nous avec Paul Tanery maintenant quele dieu de Xenophane, contrairement à la doxographie, et à la doctrine de Parménide et de Zénon, à l’Eléatisme jusqu’à Melissos, mais en accord avec l’Ionisme depuis Anaximandre, proclame le dieu infini. Un seul texte pourrait y conduire, un des textes de sa physique que nous étudierons plus tard avec toute la physique de la deuxième moitié du vie siècle et de la première moitié du v° (fr. 28). « Cette limite de la terre en haut nous la voyons à nos pieds en contact avec l'air ; mais en bas, elle s'étend sans limite. » On voit assez qu'il s'agit ici, avec la terre, de la physique du monde sensible, qui est absolument distincte de la philosophie rationnelle comme ce sera la règle pour l'école éléa- LES DEBUTS DE LA SCIENCE HELLENIQUE 375 tique ensuite. C'est le second élément qui annonce l'Eléatisme, et avec le rationnel dont il est le complément les seuls points par lesquels Parménide peut être rattaché à Xénophane, être présumé avoir subi son influence, — mais ils sont capitaux. la « terre » nous faisons appel au sensible dont En tout cas avec tement par tous les documents que Xénoexplici nous savons phane ne veut absolument point pour déterminer son dieu. Sur ce texte allons-nous imputer à Xénophane l'infinitude du dieu ? Et contrairement au texte où Simplicius prétend rapporter l'opinion de Théophraste ? 1. TueoPHR,, fr. 5. (simpl. inphysic.5b.). — Théophraste dit que Xénophane de Colophon, le maitre de Parménide, suppose un seul principe ou considère l'être tolal comme un. ni limité, ni infini, ni en mouvemeni, ni en repos. Théophrasle convieni au reste que la mention de cette opinion appartient plutôt. à une autre histoire qu’à celle qui concerne la nature ; car au dire de Xénophane, cet un universel, c'est le dieu. Ji montre qu'il est unique parce qu'il est plus puissant que lout; car s'il y a plusieurs élres, dil-il, il faul que la puissance soil également! parlagée entre eur ; or dieu, c'est ce qu'il y a de plus excellent el de supérieur d foul en puissance. Ii est inengendré, parce que ce qui naíl dott naître soil du semblable soil du dissemblable ; mais fe semblable, dit-il, ne peui avoir ce rôle par rapport au semblable, car il n'y a pas plus de raison pour que Tun, plutôt que Taulre. engendre ou soil enil nailrail gendré ; si d'aulre parl l'être nuissail du dissemblable, de ce qui n'est pas ; c'est ainsi qu'il prouve la non-généralion el Pélernilé. L'un n’esi ni infini ni limile, parce que, d'une pari, l’infini, c'esì le non-étre, puisqu'il n'a ni commencement. ni milieu, ni fin ; que, de l'auire, ce soni les objets en pluralilé qui se limitent réciproquement. Il supprime de même le mouvement el le repos ; car l'immobile c'est le non-être, qui ne devieni rien d'aulre el que rien d'auire ne devient ; le mouvement, au contraire. appartieni à la pluralité, car alors il y a changement de Tun en l'autre. Aussi quand il dit que l'être reste dans le même état et ne se meut pas {voir p. 4), il faul entendre cela non pas du repos opposé au mouvement, mais de Tétal siable sans mouvemeni ni repos. Nicolas de Damas, dans son traité SUR LES DIEUX, le menlionne comme ayant dit que le principe est infini el immobile. D'après Alexandre il Touratl dit limité et de forme sphérique. Mais on a vu clatremeni comment il prouve la non-infinítude el la non-fimitalion la irmitation el la forme sphérique sont indiquées lorsqu'il dit que l'être est semblable de tous côtés. H dit encore qu'il pense toutes (1) Paul Tannery, Pour l'Hisioire de la Science helléne, p. 140 sq. choses (voir fr. 3).

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Diels, et après lui Tannery, ont nié que Simplicius, Théophraste. Le texte en italique eas ici, ait sui qui Papes cell critique, n'est pas du second maître du lycée. Simplicius lau. rait emprunté au De Melisso, Xenophane el Gorgia, attribue . Aristote, mais qui ne peut étre que d’un péripatéticien => ser siècle. Il faudrait prouver que ce péripatéticien a com I tement faussé la doctrine, et que Simplicius n'avait pas le ne > de la rétablir, alors qu'il discute expressément les inter rile. tions différentes: celle de Nicolas de Damas (qui serait celle 1. Diels et Tannery, fondée sur cet uniquetexte de la doxogra hie et celle d'Alexandre qui reproduit l'erreur incontestable de a celte doxographie. Le texte de la Métaphysique d'Aristote aber l'air d'ailleurs de se rapporter à une interprétation analogue celle de Simplicius et qui a déconcerté soit Aristote, soit Pin. terpolateur. Il n’est vraiment pas suffisant de dire, à quelque. années de Parménide, que l'argumentation attribuée par Simplicius à Xénophane est trop dialectique pour être de lui Elle a pu d’ailleurs être mise en forme dialectique, d'après les habitude. des écoles postaristotéliciennes, sans défigurer son fond | Alors il nous semble, à nous, que si nous la rapprochons de tous les fragments authentiques de Xénophane contre J’anthro. pomorphisme et la conception accessible des dieux de la tradition, et de ceux qui annoncent la conception logique, dialectiqur rationnelle de son Dieu, le sens peut en recevoir une certain. clarté. Xénophane continue à attaquer la conception anthrom. morphique de la divinité et à défendre une conception qui La transcende, qui, par là, est au delà des appréciations humaines au delà de ce dont l'homme est la mesure. Or les concepts fini et infini, surtout au sens vague où était encore pris ce dernier semble-t-il, par un contemporain d’Anaximène, par quelqu'un qui avait pu connaître encore Anaximandre, ont dû lui apparaître gs des concepts humains. Nous diri : subjectifs. ons Car l’efort de Xénophane, en tant qu'il préparele terrain à l'Eléatisme est de s’élever à l'objectif, à ce qui est indépendant et hors de: prises de la sensibilité humaine comme le limité ou le sanslimite, au sens encore sensible d'immensément grand et d'indéfini, de chaotique et de sans forme : « ce qui n'a ni commencement, ni milieu, ni fin», lenon-étre. De mêmel'Etre est au delà du mouvement et du repos, dans une sorte de stabilité logique qui exclut ces deux qualificatifs sensibles Ala fois. Au fond Xénophane veut faire de son Dieu l’Etre que les sens n’atteignent - pas, qui échappeal’expérience sensible, qui se pose logiquement et rationnellement. Il veut le faire tel, par pleine conscience d'un 377 rationalisme direct et taillé à coups de serpe, peut-être, qui veut hique absolument dérober la divinité au réalisme anthropomorp l'être que voie celte dans c’est de la tradition vulgaire. Et mènent le aphes, doxogr les tous ent qualifi le comme «raisonnable», à la logique qui prendra ensuite toute sa rigueur el toute sa vigueur dans l'Eléatisme. Notre interprétation se renforce encore si nous songeons aux listes d’oppositions pythagoriciennes. — Nous y reviendrons quand nous essaierons de reconstruire la science pythagoricienne, la science grecque au vie siècle. Pour le moment nous inqui diquons seulement. L'un des thèmes les plus traditionnels, ns, oricie pythag s Lhéme les parmi s ancien plus des être peut donc Empépar puis te, qui sera repris immédiatement par Héracli ique docle, qui aura enfin une très grande fortune dans la dialect et thèses , des aires contr des ition l'oppos par qu'il fonde en partie ions. opposit les par devenir du ation l'explic c'est ses, des antithè La premiére opposition est celle du limité et de l’illimite, du fini et de l'infini. au sens vague, amorphe du mol, où nous croyons qu'il le faut prendre encore chez Xénophane. Nous ne le verrons précisé que chez Zénon. Cette opposition quise développeen opposition de l'un et du plusieurs, del'impair et du pair, de la lumière et de l’obscurité (que nous retrouvons dans la physique de Parle ménide, etc.), s’allie avec cette doctrine que la première unité, premier fini se produit au sein de l'infini qu'il entraine et « respire ». L'aspiration de cette trame infinie (rvebpa) sépare et maintient séparées les unités finies qui s'engendrent, Or Xénophane distingue essentiellement son dieu-unité, en ce qu'il ne peut rationnellement y avoir d’autres unités à côté de lui, la doctrine qu'il et en ce qu'il ne respire pas. Il signe par lui-même é que sur la pluralit la sur bien aussi prend il dont a en vue et respiration le contre-pied absolu. Doctrine qu'il connait bien Grèce puisque c’est elle qui fleurit dans la Sicile et la Grande nt d'auta t connaî qu'il ne Doctri — où il passe sa vie à errer. les que ainsì appelé, été a l puisqu'i partir, en pu a mieux qu'il Eléates, par une bonne partie de la tradition antique, Pythago-, ricien ; — ce que justifierait peut-être sa physique dualiste bâtie sur les deux principes dela terre et del'humide, du solide et du fluide ; — qui rappelle les oppositions pythagoriciennes, ce que justifierait peut-étre encore soil d'autres à côtés de la doctrine (nous la connaissons si mal et pour si peu). soit le genre de. vie « philosophique » qu'il a dû mener —, comme les Eléates Mais s'il s’oppose aux thèses pythagoriciennes capitales sur l'Un et la respiration et l'illimité, rien d'élonnant alors que son

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ll era ent, malgré Ta, E I e:car certainem prèsret à peu 5 inirid ianY, prall cin raie pas, mais à sh dieu il , Vai Lin explicallons epi Mo nsuite,et dan la sli t ee ot e mbr -ne ité Fin ent lem seu pas s von dl la tn te ta ciie tu he, | une uni4téelle-m nophane n'een stse pascombinant e drejrerDEla Xémultiplicité peut eng un qui 4: . be L'Un mouvement repas etetle comme encoredesleEléates oe maiscelui aneDummies Xén leur dues done Auoph oppositions qui sont nécessairen n liées à la nn ig les ( ¡ , comme l'in . . de da ne Melisso, nr eg comme le De ce ne Tous ax n'avons aucune raison de n'y pas e Cast confusione ave uns de plus clair et de moins adultéré ach et e“ i ton vendi ee Am” sur notrestphilosophe. surajoutée Concéd inn ilaq e la forme dialectique nate. Et id (A lia pensée encore vague du Colop.| la vigoureuse dialectique d'Elée,- Eller ni runphatN. form préludes car sa ? q e est parfaite, au moment où elle se riv... pra 379 E LES DEBUTS DE LA SCIENCE HELLENIQUsiq ue, est le aine de la phy le sensible, dom pour les Eléates,pinion à l'écouterait. n'y a qu'mm fantaisiea.jam11 ais et de lail n'y de l'o ais eu, tomainIle n’y , d'ho esesquidont jam neetdes dieuxauret de toutes 34, ssaa nce tai ard, il disait la parfaite vérlesilécho, il ne s'en ane conle.naiMéme si, cer par has me. Mais tous peuvent avoir leur ju par compleR.luiP.-mê104. rendrait pas on). ini (op iuntaisie fantaisics (opinions) commeR.desP. 104 érer toutnceeeldea vér 35. Consid a. ité. lque appare ayant que celles d'entre elles qui s'offrent a la vue des mortels. 38. Toutes créé le brun miel, les hommes trouvet pas 38. Si Dieu n'avai font (1)ran. g ils ne lele mé ucoupntplua sl'aidour decesmetqu'tre bea ues fig les ent me rai tes le premier fra sur gme Cer de reant end cep pas s ton met la physique. N’o et la théologie ditiont àvulpargaitre,—dele donerc dequ'lail tra ux,sum diepré le des il qu' maruxquesenr siblesy. par met è sse presque auctaiun doute — la Et il est die autres fra ne lai opposition à celle de l’expégments le, ton des par e mesure des choses (en un nel ion rat ité voie desenlasibvérle. La relativité, l'h rience cret) ne portent donc sanomms doute que sur la physique etsens con des sens. Mais, ainsi que nous le dit si joliment le dert men l'Univfraersgment, le doute est sans limites, et ierelativismé pleineaut nier ent. Le domaine de l'opinion et de la fantaisie est re consci de la raison et de la vérité. que celui LA NAISSANCE DE LA DIALECTIQUE. LA CRITIQUE DU SENSIBLE ET LES DÉBUTS DU SCEPTICISME RELATIVISTE, ’ i i Cette pe gee l'Un posé au dela du sensible, au nom dpn C'est la ’ Le a e forcément d'une critique du sensible. ner Tonia i re fois qu’elle apparait, puisque jus uf tionhrnelsneauxse tou s aprè mes som s nou s nou sha tion .e pasLa ques sens rat du et pos encore Xén rapport du sensible cid semblele mêmphysveiqueparquilà dans hane nia une trou nop L Pé fois la à r nue Fr: . i tra a quel courant e mesi Ce s'est, pas ik u Pythagorisme, qui la continu essaierunnourées lle Cotte preuendred’aitoullte ecetle temomephyntsiqd’eue ndanparslerdesa, carsui dephysiq te Hatten e a impossible voir d'après nus lligible sur la donnée intecar elle rejoint l’Un le dieu qui esteenpl xx évidemeu, s-di iver temps most Li gat distinction entre l'un si Faute E Nan, HS ss comme juxtaposés sans plus. Sais cree Secs yore sible desteslondeiens,In Xédianolecphtiqanuee t si prèonis dee s'el'ist-magil eriéleevésenau Commenon oph Cod’Imment le saut a-t-il étéx por du lan-de Colite nalyse sée fait ? L'a pen abstra a dû? jouer un grand rôle. Le langag la c'estdont. la philosabsogagitee devenue fixe et corporelle. cette pene sée tra de notre héros est la pure el simple expression. teurs phie phane applique à l'être la méthode que les oravena« Xéno t aux faits de la vie pratique. D'une thèse nucon paraappliquencho uences, absprèurdseslequel deux t les conséq isie il extrai. Le blement ell e impose principe logique d'a qu’traires ne peuvent coexister, fait toute la force det doxales con réalités son nement. Et ce principe, des le débul, entre en confli son rai deaisitae 4 sBurcornetrigt,eonAurs ore tée run emp est nt gme fra ce fant de n tio duc tra nou La y (1) ner Tan philosophie grecque, p. 133-134. Avec en opinion.

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de chose rse rapide — €t il lan'ycitéa pas re un homme à la cou it pas sera ne nt plus aux jeux, —drait à la ville qu' une ‚ne les hommes honorenée ien . Et il ne rev nuité du devenir, la coexistence et la muscestion des cu i cu ici ‚avec la tradition, qui partout représen me posées. Pour Ja premiere fois nous trouvons associé: ui association qui ne se brisera plus, le changement et le no, : . la permanence, et l'être. Et il y a bien là vraiment das : attitude qui sacrifie aux exigences de la dialectique mais) ait le mieux constaté de l’expérience, une révolution d n pensée. Jusqu à ce moment, les Grecs n'avaient jamaisi hi qu’une réalité pat étre immobile. Le changement contin A. pour eux la loi de toutes choses. Dans l'univers Fr N n'avait apergu que des formes mouvantes, un instant fi aussitôt évanouies. Et voilà que par un artifice tout ims par l'examen plus attentif des conditions de l'expression i bale, un sophiste les obligeait de reconnaître l’existence d’ n las immobile : il lui avait suffi pour déplacer la notion du in pour la fixer et l’immobiliser, de considérer les mots où la pen s'incorpore et se cristallise. Le problème physique en est tru::-. Alle ge quee sat ated à goncilier avec cette notion nun el e ¢ salt déjà du changement t | on semibardok j iseou sesub l’être immobile, ; le devenirfuyant se juxtapose mdd i de toute la physique (1) là le p problème cardinal gr. etquece» sera i Xénophane, ; peut-on dire, | a été conscient de la valeur de se Ps ti taau moins de Ja valeur de cette pensée que le la: e comprendre, d'analyser et de trad ina ES les Eléates, il en a eu jusqu'á l'ivresse. Car c'est son + ae pour elle qui chante en ses vers x . Mais si un homme remportait la victoire ar la rapidii: di = ar à Olympie, où se trouve l'enceint. es sources de Pisa, ou en luttant 5 montrant habile au cruel pugigilat, ou à ce terrible j j eu qu'on ay dede srse: ] le pancrace, il deviendrait plus giorieux auxyeux y pelle aux concours, concitoyens, gagnerait une place d'honneur , ncours, :$ pourriture aux frais de la cité, et un présent qui s'hériterait apri» cli Ji gut l'emportali aver ses coursiers, il obtiendrait toulere aussi digne que moi. C férable à la force des hommes et des chevaux. el Mais c'est aà PAtor: que toutes ces choses sont prisé i l n ' e s t , pas just juste Ge place: de place es, et il n’est pas la force au-dessus d e notre prisé art. Car s’il y avait i parmii le peuple un | homme habile au pugilat ou au penthatle, ou à la lutte, si ‘ si N) 1) ivaud, Le problème du Devenir dans la philosophie grecque, p. 103- Ri 5 381 LES DÉBUTS DE LA SCIENCE HELLENIQUE REVUE DES COURS ET CONFERENCES 380 x gouver citoyens remportait la victoire sur les ur cela misieuun de ses tite joie ichit ses trésors (1). ce n'est pas cela quienr car a, Pis esseurs, vages de bercé ses prédécles des sens qui ont &tr a conLes douces illusions qui el nsu ese nle bie mme il dédaigne ieu mil au 1 les dédaigne, co u a véc rés au Méde. Il cré juits & la défaite, et les a liv e, la dure et inva créer, ou apre, de celle quirac June race plus rie e ou le pays qu'elle habite te cet -ce Est . nte géométde compte, forgé son espriti 9 On dirait qu'il a qui ont, en finenc , et aux cours il doit à la terre d’exiltal presque consci e de ce quí e et abanena ) st-ce pas son lon vò l'on chante ses verrss,qucartil n'e ce dernier s dan e ris vise et qu'il mép sellige jonnée pour toujou fragment ? s ières efféminéestyretannsan is des Lydiens desntman ie, use die libres de l’o 3. Ils ont appr qu'ils étaie rpre, utilité aussi longtempsora des vêtements teintsdechepou ec av Pag à ent dai ures ren vel se ls leurs glorieux et vains de ifi (2). au nombre d'un millier,l’o ls cie de parfums art bien peignées, exhalant deur Aurore de la philosophie grecque. P- 132. L' , net Bur J. d. Tra (1) (2) Id., ibid., p. 133. goriciens A. Rev, .Les débuts de la science hellénique. Pythagore et les Pytha ; uctiona-, orienthagaleure. ÈIntlesrodFyth nce nfu L'i gne. tene hiel e enc sci da de uts dib Les Pyt ne. aa148d-155, 270-233, 347-359, 452 ole NNinuIrrn!t.22.An L'écCX sqeL'ielcaaretisrynome .+ RU àgordaiciphy 31, nsre cononsnaisso s ati nou . que ons ec s pri D'a | 1, .38 367 9, ent -17 193 93, rel 52. 2 des 2, ct -65 de l'Orient antérieurement au VIl'Osivrieeh.nt, i} remble impossible 463 la658seileaencpare tie detou,tes medeitehelrralónnéeiqune,eln'aient pus participé à lepeucivir li»In sin bas du s nd mo le , queionl’Iintoniellc, etectuelparleellede L'Orient nonetidiiqneVieet siecde leVOrappienarat îtafricauneit.peSirce vruisat botèmendesintgreesses origines dns le mythe. yDan la ent sys s s1 jou les c ave fons re mie pre cep beta à pl e-vi E cell les , ef ique ns dugs nie t ylo men Bab los alesionIniengrane,nde originalità de cutle ¿cole consisionte a»À ioneoliVinsvstortiamatmoertdes,Pócmi ret rat rol le te Pelleslesmom. eJailephyscusiqsiuede Ar axi scientifique cone emma hnique. Tha cf. 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