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LES DEBUTS DE LA SCIENCE HELLENIQUE
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EeoÀA5PdpRs€giIa>EA
Les débuts de la Science hellénique
par M. Abel REY,
Professeur á la Sorbonne.
L’iafluence orientale ?
Qu'il y ait eu activité scientifique,
— même au se
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it
| pouvons-nous pas Ja justifier de facon plausible. Elle n'a done
de la science grecque, c’est incontestable (1). Mais cela ne si
‘ pas de valeur historique.
gnifie pas ipso facio que la science grecque ait été la fille de bot
sciences orientales, car elle a pu se développer d’une façon en
grande partie autochtone. La question si rebattue, bien qu'elle
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nr
es influences de l'Orient sur la Grèce en matière
Les philosophes et les savants, les
È, È
SEAnTERM»OATAeRA
ont toujours exalté la sagesse stiertale. Tl ont er ir di
poètes
istori
son couvert les idées en partie neuves qu’ils apportaient : mesure
de prudence si ces idées choquaient les idées traditionnelles
ou moyen de leur donner plus d'autorité ; souvenir aussi sans
a d emprunts réels ; influence encore du mythe de l’âge d’or
pe l'antiquité a cru à une civilisation heureuse et primitive,
e science fabuleuse,et dont le théâtre aurait été l'Orient ou
qui aurait été d’abord transmise è l'Orient. Tout ce qu'il était
permis d'espérer, c'était d'en retrouver les souvenirs effacés
ne outre les commentateurs alexandrins par lesquels nous
nnaissons surtout cette période, professaient tous plus ou moins
que l'Orient avait été l'éducateur de la Grèce et son père
spirituel. Les témoignages sur l’origine orientale de la science
+
,
es thèses (Bailly, 1770, Biot
C'est pourquoi les nombreusété
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Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)influences orience point de vue les
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à côté de l’élément grec. Pour que nous puissions dériver purement et simplement la philosophie grecque des idées orientales,
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il faudrait qu'il fût vrai, comme le prétend Roeth, que la philosophie n'est pas sortie de la civilisation et de la vie intellectuelle des peuples grecs, mais qu'elle a été implantée en Grèce
comme quelque chose d'exotique »... que si elle nous apparaît
comme le produit immédiat de la réflexion personnelle des philosophes grecs, elle a, quant A l'essentiel, une origine indigène (1).
A ce compte, on pourrait presquedire,en s'appuyant sur les tengi ne
s exprimé jusque-là — enn coni
entiment confus de l'Univer
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produit original de l'esprit latin ! Il nous paraît que si le génie
grec s'est formé à l'origine, pour une part plus ou moins grande,
à l'école de l'Orient, on a parfaitement le droit de rechercher,
même en dehors des transpositions directes, ce qu'on peut retrouver de cette formation dans la pensée scientifique et philosophique. D'ailleurs il semble bien qu'on puisse relever, même
en se mettant au point de vue par trop étroit de Zeller, des
influences directes sur les premières doctrines grecques. Ajoutons que Zeller ne s'occupe que de la philosophie grecque, que
le défaut le plus manifeste de son admirable histoire, c'est d'avoir détaché cette philosophie de toute ambiance scientifique,
religieuse, mythique ou morale, de l'avoir considérée comme
un tout isolé se suffisant à elle-même. De ce point de vue certainement artificiel, on est amené
à conclure logiquement qu'elle
est un produit original. Mais ce point de vue ne peut être le nôtre.
Nous chercherons justement à montrer, ce que Zeller n'a pas
fait, les attaches étroites de la philosophie et de la science grecque,
jentitiques ?
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des Phéniciens, de puremen
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pratiques. C'est dire tout le dédain qu'il avaitnepour
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ont montré les attaches avec les religions, les myhtes et les
mœurs. Tout en admirant plus que quiconque l’œuvre admirable de l'historien allemand tout en considérant que ses reconstitutions de doctrines sont actuellement encore ce qu'il y a
peut-être de plus exact sur ces doctrines considérées en elles
mêmes, et tout en prenant ces reconstitutions comme points
ih
=
interne puissant, de même que, d'après des travaux récents,
nombre d’entre elles aussi ont été préformées par des idées
(1) Zeller, Phil. de Gr. tr. fr., p. 28-29.
semJation orientale ou égyptienne. On brode sur un thème, qui,
doit être
"Ble-t-il, à le laisser dans une généralité très vague
semble-t-il
“ considéré comme véridique. Le bon sens même ne les
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(1) H£rodole se contente de meationner qu'il connaissait certaines docrines égyptiennes.
(2) Rep. IV, 435 E.
Pagina 3
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)REVUE DES COURS
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ir oriental préhelléni
sans preuves, rituelles
REVUE DES COURS ET CONFERENCES
et science philosophique?Cela trancherait peut-être aisément
la question, mais nous n’y pouvons souscrire.
Au sens usuel et propre du mot, il y a science, dès qu'il y a
savoir ; rappelons plus ou moins précisément ce genre de savoir
que nous appelons aujourd'hui science positive.
Une formule d’arpentage est un morceau, si humble soit-il,
de la connaissance scientifique ; — de même la manière de compter des pommes, ou de mesurer le contenu d'une fiole (1): —de
même l'observation du lever et du coucher des astres ou la
prédiction d'une éclipse. Peu importe les moyens employés
tions
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en identifiant science et tendance vers
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histopoursuit. Si nous voulions faire la même analyse et exclure
tous les éléments irrationnels, à supposer qu'ils méritent tous
ce nom, quelle est la proposition scientifique qui mériterait, même
aujourd'hui, d'être dite purement scientifique ?
Nous ne pouvons donc souscrire aux jugements que portaient
Cantor et Milhaud sur les connaissances orientales antérieures
au viré siècle : ¢ L'Orient a transmis aux Grecs un ensemble de
connaissances pratiques, qui ont pu servir de base à leur science,
mais celle-ci leur appartient bien véritablement. Ce qui la caractérise, c'est qu'elle a pour unique but la recherche de la vérité,
et pour seul mobile l'amour désintéressé de l’ordre éternel des
choses (2). »
Voilà bien l’idée a priori et philosophique d’une science idéale,
à laquelle nul pragmatiste ne souscrirait — et pourtant ils
admettent bien l’existence des sciences. Et sans aller chercher
une secte philosophique, combien de savants traiteraient cette
idée de métaphysique. Ils n’auraient peut-étre pas tort. Ce qui
n’est pas diminuer l'idée;maisc'est la mettre à sa place:en dehors
d'une définition acceptable et commune de la connaissance
scientifique. Ainsi, que le savoir soit pragmatique comme chez
les Orientaux, qu'il soit philosophique comme chez les Grecs,
partout il y a savoir effectif, il y a science, et peut-être que le
savoir en devenant rationnel et philosophique, s’il en retire
d’immenses avantages, s'expose aussi à quelques dangers.
Enfin si nos vues sont exactes, les travaux les plus récents
de l'érudition nous interdisent bien désormais de ne voir dans
(1) Nous prenons les problèmes de calcu! prati i e typesque l'onrencontre
ohez les E LA tiens et 15 Grecs.
we G.
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Milhaud, Nouvelles Etudes sur l'histoire de la Pensée scientifique,
le
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matiques. Les analogies sont trop grand
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helléne et des ince
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e inventée pare Eude reproduire sur le sol la figure géométriqu
les aliments ayant cu vie ».
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les commentateurs pan
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p'est autre que la réincarnation du combattant de la guerre
e,
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Troic, en Pythagore, qui, tout jeune encore, d’aprè
e,
ncontre Thalès. Celui-ci avoue que le jeune homme le dépassme
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figure
La
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7
Pythagore d'après l'érudition alexandrine. Sous quelle forme
d'un
moitié
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‘delle du Meénon (le triangle rectangle isocéle
1 Orient
“earré) ou le triangle des côtés 3, 4, 5 connu dans tout importe
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laquelle cette connaissance géométrique, fondamentale an
= pour la méthode que pour la science elle-méme, serait venue
: d'Orient. la Phrygie, comme la Carie et la Lydie, étant la route
F naturelle vers l'Ionie, et ayant servi de véhicule à la civilisation
‘| vrientale vers la cote d'Asie Mineure, où elle rencontre la civilia
è sation Egéenne.
Jamblique (13-19) nous raconte qu’ ¢ après s'être séparé de
Pagina 5
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)Thalès, Pythagore sc rend à Sidon, où il converse avec Mékhos,
le prophète et physiologos » — celui à qui on a attribué une conception atomistique — ¢ puis est initié aux mystères à Tyr,
Byblos et autres parties de la Syrie, et fait de longues retraites
dans le temple phénicien du Mont Carmel... Il passe vingt-deux
ans en Egypte, séjournant dans les sanctuaires, s’instruisant
auprès des prétres et des prophètes dans l’astronomie, ia géométrie et les mystères du culte ; puis, fait prisonnier par Cambyse au moment de la conquête de l'Egypte, il est conduit en
Babylonie, où il reste douze ans, apprenant des Mages culte,
doctrine des nombres, musique et autres sciences (1). »
Une doctrine pseudo-historique « veut que la science de Pythagore se soit formée au contact des grandes civilisations de 1'Afrique et de l'Asie. C'est là
une synthèse des opinions qui
partir du ıv® siècle se sont produites
à ce sujet (2) ».
à
Déjà
« Isocrate mentionne le voyage d'Egypte (Busiris, 12 Diels...
4, 4), la visite dela Babylonie semble connue de Timée (Justin, XX,
4)... Enfin la Phénicie intervient chez Néanthe (Porphyre, 1)
qui parle d’un séjour à Tyr où Pythagore est l’élève des Chaldéens (3) ».
e C'est aux Hypomnémaia que remonte à notre connaissance
le tableau tripartite de Jamblique 13-19; en rapprochant les
textes complémentaires transmis par Porphyre 6 et Jamblique
158, on obtient cette répartition : aux Egyptiens la maîtrise en
géométrie et astronomie, aux Phéniciens Ja science des nombres,
aux Chaldéens l'astronomie encore, aux Mages (4) le magistére du culte et des observances (5). » (La distinction des Chaldéens et des Mages apparaît aussi chez Antiphon et Diogène
Laérce) (6). Le groupement de Jamblique-Apollonios diffère
en nombre de points : la science des nombres a émigré de la Phénicie à la Babylonie, les Chaldéens ne sont pas distingués des
mages et l’enseignement de l'astronomie leur est retiré. Mais
si Apollonios ou Jamblique (le départ des responsabilités est
malaisé) ont modifié tel détail ou pratiqué telle coupure, Jamblique 19 conserve fidèlement une information caractéristique
des Hypomnémala : la science des astres figure, à côté de la géométrie, parmi celles que Pythagore a acquises en Egypte. Le
1)
Is. Ley, La légende de Pythagore (Paris, Champion, 1927), p. 20.
2) £d., p.
21.
3) Id., p. 21, no 3.
4) Id., p. 21.
5) Il s’agit de Zorotas = Zoroastre.
7) dd., p. 21, n° 3.
.
31
LES DEBUTS DE LA SCIENCE HELLENIQUE
te est ainsi un témoin incomplet du système singulier qui
dans la décou> dí it une part égale à l'Egypte et à la Chaldéegardé
par Philon
Da verte de l'astronomie et qui a été entièrement
Hens sa vie de Moïse (1) ».
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s pièces pour
AVS Cortes tout ceci est légendaire, fabriqué de toute
ne
ceci recoupe on sait combien
“de renum de Pythagore, Mais tout
ires, il est bien impossible
légenda
EA anecdotes historiques ou
ues des philosophes grecs, de
analog
s
voyage
“de décider sur des
ble est assez haute :le
assigna
source
la
Et
Platon.
4
Thales
e siccle, Les sourees non assignables doivent être encore plus
:
anciennes. La légende se tisse souvent autour de quelque souveair qui nest pus entièrement inexact, A la lumière de ce que
eur
nous apercevons aujourd'hui de la science de | Orient antéri
bassin
au vit see, des relations entre toutes les parties dubien
difest
il
t.
l'Orien
tout
et
méditerranéen, et entre celles-ci
sous
vérité
de
fond
un
compte
de
fin
en
re
ficile de ne pas admett
l'Orient
doutes ces histoires. L'Ionie est l'extréme pointequidejalonne
nt
iles
les
en Méditerranée. Elle est presque, avec
VER“. un isthme entre l'Orient Asiatique, l'Orient Africain et
de munde grec auquel elle appartient par la race et sa propre Civifigatiun. Comment imaginer qu'elle ait pu, et par elle le monde
“Bellénique, ne pas participer à la civilisation intellectuelle des
“peuples qui l'entouraient. Et lorsque ces peuples l'avaient,
gomme i} semble des la fin du 4° millénaire, précédé dans la
voie, comment imaginer qu'elle ait pu n’en point
profiter
‘et n'en rien recevoir ? Ce serait un Lien autre miracle que le
‘miracle eree.
(A suivre.)
Pagina 6
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)par M. Abel REY,
Professeur à la Sorbonne.
11
Introduction á la physique grecque.
ll est banal de dire que l’homme a d’abord pensé par images :
le groupement des images aurait fait les mythes (1). Nous avons
bien peur qu'ici encore on ne se référe á une psychologie simpliste et idéologique : celle qui pose l'image comme un résidu
perceptuel, la perception comme un complexe rigide, et fait du
concept une abstraction tirée d'images et de perceptions. C'est
au fond bien autre chose et pour le mythe, et pour les formes
de pensée auxquelles on a ici égard, et chose sans comparaison plus compliquée.
Il ne faut pas accepter sans précaution la phrase de Darmesteter si souvent répétée : « La philosophie construit ses premiers
systèmes autour de vieilles formules incomprises, qu'elle croit
avoir créées et qui sont nées non de syllogismes, mais de sensations, non de la réflexion, mais de ce groupement d'images
qui fait les mythes. » Exacte en gros pour la filiation par rapport
aux mythes, elle ne l'est plus du tout pour le dynamisme des
attitudes mentales. En réalité, les premiers systèmes sont
déjà des systèmes de réflexion très avancés, où les concepts
ne se séparent jamais des images si l’on entend par celles-ci l’enveloppe intuitive réaliste des actes de l'esprit, leur instrument
et leur matière, mais forme une unité indivisible et substantielle
avec la conception mentale comme l'âme avec le corps. Les anciens systèmes sont des systèmes de relations explicatives construits par la pensée, ou ils ne sont pas des systèmes. Mais, bien
avant les mythes, les représentations collectives qui satisfont
l'esprit primitif (?), d'une manière si différente de celle selon
laquelle serait satisfait le nôtre, qu’elle est à peu près impensable
pour nous, bien que notre pensée en soit tout de même sortie,
— ces représentations collectives sont, elles aussi, des systèmes
de relations et de concepts, car elles aussi sont des explications.
Que la pensée conceptuelle y soit plus enveloppée, les relations
(1) Cf. DanasteTER, Essais orientaux, 1883, p. 136.
149
moins dégagées de leur ambiance intuitive et d’une imagerie
toute sensible et d’autre type, ce n'est pas en question. Mais
elle n’en existe pas moins.
En gros, ce que nous croyons pouvoir dire, c'est que la pensée
se fixe surtout sur les formes des images qui sont des relations,
des préconcepts implicites, et que ces formes se transmutent
ou peuvent, doivent, se transmuter les unes dans les autres
:
ce qui est une autre forme de relations conceptuelles ou préconceptuelles implicites. Cette transmutation des
formes, voilà
ce qui fait peut-être la vertu explicative des mythes. en tout cas
des premiers systèmes qui les supplantent ou dans lesquels les
mythes se continuent et s’achévent. La succession, devenue
filiation, succession génératrice, se change en transformation
et celle-ci en implication, sans vouloir marquer d'ordre chronologique, surtout entre les deux derniers termes qui sont étroitement corollaires.
Si, pour la première fois avec les systèmes grecs du vie siècle,
nous entrons dans la voie d'une pensée vraiment logique, quels
que soient encore sa confusion et son vague, déjà le mythe en
avait posé les prémisses.
La théogonie d’Hésiode, les grandes cosmogonies ne nous présentent-elles pas quelque chose de cet ordre ?
M. Rivaud (1) a fort bien montré comment les mythes enfermaient déjà des éléments rationnels, comment ceux-ci se séparaient à mesure de l’absurde, pour nous donner des images
physiques cohérentes, dans une lutte longue et difficile où les
retours mythiques étaient fréquents et laissaient leur empreinte
jusque dans l'Aristotélisme. Le mytheà tendance logique c'est
la physique des métamorphoses. M. Rivaud s’est efforcé de prouver que cette rationalisation du mythe portait essentiellement
sur le problème du devenir, la notion de-matiére n'apparaissant
que tardivement, sans jamais prendre la netteté qu'elle aacquise
dans notre système de représentation; et à propos, non de la
cosmogonie, mais de la notion de corps, à travers les rites sacrificiels et magiques (le corps humain, la mort et le double,
les corps de l’oblation, sacrificielle ou magique, le sang, la
semence, le miel, etc.). La rationalisation aboutit donc essentiellement à fixer un ordre du changement, et à préparer la
notion de loi du devenir. La raison en est que l'imagination
grecque est essentiellement visuelle,
et qu’elle conçoit tout chan-
. (1) Le probleme de ta matière el du devenir dans la philosophie grecque..., |
livre 1, Les Origines, et toute la thèse de l'ouvrage.
Pagina 7
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)gement sous la forme d'une transformation d'images. Et M, Rivaud étudie les principales images, relativement claires ou franchement absurdes, pourdécrire l'éclosion des premieres physiques.
à partir des premiers mythes. Il y a là une condensation de
tous les travaux récents à propos de la question et une interprétation, sur nombre de points, bien séduisante, — peut-étre
trop séduisante par son caractére systématique.
Encore qu'il proteste, comme tous les historiens des périodes
primitives, contre l’abus du système pour des faits si troubles,
si obscurs et si mal connus, comme eux aussi, il céde peut-étre
au même esprit de ystème.
Et si l'on veut essayer, non de
comprendre, mais méme de décrire une étape de l'esprit, le
moyen de faire autrement ? Nous allons bien y étre entraînés
& notre tour. Et pour prendre nos précautions une fois pour
toutes, protestons d’avance contre le caractère irrémédiablement hypothétique et téméraire de nos conclusions.
Les points principaux sur lesquels nous voudrions ajouter
quelque chose à l'ensemble immense des travaux utilisés par
M. Rivaud, et à ce que lui-même en a tiré, sont les suivants.
D'abord il ne nous semble pas que les principes mythiques
eoient aussi différenciés en tant qu’images ou représentations
collectives, que les mots pourraient le faire croire. Il ne faut
pas prendre ceux-ci littéralement : chaos, nuée, eau, air, feu,
éther, et même nuit et jour, devenant principes générateurs,
sont peut-être
dans
l’imagination
primitive,
assez
voisins.
analogues, et les expressions seraient presque synonymes :
surtout des synecdoches, d'où sont sortis postérieurement et
par dérivation les éléments séparés. Nous pencherions volontiers
du côté de l'hypothèse de Darmesteter, à condition de moins
l'arrêter et Véclaircir. Pour Darmesteter le principe mythique,
c'est surtout la Nuce, dont le Chaos (comme dans nos représentations picturalcs traditionnelles) n'est qu'un équivalent.
Pourquoi le Chaos ne serait-il pas la nu¢e encore plus floue
et plus indistincte ? le lieu de toutes les confusions de l’encore
informe, dont procède immédiatement la nuée que prennent
toutes les formes, vivante métamorphose, qu’animent le vent et
Vorage,d’ob sort le feu, le tonnerre, qui résorbe les astres en les
masquant, ou lesrend par ses déchirures, qui s'apparente au brouillard et à la brume, qui rend visible les abimes del’espace et lesoufÎle del’airetse confond souvent jusque dans l’Epopée homérique
avec lui. Au fond un magma énorme et indistinct d'où sortent
(1) Exsais orientaux.
151
les images plus distinctes des grandes générations des choses
sous leurs formes les plus générales : ce qui devient plus tard les
éléments universels : eau, air, feu, éther, voilà ce qui semble
envelopper la terre, et ce qui existe autour des hommes, et
d’où ce qui existe a dû sortir aussi, comme les iles jaillissent de
la mer, la terre de la mer qui la borde ou des alluvions fluviaires.
L'essentiel est peut-être de ne pas considérer cela comme
une image; la pensée de l’homme ne se précise en images que
tardivement, en même temps qu'elle se précise en concepts,
et par le même mouvement. Le concret de la pensée primitive
ne ressemble nullement sans doute à nos images à nous. Il est
en deca de l’image comme de l'idée claire. C'est l'erreur d'une
psychologie désuète de faire partir la pensée de sensations précises,
d'images formées par leur association distincte, et qui s'achèvent,
rfice à de nouvelles associations, en pensées abstraites. Mais,
la pensée n’a-t-elle pas été d’abord un chaos confus (nous sommes
obligés pour déguiser notre impuissance de revenir à ce terme,
parce qu'au fond nous n'y pouvons rien mettre dessous) et
l’abstraction n'y a-t-elle pas joué tout de suite le rôle primordial. Les images mythiques sont des abstraits, confus, indistincts,
affectifs, mais abstraits à une très haute puissance — que nous .
ne pouvons plus sans doute concevoir —. Ils sont par là de
l'ordre du concept autant que de l'image. Surtout ils sont d’un
ordre antérieur. Et le chaos s'apparente à la nuée, mais aussi à
Vabime, au béant, à la nuit et à lalumière qui jaillit du nuage
noir, et avec les astres, de la nuit elle-même. Les principes
mythiques primitifs sont sans doute des épithèles surajoutées,
et dont le sens s'est progressivement restreint et altéré. Ajouter
qu'il s’y mêle une signification génératrice, une idée obscur:
(et non une image) de filiation, d'êtres se succédant à la place.
prenant la place, d'autres. D’oü les mythes théogoniques. Cette
idee de filiation rappelle l’organisme social des clans et des
+ familles, les événements et les violences qui s’y rattachent dans
le souvenir. Mais cela est déjà précision mentale, à côté de la
confusion des « psychismes » primitifs. Nous employons ce mot
qui nous semble préférable de beaucoup aux termes psychologiques usuels : idées, images, sentiments, impressions, représentations, etc., car il y a de tout cela,
ct il n'y a rien de comparable à quoique ce soit
de tout cela, sans doute,
dans la mentalité
primitive : un implexe étrangement confus. Et les épithètes verbales qui désignent ce psychisme ont pu parfaitement le préciser et l’épurer dans la suite en un sens ou en un autre. Mais
Pagina 8
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)elles n'ont pas dû lui faire perdre totalement son implicitation
primitive. Le Chaos, c’est donc peut-être la nuée et les formes
sans fin qui s’y dessinent, c'est l'informe et le multiforme, le
Tartare, l’Erèbe, la Nuit, qui enfante les monstres, car la nuée
est obscure aussi. De luisortira peut-être encore des précision
s
nouvelles — des précisions qui restent des imprécisions. Ogénos
ou Okéranos qui enveloppe tout par lui-même et par ses
exhalaisons où les créations viennent en quelque sorte se nourrir.
Et il y aura encore d'autres épurations. Nous ne mettons
entre
elles rien de chronologique. Ce sont des points de vue
psychiques
qui peuvent se déméler, se remplacer, se superpo
ser, pour se
confondre de nouveau ensuite, ou au contraire se différencier
à mesure que ia pensée s’explicite, à mesure qu’on
perd le sens
de l'implexe primitif et qu'on ne retient que des épithète
s presque
verbales. Celles-ci suscitent alors des représentations et des
notions plus claires, foncièrement différentes sans doute,
où ne
se retrouve plus la gangue, le magma primitifs. Le
chaos, c'est
alors ouc’estencore entre les choses qui ont forme, entre
le ciel et
la terre, le lieu des nuées, l’espace d’où tout sort et l'air
et même
le feu (qui se précise par le brillant, par les astres, par
la foudre) :
les vents, la foudre, la nuée, les intermondes faisant partie
du
même complexe.
A notre hypothèse donc, les différents psychismes mythiqu
es
sont allés se précisant, s’altérant surtout, carles appréhe
nsions
primitives n'étaient plus comprises de même façon.
ne recouvraient plus les mêmes choses, qui furent
et les mots
d’abord tout
affectives et réflexes. Mais, ils se rejoignent tous plus
ou
moins
dans un large indifférencié, sinon originaire, du moins antérieu
aux précisions, aux altérations successives et incessan
r
tes de la
légende. Plus exactement peut-être, il y a de grandes familles
mythiques d'où sont sortis peu à peu par distinctions successi
ves
les différents mythes tant helléniques qu'orientaux. La parenté,
en tout cas, dans ce cercle, entre tous les psychis
mes mythiques
est assez plausible.
‚a nous paraît donc impossible d’abord par l’érudition,
mais
impossible aussi par la nature même des choses,
d'arriver à retrouver les influences certaines de tel mythe sur tel
autre ou
sur telle conception qui peu à peu sortirait de tel ou
tel mythe.
Les premiers systèmes ioniens s'apparentent aux mythes,
à la pensée mythique qui est la matière où ils éclosent,
la gangue
dont ils se dépouillent. Ils s'en dépouillent pour la premièr
e fois
dans
l'histoire avec
erecque,
aux
nettelé, en cette aurore
premières
heures
du
vie
siècle.
de la pensée
Ils ne
peuvent
153
néanmoins être ramenés de facon précise à tel ou tel mythe précis
de l’Orient, de l'Egypte ou de l'Hellade. Les hypothèses risquent
d’être à peu près stériles. Et ce qui expliquera, selon nous, la
filiation des pensées joniennes, ce n'est pas tant les influences
successives et distinctes de tel ou tel mythe précis, que la précision continuée d'une pensée mythique, enveloppe commune
des mythes de l’époque. Et cette précision apparaît pour la
première fois dans l'histoire avec cette netteté, prémice de
notre philosophie et de notre science, avec les Thalès, les
Anoxianoudre et leurs successeurs.
Là encore la rupture n'est ni soudaine ni brulale : Le mythe
hellénique l’a préparée depuis plusieurs siècles, depuis le 1x° siècle
au moins, à travers Homère, Hésiode et les poètes des deux
siècles postérieurs, dont il nous reste malheureusement si peu.
Le rationnel que nous voyons déjà à l’œuvre, dans les débuts de
la mathématique, de la science, en Egypte et en Orient, s'est
manifestement exercé sur la pensée mystique de l'Hellade.
Il y a eu départ, si lentet
si confus encore qu'il ait été, il y a eu
départ progressif entre ce qui peut se clarifier, se logifier, se
« rationaliser » dans le mythe, et ce qui est absurde et répugne
à une pensée qui se cherche.
Ce balbutiement rationnel du mythe se manifeste surtout et
d'abord dans les choses de l'ordre moral, social et politique.
Les idées de loi juridique, de justice, de contrat, de mérite, et
de sagesse, aussi, les relations d'ordre social, de mesure, d'évaluation morale, un sens commun moral déjà plein de finesse,
voilà ce qui apparait et se précise depuis Homère jusqu'aux
gnomiques du vie siècle. Cette pensée est aidée par une conscience pessimiste, déjà très claire, très positive, des injustices de
la fatalité et du caractère douloureux, misérable, de la vie.
D'autant plus que ne s’éveillent pas encore de larges espoirs
vers de justes compensations, ni, sauf quelques rares et vagues
allusions toujours isolées et momentanées, le sentiment d'un
au-delà — trop lointain sans doute pour retenir une attention
papillotante. C'est dans les mystères que cette conception se
forme et s'enrichit, et surtout aux siècles suivants: dans les
mystères, qui recueillent des mythes
les éléments les moins aptes
à se formuler de façon raisonnablement cohérente.
Aussi les cosmogonies qui, d'une façon pâle et décolorée, s’ajouteront aux riches spéculations eschatologiques et religieuses des
mystères du vie et du ve siècle, mais qui ont dû s'épanouir
plus vivantes au vin? et au vue où alors elles apportaient les
Pagina 9
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)premières satisfactions explicatives, indiquent-elles, par cels
même les prodromes de la rationalisation physique (1).
Les métamorphoses dont elles sont pleines préludent incontestablement aux transformations causales ; elles sont le plus
souvent personnelles, « animistes », pourrait-on dire (à ce stade
leurs rêves, au cours des navigations constantes, inclinent à
se préciser en imaginations spéculatives et celles-ci en images
nettes, Si l’on ajoute que les mêmes conditions géographiques
leur ont assuré plus d'indépendance et de liberté, plus d’autonomie, tant pour les groupes restreints en lesquels ils se partagent, que pour les individus eux-mêmes, et plus d’individualité, en face des conglomérats qui s'achèvent par les lourds
154
de civilisation, le mot n’a plus rien d’anachronique). Mais elles
s’allient presque toujours à une transmutation des choses. Elles
sont l’expression psychique (ni image, ni concept, ni sentiment,
réflexe affectif pur mais participant des uns et des autres),
des relations de changement, des passages d’une forme à une
autre, de ce « devenir » qui jouera un si grand rôle dans la science
155
Des peuples de marins, des insulaires ou presque des insuesclavages des grands Empires conlinentaux, nous comprenons
comment les cosmogonies mythiques s'aflinent peu à peu et
s'épurent en spéculations individuelles plus proches des cosmologies physiques. Les liens obscurs de la participation primitive,
des métamorphoses mythiques, se transmuent peu à peu en
ordre de filiation, en ordres de succession, de plus en plus
logiques, c’est-à-dire de plus en plus distincts et cohérents.
L'expérience, l'observation que développent aussi ces conditions
d'existence physique, économique, morale et politique, ensrmencent par degrés ce terrain fertile. Bien plus que par
le caractère presque laïque, disons séculier, des prêtres, dans
les petits Etats grecs, caractère qui n’est vraisemblablement
qu'un effet des mêmes causes, ces causes rendent plus historique la naissance de la science — À notre sens du mot — et
de cette civilisation intellectuelle qui plus que la matérielle et
la sociale est le signe du miracle grec.
Dans les récits grecs de la cosmogonie, l’histoire, l’ordre
des changements compose une ascension vers la clarté, une dialectique de la lumière. Les formes sortent de la nuit chaotique.
D'abord monstrueuses puis, à mesure, plus équilibrées, plus logiques(1). Si ce n'est pas seulement chez les Grecs que nousrencontrons cette aspiration, — nous croyons qu’elle est à peu près
universelle — c'est chez eux qu'elle prend Je plus nettement
conscience d'elle-même. Elle devient l'atmosphère de leur
pensée comme elle est celle de leur pays. Et cela se relie au reste.
Le milieu hellénique, dans les siècles antérieures au vı®, semble
bien avoir préparé l'apparition des premiers physiciens, les
physiologues de l'Ecole Jonienne. Elle finit par substituer aux
« implexes mythiques » absurdes ou monstrueux des images.
des formes plus précises et plus distinctes, aux contours mieux
laires, comme les habitants de la mer Egée et des côtes loniennes,
déterminés, à l'enchaînement plus sensé el déjà raisonnabl:.
doivent nécessairement développer leur imagination visuelle.
Elle est la fin de l’ascension des mythes vers la clarté.
et la philosophie grecques. Elles ordonnent, selon les convenances de la mentalité d’alors, selon sa compréhension, les changements et le cours de cet univers mental. Leur animisme même
déteindra dans les premières physiques hylozoistes.
C'est alors que paraît déjà, pour interpréter et lier le changement, cette idée qui revient sans cesse dans les sciences de la
matière, l'idée de retour éternel, qui ne fait qu’un avec l'imposs:ra de la création er nihilo, et de l'anéantissement in nihium.
Cette idée n'est pas plus spécifiquement grecque que celle
des métamorphoses et des transmutations. Mais elle s'épure
et se classifie singulièrement dans les siècles de la civilisation
hellénique qui précédent le miracle grec. Elles forment le passage lent et continu au miracle lui-méme.
La raison en serait-elle, comme le pense M. Rivaud, que l’imagination grecque est surtout visuelle et remarquablement
visuelle ? Nous avons insisté sur le caractère visuel de la perception, de l’appr&hension de l’externe dans l'espèce humaine.
Aussi croirions-nous plus volontiers qu'il n'y
a là qu’une précision
évolutive d'un caractère éminent de l'espèce, et dont les formes
d'art, et les éléments de technique, de science et de pensée qui
nous sont venues d’ailleurs, témoignent manifestement. Il est
certain toutefois que la visualité hellénique l’emportera en
perfection esthétique, et en précision d'images et de concepts,
sur tout ce qui nous vient d’ailleurs.
(1) La chronologie des mystères est absolument suspecte,
du reste il y a
eu sans doute continuité d'élaborati
:
de l'érudition vont du vitre au ae ee set
Gaio,
(1) Cf. Rivaup, id., n° 40.
Pagina 10
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)C'est une théorie individuelle qui est attribuée à Thalès, et ses
disciples en présenteront immédiatement d'autres. Elle se
même de ceux qui d'abord l’acceptent, puisque Anaximandre
est formellement présenté comme le disciple ct l'héritier de
propose donc à l'acceptation. Elle s'offre donc à la critique,
Les débuts de la Science hellénique
par M. Abel REY,
Professeur à la Sorbonne.
III
L’Ecole Ionienne.
La grande œuvre de la science grecque sera la géométrie
(y compris l’arithmétique théorique) avec l'application magistrale qui en fut faite à l'astronomie. Mais ce n’est ni sa première
ceuvre, ni peut-étre, quoiqu’on en pense communément, son ceuvre
la plus originale : celle qui donne sa signification à tout le reste :
il n'est pas invraisemblable que la géométrie elle-même n’en ail
été que la particularisation et la promotion, de beaucoup il est
vrai, la plus poussée et la plus parfaite.
C'est à la fin du vire siècle ou au début du vie, l'école des physiciens d'lonie qui ouvre l'ére de la science grecque, et du miracle
grec, — avec la physique, autrement. dit la science de la nature:
y compris l’espace, les relations de distance, et les figures des
corps, qui furent toujours étroitement reliés à la physique; y
compris aussi, à l'autre bout, les corps vivants et la matière
médicale qui ne s'en séparèrent jamais.
Qu'implique au point de vue de la pensée scientifique la phygique ionienne ? la naissance, même d'une facon pleinement
consciente de la pensée scientifique, telle qu'elle s’est perpétuée
jusqu'à nous.
Nous sommes restés en face, jusqu'ici, d'une arithmétique
et d’un système métrique qui, chez les Egyptiens, sont bien devenus, au 2° millénaire, d'une positivité sûrement pratique, et qui,
partout ailleurs, accentuent ce caractère pratique et technique
aux dépens des souvenirs magiques ou mythiques. Mais pour
tout le reste : astronomie, physique, cosmologie, médecine (à
l'exception du papyrus Smith), nous ne sortons pour ainsi dire
pas du domaine du mythe et de la magie.
Avec Thalès, même si, comme il est probable, le souvenir du
mythe hante encore la physique ionienne (on ne détruit que ce
qu'on remplace
; l'innovation est toujours reliée à la tradition),
nous sommes résolument, consciemment, en dehors du mythe.
|
pouvoir
de
ou
De plus, aucun vestige de personnalisation
Thalès, dans toute la doxographie.
magique, de mana, ne susbsiste dans la source des choses. Ce
n'est plus ni Ogénos, ni Okeanos, qui crée ce monde, Aucun des
mythes où interviennent la pluie, le fleuve ou la mer, n’en explique la généalogie ou l'origine. Il sort de l’eau ou de l’humide.
Et quelle que soit l'interprétation que nous devions donner à
ce principe, quels que soient les souvenirs mythiques qui aient
inspiré consciemment ou inconsciemment la pensée de Thalès,
relle-ci s'en est débarrassée complètement. Il n’y a pas une hésilation, sur ce point, dans toute la documentation — très pauvre
— qui se rapporte au Sage de Milet. Avec lui, nous sommes en
présence d'une chose dont sortent toutes les autres. La réponse
de Thalès à la question qu'il se pose est, malgré toutes les differences, du même ordre que celle du chimiste moderne qui à la
question: d’où vient l’eau, répond: de la combinaison de l’oxysène et de l'hydrogène. Elle est objective.
Le regard s'est tourné nettement vers ce qui est indépendant
de nous, car on a conclu de façon définitive qu'il y a des choses
el un ordre de choses qui sont indépendantes de nous : c'est
l'univers, extérieur à nous, et dans lequel nous sommes. La
question pourra étre désormais de nous replacer dans l'univers ;
et on y arrivera très vite, mais non plus, consciemment du moins,
et pendant toute la civilisation gréco-latine, de réhumaniser
l'Univers, et de l'interpréter en fonction directe de notre propre
nature, de nos propres forces, — ou de forces calquées sur les
udtres.
.
Ce disant, nous n’ignorons pas qu’une des trois propositions
qui nous sont rapportées sur la physique de Thalès, c'est que
« lout est plein de dieux ». Pas davantage quoique, avec beaucoup
de réserves, comme nous essaierons de le montrer, que le principe des physiciens de l'Ecole d’Iome est hylozoïste. Mais cela,
à notre sens, appuierait plutôt notre interprétation. Une distinction, si vague et si confuse qu’elle soit, commence entre ce
qui donne la force, ce qui anime, et ce qui est mu, ou animé.
Et si l’aimant appelle dans l'esprit de Thalès, si près encore
des mythes et de la magie, quelque chose de divin et (pour un
peu nous dirions : donc d’anthropomorphique), c'est qu il
Pagina 11
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)s’achemine déjà d’une manière latente y
j
mobile, doué de mouvement, et qui, Big‘iam
“oe pas ri Eee de lui-méme.
out est
p ein
de dieux, mais tout n’est
pas dieu
Tout est plein de dieux » ne nous
parait
d’ai
théiste ou hylozoiste. C’est sans doute La Marpas
s Fer
antérieures du stade Hésiodique où la nature
n’était en somme
qu'une théogonie et n’était expliquée que
par lá. Les dieux
d'Hésiode ne sont pas seulement à l’image des
hommes: ils
sont en même temps et plus encore pour certains, à
l'image des
choses de la nature (1) : Ouranos, Gaïa, Chronos, Ether
Helios,
Selene, Potamof. La spéculation de Thalès est un pas
de plus,
sinon le premier, vers le concept d'objet et
de matière
sensu, avec lequel la science sera désormais étroit
lalo
ement apparentée, jusque dans le domaine de l'esprit :une
spéculation qui
telles qu’elles sont
essaie de prendre conscience des choses,
en elles-mêmes indépendamment de nous, hors
de nous.
_ Et enfin en face des collèges de prêtres, de mages ou
ciers, en face des sociétés d'initiés, de toutes
de sorles traditions quise
transmettent, sans Variations voulues ou sensibles,
commencent
à se constituer des écoles, une école, l’école de Milet, où
le maitre
développe des conceptions individuelles et compte
pour les faire
accepter sur l'esprit de libre examen de ses
auditeurs,
de ses
disciples où les disciples toujours critiquent, modifient promeu
-
a la parole du maitre. Ce n'est pas seulement
d'une école à
autre que s exercera la critique dansles opposit
ions d'école qui
vont se multiplier aux vit et ve siècles ;
mais encore
dans chaque
école, tout en conservant l'esprit on pourrait presqu
e déjà
dire les principes et la méthode des maîtres, il
y aura addition, développement, correction, même dans la plus scolastique de toutes : le Pythagorisme. Les Sept Sages
pr
de la Grèce
er le commencement d'une tradition nouvelle :
ya même de l’individualisation de la recherc
= aussi,
la trahe et du savoir.
comme Pascal,
magnifiquement,
scartes, la tradition d'une œuvre
qui
*
eci
faisant entrevoir moteurs et mobiles. Hylozo
isme, si hylo.
ao I en n'est pes anthropomorphisme.
Nous y verrions
pl Tanlhropomerne
pas sur a vole
je qui
qui nous éloignera petit & petit
it
&
qui sans cesse veut se dépasser, et y parvient.
da
se distinguent de ce en quoi ils sont, de ce qu'ils en; fune
__
279
LES DÉBUTS DE LA SCIENCE HELLÉNIQUE
de parti pris, à chaque génération, la tradition d’une tradition
l’exprimera
après
+
+
C'est pourquoi l'école de Milet a une importance considérable
dans l'histoire de la penséescientifique. Voici songrand tournant
les longues hésitations,
vraiment, après les premiers balbutiements,
les succès effectifs, mais partiels, des techniques encore concrètes, malgré leur empreinte rationnelle déjà nette. Voici
l'entrée en scène de la science, conçue, dans son universalité,
sous son aspect logique et rationnel. Ce qu'a laissé l'école, en
résultats positifs : peu de choses ; on pourrait presque dire, en
se rappelant l’acquis antérieur : rien. Ce quelle a ébauché et
légué comme esprit, méthode, pensée: tout: la prélention de
l'esprit à l'explication totale (qui se corrigera de nos jours, et
de nos jours seulement, en explication indéfinie) et l'union de
l'explication au rationnel. Tandis que l'Orient a fondé une
science dont l'esprit pourra devenir celui de notre science, l'Ionie
a fondé la science, notre science occidentale, notre civilisation
intellectuelle. Elle est la première réalisation du miracle grec
et elle enest la clé. Bien entendu, première réalisation, premier
pas, ébauche. Mais comme la monade leibnizienne, à y bien
regarder, elle contient virtuellement les clivages des critallisations ultérieures, et c'est la première fois que ces virtualités
toutes ensemble, et comme un tout bien lié, apparaissent dans
l'histoire de la pensée. Anaximandre est déjà un savant, au
sens moderne du mot.
Nous devons regretter d'autant plus de savoir si peu sur cette
école. Nos premiers et presque nos seuls renscignements sur elle
datent d’Aristote ; les commentateurs de celui-ci n'ont pas
ajouté grand chose de certain au maitre—sauf ce que Geminus
et Proclus rapportent au point de vue géométrique. Essayons
de grouper et, dans la mesure possible, desynthétiser ces pauvres
indications.
Thalès est né dans la seconde moitié du vire siècle (1). Milésien, il connaissait vraisemblablement, sinon nécessairement, la
science assyro-chaldéenne. Son séjour en Egypte (?} l'avait,
d’après toute la tradition antique, mis à même de connaître
s’accroit et s’affine
(1) La date attribuée à l'éclipse de soleil qu'il a annoncée
{1) Gf. Rivaud, id,, n° 8,
peut être
585. Proba610, 557 ou 585, bien que la date acceptée communément soit
biement 610 (P. Tanbey): Les chronologies d'Appolodore et de Sosicrate
lui donnent 40 ans en 597.
Pagina 12
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)la science égyptienne. De ces deux civilisations,
il a pu hériter
.
# notre connaissance actuelle, d'une arithm
étique et d'un système métrique positifs, avec des méthodes
empiriques, et concrétes, mais exactes et qui manifestent déja, dans
eg
et
égyptiens,
un
les documents
effort probatif et
une
certaine
que.
En physique, il ne put guére
— toujours
avec notre
pauvr
mentation, — leur emprunter que des mythes. Et le princ
ipe qu'il
mvoque est très voisin de myth
es
babyloniens et
sémitiques
du mythe égyptien, de mythés égéen
s et hellènes dont nous
retrouvons la trace dans Homère.
L’Océan qui pour tout se
trouve dans l'origine : a L’Océan
et Téthys, père et mère des
dieux. » Mais le mythe complète
ment laïcisé, si Pon peut dire
est _Un principe physique, et
un principe de physique si loin
qu'il soit des nôtres. Sans prendre
au pied de la lettre les juslifications empiriques qu’en donn
ent la doxographie et Aristote, leur concordance à l’interpré
ter comme un résultat d
l'observation, comme une induction,
ne nous permet guère de
croire qu'il n'ait pas eu quel
que chose de cela: souvenir
mythique soit, mais confronté avec des
remarques sur les shone, ì
Vhumidité de la semence, l'humidité
néces
saire & la germination
— dans des pays souvent mena
cés de sécheresse —, les allupera à l’embouchure des fleuves,
le limon déposé par le Nil, etc
oublions pas tout de même que des
esprits critiques qui vivaient
trois cents ans après Thalès dans
la même tradition méritent,
pour
l'interprétation de ce qu'il a voulu
dire, une cria
ta
créance. C'est un principe
de la critique en matière d'his
toire
y Sciences que ceux qui sont
voisins dans le temps etl'espace
7 ‚sont aussi par l'esprit
général, et que leur inter
prétation
oit avoir quelque valeur. Nous
aurons à l'appliquer plus d'un
e
fois, avec les très grandes réserves néces
e
cette „Interpretation
saires, cela va sans dire
antique,
encore que l'eau et 1'humide,
nous
pouvons
conclure
c'est-à-dire les exhalaisons de
rent une seule et möme repré
sentation, que non seulement
a mer, avec toutes les
îles qui, dans la mer Egée,
chaque pas, de la mer, non
seulement le ciel,
mais encore l’espace entre le ciel et
midité, la nuée, et la pluie, et
l'eau
émergent,
à
l'Océan supérieu
la terre, où se forment. Phules vents, done l'air, ne sont
pas
encore nettement dissociés, du moin
s dans le principe explicatif
auquel tente de s'élever le Milésien.
Ils sont, au pis aller les
ini inte
rmédiaires,
les
premiéres
pessage entre la source primitive
formes
ou
images
LES DEBUTS DE LA SCIENCE HELLÉNIQUE
281
De cela nous avons presque une confirmation dans la doxographie. Probus (sur Virgile, p. 21) nc croit-il pas que cette
«opinion de Thalès provient d'Hésiode, qui dit : Le Chaos fut
avant toutes choses: ensuite... Car Zénon de Cittion dérive
chaos de yæ08« (couler) et l'interprète dans le sens d’eau (1). »
Et cela n’est pas sans importance pour comprendre la filiation
des théories de l'école, avec Anaximandre et Anaximène.
En quoi consistait au juste la valeur scientifique de ce principe ?
D'abord à expliquer, à comprendre les météores. M. Burnet,
M. Bréhier ont eu raison d’insister sur ce fait que l’école Milésienne eut ce but, s'ils ont peut-être exagéré en excluant à peu
près les autres. Nous ferons même remarquer que c’est par là
surtout que l’école de Milet a créé la forme, le cadre où se mouvra
la physique scientifique, prélude des recherches concrètes qui
ont constitué la nôtre, par opposition à la physique métaphysique des grandes théories abstraites et a priori, aristotélicienne,
atomistique ou corpusculaire. Jusqu'à Descartes inclnsivement:
(l'application physique de la méthode, ce sont «les Météores »
et avec la cosmologie, ils forment le contenu des « Principes »);
jusqu'à ce qu'elle se centre sur la mécanique des solides et
des fluides, toute physique est couronnée d’une explication
des météores. C'est par là (explication de l'arc-en-ciel et de la
foudre) qu’on atteint peu à peu l'optique et la science de l'électricité,
.
Les météores sont du reste ce qui surprend, ce qui frappe
‘l'imagination des hommes. Si l’&tonnement est le commencement
de la science, l'étonnement apparenté à la crainte, on conçoit
que la réflexion se soit d'abord exercée sur les météores.
Chez les Milésiens, les astres eux-mêmes sont des météores
comme l'éclair et le tonnerre, l'arc-en-ciel ou l'orage : les jeux
du feu et de la lumière, les jeux aussi des grandes forces de la
nature. Leur météorologie, c'est donc leur physique. EL la physique restera en gros jusqu'à Galilée, une astronomie cosmologique d'une part, une science des météores d'autre part, à
mesure que les astres se distingueront des méléores : ce qui ne
tardera pas.
La hardiesse ici est merveilleuse. Le mirarle ionien est,
d'une certaine manière, en avance sur ce que sera ensuite le
de
et le reste du réel qui en dé-
(1) Paul Tannery. Pour servir à histoire de la science helléne, 1"° (d., p. 78,
1. la genèse dans la Bible, et le mythe du Nou dans la cosmologie religieuse des Egyptiens. (Maspero.)
Pagina 13
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)miracle grec. Il a pris les astres
pour des cho
objets naturels. Du rang des dies ou jusqu'iciPrei cfe: u
cessé d’être et où ils continueront à être places avec Platon
a. et les Stoiciens, ils descendent au niveau des en
|
er ou des vapeurs enflammées par des causes naturell
a cette fois, et définitivement, la a nature », la
A
of
ni
jouera un si grand réle dans la physique grecque Rana in} Br.
re uhy!ra et, par leur intermédiaire, dans
tou.
» fa nature par opposition au surn
soit. Les noms de physiologues ou de ne due sun=les rate"i
on les désigne sont bien mérités. Les nep: puews, les « de oe
pia » u désormais de style, et ils conti
ap u près—
>
endront d'sbord
Philosophie. ee par le fait mém.
gus comme
des
]
È
logie va se doubler d'une astronomie, d'
rologie comm
disaient les Grecs en attachant a ce m t Vide +
m
sur la structure de l'unive
l'uni rs céleste, plus
pe
préciséme
im
len
tagraphie au sens scientifique du mot. Nos tm snposa
météores,
lees me temps des auteurs de e systèmes du
monde », Le seu!
n repaern à Ehalés
est une « astrologie
sans doute sur les moyens de “n dir ps È» fr ler
du ciel. Si donc Thalés envisage les + t CAR Lt
il leur donne quand méme, pour dea È erge pendi
i gr
culatives à la fois,
une place
rivilé por “a aa
vers une cosmologie et une sillos
ociie‘de haee vend
Qu'il soit encore imprégné de
la cosmogonie traditi
pei difficilement faire de doute. Mais il en
onnelle
el
a
changé pe erml esprit. La cosmogonie était avec Hésio
de e Int
oe to repris
ses thèmes, mais sont plutét postér
ieurs
récyde, les orphiques), une théog
onie. Le cadre expes, Sa dela famille et de
la société,
— et avec desréminissoar ine
ences pr
oe
“er , pale= a pr
était de rendre compte des choses
ni des divinités elles-mémes.
ythes des sociétés
religi
temporaines de Thalès ou du siècle
sui
théogonie primitive l'idée de filiation, de
lès garde dela
queno mao de la
fait une succession chronologi mene en lle s'il continue eve
:
être toujours à la doubler d'une 8 ite divi
Let plete
dieux). A partir de l’eau primordiale ei in
te, il
imitiv
s’
lle s’il conti
-
di
pi
peho os physique et non plus mayChlane ag eno
n
rt
r,
le feu, ces deux derniers n'étant que
des exhalaieau donla
t terre est de son côté commele dépôt
résiduel.
283
es, bien
Nous avons ainsi une suite de représentations, d'imag
l'autre
l’une
t
ionnen
analysées par M. Rivaud (1), qui se condil
ls.
nature
ts
dans une succession d'événemen
Faut-il aller plus loin encore et donner à Thalès un plus haut
aurait, posé le
mérite, si l’on suit ce que nous en dit Aristote. 11 en
se demanproblème même de la matière, de la substance,
son
dant : de quoi les choses sont faites ? et l'aurait résolu par
purs
de
loniens
des
faisant
En
e.
l’humid
de
ial
principe primord
imputé à
météorologistes, on a — en particulier M. Bréhier (2)à—traver
s ses
es
théori
leurs
Aristote le tort d’avoir interprété
refude
nt
pourta
le
diffici
semble
nous
J]
propres préoccupations.
s à Anaxiser A Anaximandre et surtout comme nous le verron
diale. Et
mène la position du problème de la matièreduprimor
pur problème
t
déjà Thalès est sorti au moins implicitemen
peut-être
météorologique, par son astronomie. — Seulementfacon
explid'une
nce
substa
la
de
ème
probl
le
n’a-t-il pas posé
les
quoi
de
moins
t
stemen
manife
c'est
upe,
préocc
le
qui
Ce
cite.
de
me
problè
le
Moins
nt.
choses sont faites que d’où elles vienne
e
marièr
la
à
es
origin
des
e
cherch
Il
r.
l'être que celui du deveni
et
images
des
sion
succes
tla
eplutô
iltrac
iqueet
nieant
de la théogo
nature.
comme la généalogie des choses qu'il ne spécule sur leur
siècles
trois
de
moins
à
vit
qui
Mais le témoignage d’Aristote
nous
ne
l’école
de
es
discipl
rs
dernie
des
de là et de deux siècles
ent
dissoci
se
mes
problè
deux
les
que
penser
à
point
-il
incite-t
bien
est
Il
eur.
mal dans la pensée encore confuse du précurs
difficile de dire que toutes les choses viennent de l'eau, saus
tiellecroire implicitement qu’elles en dérivent aussi bien substancar
1:0n
ment que chronolosiquement, qu'elles sont de l'eau,
è.
ne
retour
y
tout
«
encore
seulement « tout en provient », mais
tions de là,
(Plutarque, Slomala, I). En tout cas, à deux généra
de
problème
le
ement
itabl
indub
posera
,
l’école
dans
Anaximene,
par lequel
la substance matérielle, en déterminant le processus
elle crée la diversité des choses.
lisons dans
N'oublions pas que déjà, à propos de Thalès, nous
pe et
le
les Philosophumena (1, 1) : « D'après lui l'eau est se princi
sani,
vapori
en
re
la fin de tout ; car en se figeanl ou au contrai toutefois le texte
elle constitue toutes choses (3). » Ne retenuns
que pour ce que vaut la doxographie sur Thalès.
1) Le problème de la malière et du devenir dans l'antiquité grecque jusqu'à
Alcan, 1926), 19° fasc.
E Histoire de la philosophie (Paris,
Théophraste (Paris, Alcan, 1906).
3) Trad. Paul Tannery, loc. cil.,
Pagina 14
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)Aussi, et sans vouloir accepter sur
LES DÉBUTS DE LA SCIENCE HELLÉNIQUE
parole tou
phie qui, ici, est plus que pores ee avec us ‘ral ten
vraisemblablement trop, pensons-nous, à cause de sa troublante
concordance, que Thalès a vu dans l’eau non seulement
une origine, mais encore un principe d'explication, une nature des choses,
vali san bite air pa certain pour les météores qui sont
senile ps cpliqu
ués
par hr l’eau
en
u na exhalaiisons. Mais
i ce ne le
«
L’Univers est supporté par l'eau; d'où 1
de terre, les tourbillons des vents et les une‘aioe
bean les choses sont comme emportées et
en écoulement,
> | epr phy BASES pu principe de leur généraa
(1).
ème
du soleil
et des astres,
enfin le mond
enlier
por
est entretenu
iaia By des exhalais
chalai ons des eaux: (2). » « La terre
i
.
Tannery arrive à décrire, comme ayan
yeux de Thalès, la représentation du hn ge m
urihi ailleurs avec celle des Egyptiens (4).
«
L'Univers est une masse liquide
“om
qui renfer
bulle d air hémisphérique ; la vigne anse de cette bulle
est notre ciel ; sur la surface plane, notre terre (un cylindre
plat
ea celui qui est découpé par l'horizon) flotte comme un [ee
chon de liège ». Le principe, dit-il encore et, à notre sens,
très
justement, « n'est, pas seulement Pélément primordial mai
celui qui remplit l'espace par de là les bornes de notre mond ,
engendré dans son sein (5) ». C'est en effet un scheme que —
Feen
el
Lo
ne ie la fin du vie siècle, et notamment chez
dam que le monde Se fait aux dépens de ce qui
de
Pur — ce qui tend à confirmer notre interprét
ation
emi substantielle du principe de Thalès. Le monde des
ch
nidonchi a de l'eau et s'en nourrit.
es astres
ms
od nn il ne semble pas que la science deThales ait
me his qu'il a pu connaître de l'astronomie babylon
ienne
ul yp ar i La fameuse
ha
prédiction de l’éclipse totale de
5 ou 587 est du même genre que les prédictions
pg s avons parlé à propos des Assyro-Chaldéens
cte
uede PM 15 8)
ih Een p.cp.
70.
ermias,
(5) Zd.,
. La cause
des éclipses ne sera entrevue qu'un siécle plus tard.
Ce
(1) Philosoph
Ins.
|
que la doxographie nous en rapporte est certainement lafaux.
té de cirQue Thalés ait connu au contraire la non-uniformi
des quatre
alité
l'inég
de
suite
par
soleil,
du
culation annuelle
e, les solstices
saisons, qu'il ait prédit, comme le dit Eudém
certains cercles
de
notion
eu
— et les équinoxes —, qu'il ait
ue, l'équateur,
zodiaq
le
on,
l'horiz
en,
astronomiques : le méridi
tout, cela est
s,
visible
rs
toujou
étoiles
des
cercle
le
les tropiques,
es depuis
acquis
fort probable : c’étaient connaissances déjà
éens. De
-Chald
Assyro
les
et
longtemps par les Egyptiens
la doxomalgré
n
gnomo
du
et
dre
même l'usage de la clepsy
mandre.
Anaxi
à
r
dernie
du
ntion
l'inve
rte
graphie qui rappo
siècle,
d’un
ieur
Bien que Eudème attribue à Oenopide, postércercles
t pas
n'aien
les
que
la description précise du zodiaque, bien
a
n’y
il
nide,
Parmé
et
iens
goric
été vulgarisés avant les Pytha
le
né
enseig
et
connu
pas
n'ait
s
Thalè
que
aucune raison pour
ens. Nous en dirions
savoir des astronomes babyloniens et égyptiait
encore identifié
qu'il
autant des planètes, sans peut-être
l'étoile du soir ou l'étoile du matin, déjà réduite 4 une seule
pourtant en Assyro-Chaldée.
les autres écoles
Que ce soit Thalès, ou que ce soit son école ouonomie
connue des
l'astr
Grèce
du vie siècle qui aient enseigné en
ces écoles
ue
puisq
rte,
n'impo
il
ens,
Babyloniens et des Egypti
qui imCe
(1).
eurs
ormat
d'inf
rôle
le
que
ici
n’eurent à jouer
ajouté
été
n'ait
e
porte c'est que, pour le moment, rien encor les Grecs mettro
nt
que
le
probab
à cette astronomie. Il est même
sconnai
les
toutes
t
eremen
famili
r
manie
au moins un siècle pour
gances auxquelles étaient parvenus les Chaldéens.
à
flottent sur les eaux d’en haut, Sur leur
285
*
es
a»
que et la géométrie ?
En doit-on dire autant pour Varithmétipeu
près certain. Mais
c'est à
Au point de vue des résultats, de
l'esprit, nous discuterions
du point de vue de la méthodedocum
entation. presque inexisla
volontiers. Malheureusement
te à caution. On rapporte
tante, est, au surplus, tout à fait sujetpour
mesurer la distance
édé
unanimement è Thalès un proc
mesurer la hauteur
pour
édé
d'un bateau au rivage, et un proc
suite le théorème
par
bue
attri
lui
des pyramides. Et Proclus
sur l'égalité de deux triangles qui ont un côté égal compris entre
ae
t fixé lo levern'es
Thalès aurai
nous dit que
preuve : Pline
1) Une jours
ation
indic
cette
Or
emps,
print
du
inoxe
l'équ
s
-aprö
Pidiedes 25
latitude beaucoup plus méridionale, donc égyptienne
vraie quo d'une
Milet).
{46 jours pour
Pagina 15
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)deux angles égaux chacun à chacun, proposition nécessaire A
la première mesure, telle que la tradition l'aurait rapportée,
— On lui attribue encore, sans la démonstration qui en serait
Ce genre de démonstration quirevient à démontrer quele qualés.
drilatère formé par les extrémités de deux diamètres estunrectangleest même plus intuitive, plus immédistement visuelle, surtout
si le rectangle est un carré, ce qui la rapproche des essais orien-
286
due à Euclide, l'affirmation inductive de l'égalité des angles
opposés par le sommet, enfin, l'égalité, qu'il appelait d’une
façon plus vague Ja similitude des angles à la base da triangle
isocéle. Il est fort possible que Proclus, qui ne fait que répéter
Eudème, attribue arbitrairement à Thalès les « principes de ses
conséquences»et la ethéorie
» de sesrecettes toutespratiques. Mais
cependant, le passage débute par ces mots au moins curieux
:
« Thalès, le premier, ayant étéen Egypte en rapporta cette science
(la géométrie) en Grèce. Lui-méme fit plusieurs découvertes et
mit ses successeurs sur la voie de plusieurs autres, par des tentatives d'un caractère tantôt plus universel, tantôt plus concret
(atodyracórepov). » Il paraît difficile de ne pas voir ici une tradition (Eudème ne vivait que trois siècles après Thalès), laquelle
ferait remonter à Thalès certains efforts logiques dans ses travaux géométriques, efforts qui iraient de pair avee ceux qu'il
fit en physique. ls étaient peut-être aussi rudimentaires. Mais
ils n'en conféreraient pas moins à leur auteur le mérite d’initiateur. Pamphila (compilatrice de la findu re siècle après J.-C.)
rapporte encore que a le premier il inscrivit le triangle rectangle
dans le demi-cercle » (1) ; et Proclus, d'après Geminus cette
fois,« que la division en deuxparties égales du cercle par le diamétre a été démontrée (ce mot est inexact, car méme chez Euclide il s’agit lè d'une définition), dit-on, en premier lieu par
Thalès » (2). Ces propositions, si elles peuvent étre attribuées
a Thalès (et pourquoi pas ?) sont fort éloignées d’avoir un caractère purement pratique. Elles rentrent évidemment dans celles
qui ont paru à Eudème avoir un caractère universel, c’est-àdire abstrait et logique, car il est bien difficile de donner un
autre sens à ce mot, écrit comme l'antithèse d'une expression
qui signifie sensible et concret. Ainsi quele fait remarquer Paul
Tannery, on peut inscrire le triangle rectangle sans connaître la somme de ses angles intérieurs — dont la tradition
est absolument unanime à rapporter la découverte à Pyt
Il suffit de connaître l'égalité des angles à la base d'un triangle
isocèle, et l'égalité des portions du cercle déterminées par le diamètre : deux propositions qui justement sont attribuées à ThasdSer Laërce, I, 24. Trad. Paul Tannery, La géométrie grecque,
(2) Proclus, p. 157. Trad. P. Tannery, Id., p. 90.
taux antérieurs; ce qui la rapproche encore de figures ornementales et de carrelages qu'on retrouve en Egypte dès le temps
de Ramsès II, et surtout du carrelage par triangles rectangles
isocèles, qui est déjà une « monstration » intuitive d'un cas
particulier du théorème de Pythagore, sur la somme des trois
angles d'un triangle, et du plus fameux théorème de Pythagore
sar le carré de l'hypothénuse.
Il s’agit en somme de voir qu'un carré ou un rectangle sont
toujours inscriptibles dans une circonférence. Car, remarquons-le,
le texte de Pamphila ne parle pas de démonstration. Il rapporte
simplement que Thalès inscrivit le triangle rectangle dans la
circonférence. Or du fait qu'un rectangle -est inscriptible dans la
circonférence, la moitié du rectangle, coupé par sa diagonale
et qui constitue un triangle rectangle, est inscriptible dans la
demie-circonférence, puisque cette diagonale est un diamètre
et que le diamètre coupe la circonférence en deux moitiés. Il
n'y a pas là démonstration ; il y a là construction pratique intuitive, car la démonstration exigerait d’abordqu’on demonträt que
tout rectangle estinscriptible. Mais sinousattribuons à Thalès déjà
une certaine exigence logique, ct nous reviendrons encore sur
la difficulté de ne ie point faire, quand nous essaierons de consi pauson œuvre, si fragmentaire, si mutilée,
sidérer d'ensemble,
vre qu'elle nous soit parvenue, la démonstration peut se reconstituer sur le type suivant.
Soit un cercle et deux diamètres AB, CD. Joignons leurs
extrémités deux à deux. Nous formons un quadrilatère ABCD
divisé en quatre triangles opposés deux à denx par les sommets
aucentre du cercle. Démontrons quechacun de ces triangles est
égal à celui qui lui est opposé. En effet, leurs angles au centre
en O, sont tous égaux, puisqu'opposés par le sommel. Et leurs
autres angles sont dans chacun d'eux égaux puisque ces triangles
sont isocèles (leurs côtés adjacentsà l’angle du sommet étant
des rayons du cercle). — Or étant égaux dans chaque triangle
respectivement, on peut voir intuitivement qu'ils le sont aussi
d'un triangle à l’autre, puisque les 3** angles sont eux-mêmes
égaux. Nous avons donc des triangles égaux 2 à 2 comme ayant
un côté égal {rayon du cercle) compris entre deux angles égaux
chacun à chacun (ces d'égalité de Thalès). Il en résulte que les
côtés opposés de notre quadrilatére sont égaux. Mais d'autre part
Pagina 16
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)les quatre angles du quadrilatère sont égaux aussi, puisqu'ils son:
chacun la somme de deux angles égaux. Alors le quadrilatir.
est un rectangle. Donc les angles A, B, C, D sont droits, E:
chacun d'eux est le sommet d'un triangle rectangle inscrit dar.
une demi-circonférence, puisque les diagonales qui formen:
leurs hypothénuses sont des diamètres et que Thalès a établi que
les diamètres coupent la circonférence en 2 parties égales (1.
A l'époque de Thalès on savait d’ailleurs de façon empirique,
ou constructivement, que les carrés étaient des figures à côtés
égaux et à angles droits, les rectangles des figures à côtés opposes égaux et à angles droits. On le savait pour toutes les
mesures de superficie depuis au moins 2.500 ans en Chaldée,
et sans doute en Egypte, en tout cas bien avant le papyrus de
Rhind qui nous présente un système de mesures de surface
traditionnellement établi, On le savait aussi par la construction
architecturale.
(A suivre).
{1) Heath imagine une autre construction plus compliquée et assez emrrassée. Elle a le tort de faire état de la proposition relative à l'égalité
de deux triangles ayant un angle égal compris entre côlés égauz chacun à
chacun
et qui n'a jamais été attribuée à Thalès. Etant donné un rectangle et
5e3 CARNE on démontre è l'aide de la proposition précitée que chaque
partie des diagonales de part et d'autre de leur point d'intersection sont
égales. Ce sont donc les rayons d'un cercle. Les moitiés du rectangle partagé
par une diagonale, c'est-à-dire les ba
ng rectangles sont toujours
riptibles (Greek Mattematics, vol. I, p. 137).
Le Gérant : Jean Marais.
POITIERS, — SOCIÉTÉ FRANÇAISE D'IMPRIMERIE, — 1930,
Pagina 17
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)LUCY NY)
par M. Abel REY,
Professeur à la Sorbonne.
IV
L'École Ionnienne (suite).
Quoi qu'il en soit, toutela tradition relativeà Thalès se trouve
bien groupée autour de deux propositions : l’une concrète, pratique, sensible, la mesure de la distance d’un bateau en mer,
l'autre abstraite, purement logique ou universelle : la propriété
rectangle de tout triangle inscrit dans le demi cercle.
Maintenant en quoi consistait au justé le moyen pratique
de determination de la distance d'un bateau en mer ? En harmonie avec l'effort pour diminuer la science géométrique orientale, on a essayé de rabaisser autant que possible les connaissances de Thalès. Et Paul Tannery, suivi par G. Milhaud, lui
a attribué un procédé qui, en fait de pratique, semble à peu près
impraticable. Il consiste & construire sur le terrain un triangle
égal à celui que forment lesdistances du bateau à deux points
du rivage. L'un, A, est le point à partir duquel il s'agit de mesurer la distance AB; l'autre, C, se prend au milieu d'un segment de la perpendiculaire (AA’) élevée de A sur cette distance
AB. La ligne A’B’ qui se mesure directement sur le terrain est
A
N
2’
A
évidemment égale à la distance AB qu'il s'agit de mesurer, par
suite de l'égalité des 2 triangles ABC et A’B’C, Ce qui a incliné
Tannery à adopter cette solution, c'est qu'elle est géométriquement la plus simple, qu'elle est indiquée par l’agrimensor
romain Nipsus sous le nom de fluminis variatio, qu'enfin elle
Pagina 18
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)349
propremen:
visant le bateau lui-même, du haut d'une éminence, on visait
à Thalès : égalité destriangles qui ont un côté égal compris entr.
deux angles égaux chacun à chacun, et égalité des angles oppos: ;
par le sommet. Mais la solution ne pouvait être utilisée qu'i
titre de curiosité pour des distances très petites. On se d.mande à quoi alors pourrait servir une pareille opération. Mai...
tenant qu'il est hors de doute que les Egyptiens, è propos ti.
sur le terrain si le bateau est un peu loin se représentent icitout
comme dans la première interprétation.
Dirons-nous alors que l’allusion d’Eudéme a bien des chances
suppose deux
théorèmes
qu’Eudéme
attribue
la mesure du sgi d'une pyramide, savaient parfaitement considér.des longueurs proportionnelles, plus de mille ans avant Thali.
il est bien probable que la mesure attribuée à Thalès n'est qu.
la pure et simple application de ce procédé. Il se prête de lu..
même à la solution du problème ici posé.
Il y faut évidemment une visée. Mais la détermination e.
méridien pour construire les temples, encore bien plus anciem.
en Egypte, nécessite des visées aussi précises. Du reste |
procédé de visée qui est instinctif et qui a dû se développ..
avec les premières observations du ciel, est en soi bien plus con.
mode et praticable que la mensuration des grandes longueu::
sur le terrain, et les constructions que requiert le procédé o.
Tannery, surtout dans des pays montueux comme la côte «:.
les îles Ioniennes.
Il faut encore utiliser,
il est vrai, non plus une proposition su
l'égalité des triangles, mais un des cas de simililude. On ne reıcontre l'étude de ces cas qu’à une époque postérieure, Sans doutmais, d’après un des textes les plus précis de la doxographie dThalès, nous savons justement que les mots « égaux » et « sen:
blables », qualitalivement voisins, n'étaient pas alors différencicLe théorème sur la prétendue égalité des triangles ne pouvait:
sous forme de remarque qualitative, laisser flotter sur les deu:
représentations une implication indistincte ? et se référer a:
cas voisin de similitude, en ne faisant état que des deux angl-égaux ?
Encore une fois rien ne prouve que Thalès ait connu les prircipes « de ses conséquences » et les théorèmes nécessités par s-recettes pratiques. C'est bien après coup, et peut-être par dédu-tion et non point par tradition qu'on lui a attribué les élément:
théoriques nécessités par des procédés restés peut-être tout
empirique.
|
Heath (1), pour éviter la notion de similitude, suppose gu’:
effectuait autrement l'opération. Avec l'inclinaison trouvée cr.
(1) The thirteen, Books of Euclid’s elements, vol. 1, p. 305, Greek malhımatics, vol. 1, p. 133,
un point de facile accès en terre ferme comme on le rapporte
d'un ingénieur de Napoléon, et on mesurait la distance de l’opérateur à ce point. Mais la longueur et la difficulté d'une mesure
de se référer à la mesure d'un rapport entre des lignes, comme la
mesure de l'inclinaison (sq!) de la face d'une pyramide, Il n'y a
en effet qu’à supposer que l’observation est faite du haut d'une
tour ou d’un point élevé dont on connait exactement la hauteur
qui peut étre aisément déterminée au moyen desombres, procédé
dont on rapporte aussi la connaissance à Thalès). Le bateau joue
le même rôle que le sommet de la pyramide, l’altitude du point
d'observation, celui de la moitié de la base. En déterminant
Yinclinaison (le sg!) de la ligne de visée prise du point d'observation qui remplace ici l’extrémité de la base de la pyramide, on détermine aisément la distance du pied de la tour au
pateau, c’est-à-dire la longueur correspondant à la hauteur de
ja pyramide, ce qui est proprement l'objet du problème 57
du papyrus de Rhind.
La grande difficulté qui subsiste, c'est qu'il n’est nulle part
question dans les textes anciens d'une tour ou d'un lieu élevé
au-dessus du rivage comme point d'observation. Et il faut interpréter comme nous, et imputer à erreur, l’allusion d’Eudéme
au cas d'égalité des triangles nécessaire pour cette détermination : une confusion avec un cas de similitude, qui d'ailleurs
est d’une géométrie bien plus avancée et subtile. Mais il ne
faut pas oublier que des procédés techniques concernant la similitude ont été bien antérieurs aux théories de similitude, et de
pratique aisée presque naturelle, comme dans les arts du dessin,
les plans cadastraux, etc.
Il y a peut-être moyen de sortir de l’un et l’autre embarras. Mais il nous faut prévenir que notre hypothèse, comme
les précédentes, est toute gratuite.
|
On peut admettre qu’on a cherché le rapport qu’exprime le
sql, non verticalement du haut d'une tour, mais horizontalement
comme dans le cas de la fluminus varialio de Nipsus, en construisant une perpendiculaire sur la distance à mesurer. Puis à une
distance suffisante pour apprécier nettement un angle de visée
moindre que l’angle droit formé d’abord, on visera de nouveau
le bateau, et on indiquera la direction, l'oblique par rapport
à la perpendiculaire tracée. L'opération du sg! s'effectue alors
Pagina 19
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)comme avant. C'est la même ideritiquement, que celle du pra.
blème 57 de Rhind, mais dans un plan horizontal au lieu d’étr.
était impliquée par le procédé métrique de Thalès. Il pourrait
vertical.
Mais cela revient à déduire la distance du bateau en reconsquences d'un principe ou du principe des conséquences ».
Ne prétendons pas pour cela qu'il y ait eu démonstration
truisant idéalement à l'aide du calcul, c’est-à-dire en rétablissant
les proportions, un iriangle égal au grand triangle à mesurer. L..
régulière du théorème de l'égalité de deux triangles. Il y a eu
350
passage se faisait instinctivement pour l’Egyptien. Sans aucun.
démonstration relative à la similitude des triangles, il retrou.
vait la hauteur, connaissant la base et le rapport de cette bas:
à la hauteur (l'inclinaison). Le Grec aurait-il été plus difficile à
contenter ? Il ignore les conditions de similitude, comme 1'Egy;..
tien, mais il « sent » qu'il les ignore. Alors il cherche à reconstruir:
idéalement un triangle qui soit égal au triangle donné à l’aide
des seules mesures réelles qu'il peut effectuer. Il lui faut en
quelque sorte, et c'est peut-être sous cette forme que le cas d’égalit:
fut utilisé, déterminer un triangle par les seules quantités
réelles dont il puisse disposer (2 angles et la longueur adjacente .
Le rétablissement des proportions, implicite chez l'Egyptien.
devient ici explicite; et, comme chez l'Egyptien, pour les applications de la méthode de fausse position aux fractions, ilfournit
la preuve de l'exactitude du résultat annoncé. La preuve, qui
fait usage de l’égalité de 2 triangles, est ici toute proche d’undémonstration véritable. L'originalité de Thalès serait ainsi et
déjà l'originalité de la géométrie grecque ; un effort logique
pour prouver l'exactitude du procédé pratique, quelque chose
de « plus universel » que la simple application particulière et
concrète de la recette égyptienne.
Notons encore que l'emploi de triangles semblables (et non
égaux) sur le terrain se trouve dans la Dioptre de Héron d’Alexandrie, et dans les Cesies de Sextus Julius Africanus. Et qu'en
outre il ne faudrait pas nous étonner qu'un agrimenseur romain utilisät des procédés inférieurs à ceux de Thalès. Non,
seulement ils se servaient des formules inexactes relatives à la
surface du triangle et des quadrilatères, alors qu’on en avait
d’exactes en Chaldée 3.000 ans avant (On pourrait dire qu'ici
il ne s'agissait que de pratique). Mais d'une façon générale, ce
sont les Romains, bien avant notre moyen âge, qui ont laissé
tomber la géométrie grecque. Ils ne retenaient plus des éléments
d’Euclide, même déjà au siècle d’Auguste, que les énoncés des
théorèmes |
On peut donc ne pas croire, à l'instar de P. Tannery et de
nombre de commentateurs, qu'Eudème ait crédité Thalès de
Ja proposition simplement parce que, pour lui, Eudème, «lle
351
bien y avoir autre chose que supposition arbitraire« des consébien plutôt une preuve, intuitive peut-être, qu'une longueur
donnée et deux angles adjacents donnés déterminent un triangle,
ou, si l’on veut, que tous les triangles possédant ces caractéristiques sont un même triangle ou sont égaux. Et nous ne voyons
rien là qui soit tellement improbable à propos d’un savoir qui
précède de deux ou trois générations au plus les premières spéculations dites pythagoriciennes et qui suit tout ce qu'on a
déjà rencontré en Egypte et en Orient.
Si, en face d'une incertitude à tout jamais aussi certaine que
celle-là, à moins qu'on ne découvre des documents nouveaux
— on s’en tient comme plus simple à l'hypothèse de Tannery —
plus simple, mais bien moins dans la tradition antérieure de
l'Egypte — il faut convenir que le procédé de Thalès était un
jeu : de Part pour l’art. Car il n’était praticable que pour des distances très petites, et dans des endroits privilégiés. C'était la
solution d'une énigme savante, coram populo. Mais alors pour
l'histoire de l'esprit scientifique, la conclusion à en tirer serait
aussi précieuse, et tout à fait analogue. Ce serait là aussi le
commencement d'un effort désintéressé el spéculatif, tournant
le dos à la pratique et à l'utilité pures, un peu de logique constructive qui appartiendrait bien aussi à l’inilium scienliae et non
plus à la technique. Des deux côtés nous arrivons à une conclusion analogue, touchant l’histoire de la pensée scientifique,
la seule chose qui, ici, nous importe,
Nous avons insisté sur cet exemple pour montrer sur le vif
la difficulté d'interprétation des fragments qui nous sont parvenus sur les plus anciens géomètres. Il est à peu près certain
que Thalès ne devait pas ignorer le maniement des proportions
(des similitudes) traditionnel en Egypte plus d'un millénaire
avant lui. Il est encore non moins certain que nous ne pouvons
que rester dans le doute sur la nature exacte du procédé qui lui
est attribué par le texte d'Eudème.
Tout comme sur celui qui lui est attribué par les textes
discordants de Diogène Laërce et de Plutarque sur la mesure
de la hauteur des pyramides par celle de leur ombre. Est-ce
lorsque l’ombre est de longueur égale & celle des objets (Hiéronyme de Rhodes d'après Diogène Laërce) ? ou par le calcul du
rapport des longueurs de l'ombre à un moment quelconque
Pagina 20
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)avec celles des objets & mesurer (Plutarque) ? Cette derniére
opération était tout à fait analogue à celle qui déterminait le
sql, donc bien connue et très usuelle. Il nous semble bien difficile que, comme la tradition le rapporte (ou la légende), le pharaon Amasis ait pu être étonné et admiratif devant le premier procédé, — quand on songe qu'il était dépositaire, en tant
prendre telle ou telle de ces expressions au pied de(1),lalelettre.
souci
Mais n'avons-nous pas déjà trouvé l’effortrationnel
dans
tif
explica
et
logique
souci
de la preuve, et même un certain
même
au
pas
-ils
seraient
ne
oi
Pourqu
?
les documents orientaux
chef, et plus marqués encore chez les loniensraisonneurs, et chez
352
que chef des collèges sacrés, de toute la science égyptienne.
et que, 1200 ans avant lui, on utilisait couramment les nombres
proportionnels dans toutes les applications de la méthode de
fausse position. Vraiment il serait étonnant que le procédé le
plus savant n'eút pas été utilisé depuis longtemps en Egypte
et que Thalès eût eu à l'y découvrir.
Il est inutile de poursuivre des discussions du même genre sur
la mathématique ionienne. Nous arriverions aux mêmes incertitudes. Essayons plutôt d'en deviner l'allure générale, et si elle
a ajouté quelque chose à la mathématique antérieure.
Elle ressemble beaucoup à celle-ci et vraisemblablement sou
premier rôle est d’avoir transmis à la Grèce, aux Pythagoriciens.
la somme des connaissances arithmétique et géométrique de
l'Orient et de l'Egypte. Tout. indique, malgré les interprétations
péjoratives, qu'elle la transmit à peu près, d’après les allusions
que nous trouvons dans les documents. Pourquoi d’ailleurs l’intelligence avisée et subtile des Ioniens qui se trouvaient directement en contact avec les Egyptiens, les Phéniciens, les Chaldéens,
— qui firent partie à plusieurs reprises des Empires d'Asie
Mineure, qui furent mélés étroitement aux Phrygiens, aux
Lydiens, aux Cariens—, ne se serait-elle pas assimilé des connaissances qui paraissent, pour ainsi dire, du domaine intellectuel
public de l'Orient ? Il est vrai que l'astrologie assyrienne —
si importante — ne paraît avoir touché les Grecs qu'après la
conquête d'Alexandre. Mais ils ont bénéficié pourtant des
connaissances astronomiques qui
y sont liées. Et il y eut peut-être
à cette transmission des obstacles religieux. En tout cas, pour le
reste, les connaissances premières sont trop analogues pour qu'il
n'y ait pas eu transmission,
Peut-on dire maintenant, comme on l’a fait, qu'on trouve en
Ionie un effort rationalisateur, inconnu jusque-là ? D'abord ce
serait rentrer dans la discussion des allusions d’où nous avons
décidé de sortir. Les expressions « démontrer », « montrer» (constater) ou « découvrir », « trouver », employées dans les textes, ont
bien l’air d’avoir été souvent écrites d’une façon banale. Et les
interprètes qui tiennent à rabaisser toute mathématique pythagoricienne ont ici beau jeu quand ils nous avertissent de ne pas
leurs Sages, c'est-à-dire parmi leurs têtes les mieux organisées.
La tendance laïque et individualiste de la Sagesse iomenne, qui
est la nouveauté la plus manifeste du génie de ce| peuple, ne
pouvait que le pousser dans un sens rationnel
Il y a plus. Liée à cette même tendance et ne faisant psychologiquement qu'un avec elle, nousrencontrons en Jonie une curiosité désintéressée, une curiosité de marchands, donc de techniciens
sans doute, mais en même temps d'artistes qui sait jouer, et
qui joue intellectuellement, qui s'amuse à observer, à comparer
à déduire. Plus que dans l’Orient proche dont il fait presque
partie, l'individu est indépendant. Le marchand, le riche
marchand, est son maître et sa curiosité éveillée par les besoins
techniques les dépasse. Il est capable de spéculer commercialement et de prévoir, comme il nous est rapporté de Thalès.
ue
Cette spéculation commence à créer au-dessus de la techniq
dont on est difficilement et très rarement sorti en Orient,
— sauf dans la spéculation morale et religieuse, — et à parlir
de celte iechnique, quelque chose qui est déjà comme la science
désintéressée. Dans les propositions rapportées à Thalès, il ne
s'agit pas seulement de mesure, de volumes ou de surfaces, comme
dansla géométrie égyptienne ou assyrienne, ef en général la géométrie orientale, si l'on en excepte ce qui concerne le théorème
de Pythagore avant la lettre. Et encore celui-ci est-il en général
congu comme une mesure et un rapport de surfaces ou comme
un procédé de mesure pour les distances inaccessibles (les degrés
du ciel). Il en va de méme pour toute la famille du sal.
Or ce qu'il y a d'original dans la géométrie rapportée à Thalès,
et Allman l’a noté le premier, c'est que l'attention se porte
directement sur les lignes. N'y a-t-il pas là, la marque concrète
d’une curiosité plus désintéressée. L'inscription du triangle recla techtangle dans le demi-cercle semble sans rapport avec, de
l'unilogique
nique. C'est une recherche de l’abstrait, du
le jeu,
versel comme dit Eudème : le jeu des constructions pour
l'art pour l’art, et, si ce n’était un pléonasme, la science pour
|
.
;
la science.
« Nous croyons même pouvoir aller plus loin. Ce n'est pas
(1) Cf. Notre «Science orientale, avant les Grecs ».
Pagina 21
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)seulement sur les lignes que d’après la tradition se porte l’attentoin de Thalès, c'est sur les angles. Les lignes et angles sont les
éléments qui résultent de l’analyse et de la décomposition des
figures intuitives, et les éléments qui les déterminent entièrement. Cette analyse, qui est l'essence même de la géométrie el
des mathématiques, en tout cas de l'analyse des anciens, pour
reprendre l'expression de Descartes, est éminemment rationnelle. C'est une logique en action où l'intuition tend progressivement vers le concept,
où aloBnrixorepo s'avance vers le
xa doo TEpoY.
Entre les deux, la frontière est mouvante, On ne l'a guère
remarqué jusqu'ici. Mais, même en ce qui concerne l’inscription du triangle rectangle dans le demi-cercle, nous ne sommes
peut-être pas si loin de la technique. On a fortement insisté
(Cantor) sur la technicité du triangle 3, 4 et 5 pour la construction de l’angle droit, sur le terrain et dans l'édification
architecturale. L’utilisation de ce triangle et de quelques autres.
est, dans les Sulvaguiras du vmesiècle, de règle technique pour
élever l’autel. Mais le théorème de Thalès est, lui aussi, un moyen
pratique et aisé de déterminer un angle droit. Tout angle formé
par 2 lignes droites joignant un point de la demi-circonférence
aux extrémités de son diamètre est un angle droit. Rien n'esi
plus facile avec une corde et un piquet de tracer une circonférence, une droite qui la coupe en passant par son centre (tout
diamétre partage la circonférence en 2 parties égales, autre
proposition thalésienne) et de tracer 2 droites joignant les extrémités de cette droite à un point de la circonférence.
_Une tradition bien établie rapporte enfin à Thalès la définition du nombre comme une « collection d'unités » et en attribue Ja paternité aux Égyptiens. Elle est tout à fait plausible.
Elle monte la poussée cu besoin logique, parfois si apparent
déjà, dans l'arithmétique égyptienne: aussi sera-t-elle souvent
dans la suite invoquée par la logique de l’artihmétiquethéorique
qu'édifiera la science grecque de Pythagore à Aristote et aux
Alexandrins. Si elle a frappé l'esprit de Thalès et si elle a été
acceptée par ses successeurs et par notre science, ce n'est point
certes par un caractère concret et empirique qui définirait une
« multiplication » comme un « tas » d'objets isolés, comme «plusieurs» objets, mais parce qu’elle est tournée elle aussi, vers le
xafomxérepov. L'unité y est posée comme toujours identique
à elle-même, et le nombre comme une collection de ces wnités
identiques abstraites alias l'addition de cette unité avec ellemême. C'est le plein concept du nombre cardinal, clair et distinct
LES DEBUTS DE LA SCIENCE HELLENIQUE
355
de vue
et la substitution du point de vue quantitatif à tout point
de ce
on
exclusi
une
pas
qualitatif. Cette substitution n’est
possila
re
contrai
au
ue
impliq
Elle
.
dernier, un remplacement
« pluun
sant
définis
en
,
qualité
la
à
e
nombr
le
quer
bilité d'appli
és»
d'unit
tion
«collec
sieurs », une «multitude» indistincte par une
.
l'esprit
pour
précise
façon
distinctes et par là de la traduire de
s
quelque
uir,
s'épano
va
qui
orisme
Pythag
Elle est un prélude du
générations plus tard, à la fin du v* siècle.
Le mérite et l'originalité de l'école d'Ionie nous paraltraient
donc, d’avoir accentué, jusqu'à le rendre définitif, le caractère
désintéressé, esthétique, de la curiosité humaine, dans l'étonnement où la plonge le spectacle de la nature, en même temps
que le caractère individuel et laïque de la recherche destinée à
satisfaire cette curiosité.
Or dans l’histoire de la science c'est le moment décisif, celui
he
qui marque l’origine des développements futurs de la recherc
du vrai pour le vrai et du savoir pour le savoir. Hors de 1a il
n'y a point de science. Mais à partir de là il peut y avoir toute
la science. Il faut se hater d'ajouter qu'il n'y a encore chez
Thalès qu'un commencement assez humble ; c'est la deuxième
moitié du siècle suivant qui fera le reste. Mais la grande affaire
était de commencer, et l'époque de Thalès a commencé.
Et ce par quoi il a commencé est en somme assez aisé à
caractériser d'ensemble.
Il a tenté personnellement une explication cosmologique.
Bien entendu cette explication n'est pas sortie tout armée du
. cerveau de Jupiter. Il la crée dans l’héritage intellectuel des
théogonies et des cosmogonies et de la pensée mystique de son
ambiance. Mais il la crée en faisant entrer dans cette pensée
des éléments d'observation et de bon sens logique, et en la subordonnant à ces éléments. Cet effort vers l'expérience raisonnée
et vers le rationnel, nous le trouvons bien plus net, bien plus
achevé dans ce que les rares fragments concernant son œuvre géométrique nous permettent d'entrevoir. On a cherché constam- ment à rabaisser la portée scientifique de ces fragments, en
taxant Eudéme Proclus et les autres commentateurs d'inexactitude par incompréhension de l'esprit bien plus primitif de Thalès.
Que ces fragments soient inexacts c'est fort possible, mais
ce qui est encore plus inexact c'est de péjorer leur inexactitude.
Il ne serait point plus inexact de la majorer, comme le fait remarquer P. Tannery (1). Il a pu en savoir aussi bien, beaucoup
(1) La géométrie grecque, p. 94.
Pagina 22
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)plus que beaucoup moins. Car enfin la géométrie grecque, moins
de deux siècles plus tard est déjà un corps remarquable de doctrines: quelques parties en sont achevées, parfaites. Et quoi qu'on
pense de Pythagore, à quelques générations de Thalès, nous rencontrons toutes les prémisses — quelques-unes très poussées —, de
ce mouvement admirable. Encore une fois il a fallu commencer. Et Thalès vient après plus de deux siècles de réflexion,
d'organisation,
et de précision dans lesimages et les concepts, et
de méditation de bon sens et de raison dans les études morales
et politiques. Le mieux donc est de s'en tenir à ce qu'on nous
rapporte, Et ce qu'on nous rapporte, c'est d'abord des observations réfléchies sur des procédés pratiques : la mesure de la hauteur des pyramides par l’ombre, la mesure, le calcul de la distance d'un point inaccessible, où il semble bien, pour cette dernière du moins, d’après l'écho d’Eudéme—lequel vivait
à trois
siècles seulement de Thalès — qu'il y a quelque chose de plus
que la mise en pratique d'une recette traditionnelle : un effort
explicatif et démonstratif du procédé. Enfin au delà des procédés
métriques, dans ce qui est attribué à Thalès de plus général,
‘de plus logique des efforts nettement rationnels.
Nous voulons bien qu'on puisse épiloguer sur le sens du mot
démonstration. Elle fut peut-être pour jui voisine de l'intuition,
c'est-à-dire de l'observation, mais intuition logique, observation réfléchie, et surtout pénétrée de cet esprit qui, comme
CI. Bernard
l'a si finement analysé est, en même temps qu’observation, généralisation, et généralisation, sentiment de l'universel, en même temps qu'observation ou référence. Mais les
remarques que les angles opposés par le sommet sont égaux,
et égaux aussi les triangles qui ont un côté égal compris entre
angles égaux (c'est-à-dire la détermination d'un triangle par
un côté et les deux angles adjacents), de même que les angles ala
base des triangles isocèles, que le diamètre partage toujours le
cercle en deux parties, enfin l'inscription du triangle rectangle
dans le cercle; autant de témoignages d'une recherche désintéressée, spéculative, bref théorique. Autant de témoignages
avoués d'une tendance à comprendre et à expliquer, è se rendre
compte, et à se rendre compte rationnellement, à satisfaire l'esprit
d'une façon universelle.
Rien ne nous interdit de croire, et tout ce qui nous est parvenu
sur lui dans les temps les moins éloignés de son temps nous
porte à croire que Thalès l’un des sept Sages, héritier d'une longue
science et d'une longue sagesse, mais d’une science encore enfermée dans la gangue de la tradition et de la remarque empirique
357
LES DEBUTS DE LA SCIENCE HELLENIQUE la logiqu
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Pagina 23
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)peut
358
s'insérer
l’œuvre
du
Sage.
Et
notre
hypothèse,
c'est
que
nous aurions bien alors avec elle, le commencement de la géométrie grecque.
cas qu’ellene mérite de la tradition relative à Thales. Mate tell
Nous ne pouvons pas, en tout esprit critique, faire
quelle, elle évoque le moment où, s'évadant du souci technique
à peu près exclusif, et en tout cas primordial, l'esprit humain
passe de la technique à son explication. Certes avec le mythe
il a expliqué dans une certaine mesure les choses, d'une façon
désintéressée, spirituelle, et déjà intellectuelle, — si l’on veut
sous des divergences qu’on ne saurait jamais assez exagérer,
voir tout de méme les affinités profondes des tendances mentales. Mais cette explication restait en dehors du monde réel
de l'expérience.
Celui-ci, c'est dans les techniques qu'il commence à se révéler et à s'imposer. Et lorsque la tendance explicative et, par rapport à l'utilisation technique matérielle et
stricte, désintéressée s'applique à la technique elle-même, c'està-dire à l'expérience réelle, comme dans les problèmes rapportés à Thalès, l'effort scientifique est né, avec la géométrie. La
tradition nous représente en somme assez nettement ici le passage des satisfactions mythiques de l’esprit, d’une part, et de
la tradition technique routinière d'autre part, à la volonté
explicative et démonstrative, à
une
expérience
rationalisée
La naissance de la géométrie au vi? siècle, qui ne se révèle à
nous que par les pauvres restes de la tradition relative à Thalès, se présente bien, à ce moment, comme une expérience technique qui, pour se justifier, se coule, peu à peu, dans une démonstration rationnelle. Le souci de rationalisation s’emparant de
l'expérience technique, et de l'expérience tout court, voilà
bien l'attitude foncière que nous retrouverons, sous des ‘formes
des degrés divers, s’accentuant tantôt du côté de l'organisation rationnelle, tantôt du côté de l'expérience, et tantôt
encore du côté technique, tout le long de ces efforts qui constitueront au cours des áges noire science.
L’Orient, l'Egypte, jusqu'ici du moins, ne nous ont rien révélé
de tel. C'est donc bien une nouvelle époque qui commence, dans
l'histoire de l'esprit et du savoir humains, et qui va étre, en
quelques générations, d'une extraordinaire fécondité. Elle va
jeter tous les germes quise développeront plus tard, et en développer quelques-uns jusqu'à de hauts degrés de croissance. — Nous
devons, en toute gratitude, l’appeler l’époque hellénique.
D'une façon plus précise, nous voyons dans la doxographie
thalésienne le souvenir plus ou moins légendaire du moment
359
technique où le
où quelques propositions sortent de l'état
simplement des
sont
tion
ifica
quant
la
et
e
mesur
la
nombre,
sans souci
pratiq
es
recettes, des enveloppes, et des formulifiques, 4 ues,
sens du
notre
scient
démonstratif. Elles deviennent
souci.
ce
ement
direct
moins
ou
plus
mot, en évoquant
moment
La tradition, ou, si Von veut, la légende qui fixent.ntce bien
mésemble
,
vers le vie siècle, et en font mérite à l’Ionie
Thales,
de
riter créance. Peu importe la part
ique sont le
Ces humbles commencements de science théor
ne de l’obprélude d'une rationalisation dans un étroit domai
, peutssible
inacce
servation naturelle : la mesure d'un pointpeut-être encor
e la
rales,
cadast
être l'égalité de deux pièces
de
uction
constr
la
ou
es,
ental
ornem
s
construction de figure
nteur,
l'arpe
à
l'angle droit, nécessaire à l'architecte, comme
ations syscomme à l’astronome. Ce sont les premièrest observ
ltent à
perme
et
alisen
ration
se
tématiques de la nature qui
, les
tiques
apodic
nes
certai
tions,
prédic
ères
la fois les premi
de
scienc
premières constructions a priori. Et cette premièrec'est la egéola nature, il faut bien l'appeler déjà par son nom:
mologie est parlante.
métrie. Ce nom est un programme. L’éty
que nous la contelle
e,
scienc
la
de
it
l'espr
Le géométrie c’est
cevons aujourd'hui, appliquée ici à quelques éléments d'observation technique et naturelle.
nous
Des successeurdes Thalès, Anaximandre et Anaximène,
proest
Il
ues.
matiq
mathé
les
rne
conce
qui
ce
en
ne savons rien
menpas
sont
ne
bable qu'ils n’y ont point ajouté, puisqu'ils
tionnés dans les vestiges historiques qui nous sont parvenus.
par Pline comme
Seul un contemporain de Thalès est cité sons
l'introducteur
l'inventeur de l’&querre et du niveau ; traduis emplo
yés depuis
en Ionie, peut-être, de ces deux instrument
des millénaires en Orient et en Egypte.
d’admirables phySeulement les successeurs de Thalès sont ble
vérita application de
siciens, surtout Anaximandre. Et latrie
de Thalés, c’est dans
l'esprit qu'on entrevoit dans la géomé
chercher. L'union
faut
la
qu'il
la cosmologie d’Anaximandre
que nous fait
physi
la
de
!
l’espri
et
trie
entre l'esprit de la géomé
que qui, elle,
physi
e
théori
re
premiè
d'une
ilité
possib
la
entrevoir
dite, et, non
pénétrera la physique, de géométrie proprement
au sens
ifique
scient
ie
théor
plus seulement de son esprit. Cette
u,
conten
son
par
sinon
forme,
sa
par
le plus actuel du mot
ane.
nicie
plato
goropytha
trie
géomé
la
sera précisémen
(A suivre.)
Pagina 24
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)ique
par M. Abel REY,
Professeur à la Sorbonne,
ae
mesure à l'éclair les apparences célestes, qu'une tradition qui
s.
durera jusqu'au xvne siècle appellera plus tard les météore
A l'instar de celui-ci les astres ne sont que des apparitions permanentes, en un lieu déterminé, du feu céleste.
L'origine des choses, il ne l'appelle pas l'eau ou l'humide comme
Thalès, mais l’&repov, l’indéfini. Il ne paraît pas pourtant
LA PHYSIQUE D'ANAXIMANDRE,
Nous avons insisté sur Thalès cer i
|
point de départ de la transition de la det oe sa ei
semi-logique, & cette science logique qu'est la pd pa
ir
en ce qui concerne les mathématiques du moins, |
“Nous ato n
ive siècle.
du vecarauil nous
vement dre,
nt définiti
ey
ia AM ee
Anaximan
paraît cannerle
:
ce qui concern
de cette même science logique enl'étude
des sl
c'est-à-dire
TOS
que les
autres
cette méme transition
nei
|
i
:
en ce qui concerne les êtres vivants et la
Anaximandre semble avoir suivi
:
i
S
n> mug celui
-ci
ee |
j
els
,
Thalés
a
une génération,
de 640 à 548. Il fut son «
partie de la corporation
phil
associé » (1)
osophico-scientiDane he et, qu'illustra le prem
ier, Thalès, si mém i pas
ca
lument son fondateur, L'œuvre
nouvelle ay
à
= amami a vécu probablement de a610fin
ppei en 570. Il avait, dit-on, 64
4 547. Son en es
ans quand il écrivit on
aen EM leg c'est une cosmolog
¿De
ie et une iranlarge
rrassées, dans le detail du moins,
mystiques. Elles se présentent comm
d’idées religieuses pa
tions désintéressées et vraiment Denennie da jee
de
comme les premiers efforts géométriques de Thalés — les plus
désintéressés — ont pu étre un essai de logification de certains
Il est certain qu’Anaximandre assimile dans une certaine
L'Ecole Ionienne (suite),
ce que n par
La cosmologie d’Anaximandre est une physique : elle part
de considérations tirées de la nature. Au vrai, elle est un premier essai de logification de ce qu'on croyait savoir des météores
moyens de mesure.
ee
V
priélés as
453
(1) Rien
Pour
servir, an “i = justifie les réserves de J, Tannery à cet égard.
qu'il faille lecréditer d'une notion abstraite conceptuelle, d'élaboration tout à fait autre que celle de Thalès. Gardons-nous
ici d'interpréter le sens du mot, à travers les discussions philosophiques d’un siècle ou deux postérieures.
Avec l'école d’Ionie, nous ne sortons guère d'images sensibles
toutes confuses encore et assez floues.
Si les premiers Pythagoriciens ne sont pas loin, c'est plutôt
en rapprochant leurs idées des idées Ioniennes qu’en faisant
tendre celles-ci vers leur propre maturation au siècle suivant,
qu'il faut interpréter la physique d’Anaximandre. Cet änzıpov
semble bien s'apparenter au « chaos », à l’abime entre ciel et
terre des anciens mythes, en ie rationalisant, enle sensibilisant
aussi, sous l’aspect d’un principe naturel qui procède de celui
de Thalès comme procédera de lui-même, à son tour, leprincipe
d'Anaximéne: l'air, par lequel lesuccesseur le précisera peut-être
empiriquement. L'opinion d’Anaximandre nous paraît précisément intermédiaire entre celle de Thalès et celle d'Anaximène.
Certes le premier a dû choisir parmi les principes mythiques
l'eau, ’humide, la vapeur, à cause de sa plasticité d'où tout le
reste peut sortir, à cause du rôle éminent ainsi joué dans les
météores et dans les générations. Mais il dut sembler à Anaximandre qu'on pouvait dans ces mêmes principes mythiques
trouver quelque chose de plus plastique encore, donc d'antérieur à la forme liquide : le chaos, ce dans quoi plongent les
eaux supérieures et les eaux inférieures et d'où elles procèdent
tcutes deux, et aussi peut-être ce qui reste entre elles (1) où
(1) Bien que la critique de Decharme sur l'étymologie xatvaw (être
beant) soit troublante. Mais il peut y avoir quelque chose de ce sens, dans
l'élaboration de la notion.
Pagina 25
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)prennent naissance les nuées. N'est-ce pas là que se formen!
avec celles-ci, l'eau et le feu, et là que ces nuées prennen!
toutes les formes, sans donc en avoir aucune de propre. L’imagination d’un flou indéfiniment plastique, etimmense en même
temps, l'imagination de quelque chose d’antérieur aux images,
les « nues », comme nous dirions : voilà qui paraît assez bien
se situer entre le principe humide de Thalès et le principe
aériforme d'Anaximéne : ce qui remplit l'espace, ou en tient lieu.
Sans insister sur la signification exacte du xdos dans Hésiode
et dans toute la littérature postérieure, très hésitante déjà, on
peut envisager que toutes lesinterprétations anciennes le considerent comme un état indistinct, indéterminé, confus et immens«
qui précèdetoute existence différenciée.« C'est que par nature el
par essence, le chaos est ce qu'on ne peut point définir ni enfermer, emiprisonner
dans la rigueur des mots. Car il n'est rien de
déterminé. Il n'est concevable que par l'opposition qui le distingue de tous les êtres, ses descendants. Il n'est ni la nuit,
ni la nuée,
ni l'air, ni l’eau, ni aucun des dieux, ou plutôt il est
en puissance. tout cela. Il n’a aucune forme » (1).
L’&neipov laïciserait cette première abstraction. Il signifierait
doncce quiest sans contours précis, ce qui estindéfinientant qu'image et représentation. Nous sommes acheminés parlà vers des
notions qui joueront un très grand rôle dans notre science :
la notion d'espace — très concrète ici encore
— et mêlée à elle,
telle d'un milieu indifférencié d’où sortent les différenciations.
À l'appui de cette interprétation, nous avons surtout les
textes d’Aristote qui, il est vrai, étaient tentés de tirer Anaximandre dans son sens. Il fait de 1 « Illimité » d’Anaximandre
un corps antérieur aux corps, aux éléments, et distinct d'eux.
Et malgré les controverses c'est, selon Burnet, sinon Anaximandre, tout au moins un vieux penseur très voisin de lui et
qui lui emprunte « ses expressions les plus caractéristiques » que
visent les passages d’Aristote où il est question d'un principe « intermédiaire » entre les éléments. Presque tous les commentateurs grecs les rapportaient effectivement à Anaximandre (2),
|
« Il déclare, dit Théophaste, que ce n'esi ni l'eau, ni aucun
des prélendus élémenis, mais une subslance différente de ceuz-ci,
el Rivaud, Le probléme du devenir..., p. 33.
(2 It semble hors de doute qu'on doive rejeter l'interprétation de l'infini
comme un mélange de particules en nombre infini : la confusion avec
Anaxagore est à peu près évidente.
455
LES DEBUTS DE LA SCIENCE HELLÉNIQUE
elle proceden! lous| les cie| ux el le mon|de
gui est infinie, elt de(1).laqu
>
'i
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mis certairien
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inissable .—IletestparIn
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et t Hérodote, t
i e, plus tard chez Pindareot
et, Hésiod
Hés
encore qu' iode ne ! appia!
i
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ua Chaos, Une fais cependant nous le trouvons chez PinQUIdarso
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nous avons donné,
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nous abouti ns ici avec Na orp
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nions des vieux penseurs, il fauvt ag
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notre science
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l'on duresit '«Pmaiinfsinidéj—inà déf
notion d'un lieu indi
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L’&rerpov ET LE MYTHE DU CHAOS.
FF
ts de cette
Le mythe du Chaos est déjà bien voisin par endroi
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Sca grecque. Théophraste,
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1
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più op. p. 2 (Doz., p. 476. R. P.,
P- 195.
. Le probiéme du devenir..., p. 83,
(a Rivaud
os. Mon., XXXV, p- 204, sq.
(3) Phil
Pagina 26
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)REVUE DES COUR
AubeLg og milk dans Hésiode
LES DEBUTS DE LA SCIENCE HELLENIQUE
CONFÉRENCE
S
où la stabilité de la terr
.
Mm ieee we;rina à l'instabilité (l’indetermi
nation
sur le côté illimité, infini, « rt pipe, au contraire; on insist:
n’est pas
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« Tout au commencem
A
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J”
concu comme tel), où se bonneo
e "se int
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flancs, Support à jamais sta
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mour, Je pl
:
i
ent
fut
le Kha
os,
et
i
l'A
116-120), plus beau des dieux immortels » (1) (Hésiode Théog
*?
457
. Mais un jour, par la suite
ensemble, en un seul tout sans forme
e transformé en un œuf
comm
été
ayant
,
indéfinie des temps
lui-même un être double
immense, il engendra et produisit de qu'on
appelle hermapbroet
résultant de l'union des deux sexeschoses
procéda en premier
qui
,
s
toute
de
dite. C'est lá le principe
ation
ensuite la sépar
lieu de la plus pure matière et effectuadeux
premiers, la terre
des quatre éléments, forma le ciel des
leur communion
par
terre,
la
de
des deux autres ; or du ciel et
choses. (Ib.,
toutes
rées
engend
sont
et
réciproque, naissent
x, ch. 30).
ers
« Orphée assimile le Chaos à un œuf dans lequel lesepremi
e
Hésiod
suppos
que
chaos
ce
éléments étaient confondus; c’est
et produit par
et dont Orphée parle comme d'un œuf engenredré
quadriforme (des
la matière infinie, comme s'ensuit : La matiè
tout un gouffre
quatre éléments) étant animée (Eugpuxos)etfaisait
un mouvement désor(Bu3as) infini, dans un flux perpétuel
111° siè
i cle. Les
éléments
a aux « Rhapsodie
I Fr
anotre
myth
i
rat
i
tachent aux
s s (qui =ratent du premier
ère).
En
es inte
i avec quelques a
= siècle, donc de
poèmes
siècle
tout
ok um
P’ambiance d’Anax
i
=~è a mythes
antérieurs.
us savant
s des
ils
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choses fut leChaos: par
Le
lui firent des limi
mites et un fond
x
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1:
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decant
solidifi
os
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+
mmense. A l'intérieur, et aprés un pal Som.thee |I ay
ong,
?
ges imparfaits,
donné, d'où sortaient de toutes parts mille mélan
nt à produire
tenda
ément,
confus
ait
défais
il
même
là
que par
conditions
aux
nt
astrei
un être vivant, mais ne pouvant être infinie, agitée
par sa
mer
cette
que
nécessaires : il arriva enfin
cercle,
en
r
régulie
et
l
nature
ment
mouve
le
prit
,
propre nature
t et que,
comme un tourbillon, que les substances se mélangèren
propre
plus
le
et
mdr
plus
le
de la sorte, ce qui dans chacune était
t,
creuse
un
dans
e
comm
coula,
,
vivant
à la génération d'un être
l,
généra
llon
tourbi
du
n
l’actio
sous
et
rs,
l'unive
de
au milieu
environnant
descendit dans les profondeurs, aspirant le souffleparfai
te généJa
pour
e,
décisiv
et arrivant ainsi à la composition
fit
- ration. Car comme une bulle se forme dans un liquide, ilenseluimüri
t,
produi
ce
Puis
.
sphère
de
forme
en
une cavité
qui l'entourait
même, et emporté er haut par le souffle divin fruit
et l'œuvre
le
comme
lumière
grande
vint éclater en une très
mourapide
un
el
ovale
forme
une
avec
infini
e
animée du gouffr
vement ». (Homil. V, 4, p. 37 Abel).
(Recogn., x. ch. 17,
« C'est do
fr. 38 Abel).
:
à
éternel, illimité Capita qui enseigne que d'abord fut le Ch
ce chaos en Jui-méme
mp
€,t duquel
toutes choses ont été fai ves
n'étai
ni ténèbres,
ni sec, » ni
DI cha
ch ud, nii fro froi
ni lumiére ni humide,
id, maiis à la foi
(1) Trad, P. Tan
citations suivantes
(2) Id,
s toutes choses
57: In Mémoires scientifi
confondues
relatives au Khaos, Id., pare on P. 260, Pour les
concepts, ou mieux
Ces textes rapprochent singulièrement lesJonienn
e en général,
phie
philoso
la
de
et
les implexes du mythe
rent les
s'éclai
es
implex
Les
e.
imandr
d'Anax
ulier
et en partic
fulibien
—
e
lumièr
uns les autres et en méme temps jettent une e,
tion
transi
la
sur
préfèr
gineuse encore, — une lueur, si l'on du mythe à la scienc
e.
rêt,
d'inté
pleine
si
si obscure et qui serait
de
du
enten
bien
ns
laisso
(nous
ici
es
éveillé
sont
Les idées qui
côté tout ce qui concerne Phanès et ne retenons que l'implexe
dans
du Chaos), idées qui s’enchainent, malgré tout, entre ellesd’une
prou
ou
peu
ais
désorm
eront
un système logique,. subsist
Pagina 27
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)REVUE DES
Co URS ET
CONFE RENC
façon continue dans
notre science
LES DEBUTS DE LA SCIENCE HELLENIQUE
logique et nécessai
»” e»
Ire, ésr gr Le L'infinitu
et des mondes ne feront
d'une façon tout
a faii t sporadique
ans l'école de
Milet d
i
(1)
plus physique, la cosmologie d'Héraclide du Pont, d'Aristarque
‘nt q
il disail que |
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et toute récente
fi
»
:
(9).
F
l
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l'enseignement
Plus grande
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de Thalès ait
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‘
partie
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oublié dans sa
des faits ani na Images eile se
à une cosmologie srri
e plus l'attention,
il s'élévera one
L'image
nous, et à demi
météorologiqu rin
elle est tellement de (que, en reste le point de de a te
et amplifiée, par la Canet (0). Mais
dépassée
l'infini_ et denne,nel,
qu'elle devient, de paintings n de
.
459
ive
monde, de sa genése et de sa place. La conception figurat
ici
a
,
science
la
dans
rôle
grand
si
un
jouer
de structure qui va
els.
easenti
plus
les
éres
caract
ses
fous
avec
e,
origin
son
théories
On peut, on doit, suivre la filiation ininterrompue desimandr
e,
d'Anax
sse
l’esqui
de
partir
à
es
cosmologiques grecqu
.
riciens
Pythago
rs
premie
les
par
reprise
est
qui
effet
C'est elle en
ore
Pythag
de
La légende, ou, comme on voudra, la biographie philosophes.
évoque lc souvenir de rapports directs entre les deux est retenue
La cosmologie Anaximandrienne et Pythagoricienne
Et il
directement par Parménide dans la physique de la 3o£«.
ns
oricie
Pythag
n'est pas difficile de voir qu'à travers les seconds
rie
géomét
la
à
grace
,
elle deviendra soit la cosmologie grecque
du cercle et de la sphère, nous voulons dire la cosmologie Plale système du monde jusqu'à Cotonicienne et Aristotélicienne,
pernic, soit par une autre dérivation géométrique aussi mais
I
ssoire
de Samos et de Copernic.
« Il dit que la terre est de forme cylindrique et que sa pro-
» Ps, Plut. Sirom.,p.2.
fondeur est égale au tiers de sa largeur.
(R. P., ib.; D Y, 2, 10).
« La terre plane librement sans étre soutenue par rien. Elle
demeure en place parce qu'elle est à égale distance de tout.
de
La forme en est convexe et ronde, pareille à une colonnecôté
du
est
l’autre
et
s
surface
des
pierre. Nous sommes sur l’une
opposé ». — Hipp., Ref., I, 6 (R. P. 20; D V 2, 11, 3) (1). qui
« Les corps célestes sont des roues de feu, séparées du feu
encercle le monde, et encloses dans l'air. Et elles ont des évenlss
lesquel
pour respirer, sorte de trous pareils à des tuyaux, par
e les
lorsqu
aussi,
raison,
cette
Pour
s.
céleste
corps
sont vus les
semble
lune
la
Et
évents sont obstrués, les éclipses se produisent.
tantôt croître et tantôt décroftre selon que ces trous s'ouvrent
fois plus grand
ou se ferment. Le cercle du soleil est vingt-sept
la lune est dix-huit
_
singulièrement
la constitution de
notre
1,6 (R. Pa, ‘<r 8
Nelle (Ritter» Zell + Bréhier, Dans
te sens
eller, Teichmuller, Tann
20 ; DV 2, 11).
« Anaximandre disait que les étoiles sont des condensations
des flammes
d'air pareilles à des cerceaux, pleines de feu,soufflantplus
haut de
le
est
soleil
à un certain point par des orifices. Le
étoiles
les
celle-ci
de
sous
au-des
ct
lune
toutes ; après lui vient la
conceptions Eist
"Re
grecque.)
que celui (de la terre tandis que celui) de
fois aussi grand. Le soleil est le plus haut de tous, et les roues.
des étoiles fixes sont les plus basses. » —Hipp., Ref.,1, 6(R.P
,
ye l'interprétation tradi
aud, et Robin La Penice
(1) Trad. Burnet (op. cil., p. 1).
Pagina 28
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)ERENCES
fixes et les planètes. » Aét,
2, 18).
II, 13,7;
16,6 (R. P. 19 a : Dv
.
?
;« Anaxim
: andre disait que le solei
oleil est un ann
i
a nem que la terre, semblable A une ne on
we
creuse et pleine de feu, montrant le feu à un ce mai
RP ov à travers la bouche d'un soufflet. » A& + noe
11,20, ;
E
DV 2, 21).
+ la;
anga
disait quele soleil est égal à la terre, mais
est vingtan PA on a et par lequel il est mü en i
p. q DV 2, 21). grand que la terre.» Aét, II, 21,1 (dox..
« Anaximandre disait que la lune est
scesi grand
|
SA
e
que li barra
sn
re...
x
un anneau dix-huit fois
»—Adt. II, 25, 1 (Dox., 355 ; DV 2,
système
Fee: est d’une telle clarté dans les
qu'il ny a presque pas lieu à commer--
8
taires.
passa
Nous reléverons seuleme
nt que d'après Aéti
omens , 21, 1) comme danstout le reste dela doxo wer
de a
27 foisla La
plus quepour
e il ne l’est
nombres 18 luot. FeHippolyt
den
donnés
nt
égaleme
sont
l'anneau
de
il nous ost dit quelo a nue que dans le second toute
q
eil est
égal á la terre, mai
nt plus grand, toute contradiction Espera > ee ton.
de l’anneau, 28 à la cie fé
intérieure
circonfére
rencedeexté
loué
nn
dn nce
même
pour la lune. La cohérence serale
sont densiy
us
pouvons nous fier aux indications qui nous
lus N'oub
q lions pas
15 d’ailleurs que les doxograph
aae +
am purement orale, Scie loreal
ion
+ Anaximandre a écrit un traité sur la nature a
mier en date des nombreux
;
la tradition scientifico-philosophique de doni ae estime
maa l'avoir eu encore en nh Pere
3Frei
,
Scientifi
ve
de
)
:
eu+ presque toutes les réfé
rences de la doxo
gra hie
been deste a pei dérivent, d’ap
rés une critique siria t
Sie
e
Theophraste, le successeur d'Ar
ycée, a partir de — 322, l'œuvre
(1) Trad. , Burnet
y
(0p. cit.,
p.
2) Ref. in Philosophemena,
Y. sh.
istote à la tat
d’Anaximandre devait
P., 20; DV, 11)
461
hraste d'ailleurs semble
exister a fortiori à cette époque. Théop
ent. Nous avons donc
ellem
l'avoir citée au moins une fois textu satisf
aire les plus exipeut
ine
l'orig
ici des indications dont
seants.
” Le système du monde du Milésien est alors relativement
aisé à rétablir.
tre, nous
Un disque plat dont lahauteur est le tiers dus, diamè
concepune
et
représente la terre. C'est la conception de Thalè la conce
ption
particulier
tion primitive assez fréquente, en adopt
é la conception Chaleût
pte
Egyptienne avant que l'Egy
simplement précisée
est
Elle
que.
phéri
hémis
déenne de la terre
un cylindre, pareil à
d'une façon quaniitalive et géomélriqudee:colon
? le texte est
une colonne de pierre (un segmentimportanne
aulieu de flotter
te,
plus
peu sûr). Mais, chose beaucoup
s antérieures
gonie
cosmo
les
et
s
Thalè
dans
sur l'eau, comme
demeure en place, simplement
elle n'a plus besoin de support, et de
Est-il besoin de souparce qu'elle est à égale distance tout.licat
ion mathématicod'exp
sorte
ligner l'importance de cette
l’abstraction,
dans
ès
progr
ble
rqua
rema
un
mécanique. C'est
exigences
des
à
ue
dans l'effort pour substituer un concept logiq
s fait un nouveau pas
et des impressions concrètes. Nous avons'accorde assez bien
vers la représentation rationnelle, ll
s'éloigne elle aussi
la notion
avec la substitution de P’äreıpov, dontte,
matrice originelle et
de l'appréhension sensible et concrè à lavers
le xaBorrxdtepoy
universelle. Nous continuons l'ascension
(’universel, c’est-à-dire le rationnel).
ion des eaux d’en haut
Autour de la terre, il n'est pas questbesoi
flotter que la
plus
et d'en bas. Les astres n’ont pas é le dos surn de
tà l’aloôrpoin
ce
tourn
nt
déme
terre. Nous avons déci
à une
ver
s'éle
rorepov (le sensible et le concret). Mais pour
d pas moins l'observation
conception logique, on n'en pren
tnés dans un mouvement
entra
pour base. Les astres sontCe mouv
ement a été le premier
.
estre
de rotation cireumterr
la
façon quantitative: le jour etbien
à être observé et décrit d’une
aussi
ée,
l’ann
de
re
nuit, par la rotation solaire; la mesu
ducoucher solaires, que par la
par le cycle des positions dulever laetmesu
re du mois et de la ses;
signe
les
et
rotation stellaire
s! unaires. La grande rotamaine, par la rotation et les phaseelles
June, annuelles du
tion diurne et les rotations mensus, voilàdecela qui
é l'imaétoile
soleil, et annuelles aussi des mesures, en tableas frapp
tions
situa
gination et qui s’est précisé enmillénaires. Or, pourdeune imagi
successives depuis plusieurs
n
qu'u
t-ce
qu'es
nes,
Hellè
celle
nation visuelle aussi nette que
Pagina 29
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)mouvement en cercle, sinon le mouvement d'un cercle, d’un:
roue, l'une des premières machinesinventées, utilisées parl'hommavec le levier ;et peut-être inventées magiquement avant d’;
voir été réalisées techniquement. La roue qui surmonte la perch.
(gnomon?) comme dans nos máts de cocagne, chez les Ami.
cains, postérieurement au néolithique, mais antérieurement i
leur séparation d'avec la branche paléo-asiatique, est ce qui, m..
giquement, fait tourner le soleil. Les astres brillants seront dor:
accrochés à une roue qui tourne. Et de suite Anaximandre cherch:
à préciser le concept de la roue, si l’on peut dire, et l'on doit
dire. Le soleil, la lune, les étoiles antant d'anneaux circulaires:
les jantes des roues.
Pourquoi ces anneaux brillent-ils en un point ? C'est que chacun d'eux est creux « semblable à une roue de char, avec une
jante creuse et pleine de feu, montrant le feu intérieur à un certain point, comme à travers la bouche d'un soufflet ».
Pourquoi la lune a-t-elle des phases ? Parce que l’évent dson anneau se bouche plus ou moins d'une façon périodique.
Pourquoi les éclipses de lune et de soleil, totales et partielles °
Pour la même raison.
Il est impossible de ne pas songer en énumérant ces réponses
à la magnifique maxime de Marcellin Berthelot sur notre actuell:
science de la nature :
«... en partant des faits les plus vulgaires, de ceux qui font
l'objet de l'observation journalière, la science s'élève, par unc
suite de pourquoi sans cesse résolus et sans cesse renaissants,
jusqu'aux notions générales qui représentent l'explication commune d'un nombre immense de phénomènes ».
Avec la seconde génération des « Milésiens », avec cette individualité puissante, ce génial Anaximandre, que nous sommes
loin des théogonies et des cosmogonies des quatre siècles précédents, et des millénaires antérieurs de l’Egypte et de
l'Orient — du moins de ce qui nous en est parvenu. — Loin
d'elles, et dans le sens de notre moderne esprit scientifique.
Ne croyons point d'ailleurs qu'il ne reste rien de la mentalité
antérieure dans l'esprit d’Anaximandre — non plus que dans
eet esprit moderne. D’où viennent ces distances de 27 diamètres
terrestres pour le soleil, de 18 de ces diamètres pour la lune,
et, sans doute bien que le nombrene soit nulle part dans la doxographie, de 9 diamètres pour le cercle des étoiles, le plus
voisin
de nous ? Sans doute, comme
* 11) Arch., X, p. 229,
Diels le fait remarquer (1),
LES DEBUTS DR LA
3
46
sole
- IQUE>
SCIENCE HELLEN
(multiple de 3) joue un
i on 9, 18,, 27
s. AnaximandTM®,
20 | primitive
progressi
la
que
ce
de
ode (plus exactement:
les
dans
considérable
mequidesBe
com
mité
illi
bre
nom
en
y
al
an
ar
reg
,
part
e
ap
ion
tradit
temps qu'une
jes mondes qui, pour
le soupau
mme un
. Nous avons aere EléaLes, et chez Empédocle,
dieux)
tit
chez les pr
ay de mot dcd; signifiait
des théogonies = ke
conir
Comme le fait remarquer
‘i d'adoration plutôt
ieurs.
qu'une
es OF agua le pense Burnet (2), les philosophes re
mette
serait
ici à l’origine de ce ag reli jeux du mot
Anax
im:
essiv
ement de l'emploi populaire
€ a 5 considérait
ene PE Je même sens que, selon a t st le commener e divin l'infini lui-même, qui non ne prioni toutes
pie dotoutes choses, mais i Canl doit s'agir d'ail.
ce
cas
.
reine
e
lote
gouverne
le
na
.
du mouvement du ou des mondes. a Nous
ieset des cosmogonies
:
incipes tendenti è
des théogomes
voyons au fondles souvenirs
2
les
pri
eurs
re
concept de matiè
temps Pr le dépe
se rationaliser en même
en
,
sant
nali
rson
yAr en 6e
= matérialiser, et Lar
“ali
core,
‘
.
|
est mA: equrvoge , thropomorphisme immédiat.
(A suivre.)
s'éloignant d'un an
(2) preda deia phil. gr», P- ob de la tr. fr.
5* bd., vol
Pagina 30
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)NATI]
659
l’äreıpov, défini par Diels, suivi en cela par M. Rivaud, comme
une « notion essentiellement poétique ». Sans doute; et nous
Les débuts de la Science hellénique
l'avons marqué nous-même, en reliant cette notion au Chaos
mythique
à l’indéterminé tant au point de vue qualificatif qu’au
par M. Abel REY,
point de vue images, à la confusion de formes dans l’amorphe.
Mais c'est aussi le lieu où prennent naissance les formes,
Professeur à la Sorbonne.
et par 1a, le lieu où l’on peut concevoir, définir des limites. N’en
VI
L'École Ionienne (suite.)
Comment notre monde s'est-il constitué aux dépens de l'in.
fini. Laïcisant et rationalisant ici encore la pensée des antiques
cosmogonies, Anaximandre oppose le xó6cuos, le monde harmonieusement organisé, au chaos primitif de l’äreıpov. Nous arrivons.
au terme de l'ascension cosmogonique,
vers la clarté et la distinction des images, vers le premier exemple des représentations
claires et distinctes de la science.
« Avec lui s’introduit cette conception d'une multitude d:
mondes différents, qui revivra dans l’atomisme,
et auparavant.
sans doute, chez quelques-uns des Pythagoriciens. D’autr
part, ilattribue à chacun de ces univers les caractères distinctils.
qui pour la spéculation ultérieure seront ceux du cosmos. Chacun d'eux forme un tout, parfaitement limité, poli et circulaire.
qu'il décrit en detail. Limitation, perfection de la forme circulaire, netteté géométrique des contours, telles sont pour ini
comme pour ses successeurs, les marques auxquelles se recornaît le cosmos. Peu importe qu'il n'ait point lui-même appliqr:
à l'univers visible un mot que la tradition réserve à l'ordre pulitique et social. L'idée nouvelle d'un ordre que traduit l’harm:nie de la forme n’en devient pas moins après lui, un desélémunts
essentiels de la spéculation physique »(1). D'ailleurs s’iln’a jus
employé le mot de xéouos, il s’est servi de celui d’oupavos qui
prend une signification analogue : un ciel est une organisatio:.
définie.
Soit dit en passant, ce géométrisme, cette idée de limite br":
distincte peut ‘sembler contradictoire avec le concept «i
(1) Rivaud, op, cit., p. 91,
faisons pas plus que du Chaos Hésiodique l'espace, même qualitativement représenté ;encore bien moins quelque chose d’analogue à l'espace géométrique, mais prenons le tout de même
pour quelque chose qui y tend et y prélude, par l’épuration du
mythe.
Dans cet indéfini primordial naissent des mondes innombrables. Saluons la première conception — encore très floue
sans doute — de l'infinitude de l’Univers et de l'espace, que
cette infinitude soit conçue dans le temps, par une succession
de mondes se remplaçant les uns les autres, et tous semblables
entre eux, donc au nôtre, ou imaginé dans l’espace,
par une coexistence de mondes en nombreincalculable et semblable, également
entreeux, Les textes ne nous permettent pas de trancher la question. Ils ne sont catégoriques que sur la première alternative:
c'est la laïcisation et la rationalisation des renaissances et des
morts successives de Univers et des dieux dansles théogonies
et cosmogonies mythiques.
Mais il est vraisemblable aussi que ces mondes liés au rythme
de la succession et du retour éternel soient en même temps
une multitude au sein de l’indéfini infini : « Anaximandre,
Anaximène, Archéloos, Xénophane, Diogène, Leucippe, Démocrite, Epicure : des mondes en nombre infini dans l'infini. —
De ceux qui affirment l'existence d'une infinité de mondes,
Anaximandre met le même intervalle entre eux, Epicure au
contraire le fait different.» Il est très difficile d'interpréter intervalles comme intervalles de temps, car la multiplicité des
mondes Epicuriens est déjà simultanée (Aetius, II, 1). « Anaximandre a affirmé comme dieux les ciels en nombre infini » (I, 7),
N'oublions pas qu’Aetius puise dans Théophraste par l’intermédiaire d'un abrégé composé dansl’école de Posidonios, (Diels),
et dont s’inspirera Cicéron ; donc à une ou deux générations
d'Appolore qui possédait encore l'original d’Anaximandre
Simplicius ne nous dit-il pas dans son commentaire sur la Physique d’Aristote: « Ceux qui admettaient des mondes innombrables, par exemple Anaximandre, Leucippe,
Démocrite, et
à une date postérieure, Epicure, soutenaient qu'ils naissaient et,
Pagina 31
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)périssaient à l'infini, quelques-u
ns venan
i sans
'ezi
el d’aulres périssani? » L’äneıpov embrasse
unpet tc
Yexpression des doxographes) des
mondes innombrables dans L
‘
A dans Tespace; et nous assistons
là à la naissance du
idée (l’infimité du Tout, et
des mondes) qui dominera Pécci
Jonienne, certaines spéculations pythagericie
nnes, puis Pate.
misme, et après une longue éclip
se due à la grande philos,
phie grecque, soutiendra lors de la Renai
ssance
conception de Univers et de la science,
nouveauté, qui te
e
buble
une
nou}
‘certains aspects est un renouveau.
Chose remarquable : comme chez les mêm
aux mêmes époques, et comme chez tous ceuxes+.phitensr;
le retour cyclique des choses, les textes nous
indi uent e”.
une formation, une constitution,
un destin semblables our
les mondes. La encore nous sommes & la porte
Las
des anda
constructions scientifiques analogues aux nôtres et
sit Ip bi
rain d’un
déterminisme qui les rendra
possibl
es : ]
dans les effets
et pa
parTapp
rappo
o:rt aux causes qui
ni les produ
ue
ise, si pe
«.-
ere
elle est la marche de ce déterminis
me chez
Car, comme dans la science telle que la décrit Anaxi
Be
,
ua ne sommes pas au bout de nos pourgu
ni. Après chae::
re m. I autre. Pourq
ele
uoi et comment les mondes suniinfini-indéfini, et pourquoi
et comment
La doxographie, sur ce point encore, ne
alsse
lai
et concordante, et de nous révéler une pensée it
A wp rad
«
qu’à
si de l’observation.
SY rest
’être
net!
mn eel
|
l'origine de ce monde une chose
me
one le chaud et le froid fut séparée de an “ a
orma une sphère de flamme qui
se développa autour de l'air qu:
seal la Terre, comme l'écorce croît autour d'un
= eut été déchirée et enfermée en de certai
une et les étoiles vinrent à l'exi
arbre. Quan:
ns anneaux, le sul!,
stence » (1). La clarté de «
texte ne laisse guère à désire
Elle r.
nous
permet comme celle de
nein gehipedda E heen et précis
er ce que now
a nature
et le rôle de)’
senter la genése des mondes.
Praeeneh de one repos
Que l’&repov soit antérieure à toute différenciation
{1)D.Ps.
nel)
67,Plut.
= fousBch
i
qual
hs i; DY, 2, 10), cité
i
et traduit par Eu:
LES DEBUTS DE LA SICENCE HELLSNIQUE
661
tative, à toute forme ou image sensible des choses, c'est ce
qu'on voit ie, puisque deux des qualités qui joueront plus
tard un très grand rôle dans la physique des grands philosophes
et qui y sont absolument générales et premières :lechaud et
grees,
le froid, sont dérivées de l'éternel (l'éxepov est désigné par un
de ces attributs d'infinitude : l’infinité dans le temps). Cette
dérivation n'est même pas immédiate, puisque ces deux contraires sortent d'un même principe générateur qui se sépare
de Férnpov, C'est par diflérenciations successives que se fait la
genése : des qualités et des formes se dessinent pour ainsi dire
dans l’indifférencié.
— lesL'indéfini-infini est bien ce « corps dislinel des éléments
dent nous
quels en dérivent ensuile—ce corps sans qualijicalion»
parte Aristote (1), et Anaximandre est bien l'un de ces « philosophes qui font de ce corps (distinct des éléments) l'infini
au lieu de le placer dans l'air ou dans l'eau, pour éviter que les
autres choses ne soient détruites par leur infinité (2). Les éléments sont en opposition, l'un à l’autre — l'air est froid, l’eau
humide et le feu chaud — et c’est pourquoi si l'un d'eux était
infini. les autres cesseraîent d'exister à l'instant. Aussi ces philosophes disent-ils que l'infini est autre chose que les éléments
et que e’est de lui que ceux-ci procèdent ».
Comme commente Simplicius (3) en rapportant un fragment
de Théophraste : « Il est clair que, considérant la transformation
réciproque des quatre éléments, il a jugé à propos deprendrecomme
substratum non pas Pun d'eux, mais quelque chose de différent.
D'ailleurs il n'attribue pas la génération au changement de l’élément, mais à la disparitian des contraires par suite du mouvement
éternel. C'est pourquoi Aristote l'a rangé à côté d’Anaxagore a
e Il donne la raison pourquoi ce principe est illimité, c'est que
la génération productrice ne doit manquer de rien » (Aetius, I,
3), c'est-à-dire qu’elle doit avoir de quoi suffire à toute produotion, à la production des mondes mnombrables.
De l’infini-indéfini se sépare dene ce qui engendre les deux
oppositions du chaud et. du froid, et ensuite de ce générateur,
les deux oppositions elles-mêmes, les contraires formant un
couple-unité, ce qui est remarquablement logique. Car iis
{1) Phys., T., 5.204.622, trad. Burnett. Op. cil., p. 56.
(2) Il faut ontendre, comme le montre la suite du texte, leur infinité
réciproque et simuftanée.
3) In physic., 6 a., trad. P. Fanmery (op. ci?.), p. 113.
Pagina 32
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)se définissent, Fun ]par l'autre,,
Bears, ud a
con jente
et sont s ubsumés
sou
é
pas dire que cette logique sat pleioors,3 ;
chez Anaximandre. En tout cas,il en a le sentimen
A ‘e qu'on rapporte de lui l'exprime. Il
ne semble pas que Sin
plicius, aprés Théophraste, force les termes, en les mod bei
sant, car l'allure de la référence a un aspect bien primitifm
u e pa et le froid ne se séparent pas d'une
façon
quelcona
pia e chaud forme une sphère de feu périphérique conta .
riperrn arbre, . le froid (l’air) est repoussé à Pine
erre qui forme ainsi Je cent
na
Li mondes innombrables. 11 est vraisemblable en em h ir.
Èhk et la terre sortent du froid. N'oublions pas que la hurto»
on rie ce quatre éléments est bien postérieure. Nous ‘asin“|
ell
ee
rca ge chaud et le froid. Le dia y
i
orce des arbres, se craquelle
et se
fendi
y
lá naissenti les anneaux porteurs des
i astres
ne
(an
ud
i De
devi
Caper
dront les
).ciels dee l'astro
I’
nomie
i populaiire et traditio
litionnd
nnelle jusqu’:.
joan
:
ourquoi
>
la séparati
rau on, les séparations sont-elles
sein de l’éternel principe. Là encore, réponse mie a tei gi n
N
pui sera elle de Descartes, et de la physique moderne toni 5
es fois qu elle part du continu : à cause du mouvement, d ni
ceca principe, done éternel comme lui, « un seul Mind
ath| = oe n ge
inni « Mais son en
‚Th
andre
dit
que
principe. plus ancien
. que l’eau, 3 et que e t
|
le mouvement
&ternel
erba,
urhe i qe cela se détruit A ve mowveren'
es
orme de ce mouvement ? Burnet veut
uai ion only Fatsu trépidation dehaut en ner:i
nv
.
e
agoricien Timée
d
ji
Platonicien qui porte
!
son nom ; el comme dans leAtexteeu ique
nd
queom
auraient en a tal
bapapic circulaire, Burnet dit qu'il ea de ch
i
ats, suivi
Anaximandre contre
i q 4 forme. Et Tannery ajoute
mer> ee
inconcevable.
La
1'h
e
que le mouvement
raison
nous
paraît
cirbien
d'a ien logique pour un Anaximandre, si grand qu'ail
imperia Co, ci ce sens, Quant à l’argument précédent, il
er
ni
ans
peu, puisque les mondes sont innombrables.
le temps. Or le pseudo
Plutarque nous
physic., 6 a., trad. P
E) Hermias
, 10, re, SORT tafis“hp. 108,
1)
In
a
di!
633
e que leur
formellement d’Anaximandre (Strom, 2): « Il déclar
résulté,
ont
tion
produc
leur
avant
destruction et bien aupar
même.»
la
rs
loujou
ion
révolul
leur
de
fin,
sans
depuis un temps
rs
toujou
diurne
[ine peut s'agir là que du mouvement circulaire l’affirme Ariscomme
Et,
ciel.
le même en effet qui entratne le
tote de notre philosophe, entre autres ce mouvement circulaire
a repoussé la terre au centre del’odpavas.
thèse, Il est
Teichmiller a défendu avec opiniátreté cette
er chaque
désign
pour
incontestable que le terme ciel : obpavòs,
a fait fortune.
Le mot
monde, est certainement d’Anaximandre.
e, pour désigner les
ssanc
Renai
la
’à
jusqu
Il est resté en usage
moins incontestable
sphères célestes filles des anneaux. Il est au
ciel autour de la
que le mouvement régulier des étoiles, du
ifiques humaines.
scient
ations
terre,est une des premières observ
qu'il a joué
même
de
que
ble
embla
vrais
Il est donc tout à fait
qui ne
astres
des
aires
circul
ment
égale
ments
avec les mouve
ciel,
du
al
génér
aire
suivent pas absolument le mouvement decircul
que,
métri
onomie
l'astr
ance
le rôle fondamental dans la naiss
s des explications
il a dû jouer un rôle de premier plan aux débutdébut
s de la phyaux
et
,
ifique
scient
nce
tenda
à
ues
cosmologiq
sique.
"
ment entraîne l’infini
Rien n'indique d'ailleurs que ce mouvesein
de Vinfini, comme
au
bué
distri
tout entier, mais il peut étre
s innombrables
monde
aux
nce
naissa
nt
donna
des tourbillons
tées à notre
et séparant. pour reprendre les expressions rapporles
embrasse.
qui
ov
meprex
du
philosophe, les odpavit de I’ &mespov,
Chaos, et
du
type
du
partir
Si ce dernier doit être conçu à
tourbillonnaires
celui-ci à partir des Nuées, les mouvements
leurs déchique
ainsi
ables,
observ
t
emmen
fréqu
sont
de celles-ci
« ciels »,
aux
ce
rures et leurs effilochages qui vont donner naissan
ire
llonna
tourbi
t
emen
mouv
ce
Tl se peut donc bien que ce soit
de
rures
déchi
des
at
résult
ux,
annea
aux
qui se trouve imprimé
l'ensemble, et qui constitue les mouvements célestes. La
? e encore
Pourquoi ces déchirures de l'ensemble sphériqu
doxodu.
répon
Anaximandre s'est posé la question et y a s de l'origLa
de la
ine
propo
à
se
graphie nous a conservé sa répon
terre,
la
de
froid,
le
dans
ation
sépar
mer, c'est-à-dire de la
de l’eau et de l'air, plus exactement des vents.
e des hommes
« Mais ceux qui sont plus sages dans la sagess
ils, toute la
disentd,
indiquent une origine pour la mer. D'aborelle
séchée par
été
eut
région terrestre était humide, et quand
vents et
les
sit
produi
ora
s'évap
le soleil, la portion d'elle
Pagina 33
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)les révolutions du soleil et de la lune,
tandis que la portion
qui en
subsista fut la mer. Us pensent
donc que la mer, en se dess¢
chant, devient toujours plus
petite,et qu'à la fin elle sera
entji.
rement sèche. » (Meleor. B.
I, 353 b, 5.)
a Et ceux-lätombent dans la même
absurdité, qui disent que
la terre et la partie terrestre du
monde étaient humides à
l'origine, mais que l'air s'éleva par
suite de la chaleur du soleil.
que l'ensemble du monde fut
ainsi agrandi, et que c'est la
la
cause des vents et des mouvemen
ts des cieux.» (7b. 2, 355, a, 2
R. P. 20
a. DV 51 a 9) (1)
« L’espace autour de la terre aur.
humide, dont le dessus, vaporisé par
le soleil (la sphère de
flammes) aurait produit les vents
et amené les mouvement:
du soleil et de la lune dans l'interval
le des tropiques, comme si
ces astre
s s'arrétaient et retournaient
à cause des vapeurs et
exhalaisons, pour en trouver toujours
en
abondance L: la mer
serait ce qui scrait resté dans les
endroits creux (mais le soleil
continue & la dessécher, elle
dimin
sera sec). Ce fut là, au rapport
ue toujours et un jour tout
de Théophraste, l'opinion d'Ansximandre et de Diogene. » (Théo
ph., p. 23. Alex. in meteor91 a) (2).
C'est donc le chaud de la Périphérie
ou
vapeur (indistincts
encore)
qui a transformé en air
l'humide
du
froid
inférieur
à
elle. Il est même vraisemblable d’apr
ès ces textes que ce froid
devait être l'eau ou l'humide (ce qui
s’accorde bien avec la sensation commune). Alors l’eau
l'expansion de celle-ci
se
(1) Fag Se
t ils sont pleins, à moins, comme Tannery
mot xp interi da
l'antiquité hellénique, que le feu ne soit pas incandes expresdon ccord avec l'emploi scientifique du
nase et ne devienne une flamme, Ab, oe
ee auunssoufflet
stre
Se en
aon en des ouvertuleresest étroites
comp
de forge, à laquel
convertit
en
vapeur:
rt
(autre souvenir de l'observation sans
doute) produit les vents qui déchi
rant la sphère de flammes
enroulent pour ainsi dire comme dans
une enveloppe feutre«
ses lambeaux déchirés : « Les astres sont
comme des feutres
d'air en forme de roues, pleins de feu
et ayant par places des
bouches jetant des flammes » (Aetius,
II, 13). Le monde est
constitué. Les anneaux ainsi formé
s se meuvent sous l'influence
du mouvement de formation (des
vents entraînés par lui), aux
distances dont il nous est parl
é.
anneaux d'air sont assez opaqu
es pour dissimuler
'
a pee sont emportés par les cercles et oped oles
“te ehacun est situé » (Aetius, II, 16). « Le ye toed 1, 6).
faut, les roues des éloiles fixes au plus bas» ( reillesA des
sont des ge EN pa
Les étoiles
nav
_
ins de feu... » (Aetius, I ,
le feu
ux
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de
la
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3
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te eonaidbvera comme un élément, pesa et y comp
ception du phlogistique au XVIII" SAD
sur l'écliptique
L'inolins
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planbtes)
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venir,
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E te la science officielle pendant pres ce
maine. mais
Delointaine,
velo édie atomistique d'autre part, pd
ps ca de la science moderne et surtout con : esi le déveerdi ici marquer, parmi les a
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les
loppement de la pensée scientifique, la ten hysi e de l’astroms bsores des astres, et la météorol
de hil,
ant entarés
nousArente
ae ie. Chez un Thalés, du moins enogieceouquiphy
pop
estons loin. Peut-être l'idée que la cana hémisphéeaten qui la recouvrent comme d’une
Trad. Burnet, op. cit., p.
67.
Trad. P, Tann
op. cil.,
déjà traduit ci-dessus” 7 HoP. p. 117), 117), entre crochets le passage d'Arlstote
PRE
/).
pe eesone. Les autres peuvent être si og alqu
ay
1)
ar
13,
ait été occupé par l'élément
(1) Op. cil., p. 92.
calo
Pagina 34
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)rique et ]par là règlent les mouvemen
ts d es astres,
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cg a une météorologie. Et
certainement
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alors Vids.
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météores.
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une périodicité bienacceptéeet
eosmologie, si cohérente qu'elle doit représenter les observations
qui ont été au point de départ des spéculations d’Anaximandre.
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5, sont de nouveau physiciens, Et à partir de là. la météorologie n'est pl
|
rj
:
tradition impos P us qu une province de la physique
La cosmologie en est une généralisation fondée, et derechef il
nous semble voir ici confirmée notre interprétation de l’&reıpdv
et du Chaos et nos vues générales sur l’école de Milet et les premières théories de la physique, au sortir du mythe.
L'éclair, comme la production et les mouvements du soleil,
de la lune et des étoiles est produit par les vents, annonciateurs
de la tempête. Le feu est enfermé dans un nuage épais, comme
les anneaux des nuées célestes. Il s'enéchappe avec violence par
une déchirure, comme il s'échappe des orifices des anneaux
en wee malgré tout son génie, Héraclite, peut-être àpini
rios
Cette explication des phénomènes particuliers de la météorologie est remarquablement cohérente avec l'ensemble de la
axi
cerne
la nature où il est si près d’Anaxim
;
ae
3
ene, et, a
dans une
e E ms pm
par les vents. Quand il est enfermé dans un nuage épais et qu'il
s'échappe avec violence, la rupture du nuage produit le bruit,
et la déchirure offre l'aspect lumineux par contraste avec l’obscurité du nuage. — Aét., III, 3, 1 (Dox., p. 367 ; DV, 2, 23).
Anaximandre soutenait que le vent est un courant d'air
(c'est-à-dire de vapeur) qui s'élève quand ses particules les plus
fines et les plus humides sont mises en mouvement ou dissoutes
par le soleil. Aét., 111, 6, 1 (Dox., p. 374 ; DV, 2, 24).
La pluie est produite par l'humidité pompée de la terre par
le soleil. — D. Hipp. Ref. 1, 6, 7 (Dox., p. 560; DV, 2, 11).
y a un principe commun
des choses, de la nature, de
l'uni.
ie
667
et que la
astraux: le bruit vient ici de la déchirure alors quel'orificeastral
se débouche que lentement dans les phases et les éclipses. Tout
cela, c'est une fidèle description de l'ouragan et une interprétation logique des faits, étant données les prémisses.
Que ces prémisses viennent précisément de l'esprit mythique,
il faudrait bien plutôt s'étonner du contraire. C'est l'esprit
mythique qui a développé le besoin qu'a l’homme d’être satisfait
par une réponse A ses étonnements. C'est cet esprit qui pousse,
chez les Grecs, (avons-nous du moins cru pouvoir le montrer) à la rationalisation, à l'explication. La raison est aussi
LES MÉTÉORES.
, :i = = qui reste de
l'hum
idité primordiale. Le feu en
i
Anaximandre soutenait que le tonnerre et l’éclair
der
.
+)
(1) Trad. Burnet (op. cit.,
M1,
p. 71).
16,
-
P.
20
a
:DV2,
:
en
bien un instinct et un désir mystique qui tourne le dos à ses
origines et se pose en s'y opposant, comme ces enfants drus et
forts qui frappent le sein de leur nourrice... Mais il appartient
de noter dans tout ceci la remarquable logique qui, par des inductions parties de l’observation, aidée par l'ambiance mythique
où s'est développée la pensée du philosophe, promue par la
(2) Trad. Burnet (op. cil., p. 69.)
Pagina 35
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)ÉNIQUE
LES DÉBUTS DE LA SCIENCE HELL on = mm
REVUE DES COURS ET CONFERENCES
réflexion sur cet amalgame et parle besoin de voir clair, d'avoir
enfin des images qui s’enchainent et s'accordent, pénètre tout
Te système.
Le même esprit anime les derniers pourquoi d’Anaximandre,
la genèse des créatures vivantes. Il n'accepte pas d'oppositions
» de miracles. Il faut que tout se déduise, nous avons
bien dit : se déduise des prémisses. La cosmogonie est déjà eu
passe de devenir une histoire naturelle, une histoire des époques
de la nature. On a prononcé le mot d'évolution à son propos,
Nous le croyons injustifié. L’accord est extérieur et verbal quant
à la théorie. Mais il est plein quant à l'esprit, car c'est l'esprit
scientifique : des observations quisuggérent des généralisations, et
des généralisations qui s’enchainent logiquement. La logique
peut être puérile, Elle n’en est pas moins de la logique, comme
les pourquoi d'un enfant et les raisonnements qu'il réussit dans
certaines de ses réponses, si cocasses qu'elles puissent être. Il
suffit de céder encore une fois la parole aux doxographes,
e."i y a là uneose
daxiimnént
a
à Anaximandraie ou a An
Yagssgait-il du pol Chaldeen a
tiples exempl
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e eeuit(e. Cainr stonrua atmetrnt
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oom du polos l'araignée des Grecs.
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a
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Sn
réalisati
y
a
blable à un autre animal, à savoir à un poisson. » Hipp. Ref. T. 6
(R. P. 22a’; DV 12, 11, 6).
«Les premiers animaux furent produits dansl’humide, enfermés chacun dans une écorce épineuse. Avec le temps ils firent
leur apparition sur la partie la plus sèche. Quand l'écorce éclata
ils modifièrent leur genre de vie en peu detemps. » Art. V,19,1
(RP, 22; DV, 2, 30).
«Il dit en outre qu'à l'origine l'homme naquit d'animaux d'une
autre espèce. La raison qu'il en donne est que, tandis que les
autres animaux trouvent tout de suite leur nourriture par euxmême, l’homme a besoin d'une longue période d'allaitement.
Il en résulte que s’il avait été à l'origine ce qu'il est maintenant,
il n'aurait jamais survécu. » Ps. Plut. Sirom. fr.2(RP, ib. DV 4,
2, 10).
«ll prétend qu'au début, les êtres humains naquirent dans l'inuirieur de poissons et qu'après avoir été nourris comme les
requins et étre devenus capables de se protéger eux-mémes, ils
furent finalement jetés sur le rivage et prirent terre.» —Plul,
Symp. Quaest. 730, (R. P., ib.; DV 2, 30) 1) Zd., p. 173.
Qu’ajoute encore la doxographie aux œuvres particulières
Il
i:'en pouvait être tout au plus que l'introducteur. Le gnomon
est un instrument si primitif !l'Egypte, la Chaldée, la Chine le
«onnaissaient depuis longtemps. Nombre des grandes villes
dan.
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nous avions vu
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« Les créatures vivantes naquirent de l'élément humide, quand
il eut été évaporé par le soleil. L'homme était, au début, sem-
'Anaximandre ? La construction d'un gnomon à Sparte.
laconstructi yde, SP
de ia Grèce g’enorgueilliss: aient derattribuaità Phéréce
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mina n ae Gens des similitudes, applicatio
sorti ne et des rapports (toujoure étan tcelaest bien
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Ben mg i-dedire les légendes traditionnelles), tou i la ique et
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elques propositions géometrigur
queue ee per Thalès, ol à son entremise. Mais il premo
devons 2
sométrie bien au delà de ces quelques Ten on des
l'esprit de la & Jogique à l'univers, et à toute explican
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il applique Be es Il imagina la première théorie En
ches de it, et parfois la lettre où elle sera reprise ee “ the
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Pagina 36
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)REVUE DES
COURS ET CO
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Trad.
5) :‘a
P.
l., p. 75,
et en cela ressemble & un principe ; en effet, ce qui naft doit
nécessairement trouver son achévement, et il y a un terme à
toute destruction. Ainsi donc, comme nous le disons, il n'y a pas
de principe à celui-là, mais il semble l'être pour les autres choses,
et tout embrasser el ioui gouverner, ainsi que parlent ceux qui,
à côté de l'infini, n’admettent pas d'autres causes comme l'intelligence ou l'amour; il semble aussi que ce soit là le divin, ;
car il est immorlel el impérissable, comme dit Anaximandre,
avec la plupart des physiologues (1). (Aristote, Phys., III, 4.)
On ne peut dire plus clairement, dans un langage tr&s modernisé
sans doute — mais on avait’ cette époque l'œuvre d'Anaximandre
— que celui-ci s'est éloigné, quelle que soitla poésie de son langage, en une manière presque invraisemblable, de l’anthropomorphisme et du mythe primitif. Le mot 8um, d'ailleurs, est
déjà chez les poètes des siècles précédents et sera chez les gnomiques contemporains, une rationalisation du destin, puisqu'il
comportera une idée de logique morale, de compensation, de
chátiments et de récompenses, non selon lehasard aveugle, mais
selon les mérites. Ici le sens est à peu près évident. L'évolution
des mondes qui aboutit à l’évaporation de l’humide et à son
absorption par le chaud, à l'asséchement progressif est un
empiétement du chaud sur le froid, un éloignement de
l'équilibre et de la juste répartition. Mais le froid et l’humide
n'ont pas disparu. Ils sont réincorporés avec le chaud, dans cet
indéfini, cet amorphe qu'est l’&mepov, jusqu’à ce qu'ils le restituent dans son état primitif par le rétablissement de l'équilibre
et de l'égale répartition. Puis le mouvement éternel les séparera à nouveau. Sous l’image c'est la loi du retour éternel, l'image des révolutions compensées tantôt en un sens et tantôt
en un autre, le cycle seul compatible dans la pensée logique
primitive avec le mouvement perpétuel. Anaximandre
l'empruntait sans doute aux poètes dont il ne nous
reste que quelques allusions morales et qui ont vécu entre.
Hésiode et lui au vı1® siècle.
C'est un très grand effort logique versune image rationnelle
de l'univers, si primitive qu'elle soit encore par sa matière.
Dansl'école de Milet, on dépassera Anaximandre pour les détails
des explications. Mais on ne le dépassera point pour la logique
générale
de l'explication. Cette tentative est la souche
des physiques et des cosmologies postérieures, leur &pxh, leur
Burnet den vita nnery (op, cit » Ps 113) que nous préférons ici à la trad
(1)
(1) Trad. Tannery P., op. cit., p. 11%
Pagina 37
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)premier commencement. Et parla Anaximandre paraît bien
être à l’axgh de l'Ecole : sa plus belle « floraison ».
En tout cas, que ce soit un attribut du chaos, du « magma »
qui a hanté toutes les imaginations mythiques de la préphilosophie de l'Hellade et des débuts de sa philosophie, le sans.
forme protéique ou l'abime béant où naissent les choses et qui
les baignent et les séparent, ou qu'il soit arrivé déjà chez Anaximandre—
et il y a chezlui une telle force de pensée que ce ne serait
pas impossible, — à un certain degré d’abstraction, à un préconcept qui a fourni le principe premier du devenir, l'äneıpöv
entré dans la pensée philosophico-scientifique n'en sortira plus.
Nous le retrouverons chez Anaximéne, chez Xénophane, chez
les Pythagoriciens, chez les atomistes. Il sera sous les grands
thèmes de la discussion Eléatique, de la sophistique et de la
philosophie du concept. L’infini prendra le pas sur la détermination dans l’alexandrinisme et dans la philosophie de l'Occident.
L'Ecole Ionienne introduit ici un des concepts majeurs de la
pensée scientifique. Non point un de ces concepts qui deviendront des premiers principes comme ceux de permanence ou
d'identité. Mais un concept qui forcera la raison à le critiquer,
et par là à se critiquer elle-même et d’où sortiront à la fois
des créations logiques, et des représentations, de l’objet.
(A suivre.)
Le Gérant : Jean Marnats.
POITIERS, — SOCIÉTÉ FRANÇAISE D'IMPRIMERIE. — 1930.
Pagina 38
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)83
oa nous avons dit jusqu'ici, à le différencier beaucoup du principe
Les débuts d
e la Science
d’Anaximandre, ni même du principe humide de Thalès : c'est,
par une autre image, une autre épithète qu'il est exprimé. Nous
sommes toujours près du chaos mythique dans l'école de Milet :
hellénique
Par M. Abe] Rey,
Professeur à ta Sorbonne,
la nuit, l'obscurité n'est-elle pas considérée alors, et jusqu'à
Empédocle, comme une forme de vapeur, de l'air condensé,
un nuage opaque. Et c'est encore Empédocle le premier qui
— au sens que nous donnons à ce mot
distingua l’air nettement
—— cr
— de la vapeur et du vide.
VII
L'Ecole Tonien
ne
(suite.)
Anazimène,
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P
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nome re Pétron, Hippasos, dont la date serali voi
nné comme l'a
ssocié,
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:
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le
IcNiuaArw:PiraORIeSA
La nouvelle hypothèse que P. Tannery (1) a développé à propos d’Anaximandre, et son étude sur le fragment d’Anaximéne
retrouvé dans Olympiodore, à des divergences de détail près,
confirmeraient plutôt notre conception de « l'état originel » dans
l'école de Milet. Il montre d'une part que l'air d’Anaximène était
vraisemblablement la spécification de l’äneıpov d’Anaximandre,
s’opposant comme quelque chose d’ « incorporel» et d'indétermine aux formes délimitées et corporelles, qui prennent naissance dans son sein. D'autre part l’äreipov est bien chez Anaximandre ce qui remplit les cieux en apparence vides, comme
notre air actuellement, ce qui est sans forme comme lui, et,
par là-méme, ce qui remplit ce que nous appellerions aujourd'hui l’espace illimité. La distinction entre le vide absolu
et
l’invisible (comme l'air)
n’était sans doute pas encore
distincte.
En réalité nous précisons trop, nous voulons trop éclaircir.
Il nous semble qu’à l’origine il y ait l’idée — plus que l’image —
la notion vague, confuse, obscure, mêlée du chaos : toutes les
choses définies images et représentations à contours plus ou moins
nets, ne peuvent que sortir de quelque chose d'autre, d’une
gangue, d'une matière initiale, qui précisément parce qu'elle
n'a rien de défini est capable d'engendrer tout ce qui est défini.
Elle est donc par nécessité, et essence, si l’on peut dire, l’indéfini. Mais elle se représente sous la forme de l’image la plus
vague, la moins définie, de la forme la plus amorphe, si l’on
peut encore dire, et la plus protéique. Car la pensée primitive
quand il est en repos, nuée vapeur, qu et analog
ue à notre air,
Et comme il est cla
irement indiqué w
e ee eee
i
È
LA
>
(1) A, Rivaud,
.
...
ce que
ne peut s'abstraire de toute image : la nuée, l'abtme béant,
lieu des nuées et où elles se transforment, où elles crèvent en
feu, en vent, en eau, en grêle. Et selon que l'imagination s’attardera davantage à l’un de ces aspects, nous aurons comme
principe, l’eau, l’humide, qui flotte sur l'eau dans les brumes
op. cil., p, 194
(1) Mémoires scientifiques, t. VII, p. 187-194, et p. 121-129,
Pagina 39
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)e l'horizon, qui s'en élève sur les rivières,
rivi
en
qui cr
el portal+tigre et c est l'indéfini distives de Tithe
aug
engrais
sn et visible des brumes, qui fait
l'orage, le tourbillon, la om qe ae ihe ag dane
mio Passer définir le chaos, chez a an Génial
seepse re, par l'indéfini plastique boa >
ui
ique, lui Ceaussi,seraet he
le feuouplast
u
Ara
des nuées etitoarn
du ciel,
y séjourne.
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stique, l'ass
tomipoussière.
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vapeurmr
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dp
i
a de
Mais ce sera à l’ori vine
rae indistinct,
ie même flou m thique,
er Frey : irreprésentable en soi et qui pep
des tex LE acu 8 de représentation et de pensée abstr. it
rg tale er3 penseurs, chez les premiers qui
meri
de
sonal
aga0 ig
vraiment pour pt
ent
Sa aximén
are, disait , fils d’Eurystrate, qui avait été associé
damentale étaitune et infinie. a gen
grt atl
Anaximandre, qu’elle fût ee ee comme
iselt que c'diait Val
m Ph
inée, mais déterminée, car il
ic)
lalesPhys.
sur
Comm.
les
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hraste
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85
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LES DEBUTS DE LA SCIENCE HELLENIOU
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ue de hiques, et moins porté à abatraire. h conéet
àhLaGeS cepdantuas lesliser,imagesà ratmytionaliser. La doxographie est.foiélus queà l'entexisettensece
sse de commentaires.
pour la pregemièelreelle est. par conséla terre vinet est
« N dit que
r fut foulé. Ell très lar
lorsque l'ai tée par l'air.» — As. Plut., Strom. fr. 3 (R. P. 25
ps cé-se
D V, 3 A 6).
autres cor
e et les par
il, lat lun
ière, leignsole
la mêmet demannat
cau
« De qui
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supportésduitsl'ai
ure éc, son
l'h
lestes, larson
par
été proéfiée, le feu preumindde leuquir s'égeulèvr.e deLeslacorterpsre.célQuestanesd ont
dité , et les étoiles sont composelléese estdurarfeu qui s'est ainsi
naissence
s la régcorionps
terrestreditdan
ps deavesubc staellence
élevé. Il y a aussi destoucor
les
que
s. Et il
rnent
. quent suppor
mme
des étoilenes etse qui
la terre, cocap
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our d'elle, obe
ent, mais autsole
d'autres le supdeposnot
à nos qu'regil est
se dér s par
e. Le la teril re,
tournepasautparource qu'il repastêt
ce que sa
se souhaus tes de la termaire, et par
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. Les étont.
s devientleuplur sgragrandndeélo
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{À
1, 7,
densé, etpluSC spréconci-l'air estil con
qua
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pro
«Les venefftsetsond'ut n choc; maind
encore t il se
pite par épaissi, il en résulte sdesquanundagesest
alemen
et
;
centré et eau.» — Hipp. Nef 1,7. 7(Doz. p. 561fin; DV 3 A 7).
change enétoiles sont fixées comme des clous sur la voûte cris-.
a Les . » — Aét. UNI, 14, 13 (Doz. p. 344 ; NV 3A 14)
15).
tallinLee dusoleciel
pv 3 A 352
20, 2(Doz.£b.p.22,3481. ; (Do
. »— Ib. lle.
il esdet feu
«
pz.
comme une feui » —
« N est3 Alar15)ge.
{1) Trad. Burnet, op. cil., p. 77.
(1) Trad. Burnet, op. cit., p. 81-82.
Pagina 40
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)LLÉNIQUE
86
«Les corps célestes sont. détournés de leur course parla résistance de l'air comprime.»—
Ib. 23. 1. (Dox. p. 352 ; DV 3 A 15.
«La lune est de feu. » — Ib. 25, 2 (Doz. p. 356: DV 3 A 16.
« Anaximène expliquait l'éclair comme Anaximandre, ajoutant, pour illustrer sa pensée, ce qui
arrive sur la
mer, qui
élincelle quand elle est divisée par les rames, » — Jb, III, 3, 2
(Doz. p. 38 ; DV 3 A 17).
«La grêle se produit quand l’eau se congéle en tombant; la
neige, quand un peu d'air est emprisonné dans l’eau. » —
(Aét. III, 4, 1 (Dox. p. 370 ; DV 3 A 17).
«L'arc-en-ciel se produit quand les rayons du soleil tombent
sur l’air fortement condensé. C'est pourquoi sa partie antérieure semble rouge, étant brûlée par les rayons du soleil, tandis
e l’autre partie est sombre, à cause de la prédominance de
l'humidité. Et il dit qu’un arc-en-ciel est produit de nuit par la
June, mais pas souvent, parce que ce n'est pas constamment
pleine lune, et parce que le lumière de la lune est plus faible
q ue celle du soleil. »— Schol. Aral. (Dox. p. 231 ; DV 3 A 18).
Aétius, III, 5.
e La terre est pareilleà une table,
quantà sa forme.» —
Aét. III 10, 3 (Doz. p. 337 ; DV 3 A 20).
«La cause des tremblements de terre est l’aridité et l'humidité
de la terre, occasionnées respectivement par Jes sécheresses
et par les fortes pluies. »— Ib. 15, 3 (Der. p. 379) ;
Le recul d’Anaximéne sur Anaximandre ne se marque nulle
part aussi nettement que dans la conception des mouvements
célestes. Anaximandre avait
vu nettement l’inclinaison de l’écliptique et de laroute de la lune par rapport à l'équateur, inclinaison que les Chaldéens avaient remarquée depuis très longtemps.
Anaximène considère au contraire que l’écliptique est perpendiculaire à l'axe du monde, il le confond avec l'équateur. C'est
d'autre part l'altitude des parties septentrionales de la terre
qui nous dissimule une partie des astres qui tournent autour
du pôle comme une cape ou une meule de moulin. La terre est
un plateau qui monte vers le nord, et l’inclinaison du pôle est
en quelque sorte un effet de perspective. Cette conception
incohérente en elle-même, étant. donnés les mouvements dont il
s’agit,
et incohérente avecles observations les plus faciles, n'est
guère compréhensible que si la conception d’Anaximandre,
comme il le semble d’après les textes relatifs à son obscurité,
n'a pu encore être comprise par lescontemporains. Cette dernière s'éloigne trop hardiment de ce qu'était alors le sens
commun, comme presque toutes les grandes théories scientin de son
rd + la canception du Grec mo1 ye IL:
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cédail
ajouter de clarté à l'œuvre dont il pro
autre
Pagina 41
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)D'abord la connaissance des planètes apparaît dans son œuvr.
pour la première fois chez les Grecs : « le soleil,
auires corps célesies, qui soni de nalure ignées,
la lune, ef jr,
support,
sont
raréfaction et de sa condensation. »—
Phys. ap. fr. 2 (N. P.26
D. V.3 A5).
« Quand il est dilaté de façon à être rareil
:
devient feu; tandis
que, d'autre part, les vents sont de
l'air condensé. Les nuages
se forment de l’air par foulage, et quand
ils se condensent encore
davantage, ils deviennent eau. L'eau, en conti
nuant à se condenser, devient terre ; et quand elle se
condense autant que cela
se peut, elle devient pierre. » — Hipp.
Nef. 1,7 (R. P. 28; D. V.
3 A, 73) (1).
Ici on doit porter au crédit de notre savant
une invent
« pourquoi » laissés en suspens par
ion
nouvelle à un des grands
Anaximandre, Car le procès
de raréfaction et de condensation n’est plus
une métamorphose
qualitative. Il est bien une transformation
d'ordre quantitatif
destinée à rendre intelligible la transformati
on elle-même. Le
même principe par additions et soustr
actions successives produit les diversités des apparences. Voilà
déjà le pressentiment
(1) Trad. Burnett, op. cit., p, 78.
i ns
Descartes, et des conceptio
i a matière. C'est, pour ne pas = e
La ci
catio
;
ds 9 effort de quantification et de logifi
premi
sen
s clous e Mutation qualisstativnas e.
nel
prédécesseur, l'éterho:
e, comme pour son ryt
j
de
à
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WE
pu
tion du hme
par l’air » tandis que les étoiles fixes sont de
dans la sphère céleste, selon 1’ ancienne image,
chaldéenne «+:
. égyptienne.
En second lieu, conséquence logique. les
étoiles fixes sont
rejetées aux confi ns du monde. Et ces confi
ns forment ur.
sphère, solide et brillante ‚ le crystal, qui carac
térisera le ciu.
jusqu'à la Renaissance. La conception nouvelle
remplacera
l'anneau d'Anaximandre dont elle p rovient assez
naturellement,
Sous cette forme épurée par les travaux
contemporains ut
immédiatement postérieurs, elle prendra droit
de cité dans la
science traditionnelle.
Enfin, tandis que chez Anaximandre le procès
d’après lequel
se séparent le chaud et le froid hu mide reste
imprécisé, et obscur,
ici i] a une précision remarquable : c'est le ryth
me de la condensation et de la raréfaction. En se condensant
l'air-principe produit les corps plus denses, par étapes progressiv
es les nuages,
l'eau, la terre, les pierres, (x la terre est de
l’air foulé », c’est-adire comprimé, condensé). En se raréfiant il
devient feu (plus
tard l’éther).
« 11 (l'air) se sépare en diverses substances
en vertu de sa
précieuse. C'est la réponse explicite et
89
UE
IQUE
LES DEBUTS DE LA SCIENCE HELLENIQ modern
lernes
CONFERENCES
templa
Qua atditiy"me, rdoimicon
ne cette cosmogonie ; quan on ep Do
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les transformations des
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plus en plusment,
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Pagina 42
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)mystique t
ÉNIQUE
s DEBUTS DE LA SCIENCE HELL leur oppos!ition
l'ambiance
du
mythe
et
des
LE
traditions.
An prolongati
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plus fasse 101 la transition. I} s’agit, si Lou
| suacrceagitssib
le
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‘
science, au contraire, naît de cette forme d'étonnement tri;
atténué, aiguisé, qui n’est pas un arrêt pour la conscience, mai,
un aiguillon. C'est le Baupatetv des Grecs, la curiosilé de mien
connaître les choses, même si elles sont usuelles, et qui ne S'arrétera jamais plus. La science commence quand cessent et |;
technique et le mythe. En trés gros. Mais elle sort de la technique
et du mythe. Commencement absolu peut-être, sans doute,
au sens que Renouvier attache au mot, mais commencement
la pierre s'en
va en ligne droite sans plus s'infléchir. Il n'en reste pas
moins que la direction de la tangente, c’est celle de l’inflexion
délerminée nécessairement par les inflexions antérieures.
# tre les chaosesdi
rojection de la machine ao
qu'on ne la ns — el cette projection serat bienlongdeja
pean
È; lr
à la base des pe Fina encore dans
temp
.
de la
physiq
u
savant est curieux de savoir pourquoi l'outil lui donne cette puissance. Il veut pousser plus avant ce qu'il voit ou ce qu'il sait. Il
n'y a pas là une émotion. encore que la curiosité reste émotive,
mais par un autre côté, par le désir, qui est à la base de toute
l'œuvre humaine, l’intelligente comme la volontaire, ainsi
que
les Grecs l'ont, depuis Hésiode, personnifié dans Eros.
Il y a là une tendance de l'esprit, de l'intelligence, le besoin
essentiel et foncier de la pensée, de la raison. Avec Milet nous
passons décidément sous le signe du Verbe.
Dans ce sens, ce que l'Ecole de Milet ajouta, non plus en esprit
mais en résultat, à l'Orient, c'est en géométrie, si la
tradition de
de l'angle
en eux-mêmes, de la figure pour
la figure, et la réduction de cette
figure à ses éléments, c'est-à-dire aux relations qui la
délerminent :
et les deux anglrs
adjacents que pour la demi-circonférence détermi
née par le
diamètre, qu’enfin pourl’angle droit, parletriangl
e inscrit dans une
demi-circonférence. Et aussi, l'égalité des
deux angles à la
base déterminée par l'égalité des côtés du triang
le isocèle, et la
constatation de légalité des deux angles Ala
la propédeutigue «le of
ue
PIQUE,
un sens x de la raréfaction et de en
MEREpen TRI
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1 ET
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est conçu sur l'image gelAnaximéne
inve sans doule:
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d'obtions qu'a aperçues 1 intelligence du sav ¿néralisation No
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arEIsTR, p
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ua r t la, à peine éveillé, mais errdéjentà ce P ee
des limites qui ens
»A6sets
1
i
rocès naturels, &
'
L'artisan, enserré dans l’outil, peut s'étonner de la puissance
qu'il lui donne. On peut entendre tel artisan s’étonner de la
puissance du levier, et en rester stupide. L'artisan qui devient
tant pour le triangle déterminé par un côté
‘autre mot propre.
étrie. Il n'y
a pas d'au
monde.
est vrai, de rue l'élaboration
d'un gros pa rapport
s
Puis en BEYER! systéme, ensemble de relations,
Et moins
Nous avons bien, sidit co: nfSYus el grossiers qu'ils paraissent. » dans le
absolu qui, comme tous les commencements absolus, quand on
le regarde ensuite, et dans l'ensemble, sort de la trame anté.
rieure, et est tissé avec elle et en elle. La pierre, au lancer, s'échappe du cercle tracé par la fronde, mais à l'instant même et
au point où elle s'en échappe, elle a exactement la pente, l'inflexion, la courbure du cercle, en ce point. Ce n'est qu'à partir
de là qu'elle diverge — et 4 l'infini — de cette courbure même.
car alors que celle-ci continue à s'infléchir selon la loi antérieure.
Thalès ne nous déçoit pas, la considération de la ligne et
r
j ; pa
tion de leu: rs côtés en ligne droite
REVUE DES COURS ET CONFERENCES
base déterminée par
ce etles tuyéres des anneaux be m Hole
toteHatrina
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d'autant plus de
VEE1-.; anepe faire luire le feu avec
Pawor
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Sa assigner, le seront toujouable.
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Un chevauchement sur les limites est inev
w'il n'y paratt
Pagina 43
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)me. La Physique d’Io
nie est bien co...
trée autour du grand
« physiologue ». Plus tard
encore Di.
gene d’Apollonie n’a
joutera
BE
Conclusion.
rien, non plus, à la
pensée scienı..
fique ionienne, telle que
nous la représente Ana
ximandre. (.
sont 14 disciples qui
tracent des arabesque
s sur une toile à
fond désormais stable
et qui ne pourra que
tomber pour fai:
place à d'autres décors
; c’est presque déjà,
com
me après Lou:
grand novateur, une
scolastique stérile.
Quelques détails nov
.
Veaux qui sans dou
te ne
sont point sans int
érêt
pour l’histoire des faits scientifique
s. Mais rien qui import
é vraimen:
à l’histoire de la pen
sée scientifique, notre
unique objet.
Nous ne devons avoir éga
rd qu'à ses renouvelleme
nts.
. My aplusencore. De Pyt
hagore qui marquerait
detoute évidence
tm de ces renouvelleme
nts si nous devions nou
s fier à sa legend...
‘Rous verrons, et nous
disons dès maintenant
Les débuis de la théorie physique chez les Joniens.
Avec une très grande sagacité, M. Rivaud (1) a fait ressortir
vec
science, en particulier de la science
tout
Inu ce que les débuts de la
ière
—
>
“ite
d'uner et
pa colas d'espore, et, d'autre part l'essor de
:na
I etkkumetitzuh
el bien en Orient qu’aut
concept
de
| nous
matière
RIGHE
our de Thalés —,
à la pensée mythique. Il a, ce faisant, condensé et
de
i devuiont
qui s'est fait à Ja fois
m is au point tout un immense travail
a
SÉ dans la science des religions, l’histoire de la philosophie, et la
ans.
ls. sgetategte depuis plus de cinquante
igi
i
i
h
avait
ôté des origines de la science hellénique
on avait trop La rues
l bey d'être mis en relief car» des
aed sei mp
is
sì
dere les premières « opinions
un de nos premiers Lémoin
s. si sa polémique vise
ceux qu'on a appelés
ses
disciples : Parménide et Zénon. Voi
là vraiment alors, pou
r la date, et
pour la pensée, le com
mencement d’une nou
velle époque de la
science, marquée & la fois
par les spéculations pyt
hagoriciennes
et la dialectique éléatique.
Chronologiquement donc,
et logiquement, Anaximène
la période ouverte, ave
c Tha
période où, après les pre
ferme
lès et la civilisation ion
ienne, la
ssentiments de l’Orient
, pressentiments
quì ne se réalisent pas par
ce que la pensée se dévelo
ppe en une
tout autre direction
de sagesse morale et
he ;
t pour elles-mémes, soit dans des monograp
la doctrine.
Xénophane, au point de
vue de l’histoire des Scie
nces, a bien
l'ait de continuer pour
la physique les traditio
ns ioniennes. 1!
graphie, qu'à travers
93
LES DÉBUTS DE LA SCIENCE HELLÉNIQUE
FERENCES
il brode sur le méme thé
religieuse, qu'elle soit.
mystique ou rationnelle,
s'éveille dans sa premiè
re forme noire
esprit scientifique. Apr
ès la longue gestation
orientale confuse
et cachée, nous voyons
en lonie, en moins d'u
n siècle (le vie),
la naissance et l’e
nfance de la science occ
identale, Et dans l'en
fant, il y a déjà l'indica
tion netle dcs traits qu'
accentueront la
jeunesse el l'âge mor.
a so ua
stu rarement, dans leurs suites, et le ea
en a
y
fau
ne
il
que,
idéologi
et
que
dialecti
end
h i sacrifier les autres. Il y a dans les théories de Ihalı mini
spia et d’Anaximéne, une succession, une ._ di pd
a Vinstar des mythologies, une eidéogorite.
an théorie tout court. Et c'est cela qui cp saltato tole
Les origines de l’activité scientifique sont,
bie
| die
plexes et autant que nous avons pu le déméler, et a Fran
en dit, en face du mythe il faut tenir compte d'a u
A:
La mathématique cia
techie ues et des besoins.
A
pe
e
evet
5
où
technique
une
bene une technique. Mais
su
la
curiosité du suje
t de la
technique.
La régle, à op
ne
mnt n
ie ble lus absorber toute la capacité de l'esprit.
= oie
(m
a”
ala formuler de façon plus précise et mieux S| „gorir
tant
chaldéenne) ; on cherche aussi è la peg per
soit peu du cas isolé, du cas d'espèce qui si Sii
gangue {Egypte). La gemme sc sépare, — hi
— de ea matrice. Mais enfin olle tend à s'en n
sh
recherche du comment et du pourquoi, insépara ey
squid
Dans tout cola un élevage nouveau se fait ans e =
RE
distinctions abstraites de nos modernes théories
sance. Le comment n'est jamais que le commencemen
1) Ouvr. cit.
Pagina 44
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)dépasse
pnlation sans plus, de la spéculation inutile,
désintéressée,
quoi. Et il n'est satisfait complètement que lorsqu’on a répond: € È ordre
au pourquoi.
|
A partir de la, la satisfaction n'est plus d’ ordre utilitaire. L’ordr.
nouveau où elle se situe se superpose à celui-là comme s’y super.
pose dans un autre plan l'ordre de la satisfaction esthéti
que or
l'ordre du jeu. Au fond les grands efforts scientifiques sont con.
temporains des grandes civilisations artistiques, et leur apogér
suit en général à quelque distance l'apogée de ces dernières.
Le savoir pour le savoir, l’acte pour l'acte et le rêve pris décidément comme rêve, ou le jeu, l'art pour l'art, naissent et se
développent en même temps. Et dans le complexe d’où sort
petit à petit la science, il ne faut avoir garde d'oublier à
côté
de la technique, à côté surtout des progrès de la technique,
: le sentiment esthétique et l’essor du rêve parallèle à celui d'une
certaine libération envers toutes les contraintes, physiques, politiques et morales.
Et c'est peut-être cette dernière condition qui, autant que
nous pouvons l'augurer, a seule manqué à l'Orient dans
toute
sa plénitude, et s’est trouvée réalisée A côté de toutes les autres
en Jonie.
Ici le loisir et la liberté ouvrent pour la première fois pleine
carrière à la curiosité. La curiosité devient un besoin qui commande aussi impérieusement, chez certains plus impérieusement
peut-être, que les autres. Il faut qu'il soit obéi et satisfait : c'est
la science.
A ce point de vue, les premiéres théories du monde sont, vraiment l'origine de la science au sens complet et actuel du mot.
C'est là que nous la voyons, plus que dans les quelques recherches
justificatives de certaines techniques de mesures, plus que dans
les premier essais de théorie géométrique, si vraiment on
peut les rapporter à Thalès. Et pourquoi pas ? N’en avonsnous pas vu poindre des germes deux ou trois fois dans le papyrus
de Rhind, deux ou trois fois dans les découvertes de la Chaldée ou de la Chine. N’entendons-nous pas résonner à notre
oreille le mot de l'Empereur chinois devant le réponse de son
astronome, son frère, qui lui parle des propriétés du triangle 3,
4et5:4« C'est merveilleux. » C'est merveilleux, acclamation
devant une questi:on
un comment auquel on vient de satisfaire
par un humble pourquoi. Acte de curiosité à l’occasion d'une
technique certes, mais qui la transcende et veut la transcender.
Thalès essaie de faire sortir le monde de l’eau. Anaximandre
nous donne une
explication, de toutes
choses,
en projetant
la machine-roue sur le monde : première manifestation en cet
[PRES
EEE:
ialisme historique et qui de suite le
s'en gerde
s’achéve en elle,Toutet cela
feuillage quicom
5 po
¢ est
fruit.
sa vie propre, me le
aes de
Nat
a
95
x
è
le dira leur grand héritier Aristote, d'autant plus
c'est d'un mot la Science.
: xcellente C'est une théorie. iEt
s deux et trois mille ans dans tout
ces,
q ébauché ptce at pecrele », les « exigen
Ce qui+ s’est
premiers «
e
nt,
: cis, la
3 Y'Orie
a preuve » du papyrus de Rhind, les raccour
LFqnPeBI;aETERNlrIdSe:eA6 rc des ‘cas « curieux » qui permettent de déjouer par
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i une vue de l'esprit la vole longue et
« formuler » la
A
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e quand on connses côtés des Chino
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Hindous, dans la mesu
. ‘el, de ceux-ci deet des
en petits ire
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di er la méthode rème
théo oo tout cela arrive à
relativement au dans l’école d’Ionie.
.
|
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i spanowiesement,
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mais à moins Lodo
.
étrie, au sujet de laquelle nos renseigne!
es ip contestés etsicontestables, quesur celui de la phy:
= A
de la « physiologie » si
nous donnons à la quo er
qu ei eren
ant le monde. C'est làsons
m. : la nature, et part
el Te =
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quel
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1 ues observations,
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et
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o des faits — rema
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pa beaucoup de saga—on
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‘agit | de justi
Il s'agit
aANIpAesRNA:spre di on ne peut guère ee en Te wi
per
RALIA Et2Oe solid
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i rselles que concr
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ratiy onnellement, des observations de fait,‘ des obser
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Seulement ici les documents nous
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satioion :de notre
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de Saint-Sébastien, laet
TueN, deK A
qui
roue
a
de
ge
mière réalisation, l'ima
nite da resi techniqu;eset bien d'autres détails encore.
Pagina 45
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)Et ceci surtout qu'elle serait contemporaine des premiers essais
de justification et d'explication de certaines mesures d'arpentage ou de géodésie pratique, de certains procédés de construction
sur le terrain.
Mais les racines mythiques n’en sont pas moins évidentes. Et
si les autres donnent logique et précision, celles-ci donnent
l’envol, au-dessus du souci utilitaire et technique. C'est le mythe
qui de l’observation d’un fait particulier pousse l'esprit —
et d'un seul coup, comme Icare— à s’enlever jusqu'aux astres.
Car le mythe s'est toujours lié à eux. C'est en lui encore
qu’éclot l'aspiration à l'explication totale et aux derniers pourquoi.
Et il retrouve de suite, chez ce peuple de marins, des éléments techniques avec quoi il se fond, car l'art nautique est
chose d'importance première et quotidienne, et il a besoin
lui aussi de regarder le ciel, les météores et les mouvements des
astres.
Enfin le monde qu'on nous dessine est harmonieux, fait de
proportions dont les mythes, les symboles magiques ou religieux fournissent les éléments sans doute, mais qu'on transpose
évidemment dans le monde du rêve et de l'art, C'est une théorie
logique élevée sur quelques faits ingénieusement rapprochés que
la théorie d’Anaximandre. C'est une réponse aux questions cachées au fond du mythe. C'est aussi un rêve et une œuvre d'art.
C'est enfin l’acte d’une pensée qui aspire à être elle-même, en
indépendance et en liberté.
(A suivre.)
Le Gérant : Jean Maanais.
Poltiere, — Société Française d'Imprimerie, — 1930.
Pagina 46
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)par M. Abel REY,
Professeur à la Sorbonne.
VIII
Pythagore etles Pythagoriciens.
Dans un vieux manuel d'histoire de France, on lisait : « Pharamond fut le premier roi de France. On n'est pas très sûr qu'il
ait existé, Quoiqu'il en soit, son fils Chilpéric lui succéda. »
C'est ce qu'on pourrait dire de Pythagore et des Pythagoriviens. Le premier ne nous est connu qu’à travers la légende, et
sous la légende qu'y a-t-il ? Nous ne pouvons que le soupçonner : tout au plus le fondateur d'une règle de vie mystique, si
celle-ci n’est pas un lointain héritage, un très lointain afflux.
Il n'intéresse en aucune façon l'histoire des sciences.
Mais il y a eu les Pythagoriciens, et parmi eux, à côté des
acousmatiques, ceux qu'on a appelés les mathématiciens. Il y
» dela mathématiquedèsle ve siècle, et au rv? siècle, arithmétique,
théorie des nombres et géométrie, sont vraiment constituées. Voilà
alors qui intéresse notre objet au premier chef. Car si l’on en
excepte tous les doutes qu'on peut avoir sur Thalès, c'est l’entrée
en scène, indubitable cette fois, de la Géométrie grecque. Et
c'est une époque capitale de l’histoire des sciences.
Cette entrée en scène s'annonce même déjà d’assez bonne
heure au v® siècle, si nous en croyons la critique contemporaine
relative à Zénon d'Elée. Elle est presque unanime à dire que les
irguments célèbres de ce philosophe qui fleuril vers 450 (naissance : vers 489 ?) visent directement la mathématique et la
zéométrie pythagoriciennes,
une science
devenue déjà assez
‘onnue, assez traditionnelle pour qu'elle fasse l’objet d'une criique en règle.
Pagina 47
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)1. — PYTHAGORE.
i
L'école de Milet constitue dans l’histoire de la seconde époqr:
de la science, un îlot que relativement nous pouvons, avec u:
peu de bonne volonté. ne pas trop malaisément entrevoir. Mai.
à peu près au moment où les protagonistes de Ecole ont ache
-:
leurs œuvres, au moment où meurt Anaximandre, paraît à
l'extrémité opposée du monde grec de l'Occident, du côté de la
Grande Grèce, un second îlot qui, pour le moment du moins.
se laisse bien plus péniblement deviner. C'est l'école des Pythagoriciens, plus exactement les premières générations pythagoriciennes. Et si Pythagore a été lepersonnagetraditionnel que nous
représentent les histoires de la philosophie et des sciences, —ce
sur quoi elles s’accordent, — c'est à quelques années d'Anaximandre, entre lui et Anaximene (567-568), qu'il le faut dater.
Son activité couvrirait la seconde moitié du vie siècle (api
vers 540). Il aurait vécu de 582 à 500, au plus tôt, de 572 à 497
et même à 482 au plus tard. Il serait contemporain de celui que
la tradition encore donne comme fondateur de la seconde école
de la Grèce Italique, de l’éeole Eléate, Xénophane (572-492),
a l’on n’adopte pas pour ce dernier l'évaluation 620-520, ce qui
ferait Pythagore et Xénophane à peine plus jeunes qu’Anaximandre
(Certains documents en font même un contemporain de Thales). En tout cas, Héraclite dont l’éxuà est placée avec plus de
certitude vers 504) parle de Xénophane et de Pythagore au
passé. Leur influence est donc antérieure aux dernières années
du vre siècle. Burnet affirme à plusieurs reprises que Xénophane,
lui aussi, à parlé de Pythagore comme d’un mort, ce qui, contrairement à la chronologie traditionnelle reporterait ce dernier
plus haut encore. Il est plus exact de dire que Xénophane rapporte de lui une anecdote,
et naturellement
au passé: «On dit qu'un
jour, en passant devant un chien qu’on battait, il s'écria
: « Arrétez, ne le battez pas... C’est l'âme d'un ami que je reconnais
au son de sa voix !» Mais, Pythagore vivant, se serait-il exprimé
autrement ? Si Héraclite parle de lui comme dans un passé
voisin de celui d'Hésiode, tandis qu'il parle d'Hécatéede Milet, et
de Xénophane comme beaucoup plus proches de lui-même,
Aristote ou l’auteur aristotélicien de la Constitution de Samos,le
“met en relation avec Phérécyde mourant, écho de la légende
qui associe les deux soi-disant fondateurs du mythe de la métempsychose. Un texte incertain et contesté de la Mélaphysique a
Pair de considérer que sa vieillesse fut contemporaine de la
165
LES DÉBUTS DE LA SCIENCE HELLÉNIQUE
peu antérieur à Par-e
son, probablement de ve
’
siècle) (1) ou mêm
;
in du ne et coomencement du
jennesse
contemporain, Toutes ces dates— bien plus incertaines
soft
sé cennologie des physiologues s—adm
encore que celles de la chro
ise:
avon
nous
autour de celle que
de Len
treraient tout vie
siècle.
ili
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Pythagoret,nêtre
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. faudrait, avan
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tence même, de son rôlece dans
sir, sinon de son exis
m eest
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de plus en plus de Pythagorsu
sciences. ll paraît bien
e,
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ne mentionn ique, que pour protester conans2
ment nul. Et nouspens
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cette histoire dela
e
ur devenues un dogme onnouSt
une légende et une erre
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s
sans
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veme
niti
défi
pour nous efforcer de l'écatrter
historique.
illusion d’ailleurs. Rien n’es plus hanes que l’erreur
e.
dont elle soit plus près, qu'un dogmord
vécu à Baron, U
fils de Mnésarquee,4 aCrod’ab
an Pythagore, nde
tone un groupe, le die
Gréce, form
‘en
émigre en Gra
a
de Cylon et d mato ee e een
ciples, mais s’attire l'inimitiéx hom
;
éclat
te
émeu
ces deu mes, une
gation sans doute dePyth
È
qui
en
er
dang
au
agore échappe
Jes disciples, mais
ponte. Les honneurs qui lui ns
Méta
Crotone et va s’établir 4sans
ignaer®
doute 5 entendre des àtemo
rendus en Italie doivtentà Crot
apon
é
o
et
ode,
one avant l'ex
de respect qu'il reçu
cette ville, on perd sal a
ensuite. A partir de son arrivéededans
que durée et il est vraisem
quel
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mais il a dú y faire un séjo
|
y (2), cerqu>ee7
M. Isidores Lév
d'aprésnous
réduit,nts
pe se doc
Poildédua ire
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‘il y est mort. »
peut
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Dee
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ns-nous penser
fait dubitative. Et que
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eux-mêmes : « Aucuneppedeset donn
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textes, depuis Speusi
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ique el ce qui subsiste des
Platon) ne résiste à la crit
dec ones )
liciens se réduità peu
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et
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préaristotélicie premiers info
Pyt agure
de
re
figu
la
,
eurs
« Déjà, chez nos ent engagée rmat
cont
dans le mythe ou le e { ).
apparatt profondém
nde de Pyihagore,
(1) Sur tout ceci cl. Isidore Lévy : Les sources de la tége
e tout entier l'admirable critique de la documenl'ouvrag
danstena
(3) id. Cf.main
nt n'est plus à refaire.
tation, qui
(4) Id., p. 6
Pagina 48
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)De cette documentatijon ténue ilr
essort que
167
LENIQUE
LES DEBUTS DE bA SCIENCE HELsiè
cle que nous pou-
.
mme n'a rien es più.
ESTA «A es plus contradictoire, — l'ho
en TU
P
ienccheze Ferlui, ah
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t chercher la transition de Ja science inni ik Pm i
Te
contemporaine
i
de Platon ou qui lui est immédiatement ant:
rieure.
Si Pythagore a existé,
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iste, il est un des hommes du
omenreligious qui marque en Grèce le vi® siècle oe pod
pe oe FOR n religieuses très nettes des physiolo sa de
mere om ane. La légende de son entrevue see Phé N
e Lei ole. Dès la fin du vie siècle et dans t El
han qu on le raille, comme le font d'abord Xéno fa
ol pa . e pa bien l’attitude de « philosophes » dédaigne î
e Lin : et e leurs « traficants », à l'égard d'un initiateur
religiey bo> ou qu on ait pour lui respectfondate
ou ent
fo.
d'unewere
ur bom
pori lea7“i e; c est toujours au
sprona e de l’orphisme (Hérodote) que s’adress ni
(Haredote, Xmuanges. Il enseigne le dogme de la métem n
miei EN à ophane) et de l'immortalité de l'âme ; Fi Sing
aca eeedes peri Il se souvient de ses existences a e
Fr pn e e ce e desautres. Ilest enrapportavec les die
rn Karen t il sera une incarnation d’Apollon h Der
eat de tx Vino a genre de vie ascétique qui n’est pas très loi.
gale A! Tp que ni de certains rites étrangers (orientau :
rm ee Te Platon appelle la vie pythagoricienne La
rent dont qu'il exercera beaucoup plus tard sera ee
un N e (le ‚neo-pythagorisme).
re
Pen
on , 11 semble avoir conçu et répandu une doctrin
toes Haanexpiation, de purification reposant sur l’exi :
u e et l'immortalité de l'âme, les chätime he
la n pen es posthumes, toute proche en somme des on i
siècle et se bl bai bo oie na her ace dense
; la Rome smpériale
e
Au
atti
exandrie, passeront d'Asie-Mineure
i
aivat la! en
d’ancienne époque ne fait la
neun.
e pretendues découvertes scientifiques, ni
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gnement de la mathématique ou de | a phy-
LI
des documents du ıv®
« Ce n'est qu e par r les conventicules qui pratiquaient l’existattiré l’attention
sons nous représente
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l'h ente et de Crotone, Lysis, Philolaos, plus tard à Lyshytisas,et PhiTar èbes et de Phigonte qui ont été rattachés (qui fut en
tone le culte du
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plus ancien
Spee d'un opuscule attribPluéatonà Phiorloltaosen, publia le iqu
cuêtr osé systématique qui nous soit connu des chimérore nees spé
parait
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lat voir occupé (2). »
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hie.
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n entendue. Tout de méme,
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nce
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taimétchquan'uceneté con
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de hagore. Il(3)sai. »t L'a
beaucoup de choses qu'il a trouvées stdanuns
un fragment d’Heraclite.
de Pytits des autres et revendiquées pour jui-même.bieC'e
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art (une sciencvu
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Les sources de ta légende de Pylhagore, p- 6.
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3\ R. P. 31 a. D ; 129. Trad. Burnet
Pagina 49
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pu+0 reie wa; catsuctioa n des figures du cosmos [i
segrégniuOn a done cultivé les
-
Liars ste].
s [les polyèdres
lui, Anaxagore de Clazoméne (né
mn
N « Aprèàsaa
ces quelques mots, dont + suite.en
nen
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e s'iuensèdure
Pythagorati
e
"no un chaînon.
tgmeri nt psen'eudostons asabsetolule menfra
birio don La08)amernoutino
s s,neditsavSuid
- pr
ent rien. ll
onné nulle part ailleurs.
(1) Tannery, La géométrie grecque, p. 67
169
E
LES DÉBUTS DE LA SCIENCE HELLENIQU
s {a chronologie
tinue la série (elun.ed’agéprè
nérationseulement
Mais Pythagore con
alèsimapandrre). On lui attribue deux
Th
de
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ie,
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lad,secleondcou-e,
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es.
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enin construction des polyèdres réguliers est, au verrons qu'ils
de onla géciromcapétlatrieonid'Ecieuclnneide;,Ceetquínousnous fail meciettns,re
rosonnnt emd'iennvet nti
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en__ savants de la fin du v* siècle ou du rve,—ont ifiques. Proclus
ent
nceès.s scileur tradition. C'est
leun rslongcontenaimpssa
s touvretes
à utpeaquprèe sui
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ne pe de l'Ecole, so,nbieécole. L’assertis onapr n'a pas plus rèdemevalaveurec
celle celle du sacrifice, après la découverte du théoque de lui
que Pythagore n’a probablement d'autre rapport
uel
leq
avoir donné son nom. rien tirer de certain du texte, sinon que
s donc ubitablement faux.
Nous nemoipotiéuvon
est ind
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a
de
Burnet œuvre des mathématiciens pythagoriciens
et
resduteve desièclel', il cherche ce qui conserve un cachet d'ausrchpouaisrrimeons
tèrifie,catnoion (xéDuporc)
cri
ce
de
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Aborl'a
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à Pyt
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d l’itrodéeisd'uvienes : théorétique, pratique
e d’aorie des
oph
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don
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parapolalauscistiencquee et. « La plus grande des purifications estle vradoincphilaet ence désintéressée eb c'est l’homme qui s'y voue, la roue des
sci
ent àdélVaivrppéuidede cette vue
icacem
s’e. »stNoleuspluraps eff
e,ncequi
oph
Jos
ns II, 9) d’après Sosirio
naissa nos us(1)rap Diogproènche
(VIculanes (V, 3, 8) sur
rce
Laë
e
queet qu’a traduit Cicéron dans les Tus
cecrate,
r lástosel'amomi radellaetSagleesssaveant». Pa. Ari
e, de«
losoph
érioripoténtduentphi
la sup
ur le premier à étendre l'étude
re le Pyréfthormagate
ferait le
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(2). Da
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lé à ladespyranomimbdere,senleslesfig
assleimi
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ent
rés
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cetetelevoicare,ré,illeaurtrait
e,D'où Eurytos aurait ensuite au
qu des cailloux ouiangdeslepoi, cub
nts
par siècle déduit le nombre de. toutes les figures, c'est-e.à-dPairertandet
rv®
exemribpluere aitdu àchePyvalthagetordee l’la hodismmtinction des
,et pa(3)r att
ses
cho
tes
tou
de 14, Burn
xéne nous rappor
, p. 109.
1) Burnet, op. cil.
s plus loin la valeur de ce texte.
verp.ron119 sq.
Nouscit.,
Pagina 50
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)REVUE DES COURS ET CONFERENCES
nombres triangulaires carrés (gnom
ons), oblongs, etc. : 4..
tétraktys, donc l'étude des sommes de
séries qui joueront ensu:.
un si grand rôle. Cette conception
suggérait naturellement 4.
problèmes géométriques sur les confi
gurations formées par |...
points, les « champs » (xópa:) délimitées
par les lignes qui Ic:
joignent (le théoréme de Pythagor
e serait une extension d.
l'étude des rapports des nombres
3, 4, 5 ?). L'existence de:
incommensurables se révèle dans ces
recherches (l'hypoténus
du triangle rectangle isocéle ou diago
nale du carré). En somme,
le contenu du Livre I d'Euclide. De
là nous passons normale.
ment aux proportions et à l'ha
rmonie,
à la fameuse découvert.
acoustique de Pythagore (dont
les récits ne tiennent pas ur
instant au point de vue scientifique),
anneaux
d’Anaximandre, au
puis, en reprenant Jes troi.
rapport
harmonique entre eux.
enfin à l'affirmation du principe
fondamental qui sous-tend
toute cette philosophie et cette scien
ce : « toutes les choses sont
nombres ». Voilà ce qu'on pourraitou
devrait attribuer4 Pythagore, à l'aide de notre critère,
en l'absence de tout. texte qui
résiste à l'examen: ce qui est le point
de départ fondamental de
toute la critique actuelle.
Mais on pourrait tout aussi bien attri
buer ces découvertes à des
intermédiaires du ve siècle, Et enfin
tout le long de l’histoire
des sciences, y compris la contempora
ine, ne trouve-t-on pas,
chez le même savant des éléments
d'esprit bien dissemblable.
Qu'on ouvre les « Principes de Desca
rtes », ceux de Newton, les
« Papers » de Faraday, etc., Ja
critique de
Burnet immédiate.
ment attribuerait à des époques
très différentes des vues originales de l’un ou de l'autre.
Ce qu'on nous rapporte d’Eurytos et que nous venons de rappe
ler, d’Eurytos qui n'est pas
du tout donné comme un excentriqu
sophe éminent de l’école, le prouve
e, mais comme un philoassez. De même, les excès du
néo-pythagorisme, contemporain de
la mathématique alexanne.
Ajoutons enfin, en dernière analyse,
que l'œuvre de Pythagore,
même réduite à ces éléments archa
ïques, en face de celles
de
Xénophane, d'Anaximène et d’Heraclit
e, nous paraitrait vraiment démesurée,
de
moins
et s’allier bien mal & ce que la
légende
contestable
au personnage. Un
préte
pareil inventeur
aurait laissé des souvenirs plus
précis parmi les contemporains
et les successeurs immédiats, puisq
u'aussi bien ils en auraient
regu presque toute la géomé
trie. Aurait-on attendu
les successeurs de Platon, —c'est-à-dir
e sans
— et surtout le Néo-Pythagorisme
doute qu'elle fût constituée,
, pour lui en rendre honneur ?
1 71
.
nde des secrets de la secte
qu'il y a la lége
savoi ns bien
Vous
x) dont nous
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(xovoparà)
ecrets et archi-secrets
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à Aristote, ne contiennent que les
“i Mais!Se te peritéremonte
de Pythagore, á ses prescriptions religieuses
me avons
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divin
anita révélés aux
seuls initiés.
ême aux « acousmaront. mém
ici
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vrai que ceux-ci auraient à la suite
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E tu"5 10 sens des symboles. Il n'en resta pas nona que fo
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au soins de la symbolique secrète de l'école. Le
sont ces symboles qu’Hippasos aurait, en hérétiqun:
ce divulgués, prouve qu'ils
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, TUE guère arguer du secre ilieu
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du ve siècle. Nous dirons pour
eu duspet ; car l'œuvre de Zénon se
notre compte : au milinie
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tiques jusqu’à la fin, o
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oer la epéoulation au souci des applications pratiques,
Pagina 51
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)du moraliste auquel remontait l'institution de la société de:
sages vertueux, dont les fragments des 'Aropéouc nous révèlent
l'austère doctrine (1) ».
« Contemporain (2) et ami d'Aristoxéne, Dicéarque voit comme
lui en Pythagore un mattre de la pensée abstraite : il considère
que la doctrine de Platon est empruntée partie à Socrate et partie à Pythagore. »
Timée et les biographes du nie siècle nous donnent de même
une biographie rationaliste.
Mais ces biographes, outre qu’elles ne nous renseignent à per:
près en rien sur Pythagore savant, ont précisément des intentions rationalistes si manifestes qu'elles ne peuvent porter ti.
moignage, — si longtemps après d'ailleurs, et sans que rien ne le:
fasse auparavant prévoir, ni chez Platon, ni même chez Aristote
— contre
, le caractère légendaire des renseignements antérieurs. Elles nous font songer à la vie de Jésus de Strauss ou de
Renan, à des gens qui, de parti pris, ont voulu restituer un
Pythagore historique et non légendaire en épurant ou laîcisant la tradition, un Pythagore humain et non divin.
Il nous faut conclure et la chose n’est point facile.
Il est impossible de séparer Pythagore de la légende sinon
du mythe.
La liegende se rapporte surtout è un créateur de règles
et de symboles religieuet
x moraux. Si Pythagore a existé, ce qui
est probable d’après les textes d'Héraclite et de Xénophane, il
ne ressemble en rien, à coup sûr, au Pythagore géomètre. Peutêtre disciple d'Anaximandre, professa-t-il la physique ionienne.
et apporta-t-il de Samoscette science en Italie, où les sectateurs
de son enseignement, bientôt de son culte.la développérent. Surtout il initia à la « vie pythagorienne ». Et c'est dans les communautés pythagoriciennes,
car la règle y fut communiste, dans
la vie certainement austère, élevée et toute de pensée abstraite,
qu'on y menait,
que fut cultivée la mathématique, — à partir
des rudiments que la sagesse ionique avait appris et dégagés
de la sagesse orientale et égyptienne, en poussant déjà
vers
l’abstraction.
Pythagore, s’il a joué un rôle plus historique qu'Orph
ée, dans
la fondation de la viepythagoricienne et s’il vient entre Anaximandre et Héraclite, a pu, pro parte, contribuer à cette
culture
et à ce développement dont il aurait de Samos apporté
les prémisses. Mais nous ne pouvons autrement définir
et préciser ce
(1) Isidore Lévy, op cil.,
(2) Hd., 49.
LES DEBUTS DE LA SCIENCE HELLÉNIQUE
REVUE DES COURS ET CONFERENCES
0
ttendre les hommes qui « fleurirent »au vesiècle,
trouver
T'en ta pour
vie déjà, en cal
pro Petre a ie fin du
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nature,ds
développements de la physique et des sciences detif,la une
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comme
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la médec
corps
qui prend
nomie qui devient scientifique, une géométrie
de la science, ce sera
dans la mathématique. Ce nouvel aspect
si l'on veut celui de la jeunesse de la civilisation grecque, sortie
isolément des premiers pourquoi posés par son enfance.
2. — LES PREMIERS PYTHAGORICIENS.
Nos conclusions peuvent donchere croyons-nOUS, assez net Les,
agoriciens.
thagore et les
nnage légend'un persotrop
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qu'on puisse y faire la part du feu quideslaestlégen
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fumée.
à un héros
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qui a frayé une route de vie. D'ailleurs sation homérique
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la primitive Ecole
Le vi® siècle, tous ceux qui se nei
de vue scientifique, l'apogée.
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occupés de la pensé grecque l’ont noté, marque une du
mythe
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peut-être commencé dès le vı1® siècle.
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Xénophane et Hécatée, jusqu'à cette époque que nous
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L'Orphisme et le Pythagorisme, s'ils doive
se greffer eur le prement, distingués, car le second semble bien
asiatique a’ Adonis,
culte
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mier, le culte thrac
elle à côté de la relile culte Eleusiaque et son admission offici
ions de cette revi
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gion de la cité à Athènes, sont fin
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siècle
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viscence. Mais il y a eu
Ceci est hors
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de doute. Et c'est d'eux qu'Aristote nous parle
tée où il nomme Pyt =; re
ainsi que Platon, la seule fois excepell
e, attention. E le a
à notre
moraliste. Or cette secte s'impose,
|
iécles de la pensée grecque.
? Comment estoire
l’hist
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de sciences, car
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p. 44
ee
elle constituée ? A
Pagina 52
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)elle s’en est certainement occupée. C'est là toutnotre problème
Que l’école pythagoricienne ait été constituée, avec un bagas
scientifique déjà assez considérable à la fin du vesiècle, c'est in.
contestable. Toute l’œuvre de Platon, qui s’y rattache souver:
nommément, en témoigne. Quelles que soient les obscurités qu
entourent l'existence du grand philosaphe de l’école, Philolao»
on ne peut mettre sérieusement en doute qu'il soit de la génér:.
tion d’avant Platon. L'œuvre de Démocrite qui s’est poursuivi.
au temps de Platon,et qu'on a rattachée en Grèce assez souven:
au Pythagorisme, en tout cas qui a été, autant que nous en por:
vons juger, un grand édifice scientifique, à mettre peut-être :
côté de celui d’Aristote, a été commencée sans doute à la fin
du v® siècle.
Mais auparavant
? Là encore, nous commençons, dès que nous
examinons les choses de près, avec le souci de prouver et d’authentifier dates et choses, à être sérieusement troublés. À mesure
qu'on lesscrute, il semble que, pour tout ce qui est antérieur à
Platon dans l’histoire des idées scientifiques (et même dans 1'histoire des idées philosophiques: qu'on songe à la personnalité de
Socrate elle-même) le miracle grec s’enveloppe de brumes de
plus en plus épaisses.
Les critiques les plus avertis, comme M. Isidore Lévy, au
cours des deux ouvrages que nous avons cités, concluent sans
tergiverser que l'essor scientifique hellène, et la plus grande
partie des connaissances attribuées à Pythagore et àson école,
l'effort démonstratif en tout cas datent de cette fin du ve siècle.
D'autres nous renvoient même plus bas encore, à l'époque platonicienne, à la première moitié du ıv®. Tenons-nous-en à la conclusion de M. Lévy, car nous venons de voir qu'il semble bien
qu'on ne puisse sérieusement révoquer en doute une puissante
création mathématique dès la fin du siècle précédent. Devonsnous accepter cette conclusion, sans plus, car elle a une très
bonne raison : l'obscurité à peu près impénétrable de tout ce
qui précède. Au mieux, si nous pouvions dire qu'il y a eu quelque
chose, avantnous ne pourrions déterminer ce que c'est. Alors ne
vaut-il pas mieux jeter le manche après la cognée et tenir ferme
le bon bout de la fin du ve siècle et du Périplatonisme ?
Sagesse, peut-être faite surtout d’ignorance et de scepticisme
hypercritique, maïs sagesse tout de même. Elle a pour elle le
très gros argument que le vi® siècle fut une époque religieuse
mystique, et non pas une époque scientifique, et qu'il faut
attendre la fin du ve pour qu'on poisse vraiment tirer la leçon
d'un retour à la saine raison, à l'esprit d'observation, ala pondé-
175
LES DÉBUTS DE LA SCIENCE HELLÉNIQUE
reuse réacla maturité du jugement, aprés la vigou
iste du mot, et
i
(auistisensque.le |plus réal|
ste
tivi
posi
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ag
Soph
le plus terre à terre) de la
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En réalité, l’argument est moins valide qu'on ne le pourrai
euse, troublée, aed
d. L’atmosphére oragpar
croire au premier abormyst
-même, dé “A
pas,,
n'est
s
ardente des époques iquescientifique. A uneelle
condition, ¢ u
vorable à une riche moissonraît en Ionie, en Grèce
et en Grande
qu'elle laisse comme il appa e à la liberté. Le mysticis
me ne fait
Grèce, une très grande plac u'il est autoritaire, dogmatiq
ue, e
lorsq
échec à la science que n’av
et le
nom
le
de mystique que
quoi il est bien près de oirionplus
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peut
qui
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officielle, tradi
put. Avraidire, c’est unereligrès scien
une
qu
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tout
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tifiq
être dangereuse pourle prog
laquelle elle a du reste
positivité étroite, à la romaine, avec
osion des enthovsiasmes
l’&cl
Mais
le.
semb
ne
plus d’affinité qu'il
, l'esprit, d'aventure, decuriosité,
mystiques, mythiques, magiques
t favorables
imaginative ont été plutônce
d'inquiétude et de hardiesseues.
issa
Rena
la
de
Lors
aux renouveaux scientifiqt que, la liberté d'esprit restani
nt suffitale entre autres. Il suffi
regarplus
sont
ent
etne
trecrois
sante au milieu d'efforts qui s’ene,
à la
aient
s
génie
ins
certa
orabl
dés d'un œil par trop défav
bon
qu'à
faire
satis
la
ne
de
souci
et
ive
fois curiosité imaginat
t
arden
me
icis
myst
la vérité, un
escient. Un amour platonicien deion,
deux
les
(dans
son
derai
soit
de la recherche, soit d'observat eau, désirs de découverte, et de
casil faut inquiétude, soif de nouv
d'une part, et del'autre, une
courir l'aventure, siloin qu'on peut) de
sser et de justifiersa
exigence de la preuve, qui est besoinuneconfe
ité du contrôle de sol
sévér
,
foi, une certaine pondération aussi , Ces tend
ances ne sont pas
terme
au
ion,
qui bride l'imaginat
nous rencontrons toujours dans
inconciliables. Ce sont celles que
s, c'est-à-dire des plus grands
la psychologie de grands découvreur
bouillonnement mystiques
et
de
savants. Une époque d'inquiétu contrde
aire. Il n'y aurait donc rien
neleur est pas défavorable, au osité
des vi1t-vi? siècles, avec
de contradictoire à ce que la religi
pour les mouvements
rqué
le retard que nous avons déjà rema
rité et le contrôle,
matu
la
par
nt
lique
scientifiques et qui s'exp
mpagnée de cet essor scientila discipline nécessaire, se fit acco
ll peut avoir, ila, croyonsfique qui est en somme le miracle grec.Orphi
ques, Eleusiaques, et
les
nous, quelques liens avec les mirac goriciens.
La science ne peut
Pytha
surtout, d'après latradition,
ique, mais qu avec la mer |
se faire qu’en bridant la métaphysépoq
ues sont des époques phiphysique lalo sensu. Les grandes« fait coups
» avec elle et souvent
e
losophiques et où la philosophi
l’idéalisme.
de
côté
du
et
hardi
dans ce qu'elle a de plus
Pagina 53
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)Cela nous paraït d'autant moins inacceptable
Pythagorique
eut une théorie mystique de indienne. Qu “ Pi
pas
ici negliger la xéGapa, la purification par la science
« Le but de l'Orphisme et des autres Orgia était de se délivrer
de la « roue des naissances » au moyen de « purifications», généra.
lement d'un type très primitif. Ce qu'il
y eut
de neuf dans l’association fondée par Pythagore semble avoir été que, tout en admettant ces coutumes à demi sauvages, elle suggérait, en mêmx
temps, une idée plus élevée de ce qu'était réellement une « purification ». Aristoxéne nous raconte que les Pythagoricien.
usaient de la musique pour purger l’âme, comme ils usaient de
la médecine pour purger le corps, et il est clair commele jour que
la fameuse théorie aristotélicienne de la xd0apaw est dérivée
de sources pythagoriciennes. Pareilles méthodes de purification
de l'âme étaient familières aux Orgía des Corybantes, et cela
contribue à expliquer l'intérêt des Pythagoriciens pour l’harmonique. Mais il y a plus que cela. Si nous pouvons nous fier à
Héraclide, ce fut Pythagore qui, le premier, distingua les « trois
vies» dont Aristote fait usage dans son Ethique, la théorétique
la pratique, et l'apolaustique. La théorie générale de ces vies est
claire, et il est impossible de douter qu’elle ne remonte, en substance, aux débuts mêmes de l'école. En voici l'analyse. Nous
eng étrangers en ce monde ; le corps est le tombeau de
ame, el cependant nous ne devons pas chercher à nous délivrer
par le suicide, car nous sommes le troupeau de Dieu,
qui est
notre berger, et nous n'avons pas le droit de nous échapper sans
son ordre. Dans cette vie il y a trois sortes d'hommes, exactement comme il y a trois sortes de gens qui se rendent aux Jeux
Olympiques. La classe la plus basse est faite de ceux qui
viennent pour acheter et pour vendre ; celle du milieu, de ceux
qui viennent pour prendre part aux concours. Mais les meilleurs
tous sont ceux
qui
viennent
simplement pour regarder
(Bumpei»). La plus grande de toutes les purifications est done
la Science désintéressée, et c’est l'homme qui s’y voue, le vrai
philosophe, qui s'est le plus efficacement délivré de la « roue des
Naissances ». Il serait téméraire d'affirmer que Pythagore s'exprimait ‘exactement, de cette manière, mais toutes ces idées sont
ewer rm sc pythagoriciennes, et ce n'est que de cette
ee
pont
ou d'une maniére analogue que nous pouvons jeter un
sur Pabime qui sépare Pythagore, homme de science, de
Pythagore, fondateur de religion (1).»
(1) J. Burnet, L’aurore de la philosophie grecque; p. 109-110.
177
Ainsi donc, d'une façon directe, positive, qui est historiquement
invite à considérer le
déterminée, la théorie de la xé0zpas nous
en
mouvement mystique du vre siècle, et particulier fe mysticisme pythagoricien, comme une des causes possibles de l'écloil pas réalisé ?
sion scientifique. Pourquoi son effet ne se seraitpurification par la
Autre chose. Pour que la théorie de la
sciencesesoit développée, ne faut-il pas qu'on ait eu l'idée de
cette science; et l'idée de la science ne nail pas sans le fait. La
purification par la science suppose corollairement des effortse
pour connaître, et quelques résultats de ces efforis. Elle suppos
dans ces rédéjà quelque systématisation, quelque logiqueues,
et procédés
techniq
que
avoir
y
t
pourrai
sultats: sans quoil ne
de comrien
n'a
qui
tique
pragma
toute
idée
une
t
isolés; partan
mun, qui ne peut rien avoir de commun avec une doctrine de
purification par la connaissance et par le savoir, une doctrine
i wa de sens qu'avec un certaine ascétisme intellectuel,
aussi éloigné que possible de l'intérêt utilitaire des procédés
techniques.
La réalité d'une science, inspirant l'idée qu'elle est une
x&0xpaw est donc certaine. La possibilité contemporaine du mouvement mystique en tout cas dès la seconde moitié du vie siècle
n'a rien d’etrange. Reste A savoir si elle a existé à ce moment
et, sinon, à quelle époque nous pouvons la faire remonter. Reste
à savoir enfin quelle elle fût.
Ces deux questions qui n'en font qu'une, car nous ne pourrons dater qu'un corps de savoir, des connaissances scientifiques,
nous forcent à faire une enquête sur les moyens susceptibles
d’être employés pour attemdre à ces connaissances et à leur date,
au milieu des brumes opaques, et des contradictions de tons
nos documents. C'est, en dehors des historiens classiques de la
philosophie grecque, à Heiberg, à Zeuthen, à Hultsch, & Heath,
A G. Milhaud, et à Tannery, —surtout, — que nous devons quel
que clarté, une bien obscure clarté.
3. — L'IMPORTANCE DU PROBLÈME ET DES MÉTHODES,
Deux méthodes s'offrent à nous pour résoudre ce problème
historique capital. Capital, parce que si nous datons les(ceSalva
qui
sûtra d'Apastamba, comme l'a fait Bursh du v® siècle
font
t
plupar
la
que
date,
la
ons
accepli
ne veut pas dire que nous
adescendre maintenant au plus tôt vers — 200), si la mathém
siècle,
v*
du
fin
la
tique grecque date elle-même au plus tôt de
le contenu, les résultats techniques élant à peu près les mêmes
Pagina 54
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)dans la géométrie du suira et dans celle qu’on attribuait tradi.
tionnellement à Pythagore et à ses premiers disciples, il n'y
aurait plus de raison pour ne pas voir dans l’une et l’autre un
fonds commun. Sur ce fonds aurait travaillé, avec les qualités
propres de son génie, le peuple hellène tout à la fin du
ve siècle et au début du ıv® surtout, dans l'ambiance de l’idéalisme platonicien, et de la philosophie du concept. Il aurait
apporté surtout une « forme » nouvelle, — grosse de conséquences, car c'est la « forme» de notre science moderne, — à
une matière que l’Orient
aurait accumulée peu à peu, seul,
ou peut-être en commun avec la civilisation méditerranéenne,
Mais ce trésor déjà considérable et d’empirisme fort aigu,
déjà, nous serions obligés de le prendre tel quel comme un
« primum datum » historique dont nous avons essayé ailleurs
de suivre les traces fragmentaires et si controversées. Les
chances seraient même plus grandes que le suira hindou
nous apportât alors une tradition, une compilation de connaissances nécessairement plus anciennes. Il représenterait un
assez long « passé » historique que rien dans les documents
relativement plus nombreux de la civilisation grecque, dans
l'épopée et surtout dans la poésie didactique qui en aurait
dû conserver lestraces au vie siècle ou même avant, nenous laisserait le moins du monde entrevoir.
C'est donc de toute l'originalité scientifique grecque et de
l'invention des connaissances géométriques qui constituent les
fondements des« Eléments» d’Euclide qu'il s’agit. Et c'est pourquoi nous y devons tant insister.
Des deux méthodes que nous voyons pour résoudre ce grand
problème, la première seule pourrait nous donner des résultats
certains, et seule elle est vraiment critique et méthode d'érudition.
Elle consiste 4 chercher dans les documents anciens formels des
indications certaines de dates, de découvertes et d’attribution.
Malheureusement, elle ne mène pas loin. Aussi avons-nous dû
en imaginer, vaille que vaille, une autre. Et malheureusement
encore, c'est une méthode impressionniste. Il s'agit non plus
par une critique externe de textes, mais par une critiqueinterne
d'idées dans les textes qui ne concernent pas proprement notre
sujet, pour préciser, dans les textes philosophiques et dans
l'histoire de la philosophie, deviner si des allusions, des attitudes
de pensée, des systèmes même, ne permettent, pas de déterminer
ce qui a bien pu se passer au point de vue de l’histoire de la
mathématique de la fin du vie à la fin du ve siècle, si même
il s'est passé quelque chose. Si nous joignons à la théorie Pytha-
LES DÉBUTS DE LA SCIENCE HELLÉNIQUE
179
goricienne de la x*áDdapow, la philosophie Eléate, peut-être
trouverons-nous des éléments qui mériteront à ce point de vue,
d'une façon toute particulière, notre attention. C’est ce que nous
allons faire.
De très rares textes quinous rapportent, — sans autre renseigement,— deux ou trois noms de mathématiciens avant Hippocrate de Chios, Théodore de Cyrène et les temps Platoniciens,
nous ne saurions rien tirer de topique concernant, aussi bien
le Pythagorisme scientifique que l'éveil possible de la mathématique entre la seconde moitié du vit siècle et celle du ve. C'est
même cette carence qui a fait reporter le tout à la fin du ve
ou au début du ıv®. Aussi aimons-nous mieux en réserver
l'examen, quand l'étude de certaines thèses philosophiques
remontant à ces deux demi-siècles, les thèses Eléatiques, nous
auront permis une hypothèse que nous croirons pouvoir proposer comme ayant quelque plausibilité.
(A suivre.)
Pagina 55
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)part
par M. Abel REY,
Professeur à la Sorbonne,
IX
L'Eléatisme.
Devant la pauvreté des documents qui se rapportent directement au probléme dont nous cherchons la solution, force nous
est donc d'aborderles choses parle biais que nous avons imaginé,
On ne peut se faire illusion d’ailleurs sur la portée de la méthode.
Elle ne peut qu'atteindre á une hypothése assez plausible, Mais
ce serait déjà beaucoup pour tracer une courbe vraisemblable
del’évolution historique avec le très petit nombre de points de
repère à peu près solides dont nous puissions nous prévaloir.
Si Pythagore reste, malgré tout, légendaire, l’existence de Xénophane est certaine, et il nous reste de lui des fragments de toute
première importance pour l’histoire de la philosophie grecque
et de la pensée humaine. La critique chronologique lui assigne
précisément comme date de naissance la même dale qu'elle assignerait à Pythagore. Des documents anciens le donnent d’ailleurs comme pythagoricien. L'allusion qui, dans son œuvre,
vise la doctrine de Pythagore, à travers un personnage que rien
n'indique du reste comme le maître lui-même, et qui peut être
simplement de la secte, paraît infirmer ces documents — rares
au surplus. La plus grande partie de la doxographie le présente
comme le fondateur de l’Eléatisme. Et s’il est sorti dans sa jeunesse du milieu pythagoricien qüi peut être un peu plus ancien que la datation traditionnelle de Pythagore, il faut penser
qu'il a pris bientôt conscience de son originalité, voire de son
opposition à l’orthodoxie de la secte. Il apparaît comme une des
figures les plus marquées et les plus conscientes d'une pensée
Pagina 56
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)libre, à cette époque ; et c'est par là qu'il intéresse préciséme: :
notre sujet.
Laïcisation du mythe cosmogonique, recherche spontani. .
l'égard del’Univers ; premiersentiment del’objectivité dela natur.
bien qu'elle soit divinisée, plus encore qu'animée, et divini...
dans un sens panthéistique, en un mot naturalisme:
voilà ce «:
a semblé caractériser l’École ionienne, et voilà qui va ses.
bien avec ce que nous soupçonnons dela civilisation issue des cou: homériques. La secte pythagoricienne nous ramène à l'ambion. -
mythique et mystique, et elle nous a transportés en un aut:.
point de
la civilisation méditerranéenne et hellénique. C'e.!
là, c'est en grande Grèce, que la renaissance mystico-religien-.
voire magico-religieuse, va recevoir et en plein vie siècle, dan.
toute sa seconde moitié, un coup extrêmement violent, prélui.
par la thèse logique, de ceux plus violents encore que lui porte
ront les sophistes et les sceptiques. Mais son auteur est is:.
contraire d'une intransigeance dogmatique dont nous avons pr.
d’exemples aussi nets
Xénophane, comme le Pythagore samien de la légende, nu».
transporte des côtes ioniennes où il naquit (à Colophon, au nor:
d'Ephèse en Lydie),sur les rivages de la Grande Grèce et de la
Sicile. Il y vient et y voyage durant sa très longue vie qui -serait terminée vers la centième année à Elée. Tous les détail
del'existence errante de ce rhapsode sont plus ou moins dignes 4:
créance. Mais nous sommes sûrs de son existence et des traits
fondamentaux de sa doctrine.
Ces récits légendaires, ou semi-historiques
nous mettent d'silleurs en face d'un fait certain. Le centre intellectuel, le centre de
la pensée scientifique notamment, s'est déplacé vers le milieu du
vi? siècle, — sans doute à cause des malheurs de l’Ionie et. de la
conquête perse. Mais il paraît bien avoir sauté d'abord pardessusla Grèce continentale, la Béotie et l’Attique où nous serons
ramenés au v® siècle, pour se fixer dans la Grande Grèce; au
sud de l'Italie et sur les côtes siciliennes : Crotone, Tarenie.
Rhegium, Métaponte, Syracuse, Elée, Himère, voilà où fleurissent philosophes et savants. Les deux pythagoriciens archaïques
dont nous citerons les noms sont d’Himere (côte Nord de la
Sicile) et de Rhegium (Reggio en Calabre). Xénophane et Parménide sont rattachés à Elée, le dernier d'une façon tout à fait
certaine.
Mais, si le caractère dorien des populations de ces parages
a pu influencer les doctrines jusqu'à créer cet Eléatisme qui
ressemble si fort à l'architecture dorique par sa logique intran-
369
LES DEBUTS DE LA SCIENCE HELLENIQUE
sigeante et son géométrisme sévère, leurs sources n’en sont pas
moins dans la philosophie ionienne. Désormais, pour toute 1'histoire de la pensée grecque, on peut suivre la filiation, la continuité des thèmes, sous Jes additions, etles aspects entièrement
nouveaux, sous les influences larges, mais incontestables.
La physique de l'Ecole de Milet, mieux encore, l'espril et les
idées, la théorie physique des physiologues ioniens marqueront
de leurs empreintes profondes les spéculations des nouvelles
écoles. Si l'esprit dorien transforme qualitativement la pensée
philosophique, la physique ionienne reste la physique et c'est
4 partir d'elle que continue à s'élaborer la représentation sensible
du Monde — aussi bien la Pythagoricienne que 1'Eléatique.
Seulement dans l'une comme dans l’autre, elle provoque une
réaction abstraite, une pensée quisans prendre pleine conscience
d'elle-même dans la première, mais très consciemment dans la
Et c'est
seconde aboutità une opposition entre elle et le sensible.
là le signe du second âge de la pensée grecque. C'est le moment
où, comme dans la jeunesse au sortir de l'enfance, les traits se
marquent avec une outrance enthousiaste, qui persisteront
jusqu’à la fin et donneront à cette pensée l'originalité capitale
dont restera imprégnée toute notre civilisation.
Nous sommes ici, de nouveau. à un tournant décisif de l'histoire de la pensée scientifique. Il le faut marquer avec force.
L'examen de la doctrine de Xénophane, puis des doctrines éléatitiques, n’est pas seulement nécessaire pour dater l'éveil de la
mathématique. Il l'est encore plus pour dater l'essor de tout un
aspect, désormais définitif, de la pensée scientifique.
XÉNOPHANE.
Xénophane est peut-être de transition. La doxographie ne
nous permet pas de deviner son œuvre d'une façon nette. Quelques-unes de ces thèses préparent incontestablement pourtant
Parménide. Il est donc à l'origine de la nouvelle orientation de
la pensée scientifique. Jonien par sa naissance, il l’est encore par
son dialecte et par plus d’un détail de la doctrine.
Mais est-ce au contact de la pensée dorienne, est-ce par l’äpret&
? Son
que les malheurs du temps ont pu donner à son caractère
indépendance à l'égard du mythe est devenue intransigeante et
agressive. Voilà le premier apport que nous lui devons à l'histoire
de la pensée scientifique, et le plus visible,
Avec l’Ionisme celle-ci s’est évadée du mythe et de la collective observance, Mais elle en a été plutôt un développement
Pagina 57
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)10. Puisque tous, dès le commencement, ont appris
REVUE DES COURS ET CONFERENCES
aberrant : un mythe qui se laicise et s'individualise, dan. |,
jeu intelligent au terme d'une civilisation aimable et raffi»...
qui a pu aller jusqu'à devenir parfois doucement sceptiq:.
comme dans la religion homérique. Encore ne faut-il pas exager.
Chez Thalès et Anaximandre le mythe et, on le peut conjectu;..
par suite, le respect du mythe ne sont pas très loin. Ses im.
hantent leur pensée. Avec Xénophane, plus rien de cela. |..
angles arrondis dans la vieille Ionie se sont faits aigus au pi.
dorien,
La pièce maîtresse de la doctrine paraît bien être la critiyn.
négative et de la cosmogonie et de la mythologie traditionnel,
aussi bien que dela physique qui, pour avoir rationaliséle my!
en a conservé le souvenir latent. Pleine et claire conscience ».
prise d'une confiance absolue et sans limites dans l’effort d'u.
pensée individuelle qui ne veut être qu'elle-méme et se din.
uniquement par elle-méme.
De là un aspect rationaliste, une volonté logique qui n° :
jamais élé encore — et de loin — aussi assurés. Certes depuis '
début de nos études nous les avons vus poindre dans 1’Orieı
Avec l’Ionie ils sortent définitivement des techniques de dét..,;
pour se projeter sur l’idée du Tout. Mais si l'esprit s’y compl»
déjà, il n’a pas pris conscience du système et de la sévérité on :
réclame. La logique avec la science s'insinuent dans la pens».
mais, et c'est le mot qui revient constamment pour caractéri..—
les œuvres ioniennes, dès l'antiquité — avec une certaine mr!
lesse. Les voici maintenant dans touteleur ápreté. Le renouvesi
de mysticisme du vie siècle n’est peut-être pas étranger par réartion à cette conscience hostile du rationalisme, comme |.
« moi» de Fichte. Celui-ci se pose en s’opposant.
C'est un coup droit que Xénophane porte à la tradition }» pulaire et à la religion homérique. On peut d'ailleurs imagine:
ici qu'il n'est pas autant en désaccord qu'on lecroirait d’abor:
avec Je sentiment qui
a fait naître et s'épanouir Orphisme, Pythagonisme, culte des mystères. Très probablement l’aimable «
peu religieuse religion de l'Ionie et d'Homére ne devait pas —
et ne pouvait pas — suffire aux besoins religieux profonds qui.
à tout moment, reprennent leur emprise dans l’histoire des civilisations humaines, et ont proclamé par là jusqu'ici leur pr:fondeur
et leur nécessité et peut-être leur pérennité organique +"
constitutive.
Voici les fragments authentiques qui nous sont parvenus de
cette âpre critique :
ont attribué aux dieux toutes les
‘ ETREHomie et lesHésiode
hommes, sont opprobre et honte : vols,
:
1).
choses qui, chez
|
adultères et tromperies réciproques. R. P. 99.
d’acles
beaucoup
dieux
des
compte
le
sur
12. Ils ont raconté
contraires aux lois : vols, adultéres et tromperies reciproques.
. P. Jbid.
és
figurent que les dieux sont engendr
i Lara les mortelsontse des
vêtements, une voix et une forme
comme eux, et qu'ils
|
|
semblables aux leurs. R. P. 100.
15. Oui, et si les beeufs, les chevaux et les lions avaient des
mains, et si avec leurs mains ils pouvaient peindre et produire
des œuvres d’art, comme les hommes, les chevaux peindraient
les formes des dieux pareilles à celles des chevaux, les bœufs
pareilles à celles des bœufs, et ils feraient. leur corps, chacun
|
et avec lenez camus,
noirs
dieux
leurs
font
16. Les Ethiopiens
selon son espèce propre. R. P. Ibid.
les Thraces disent que les leurs ontles yeux bleus etles cheveux
ges. R. P. 100 b.
toutes choses aux hommes dés
im dieux n’ont pasenrévélé
cherchant. ceux-ci trouvent avec le
le commencement, mais
|
u
ue,
homériq
n
traditio
Mais Xénophane vise plus loin que la
temps ce qui est le meilleur. P. R. 104 b.
car il vise aussi bien les avatars de cette poussée mystique et
c'est par une définition rationnelle de Dieu débarrassée de tout
anthropomorphisme qu’il veut. remplacer aussi bien la conception
routinière que les effusions du sentiment mystique.
Il serait difficile de parler d'une façon plus rationaliste. Anatole France n’a pas exprimé autrement les pensées religieuses
du chien Riquet que ce Grec du vit siècle, celles du vulgaire contemporain. Il est impossible de dire plus clairement et plus fortement, que l’homme a créé Dieu à son image.
23. Un seul Dieu, le plus grand parmi les dicuxetles hommes,
et qui n’est pareil aux hommes ni parla forme, ni par la pensée.
R. P. 100.
°
|
|
24. Il voit tout entier, pense tout entier, et, Lout entier, entend.
R. P. 102.
25. Mais sans peine il gouverne toutes choses par la force de
son esprit. R. P. 108 b.
{1) Les numéros renvoient au numérotage de Dicls... Die Fragmente
der Vordersocratiker, trad. Burnet.
Pagina 58
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)LES DEBUTS DE LA SCIENCE RELLENIQUE
26. Et il habite toujours à la même place, sans faire le moindr:
Nous avons, pour éclaircir ces fragments de Xénophane, les
gloses des doxographes, et parmi elles un texte capital de
Simplicius dans son Commentaire à la physique d’Aristote, et
où il dit parler d'après Théophraste, le successeur immédiat
372
mouvement, et il ne lui convient pas de se porter tantôt d'un
côté, tantôt de l'autre. R. P. 110 a.
Ajoutons à ces fragments authentiques un texte célébrd’Aristote.
« Parménide semble avoir parlé de I’Un selon la raison, Melissos selon la matière ; ainsi l'un l’a dit limité, l’autre infini. Quant.
à Xénophane qui a posé l'unité (évices) avant eux (car on dil
que Parménide fut son disciple) il ne s’est en rien expliqué clairement (obêév Siscagphvev) et il ne semble avoir touché i
la nature de l'un ni d'un côté ni de l’autre (sans le dire ni fini
ni infini) ; mais seulement regardant le ciel entier, il dit que
J'Un est le Dieu. » (Aristote, Mesoph., I, 5, p. 9866) (1).
La phrase relative à Xénophane est peut-être interpelée car
les mots grecs entre parenthèses ne sont pas, comme l’a fait
constater Diels, dela langue d’Aristote. L'autorité, très diminuée, n’en reste pas moins aussi considérable que toute autre
assertion de la doxographie. Elle s'accorde tout à fait avec le
passage capital de Théophraste rapporté dans Simplicius (in.
phys., 56). La conception xénophanienne de la divinité a suscit¢
e polémiques sans nombre. Celles de Paul Tannery sont capies.
Si nous ne croyions pas que les fragments que nous venons
de citer ont, comme nous allons essayer dele montrer, une certaine importance pour dater le Pythagorisme, nous pourrions ici
passer outre. Ces fragments qui, au point de vue del’histoire de
la philosophie et de la métaphysique, ont anos yeux une importance considérable, ne semblent pas intéresser au premier
abord l’histoire des sciences. Nous croyons qu'il n'en est rien. El
c'est pourquoi il nous faut discuter.
Nous n’insisterons pas pour le moment car nous y reviendrons
avec Parménide et le plein Eléatisme — Xénophane ne pouvant
être agrégé à l'école qu'avec réserves — sur toutes les remarques
qu’appellent au point de vue de l’évolution et de la nature de la
pensée scientifique des affirmations aussi rationnelles et aussi
peu anthropomorphiques. Il y a là un facteur théorique qu’on ne
saurait ni négliger ni diminuer.
Mais, à côté de cette conséquence générale, la théologie de
notre philosophe en implique une autre bien plus particulière
el qui intéresse directement le problème que nous essayons de
résoudre.
(1) Trad. P. Tannery. Pour l'hisi. de la Sc. Hell., p. 139.
d’Aristote. Or ce texte et ces gloses s’opposent formellement
et le premier comme les secondes ne s’encadrenl. pas très bien
avec l'ensemble des fragments authentiques.
la chose est facile à régler. Prenons les princiPour les dernières
la question. Toutes proclament,
pales d’entre elles qui intéressent
de Dieu, son éternité et son
l’unicit
avec
en accord parfait
immutabilité, l'une dérivant de l’autre car là où il y a changement,
il est distinctement vu déjà par Xénophane, qu'il y a, conformément à toute la tradition postérieure, génération el destruction.
Jusque-là rien d'autre que la confirmation des fragments authentiques. Et, en gros, le texte de Simplicius-Théophraste n'y contredit pas, sauf sur l'interprétation de l’immutabilité.
Nos gloses ajoutent trois caractères à ceux par lesquels Xénophane lui-même définit le Dieu : la finitude, la forme sphérique
et l’incorporation dans l'univers, c'est-à-dire l'identité avec
l'Univers. Le texte de Simplicius les nie. Mais la probable inà l'heure
terpolation dans la citation d'Arislote rapportée tout
sphère
éirela
bien
parait
ciel
du
voûte
la
car
les confirmerait,
immobile en question qui gouverne — et enveloppe —
tout.
Or toutes ces gloses par l'identité des Lermes mêmes qu'elles :
emploient, proclament par là leur source unique. Même si, comme
le veut P. Tannery, cette sourceestici Théophraste quiest en effet
à l’origine de la plus grande partie de la doxographie, — surtout pour la physique — mais, et surtout ailleurs, avec des additions d’autres origines, on peut dénoncer, croyons-nous, la source
du malentendu, sans grand risque d'erreur. Forts de la tradition
qui fait de Xénophane le fondateur de l'Eléatisme, le maitre de
Parménide, les commentateurs ont attribué au prétendu maître
la doctrine — incontestable —du disciple, et la doctrinede toute
l’école — sauf de Mélissos sur la question de l’infinitude.
Nouspouvonsdoncrejeter hardiment avec l'interpolation du Lexte
de la Métaphysique, due à la même cause, tout ce qui a trait à
la limitation, la sphéricité, l’incorporation à la voûte céleste (à
l'Univers) du Dieu de Xénophane, dansla doxographie. Le reste
vient à l’appui de notre interprétation des fragments, et (fr.)
de leur inspiration rationnelle uniquement rationnelle, malgré le
qui subsistent encore : rationalisation qui
vague et l'imprécision
est l’élément. par lequel la doctrine prélude à celle de Parménide
Pagina 59
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)en y joignant la doctrine de l’un qui fait corps du reste aver
cette rationalisation.
Mais reporlons—nous aux documents eux-mêmes :
4. PHILOSOPHUMENA, 14 (2). Il dit que rien ne se produit, ni
ne se détruit, ni ne se meut ; que l'univers est un et en dehors
du changement. Que le Dieu est éternel, unique, semblable d.
toutes parts, limité, sphérique, doué de sentiment dans toute:
ses parties.
5. Ps. PLUT (Strom., 4). — Xénophane de Colophon entran!
dans une voie particulière s'écarta de tous les précédents «:
n'admit ni genèse ni destruction. L'univers, dit-il, est toujours
semblable ; car s’il eût été produit il eût fallu qu'auparavant
il ne fût pas ; or, ce quin’est pas ne peut ni être produil, ni
rien faire, ni contribuer à rien produire. Il affirme que les sens
sont trompeurs et, en même temps, il ébranle aussi l'autorité
de Ja raison.
7. Gatien (Hisi. phil.). — 7. Parmi ceux qui appartiennent à
la secte intermédiaire, Xénophane a des doutes sur toutes choses.
sauf qu'il pose pour dogme que l'Univers est un et que c'est
le Dieu qui est limité, raisonnable, immuable (Cf. Sext. Emp.,
I, 225). L'univers est un et le Dieu est incorporé à l'univers ; il
est sphérique, impassible, immuable, raisonnable.
8. Cicéron {Lucullus, 37). — Xénophane, un peu plus ancien
(qu’Anaxagore), dit que tout estun, immuable, que c'est le dieu.
9. THEODORET, IV, 5. — Xénophane, fils d’Orthoméne, de
Colophon, chef de la secte éléatique, dit que l'univers est un.
sphérique, limité, nen engendré, mais éternel et absolument
immobile {1).
Dirons-nous avec Paul Tanery maintenant quele dieu de Xenophane, contrairement à la doxographie, et à la doctrine de Parménide et de Zénon, à l’Eléatisme jusqu’à Melissos, mais en
accord avec l’Ionisme depuis Anaximandre, proclame le dieu infini. Un seul texte pourrait y conduire, un des textes de sa physique que nous étudierons plus tard avec toute la physique de la
deuxième moitié du vie siècle et de la première moitié du v°
(fr. 28). « Cette limite de la terre en haut nous la voyons à nos
pieds en contact avec l'air ; mais en bas, elle s'étend sans
limite. » On voit assez qu'il s'agit ici, avec la terre, de la physique du monde sensible, qui est absolument distincte de la
philosophie rationnelle comme ce sera la règle pour l'école éléa-
LES DEBUTS DE LA SCIENCE HELLENIQUE
375
tique ensuite. C'est le second élément qui annonce l'Eléatisme, et
avec le rationnel dont il est le complément les seuls points par
lesquels Parménide peut être rattaché à Xénophane, être
présumé avoir subi son influence, — mais ils sont capitaux.
la « terre » nous faisons appel au sensible dont
En tout cas avec
tement par tous les documents que Xénoexplici
nous savons
phane ne veut absolument point pour déterminer son dieu.
Sur ce texte allons-nous imputer à Xénophane l'infinitude
du dieu ? Et contrairement au texte où Simplicius prétend rapporter l'opinion de Théophraste ?
1. TueoPHR,, fr. 5. (simpl. inphysic.5b.). — Théophraste dit que
Xénophane de Colophon, le maitre de Parménide, suppose un
seul principe ou considère l'être tolal comme un. ni limité, ni
infini, ni en mouvemeni, ni en repos. Théophrasle convieni au reste
que la mention de cette opinion appartient plutôt. à une autre
histoire qu’à celle qui concerne la nature ; car au dire de Xénophane, cet un universel, c'est le dieu. Ji montre qu'il est unique
parce qu'il est plus puissant que lout; car s'il y a plusieurs élres,
dil-il, il faul que la puissance soil également! parlagée entre eur ;
or dieu, c'est ce qu'il y a de plus excellent el de supérieur d foul en
puissance. Ii est inengendré, parce que ce qui naíl dott naître soil
du semblable soil du dissemblable ; mais fe semblable, dit-il, ne
peui avoir ce rôle par rapport au semblable, car il n'y a pas plus
de raison pour que Tun, plutôt que Taulre. engendre ou soil enil nailrail
gendré ; si d'aulre parl l'être nuissail du dissemblable,
de ce qui n'est pas ; c'est ainsi qu'il prouve la non-généralion el
Pélernilé. L'un n’esi ni infini ni limile, parce que, d'une pari, l’infini, c'esì le non-étre, puisqu'il n'a ni commencement. ni milieu,
ni fin ; que, de l'auire, ce soni les objets en pluralilé qui se limitent
réciproquement. Il supprime de même le mouvement el le repos ;
car l'immobile c'est le non-être, qui ne devieni rien d'aulre el que
rien d'auire ne devient ; le mouvement, au contraire. appartieni à
la pluralité, car alors il y a changement de Tun en l'autre. Aussi
quand il dit que l'être reste dans le même état et ne se meut
pas {voir p. 4), il faul entendre cela non pas du repos opposé au
mouvement, mais de Tétal siable sans mouvemeni ni repos. Nicolas
de Damas, dans son traité SUR LES DIEUX, le menlionne comme
ayant dit que le principe est infini el immobile. D'après Alexandre
il Touratl dit limité et de forme sphérique. Mais on a vu clatremeni comment il prouve la non-infinítude el la non-fimitalion la
irmitation el la forme sphérique sont indiquées lorsqu'il dit que
l'être est semblable de tous côtés. H dit encore qu'il pense toutes
(1) Paul Tannery, Pour l'Hisioire de la Science helléne, p. 140 sq.
choses (voir fr. 3).
Pagina 60
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)Diels, et après lui Tannery, ont nié que Simplicius,
Théophraste. Le texte en italique eas
ici,
ait
sui
qui Papes cell
critique, n'est pas du second maître du lycée. Simplicius lau.
rait emprunté au De Melisso, Xenophane el Gorgia, attribue .
Aristote, mais qui ne peut étre que d’un péripatéticien =>
ser siècle. Il faudrait prouver que ce péripatéticien a com I
tement faussé la doctrine, et que Simplicius n'avait pas le ne >
de la rétablir, alors qu'il discute expressément les inter rile.
tions différentes: celle de Nicolas de Damas (qui serait celle 1.
Diels et Tannery, fondée sur cet uniquetexte de la doxogra hie
et celle d'Alexandre
qui reproduit l'erreur incontestable de a
celte doxographie. Le texte de la Métaphysique d'Aristote aber
l'air d'ailleurs de se rapporter à une interprétation analogue
celle de Simplicius et qui a déconcerté soit Aristote, soit Pin.
terpolateur. Il n’est vraiment pas suffisant de dire, à quelque.
années de Parménide, que l'argumentation attribuée par
Simplicius à Xénophane est trop dialectique pour être de lui Elle a
pu d’ailleurs être mise en forme dialectique, d'après les habitude.
des écoles postaristotéliciennes, sans défigurer son fond
|
Alors il nous semble, à nous, que si nous la rapprochons de
tous les fragments authentiques de Xénophane contre J’anthro.
pomorphisme et la conception accessible des dieux de la tradition, et de ceux qui annoncent la conception logique, dialectiqur
rationnelle de son Dieu, le sens peut en recevoir une certain.
clarté. Xénophane continue à attaquer la conception anthrom.
morphique de la divinité et à défendre une conception qui La
transcende, qui, par là, est au delà des appréciations humaines
au delà de ce dont l'homme est la mesure. Or les concepts fini
et infini, surtout au sens vague où était encore pris ce dernier
semble-t-il, par un contemporain d’Anaximène, par quelqu'un
qui avait pu connaître encore Anaximandre, ont dû lui apparaître
gs des concepts humains. Nous diri
: subjectifs.
ons Car l’efort de Xénophane, en tant qu'il préparele terrain à l'Eléatisme
est de s’élever à l'objectif, à ce qui est indépendant et hors de:
prises de la sensibilité humaine comme le limité ou le sanslimite, au sens encore sensible d'immensément grand et d'indéfini, de chaotique et de sans forme : « ce qui n'a ni commencement, ni milieu,
ni fin», lenon-étre. De mêmel'Etre est au delà
du mouvement et du repos, dans une sorte de stabilité logique
qui exclut ces deux qualificatifs sensibles Ala fois. Au fond Xénophane veut faire de son Dieu l’Etre que les sens n’atteignent
- pas, qui échappeal’expérience sensible, qui se pose logiquement
et rationnellement. Il veut le faire tel, par pleine conscience d'un
377
rationalisme direct et taillé à coups de serpe, peut-être, qui veut
hique
absolument dérober la divinité au réalisme anthropomorp
l'être
que
voie
celte
dans
c’est
de la tradition vulgaire. Et
mènent
le
aphes,
doxogr
les
tous
ent
qualifi
le
comme
«raisonnable»,
à la logique qui prendra ensuite toute sa rigueur el toute sa vigueur dans l'Eléatisme.
Notre interprétation se renforce encore si nous songeons aux
listes d’oppositions pythagoriciennes. — Nous y reviendrons
quand nous essaierons de reconstruire la science pythagoricienne, la science grecque au vie siècle. Pour le moment nous inqui
diquons seulement. L'un des thèmes les plus traditionnels,
ns,
oricie
pythag
s
Lhéme
les
parmi
s
ancien
plus
des
être
peut donc
Empépar
puis
te,
qui sera repris immédiatement par Héracli
ique
docle, qui aura enfin une très grande fortune dans la dialect
et
thèses
,
des
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contr
des
ition
l'oppos
par
qu'il fonde en partie
ions.
opposit
les
par
devenir
du
ation
l'explic
c'est
ses,
des antithè
La premiére opposition est celle du limité et de l’illimite, du
fini et de l'infini. au sens vague, amorphe du mol, où nous croyons
qu'il le faut prendre encore chez Xénophane. Nous ne le verrons
précisé que chez Zénon. Cette opposition quise développeen opposition de l'un et du plusieurs, del'impair et du pair, de la lumière
et de l’obscurité (que nous retrouvons dans la physique de Parle
ménide, etc.), s’allie avec cette doctrine que la première unité,
premier fini se produit au sein de l'infini qu'il entraine et « respire ». L'aspiration de cette trame infinie (rvebpa) sépare et
maintient séparées les unités finies qui s'engendrent, Or Xénophane distingue essentiellement son dieu-unité, en ce qu'il
ne peut rationnellement y avoir d’autres unités à côté de lui,
la doctrine qu'il
et en ce qu'il ne respire pas. Il signe par lui-même
é que sur la
pluralit
la
sur
bien
aussi
prend
il
dont
a en vue et
respiration le contre-pied absolu. Doctrine qu'il connait bien
Grèce
puisque c’est elle qui fleurit dans la Sicile et la Grande
nt
d'auta
t
connaî
qu'il
ne
Doctri
—
où il passe sa vie à errer.
les
que
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appelé,
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a
l
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partir,
en
pu
a
mieux qu'il
Eléates, par une bonne partie de la tradition antique, Pythago-,
ricien ; — ce que justifierait peut-être sa physique dualiste
bâtie sur les deux principes dela terre et del'humide, du solide
et du fluide ; — qui rappelle les oppositions pythagoriciennes,
ce que justifierait peut-étre encore soil d'autres à côtés de la doctrine (nous la connaissons si mal et pour si peu). soit le genre de.
vie « philosophique » qu'il a dû mener —, comme les Eléates
Mais s'il s’oppose aux thèses pythagoriciennes capitales sur
l'Un et la respiration et l'illimité, rien d'élonnant alors que son
Pagina 61
Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)ll
era ent, malgré Ta, E I
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nate. Et id (A lia pensée encore vague du Colop.|
la vigoureuse dialectique
d'Elée,- Eller ni runphatN.
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e est parfaite, au moment où elle se riv...
pra
379
E
LES DEBUTS DE LA SCIENCE HELLENIQUsiq
ue, est le
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le sensible, dom
pour les Eléates,pinion
à l'écouterait.
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et de lail n'y
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35. Consid
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ayant que celles d'entre elles qui s'offrent a la vue des mortels.
38. Toutes
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38. Si Dieu n'avai
font (1)ran. g
ils ne lele mé
ucoupntplua sl'aidour decesmetqu'tre
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les
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la physique. N’o
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la théologie
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Et il est
die autres fra
ne lai opposition à celle de l’expégments le,
ton des
par e mesure des choses (en un
nel
ion
rat
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voie desenlasibvérle. La relativité, l'h
rience cret) ne portent donc sanomms doute que sur la physique etsens con des sens. Mais, ainsi que nous le dit si joliment le dert
men
l'Univfraersgment, le doute est sans limites, et ierelativismé pleineaut
nier ent. Le domaine de l'opinion et de la fantaisie est re
consci de la raison et de la vérité.
que celui
LA NAISSANCE DE LA DIALECTIQUE.
LA CRITIQUE DU SENSIBLE ET LES DÉBUTS
DU
SCEPTICISME RELATIVISTE,
’
i
i
Cette pe gee
l'Un posé au dela du sensible, au nom dpn
C'est la ’ Le a e forcément d'une critique du sensible.
ner Tonia i re fois qu’elle apparait, puisque jus uf
tionhrnelsneauxse
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Ce s'est, pas ik u Pythagorisme, qui la continu
essaierunnourées lle Cotte
preuendred’aitoullte ecetle temomephyntsiqd’eue ndanparslerdesa, carsui
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Hatten e a impossible voir d'après nus
lligible sur
la donnée intecar
elle rejoint l’Un
le dieu qui esteenpl xx
évidemeu,
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distinction entre l'un si Faute E Nan, HS ss
comme juxtaposés sans plus. Sais cree Secs yore
sible desteslondeiens,In Xédianolecphtiqanuee
t si prèonis dee s'el'ist-magil eriéleevésenau
Commenon
oph Cod’Imment le saut a-t-il étéx por
du lan-de Colite
nalyse sée
fait ? L'a
pen
abstra a dû? jouer un grand rôle. Le langag
la
c'estdont. la philosabsogagitee devenue fixe et corporelle. cette pene sée
tra de notre héros est la pure el simple expression. teurs
phie phane applique à l'être la méthode que les oravena« Xéno t aux faits de la vie pratique. D'une thèse nucon paraappliquencho
uences, absprèurdseslequel deux
t les conséq
isie il extrai. Le
blement ell
e impose principe logique d'a
qu’traires ne peuvent coexister, fait toute la force det
doxales con
réalités son
nement. Et ce principe, des le débul, entre en confli
son rai
deaisitae
4 sBurcornetrigt,eonAurs ore
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La
y
(1)
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Tan
philosophie grecque, p. 133-134. Avec
en opinion.
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Vedi nel PDF(si apre in una nuova finestra)de chose
rse rapide — €t il lan'ycitéa pas
re un homme à la cou
it pas
sera
ne
nt plus aux jeux, —drait à la ville qu'
une
‚ne les hommes honorenée
ien
. Et il ne rev
nuité du devenir, la coexistence et la muscestion des cu i cu
ici
‚avec la tradition, qui partout représen
me
posées. Pour Ja premiere fois nous trouvons associé: ui
association qui ne se brisera plus, le changement et le no, : .
la permanence, et l'être. Et il y a bien là vraiment das :
attitude qui sacrifie aux exigences de la dialectique mais)
ait le mieux constaté de l’expérience, une révolution d n
pensée. Jusqu à ce moment, les Grecs n'avaient jamaisi hi
qu’une réalité pat étre immobile.
Le changement contin A.
pour eux la loi de toutes choses. Dans l'univers Fr N
n'avait apergu que des formes mouvantes, un instant fi
aussitôt évanouies. Et voilà que par un artifice tout ims
par l'examen plus attentif des conditions de l'expression i
bale, un sophiste les obligeait de reconnaître l’existence d’ n las
immobile : il lui avait suffi pour déplacer la notion du in
pour la fixer et l’immobiliser, de considérer les mots où la pen
s'incorpore et se cristallise. Le problème physique en est tru::-.
Alle ge quee sat ated à goncilier avec cette notion nun
el e
¢
salt
déjà
du changement
t
|
on semibardok
j iseou
sesub
l’être immobile, ; le devenirfuyant se juxtapose
mdd
i de toute la physique
(1) là le p problème cardinal
gr.
etquece» sera
i
Xénophane, ; peut-on dire, | a été conscient
de la valeur de
se
Ps ti taau moins de Ja valeur de cette pensée que le la:
e comprendre, d'analyser et de trad ina
ES les Eléates, il en a eu jusqu'á l'ivresse. Car c'est son +
ae pour elle qui chante en ses vers
x
. Mais si un homme remportait la victoire ar la rapidii:
di
= ar à Olympie, où se trouve l'enceint.
es sources de Pisa, ou en luttant
5
montrant habile au cruel pugigilat, ou à ce terrible
j j eu qu'on ay
dede srse:
] le pancrace, il deviendrait plus giorieux auxyeux
y
pelle
aux concours,
concitoyens, gagnerait une place d'honneur
,
ncours, :$
pourriture aux frais de la cité, et un présent qui s'hériterait apri»
cli Ji gut l'emportali aver ses coursiers, il obtiendrait toulere aussi
digne que moi. C
férable à la force des hommes et des chevaux.
el Mais c'est aà PAtor:
que toutes ces choses
sont
prisé
i
l
n
'
e
s
t
,
pas just
juste Ge
place:
de place
es, et il n’est pas
la force au-dessus d e notre prisé
art. Car s’il y avait
i parmii le peuple
un
|
homme habile au pugilat ou au penthatle, ou à la lutte, si
‘ si N)
1)
ivaud, Le problème du Devenir dans la philosophie grecque, p. 103-
Ri
5
381
LES DÉBUTS DE LA SCIENCE HELLENIQUE
REVUE DES COURS ET CONFERENCES
380
x gouver citoyens remportait la victoire sur les
ur cela misieuun
de ses
tite joie
ichit ses trésors (1).
ce n'est pas cela quienr
car
a,
Pis
esseurs,
vages de
bercé ses prédécles
des sens qui ont &tr
a conLes douces illusions
qui
el
nsu
ese
nle bie
mme il dédaigne
ieu
mil
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1 les dédaigne, co
u
a véc
rés au Méde. Il cré
juits & la défaite, et les a liv
e, la dure et inva créer, ou
apre, de celle quirac
June race plus rie
e ou le pays qu'elle habite
te
cet
-ce
Est
.
nte géométde compte, forgé son espriti 9 On dirait qu'il a
qui ont, en finenc
, et aux cours
il doit à la terre d’exiltal
presque consci e de ce quí
e et abanena
)
st-ce pas son lon
vò l'on chante ses verrss,qucartil n'e
ce dernier
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vise et qu'il mép
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fragment ?
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ières efféminéestyretannsan
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3. Ils ont appr
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utilité aussi longtempsora
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glorieux et vains de ifi
(2).
au nombre d'un millier,l’o
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bien peignées, exhalant deur
Aurore de la philosophie grecque. P- 132.
L'
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J.
d.
Tra
(1)
(2) Id., ibid., p. 133.
goriciens
A. Rev, .Les débuts de la science hellénique. Pythagore et les Pytha
;
uctiona-,
orienthagaleure. ÈIntlesrodFyth
nce
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