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ColociQUuE
On ARR’ ERE GS .
118
VE t crf
RECHERCHES ET TECHNIQUES
NOUVELLE HYPOTHÈSE SUR LES DODÉCAËDRES
ration ont été découvertes, pour le seul département de l'Héraull,
au cours des années 1963-1964 : nécropoles de Sauvian n° 1 et 2,
sures, Lant globales que celles concernant leurs moindres éléments
respectifs !
Ces objets se présentent certes comine des polyèdres creux, tous
constitués d'une enveloppe de bronze, dont les sommets sont équipés
de Servian, de Siran et de Pézenas. Sans parter de la fabuleuse découverte sous-marine de Rochelongue à Agde (Héraull) 1. Mais peul-être
la rareté des champs d'urnes du Centre est-elle plus apparente que
réclle. En Languedoc, la culture de la vigne est à l'origine de défoncements profonds qui affectent, par roulement, la presque totalité
tes terrains cultivés. Dans nos régions, l'élevage vxige d'immenses
paturages, ct lu culture des céréales ne demande pas de très profonds
labours. [1 faut alors attendre l'ouverture d'une sablière ou d'une
uravière pour espérer voir mettre au jour des documents se rapportant
à la période qui nous intéresse. Tel a été jadis le cas de Pougues, de
Dompierre et, en Saône-et-Loire, de Granges, ‘Tel a été tout récemment le cas d’Orval dans le département du Cher, où viennent d'être
révélées, lors de l'exploitation d'une carrière de sable, quelques incinérations encore inédites, avec céramique trés apparentée à celle de
Dompierre. Grâce à l'extréme obligeance des inventeurs, nos coliègues
Thevenon et Vannier, de Saint-Amand, nous pouvons présenter,
sans commentaire, en attendant une publication plus complète, l’urne
cinéraire et le remarquable petit vase accessoire de la sépulture la
moins endommagée par les travaux de découvert et d'exploitation
de cette sablière (fig. 6, no 1 et 2). Précisons, en terminant, que,
ainsi qu’à Dompierre, le mobilier métallique est très rare (un seul
anneau, en bronze, simple, jusqu’à présent) et que, par ailleurs,
comme à Pougues, à Granges, et sans doute à Dompierre, fa nécropole paraît se superposer à un habitat néolithique (lamelles et pointe
de flèche à ailerons et pédoncule), — P. Anauzit.
SUR
LES
NOUVELLE HYPOTHESE
DONÉCAÉDRES GALLO-RUMAINS
Les insolites dodécaédres gallo-romains ont élé généralement
découverts à l'intérieur ou à proximité d'édifices profanes, domestiques
ou publics, tels que maisons, casernes, thermes, et jamais dans les
temples. On a pourtant voulu faire de ces objets des symboles cosmiques et cultuels car bn pense que la religion, par essence irrationnelle, est un réservoir tout désigné pour ce qui paraît ou demeure
inexplicable dans fa récolte archéologique.
D'où proviennent donc les difficultés rencontrées dans Vinterprétation de ces dodécaèdres ? Avant tout de la diversité de leurs me-
1. Découvertes, bien entendu, encore à peu près inédites. Quelques informations dans des publications spécinlisées (Gailéa, t. XX, 1982, 2, p. 627) ou des
revues de vulgarisation (Attas-Histoire), décembre 1964, p. 140). Nombreux
articles dans la presse locale, dont certuins illustrés de photographies très valables: Afidi Libre (éd. de Hézlers) des 10 oct. 1963, 40 Juil, 1964, 13 et 14 août
1964, 19 et 23 novembre 1964,
149
de boules du même matériau, et dont les faces sont évidées de Lrous
circulaires de divers diamètres. Mais les dimensions changent d'un
corps à l’autre. La hauteur entre deux faces parallèles varie de
40 à #5 millimètres. J. de Saint-Venant a trouvé pour 32 exemplaires
une hauteur de 6 à # centimètres el FF. Benoît, pour celui d'Arles,
7 centimètres ! Quant aux hauteurs Lotales, c'est-à-dire y compris
les boules, elles dépassent les précédentes de 9 à 18 millimètres.
La même diversité préside aux poids. Le plus lourd dodécatdre
pèse 1.044 grammes el le plus léger 35. Le second en masse atteint
encore 430 grammes et la moyenne s'établit aulour de 143.
Pour les ouvertures, Léonard Saint-Michel a mesuré les diamètres
et estime qu'ils correspondent aux divers modules ou unités de mesure
employés au 1vt siècle après J.-C. De là à faire de nos dodécaédres
des instruments de jaugeage, l'hypothèse nous semble aventureuse :
d’une part parce que le polyèdre régulier ne permet pas de grouper
lisiblement une suite continue de diamètres progressifs sans changer
de direction, d'autre part parce qu'il n’y a point de marque ou chiffre
caractérisant ces trous sans ambiguité; enfin, puisque l'exécution
d'un dodécaédre était encore considérée jusqu’au milieu du x1x° siècle
comme une preuve d’habileté professionnelle par les ivoiriers de
Dieppe et les plombiers-zingueurs, on ne voit pas pourquoi les artisans gallo-romains auraient compliqué à souhait un simple outil de
travail,
D'ailleurs la plus grande fantaisie caraclérise ces ouvertures.
Dans lel dadécaédre leurs diamètres sont échelunnés de 6 à 32 millimètres, c'est-à-dire du simple au quintuple, mais sur celui d'Arles
ils vont de 11 à 28, Sur d’autres il n’y en a guère que de cing grandeurs
différentes (et encore fort peu puisque comprises entre 13 et 18 millimétres). Parfois on ne trouve que trois diamètres distincts pour les
12 faces : deux de 24, quatre de 16, six de 10 millimètres.
I y a donc autant de dimensions que d'ouvertures, autant de
séries diverses que d'exemplaires. Par contre une certainé règle a
tendance à sc manifester. Ce seul élément, dominant mais non systématique,
est
celui
de
deux
ouvertures
symétriquement | placées,
plus grandes que les aulres et À peu près de même diamétre. Sur
24 dodécaèdres qui ont pu permettre des mesures complètes, 10 ont
les deux plus grandes ouvertures opposées cl presque égales, tandis
que dans les autres elles ne différent que de 2 à 3 millimètres, avec
un maximum de 5.
1, Dans notre texte nous ne citons gue Jes tongs des auteurs ; on Lrouvera à
la fin du présent article, p. 168, les Litres do leurs travaux sous ta rubrique
Bibliographie.
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A ces caractérisliques géométriques, il faut ajouter un léger décor
en fonction des ouvertures et des faces pentagonales de l'objet. Il
consiste en ce que les cercles évidés sont presque toujours entourés de
s'adoncelui du + Plaisant jeu du Dodechedron de Fortune > auquel
polyédre à
un
avec
jouer
à
consistait
jeu
Ce
V.
Charles
roi
le
nait
cercles concentriques et chaque face ornée de petits cercles, centrés
d’un point, el disposés selon tes lignes directrices du pentagone,
autour du trou central. Les cercles pointés sont de 5, parfois de 1.
Sur un dodécaèdre, quatre faces ont par exemple chacune 10 cercles
ponctués, en donnant un total partic! de 40, égal à celui des huit autres
faces, toutes affectées de 5 seulement de ces ornements circulaires.
S'agit-il 14 de deux notations numériques, 10 et 5, données à cerlaines faces ? Le rond centré de ces dodécaèdres ressemble à celui qui
marque les points des dés celtiques. Mais pourquoi la notation ne
en comparti12 faces numérotées, lombant sur un tableau divisé
« Liré
ments et où chacun représentait une question dont le chiffre
au dés donnait la réponse.
, de,
Enfin on a cherché à rapprocher le dodécaèdre d’anneaux
au moins
plus
bouletés
signes
autres
et
s
croissant
de
mmes,
pentagra
majeur
contemporains : comparaison facile, vague, et dont le souci
l'arsenal
semble parfois moins l'évidence que celui de ranger dans
symbolique tout objet insolite.
D
à
-
CR
«aw
S
jax}
DES CELWGUES
Photo Siontieau
Fig. t. — RECANSTITUTION D'UN DOPÉCAËEDRE
d'après le tracé danué à la figure suivante
serait-elle pas systématique, sinon sur toutes les faces, du moins sur
tous les dodécaèdres ?
Les traces manifestes d’usure que présentent ces objets suggèrent
leur utilisation courante dans le monde gallo-romain, ce qui contribue
davantage à les rendre profanes, el ce qui implique aussi qu'ils étaient
jetés. Fort de cette conclusion, on a vite rapproché les dodécatdres
du jeu de licosaédre en bronze creux, décrit par Perdrizet et qui a été
inventé à Alexandrie vers le re siècle avant J.-C. Mais le corps
portait alors un chiffre sur chaque facette, non évidée, ni bouletée
en ses sommets. D'ailleurs ce n’est pas du même polyédre qu’il s’agit.
Les seuls dés dodécaédriques connus sont généralement simples,
pleins, avec des faces affeclées de chiffres variés, Tel était par exemplo
KOSAEDRE
RES ae GAUDMAUR
DOREAED
ET
Moccainos
Pig, 2. — FIQUnATIONS GÉONÉTRIQUES ET DESSIN D'OBJETS
NULS
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Du point de vue géométrique, le dodécaédre est l’un des cing polyédres réguliers (voir fig. 2). Il a 12 faces pentagonales, 40 arêtes,
20 sommets. Les centres de ses faces sont les sommets d'un icosaédre
ct réciproquement. Autrement dit, les centres des faces d’un dodécaëdre correspondent à cet autre volume, nommé icosaëdre, ct possé-
La raison du choix de la difficulté doit donc être cherchée dans les
qualités géométriques du dodécaèdre. C'est le corps dont te volume
se rapproche le plus de la sphère avec laquelle, par ses 20 sommets
{contre 12 à Vicosaddre) il possède aulant de points de contact.
Peut-être Platon s'est-il méme demandé si Von ne pourrail + épuiser +
la faible différence qui subsiste entre le dodécatdre et la sphère par
152
dant 29 faces triangulaires, 30 arêtes et 12 sommets.
Le fait que les polyédres réguliers se limitent À cing avait frappé
les Grecs qui leur avaient donné des propriétés magiques el cosmiques.
En particulier tes philosophes batirent sur ces volumes des systèmes
du monde physique.
Par analogie avec l’anliquité hellène, on a voulu chercher un rapport entre les dodécaèdres celtiques et la cosmographie de leurs
utilisateurs, c’est-à-dire proposé souvent que les 12 faces d'un de ces
solides correspondent aux 12 mois du calendrier, 12 mois de 30 jours
symbolisés par les 30 arêtes, ce qui porterait l’année à 360 unités
quotidiennes.
Mais le comput gaulois, par le tableau de Coligny nous est connu :
it compte, selon ies nécessités du raccord luni-solaire, 12 ou 13 mois
de 29 ou 30 jours, totalisant 355, 356 et 385 jours selon les années,
ainsi valorisées, de 365,2 jours en moyenne. Il n’y a donc là aucun
rapport entre ces chiffres et une découpe idéale, régulière, qu’auraient
symbolisés les éléments géométriques du docécaèdre.
D'ailleurs, si l’on devait admettre une telle association, l’isocaëdre serait alors aussi commode, puisque ses 12 sommets peuvent correspondre
À 12 mois égaux dont les 30 jours seraient matérialisés par ses 30 arétes.
Cette dernière solution serail mème meilleure, d’une part parce que
l'icosaèdre, décomposable en deux éléments pyramidaux et un tambour, est plus facile à monter, d'autre part parce que le triangle équilatéral de ses faces est plus simple à tracer que le pentagone du
dodécaëdre.
Peu de lecteurs sauraient sans doute encore engender ce dernier
polygone au compas (fig. 1). Pourtant cette figure apparaît souvent
dans les recherches esthétiques, notamment dans celles de Léonard
de Vinci. Indiquons donc (fig. 2, en haut et à gauche) comment construire le penlagone à partir de deux diamètres perpendiculaires
d'une circonférence de rayon R et de centre O. Soit un cercle intérieurement tangent au premier, centré en tect de rayon R/ 2. Soit enfin
sur la circonférence principale J le centre de deux cercles tangentsà
celui de centre I. Ceux-ci donnent immédiatement, par leurs points
Wintersection avec le cercle de centre O, quatre sommets du pentagone, le cinquième étant diamétralement opposé À J.
La relative difficulté de ce tracé montre le degré de maîtrise que
les Gallo-Romains avaient acquis dans les seiences exactes. Elle
implique aussi que le choix délicat du dodécaèdre ne relève pas d’un
symbolisme arithmétique plus aisément solutionné par l'icosaédre,
puisque le couple de ces deux polyèdres permet de passer d’un volume
à l'autre avec, soit au total, soit en fraction, les mêmes nombres
interchangeables de composants,
un procédé arithmétique.
Sans nous aventurer dans ces conjectures retenons que le dodécaèdre est avant tout polyèdre, même s'il approche de la sphère si
prisée des Pythagoriciens.
Un aspect typique des dodécaèdres gaulois est leur évidement
intérieur, c'est-à-dire qu’ils ne sonl constitués que d’une simple
enveloppe de bronze ayant nécessité un difficile montage pour les
différentes faces qui les composent. Par rapport à un symbolisme
numérique lié à leurs constiluants géométriques, cette autre complication ne s'explique pas.
Se juslifierait-elle alors par les règles du jeu ou la Lechnique du jet ?
Nl est évident qu’un volume destiné à être lancé, boule ou dé classique
par exemple, doit être plein et dense pour supporter les cl'ocs inhérents à la brutalité et force de la projection !.
Mais on connaîl pourtant des boules et dés intentionnellement
évidés pour étre alourdis en un point de leur surface intérieure par
une masse métallique importante. Ce sont alors des objets pipés qui
doivent servir, par leur dissymétrie, les intérêts d'un joueur peu
scrupuleux, La boule pipée est la solution idéale puisqu'elle se stabilise toujours par un même point de sa surface, celui où se trouve la
masse la plus lourde. Malheureusement cette sphère truquée donne
à chaque concurrent des chances trop sûres, égales et visibles de triompher. A cet inconvénient s'ajoutent, vu l'absence de face polygonale,
les difficultés du numérotage, donc l'impossibilité de donner des valeurs forles ou faibles à diverses fractions de la surface. La boule
pipée n’a donc pas d'existence réelle dans les jeux de hasard, malgré
son intérél.
11 n’en est pas de même pour le dé cubique. Selon qu'il est lancé
avec force ou avec molesse, et en lui imprimant ou non au départ un
inouvement de rotation sur lui-même, les résultats ne geront pus
identiques, Un jet mou et sans effet entraîne vile te volume cubique
à se stabiliser sur l'une de ses six faces, dont l’orthogonalité freine
considérablement le roulement, bref ôte au pipage une partie de ses
possibilités. Au contraire plus le jet est fart, et plus un effet rotatif
1. L'actuel engouement pour le tiercé se manifeste par la création d'un nouveau jeu, dit « du tlercé », ct qui a pour base les combinaisans chiftrées données
par les {2 faces d'un dodécaëdre, Pour qu'il roule mieux, ses sommets sont arrondis, selon une solution voisine de celle adoptée pour les dodécatdres gnlloromains, et logique dans la mesure où le corps est plein, Avec un solide constitué
de plaques pentagonales, seul le houletage des
ts pouvall
satisfaire le
mémo impératif,
Page 4
View in PDF(opens in a new window)est donné au cube, plus celui-ci se comportera comme la sphère pipée
et aura tendance à retomber sur la même face. Le tricheur jouant
avec un dé pipé utilise done un tour de main qui lui permet de surclasser un adversaire inconscient de la supercheric.
Les sommets de nos dés modernes sont volontairement émoussés
pour accentuer le roulage du volume. C’est une maigre précaulion
contre le pipage éventuel. Leur adjoindre des boules en Jeurs sommets
serait à coup sûr plus eMcace, permettrait au dé tombant sur Pune
ou l'autre de mieux basculer vers sa position d'équilibre, c’est-à-dire
dle s'asseoir sur la face la plus lourde en cas de truquage, done donnerail à chacun des chances égales, mais aussi l'éveil ! Et voilà des objets
qui commencersient à ressembler singulièrement à ceux du propos!
Cherehons à améliorer l'efficacité du pipage, à en Lirer le meilleur
rendement. Plus le polyèdre se rapprochera de la sphère, et plus il
possédera de sominets équipés de telles boules permettant une bonne
rotation, plus il aura tendance à se poser sur Celle face ct à présenter
telle autre, parallèle et diamétralement opposée. Le dodécaèdre se
distingue alors par son volume el son maximum de sommets comme
le polyédre parfait. En d’autres termes, l'aboutissement logique des
lois el principes du pipage amènent à une forme caractéristique :
le dodécaédre bouleté.
Resle à savoir comment pouvait étre obtenu le pipage et sa raison.
La découpe de cercles plus où moins grands au milieu des différentes
faces formées des mêmes pentagoyes entraîne que celles-ci pèsent
différemment. Chacune est aflectée d'un poids spécifique. Mais la
résultante des différents poids n’est plus appliquée en ce cas au
centre géométrique du dodécaèdre puisque celui de gravité s'en
trouve décalé. Les trous circulaires de diamètres très variabics
allégent inégalement des faces, les pipant par cela-même.
Pouvons-nous étudier plus précisément le déséquilibre relalif
apporté par des faces inégalement chargées ? Assurément ! Soit un
dodécaèdre moyen, pesant ses 143 grammes, avec des houles en ses
20 sommets d’un diamètre de 5 millimètres, Comple tenu de la densité
approximative du bronze, 8,6 kilos au décimètre cube}, te volume
de toule sphère est V = 4/3 = Ret son poids te produit de cette
derniére valeur par la densité, Au total les boules pèsent environ
19 grammes et il en‘reste 125 pour les L2 faces, c’est-à-dire 10 pour
chacune d'entre elles. Il s’agit 14 du poids moyen d'une face évidéc
de son trou central, c'est-à-dire facilement allégée entre les 46°
et le 5 42e de la masse Lhéorique du pentagone, si l'on tient compte
1. Densité d’un bronze classique, composé de 9 parlies ile cuivre pour une
d'étain. La densité du métal de nos dodécaèdres pourrait être facilement trouvée
par le procédé qu'Archimède employa pour démontrer que la couronne d'or
du roi de Syracuse était en réalité composée d'un alliage moins coûteux. Si la
densité réelle du bronze des dodécnèdres gallo-romains approchait de celle que
nous avons retenue pour le ealeut, elle prouverait en oulre un peu imleux le
pipuge tntenttounel dans la mesure où, entre deux métaux usuels (els que le
bronze et le fer, ce ful Le plus lourd qui fut à dessein utilisé,
S
NOUVELLE HYPOTHÈSE SUR LES DODEGAEDRE
159
du simpte au quintuple
que le diamètre des ouvertures peut varier
du rayon 1. Et, puisque
carré
du
on
foncti
en
e
volum
le
ou
e
et la surfac
14,5/ 42° de celui du
les
donc
est
réelle
[ace
le poids moyen d’une
28 à 29 granimes.
les
dre
attein
t
pentagone plein ?, celui-ci devrai
le 1. 42e de sa masse fait
Mais le trou l’allégeant entre des 46° et
que deux faces extrémes diffèrent 8 de 41; 42e
- 14429 = 27° 42e, .
lourdes. Si l'on imprime au dodécaèdre, par
un tour de
ent dit, entre deux faces
c'est-à-dire d'environ 19 grammes, Autrem
et l'autre le trou le plus
grand
plus
le
qui possèdent l’une le trou
des pentagones a un poids
petit, celte inégalité revient à piper Vun
de sucre. Ce qui n'est pas
supérieur à celui de 2 gros morceaux
négligeable.
le symétrie de deux gros
el peut être alors le rôle de la partiel
! Us créent un axe de symeLrous semblables sur deux faces parallèles
répartissent des masses plus
tte el de rotation autour duquel se
main, un
le pipage sera un peu plus
mouvement de rotalion autour de cel axe,
déjà plus que 10 faces sur 12
affirmé, puisque dès te départ, il ne resle
s, de sortir selon leurs poids
pour avoir des chances, d'ailleurs inégale
;
,
relatifs
noitiés égaics, chacune
deux
de
sé
compo
est
ëdre
dodéca
le
Comme
l’autre, on peut se demander
. de 6 faces et s’emboitant l’une dans
sur deux faces parallèles ne
iques
si les deux trous égaux et symétr
à celle qui consisterait à
proviennent pas d'une solution préférable
nettement différentes pour
masses
des
s
moitié
deux
ces
à
donner
envisager que 6 faces contiaccentuer le pipage. On pourrait en effet
diamètre, et les autres
grand
plus
de
trous
gués soient affectées des
pipage serait complet.
des ouvertures les plus petits. Alors le
é, honnête ou malhonMais n'oublions pas que l'intérêt du procéd
des chances favorables
ment
atique
systém
donner
pas
doit
néte, ne
possède le meilleur
qui
celui
servir
tout
avant
doit
à quiconque : it
étre modéré el
doit
ge
truqua
le
,
termes
tour de main. En d’autres
|
|
.
non pas se manifester de manière automatique.
solution qui consislerait
d’une
majeur
nt
nvénie
l'inco
donc
est
Tet
es, selon les diamètres, les
à grouper en deux zones caractéristiqu
|
oncs.
trous centraux des pentag
parfait que se passe-t-il ?
Et même dans ce cas extrême el trop
diverses mais de moindre
Parmi les six faces affectées d'ouvertures
sur ses voisines et s’oppose
nt
aireme
nécess
te
Pempor
une
re
diamèt
forts diamètres. 1] va donc
à une face de l’autre groupe, celui des plus
ré par deux faces ayant
engend
relatif,
ie
se créer un axe de symétr
Ces deux faces-la, avec la
des ouvertures de diamétres conséquents.
sortir que les autres,
meilleure volonté, auront moins de chance de
proportion est (1/53) ce qui
1. Pour des diamètres allant de 6 à 32 mm. La
>
par rapport à 4/ i donne 1/42.
X 2.
2. (4/6 + 1/42)
et loutre 42/42 - 4/6 (soit 42; 42
A te face en elfet 42/42 - 1742
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Mais si l'on groupe les différentes faces du dodécaédre au hasard
pour éviter un pipage trop efficace, il existe encore davantage de
races de trouver deux faces opposées évidées de trous importants,
vated on te Jette, avoir un axe de rotation de l'objet sur Iui-mame
e pas
Qu'il ne porte pas de numéro en chacune de ses faces n’autoris
dtamètre
à ôter à celle-cl toute valeur indicative. Chaque trou par son
qu'entre
caractérise en effet une face. Il suffirait donc d’admeltre
grand ou
plusieurs joueurs celui qui avait sorti celle au trou le plus
à te
le plus petit, selon qu'on cherchait à tirer parti du pipage ou
de fr
contrer l'emportait sur ses concurrents, classés dans le seus
croissance vu décroissance des cercles qu'ils avaient «sortie chacun
avee le decdécnèdre. EL ce qu'il importe de souligner, c'est que, sans
exception, tous les détails morphologiques des dotlécaèdres gallo‘
romains concourent à en faire des objets pipés.
Nous avons cherché Villustration pratique de cette hypothèse.
Utitiser pour des expériences de jets, tes dodécaèdres fragiles et plus
ou moins restaurés de nos musées n'était ni possible ni impératif.
Un objet identique, en balsa (fig. 1}, devait d'autant mieux servir
la démonstration que sa moindre densité la rendait plus difficile
puisque la résistance de lair intervenait proportionnellement davantage par rapport a la masse pour freiner ct déranger Vopération.
Enfin ayant monté les faces au hasard, sans chercher à combiner des
poids différents, nous avions encore moins de chance d'obtenir un
volume très dissymétrique quant À la masse. Si le dodécatdre n'était
pas pipé, chaque face devralt avoir la même chance et probabilité cle
sorlir, Or avec notre volume en balsa dont les faces étaient trouées
différemment nous avons néanmoins obtenu des résultats probants.
En effel, sur plusieurs centaines de jets réalisés, une face dominail
nettement dans le pourcentage des sorlies et deux fois plus que les
faces qui apparaissaient le moins. Ces dernières, au nombre de deux,
présentaient cette particuiarité d’être opposées ct affectées, non pas
des deux plus grandes ouvertures, le hasard du montage ayant rendu
contigus Jes pentagones qu'elles atlégeaient, mais néanmoins de trous
respectables. Nous avons donc oblenu, expérimentalement, ce que la
théorie permettait de prévoir au sujet d’un axe de symétrie et rola-
156
Ne pauvanl réduire cel inconvénient, qui de toutes façons amoindrira les chances de sorties de deux faces sur 12, il n'est pas impossible que, ’expérience aidant, les Gallo-Romains en aient pris leur
parti, et aient affirmé cet axe, comme son existence le prouve ser ua
certain nombre d’exemptaires.
U n tel et franc parti pris de Lruquage peut relever de deux raisons :
ou le joueur est averti, et tout l'intérêt du jeu consiste alors à posséder
un excellent tour de main pour affirmer au contrer le pipage auquel
cas le jeu n’est plus douleux mais bien d'adresse, ou Yun des concurrents est si novice que le volume creux et percé en toutes ses faces
tui semble n’avoir aucun secret, aucune stipercherie. Et alors ta farce
est de taille, car dans tout jeu d'argent ou de tirage au sort, il sera
le dindon ! Qui gagne systématiquement est vite suspect de tricherie
que le dé plein tend à accréditer, Mais un dodécaèdre ajouré donne
au profane l'illusion de l’homogénéité parce qu'il a ta possibilité de
vérifier l’intérieur du volume!
:
»
Les deux hypothèses sont à priori possibles, En ce qui concerne le
seul dodécaédre on ne voit pas quel argument archéologique pourrait
actuellement plaider pour l’une ou l’autre.
Mais si l’on considère ces objets dans Je contexte général des jeux
gaulois, peut-être pourrons-nous avoir une préférence. En effet
les dés de cette époque et civilisation nous sont connus. [ls présentent
la particularité d'être plus sonvent des paraliélépipèdes rectangles
que cubiques. Cette forme insolite, peu propice À donner à toutes les
faces du solide des chances égales a toujours intrigué. Car un tel
parti-pris de dissymétrie n'est sans doute pas fortuit. Ce sont les faces
présentant la plus petite surface, c'est-à-dire, en vis-à-vis, les plus
difficiles à sortir qui sont affectées du plus fort numérotage. Compte
tenu que toutes sont marquées, interdisant à ces dés d’être les homologues de nos modernes dominos, il faut admettre que, plutôt que de
subir les lois du hasard, les celtiques usagers de ces objets préféraient
par un tour de main tirer tel ou tel bon numéro. En d'autres termes
les dés de l'aire celtique sont dissyinétriques et, pour leur éviter de
retomber sur la face de plus grande surface, il fallait éviter de les faire
rouler irop sur eux-mêmes.
Ces dés de l’Age du Fer prouvent donc, eux aussi, que le jeu n'était
pas fondamentalement de hasard, mais Inissait À l'homme sn part
si intervention, comme tans celui que nous envisageons pour Je dodéathens. cet esprit, celui-ci n'aurait donc pas été entaché de
Du dodécaèdre il est encore plus facile de supputer des modalités
du jeu. Si Pobjel n'avait servi qu'à atteindre un but ou une limite
it aurait été sphérique comme dans les jeux de boules ou de quilles, .
tion concernant deux faces symétriques et parallèles du dodécaédre.
Enfin si nous comparons Ia densité du balsa, inférieure à 0,3, el
celle du bronze 8,60, nous voyons que, malgré les conditions défavos.
rables où nous nous sommes placé, les résultats sont concluant
Les dodécaèdres gallo-romains sont donc des objets pipés que naus
avons tendance à ranger parmi Jes jeux d'adresse,
ne manqueront
Les heureux possesseurs de ces objets, espérons-ie,
pas de vérifier cette hypothèse de travail, tant i) est vrai qu'un faisceau de preuves ne suffit pas toujours pour emporter la cerlitude.
Notre démarche a consisté exclusivement A étudier en quoi les
dodécaèdres gallo-romains sont spécifiques. La caractéristique, qui
les différencie d'objels homologues, étant le pipage, nous avons vu
que les lois de ce procédé permettaient en outre d'expliquer les
moindres détails Lypologiques de ces objels, sans intervention d'idées
vu de symboles indépendants de leur originalité propre.
Faire en effet dériver d'un rôle commun des dodécaédres aussi
différents par leur matière, leur technique et leur contexte historique
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View in PDF(opens in a new window)ou xéographique, que ceux de la Gaule romaine, en bronze el évidés,
ceux de l'Étrurie en pierre, mais pleins, ou les ajourés el minuscules
dodécaèdres d’or du Delta du Mékong revient un peu, par analogie,
à soutenir que ta simple identilé géométrique de sphères telles que
l'ariiliaire, ta bille, fa boule de billard ou du jeu de roulette, la balle
de tennis el te ballon de football sont de mêmes objets, possesseurs
de toutes les particularités de chacun.
Le polyédre qui ressembterait le plus au gallo-romain est certes le
dodécatdre d'or indochinois (fig. 2). Creux comme lui, ses faces sont
aussi ajourées de trous circulaires mais égaux, et les sommels ornés
de boules. M. L. Malleret, qui a étudié différents exemplaires, estime
que leur préciosité est plutôt celle du bijou, mais aimerait les rattacher
à une origine occidentale en raison de la proche parenté formelle.
H nous semble que les 19 grammes d’or que pèsent en moyenne les
dudécaëdres d’Oc-Eo, et leur elselure, les rendent déjà suffisamment
coûteux pour avoir évité de les alourdir trop, c'est-à-dire d’alléger en
conséquence le porte-monnaie de l'acheteur1 Mais la présence de
petites boules aux sommets du polyédre plaide un peu contre cette
économie de matière.
En définitive il reste que la comparaison d'un objet en or de
19 grammes avec un autre en bronze dépassant parfois le kilogramme,
el possédant des pentagones ajourés d'une aulre manière, est limitée
el permet seulement d'envisager une lointaine filiation, mais pas un
même usage.
Que le dodécaédre, figure complexe de géométrie spatiale soit |
apparu tôt dans le monde méditerranéen, bien avant Pythagore, au
pays duquel, comme Ch. Picard le souligne pertinemment, pas un
seul n'a jamais été retrouvé, voilà par contre qui semble certain.
Avec les quatre autres polyédres, celui qui nous occupe a permis des
utilisations diverses, profanes ou sacrées, pour l’amusement ou la
spéculation de divers peuples. Sa version gaHo-romaine a l'avantage,
en outre, d’être décorative. Intruduite par des Gaulois, conquis dans
les expéditions romaines, guerrières ou pacifiques, elle a pu être véhiculée, Lransposée, dénaturée et coplée par goût du décor géométrique
jusque dans Ses civilisations orientales.
Mais c’est encure une autre hypothèse. Au sujet des origines, tribulations et avatars d'un corps géométrique aussi savant hors du
domaine gallo-romain, nous ferons donc notre la conclusion du grand
helléniste Ch. Pleard s'y référant : «Il faudra encore du temps
pour qu’on puisse proposer autre chose que des conjectures s. —
G. CHARRIÈRE.
LES VOIES CARDINALES DE LUGDUNUM
159
L. MALLERET, dans Artibus Asiae, 24, 3-4, 1961, p. 340-350.
Léoxanp Saint-Micuer, dans Bull, Ass. G. Budé, Paris, n° 4, déc.
1954 (suppl. X, p. 92-116).
KE. Tukvenot, La mystique des nombres chez tes Gullo-romains, dudécaédres houletés el taureaux tricorrés, dans Revite archéologique
de l'Est et dit Centre-Est, VI, 3, 1955, p. 291-295.
Micner, dans Rhedunia, compte-rendu du 3€ congrès de Besançon, -
1921-1922.
Revue archéologique de 1908 (compte-rendu de l'important travail
de J. de Saint-Vincent paru en 1907).
Ch. Pann, Nouvelles et correspondance, dans Revue archéologique
de 1963 et 1964, surloul dans celle de 1963, t. [, janv.-mars,
p. 101-107 (Du nonveat sur la diffusion des dodécaédres antiques).
LES VOIES CARDINALES DE LUGDUNOM
PRECISIONS UT CONMECTIONS
L'identification du decumanus de la colonie de Lugdunum avec
l'actuelle rue Cléberg (fig. 1) date de 1942 ' et fut le point de départ
de la détermination du réseau urbain de la ville haute de Fourvière.
Etle ne doit pas être remise en question. La rue decumane s’articulait à l'est avec la voie descendant À Condate au point où s’ouvrait la
porte du Rhin. A l'ouest, prolongée par la rue d'Aquitaine, elle était
en liaison avec ta porte du même nom. Ainsi constituait-elle l'un des
axes de Ia ville. Et il nest pas sans intérêt de souligner qu’elle étail
la seule rue à unir les quartiers inférieurs de l’Antiquaille et des
Minimes avec le plateau de la Sarra sans être coupée d’escaliers.
La seule, donc, à être ouverte à la circulation des chars. On marquera
cependant une légère réserve quant aux conclusions de 1942 : les
{ravaux pratiqués en 1962 au sominet de notre montée Saint-BarthéJemy, en dégageant un long secteur du decumanus, ont entraîné unc
légére rectificalion du calcul de son axe, lequel ne paraît pas avoir été
orienté à plus de 8 degrés au sud de l'orient idéal ?,
Cette rectification en entraîne une autre. Le decumanus se trouve
vrienté sur le lever solaire du 9 octobre, et c’est cette dale qu'il faut
retenir pour celie de ta fondation de la colonie.
&
Sous l'optique de 1942, l’idenlificalion du decumanus semblail
autoriser celle du cerdo avec la seule rue perpendiculaire connue à
cette dale,
Cette rue apparut dès 146%. Martin-Daussigny reconnut alors
l'existence, dans la cour de l'établissement qui porte aujourd'hui le
BishivGhaPHtEe
W. Duonna, Les dodécaédres gallo-romains de bronze afourés et bouletés, dans Bull. Ass. Pro Aventico, XVI, 1954, p. 19-89.
F. Benoit, Deur énigmes archéologiques, dodécuèdre perlé à Arles
ed anneau oclogonai bouteté de Vichy, dans Ogamn, Tradition cettique, 1X, 2, 1957, p. 105-114.
1. A, Auntn, Les votes axiales de la vtile romuine de Fourvitre, Compte-rendu
de l’Association lyonnaise de recherches archéologiques, 1949, p. 11-14. —
P. WuiLausnan et A. AuDiN, Les voies atinies de Engduntum, dans Galtin,
1943, p. 125-131.
2. A. Aubin, fouilles montée Saint-Barthélemg à Lyon, dans Zatomus,
1963, p. 733-740.